Guide du Pays Basque : Arts et culture

Architecture
Siège des autorités sanitaires du gouvernement basque, oeuvre du cabinet Coll-Barreu.
Siège des autorités sanitaires du gouvernement basque, oeuvre du cabinet Coll-Barreu.
Art roman

Sous le règne de Sanche le Grand (1004-1035), la Navarre est un puissant royaume. L'hégémonie navarraise se traduit par une floraison artistique tout au long du chemin de Saint-Jacques en Navarre, avec la construction de nombreuses églises, monastères, chapelles, etc. Le style roman s'épanouit jusqu'au XIIe siècle, présentant à cette époque des influences musulmanes qui donneront naissance à l'architecture mudéjare. La Rioja, sous domination Navarre à cette époque, bénéficie également de ce rayonnement architectural. En témoigne le monastère de San Millán de Suso, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, dont Sanche le Grand ordonna l'ampliation et la restauration en 1030, dans le pur style roman.

Art gothique

A partir du XIIIe siècle, le gothique pénètre en Espagne par la Navarre, sous l'influence française. Il s'exprime dans l'architecture religieuse, mais aussi dans la peinture, la sculpture et l'orfèvrerie. La cathédrale Santa María de Pampelune et les principaux monuments d'Olite datent de cette époque. Le gothique se développe un peu plus tard au Pays basque, principalement à partir du XIVe siècle. L'essor des grandes villes à cette époque favorise la construction de nombreuses maisons, bâtiments administratifs et religieux, notamment à Vitoria, où l'on peut admirer plusieurs constructions gothiques (cathédrale de Santa María, église de San Miguel, Casa del Cordón, etc.).

Renaissance et plateresque

Au XVIe siècle, les richesses issues de la découverte des Amériques permettent la construction ou la restauration de nombreux édifices. Le style Renaissance se développe à cette époque dans le nord de l'Espagne et s'accompagne d'influences plateresques, style d'ornementation qui rappelle le travail d'orfèvre (du mot platero, " orfèvre travaillant l'argent "). On trouve un magnifique exemple au Pays basque dans l'université d'Oñati.

Baroque

De la fin du XVIe siècle au milieu du XVIIIe siècle, le style baroque impose sa profusion ornementale aux codes de l'époque. Il trouve son apogée au Pays basque avec la construction du sanctuaire de Loyola (XVIIIe), chef-d'oeuvre du baroque " churrigueresque " (nom donné à l'interprétation du baroque en Espagne, qui se caractérise par une surabondance dans l'ornementation).

Architecture moderne

De grands architectes contemporains ont laissé leur signature au Pays basque, tels que Norman Foster, Santiago Calatrava, et bien sûr Frank O. Gehry, auteur d'un spectaculaire bâtiment en titane qui a transformé la vieille cité industrielle de Bilbao en ville cosmopolite et touristique : le musée Guggenheim. Les bodegas de la D.O. Rioja opèrent également une petite révolution en investissant des sommes colossales dans la construction de bâtiments avant-gardistes. Ainsi les Bodegas Ysios sont signées Calatrava, tandis que Frank O. Gehry a imaginé une véritable cité du vin pour les Bodegas Marqués de Riscal.

Artisanat

L'artisanat du Pays basque est riche, authentique et unique : chistera, gourde, espadrilles et linge basque sont autant d'objets à ramener dans ses valises. Mais le véritable trésor de l'artisanat local est le makila. Ce bâton de marche cache à l'intérieur de son pommeau une pointe en acier. C'est un objet unique, dont le nom et la devise du propriétaire sont gravés sur le pommeau, généralement offert de père en fils ou à titre honorifique (Jean-Paul II, de Gaulle, Pompidou et Mitterrand, entre autres, s'étaient vu offrir un makila).

La txapela est un autre incontournable de l'artisanat basque. Ce béret de couleur noire est chargé de symbolique, puisqu'on le reçoit comme signe de distinction lors de championnats sportifs et autres compétitions en tous genres. C'est le cas par exemple des tournois de bertsolaris, où les vainqueurs sont couronnés d'une txapela.

En Navarre, la fabrication de gourdes en peau de chèvre est une grande spécificité de l'artisanat local. Ces gourdes sont surtout utilisées par les fêtards de Pampelune pour y transporter le vin.

Que ramener de son voyage ?

