Guide des Cyclades : Arts et culture

Architecture
<p>La tour de l'église Timiou Stavro, Perissa.</p>

La tour de l'église Timiou Stavro, Perissa.

Riche de son histoire et de sa géographie, la Grèce a hérité de diverses influences architecturales sur le continent. L'archipel des Cyclades ne fait pas exception. Le style classique des temples nous émerveille depuis l'Antiquité, les églises byzantines n'ont rien perdu de leur charme oriental, les forteresses des Vénitiens et bien plus tard le néoclassicisme inspiré d'un Allemand ont finement marqué les îles cycladiques. Celles-ci sont riches d'une histoire si diverse et si bouleversée par les occupants successifs que l'architecture de chaque île recèle des trésors uniques. Au-delà de l'uniformité des cités cycladiques chaulées et couronnées de chapelles aux dômes bleus, l'architecture de l'archipel est d'une variété et d'une diversité sans pareil.

L'architecture antique. A travers les siècles, l'art antique s'est développé dans un style sobre et élaboré à la fois, dans des sites souvent exceptionnels. C'est le cas des acropoles, centres religieux et politiques des cités antiques, comme on le voit encore aujourd'hui à Délos, l'île sanctuaire. Parmi les ensembles religieux, les sanctuaires antiques sont souvent organisés autour d'un temple principal, dédié à une divinité mythologique. Le temple incarne le haut lieu spirituel du sanctuaire et seuls les prêtres et certains fidèles y ont accès. Devant le temple, se dresse l'autel sur lequel on offre le sacrifice. La décoration des colonnes surmontées des chapiteaux définit le style du temple : l'ordre dorique (simple) au VIIe siècle av. J.-C., l'ordre ionique (orné) au VIe siècle av. J.-C., et l'ordre corinthien (richement orné) au Ve siècle av. J.-C.

L'architecture byzantine. Elle est essentiellement caractérisée par des oeuvres et des édifices religieux orthodoxes (églises, monastères, basiliques, fresques, icônes...). Les églises byzantines répondent toujours aux mêmes formes architecturales : plan en croix grecque avec une coupole centrale. Elles représentent l'univers, lui-même une création divine. Ces microcosmes sont ornés par des fresques, des mosaïques et des icônes. Parmi les plus belles églises byzantines, ne manquez pas la Panaghia Ekatontapyliani à Paros et les magnifiques basiliques de Naxos.

L'architecture médiévale. A partir de 1204, l'influence des Vénitiens a marqué la construction de fortifications (citadelles, château, vieilles villes...) dans les villages et îles des Cyclades. Quasiment toutes les îles principales ont eu droit à leur château et leurs fortifications médiévales. A noter particulièrement ici : les vieilles villes fortifiées ou kastro de Folegandros, Sérifos ou encore Milos. Les remparts, les ruelles pavées étroites, les places de ces ensembles constituent un plan d'urbanisme défensif remarquable. Le kastro domine souvent la partie haute du port : une position stratégique évidente pour lutter contre les attaques pirates. De l'époque médiévale, vous pourrez aussi remarquer les archontika, anciennes demeures seigneuriales habitées autrefois par les descendants des seigneurs franco-vénitiens depuis le XIIIe siècle.

L'architecture ottomane. La domination ottomane a duré suffisamment longtemps pour laisser des traces, mais finalement de manière relativement subtile. On trouve aujourd'hui peu d'éléments architecturaux venus d'Orient, mais la période ottomane correspond à une période de liberté cultuelle : la profusion d'églises et chapelles typiques de l'architecture cycladique en est un signe.

L'architecture néoclassique. L'indépendance de la Grèce est marquée par l'installation de la monarchie : le premier roi de Grèce, Othon de Bavière, fait venir un architecte allemand, Ernst Ziller, à Athènes. Celui-ci s'inspire des canons antiques pour marquer l'urbanisme de la nouvelle capitale. Demeures patriciennes aux frontons sages, mosaïques folles et colonnes majestueuses fleurissent à Athènes mais aussi dans les îles de pouvoir, dont Syros la capitale administrative des Cyclades. Signe d'opulence et de réussite sociale, l'architecture néoclassique est reprise par des particuliers dans certaines îles comme Andros, Sifnos ou Santorin.

