Guide de l'Ontario : Arts et culture

Architecture
<p>Maison victorienne à Southampton.</p>

Maison victorienne à Southampton.

L'architecture ontarienne a considérablement évolué du XVIIe siècle à nos jours - des habitations autochtones jusqu'aux constructions futuristes de l'architecte américano-ontarien Franck Gehry - qu'elle soit religieuse, domestique ou urbaine.

Architecture autochtone. Les peuples des Premières Nations produisent une architecture unique, tant temporaire que permanente. Dans la première catégorie, on retrouve des constructions éphémères telles que les igloos, les wigwams et les tipis. Ensuite figurent les maisons semi-souterraines et les maisons longues en bois (longhouses). Ces bâtiments sont non seulement ingénieux et originaux sur le plan technique, mais ils révèlent des systèmes de croyances culturelles profondément enracinées qui en font les dépositaires d'un sens religieux et spirituel riche. Bien entendu, l'architecture autochtone créée avant les premiers contacts avec les Européens changera à la suite de ces contacts. Toutefois, l'architecture indigène contemporaine se pratique toujours, et elle englobe les formes et les matériaux traditionnels et contemporains. Un bel exemple est le Manitoulin Hotel & Conference Centre sur l'île Manitoulin.

L'influence anglaise. Après la conquête anglaise, l'influence de l'Angleterre se fait prépondérante et va progressivement modifier le paysage architectural de l'Ontario. Le modèle est désormais la maison anglo-saxonne, à cheminées massives et toit à quatre pentes peu inclinées. Les rives du Saint-Laurent deviennent les lieux de villégiature d'une bourgeoisie aisée. Les demeures de Kingston et d'Ottawa sont, à ce titre, représentatives de l'architecture du début du XVIIIe siècle. Très prisé des Anglais, le style palladien, emprunté à Palladio, architecte italien du XVIe siècle, domine l'architecture des villes canadiennes pendant le premier quart du XIXe siècle : inspiré du modèle antique, il affectionne frontons, pilastres, colonnes doriques ou ioniques et corniches moulurées. Le patrimoine architectural canadien, établi au courant du XIXe siècle, constitue toujours le reflet des styles en vogue en Grande-Bretagne à cette époque. Ainsi, le Parlement du Canada et de nombreuses universités construites à cette époque (Toronto, Hamilton) sont d'inspiration néogothique, et cela, dans l'ensemble du pays.

Courants modernes et postmodernisme. L'architecture métallique qui triomphe aux Etats-Unis avec l'école de Chicago (début du XIXe siècle) conquiert à son tour l'Ontario, plus particulièrement Toronto, annonçant l'ère des gratte-ciel et des ascenseurs. Lui succède le style Art déco dans les années 1930, avec des édifices tels le Commerce Court North dans le quartier financier de Toronto (1931). Après la Seconde Guerre mondiale, le Style international s'impose jusque dans les années 1970. Une des réalisations de premier plan durant cette période est sans conteste le Toronto-Dominion Centre (ou TD Centre) conçu par l'architecte Ludwig Mies van der Rohe au début des années 1960. C'est en plein à ce moment que survient le boom des buildings à travers tout le pays, mais aussi celui des banlieues dont la ville de Don Mills au nord de Toronto, première communauté construite selon le modernisme rigide. Puis vient le brutalisme, issu du modernisme et qui rassemble toutes les constructions dures et imposantes en béton, généralement des édifices institutionnels, scolaires, commerciaux et résidentiels. Un bel exemple est la Tour CN, réalisée entre 1973 et 1976 par l'architecte brutaliste australien John Andrews. A la même époque, on réhabilite des quartiers et édifices patrimoniaux comme ce fut le cas avec le Queen's Quay Terminal, un ancien entrepôt situé sur les rives du lac Ontario à Toronto. Dans les années 1980, le courant postmoderniste domine le paysage, mouvement qui déclinera au début des années 2000. C'est alors que l'architecture se diversifie et voit de superbes réalisations comme le Royal Ontario Museum de Daniel Libeskind, le Sharp Centre for Design de l'École d'art et de design de l'Ontario, par l'architecte Will Alsop, sans oublier le projet de rénovation et d'agrandissement de l'Art Gallery of Ontario par Frank Gehry, l'architecte vedette né à Toronto.