Au Pays basque, vous pourrez vous doter de tout l'équipement indispensable du basque : chistera, espadrilles, béret et linge basque, mais aussi des kaikus (vestes en tricot ornées de pompons), des foulards d'arrantzale (en coton à carreaux blanc et bleu), des kutxas (coffres taillés) et le fameux makila. N'oubliez pas non plus de ramener quelques conserves dans vos bagages de bonito del norte ou de piments d'Ibarra (les fameuses guindillas que l'on trouve sur toutes les tapas de la région), et bien sûr quelques bouteilles de Txakoli !

En Navarre, n'oubliez pas de ramener dans vos valises une petite bouteille de pacharán et des conserves de pimientos del piquillo. Pendant les Sanfermines, la gourde à vin est indispensable !

En Rioja, du vin, du vin et du vin !

Cinéma

Le cinéma espagnol est une résonance évidente de l'évolution historique de la société espagnole. Un des premiers réalisateurs à s'être fait connaître internationalement a été Luis Buñuel : ses productions les plus célèbres sont Un chien andalou en 1927, Las Hurdes en 1932, Viridiana en 1961. Si ce génie a réussi à influencer l'Europe et l'Amérique latine (il s'est exilé au Mexique) durant une période trouble de l'histoire espagnole, d'autres réalisateurs ont eu une petite notoriété durant la dictature franquiste ; Francisco Franco n'a pas pu museler totalement le cinéma espagnol, en particulier des oeuvres comme Los Golfos de Carlos Saura, Muerte de un ciclista de Juan Antonio Bardem se sont fait remarquées, ou des réalisateurs comme Luis Garcia Berlanga ou Mario Camus.

Après la mort de Franco en 1975, la libération sexuelle et la politique se révèlent être les principaux sujets des tournages... tout ce qui était interdit pendant la dictature éclate au grand jour ; les films de la transition sont un miroir de cette époque. Alfredo Landa est l'un des acteurs phares de cette époque, avec plus de 120 films à son actif, La Vaquilla (de Berlanga), Los Santos inocentes (Camus) ou La Próxima estación (Mercero) sont un petit échantillon de sa carrière.

Dans les années 1980 se profile un cinéma plus comique, plus excessif, développé principalement par Pedro Almodóvar. Almodóvar fait preuve d'une imagination débordante et délirante, il montre l'Espagne comme un pays d'excès ; Madrid sera sa principale source d'inspiration avec le mouvement des années 1980, la " movida madrileña ". Il crée un langage différent, exagéré et chargé d'humour. Avec Pepi, Luci et Bom et autres filles du quartier (1980), le réalisateur montre sa marque de fabrication, son goût pour les marginaux et les relations sexuelles. Il remporte un grand succès des deux côtés des Pyrénées. Il obtient la notoriété internationale grâce au film Femmes au bord de la crise de nerfs, récompensé par 5 Goyas (les César espagnols) en 1989.

Almodóvar continue aujourd'hui à être l'ambassadeur du cinéma espagnol avec des chefs d'oeuvre comme Tout sur ma mère, Parle avec elle et surtout Volver qui a fait de Penélope Cruz une star. D'autres voix commencent à se faire entendre outre-Atlantique comme celle d'Alejandro Amenábar, avec un Oscar en 2005 pour le film Mar adentro ; Javier Bardem qui a reçu l'Oscar en 2008 pour le film des frères Coen No Country for old men. D'autres comédiens, comme Antonio Banderas, Victoria Abril, Carmen Maura, Maribel Verdú ou Paz Vega, ont su trouver leur place sur le marché cinématographique international.

Le Pays basque est porteur de nombreux talents dans le domaine du cinéma, puisque les cinéastes Álex de la Iglesia et Julio Medem sont originaires de ces vertes contrées. Dans La Rioja, le grand nom du cinéma est celui d'un scénariste, Rafael Azcona, auteur de certains des plus grands films du cinéma espagnol : Placido (1961), El Verdugo (1963) et Belle Epoque (1992). Enfin, n'oublions pas que la Mecque du cinéma espagnol se trouve à Saint-Sébastien, qui accueille chaque année au mois de septembre son prestigieux festival de cinéma.

Festival international du film de Saint-Sébastien (Zinemaldia)

Au mois de septembre, Saint-Sébastien se déleste de sa délicieuse tranquillité pour accueillir les Richard Gere, Julia Roberts et autres stars du grand écran à l'occasion du Festival international du film de Saint-Sébastien, le plus important d'Espagne dans sa catégorie.

Chaque année, depuis sa création en 1953, il récompense le meilleur film de la compétition par la Concha de Oro (Coquille d'or), dont le nom fait évidemment référence à la célèbre plage de La Concha. Le siège du festival se trouve dans le Kursaal, bâtiment minimaliste signé par l'architecte navarrais Rafael Moneo, tandis que l'hôtel Maria Cristina accueille les stars de passage.

