Guide d'Inde du nord : Arts et culture

Fort d'Amber.
Fort d'Amber.

Les empereurs moghols à Delhi et les souverains rajpoutes dans le Rajasthan embellirent leurs villes de magnifiques palais, mosquées, temples et tombeaux. Les campagnes rajasthani recèlent également de véritables trésors, comme les temples jaïns de Ranakpur ou de Dilwara. L'existence d'une classe de négociants aisée suscita elle aussi une architecture remarquable que l'on retrouve en particulier dans les havelis, opulentes demeures décorées de boiseries, sculptures et, parfois de peintures murales.

Cependant la région a beaucoup souffert des invasions musulmanes. Jusqu'au début du XVIIIe siècle, les sultans de Delhi, puis certains empereurs moghols s'employèrent à détruire systématiquement tous les monuments et toutes les oeuvres contraires à leurs convictions religieuses. Nous devons à ces islamistes zélés la quasi-absence de temples hindous antérieurs au XVIIIe siècle.

Les traditions populaires du Rajasthan survécurent pourtant à cette tentative de génocide culturel. Légendes, musiques et danses traditionnelles ont traversé les siècles jusqu'à nous, véhiculées par des castes d'artistes itinérants, eux-mêmes parfois convertis à l'islam.

Architecture
L’Inde ancienne
Jharokha d'haveli.
Jharokha d'haveli.

Nous connaissons la civilisation de l'Indus (éteinte vers 1700 avant notre ère) grâce aux découvertes archéologiques effectuées sur les sites de Mohenjodaro et Harappa (Pakistan), de Lothal (Gujarat) et de Ganganagar (nord du Rajasthan). Poteries, bijoux, sceaux et statuettes laissent entrevoir l'existence d'une civilisation élaborée. Par contre, nous ne possédons aucun monument témoignant d'un art aryen. Cette absence ouvre la porte à toutes les spéculations sur ces fameux envahisseurs qui seraient arrivés dans le Nord-Ouest de la péninsule à partir du XVIIe siècle avant notre ère. La religion védique se limitant à des sacrifices, les Aryens n'édifiaient sans doute que de simples autels, peut-être abrités par des temples en bois ou en terre.

Avec l'essor du bouddhisme, apparaissent des constructions en pierre conservées jusqu'à nous, stûpa et colonnes élevées par l'empereur Ashoka pour publier ses édits (IIIe siècle avant notre ère)... Cependant, les premières statues du Bouddha ne voient le jour qu'au début de notre ère, en Afghanistan près de Kandahar (école " gréco-bouddhique " du Gandhara) et à Mathura dans l'actuel Etat indien de l'Uttar Pradesh, sous la dynastie Kushan (du Ier au IIIe siècle). Les artistes afghans, lointains descendants des sculpteurs arrivés avec Alexandre le Grand, ont alors conservé une finesse d'exécution qui influencera l'art hindou ultérieur.

Période musulmane

L'installation du sultanat de Delhi, à la fin du XIIe siècle, s'accompagne d'une destruction systématique des temples hindous remplacés par des mosquées. Pour les bâtir, les sultans emploient des artisans locaux, ce qui explique une certaine continuité particulièrement dans les ornementations très riches des premiers édifices.

Mais des versets coraniques gravés dans la pierre remplacent désormais les images des dieux.

Petit à petit, l'influence iranienne se fait de plus en plus sentir, surtout après l'arrivée des Moghols au XVIe siècle. La puissante dynastie fait venir de nombreux artistes d'Iran. Elle est remarquable par la splendeur de ses tombeaux, qui culmine avec le Taj Mahal d'Agra.

Le tombeau moghol classique s'élève au milieu d'un jardin (charbagh) à quatre massifs principaux. L'édifice repose sur une plate-forme et est surmonté d'un dôme central caractéristique.

Malgré l'interdiction coranique de représenter des êtres vivants, les empereurs Humayum et surtout Akbar favorisent l'essor des miniatures, elles aussi inspirées de l'Iran. L'Ecole moghole reprend surtout des scènes de cour évoquant un style de vie très lointain de la rigueur islamique.

L’architecture et l’art rajpoutes

Très vite, les souverains rajpoutes se laissent influencer par l'architecture moghole. Les austères forteresses font place à des réalisations beaucoup plus sophistiquées, avec salles de réceptions publiques (diwan-i-am) ou privées (diwan-i-khas) et quartiers réservés aux femmes (zenana).

L'une des caractéristiques de l'architecture rajpoute, cette fois empruntée par les Moghols, est l'usage des pavillons à toits incurvés (chhettri), que l'on retrouve aussi bien dans les palais que dans les cénotaphes, monuments funéraires.

La bourgeoisie locale se lance aussi dans la construction de magnifiques demeures familiales (haveli), rivalisant parfois de splendeur avec les palais royaux. Les plus belles façades disparaissent derrière les jharokha (loggia), elles-mêmes ornées de fines jali (écran de pierre ajourée servant de fenêtre). Même les puits sont enrichis de chhettri et parfois d'escaliers savamment disposés (on parle alors de baori).

A partir de la fin du XIXe siècle, les riches marchands du Shekhawati (sur la route de la soie) font édifier de nouvelles havelis. Celles-ci sont surtout remarquables pour leurs fresques murales évoquant aussi bien la vie de Krishna ou le Ramayana, que les progrès techniques introduits par l'Occident (automobiles, phonographes, machines à coudre).

Période coloniale

L'arrivée des Anglais dans le Rajasthan, au début du XIXe siècle, suscite de nouvelles aspirations dans les classes aisées et, bien sûr, chez les maharajas. Profitant de la Pax Britannica, ces derniers peuvent oublier leurs soucis militaires pour se concentrer sur les plans de nouveaux palais.

