Guide de l'Ontario : Politique et économie

Politique
<p>Chambre du Sénat du Canada.</p>

Chambre du Sénat du Canada.

Structure étatique

L'Acte de l'Amérique du Nord britannique, document constitutionnel créateur de la Confédération canadienne de 1867, a instauré une division des pouvoirs entre deux types de gouvernement. Les dix provinces du Canada sont dotées chacune d'un gouvernement ayant des domaines réservés (éducation, santé, autres questions intérieures et locales) pour légiférer et sont contrôlées par un gouvernement central à Ottawa. Ce gouvernement fédéral, divisé en deux chambres, a régulièrement la tentation de s'immiscer dans des domaines qui ne sont pas dans ses attributions et ne relèvent que du pouvoir législatif des provinces. Constitutionnellement, ce gouvernement régit les Affaires étrangères, la Défense, le Commerce, les Transports, la Monnaie et le Droit pénal. Les Territoires sont supervisés par le ministère des Affaires autochtones et développement du Nord Canada (hormis le Nunavut qui s'est doté de son propre gouvernement inuit).

Les institutions canadiennes

Le Canada est une monarchie constitutionnelle, membre du Commonwealth, et reconnaît symboliquement comme chef de l'Etat la reine d'Angleterre, représentée par un gouverneur général à Ottawa. Le pouvoir véritable est entre les mains du Premier ministre (Justin Trudeau actuellement) et de son cabinet gouvernemental, constitué de membres de la majorité. Le mode de scrutin uninominal à majorité simple fait généralement alterner au pouvoir deux formations politiques. Le Parlement bicéphale est essentiellement constitué par la Chambre des communes qui y joue le rôle principal, tandis que la Chambre Haute, le Sénat, n'y a plus qu'un statut historique comme son modèle anglais, la Chambre des Lords.

Le Canada est un Etat bipartite dans lequel seuls le Parti conservateur et le Parti libéral, actuellement au pouvoir, obtiennent suffisamment de voix pour obtenir une majorité représentative. Les élections de 2006 et 2008 ont mis en minorité le parti de Stephen Harper en laissant suffisamment de places aux deux autres partis importants du pays, le Nouveau Parti démocrate et le Bloc québécois. Toutefois, le pays a eu droit à un véritable coup de théâtre en mai 2011 alors que les Conservateurs ont obtenu la majorité aux élections (39,6 %) avec, comme parti d'opposition, le Nouveau Parti démocratique de Jack Layton (30,6 %). Les libéraux ont fait leur pire performance de l'histoire avec seulement 18,9 % alors que le Bloc québécois a pratiquement perdu tous ses sièges (6 %), y compris celui du chef, Gilles Duceppe. Toutefois en octobre 2015, les élections générales ont porté le Parti libéral de Justin Trudeau au pouvoir en tant que gouvernement majoritaire (39,4 %), alors que les Conservateurs ont pris la place de l'opposition officielle (31,9 %).

Les institutions ontariennes

L'Ontario est gouverné par un Parlement provincial. Le premier magistrat est le lieutenant-gouverneur, nommé par le gouverneur général du Canada en conseil pour un mandat de cinq ans. Représentant de la Couronne britannique, le lieutenant-gouverneur a une fonction essentiellement honorifique. Le Premier ministre (Kathleen Wynne actuellement), qui est aussi le chef du parti au pouvoir, dirige le gouvernement et préside au Conseil exécutif. L'assemblée législative est monocamérale, sans chambre haute, avec 107 sièges représentant des circonscriptions élus selon le mode de scrutin uninominal à un tour à la grandeur de la province. Les députés sont normalement élus pour une période de cinq ans, mais le lieutenant-gouverneur, à la demande du Premier ministre, peut appeler une élection avant la fin du mandat. L'Ontario est représenté au national par 24 sénateurs nommés par le gouverneur général en conseil, et par 121 députés à la Chambre des communes, ces derniers ayant été élus au suffrage universel pour une période de cinq ans. Ottawa est le haut lieu de la politique dans le pays. Nombreux Premiers ministres qui ont gouverné le Canada sont d'ailleurs natifs de la province d'Ontario : Mackenzie King, Lester B. Pearson, ou encore l'ancien Premier ministre Stephen Harper.

Partis

Les trois principaux partis politiques de la province sont le Parti libéral de l'Ontario, le Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, et le Nouveau Parti démocratique de l'Ontario. Le Parti traditionaliste chrétien, le Parti de la coalition des familles de l'Ontario et la section ontarienne du Parti vert, par exemple, ont déjà gagné quelques votes, mais n'ont jamais obtenu de sièges à la législature. Lors des élections de 2011, le gouvernement libéral du Premier ministre ontarien Dalton McGuinty est élu pour un 3e mandat consécutif, mais toutefois minoritaire. Suite à l'annonce de sa démission en octobre 2012, Kathleen Wynne est élue à la chefferie du parti le 11 février 2013. Elle devient la première femme Première ministre de l'Ontario et la première personne ouvertement homosexuelle à occuper cette fonction. Aux dernières élections provinciales, soit en juin 2014, son parti est reporté au pouvoir. Sur les 107 sièges que compte l'Assemblée législative, son parti en détient actuellement 58, les autres étant divisés entre le Parti progressiste-conservateur, le Nouveau Parti démocratique et le Parti Trillium de l'Ontario. Les prochaines élections en Ontario auront lieu le 7 juin 2018.