Artisanat
Que rapporter de son voyage ?

Dans les magasins de souvenirs des îles, les propositions de gadgets made in China ne manquent pas. Si vous vous intéressez aux objets d'arts, regardez plutôt dans les boutiques des grands musées qui recèlent les plus belles reproductions de bijoux, icônes et autres statues. La création contemporaine propose aussi plein de belles choses donc n'hésitez pas à faire marcher l'économie locale en achetant bijoux et vêtements de créateurs grecs. Vous pouvez aussi rapporter des produits locaux délicieux : huile d'olive, miel, charcuterie, fromages, épices ou ouzo. Grande spécialité artisanale des Cyclades : la céramique. Vous trouverez des choses magnifiques, plus ou moins volumineuses à rapporter. Demandez dans la boutique à ce que les vendeurs ou artisans vous emballent vos céramiques en vue du voyage. Sinon, le plus simple des cadeaux reste le komboloï : ce joli chapelet, religieux à l'origine, que les Grecs égrènent pour s'occuper dans la rue, au café ou au bureau. On en trouve partout, à tous les prix.

Cinéma

Les débuts (1910-1940). Les débuts du cinéma grec remontent aux années 1910 avec des réalisateurs comme Kostas Bahatoris ou Orestis Laskos. La production reste très restreinte jusqu'aux années 1930, période à laquelle le cinéma grec entre en crise avec l'arrivée du cinéma parlant. La Seconde Guerre mondiale n'arrange pas les choses et il faut donc attendre les années 1950 pour voir un renouveau du cinéma grec. L'heure est aux mélodrames, qui mêlent tradition antique et réalisme moderne.

L'âge d'or (1950-1960). C'est Michel Cacoyannis qui opère une véritable révolution dans le cinéma grec et lui ouvre les portes de la gloire. Avec Stella, femme libre, en 1955, le réalisateur renouvelle les codes et révèle l'actrice Mélina Mercouri. Celle-ci a connu une renommée mondiale grâce au film de Jules Dassin, Jamais le dimanche, hommage comique au Stella de Cacoyannis et sorti en 1960. Les années qui suivent sont réellement l'apogée du cinéma grec. En 1964, Cacoyannis, encore lui, fait jouer Anthony Quinn et l'actrice tragique Irène Papas dans la mythique adaptation à l'écran du roman de Kazantzakis, Zorba le Grec.

Dès les années 1960, la production cinématographique grecque s'emballe. Le cinéma national est soutenu, qu'il s'agisse du cinéma grand public ou du cinéma d'auteur. Certaines productions se tournent de plus en plus vers des films commerciaux. La star de l'époque est l'actrice Alíki Vouyoukláki qui tourne dans des films à succès comme Ma fille la socialiste en 1966. Mais le cinéma d'auteur reste florissant avec des réalisateurs comme Cacoyannis évidemment, mais aussi Jules Dassin, Koundoros, Alexandrakis...

Le Nouveau Cinéma Grec (1970-1980). La dictature des Colonels marque un point d'arrêt particulièrement brutal pour le cinéma grec. La censure et l'avènement de la télévision ruinent la création cinématographique qui entre dans une phase de déclin. Cacoyannis ou Koundoros préfèrent s'expatrier, mais le cinéma d'auteur qui reste sur place cherche à contourner les obstacles. C'est ainsi que Theo Angelopoulos peut émerger comme grand réalisateur de son temps. En proposant une approche symboliste et abstraite, il déjoue la censure. C'est le tournant du nouveau cinéma grec, avec notamment le film La Reconstitution, sorti en 1970.

Incontournable, Theo Angelopoulos est le maître incontesté de cette nouvelle vague qui déferle dans les années 1970 et se poursuit jusque dans les années 1980. Il a survolé le cinéma grec jusqu'à sa mort en 2012, récompensé en 1998 de la palme d'or au festival de Cannes son film pour L'Eternité et un jour. En 2004 il sort Eleni, premier volet d'une trilogie restée inachevée.