On parle alors d'une architecture indo-sarracénique (ou anglo-indienne), mêlant les influences rajpoutes, mogholes et occidentales : arcs polylobés, chhettri, fenêtres gothiques et tours à horloge semblant tout droit échappées du brouillard londonien. L'architecte anglais sir Samuel Swinton Jacob (1841-1917) est à l'origine de nombreuses réalisations au service des souverains : le Rambagh Palace et l'Albert Hall de Jaipur, le Lalgarh Palace de Bikaner et le Mayo College d'Ajmer.

L'administration coloniale elle-même n'est pas en reste. Au début du XXe siècle, elle confie à Sir Edward Lutyens la tâche de dessiner les plans de la nouvelle capitale, New Delhi. Le palais du vice-roi (actuel Rashtrapati Bhawan, ou palais du président de la République) reprend, avec un peu plus de classicisme et de majesté, l'inspiration anglo-indienne. La période est également marquée par la popularité de l'Art déco, un style que l'on retrouve aussi bien sur les grandes avenues de New Delhi que dans des pavillons de chasse perdus dans la campagne rajpoute. La dernière grande réalisation de l'ère coloniale, le palais de l'Umaïd Bhawan à Jodhpur, symbolise d'ailleurs le triomphe de l'Art déco, sous la signature de l'architecte H. V. Lanchester.

Artisanat
Bijoux

En Inde, la tradition veut qu'hommes et femmes se parent de bijoux : bagues, boucles d'oreilles, médailles, bracelets (bangles), colliers et, uniquement pour les femmes, anneaux de nez (nath).

L'or étant réservé aux castes nobles, les bijoux les plus répandus sont en argent. Amulettes (jantar) ou médailles à l'effigie des dieux (patri) jouent un rôle protecteur ou dévotionnel. Les hindous croient également que les pierres précieuses ou semi-précieuses émettent des vibrations plus ou moins adaptées à chaque individu selon des données astrologiques. Beaucoup en portent en bague ou en pendentif.

Les tribus du désert confectionnent d'épais bracelets en argent, pour les chevilles ou les poignets.

Les familles princières arboraient, elles, des bijoux en or, chaînes, médailles, diadèmes, bracelets, parfois sertis de pierres précieuses et connus alors sous le nom de kundankari.

Bidri

Bidri ou l'art du métal est un art majeur. Il peut être produit pour de grands commanditaires (émirs, grands marchands) comme pour le bazar, mais coûte toujours cher en raison des matériaux utilisés. Les oeuvres sont en général des objets mobiliers, plus rarement religieux, de couleur noire et souvent incrustées d'or et d'argent. On en trouve à Lucknow, qui est un centre de production renommé, et dans certaines villes touristiques de l'Inde du Nord.

Bijoux tribaux

Ils sont très recherchés, aussi bien par les Indiens que par les étrangers. Les bijoux sont confectionnés à partir de fleurs, feuilles, plantes grimpantes et pierres, et parfois à l'aide de coquillages (au Bengale et au Gujarat), de graines et de baies. On en trouve au Rajasthan, dans l'Uttar Pradesh et le Madhya Pradesh, notamment.

Bois sculptés et laqués

Minutieusement façonnés et marquetés, les objets en bois sculpté connaissent un succès fou auprès des touristes locaux et étrangers. Parmi les motifs les plus courants on remarque : des feuilles de vigne, fleurs, dessins géométriques ou figuratifs. Sans oublier les traditionnelles sculptures anguri, takai, jali, aux marqueteries de bronze, de cuivre et d'ivoire. Les objets sculptés dans les bois de santal et de rose sont très célèbres en Inde. Pour en acheter, rendez-vous à Saharanpur et Mainpur (Uttar Pradesh), au Cachemire, dans le Gujarat et au Rajasthan.

Mis à part les merveilleuses représentations traditionnelles des divers dieux et déesses, les artisans du pays produisent bas-reliefs, statues et jouets en bois de rose, de santal et de teck. Pour en acheter, rendez-vous à Varanasi, au Cachemire, dans le Pendjab, l'Uttar Pradesh, le Gujarat, le Sikkim, le Bengale-Occidental.

Broderies

Les différents points de broderie sont en eux-mêmes l'ornement de la pièce de tissu. Le charme est dans l'exécution minutieuse du motif floral. Les points s'appellent point de satin, point de bouton, point petit trou, point dar... point d'ombre enfin, sur du voile ou du tulle, par application, qui donne un effet ombreux à la pièce de tissu. Les ouvrages moins délicats sont appelés zardozi, alors que les points de broderie au fil de métal sont appelés zari. Les régions pour s'en procurer sont : le Cachemire, l'Uttar Pradesh, le Gujarat. A noter également les broderies Chikan de Lucknow et d'autres villes touristiques du Nord.

Costumes

Les modes occidentales gagnent les grandes villes de l'Inde. Les jeunes adoptent volontiers jeans et tee-shirts. Les jeunes filles de la bourgeoisie, elles, ont plus de mal à abandonner leur traditionnel salwar-kameez.

Vêtements féminins

Le sari est le vêtement traditionnel des femmes. C'est une large bande de tissu de plus de 5 m de long. Sa technique de drapé varie selon les régions, les castes, les activités, les religions, etc.

Le sari se porte sur un jupon et un corsage serré laissant le ventre nu. Il est fait d'une pièce, et il n'est habituellement porté que par les femmes mariées car c'est l'un des 6 signes du mariage en Inde.

Le salwar-kameez (parfois appelé Pendjabi) : il s'agit d'une grande tunique descendant jusqu'aux genoux et d'un pantalon ample resserré aux chevilles. Une écharpe (dupatta) est posée sur la tête ou sur les épaules.

Vêtements masculins

Le turban (pagri, paag ou safa) est l'élément symbolique de la tenue masculine. Sa couleur et la façon de le nouer varient en fonction de la région, de la caste ou des événements. Il mesure environ 9 m, et son port nécessite également un certain apprentissage.