Architecture : Toronto, la ville horizontale

Les premiers édifices construits par les colons en 1793 autour de Fort York, sur les rives du lac Ontario, étaient des bâtisses de bois à l'architecture rudimentaire censées les protéger des rigueurs du climat. Plus tard vinrent les églises et les maisons de style géorgien. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, durant le règne de la reine Victoria, les habitants les plus riches lui préférèrent le style gothique ou le style roman des villas italiennes. C'est aussi à cette époque qu'apparurent les premières maisons " Bay & Gable ", propres à Toronto. Il s'agissait de maisons comportant deux logements jumelés, avec une baie vitrée en façade et un pignon très pointu de style victorien, sans oublier la petite pelouse devant. Nombreuses sont aujourd'hui les habitations de Toronto qui s'inspirent encore de ce style. A partir de 1834, il fut décidé que les immeubles seraient dorénavant construits en brique. C'est certainement ce qui épargna à la ville une plus vaste destruction lors des grands incendies de 1849 et de 1904. Au début du XXe siècle furent bâtis les premiers grands édifices publics dignes de la grande ville que devenait Toronto, tels que le Old City Hall, le Royal Ontario Museum et la gare de Union Station. Dessinés par E.-J. Lennox, l'architecte de la ville, selon le Edwardian style de la Belle Epoque, ces immeubles faisaient partie d'un vaste projet d'urbanisme, appelé " City Beautiful ", qui imaginait de larges avenues partant en étoile de Downtown. En fait, de ce projet, seule University Avenue a vu le jour, en raison de la Grande Dépression. C'est aussi à partir de 1905 que s'élevèrent les premiers gratte-ciel, aspirant à la fonctionnalité, mais sans la démesure de leurs homologues new-yorkais. Parmi les édifices plus récents, notons ceux signés Moriyama & Teshima. Elégants, dynamiques, imprévisibles, dessinés pour être au service et à la dimension de l'homme, ils abritent entre autres le Bata Shoe Museum, le Ontario Science Centre et la Metro Toronto Reference Library. Mais Toronto est resté une ville " horizontale ", qui s'est davantage développée en surface qu'en hauteur, hormis pour le coeur du centre-ville et le Harbourfront, ce qui en fait une ville agréable à vivre malgré ses allures et sa culture de grande métropole américaine.

Artisanat
<p>Boutique d'artisanat près de la plage à Port Dover.</p>

Boutique d'artisanat près de la plage à Port Dover.

Les traditions ontariennes sont celles d'un peuple soumis aux influences anglaises et françaises et confronté à un climat rude aux hivers interminables. Aujourd'hui, le paysage ontarien a conservé cette empreinte et l'artisanat est demeuré très vivace. C'est celui, entre autres, d'une société rurale qui privilégie le travail du bois et la ferronnerie pour créer des objets utilitaires : ustensiles de cuisine, moules de bois pour le sucre d'érable (feuilles ou coeurs), girouettes, meubles. Dès les débuts de la colonisation, la nécessité de se protéger des grands froids de l'hiver a contribué au développement du tissage et de la broderie, pour la confection de couvre-lits en patchwork (assemblage de bouts de tissu de diverses couleurs), de châles, d'écharpes de laine, de mitaines (gants), de tuques (bonnets) et de chaussons. De nos jours, la création de bijoux modernes a pris le relais de cet artisanat traditionnel.

Artisanat traditionnel amérindien. Les peuples nomades de langue algonquienne, qui vivent dans la forêt boréale, s'étaient spécialisés dans le travail des perles d'os, de pierre, de coquillages ou de graines, ainsi que dans la broderie au poil d'orignal et de caribou ou aux piquants de porcs-épics. Autrefois, ils s'échangeaient des ceintures de wam-pum, ornées de perles de coquillages, pour conclure des traités ou lors des cérémonies de paix. Ils continuent à décorer leurs vestes et leurs mocassins, en peau de caribou ou d'orignal, de motifs perlés et à fabriquer des objets usuels en écorce de bouleau, décorés de motifs géométriques incisés et peints où domine la couleur rouge. Les femmes huronnes, sédentarisées depuis toujours, consacrent beaucoup de temps à la confection des broderies en poil d'orignal dont on peut admirer de superbes exemplaires, tandis que les hommes sculptent des masques en bois, confectionnent des raquettes à neige, des canots et de la corde. Les Mohawks créent des bijoux en argent ornés de perles et des sculptures traditionnelles en pierre. Quant aux nations du Grand Nord, elles ont développé un artisanat particulier fondé exclusivement sur le caribou, transformant les peaux, les bois, la corne et les os en vêtements, outils, bijoux et sculptures.