Inauguré en 1912 sur les rives du fleuve Urumea, l'hôtel Maria Cristina est à Saint-Sébastien ce que le Majestic est à Cannes : un classique. Ses chambres, ses salons et ses couloirs ont vu défiler une pléiade d'acteurs et de réalisateurs, parmi lesquels les légendaires Robert Mitchum, Sophia Loren et Bette Davis. Entre ses murs, c'est l'histoire du cinéma qui se raconte en habits de gala.

Après les projections, curieux et professionnels du secteur se retrouvent dans le café Oquendo, lieu mythique ouvert en 1924, dont les murs couverts de photos de stars retracent l'histoire du festival. Un pintxo, un verre de txacoli, et c'est parti pour la prochaine séance !

Danse
Danseurs basques.
Danseurs basques.

Les danses traditionnelles basques font partie de la culture locale. Leur répertoire est aussi varié qu'il existe de villages et de vallées au Pays basque et en Navarre. Parmi les plus connues, on citera le dantzari dantza, exécuté au son du txistu (flûte à bec) et originaire de Durango ; le Kaxarranka, originaire de Lekeitio, où le danseur réalise sa chorégraphie perché sur une caisse ; et les danses réalisées à l'occasion du carnaval des communes navarraises de Luzaide et Zubieta.

Dans La Rioja, la danse se vit au rythme des fêtes régionales comme la curieuse " Danza de los zancos " d'Anguiano, où les danseurs sont perchés sur des échasses en bois de 45 cm de hauteur.

Littérature
Statue de Don Quichotte et Sancho Panza.
Statue de Don Quichotte et Sancho Panza.
Grands noms de la littérature espagnole

Miguel de Cervantès (1547-1616). La vie du génie du " siècle d'or " espagnol, né à Alcadá de Henares, comporte quelques zones d'ombre. Issu d'une famille nombreuse, il fait des études universitaires auprès d'un maître, disciple d'Erasme, avant de partir à Rome avec le cardinal Acquaviva. Il devient soldat des troupes pontificales et participe à la bataille de Lépante (1571) où il perd un bras. Alors qu'il regagne son pays, il est fait prisonnier par les Turcs en 1575 et passe cinq ans au bagne d'Alger. De retour en Espagne, il se marie et se consacre aux lettres, un moyen d'exorciser ses mauvais souvenirs de bagnard. En 1585, il publie La Galatée, un roman pastoral. Il accepte par la suite le poste de gouverneur d'Andalousie ; durant son mandat, il trempe dans des affaires de corruption, ce qui lui vaut encore un séjour en prison. En 1605, El Ingenioso Hidalgo don Quijote de la Mancha est publié ; le public accueille avec un grand enthousiasme les aventures de ce chevalier candide. En 1613, nouveau succès avec les Nouvelles exemplaires dédiées au vice-roi de Naples, son protecteur, le comte de Lemos. Ce texte est émaillé de références à sa vie amoureuse et de considérations plus profondes sur la société espagnole. Deux ans plus tard, Cervantès écrit la suite et fin de Don Quichotte. Il meurt le 23 avril 1616, le même jour qu'un autre génie de la littérature, William Shakespeare.

Federico García Lorca (1898-1936). Ce poète et dramaturge, né en 1898 à Fuente Vaqueros (près de Grenade), a étudié la philosophie et les lettres à l'université de Grenade ainsi que le droit. Durant ses études, il se lie d'amitié avec le compositeur Manuel de Falla, qui lui transmet son amour du folklore et des traditions populaires. En 1919, il s'installe à Madrid et rencontre les auteurs de sa génération comme Juan Ramón Jiménez. Sa première pièce de théâtre, El maleficio de la mariposa (Le Maléfice du papillon) est un échec, mais il ne perd pas espoir et atteint son heure de gloire avec Maríana Pineda, un drame patriotique, rédigé en 1927. En 1928, il publie le Romancero gitano, son oeuvre majeure dans laquelle se mêlent le côté populaire et la culture pour décrire le monde des gitans mal-aimés. Sa dernière oeuvre, La Casa de Bernarda Alba, de 1936, est la pièce la plus représentée. A l'époque de la guerre civile, il est arrêté par l'armée franquiste, et fusillé dix jours plus tard, ayant été accusé d'être un fauteur de troubles et un agitateur de l'ordre social.