Les paysans portent toujours le traditionnel dhoti, tissu de coton blanc roulé autour de la taille et entre les jambes. Dans les villes, les hommes adoptent de plus en plus des vêtements de coupe occidentale et dans les milieux conservateurs, ils portent la traditionnelle kurta : chemise ample tombant à mi-cuisse ou aux genoux et large pantalon. Le churidar est une sorte de pyjama bouffant sur les cuisses et resserré au niveau des jambes. Les militaires anglais le nommèrent jodhpur, en référence à la tenue des cavaliers rajpoutes originaires de cette ville et enrôlés dans les armées coloniales.

Chaussures

Même si le cuir est considéré comme impur, on l'utilise pour la fabrication des chaussures. Les hommes de la bourgeoisie affectionnent de plus en plus les souliers fermés à l'occidentale. La chaleur et l'humidité pendant la période de mousson les rendent pourtant bien désagréables. Les chappal, simples nu-pieds, s'avèrent beaucoup mieux adaptés. Les juti, pantoufles en cuir à la pointe légèrement recourbée, sont très populaires dans le Rajasthan. Celles des femmes portent parfois des décorations brodées.

Émail

L'art d'émailler consiste à colorer et orner la surface d'un métal en le recouvrant de certaines substances minérales. La beauté du résultat dépend du savoir-faire et de l'inventivité de l'artisan et de la qualité du matériau employé. Les nuances obtenues sur un support en or sont bien plus riches que celles obtenues sur des supports d'argent, de cuivre ou de bronze. On connaît trois façons d'émailler. Pour vos achats, allez à Lucknow et à Varanasi. Jaipur est spécialisée dans la fabrication de plateaux émaillés et de petites boîtes.

Miniatures mogholes

De toutes les formes d'art appartenant à cette période, les miniatures mogholes sont les plus fascinantes. Merveilleusement détaillées, elles illustrent les événements et la vie des Moghols dans leurs somptueux palais. On en trouve dans le Shekhawati, au Rajasthan et dans d'autres régions de l'Inde du Nord.

Or et argent

Les artisans de l'Inde n'excellaient pas seulement dans la production de bijoux émaillés, mais également dans celle d'ustensiles émaillés, comme les coupes à vin, les rince-doigts, les boîtes à pilules d'or et d'argent repoussé et quelquefois incrustés de joyaux. Pour en acheter, rendez-vous à Jaipur et plus largement le Rajasthan. Egalement beaucoup de bijoux en or et en argents (bagues, colliers, bracelets...) sertis ou non de pierres.

Ornements pour vêtements

L'Inde est l'un des premiers pays pour la fabrication d'éléments décoratifs pour vêtements, et notamment les perles de verre. Les endroits pour faire ses achats : Varanasi, Purdilpur et Mathura. On y trouve aussi des fragments de verre enfilés en colliers et les colliers de perles en bois. Ferozabad (Uttar Pradesh) produit des perles légères comme de la plume ; Meerut (Uttar Pradesh) excelle dans les ornements en métal ; le Rajasthan et l'Haryana privilégient les ornements en argent et Rohtak (Haryana), les bijoux rustiques.

Peintures du Madhubani

Les peintures murales du Madhubani sont une joyeuse illustration des femmes de cette région. Les compositions pleines de vie et les couleurs vibrantes avec lesquelles ces femmes sont peintes sont généralement inspirées de la mythologie indienne. Régions où les acheter : Bihar, Rajasthan, Uttar Pradesh, Gujarat, Madhya Pradesh et Bengale-Occidental.

Peintures murales

Les peintures murales abordent des thèmes plus profonds, souvent illustrés sur des séries de panneaux. Elles sont encore exécutées à l'occasion de certaines festivités et de mariages. Ces oeuvres populaires sont souvent d'une grande valeur artistique et certains de leurs auteurs connaissent une véritable célébrité.

Peintures « Phad »

Ces peintures se présentent généralement sous la forme de longs rouleaux colorés où prédominent le jaune, le rouge et le vert, et qui sont transportés par les Bhopa, ces baladins itinérants du Rajasthan qui chantent la légende de Pabuji, un héros local.

Pierre et marbre incrusté

Les artisans sont habiles dans l'art de tailler, sculpter des objets dans la pierre ou le marbre. On trouve parmi leurs productions en pierre, tables, plats, bols et saladiers et des chandeliers ; et en marbre, vases, boîtes, lampes, pichets... Et même des modèles réduits du Taj Mahal ! Les meilleurs endroits pour ces achats : Agra, Hamirpur (Uttar Pradesh) et Vrindavan, connue pour ses articles en albâtre incrustés de pierres synthétiques ; Jhansi pour ses objets façonnés dans la pierre ; enfin, Midnapur (Bengale-Occidental) et le Rajasthan.

Pierres précieuses et semi-précieuses

Nacre, diamant, émeraude, rubis, saphir, lapis-lazuli, aquamarine, améthyste et bien d'autres.

Le processus qui consiste à transformer une pierre brute en une ravissante pierre polie ou en un objet précieux délicatement façonné exige une très grande habileté de la part des artisans du pays. On trouve de beaux bijoux et objets au Cachemire et au Rajasthan. Jaipur est célèbre pour ses pierres précieuses (attention aux arnaques !) et pour les turquoises, rendez-vous au Ladakh.

Poterie
Vente de poteries à New Delhi.
Vente de poteries à New Delhi.

Les habiles potiers sont connus pour leurs produits, aussi bien décoratifs que fonctionnels : vastes récipients, cruches, tuiles, terres cuites aux couleurs naturelles. Ces belles poteries et autres céramiques figurent parmi les meilleurs achats en Inde. Rendez-vous à Bishnupur et au Bengale-Occidental, réputé pour ses chevaux en terre cuite de Bankura (nom du district), à Rampur (Uttar Pradesh) connu pour les surahi et enfin, Alwar, Jaipur, Bikaner (Rajasthan). Kangra (Himachal Pradesh) produit des ustensiles en argile. La région du Kutch et Saurashtra (Gujarat) est réputée pour ses terres cuites.