Que rapporter de son voyage ?

Sirop d'érable. Si vous n'avez pas pu vous procurer du sirop d'érable auprès d'un producteur, achetez-le en boîte de conserve ou en bouteille. Mais attention, prenez-le 100 % pur, de catégorie A, pour ne pas vous retrouver avec du " sirop de poteau ".

Vin. On n'oubliera pas non plus d'emporter dans ses valises du vin de l'Ontario, notamment du vin de glace de la région de la péninsule de Niagara.

L'artisanat autochtone, très cher quand il est beau et authentique (recherchez le sceau), notamment les sculptures inuites. Vous pourrez vous y procurer mocassins, raquettes à neige, calumets, bijoux, peaux, boîtes en écorce de bouleau, etc.

Maillots et casquettes des grandes équipes sportives ontariennes : Toronto Maple Leafs ou Ottawa Senators pour le hockey ; Toronto Raptors pour le basket ; Toronto Blue Jays pour le baseball ; Hamilton Tiger Cats, Toronto Argonauts ou Ottawa Redblacks pour le football canadien ; Toronto FC pour le soccer.

Cinéma

Toronto est la ville de l'ombre dans l'immense industrie cinématographique nord-américaine. De l'ombre, car nombreux sont les films a avoir emprunté son " décor classique ", avec ses rues et parcs typiquement américains, afin de la faire passer pour d'autres grandes villes, telles New York ou Chicago. Ainsi, des films à succès comme Good Will Hunting, censé se dérouler dans une célèbre université de Boston, X-Men (premier opus) et même Chicago - pour n'en citer que quelques-uns - ont été tournés en partie dans la cité reine. Si son architecture attire, ce sont surtout des raisons économiques, les tournages coûtant bien moins cher au Canada, qui décident les producteurs américains à passer la frontière. La ville se voit ainsi souvent surnommée " Hollywood North ".

Jusqu'au milieu des années 1960, la production cinématographique canadienne est presque inexistante. Toutefois, six longs-métrages anglophones voient le jour pendant les années 1950. Parmi ceux-là, on compte la version d'oedipe roi de Sophocle (oedipus Rex, 1956) de Tyrone Guthrie, un des fondateurs du théâtre shakespearien de Stratford (Ontario). Un autre jeune Canadien, Sidney Furie, réalise deux excellents films, A Dangerous Age (1957) et A Cool Sound from Hell (1959), qui attirent l'attention des Britanniques. Face à l'indifférence des Canadiens envers ses films, Furie émigre définitivement en Grande-Bretagne. Le cas de Furie est un exemple typique de l'exode dans les années 1960 du talent canadien vers l'Europe. Dans les années 1960, grâce à un cinéaste et réalisateur originaire d'Ottawa, Crawley dit " Budge ", le cinéma ontarien prend un nouveau tournant. Ses longs-métrages et films Amanita Pestilens (1963) et le récit d'un vaillant immigrant, The Luck of Ginger Coffey (1964) séduisent les Canadiens. Au début des années 1960, l'ONF se lance également dans la production de films.

En 1970, le Torontois Don Shebib avec son film En roulant ma boule (Goin' Down the Road) contribue à l'essor du cinéma canadien-anglais en attirant les foules des quatre coins du pays. Dans cette lignée suivent de nombreux films, mais sans réel succès commercial. Des pressions sont exercées par les cinéastes et réalisateurs auprès des organismes subventionnaires afin qu'ils mettent en valeur les créations canadiennes et favorisent les partenariats entre le cinéma américain et canadien. Dans les années 1970, deux films de qualité symbolisent cette forme de partenariat et sont de véritables succès : L'Apprentissage de Duddy Kravitz (The Apprenticeship of Duddy Kravitz, 1974) et Les Mensonges que mon père me contait (Lies my Father told me, 1975). Toutefois, la grande majorité des films sortis durant ces années sont des films commerciaux à faible valeur ajoutée.

A partir de la fin des années 1970, un mouvement formé par de jeunes cinéastes défend l'idée d'un cinéma d'auteur. Débute alors une nouvelle génération de cinéastes et de producteurs talentueux dont le célèbre Phillip Borsos et son film The Grey Fox (1982). C'est aussi à cette période que de nouvelles politiques gouvernementales voient le jour et favorisent la production et la distribution cinématographique. C'est à Toronto que l'on retrouve les cinéastes canadien-anglais les plus connus, parmi lesquels il faut citer Atom Egoyan et David Cronenberg, qui séduit le public dès ses premiers films, Rage (Rabid, 1977), La Clinique de la terreur (The Brood, 1979) et Scanners (1980).

