Gorée est une île merveilleuse au large de Dakar. Elle est unique. Peut-être est-ce cette singularité qui motiva la création de l'étrange Université des Mutants (" muter ou mourir "), imaginée par Senghor et l'écrivain Roger Garaudy. Allez-y pour voir les musées, vous balader dans ses ruelles plantées de palmiers et de bougainvilliers fleuris, apprécier le charme tranquille des bâtisses coloniales décrépites et ses couleurs uniques : rouges passés à la patine des âges, ocres espagnols (ou italiens) à l'écaille fragile... Et bien sûr, visitez la Maison des Esclaves martyrs, lieu de mémoire symbole de la traite négrière de tout un continent à la recherche d'une histoire disparue, une brûlure au fer rouge infligée par la colonisation. Nelson Mandela, libérateur des noirs sud-africains soumis à l'apartheid après des siècles d'esclavagisme, l'ancien pape Jean-Paul II, Yasser Arafat sont venus se recueillir ici à la mémoire des 12,5 millions d'esclaves déportés aux Amériques entre 1501 et 1866. Ce n'est pas un hasard si Barack Obama, premier président américain noir, est venu en visite solennelle à Gorée avec sa famille le 27 juin 2013 avant d'entamer une grande tournée politique africaine.

Un tour d'horizon ne prend que quelques minutes. A droite de l'embarcadère en arrivant, voici le quartier résidentiel. A gauche, c'est le Gorée vivant, populaire, aux portes ouvertes car tout le monde se connaît, aux cours ombragées, aux arènes où répètent des groupes de danse. Et partout, la musique. Tam-tam ? Plutôt djembé. Gorée est un haut lieu de la musique et surtout des percussions. Montez voir en haut des falaises du Castel. La musique s'intensifie. C'est là que, presque en permanence, les groupes répètent. Grimpez jusqu'au sommet de l'île. La vue est sublime et l'on peut s'approcher dangereusement des bords du mur. Puis, faites un tour à l'intéressant Musée historique sur la pointe de l'île, repartez, digérez le tout, et ensuite revenez pour le plaisir désintéressé de prendre la chaloupe et de retrouver cette atmosphère, ces maisons sublimes.

Bienheureux ceux qui prennent la navette le dimanche après-midi, à contre-courant du flot touristique, et débarquent, l'instant de quelques heures, pour se goinfrer de pastels (les meilleures de Dakar) ou prendre un pot avant de manger une grillade face à la mer. Si vous rentrez dans la soirée, un pull et parfois un coupe-vent sont de rigueur.

Histoire. De la portugaise Palma (1444), puis de l'île aux Chaloupes (1481), les navigateurs de Lisbonne s'en servirent comme cimetière. Ils y construisirent ensuite une chapelle en pierre. A partir de 1536 et jusqu'à l'abolition de la traite négrière en 1848, l'île devient le dernier lieu de passage des esclaves venus de l'Afrique de l'Ouest, en partance pour les Etats-Unis.

A la fin du XVsiècle, ce fut au tour des Hollandais d'occuper la place, qu'ils surnommèrent Gorée (ou plus précisément Goede Reede, " bonne rade ") d'après son mouillage sûr. Dans la foulée, ils érigèrent les forts de Nassau (1628) et d'Orange (1639) sur la colline. Ensuite Gorée devint portugaise une nouvelle fois, puis anglaise, et passa de main en main, jusqu'à ce que les Français (l'amiral d'Estrées) lui mettent le grappin dessus une bonne fois pour toutes, en 1677. Enfin... à une dizaine d'exceptions près. Au XVIIsiècle, l'île fut surtout un repaire de militaires peu regardants, pirates sur les bords, et fit plusieurs fois fuir les soldats vers le continent.

Au siècle suivant apparurent les premiers commerçants venus du continent, et les signares qui épousèrent à la mode du pays des négociants déjà mariés.

Après un court passage dans les mains des Anglais, l'île revint à la France en 1785, sous le commandement du chevalier de Boufflers. Celui-ci aurait, dit-on, par amour pour la comtesse de Sabran, porté Gorée vers la prospérité en la faisant devenir le siège du gouvernement français au Sénégal. Un amour peu fidèle, puisque le chevalier aurait aussi pris pour signare à son chevet une certaine Anne Pépin. Le XVIIIe siècle vit une Gorée joyeuse, une joie d'un siècle, pleine de bals et de fanaux. Un siècle et puis s'en va, un point c'est tout, car Dakar prit le relais, ne laissant à Gorée qu'un rôle d'appoint. Elle est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1978.

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13.95 €
2011-11-30
216 pages
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