La crise et le renouveau (1990-2020). Dès le milieu des années 1980, des difficultés économiques freinent la production cinématographique et le cinéma grec entre en crise. Les années 1990 ne produisent rien de marquant. Mais bientôt, une nouvelle génération de réalisateurs prend le relais à la fin des années 2000. L'un des films les plus populaires de l'histoire récente du cinéma grec est Politiki Cusina (2003). Distribué à l'étranger sous le nom de A Touch of Spice, le réalisateur Tassos Boulmetis y déroule une grande fresque historico-romantique qui traite de l'expulsion des Grecs de Constantinople.

Mais le plus intéressant est ailleurs et les années 2000 et 2010 voient l'émergence d'un cinéma d'auteur riche et conscient des enjeux que traverse la société grecque. En 2001, un véritable ovni apparaît dans les salles du monde entier signé Panos Koutras : L'Attaque de la moussaka géante. Ou l'histoire d'un extraterrestre-moussaka qui sème la panique dans les rues d'Athènes... Depuis, d'autres noms intéressants émergent dans le monde du cinéma grec contemporain qui lutte pour sa survie dans un contexte de crise économique. En dépit du manque de moyens, il connaît un renouveau défiant la crise et son absurdité. On peut noter le travail de Dennis Illiadis (La Dernière maison sur la gauche en 2009) ou encore d'Athina Rachel Tsangari qui a présenté son dernier long-métrage, Chevalier (2015) au festival de Locarno et a gagné le prix du meilleur film au festival BFI de Londres la même année. Le chef de file de cette nouvelle vague, Yorgos Lanthimos, a reçu le prix du Jury à Cannes en 2015 pour son film The Lobster et le Prix du meilleur scénario pour son dernier film Mise à mort du cerf sacré, présenté à Cannes en 2017. Son dernier film, The Favourite, a aussi été couvert de récompenses. Avec, notamment, l'Oscar de la meilleure actrice pour son interprète, Olivia Colman...

Littérature
Littérature antique

Fondateurs de la philosophie occidentale, les célèbres Socrate, Platon et Aristote, marquent aujourd'hui encore les oeuvres contemporaines. Leurs pensées ont influencé de nombreux domaines : religion, politique, sciences, art, littérature. Ils incarnaient la philosophie comme art de la pensée, à la source de toute création artistique. Parmi eux, les dramaturges antiques tiennent une place particulière. Le théâtre grec serait né à la faveur de cérémonies religieuses en l'honneur de Dionysos au Ve siècle av. J.-C. Au départ, il avait une fonction de catharsis dans la vie sociale. Par la suite, Eschyle, Sophocle et Euripide ont mis en exergue ce qui devient plus tard la tragédie grecque avec des pièces aussi célèbres que Antigone, oedipe roi ou Andromaque. Le théâtre grec a aussi su se diversifier grâce à des auteurs comme Aristophane, considéré par beaucoup comme le père de la comédie.

Les principaux auteurs et philosophes grecs anciens sont :

Aristophane (vers 445 - 380 av. J.-C.). Poète satirique athénien fort apprécié de son temps, il critique avec un humour caustique l'actualité sociale et politique. De son oeuvre de 44 pièces, appartenant à la comédie ancienne, 11 pièces seulement nous sont parvenues. De tendance conservatrice, il attaque les démocrates en guerre contre Sparte dans Les Acharniens, raille les philosophes tels que Socrate ou Euripide dans Les nuées et Les Grenouilles ou encore traite de problèmes sociaux dans L'Assemblée des femmes.

Aristote (384 - 322 av. J.-C.). Philosophe né à Stagire, en Macédoine, il a été le précepteur d'Alexandre le Grand à partir de 342, mais plus encore, il fut l'élève brillant de Platon. Très vite, pourtant, il crée sa propre école à Athènes, rivale de l'académie de Platon : le Lycée ou Peripatos, sorte de péristyle où l'on apprend en discutant et en se promenant. Aristote s'intéressera à la physique, à la métaphysique, aux sciences naturelles, à la littérature.

