Gao est surnommée " la cité des Askia " en hommage à la dynastie qui a conduit l'Empire songhaï à son apogée. Gao fut, en effet, la capitale du plus grand et du dernier empire africain.

En dépit du faste passé, Gao est aujourd'hui une ville qui se meurt. Avec l'avancée du désert, Gao évoque désormais surtout les problèmes de sécheresse. La ville avait pourtant réussi, avec la proximité de la frontière algérienne, à devenir un centre d'échange commercial entre l'Europe et l'Afrique occidentale. En fait, elle était surtout réputée pour le trafic de voitures qui s'y déroulait. La guerre civile algérienne a fait se tarir cette ressource, accentuant encore le déclin de la ville. Pourtant, Gao peut compter sur l'essor du tourisme pour développer la région.

La capitale songhaï est le dernier port du fleuve Niger avant la frontière avec le Niger. A la porte du désert, Gao peut devenir un agréable camp de base pour organiser des expéditions sahariennes dans l'Adrar des Ifogha ou vers le Tanezrouft.

La ville n'a pas été construite avec un grand souci esthétique. Mais Gao a su mieux préserver que d'autres cités africaines son héritage historique. La ville abrite ainsi des stèles funéraires du XIIe siècle et le tombeau des empereurs Askia, classé depuis 2004 au patrimoine mondial de l'Unesco. Gao, avec ses maisons à terrasses, ressemble à une ville arabe. Deux peuples fascinants, les Touareg et les Songhaï vivent à Gao. Les Songhaï sont reconnus pour leur hospitalité, leur sens de la fête et leur gastronomie. On aime rappeler ici que les Songhaï savent très bien cuisiner. Un pont a été construit sur le fleuve Niger et c'est un lien considérable d'unification pour le Nord Mali et pour pacifier l'Adrar des Ifoghas.

Les visiteurs pourront goûter aux spécialités locales que sont le toukassou, l'alabadia, le sourountou et surtout le fakouhoye. Gao collecte les productions d'art touareg de toute la région, qui ravit les touristes. Les prix des objets que l'on peut y acquérir sont nettement inférieurs à ceux de Tombouctou.

Un peu d'histoire... Le petit royaume songhaï naît au VIIe siècle, non loin de Gao, plus à l'est. Ses fondateurs sont les légendaires Za ou Dia el-Yamin, originaires du Yémen. En 690, un peuple de pêcheurs, les Sorko, fonde Gao après avoir été chassé par les Dia, premiers rois songhaï. A cette époque, Gao est une ville de seconde importance. La capitale songhaï est Koukia, une île du Niger (entre l'actuel Ansongo et le Niger).

En 1009, lors de la conversion à l'islam de Dia Kossoï, quinzième roi de la dynastie des Dia, on assiste au déplacement de la cour et de la capitale vers Gao, lieu de rencontre des caravanes des marchands berbères musulmans venant du Maghreb, d'Espagne et du Proche-Orient. Influencée par les Berbères et placée sous l'hégémonie des Dia, la population de Gao s'islamise rapidement, faisant de Gao un des premiers foyers de l'islam noir.

L'histoire de l'Empire songhaï se confond parfois avec celles des empires du Wagadou-Ghana (jusque vers 1200) et du Mali (à partir de 1270) qui l'assujettissent.

Située sur les rives du Niger, aux portes du Sahara, elle était le point de rencontre entre l'empire du Mali et les Touareg. Loin du Mandé, Gao, capitale du royaume songhaï, n'est conquise par l'empire du Mali qu'en 1325, sous le règne de Kankou Moussa. Ce dernier fait prisonniers deux princes de Gao. Ali Kolen et Selman Nar, tous les deux fils de Dia Assiboy, lui reprennent la cité qui tombe sous le joug des Sonni.

Constamment rebelle vis-à-vis de son suzerain, l'empire du Mali, l'Empire songhaï éclipse enfin celui-ci au XVIe siècle pour devenir la plus grande puissance de l'Ouest africain. Parmi les seize Sonni qui ont régné, le plus important est sans conteste Sonni Ali Ber, dit " Si Ali ", le Cavalier, toujours vainqueur, jamais vaincu. Il monte sur le trône en 1465 et entreprend l'extension du domaine de ses pères. Mais certains troubles vont favoriser le déplacement de l'activité du commerce transsaharien vers Tombouctou, et ce alors que, dans le cadre de sa politique de conquête, il prend le contrôle de Tombouctou en 1468 et libère définitivement l'Empire songhaï de la tutelle de son voisin, l'empire du Mali.

L'Empire songhaï profite alors du fait que les principaux champs aurifères ne sont plus Bambouk ni Buré (au sein de l'empire du Mali), mais les mines Akan, dont la production rejoint naturellement Tombouctou et Gao pour s'échanger contre le sel des mines du désert et les autres denrées. Les deux principales villes du Songhaï deviennent alors les hauts lieux du commerce transsaharien. Sonni Ali disparaît mystérieusement en 1492 dans les eaux du Koni. Ennemi juré des Touareg, des Peuls et des Mossi, qu'il tient pour des pillards, des Maramout auxquels il reproche leur allégeance spirituelle au roi du Maroc, il aura étendu son empire de Ségou à Oualata, en Mauritanie, et de Gao au Kanta-Kebbi, au Niger.

En 1493, naît la dynastie des Askia, à la suite du renversement de Sonni Bakary par le général d'armée, Mohamed Sylla, neveu de Sonni Ali. Il s'intronise sous le titre d'Askia Mohamed Touré.

Grand organisateur, il administre avec succès son empire dont il étend encore les limites. Gao, la capitale, compte alors plus de 70 000 habitants. C'est sous le règne des Askia que l'empire connaît sa plus grande expansion. Mohamed Askia, à la différence de Sonni Ali Ber, est un vrai musulman. En 1496, il va en pèlerinage à La Mecque. Protecteur des intellectuels, c'est sous son règne que Tombouctou devient un important centre spirituel, avec des universités et des écoles coraniques, où affluent les savants du monde musulman. Il est aussi un grand administrateur, un grand bâtisseur et fait construire la ville de Tindirma, ainsi que plusieurs grands édifices du Songhaï, dont le fameux tombeau pyramidal des Askia. Jusqu'à la fin du XIVe siècle, Gao surpasse Djenné et Tombouctou en tant que centre culturel et commercial de la rive sud du Sahara. Ce fait s'explique facilement par la position idéale, occupée à l'époque par Gao.

Mohamed Askia est renversé par son fils, l'Askia Daoûd (1549-1582). L'Empire songhaï atteint son apogée sous son règne. A sa mort, les conflits internes réduisent la puissance de l'Etat. La puissante armée songhaï, de trente mille cavaliers et fantassins, est défaite en 1591 par quelques milliers de mercenaires espagnols à la solde du pacha Djouder du Maroc, qui disposent d'armes à feu. Les Armas marocains préféreront Tombouctou à Gao, capitale déchue de l'empire le plus vaste qu'a connu l'Afrique, s'étendant de l'Atlantique au Sahara et de la Guinée au Niger. Aucun des états qui émergeront à la suite de l'Empire songhaï ne parviendra à dominer complètement la région. Si certains parviendront à s'étendre au-delà de leurs frontières naturelles, leur puissance restera inférieure à celle des grands empires précédents. Toutefois, le plus important d'entre eux sera l'Empire toucouleur d'El Hadj Omar Tall qui, durant la seconde moitié du XIXe siècle, s'imposera dans le contexte de l'avancée des troupes françaises, comme le plus puissant de l'Afrique occidentale.

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2012-01-04
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