Antonio Machado (1875-1939). Ce poète et dramaturge, né à Séville en 1875, est l'un des grands écrivains de la génération de 1898. Dans ses écrits, il s'attache surtout à l'intériorité des personnages. Après un voyage à Paris en 1899, il publie ses premiers poèmes dans la revue Electra ; en 1903, il édite son livre Soledades (Solitudes). On y trouve une lyrique intimiste avec un vers simple, mais très expressif. De 1926 à 1932, il présente avec son frère Manuel, différentes comédies dramatiques. En 1939, face au triomphe des troupes franquistes, il s'exile en France, mais meurt peu de temps après, fatigué et atteint d'une maladie.

La génération de 1927, quant à elle, est composée d'un groupe de poètes qui renoncent à une poésie surréaliste, en faveur d'un humanisme profond.

Leopoldo Panero (1909-1962). Poète qui a exalté sa terre natale, Astorga. A sa mort, sa femme Felicidad et ses trois fils ont accepté de participer à un court-métrage devant la caméra de Jaime Chavarri. Mais ce qui était prévu comme une sorte d'éloge funèbre conventionnel devint un long-métrage de cinéma-vérité corrosif et dérangeant, très caractéristique de l'Espagne des années 1970 : " J'aurai à combattre et supporter les attaques d'une société qui passe mes actes, j'ignore pourquoi, se sentant insultée. " La famille Panero refusa les faux-fuyants avec courage et honnêteté. Ce fut El Desencanto (Le Désenchantement) en 1976. Un livre de mémoires de Felicidad Blanc suivrait en 1977 : Espejo de sombras (Miroir d'ombres), qu'on lit comme une confidence. " Je connaîtrai enfin la maison d'Astorga. Comme la maison est jolie : le jardin avec ses vieux arbres, et le lierre, ce lierre qui apparaît si souvent dans la poésie de Leopoldo, et qui envahit tout, grimpant aux grilles, aux arbres. "

La littérature au Pays basque

Littérature en euskera. C'est en 1545 que parait le premier livre imprimé en langue basque, Linguae Vasconum Primitiae, un recueil de poésie du prêtre navarrais Bernat Etxepare. En 1643, la parution de Gero, oeuvre du navarrais Pedro de Aguerre, dit Axular, marque l'apogée des lettres classiques basques. Le XVIIIe siècle est une période d'importants travaux linguistiques sur l'euskera, en particulier grâce au jésuite Manuel Larramendi (1690-1766), originaire du Guipúzcoa et auteur d'un dictionnaire trilingue castillan, basque et latin. La littérature contemporaine a produit de grands auteurs basques, en particulier Bernardo Atxaga, prix national de littérature en 1989 pour son roman Obabakoak, dont les oeuvres sont traduites dans de nombreuses langues. Autre grand nom de la littérature basque contemporaine, Kirmen Uribe (Ondárroa, 1970) est considéré comme l'un des auteurs les plus prometteurs de sa génération. Son roman Bilbao-New York-Bilbao, écrit en euskera, a reçu le Prix national de littérature espagnole et le Prix de la Critique en 2008.

La génération de 98. La fin du XIXe siècle est une période de grande production littéraire mais aussi de désillusion collective. Dans le contexte de la décadence de l'Espagne, avec la perte progressive de ses colonies, émerge une génération d'auteurs influencés par les courants philosophiques européens, qui ont pour point commun la rupture avec les formes classiques, le rejet de l'esthétique du réalisme et une certaine vision pessimiste de l'Espagne. Parmi les auteurs les plus représentatifs de cette génération d'écrivains, deux sont d'origine basque : le philosophe et écrivain Miguel de Unamuno, né à Bilbao en 1864, et le romancier Pío Baroja, né à Saint-Sébastien en 1872. Leurs oeuvres font aujourd'hui partie des classiques de la littérature espagnole.

Littérature contemporaine. L'écrivain basque Espido Freire, de son vrai nom Maria Laura Espido Freire, est originaire de Bilbao. Son premier roman publié en 1998, Irlanda, qui mélange avec brio la beauté des paysages et la cruauté des sentiments humains, lui assure un succès certain en librairie. Avec son deuxième roman Melocotones helados (Pêches glacées), elle gagne le prestigieux prix Planeta. Connus du grand public, ses romans ont été traduits en une dizaine de langues. Elle est aussi célèbre pour son essai Mileuristas (2006) qui brosse un portait féroce de l'Espagne moderne en pointant du doigt les inégalités sociales dont sont victimes les jeunes diplômés espagnols.