Rotin et moonj

L'Inde offre un choix superbe de paniers faits de moonj grass. Des meubles de rotin, solides et très décoratifs, ainsi que d'autres articles fabriqués sur place qui connaissent un grand succès ici et à l'étranger. Les Etats où s'en procurer : Cachemire, Arunachal Pradesh, Uttar Pradesh, Pendjab, Haryana et Rajasthan.

Tapis
Tisserands de tapis au travail.
Tisserands de tapis au travail.

Les tapis fabriqués en Inde (Cachemire notamment) sont mondialement réputés pour l'originalité des motifs, l'excellente qualité de la laine, les riches couleurs et leur dimension pratique. Srinagar regorge de vendeurs de tapis. La région de Jodhpur est également célèbre pour sa production artisanale de durry, tapis fabriqués sur un métier à tisser et non noués. Ils sont en coton, laine de chameau ou fibre de coco.

Tapis de jute

Les artisans du Bengale-Occidental se sont abondamment servis du jute pour la confection de différents types de tapis, avec une grande variété de nuances, de motifs et de tailles. Ils sont le meilleur exemple du savoir-faire indien dans ce domaine. Où en acheter : Agra, Amritsar (Pendjab), Jaipur, Gwalior (Madhya Pradesh), Cachemire et Bengale.

Textiles
Tisseur.
Tisseur.

Les soies tissées en Inde se distinguent par leur douceur, leurs couleurs vives et leur texture translucide. Les brocarts (ou kinkab), superbement tissés aux fils d'or et d'argent, se présentent sous différentes formes et styles. Ils portent des noms poétiques comme : chand tara, dhupchaon, mazchar, morgala ou bulbul chasm (ou gouffre du rossignol !). Pour se procurer un sari, rendez-vous à : Varanasi (sari tanchoi) et au Cachemire (sari en soie) ; Bengale et Madhya Pradesh (sari en coton). Enfin, le Gujarat (sari patola).

Tissus imprimés à la main

En Inde, l'impression sur tissu était le principal travail des Chippa, une communauté d'imprimeurs. Les dessins sont imprimés à la main, sur des tissus, à l'aide de petits blocs de métal ou de bois. Les meilleurs endroits pour les achats : l'Uttar Pradesh, le Kutch, le Kathiawar, le Rajasthan et le Gujarat sont bien connus pour les dessins de style bandhni.

Travail de décoration

Les meubles Patra sont plaqués de métal blanc, gravé et ciselé de motifs compliqués. Ce type de mobilier décorait autrefois les palais. Très variés, les meubles de laque sont encore embellis par une technique artisanale appelée sankheda. Les meilleurs endroits pour vos achats : l'Uttar Pradesh, le Rajasthan, le Cachemire et le Pendjab.

Vêtements ethniques

Dans ce pays aux nombreuses communautés, on sera facilement tenté d'acheter au moins une demi-douzaine de vêtements ethniques provenant de différentes régions de l'Inde. Les meilleurs endroits en Inde du Nord pour vos achats : le Rajasthan, le Gujarat, Lucknow (Uttar Pradesh), le Cachemire, le Bihar.

Cinéma

Les cinéphiles connaissent bien le cinéma classique indien de Satyajit Ray ou les films plus récents de la réalisatrice Mira Nair, mais c'est bien peu comparé à l'océan de productions annuelles. Implantée à Bombay, l'industrie cinématographique indienne est la plus prolifique du monde et met sur le marché plus de 800 films par an. Peu sont projetés dans les salles françaises. Né de la contraction des villes de Bombay et d'Hollywood, Bollywood a réussi à surpasser en quelques années, la capitale américaine du cinéma. Les films qui sortent de ces studios sont quasiment tous en hindi et sont très imprégnés du folklore indien.

Le style bollywoodien est culturellement très marqué et difficilement exportable dans les pays occidentaux, habitués à des films plus courts et non entrecoupés de chansons. En revanche, Bollywood connaît un grand succès au Maghreb et en Afrique noire, bien au-delà des diasporas indiennes. Les avis divergent sur ce cinéma musical, même au sein de la société indienne. Certains y voient, le prolongement des arts traditionnels indiens, et d'autres le refuge du kitsch indien enfermé dans un ordre social pesant toujours sur les personnages. Pourtant, les cinémas ne désemplissent pas, et réalisent 15 millions d'entrées par jour. Cette distraction très populaire attire des gens de toutes les origines sociales, sans distinction d'âge, de caste ou de sexe.

Profitez de votre séjour pour vous glisser dans un cinéma un vendredi soir, jour des sorties nationales. Les comédies sont un cocktail d'ingrédients aux succès imparables : amours impossibles, actrices glamour, acteurs ténébreux, ballets à la chorégraphie parfaite et lunes de miel dans les Alpes suisses... La bande sonore compte autant que les images, elle est enregistrée le plus souvent par de grands chanteurs indiens et commercialisée à grand coup d'opérations marketing quelques semaines avant la sortie du film. Le public participe aux projections en applaudissant et chantant, voire en huant le " méchant ", facile à identifier dans des scénarios parfois très stéréotypés, où l'intrigue se cristallise souvent autour d'un mariage impossible.

Acteurs ténébreux

Amitabh Bachchan. Cette ex-star des années 1970-1980, adulé comme un dieu, joue encore parfois dans des films. Jusqu'en 2007, il était surtout l'homologue indien de Jean-Pierre Foucault sur la chaîne câblée Star TV en présentant Kaun Banega Crorepati, la version indienne de Qui veut gagner des millions.

Abhishek Bachchan. Il n'est autre que le fils du grand Amitabh. Un charisme fou et un sourire malicieux (et peut-être un nom !) ont fait de lui une star. Il est marié à Aishwarya Rai, l'actrice phare de Bollywood. Parmi sa filmographie, on notera : Dhoom (2004), suivi de Bunty Aur Babli, Sarkar et Bluffmaster.