Pendant les années 1990 surgissent des réalisateurs qui reflètent la diversité ethnique de la province, dont Srinivas Krishna aves ses films Masala (1991) et Lulu (1996), et Deepa Mehta avec Sam and me (1990) et Fire (1996). C'est aussi durant les années 1990 que le cinéma homosexuel voit le jour. C'est ainsi que John Greyson se fait connaître aves ses longs-métrages The Making of Monsters (1991), Zero Patience (1993) et Lilies (1996, en VF Les Feluettes).

En 2010 est inaugurée la Bell Lightbox, nouveau siège du prestigieux Festival international du film de Toronto (TIFF). Depuis l'édition de 2011, le festival se tient au centre-ville, dans les locaux de cette superbe tour de 45 étages. Nouveaux également, les Pinewood Toronto Studios, situés près du centre-ville, se positionnent comme le plus grand plateau de tournage d'Amérique du Nord.

Depuis quelques années, la scène cinématographique indépendante torontoise s'affirme plus dynamique que jamais. Le LIFT (Liaison of Independent Filmmakers of Toronto), fondé dans les années 1980, continue à soutenir un cinéma d'auteur que l'on peut apprécier dans plusieurs salles historiques du réseau indépendant de Toronto. The Royal Theater ou les projections " Camera " organisées tous les samedis par la Stephen Bulger Galleryfont la part belle à un cinéma " New Wave ". Le prestigieux festival de films documentaires Hot Docs possède désormais sa propre salle de cinéma, Hot Docs Ted Rogers Cinema, où sont diffusés des documentaires canadiens et internationaux issus de sa programmation.

Notons enfin que dans le domaine des séries télévisées, Toronto abrite le tournage de Handmaid's Tale (La Servante écarlate), l'adaptation du célèbre roman de l'Ontarienne Margaret Atwood dont la deuxième saison sort en 2018.

La création de l’ONF

En 1923, les studios d'Hollywood engloutissent complètement l'industrie du cinéma canadien. S'ensuit une période où les Américains dirigent, de la production jusqu'à la diffusion, tous les films tournés au Canada. Graduellement, avec un peu d'aide du gouvernement, l'industrie canadienne renaît, sans grand succès, en misant sur la production de documentaires. Les années 1930 sont marquées par une baisse de production à travers le pays. Cette situation poussera le gouvernement à créer l'Office national du film (ONF) en 1939. A partir de ce moment, l'histoire du film canadien est indissociable de l'ONF qui depuis ce temps produit et distribue des films et documentaires canadiens en français et en anglais.

Littérature

Comme dans le cas de la peinture, les premiers écrivains et poètes ontariens étaient fascinés par cette nature canadienne sauvage et resplendissante. Les premiers livres ou recueils publiés faisaient l'éloge de cette nature et de la réalité géographique de l'époque. Ce mouvement littéraire, que certains qualifient de réaliste, se penchait sur les préoccupations de la société de l'époque qui tournaient autour de l'occupation et la maîtrise de cet immense territoire qu'est le Canada. Au début du XXe siècle, des écrivains contestent la tutelle de la Grande-Bretagne sur la culture canadienne et travaillent sur la création d'un style nord-américain. Plusieurs auteurs contribuent à mieux définir l'écriture canadienne anglaise.

Quelques écrivains célèbres

William Kirby (1817-1906). Né à Kingston, il a été réputé pour son livre The Golden Dog, édité les deux premières fois en anglais et en français sans sa permission. Ce n'est qu'en 1896 qu'il publie enfin son livre, cette fois-là en s'assurant de conserver ses droits d'auteur. La plupart de ses oeuvres sont à saveur historique.

Morley Callaghan (1903-1990). Journaliste au Toronto Star, il rencontra et fréquenta de grands auteurs dont Ernest Miller Hemingway, James Joyce et Francis Scott Fitzgerald. Ces grands écrivains ont vécu de nombreuses années à Paris à l'époque du Jazz Age. Callaghan écrira un beau roman d'amitié sur ces belles années passées à Paris. Ses nouvelles relatent les différents aspects de la vie canadienne en lien avec les grands thèmes de l'époque (la grande crise économique des années 1930, la religion, les clivages sociaux de l'après-guerre, etc.).