Médias locaux

Presse nationaleFondé en 1976, El País est le journal le plus vendu en Espagne, avec une diffusion moyenne de 180 000 exemplaires par jour. Le quotidien suit une ligne éditoriale de centre-gauche, et de nombreux écrivains collaborent dans ses pages, notamment Manuel Rivas et Enrique Vila-Matas. En deuxième position, El Mundo est un quotidien de centre-droit avec une diffusion moyenne de 100 000 exemplaires par jour, suivi d'ABC, un quotidien conservateur, avec une diffusion moyenne de 80 000 exemplaires.

Presse régionale. Le quotidien Berria, diffusé au Pays basque et en Navarre, est entièrement rédigé en euskera. Le quotidien El Correo est vendu au Pays basque (principalement lu en Biscaye et Alava) et dans La Rioja. Dans le Guipúzcoa, le quotidien de centre-droit Diario Vasco a une diffusion de 50 000 exemplaires. En Navarre, les principaux quotidiens régionaux sont le Diario de Navarra, de ligne éditoriale conservatrice et régionaliste, et Diario de Noticias, quotidien de gauche et sympathisant du nationalisme basque. Dans La Rioja, le Diario La Rioja, fondé en 1889, est le principal quotidien.

Presse sportive. Le journal le plus lu en Espagne est Marca, journal sportif fondé à San Sebastián en 1938. Le 12 juillet 2010, le journal épuise les stocks et doit distribuer une deuxième édition l'après-midi (première fois dans l'histoire du journalisme espagnol) suite à la victoire au Mondial de football 2010 de la sélection espagnole de football. Autres journaux sportifs : AS, Mundo Deportivo, Diario Sport.

Télévision. Au niveau national, les deux chaînes publiques sont RTVE1 et RTVE2, et les chaînes privées sont Telecinco, Antena 3, La Sexta et Cuatro. Il existe aussi de nombreuses chaînes régionales, dont la télévision basque EITB, qui regroupe plusieurs chaînes en basque ou en castillan diffusées au Pays basque et en Navarre.

Radio. L'organisme public RTVE est constitué de six stations de radio (notamment Radio 1 et Radio Clásica), chaque radio procédant à des décrochages régionaux. Il y a ensuite plusieurs stations nationales commerciales : SER, COPE, Onda Cero, Punto Radio, entre autres. Au niveau basque, il faut signaler Radio Euskadi, une station de radio qui appartient au groupe EITB.

Musique

La musique et les chants basques viennent d'une longue tradition orale, dont certaines mélodies désormais répertoriées remontent au XVIIe siècle. Les chants traditionnels s'accompagnent du txistu, une flûte à trois trous aux origines ancestrales, puisque des flûtes en os datant du paléolithique supérieur ont été découvertes dans les grottes d'Isturitz en Basse Navarre.

En Navarre et en Rioja, il existe une grande tradition de la jota, connue comme la " jota de l'Ebre ". Les paroles des chansons sont des poèmes populaires qui font référence aux thèmes du quotidien, comme les vendanges ou le travail dans les champs.

Le rock basque, des années 1980, dans un genre complètement différent, marque une étape importante de la musique en Espagne. Né dans un contexte de crise économique, il s'inspire du punk pour produire des textes engagés, chantés en euskera, qui auront une forte projection dans tout le pays.

Peinture et arts graphiques

Les manuscrits enluminés par des moines mozarabes au Xe siècle sont les premières manifestations connues de la peinture espagnole. Aux XIe et XIIe siècles, les peintures murales se répandent dans les églises : elles sont sans perspective, les attitudes des personnages sont raides, mais des détails réalistes font d'elles une création typiquement espagnole. Les XIVe et XVe siècles sont ceux de la période gothique. Les artistes travaillent sur les retables des églises et des cathédrales, en leur imprimant des influences italienne, française et flamande. Le musée de Valence expose des oeuvres remarquables de Ferrer Bassá (1285-1348). En Castille, l'influence française se propage à partir du XIVe siècle, suivie au XVe de l'influence italienne : étude de la perspective et glorification du corps humain. A Valence, Fernando de Llanos introduit la technique de Léonard de Vinci. Prélude à l'intensité dramatique et à la somptuosité des peintures du XVIe siècle.

Le Siècle d'Or

Natif de l'île de Crète et formé à l'école vénitienne, Dhoménikos Theotokopoulos, dit le Greco, arrive en Espagne en 1570. Son oeuvre devient aux environs de l'an 1600 un point culminant de l'art européen. Il n'a guère fait école, exception faite de quelques-uns de ses élèves, comme Luis Tristan (1586-1640). Le Greco, largement influencé par Le Titien et Le Tintoret, maîtrise parfaitement l'art des formes et des couleurs ; techniques grâce auxquelles il donne à ces tableaux une expressivité teintée de spiritualité. Quatre peintres donnent à la peinture espagnole du siècle d'or sa physionomie.