Shah Rukh Khan. Né en 1965, la plus grande star actuelle du cinéma indien est aussi un producteur, showman et présentateur de jeu télévisé indien reconnu. En 2007, il succède à à Amitabh Bachchan pour présenter Qui veut gagner des millions, mais le jeu s'arrêtera faute d'audience. Depuis le début des années 1990, il enchaîne les rôles divers avec toujours autant de succès. En 2007, il a été déclaré l'homme asiatique le plus sexy du monde par le journal asiatique Eastern Eye. Il a joué dans plus de 70 films, et parmi les plus importants, on peut citer : Dil Se, Kuch Kuch Hota Hai, Devdas et Chalte Chalte. La star a également écrit un livre intitulé King of Bollywood : Shah Rukh Khan and the seductive world of Indian cinema, qui s'est vendu à des milliers d'exemplaires.

Hrithik Roshan. Né en 1974, il est la coqueluche du Tout-Bollywood depuis son apparition dans Kabhi Khushi Kabhi Gham en 2001. Les Indiennes ne se sont pas trompées, il a tout pour plaire : un physique ravageur, un déhanché à toute épreuve et une coquette somme sur son compte en banque. Il a commencé à tourner à l'âge de 6 ans. Effigie d'une grande marque de boisson gazeuse internationale, il a même fait pétiller les yeux d'A. B. Vajpayee, l'ancien Premier ministre. Il est aussi l'un des rares Indiens à pouvoir remplir un stade à 5 000 Rp la place.

Parmi les autres acteurs indiens, il ne faudrait pas oublier Aamir Khan, le héros de Lagaan, le ténébreux Salman Khan qui a tourné dans plus de 60 films depuis 1988 ! Et parmi la jeune génération d'acteurs : Vivek Oberoi (Kaal ; Yuva et Omkara).

Actrices glamour

Karisma Kapoor. Sa réputation d'actrice la plus chaude de Bollywood tient plus de sa façon unique de mettre ses formes généreuses en mouvement qu'à ses talents d'actrice, mais ne soyons pas trop médisant, elle se débrouille plutôt bien dans tous ses rôles. De toute façon chez les Kapoor, le cinéma c'est génétique : papa (Raj Kapoor) est un acteur talentueux et un immense producteur et Kareena, la petite soeur, est également actrice.

Aishwarya Rai. Ce scorpion au visage angélique et au regard vert émeraude fait chavirer les coeurs de toutes les générations d'Indiens. Elle suggère, mais ne montre rien. Elle est l'actrice indienne la mieux payée et la plus demandée à Bollywood. Cette Miss Monde 1994 s'est particulièrement illustrée dans le film Taal aux côtés d'Anil Kapoor et dans Coup de foudre à Bollywood (2004). Grande habituée de Cannes, elle a été membre du jury en 2003. En 2008, elle fait escale sur la croisette, en tant que représentante de la marque L'Oréal et pour présenter son dernier film. Parmi ses succès : Hum Dil De Chuke Sanam et Devdas. Elle a quelque peu mis sa carrière entre parenthèses pour élever ses enfants.

Kajol (Devgan). Grande professionnelle, elle est considérée comme l'une des plus grandes et des plus talentueuses actrices de sa génération. Actrice complète née en 1975, elle a notamment joué dans Fanaa (2006), film pour lequel elle a été récompensée, et dans La Famille indienne (Kabhi kushi kabhi gam) (2001).

Priyanka Chopra. Née en 1982, la jeune femme est également couronnée Miss Monde en 2000. On lui doit des succès commerciaux comme Krrish (2006) et Kaminey (2009).

Il faut également citer Sushmita Sen, Miss India 1994, Deepika Padukone au déhanché vertigineux ou Preity Zinta.

Danse
Danse traditionelle, Udaipur.
Danse traditionelle, Udaipur.

" En Inde tout geste est rituel et toute parole incantation ", disait Malraux.

La danse classique indienne est proche des rites religieux. A l'origine, les danseuses (devadasi, jeunes filles consacrées à un temple) exécutaient leurs pas de danse dans les sanctuaires sous l'oeil de Shiva, qui, sous sa forme de Nataraj, est le roi de la danse.

Les gestes des doigts et des mains sont particulièrement importants. Investis d'un symbolisme spirituel, c'est de cette subtilité que se dégagent toute la grâce raffinée et le charme envoûtant de ces danses traditionnelles. Quatre grands styles existent en Inde :

Le bharata natyam, originaire du Tamil Nadu, qui raconte la vie de Krishna, ainsi que ses variantes régionales que sont l'orissi ou les kuchipudi. Les danseuses de bharata natyam portent un sari très ajusté et des bracelets aux pieds. Le bharata natyam est une danse de soliste dont l'apprentissage est très difficile et très long. Souvent enseignée aux jeunes filles, elle s'ouvre de plus en plus aux garçons, le célèbre danseur indien Raghunath Manet, contribue aujourd'hui à la diffuser dans monde entier.

Le kathakali, également originaire du Sud, est une danse masculine, proche du théâtre dansé, qui vient du Kerala. Les costumes sont particulièrement recherchés ainsi que le nritya (jeu de mimiques des yeux, des mains et des muscles faciaux). Les formes et les couleurs du maquillage sont toutes codées, selon qu'il s'agit de jouer un prince vertueux ou un personnage démoniaque, ou d'indiquer le sexe, le rang et la qualité.

Le manipuri est une danse du Nord-Est exécutée par des femmes qui portent des jupes et des coiffes coniques. Le rythme est lent et le visage de la danseuse reste immobile.

Le kathak est lui originaire du Nord et raconte les facéties de Krishna. La danse commence progressivement et le rythme s'accélère. Moins rigide que le Bharata natyam, le kathak ne laisse que peu de place à l'improvisation. C'est une danse très rythmée qui s'effectue en frappant des pieds rapidement.

 

Dans les campagnes, les grands rassemblements populaires, fêtes ou pèlerinages, donnent lieu à des danses traditionnelles, exécutées en groupes pour la plupart.

On vous recommande bien sûr d'assister à une représentation à l'occasion d'un festival. Ne manquez pas le maquillage des artistes avant la représentation proprement dite : cela fait partie du spectacle.