Économie
Principales ressources

Profil économique de l'Ontario. En 2017, l'Ontario comptait une population active de 7 579 800 personnes, dont 7 128 000 personnes en emploi et un taux de chômage de 6 %. En 2016, le PIB nominal s'élevait à 794 835 (millions de dollars) dont plus de 77,5 % étant dû aux industries productrices de services. Les principaux marchés d'exportation de l'Ontario sont les Etats-Unis (80,9 %), suivi du Royaume-Uni, du Mexique, de la Chine et du Japon. On y exporte principalement des véhicules automobiles et pièces, ainsi que des métaux et pierres précieux. Au niveau de l'importation, les Etats-Unis restent le principal partenaire, mais aussi la Chine (11,7 %), le Mexique, le Japon et l'Allemagne. Les produits importés sont pour la plupart des véhicules automobiles et pièces, des pierres et métaux précieux, des appareils mécaniques, des produits plastiques et du matériel électrique (source : ministère des Finances de l'Ontario, janvier 2018).

Une économie diversifiée. L'Ontario jouit d'une économie diversifiée et relativement équilibrée, axée principalement sur les industries manufacturières et le secteur des services financiers et commerciaux. La province a amorcé dernièrement un virage économique majeur pour se concentrer sur les industries orientées vers l'exportation et celles de l'innovation et des nouvelles technologies. Le secteur manufacturier représente un peu plus de 20 % de la production provinciale globale. Les cinq principales industries manufacturières sont les suivantes : secteur de l'équipement de transport, des produits métallurgiques, de la transformation des aliments, des produits chimiques et des produits électriques et électroniques. Dans le secteur tertiaire, les principales industries sont les suivantes : finances, assurances et immobilier, services professionnels et soins de santé.

Une économie du savoir. Le temps où l'économie ontarienne reposait presque uniquement sur ses ressources agricoles et minières est bien révolu. La province comme le reste du pays évolue maintenant dans une économie qui privilégie l'innovation et la technologie. C'est ce que les dirigeants canadiens appellent le passage vers l'économie du savoir. La majorité des Canadiens travaillent dans des bureaux plutôt que sur des fermes ou dans des mines. En fait, les industries productrices de services représentent 77,5 % du PIB (en 2016).

Les ressources naturelles et produits d'exploitation. Si l'industrie manufacturière est la première industrie en importance de la province, l'industrie minière est encore aujourd'hui capitale. L'Ontario est un producteur de zinc, de cuivre, d'or, de nickel et d'uranium. L'industrie du bois et du papier demeure forte, et le gouvernement provincial contrôle 85 % des forêts. La capitale de l'Ontario, Toronto, est le quatrième marché financier en importance au monde. La bourse des valeurs mobilières de Toronto se classe parmi les trois premières bourses en Amérique du Nord en termes à la fois de volume d'échanges et de valeurs échangées. Enfin, l'Ontario demeure une province agricole et continue à produire de nombreux produits. La province est considérée comme le plus grand producteur de volaille, d'oeufs, de légumes, d'agneau, de fruits, de maïs, de tabac, de soja, de végétal de pépinière et de fleurs.

Place du tourisme

L'Ontario est une grande destination touristique au pays, tout comme le Québec et la Colombie-Britannique. Voici quelques statistiques intéressantes :

L'emploi dans les secteurs associés au tourisme a augmenté de 2,1 % au cours de l'année 2017. L'emploi dans l'industrie des services de voyage a augmenté, celui lié à la restauration est demeuré inchangé, tandis que le nombre d'emplois dans la vente au détail, le transport, le logement, les arts, le divertissement et les loisirs a diminué.

De janvier à novembre 2017, le taux d'occupation des hôtels était de 70,7 %, soit 1,6 point de pourcentage de plus qu'en 2016. Durant cette même période, le tarif quotidien moyen d'un hôtel a augmenté de 6,4 % pour atteindre 155,65 CAN $.

De janvier à novembre 2017, il y a eu plus de 12 millions de mouvements transfrontaliers des Etats-Unis vers l'Ontario, soit une hausse de 0,9 % par rapport à 2016. Au cours de cette même période, il y a eu en Ontario 2 681 085 entrées en provenance de l'étranger, soit une hausse de 6,9 % par rapport à 2016. Toujours de janvier à novembre 2017, les arrivées ont augmenté de la plupart des pays, notamment l'Inde (+ 31,3 %), la Corée du Sud (+ 24,4 %) et le Mexique (+ 71,6 %).

(Source : ministère du Tourisme et de la Culture de l'Ontario, section Recherche touristique).

Enjeux actuels

Le temps où l'économie ontarienne reposait presque uniquement sur ses ressources agricoles et minières est bien révolu. La province, comme le reste du pays, évolue maintenant dans une économie qui privilégie l'innovation et la technologie. C'est ce que les dirigeants canadiens appellent le passage vers l'économie du savoir. La majorité des Canadiens travaillent dans des bureaux plutôt que sur des fermes ou dans des mines. En fait, 75 % de la population travaille dans l'industrie des services. Ce secteur génère les deux tiers du produit intérieur brut.

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