Par ses portraits de saints, Francisco de Zurbarán s'est surtout distingué comme peintre de la vie monacale, tandis que Bartolomé Esteban Murillo exprime l'âme andalouse à travers ses compositions religieuses, de ses Immaculées à ses Saintes familles sans oublier ses scènes réalistes comme Le Jeune Mendiant, vers 1650.

Avec ses célèbres bodegones, Fray Juan Sánchez Cotán, est le pionnier de la nature morte espagnole. C'est cependant Diego de Velázquez qui incarne le mieux ce siècle d'or espagnol. Peintre officiel de la cour de Philippe IV, Velázquez fait preuve d'un talent inédit. Las Meninas (exposée au musée du Prado), l'une de ses toiles les plus connues, est une oeuvre complexe où les éléments d'interprétation se cachent derrière l'apparence d'une scène ordinaire de la vie du palais. Velázquez effectue deux voyages en Italie. A cette époque les liens entre les peintres des différentes écoles européennes se resserrent et les échanges se multiplient.

L'ère Goya

Le XVIIIe siècle espagnol est peu prolifique en maîtres. Les forces créatrices du XVIIIe se tassent et seul un peintre domine : Francisco de Goya y Lucientes (1746-1828). Il peint aussi bien des portraits officiels, Charles IV et sa famille, la marquesa de Alba, et des drames historiques : El dos de mayo et El tres de mayo (1814) devenus les symboles de la résistance des Espagnols contre les Français lors de la guerre d'Indépendance. Sa vision du monde, crue et ténébreuse, se révèle dans ses oeuvres de la maturité. A travers ses peintures suintent les cauchemars de l'existence et la souffrance de l'homme. Son talent grandiose a montré le chemin à tout l'art pictural et graphique des temps modernes.

L'époque moderne

Au début du XXe siècle, nombre d'artistes espagnols se déplacent à Paris, capitale réputée pour son romantisme, sa bohème et son souffle de liberté. Ces artistes venus de Madrid, de Barcelone ou du Pays basque, vont jouer un rôle de premier ordre dans l'émergence et le développement de l'art à Paris. La figure de proue est Pablo Picasso, installé à Paris dès 1904. Il bouleverse la peinture par ses incessantes remises en question, par sa capacité à métamorphoser et à sublimer la réalité. Toujours en recherche, il transforme, remodèle, réinvestit la réalité. Son oeuvre est vivante et évolutive : époque bleue, époque rose, cubisme, néoclassicisme suivi d'une brève échappée surréaliste, puis abstraite, jusqu'à l'expressionnisme tragique de Guernica (1937). En pleine effervescence, Picasso, explore de nouveaux moyens d'expression, avec des oeuvres diverses et toujours surprenantes.

Parmi les grands noms espagnols de l'époque moderne notons le peintre Juan Gris, cubiste, installé à Paris dès 1907 ; Julio González, sculpteur ; ainsi que deux surréalistes très différents l'un de l'autre : Juan Miró, peintre sculpteur créateur d'audacieuses fantaisies, et Salvador Dalí, maître de la provocation et de la mise en scène.

Les années 1950 et 1960 voient l'avènement d'une nouvelle génération d'artistes dont la vitalité et le dynamisme ne seront reconnus en Espagne qu'après la mort de Franco. Ces artistes s'expriment dans de nombreux domaines : de la critique sociale au pop art en passant par le néoréalisme.

Antoni Tàpies, utilisant des techniques de collage, grattage et assemblage, se présente aux côtés du sculpteur Eduardo Chillida et du peintre Arroyo comme l'une des plus fortes personnalités artistiques de sa génération. Dans les années 1950, le groupe " el Paso ", formé à Madrid, renouvelle les techniques picturales. Ses représentants (Antonio Saura, Manuel Millares et Manuel Rivera, entre autres) introduisent des matériaux nouveaux : tissus, toiles métalliques dans leurs tableaux. Dans les années 1960, les peintres Juan Genovés ou Rafael Canogar revendiquent un langage pop qui s'engage dans la critique du régime franquiste.