Littérature

Des antiques Veda et Upanishad au Râmâyana et au Mâhâbharata, l'Inde a produit de grandes oeuvres de littérature, de philosophie et de religion.

La littérature indienne remonte aux hymnes des Aryens védiques. C'est une tradition orale qui a engendré la littérature classique, la doctrine religieuse et les grandes oeuvres de philosophie. Elle est également à l'origine des compilations d'anecdotes comme le Panchatantra et les contes Jataka.

Dans le Nord, des dramaturges tels que Kalidasa et Bhasa ont écrit de grands drames en sanskrit.

Ces traditions ont trouvé leurs prolongements dans l'Inde contemporaine. Presque chaque langue indienne majeure possède une riche tradition littéraire. Rabindranath Tagore a ainsi remporté le prix Nobel en 1913 pour son oeuvre Geetanjali.

Les auteurs contemporains de langues indiennes prédominants sont : Premchand, Ageyeya (en hindi), Tarashankar Bandopadhyay, Sunil Gangopadhyay (bengali), Amrita Pritam (pendjabi), Kaifi Azami, Ali Sardar Jafri, Firaq Gorakhpuri et Josh Malihabadi (ourdou), Shiv Shankar Pillai (malayalam), Subramaniyam Bharati (tamil), Gobind Triumbak Deshpande (marathi) et Tara Shankar Joshi (gujarati).

Les auteurs indiens de langue anglaise ont également séduit un public international, et parmi eux : Raja Rao, Kamala Markandaya, Nirad Choudhury, R. K. Narayan, Mulk Raj Anand, Anita Desai, Manohar Malgonkar, Amitabh Ghosh, Vikram Seth et Arundhati Roy.

Bibliographie sélective

Voici une suggestion de livres à lire avant, pendant ou après votre séjour.

Essais et récits

L'Odeur de l'Inde de Pier Paolo Pasolini, Ed. Folio-Gallimard. Récit de son voyage en Inde avec Alberto Moravia et Elsa Morante en 1961. Relate les impressions et les sensations perçues par le cinéaste.

Fous de l'Inde : délires d'Occidentaux et sentiment océanique de Régis Airault, Ed. Payot et Rivages. Psychiatre, l'auteur a exercé au consulat de France à Bombay. Il explique les raisons pour lesquelles les Occidentaux sont tant attirés par l'Inde... et le choc psychique que le pays provoque chez certains (cf.syndrome indien).

Que vous soyez Mère de cent fils d'Elizabeth Bumller, Ed. Prakash Book. Une découverte pénétrante et élégante des vies de femmes en Inde. L'auteur retrace les paradoxes, les complexes, les problèmes des femmes indiennes.

Comme un éclair dans la nuit de Tenzin Gyatso, XIVe Dalaï-Lama, Ed. Albin Michel. Paroles de sagesse de sa sainteté le Dalaï-Lama et le message qu'il cherche à transmettre. Incontournable pour ceux qui s'intéressent au bouddhisme.

L'Inde qu'il ne faut pas voir de Jean-Michel Auxiètre, Ed. L'Harmattan. Réquisitoire indigné prenant la défense de tous les laissés-pour-compte de la croissance économique indienne vertigineuse.

Romans contemporains

Loin de Chandigarh de Tarun J. Tejpal, Ed. Livre de Poche. A la fin des années 1990, la vie d'un jeune intellectuel aisé du Nord de l'Inde est bouleversée par la découverte des carnets intimes d'une Américaine, dans sa maison des contreforts de l'Himalaya. Une grande fresque sensuelle.

Les Enfants de minuit de Salman Rushdie, Ed. Livre de Poche. Rushdie revisite l'indépendance de l'Inde à travers une multitude d'enfants aux dons surnaturels nés pendant la nuit du 15 août 1947. En mêlant style baroque et détails réalistes, il donne, comme toujours, le vertige.

Le Dieu des Petits Riens de Arundhati Roy, Ed. Folio. Lors de sa sortie en 2000, le livre devient un best-seller mondial et obtint le prix Booker. Ce roman semi-autobiographique raconte la vie de jumeaux dont l'enfance est marquée par un événement traumatisant qui va les séparer.

Une princesse se souvient de Gayatri Devi, Ed. Kailash. Née Princesse de Cich Behar, un Etat au nord de l'Inde, l'auteure, qui est aussi une personnalité influente dans la vie politique de son pays, raconte son enfance et sa vie passée entre Orient et Occident.

Les Neufs Visages du coeur de Anita Nair, Ed. Philippe Picquier. L'auteur puise aux racines profondes de l'Inde pour donner forme aux émotions de ses personnages, et les accompagner dans leur quête du sens de la vie.

L'Equilibre du monde de Rohinton Mistry, Ed. Livre de Poche. Croisée de destins dans un quartier d'une grande ville indienne qui met en lumière toute la violence de la société indienne sous Indira Gandhi.

Rudyard Kipling, Indien de cœur (1865-1936)

L'auteur du Livre de la jungle et de Kim est né à Bombay dans une famille anglaise. Envoyé très jeune en pension en Grande-Bretagne, il revient en Inde en 1882 pour y exercer la profession de journaliste. C'est à cette époque qu'il écrit ses premières nouvelles. Ses voyages l'ont mené dans de nombreux pays d'Asie et aux Etats-Unis où il se maria. Prix Nobel en 1907, sa carrière est déjà derrière lui au lendemain de la Première Guerre mondiale et son colonialisme idéaliste sera violemment dénoncé après 1945. Patriote de la première heure, il a voulu croire en la mission civilisatrice des Occidentaux.

Médias locaux

Télévision. On ne compte pas les chaînes télévisées en Inde. Qu'elles soient en langue anglaise, en hindi ou en langue locale, généralistes ou spécialisées, ces chaînes diffusées pour beaucoup par réseau satellite rivent littéralement les Indiens devant leur petit écran. Beaucoup de chaînes diffusent de vieux films délicieusement kitsch vus et revus de nombreuses fois ou des clips vidéos qui assurent la promotion des nouvelles sorties bollywoodiennes.