Démocrite (vers 460 - 370 av. J.-C.). Philosophe né à Abdère, il hérite de la tradition philosophique d'Ionie. Aucun texte original ne nous étant parvenu, ce sont Aristote et Diogène Laërce qui nous ont fait connaître sa philosophie. Fondateur de son école, sa pensée définit la nature comme une infinité d'atomes, particules invisibles, indestructibles et complémentaires entre elles, dont le mouvement dans le vide est à l'origine des êtres, des mondes et de l'univers. Pour lui, le bonheur est à rechercher dans la modération des désirs.

Eschyle (vers 525 - 456 av. J.-C.). Né à Eleusis, il est considéré comme le fondateur de la tragédie grecque. De ses 90 oeuvres nous n'en connaissons que 7, dont Les Perses et Prométhée enchaîné. Il a donné au drame ses lois rigoureuses en faisant une plus grande place aux dialogues et à l'action aux dépens du coryphée. Il a introduit le masque et a innové en matière de mise en scène.

Euripide (480 - 406 av. J.-C.). C'est dans une ville d'Athènes déclinante, où les classes sociales, les traditions et les institutions deviennent vacillantes, qu'Euripide compose ses 92 pièces, dont 18 seulement nous sont parvenues. C'est une oeuvre qui rompt avec la célébration traditionnelle du passé et qui innove en s'interrogeant sur les passions des hommes de son temps. La modernité de son oeuvre lui a valu une gloire posthume.

Héraclite (vers 540 - 480 av. J.-C.). Philosophe, né à Ephèse. Il nous reste des fragments de son ouvrage De l'Univers qui aborde autant la physique ou la politique que la théologie. Il y définit le feu comme l'élément primitif de la matière. Le monde, perpétuellement en mouvement et en devenir, trouve son origine et son harmonie dans le conflit des contraires.

Platon (vers 428 - 348 av. J.-C.). On l'imagine dispensant son enseignement dans les jardins d'Académos, là où il avait créé son académie, le doigt levé, comme nous le montre Raphaël dans la fresque L'Ecole d'Athènes. La connaissance pour lui n'est concevable que si l'on dirige l'âme vers la contemplation du Bien et du Vrai. Toute son oeuvre s'applique à transmettre cet idéal : L'Apologie de Socrate, Le Banquet (sur l'amour), La République (sur l'organisation de l'Etat), Les Lois (sur celles de la cité).

Socrate (vers 470 - 399 av. J.-C.). Philosophe athénien, hostile à tout enseignement dogmatique, il n'a jamais écrit aucun traité de philosophie. Sa pensée est surtout connue par Les Dialogues de Platon, Les Nuées d'Aristophane et Les Mémorables de Xénophon. Sa méthode repose sur des interrogations qui doivent amener ses interlocuteurs à dépasser leurs propres contradictions. En résumé, il s'efforce de perfectionner la devise : " Connais-toi toi-même. " Accusé d'impiété envers la religion d'Etat et de corruption de la jeunesse, il est condamné à boire la ciguë (plante toxique des chemins et des décombres) après avoir refusé de s'enfuir par respect des lois de la cité.

Sophocle (entre 496 et 494 - 406 av. J.-C.). oedipe roi, Antigone, Electre sont les pièces les plus célèbres de ce poète tragédien né à Colone. Sur plus d'une centaine de pièces créées, 7 nous sont connues. Contrairement à Eschyle chez qui les dieux jouent un rôle primordial dans les affaires humaines, l'oeuvre de Sophocle semble influencée par le spectacle d'une Athènes démocratique à l'apogée de son système social et politique.

La marque de l'héritage homérique

En littérature, Homère, auteur de L'Iliade et de L'Odyssée, a marqué le passage d'une littérature orale à une littérature écrite. Considérées comme des textes fondamentaux, ces deux oeuvres évoquent principalement les thèmes de l'épopée, du voyage et de l'altérité. Elles rappellent les rapports entre les anciens et les morts, basés essentiellement sur le souvenir du défunt et les offrandes. On sait peu de chose sur la vie de ce maître des poètes grecs, si ce n'est qu'il a vécu dans la première moitié du VIIIe siècle, à Smyrne notamment. La tradition le dit aveugle.