Peintres espagnols du XXe siècle

Salvador Dalí (1904-1989). Excentrique, génie et provocateur, les qualificatifs ne manquent pas pour cerner la personnalité du peintre surréaliste. Qu'il soit fou de chocolat Lanvin, de sa muse Gala, ou qu'il érige la gare de Perpignan au rang de centre du Monde, Dalí a laissé une oeuvre très abondante qui peut être découverte en partie dans le Théâtre-Musée qu'il a créé à Figueres, sa ville natale. Visions ironiques de la réalité ou bien hallucinatoires, ses oeuvres sont nées de la technique d'investigation de l'irrationnel par le délire, appelée " méthode paranoïaque-critique ".

Joan Miró (1893-1983). Parmi les enfants prodiges de Catalogne, le peintre et sculpteur Joan Miró a laissé une empreinte indélébile dans sa ville. La fondation qu'il a créée à Montjuïc ou bien encore les oeuvres urbaines réalisées pour Barcelone (sculptures et mosaïques du parc Miró et de la Rambla) sont autant de témoignages de son amour et de sa fidélité à sa ville natale. Admirateur du modernisme de Gaudí et de l'art primitif catalan, Miró a développé un style très personnel et poétique. L'usage des couleurs primaires et des représentations symboliques sont des éléments récurrents de son art. Alors, redevenez un enfant et laissez-vous emporter dans l'univers de Miró où la lune, les oiseaux, la nuit et la femme composent son invitation au rêve.

Pablo Picasso (1881-1973). Même si Picasso n'est pas originaire de Barcelone, les sept années passées dans la cité catalane vont imprégner et influencer la première période de son travail. Arrivé à Barcelone en 1895 à l'âge de 14 ans, le jeune Pablo va baigner dans le modernisme ambiant et étudier de près les petites gens des quartiers populaires qu'il fréquente, comme la Barceloneta et le Barrio Chino. Ses premières oeuvres de la période bleue refléteront la misère de ce Barcelone entre deux siècles. En 1900, il fit sa première exposition au Els Quatre Gats, café réunissant les cercles artistiques et littéraires du moment et y dessina le menu de l'établissement. Ce furent les prostituées de la carrer d'Avinyó qui inspirèrent l'artiste pour la réalisation des Demoiselles d'Avignon, toile qui marqua en 1907 le début du cubisme.

La peinture basque

Elle trouve son ambassadeur le plus renommé en la personne de Ignacio Zuloaga (1870 - 1945), peintre d'une Espagne folklorique avant de rejoindre les idéaux de la Génération de 98, se tournant vers un réalisme emprunt de tragédie. Un musée lui est dédié à Zumaia, dans le Guipúzcoa, où le peintre passa la fin de sa vie.

Parmi les grands artistes basques, il faut également citer Menchu Gal (1919-2008), originaire d'Irun, première femme à avoir reçu le prix national de peinture en 1959. La salle d'expositions Menchu Gal, à Irún, présente une quarantaine de ses oeuvres.

Enfin, notez que le musée des Beaux-Arts de Bilbao, inauguré en 1914, présente la plus riche collection d'artistes originaires du Pays basque et de Navarre.

Sculpture
Variante ovoïde de la Desocupación de la esfera, une sculpture de Jorge Oteiza.
Variante ovoïde de la Desocupación de la esfera, une sculpture de Jorge Oteiza.

Eduardo Chillida. Sur les terres basques, la sculpture est indissociable du nom d'Eduardo Chillida (1924-2002), artiste prolifique dont les oeuvres ornent une multitude d'espaces publics au Pays basque, et en particulier à Saint-Sébastien, sa ville natale, où l'on peut admirer son oeuvre la plus célèbre, le Peigne du Vent, installé à l'extrémité de la baie de La Concha. Il faudra cependant vous contenter d'admirer ses oeuvres exposées dans le domaine public, puisque le musée Chillida-Leku est fermé depuis 2011 en raison de l'absence d'un accord de financement entre la famille de l'artiste et le gouvernement basque.

Jorge Oteiza. Autre grand sculpteur contemporain, Jorge Oteiza (1908-2003) est un artiste d'origine basque qui a fait don de ses oeuvres à la communauté forale de Navarre, où la fondation Jorge Oteiza a été inaugurée en 2003 à Alzuza. Considéré comme le pionnier de la sculpture abstraite en Pays basque, Jorge Oteiza est aussi un important théoricien de l'espace. Parmi ses oeuvres emblématiques, il faut citer la façade principale du sanctuaire d'Arantzazu, dans le Guipúzcoa, ornée de quatorze apôtres alignés sur 12 m.