Pierre Berton (1920-2004) était un écrivain, un journaliste et un animateur de télévision canadien. Il a rédigé une quarantaine d'ouvrages. Reconnu comme un spécialiste de l'histoire du Canada, il a aussi reçu trois fois le prix littéraire du Gouverneur général.

Alice Munro (1931), née à Wingham, Ontario, est une écrivaine canadienne de langue anglaise. Ses nouvelles, parfois liées entre elles et centrées autour de personnages féminins, se déroulent principalement en Ontario ou en Colombie-Britannique, des années 1940 à aujourd'hui. Récompensée à maintes reprises, dont trois prix du Gouverneur général et le Prix international Man Booker, elle a reçu le plus grand honneur possible, soit le Prix Nobel de littérature en 2013, faisant d'elle "la souveraine de l'art de la nouvelle contemporaine".

Margaret Atwood (1939). Margaret Eleanor " Peggy " Atwood est une romancière, poétesse et critique littéraire canadienne, née à Ottawa. Elle fait partie des écrivains canadiens les plus célèbres. Selon le quotidien Le Devoir (Québec), en 2017, son nom a été mentionné dans plus de 13 000 papiers publiés par la presse internationale. La romancière occupe le devant de la scène, notamment grâce à l'adaptation télévisuelle de son célèbre Handmaid's Tale (La Servante écarlate), pour lequel elle avait obtenu en 1987 le prix Arthur C. Clark. Parmi ses nombreux prix et distinctions, Margaret Atwood avait obtenu le Booker Prize en 2000 pour son oeuvre Le Tueur Aveugle, sans oublier sa décoration de l'Ordre du Canada en 1981. Son style, toutes oeuvres confondues, brille dans l'art de la fiction dystopique et s'illustre dans de superbes romans d'anticipation. Son roman The Heart Goes Last vient d'être traduit en français sous le titre C'est le coeur qui lâche en dernier.

Essex County

Essex County est une bande dessinée magnifique, peignant avec mélancolie la vie de plusieurs générations d'une même famille tout au long du XXe siècle, écartelée entre les champs de céréales du comté d'Essex, à côté de Windsor, dans le sud-ouest de l'Ontario, et les matchs de hockey des Maple Leafs à Toronto.

Par un graphisme sobre et anguleux, des cadrages très cinématographiques et nombre de flash-back efficaces, l'auteur Jeff Lemire, natif de la région, sait retransmettre avec émotion l'ambiance de cette région du Canada, terre de hockey et de ruralité.

Essex County, de Jeff Lemire, Futuropolis, 2010.

Médias locaux
Presse

L'Express est l'hebdomadaire canadien-français le plus important à l'extérieur du Québec. Il est disponible partout dans la grande région métropolitaine de Toronto, ainsi que dans tout le centre-sud de l'Ontario. Vous pouvez vous le procurer chez les marchands de journaux, mais aussi au coin de la rue, à l'intérieur de bornes métalliques, où vous devez déposer de la monnaie pour les obtenir (www.l-express.ca).

Dans les grandes villes comme Toronto et Ottawa, vous trouverez également des hebdomadaires gratuits sur la vie culturelle et les sorties. Principaux médias écrits de l'Ontario :

The Globe and Mail. Quotidien de langue anglaise, basé à Toronto et publié dans tout le pays à raison de 2 millions d'exemplaires par semaine. Il est le second quotidien d'importance après le Toronto Star. Tout d'abord orienté vers le conservatisme et le monde des finances, il est dorénavant plus centriste et libéral (www.theglobeandmail.com). 

Toronto Sun. Quotidien canadien de langue anglaise publié à Toronto, écrit en format tabloïd. Ses positions éditoriales sont populistes et conservatrices (www.torontosun.com).

Toronto Star. Tout comme le Toronto Sun, le Star est publié dans la grande région de Toronto avec une large distribution dépassant 400 000 exemplaires par jour. Il couvre les nouvelles régionales et son axe éditorial est libéral (contrairement au Sun) : justice sociale, libertés civiles et individuelles, droits des travailleurs, engagement communautaire, etc. (www.thestar.com).

NOW. Hebdomadaire gratuit disponible dans les cafés, bars et lieux publics, il contient toutes les informations utiles sur les sorties de la semaine : spectacles, " Open Mic ", concerts, événements spéciaux, etc. Une bonne lecture pour prendre le pouls de la ville (www.nowtoronto.com). 