Presse écrite. L'Inde est le second plus grand marché de presse écrite au monde. Le pays compte pas moins de 1 000 quotidiens en hindi, 250 quotidiens en anglais et un nombre incalculable de quotidiens en langues locales. Le quotidien hindi le plus populaire est Dainik Jagran, tandis que le Times of India raffle la mise anglophone. Le premier journal d'information de presse écrite a été publié en 1780, s'intitulant Hicky's Bengal Gazette.

Radio. L'essor de la télévision a fait considérablement décliner la radio. Akashvani, la radio nationale, existe depuis 1937. L'ouverture de la bande FM date de 2006, mais les créneaux sont beaucoup attribués à des organisations sociales et locales.

Musique

" L'Inde chante, n'oubliez pas cela, l'Inde chante ", écrivait Henri Michaux. Le coeur de la musique classique indienne se trouve au Rajasthan. C'est là qu'y sont nés les premiers artistes et les grandes écoles. Aujourd'hui encore, c'est là que la musique vit et que les grands musiciens se produisent.

Musiciens des cours…
Musicien du Rajasthan.
Musicien du Rajasthan.

Lors de votre passage à Delhi ou dans les grandes villes du Rajasthan, vous aurez sans doute l'occasion d'assister à un concert de musique classique indienne. La formation la plus courante comprend un soliste (joueur de sitar, sarod, sarangi, violon, flûte traversière en bambou ou simplement vocaliste), un joueur de tabla (percussion du nord de l'Inde composée de deux tambours de tailles différentes et frappés avec les doigts ou la main) et un accompagnateur au tampura (instrument à cordes pincées servant de basse continue).

Les modes musicaux (ou raga) exprimant sentiments et émotions sont fractionnés par des rythmes ou tala souvent fort complexes. L'une des spécificités de la musique classique indienne est qu'elle ne s'écrit pas mais se transmet de maître (ou pandit) à élève. Elle utilise une gamme heptamétrique (Sa-Ri-Ga-Ma-Pa-Dha-Ni) dont les intervalles peuvent changer d'un raga à l'autre.

Au contraire de la musique classique de l'Inde du Sud, dite carnatique, très liée aux thèmes religieux hindous, la musique du Nord de l'Inde, hindoustani, a été très marquée par l'influence profane des cours mogholes et par des artistes venus d'Iran.

… et musiciens des champs

Le Rajasthan est l'Etat indien le plus riche en musiciens traditionnels ou dholi. Issus de basses castes parfois converties à l'islam, ils allaient de village en village, animant les fêtes et chantant les légendes locales. L'arrivée de la radio, des magnétophones et de la télévision dans les zones rurales a fait perdre beaucoup de popularité à ces troubadours.

Les Bhopa (et leurs épouses les Bhopi) chantaient la vie quotidienne des campagnes rajpoutes et de leur héros, Pabuji, divinité locale protectrice des humains et des troupeaux. Aujourd'hui encore ils s'accompagnent au rawanata, vielle à archet formée d'une caisse de résonance en bronze ou en noix de coco, d'un manche en bambou et de dix-sept cordes.

Les Bhat colportaient également les légendes locales qu'ils interprétaient avec des marionnettes ou katputli. Ces dernières se retrouvent maintenant surtout dans les magasins de souvenirs.

Manganyar, Kalbeliya et Langa se sont, quant à eux, convertis à l'islam. Beaucoup ont rejoint le Pakistan après l'indépendance. Vous en verrez cependant dans les principales villes touristiques où ils jouent du sarangi, du kamayacha (autre type de vielle), du shenaï (hautbois rustique), de l'algoza (flûte à bourdon), du narh (flûte droite), du poongi (flûte des charmeurs de serpent), du morchang (guimbarde) et différentes percussions, dhol ou dholak.

A présent, les airs les plus en vogue dans le pays proviennent de Bollywood.

Instruments carnatiques
Le violon

Bien qu'identique au violon occidental et importé dans la musique classique indienne seulement depuis le XVIIIe siècle, l'adaptation de cet instrument à la culture indienne est telle que la plupart des Indiens pensent que l'instrument est indigène.

La vinâ

La vinâ est l'un des instruments à cordes les plus anciens de l'Inde. Son origine remonte au yazh antique, un instrument à cordes semblable à la harpe grecque.

La vinâ a eu plusieurs formes. Vous verrez sûrement un long instrument en bois mesurant environ 1,50 m. Son corps est grand, rond avec un manche épais, dont le bout est sculpté en forme de tête de dragon. Un petit résonateur est attaché au-dessous du manche. Pour en jouer, l'interprète est assis en tailleur ; les doigts de la main gauche sont utilisés pour presser, tirer et glisser sur les frettes, tandis que les doigts de la main droite sont utilisés pour pincer les cordes. C'est un instrument complet, réputé pour être très difficile à jouer, et dont l'atout principal est sa capacité à évoquer une atmosphère méditative.

La chitra vinâ (gottuvadhyam)

Le gottuvadhyam, plus couramment appelé chitra vinâ, est un luth à 21 cordes. A la différence du sitar traditionnel ou de la vinâ, la chitra vinâ est dépourvue de frettes, ce qui en fait l'instrument le plus proche des standards vocaux.

La chitra vinâ est un instrument à cordes formé d'une tige de bois évidé, de 80 cm de long et de 10 cm de large. Elle est ornée, comme la vinâ (saraswati), d'une imposante tête de dragon à son extrémité. Elle est pourvue de cordes mélodiques et secondaires qui permettent d'entretenir le bourdon. Malgré ses cordes de métal, c'est un instrument aux accords doux qui, entre les mains d'un maître, peut exprimer toutes les nuances de la musique vocale karnatique.