Traditions
Le bertsolarisme

La langue basque a connu une importante tradition orale qui se poursuit encore aujourd'hui avec la pratique du bertsolarisme, une improvisation chantée, versifiée et rimée en langue basque. Les bertsolaris reçoivent un thème imposé sur lequel ils doivent improviser en suivant des règles strictes de versification. Ils s'affrontent lors de grands tournois ou concours qui attirent un public de plus en plus large.

La tauromachie

D'abord destinée aux aristocrates, la tauromachie est devenue au XVIIIe siècle une fête du peuple. Codifié une première fois en 1796 par le matador Pepe-Hillo, le jeu prend sa forme actuelle quelques années plus tard vers 1830. Cependant, au cours du temps, le spectacle a changé. Il a basculé d'une forme d'affrontement violent avec des bêtes énormes, au XIXe siècle, à un spectacle dominé par la recherche de l'émotion esthétique, à partir des années 1950. Juan Belmonte a initié ce nouveau chemin en développant le travail à la cape. Son grand rival, Joselito, a également excellé dans cet art. Les toreros, parmi lesquels Manolete, Luis Miguel Dominguín, Antonio Ordóñez et El Cordobés, ont joui d'une grande popularité... et fascinent toujours. Pour preuve, ces artistes et écrivains (Montherlant, García Lorca, Hemingway) qui leur consacrèrent des oeuvres entières.

A l'heure actuelle, la corrida ponctue la plupart des évènements importants, locaux ou nationaux. Au nord de l'Espagne, c'est en Navarre que la culture de la corrida demeure la plus vive grâce aux fêtes de la San Fermin à Pampelune, où s'enchaînent encierros en matinée et corridas l'après-midi.

Avant l'entrée dans l'arène, c'est un véritable rituel qui se déroule dans les vestiaires. Le torero revêt le traje de luces (habit de lumière) avec l'aide de son assistant, suivant tout un méticuleux protocole. Ces habits sont cousus à la main et sont traités comme des oeuvres d'art, des milliers de paillettes brodées illuminent le torero au milieu de l'arène et attirent l'attention du taureau. La matière et la confection du traje contribuent à une meilleure performance du torero et une meilleure aisance de ses mouvements.

La sortie du torero dans l'arène suit également un rituel, après avoir eu l'accord de la présidence de la plaza de toros, le torero fait un tour de piste pour se montrer à son public. Son équipe vient ensuite pour être aussi présentée au public. Puis le taureau entre en scène pour le combat à mort avec le torero. Chaque combat dure environ 15 minutes et chaque torero affronte en moyenne deux taureaux.

Un combat en trois temps

Les rites de la corrida, tels qu'on les voit aujourd'hui, remontent au XVIIIe siècle : le torero combat à pied dans son habit de lumière. Chaque corrida comporte six taureaux et trois matadors (" tueurs " littéralement, communément appelés toreros), en plus des peones chargés d'attirer la bête dans l'arène. La corrida obéit à une réglementation très stricte et est orchestrée par des parties musicales et des jeux de tambours, qui, outre le côté purement folklorique, servent à avertir le torero de chaque changement d'acte. Par ailleurs, le président de la corrida brandit des mouchoirs de couleur pour orienter le spectacle. Si le mouchoir est blanc, cela indique un avertissement ou une sortie de taureaux ; s'il est vert, c'est que le taureau est refusé : on procède alors à son renvoi. Un mouchoir grenat donne l'ordre de planter deux banderillas noires ; un jaune gracie le taureau et un violet signifie que l'on traîne le taureau mort autour de l'arène pour lui rendre hommage.

D'abord, on accueille le taureau et on teste ses réactions au sol. Deux picadors, montés sur des chevaux protégés par d'épaisses cuirasses, entrent dans l'arène. Les chevaux portent des oeillères pour qu'ils ne prennent pas peur. Les picadors attirent la bête vers eux et enfoncent leur lance dans le garrot de l'animal. Ensuite, on jette des banderillas (bâtons de couleurs ayant à l'extrémité un harpon) sur le dos du taureau en vue de l'exciter. Enfin, arrive le matador qui opère à la mise à mort. Il existe deux techniques : la plus utilisée est celle où le matador se dirige vers le taureau et lui enfonce son épée entre les deux omoplates. L'autre, plus difficile à réaliser, consiste à amener l'animal vers le matador. Elle démontre alors le parfait contrôle sur la bête. Cette dernière phase, en plus de la qualité et de la dextérité des passes, de l'agilité de l'animal et du temps passé au coup de grâce, compte beaucoup dans l'attribution ou non d'une récompense au torero (les oreilles et la queue) par le président de la corrida.

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