Ottawa Citizen. Fondé en 1845, il est le principal quotidien anglophone de la région de la capitale nationale. Ses positions éditoriales ont toujours été influencées par les différents propriétaires, oscillant entre la gauche et la droite (www.ottawacitizen.com).

The London Free Press. Quotidien de langue anglaise publié à London avec un tirage moyen de 75 000 exemplaires par jour. Il s'agit du plus grand journal du sud-ouest ontarien hors de Toronto (www.lfpress.com).

Radio

Ici Radio-Canada Première. Intéressant, un monument incontournable des ondes canadiennes. Voir site Web pour la liste des fréquences.

CBC Radio 2 (FM 94,1), Toronto. Musique canadienne et internationale, principalement anglophone. Pour se tenir au courant des dernières tendances.

CHOQ (FM 105,1), Toronto. La radio des francophones de la Ville Reine.

Kiss (FM 92,5), Toronto. La radio #1 des hits Top 40.

NRJ/Énergie (FM 104,1), Gatineau-Ottawa. Musique commerciale, animation et humour. Diffuse également dans plusieurs régions du Québec.

Majic 100 (FM 100,3), Ottawa. Station de musique " soft rock " qui diffuse les plus grands hits.

Virgin Radio 99,9 (FM 99,9), Toronto. Musique commerciale, une des stations les plus écoutées de la Ville Reine. Diffuse également à London (FM 97,5).

Radios universitaires à programmation variée : CHRY (FM 105,5 - York University, Toronto), CFRC (FM 101,9 - Queen's University, Kingston) et CHUO (FM 89,1 - University of Ottawa, Ottawa).

Télévision

Le câble permet de visualiser des centaines de chaînes différentes, de jouer à des jeux à l'écran, de commander son menu de la soirée (émissions, films) ou de bénéficier de la télévision dite interactive. On y retrouve les chaînes anglophone et francophone de Ici Radio-Canada/CBC, des stations privées/publiques provenant du Canada et des Etats-Unis.

Chaînes d'intérêt sur place :

TFO, la télévision francophone de l'Ontario, diffuse principalement des émissions éducatives, culturelles et des documentaires.

Ici Radio-Canada, la télévision d'Etat, peut être captée partout au pays et elle est, dans bien des régions, la seule chaîne francophone. La version anglophone est CBC (Canadian Broadcasting Corporation).

CTV est probablement la chaîne anglophone généraliste la plus écoutée au pays. Elle présente bon nombre de séries américaines.

TV5, disponible uniquement sur le câble, retransmet une partie des émissions françaises, belges et suisses. Les journaux de France 2 y sont retransmis. En Ontario, le plus souvent, c'est RFO qui prend la relève.

Musique

La musique folklorique canadienne est riche et culturellement très diversifiée. Présente depuis l'arrivée des colons français et britanniques, cette musique traditionnelle a des origines françaises, anglaises, irlandaises et écossaises. A l'ouest et au sud de l'Ontario sont encore chantées de nombreuses chansons folkloriques canadiennes-anglaises et balades américaines et anglaises dites broadsides. Dans le nord de la province, la population franco-ontarienne a gardé vivante la musique folklorique d'origine française. Enfin, dans l'est de la province, la présence de la musique gaélique et de chansons irlandaises remonte au milieu du XIXe siècle, et ces musiques sont encore aujourd'hui au coeur des festivités locales.

L'Ontario a produit un nombre considérable d'artistes qui ont connu une carrière fulgurante à l'international : Neil Young, né à Toronto, est une légende de la musique folk ; la chanteuse country Shania Twain est originaire de l'Ontario (Windsor) ; Bryan Adams, chanteur rock, vient de Kingston ; Avril Lavigne est née à Belleville et Justin Bieber vient de Stratford. L'Ontarienne Alanis Morissette s'est imposée sur le plan international avec une originalité et un son bien distinctif.

Sur une scène plus indépendante, citons Amanda Marshall, Jeff Healey, Ron Sexsmith, Hawksley Workman, et les groupes The Tragically Hip, The Band, Cowboy Junkies, Our Lady Peace, Broken Social Scene, Timber Timbre, Evening Hymns, The Wooden Sky, Great Lake Swimmers...

Peinture et arts graphiques
<p>Street art à Toronto.</p>

Street art à Toronto.