Littérature moderne

L'histoire de la littérature grecque moderne est étroitement liée à la question de la langue. Au IIIe siècle av. J.-C., des linguistes décident de figer le grec littéraire dans une sorte de crispation archaïsante. C'est la catharévoussa. Elle s'oppose au grec vivant, que l'on appelle la langue démotique et qui évolue au fil des siècles. Celle-ci triomphera finalement dans la littérature à partir du XIXe siècle, mais cette opposition linguistique a largement paralysé l'expression littéraire grecque. Forme du nationalisme, la littérature grecque a par ailleurs pâti d'un manque d'identification nationale face à de multiples occupants (Vénitiens, Génois, Croisés, Ottomans). La poésie orale grecque est la première forme littéraire moderne à se structurer. On note ici le rôle du poète du XVIIe siècle, Vitsentzos Cornaros, qui, dans son Erotokritos reprend la tradition des chants populaires crétois et rejette une langue figée et savante. Ces chants populaires locaux ont une importance primordiale dans l'émergence d'une littérature grecque moderne et permettent l'utilisation de la langue démotique, vivante et parlée, comme langage poétique et littéraire. Le clivage entre libéraux et réactionnaires perdure jusqu'au XIXe siècle. Le poète Dionysios Solomos (1798-1857) s'inscrit dans la lignée du chant populaire et réalise la synthèse poétique qui permet la victoire du démoticisme. La littérature grecque moderne est née. Une figure domine cette nouvelle génération qui va s'illustrer jusque vers 1920. C'est le poète Costis Palamas (1859-1943), dont l'oeuvre est le reflet du lyrisme nationaliste en vogue dans le nouvel Etat grec. La génération de 1880 puise allègrement dans le folklore populaire, comme A. Papadiamantis (1851-1911), maître en la matière.

Littérature contemporaine

Comme pour mieux faire écho à ses ancêtres, la Grèce a hébergé deux prix Nobel de littérature en 1963 et 1979, respectivement Georges Seféris et Odysseus Elytis. Qu'elle soit d'inspiration religieuse, philosophique ou politique, la littérature grecque a toujours rayonné sur l'Europe et sur le monde et reste une source de fierté. Citons également Nikos Kazantzakis qui doit sa renommée à son oeuvre la plus célèbre - Alexis Zorba, 1946 -, adaptée au cinéma sous le nom de Zorba le Grec, avec Anthony Quinn dans le rôle titre. Constantin Cavafy (1863-1933) continue de donner à la poésie grecque ses lettres de noblesse. Enfin, Stratis Tsirkas (1911-1980) est considéré comme l'un des meilleurs romanciers contemporains. Sa trilogie Cités à la dérive (1960-1965) a remporté, en France, le prix du meilleur livre étranger et nous offre une plongée dans les tiraillements que vivent les partisans grecs pendant la Seconde Guerre mondiale. Tiraillements qui annoncent la guerre civile et l'instabilité politique chronique de la Grèce contemporaine. Des écrivains encore plus récents comme Vassilis Alexakis, Takis Théodoropoulos, Alexis Stamatis, Ersi Sotiropoulos ou Petros Markaris ont une production littéraire remarquable. Avec son dernier livre, La Clarinette (publié en 2015), Vassilis Alexakis - originaire de Tinos et qui met souvent cette île des Cyclades à l'honneur dans son oeuvre - reste un des grands écrivains actuellement en vie.

Médias locaux
Musique

L'origine mythique de la musique est véhiculée par les divinités et les héros grecs qui utilisent un support musical. Le premier instrument dont on a réellement une trace est la lyre à sept cordes, pratiquée dès 1400 av. J.-C. A l'époque des philosophes, l'instrument de musique est reconnu comme ayant une véritable fonction dans la vie sociale et religieuse. C'est d'ailleurs à cette période que les rapports entre les sons sont découverts pour prendre une dimension mathématique puis éducative.

L'époque classique permet la double expansion du travail vocal et instrumental, notamment à travers les concours musicaux dont l'importance est cruciale dans la cité. La plupart des philosophes sont aussi et avant tout des musiciens. On sait également que les représentations de pièces de théâtre, en particulier des tragédies, sont enrichies de chants, de morceaux de musique et de danses.