Le mridangam

Le mridangam est utilisé pour fournir un accompagnement rythmique. Son nom vient de l'expression sanskrite " mrit-ang " signifiant " corps d'argile ". C'est un tambour horizontal à deux faces, en forme de barrique. A l'origine en argile cuite, son corps a par la suite été façonné en bois. A chaque extrémité, une peau est tendue, constituée de trois cercles de peau concentriques, fixées par des lanières latérales en cuir. La peau la plus petite (main droite) porte en son centre une pastille de pâte noire durcie, faite de riz et de noir de fumée, qui permet de l'accorder de façon précise. Sur la face gauche, qui produit les basses, une pâte blanche (faite de semoule) est continuellement appliquée, pendant le concert, pour en maintenir la qualité sonore. Le mridangam a un son remarquablement clair, bien défini. On en joue avec des mouvements adroits de la main entière, des poignets et des doigts.

Le tampura

Le tampura est un instrument au long manche avec un résonateur en forme de gourde et quatre cordes tendues sur un chevalet légèrement courbé. Les quatre cordes sont pincées continuellement pour fournir un bourdon constitué par l'octave et sa quinte, auquel les musiciens se réfèrent constamment pendant le concert.

Discographie
Freddie Mercury

En 1991 disparaissait la star du groupe Queen... Saviez-vous qu'il était indien ? Né sur l'île de Zanzibar, l'actuelle Tanzanie, le 5 septembre 1946 sous le nom de Farookh Bulsara, sa famille retourna à Bombay l'année suivante. Là-bas, son instituteur remarqua très rapidement ses talents musicaux.

En 1964, sa famille menacée par l'intolérance religieuse (ils étaient parsis) quitta l'Inde pour la Grande-Bretagne et l'éducation traditionaliste de Farookh vola en éclats. Pendant ses études d'art, il intégra de nombreux groupes de rock avant de rejoindre Queen en 1970 et de prendre son nom de scène. Il composa de nombreux textes sans jamais laisser deviner sa vie privée. Le 24 novembre 1991, l'annonce de son décès provoqua un émoi mondial car il n'avait informé son public de sa maladie que la veille.

Musique classique

Parmi les incontournables :

Ravi Shankar. Un des grands maîtres indiens dans le domaine musical, qui a même initié les Beatles au tabla. Tous ses albums sont de vrais bijoux.

Hari Prasad Chaurasia, Krishnadhwani, 4 volumes. Concerts de flûtes et de tablas réunis dans un sublime coffret (je veux être Krishna).

Anup Jalota, Aisi Laagi Lagan. Anup Jalota est également l'un des grands musiciens classiques connus dans le monde entier. Tous ses albums sont à découvrir.

Mantra et prières

Shankar Mahadevan, Mantra Shakti - II. Voici 22 mantras hindous réunis dans ce CD. Les thèmes ? Tranquillité, bonheur, santé, sécurité... comme dans les temples.

Anuradha Paudwal, Om Namah Shivay. L'un des mantras hindous le plus entendu pendant tout séjour en Inde.

Incatations tibétaines, The meditative sound of buddhists chants. Cette fois-ci, c'est un mantra bouddhiste, " Om Mani Padme Hum ", entendu partout dans les contrées bouddhistes. Relaxant.

Musique contemporaine

Susheela Raman, Salt Rain. Découverte tout récemment en France, sa musique est délicieuse.

Mystic India, A New Earth Collection. Mélange de classique et de contemporain, raga, folklore et mantra sont ici réunis.

Prem Josha, Shiva Moon. Sitar, flûte en bambou, groove, musique électronique, avec la voix de la chanteuse Sandhya Sanjana, sont un mélange étonnant.

Et aussi : les chanteuses Shreya Ghoshal, Asha Bhosle, Geeta Dutt, Alka Yagnik, et les chanteurs Mohammed Rafi, Kishore Kumar et Mukesh sont aussi renommés.

Peinture et arts graphiques

Les traditions de peintures indiennes remontent à l'Antiquité, comme en témoignent les peintures murales d'Ajanta, Ellora et autres fresques ; les manuscrits bouddhistes sur feuille de palme ; les textes jaïns et du Deccan ; les écoles mogholes et kangra de miniatures indiennes.

Les peintures rupestres d'Ajanta, Bagh et Sittanvasal, ainsi que les peintures des temples témoignent d'un amour du naturalisme. La tradition picturale indienne présente une sorte d'unité esthétique et apparaît à la fois comme éclatante et raffinée, sophistiquée, hardie et vigoureuse. Essentiellement religieuse à l'origine, la peinture indienne a évolué au fil du temps jusqu'à devenir un condensé des diverses traditions qui l'ont influencée.

Les miniatures. Pour un non-initié, elles peuvent apparaître comme un ensemble désordonné aux motifs pastoraux, dominé par des personnages de deux sexes. Pourtant ces scènes ne sont pas des visions détachées d'une quelconque expression artistique, mais elles fournissent la base des formes de la musique et des arts indiens. La plupart de ces oeuvres magistrales sont des équivalents visuels des concepts émotionnels, des couleurs affectives ou sentiments modaux (rasa) qu'illustrent les ragas (modes musicaux de la musique classique indienne). Les peintres de miniatures qui travaillaient au service des différentes cours médiévales ont découvert un potentiel d'expressions de soi illimité ; il y a aujourd'hui 130 ensembles de telles miniatures.

L'héritage de la peinture moghole. A la fin du XVIIe siècle, elle a connu un déclin pour finalement laisser la place à un style hybride, fortement influencé par la présence britannique et d'inspiration superficielle. Mais la peinture indienne, après une longue période de tâtonnements, d'ailleurs marquée par des réussites incontestables (comme celles de l'école du Bengale), a de nos jours acquis un statut qui lui est propre. Si elle utilise des matériaux et des techniques qui sont celles du monde entier, elle exprime des faits et des expériences authentiquement indiens. Le respect de la tradition et la capacité à la dépasser sont clairement visibles dans l'art indien d'aujourd'hui. C'est l'essence même de ce qui a été défini comme l'éclectisme de l'expression indienne contemporaine.

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