Les premiers artistes ontariens voient le jour à la fin du XVIIIe siècle. Les clients étant principalement l'Eglise et la bourgeoisie, l'art est essentiellement à caractère religieux. Chaque village possédait son église qui faisait l'objet de grands efforts de décoration (sculptures, dorures, autels, retables, baldaquins, orfèvrerie) dans le style baroque.

Au milieu du XIXe siècle, quelques artistes se différencient en dessinant des toiles qui décrivent l'immensité du territoire canadien. C'est le cas notamment de l'Irlandais Paul Kane (1810-1871), célèbre pour l'intérêt ethnologique de ses tableaux d'Amérindiens, ou encore de Cornélius Krieghoff (1815-1872), d'origine hollandaise, peintre de la vie quotidienne des nouveaux habitants du continent.

Au XXe siècle, l'influence de l'école de Paris continue de se faire sentir chez les peintres ontariens, notamment chez le célèbre James Wilson Morrice (1865-1924). C'est également au début de ce siècle qu'un grand peintre paysagiste se fait connaître et lance le début d'un art typiquement canadien : il s'agit de Tom Thomson (1877-1917). Il est le fondateur de l'un des groupes de peintres le plus marquant de l'Ontario et du Canada : le Groupe des Sept. Ce regroupement était constitué des peintres paysagistes suivants : J. E. H. Macdonald, Frank Johnston, Arthur Lismer, Frederick Varley, Franklin Carmichael, Lawren Harris, et le Montréalais A. Y. Jackson.

Avec la Première Guerre mondiale, des artistes délaissent la peinture des paysages pour s'attaquer à des thèmes plus sociaux. C'est le cas notamment des tableaux de Peraskeva Clark et de Carl Schaefer, sans oublier Alex Colville qui s'engage dans l'armée canadienne dans le cadre du programme d' " artiste de guerre ". Durant ses quatre années de service en Europe, il est l'un des artistes de guerre canadiens les plus célèbres. Il peint entre autres le débarquement à Juno Beach lors de l'Opération Neptune. Le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa lui a d'ailleurs consacré une superbe exposition en 2015.

Après la Seconde Guerre mondiale, la peinture est dominée par le groupe des automatistes (Riopelle), puis par celui des plasticiens qui lance le mouvement de l'art abstrait. Ce dernier prend son envol au Québec avec des peintres comme Riopelle et Borduas et attirera Lawren Harris et le Groupe des Onze (Painters Eleven, actifs entre 1954 et 1960). Nous ne pourrions passer sous silence un des membres éminents de ce groupe, John Hamilton Bush dit " Jack Bush ", considéré comme un représentant canadien majeur de l'expressionnisme abstrait et du Colorfield Painting. Notons d'ailleurs qu'il a reçu la Bourse Guggenheim des arts pour les Etats-Unis et le Canada.

En art contemporain, quelques artistes actuels à retenir : Mary Anne Barkhouse, Panya Clark Espinal, John Dickson, Soheila Esfahani, FASTWÜRMS, Martin Golland, Sherri Hay, Kelly Jazvac, Gareth Lichty, Gavin Lynch, Lisa Myers, David Ruben Piqtoukun, Su Rynard et TH&B. Ils ont d'ailleurs tous participé à l'exposition Nature humaine lors de l'événement Scène Ontario à Ottawa en 2015. Le thème faisait référence à l'observation de l'état du monde naturel et notre impact sur celui-ci en tant qu'innovateurs et exploiteurs, créateurs et destructeurs.

Art contemporain amérindien. Les artistes amérindiens ont su renouveler l'art traditionnel en employant d'autres matériaux et de nouveaux procédés artistiques, tout en continuant à puiser leur inspiration dans leur patrimoine culturel, inventant un nouveau langage dans la traditions des chamans. On assiste aujourd'hui à l'émergence d'un art amérindien d'avant-garde. C'est le cas notamment de l'artiste Kent Monkman, né à St. Mary's en Ontario. Bien connu pour ses représentations des Amérindiens dans l'art, il traite de la relation de pouvoir entre les communautés blanche et autochtone à travers les thèmes de la conquête, de la xénophobie et de l'homophobie. Il a aussi Christi Belcourt, artiste métis nommée lauréate de 2014 du Prix du Conseil des arts de l'Ontario pour les arts autochtones. On retrouve ses oeuvres dans de nombreuses collections, notamment au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa, au Musée des beaux-arts de l'Ontario à Toronto, et au Musée des beaux-arts de Thunder Bay.