Sous d'autres formes aujourd'hui, la danse et la musique continuent de jouer un rôle important dans la vie des Grecs. Les danses folkloriques sont le reflet des spécificités régionales, mais partagent des fondements communs. Par exemple, à l'instar du syrtos, de nombreuses danses sont exécutées en rond. En effet, à l'origine, en formant un cercle, les danseurs entendaient se protéger des influences néfastes. Ces danses se font parfois sur des airs de bouzouki, une sorte de mandoline très répandue en Grèce.

La musique populaire a pris son essor après la guerre avec le rébétiko, puis au début des années 1960, grâce à deux compositeurs de renom : Manos Hatzidakis qui a composé Les Enfants du Pirée, et Mikis Theodorakis qui a signé la musique de Zorba le Grec. Le rébétiko se jouait à l'origine dans des tavernes fréquentées par des hommes citadins et déracinés, amateurs d'alcool et de cigarettes. Le spleen s'exprimait sous forme d'une danse aux gestes lents et lourds qui se terminait par de violents jets d'assiettes au sol. Le répertoire repose ainsi sur des thèmes mélancoliques tels que l'amour déçu, la pauvreté, la prison, la drogue... Aujourd'hui, il est rare d'assister à de telles représentations sauf si elles sont reconstituées pour les besoins touristiques. Les musiques grecques actuelles se sont éloignées de ce style, mais des chanteuses comme Mélina Mercouri et Maria Callas ont donné une dimension internationale à ces airs grecs.

Peinture et arts graphiques
L'art byzantin entre peinture religieuse et icônes

Dans la religion orthodoxe, l'icône est vénérée comme une image sacrée. Elle est plus qu'une simple représentation, elle est censée incarner un saint ou une divinité. Dans les églises et les foyers, l'icône est sollicitée pour ses miracles et ses pouvoirs de guérison. Les Grecs ne plaisantent pas avec ce culte, attention donc aux maladresses. Après la période des peintures religieuses datant de l'époque byzantine, les influences se sont multipliées, notamment italiennes.

Peinture moderne entre nationalisme et influences extérieures

A partir du XIXe siècle, les artistes grecs, très attachés à leur culture et à leur héritage, se sont exprimés à travers leur histoire. La guerre d'indépendance a notamment marqué les esprits et suscité des vocations : Theodoros Vryzakis et Dyonissios Tsokos ont illustré cette période avec talent, entre portraits et scènes de batailles, très idéalisés.

Les peintres grecs célèbres des XIXe et XXe siècles furent fortement influencés par les écoles de Munich, comme Nikiforos Lytras, Constantinos Volanakis, Nikolaos Gysis, et Georgios Iakovides. C'est ensuite l'influence de Paris que l'on sent apparaître, notamment au travers des oeuvres de Périclès Pantazis qui s'essaie à l'impressionnisme. Petit à petit, des mouvements post-impressionnistes émergent en Grèce : fauvisme et expressionnisme, entre autres. Ainsi Constantinos Maleas (1879-1928), proche du fauvisme, est considéré comme l'un des précurseurs de l'art moderne grec, avec ses paysages du pays dont il présente des interprétations très personnelles.
Outre ces évolutions tournées vers l'Occident, les influences byzantines et orientales persistent et se rapprochent de l'art populaire. Theophilos Hadjimichail se fait connaître comme peintre naïf dans les années 1930.

Art contemporain

Après la Seconde Guerre mondiale, certains artistes comme George Bouzianis (1885-1959) ont réussi à développer l'art moderne grec et ont permis l'éclosion d'un art contemporain original, à l'image de Yannis Tsarouchis (1910-1989) ou de Alekos Fassianos (né en 1935). Aujourd'hui, l'art contemporain grec est représenté par des peintres comme Nikos Baikas, mais également par des plasticiens (Georgos Hadjimichalis, Andréas Angelidakis...) et des photographes (Lizzie Calligas, Panos Kokkinias, Nikos Markou...) de renommée internationale.

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