Le Groupe des Sept et l’identité canadienne

J.E.H. Macdonald et Tom Thomson, deux artistes ontariens originaires de Toronto qui travaillaient dans une boîte de publicité au début du XXe siècle, sont à l'origine d'un mouvement artistique qui allait donner un nouveau sens à l'identité canadienne. Ces deux collègues de travail n'avaient que faire de vanter les mérites d'une nouvelle marque de savon à vaisselle ou d'un réfrigérateur. Ils avaient plutôt l'intention de peindre le Canada, sa nature, son territoire et l'essence d'une identité affranchie du colonialisme. Graduellement, Thomson et Macdonald rencontrèrent Frank Jonhston, Arthur Lismer, Frederick Varley, Franklin Carmichael, Lawren Harris et le Montréalais A.Y. Jackson. A cette époque, la révolution industrielle permit aux habitants du Canada de découvrir leur pays, à bord du train ou de la voiture. L'esprit d'aventure et le désir commun d'exploration des huit artistes les amenèrent à la conquête des grands espaces afin de peindre la nature du Canada. Tom Thomson, celui qui était l'inspiration du groupe, se noya tragiquement en 1917, dans le parc Algonquin, un endroit qu'il adorait peindre. Cet événement survint trois ans avant la première exposition du Groupe des Sept. Après la Première Guerre mondiale, le sentiment d'unité et de fierté nationale qui régnait sur le pays permit de propulser le travail du Groupe des Sept au premier plan de l'art canadien. Leurs peintures devinrent une source d'inspiration à travers le pays car, à l'image du Canada qui se libérait du Commonwealth, leurs oeuvres se libéraient du raffinement des courants artistiques européens au profit d'une quête d'espace et de nature à l'état sauvage, en somme une reconnaissance du territoire canadien. Avec Tom Thomson, Emily Carr et David Milne, ce sont les peintres les plus importants du début du XXe siècle. Ils ont influencé des artistes aussi divers que le peintre abstrait Jack Bush, le Groupe des Onze ou Peter Doig, artiste figuratif écossais contemporain, qui a vécu à Montréal.

Un style pictural résolument moderne

Inspiré par des endroits sauvages et reculés de l'Ontario, le Groupe des Sept peint des tableaux aux couleurs vives, aux formes simples mais dynamiques. Les immenses lacs et la dense forêt boréale se transfigurent sous le pinceau de Tom Thomson ou de Franklin Carmichael jusqu'à prendre une dimension spirituelle, voire transcendantale. Nourris d'une rage et d'un désir de transgresser l'art de l'époque, qu'ils jugent trop conformiste, les sept peintres s'affirment en simplifiant d'une manière radicale les couleurs et les formes, à l'image des célèbres paysages que le peintre Harris rapportera de son séjour sur les côtes sauvages au nord du lac Supérieur, en 1921. Comme les symbolistes et postimpressionnistes européens, tels Edvard Munch ou Paul Gauguin, dont le Groupe se rapproche, les peintres du Groupe des Sept remettent en cause l'imitation de la nature, en insistant davantage sur l'expression des émotions qu'elle leur inspire. Le musée McMichael à Kleinburg, près de Toronto, leur est dédié, tandis que l'AGO de Toronto consacre une belle place à leurs chefs-d'oeuvre.

Traditions

Les diverses communautés autochtones se sont efforcées de mettre en valeur leur patrimoine culturel. Celui-ci est avant tout un patrimoine vivant détenu par les anciens, un héritage spirituel reposant sur le respect des coutumes ancestrales ainsi que des lieux sacrés ou profanes. Ces communautés ont créé des musées, des boutiques d'artisanat, des galeries d'art, des centres d'interprétation, des reconstitutions de villages traditionnels. Elles organisent aussi, en juillet et en août, une grande fête culturelle (ouverte au public) appelée " pow wow ", consistant en mets traditionnels, folklore, chants au tambour, danses, musique, contes et légendes, rites et cérémonies, et diverses activités comme le montage d'une tente, l'allumage d'un feu, la préparation de la bannique, etc.

En Ontario, comme ailleurs au pays, c'est surtout dans les domaines de la musique, du spectacle, du théâtre, de la sculpture et de la peinture que l'expression artistique des Premières Nations connaît aujourd'hui une véritable explosion.

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