Le guide touristique CORSE du Petit Futé : Patrimoine et traditions

Patrimoine et traditions

Patrimoine culturelHaut de page
Les acteurs corses célèbres

Laetitia Casta

Née en 1978. En Falbala dans le film Astérix et Obélix ou en femme fatale faisant rêver tous les hommes d'un déhanchement sensuel sur les podiums des plus grands couturiers, Laetitia Casta marque de son empreinte le monde de la mode comme celui du spectacle. C'est à l'âge de quinze ans qu'elle effectue ses premiers pas de mannequin, après avoir été découverte sur une plage de Sant'Ambroggio, près de Calvi. En prêtant sa beauté pour représenter le buste de Marianne, le visage de la jeune Corse s'impose désormais dans chaque hôtel de ville. Ses films  : Les Ames fortes, Astérix et Obélix contre César, Eurotrash, La Bicyclette bleue et en 2004 la réalisation en Italie d'un second téléfilm.

Robin Renucci

Né en 1956. Robin Renucci est un enfant de la région qui a réussi si l'on en juge sa filmographie. En effet, ce n'est pas moins de 16 films au cinéma et 9 à la télévision qu'il a à son actif. Mais Robin Renucci n'est pas qu'un acteur de talent, c'est également le directeur d'une association en pleine ascension  : l'A.R.I.A. (Association des Rencontres internationales artistiques). A 1 100 m d'altitude dans la vallée du Giussani sous les châtaigniers séculaires, l'A.R.I.A. organise depuis 1997 les Rencontres internationales de Théâtre en Corse. Cet événement est avant tout un lieu d'éducation et de formation à travers le théâtre. Chaque année elles accueillent des participants professionnels ou amateurs passionnés venus de tous horizons. Pendant un mois, en étroite collaboration avec la population locale de nombreux spectacles sont présentés au public dans les villages d'Olmi-Cappella, Pioggiola, Vallica et Mausoleo, dans le courant du mois d'août.

Traditions et modes de vieHaut de page
Lexique

Très souvent mélangées à la langue française, ces expressions ou plutôt "  corsissismes  ", si vous n'en comprenez pas la définition, peuvent devenir pour vous un véritable calvaire dans la compréhension d'une discussion entre Corses même s'ils parlent français à première vue  ! Voici donc les expressions les plus courantes.

La "  macagna  " (macagner quelqu'un) [magàgna] : c'est en quelque sorte une farce dont le jeu consiste à un ou à plusieurs, à faire croire une aventure ou un événement faux.

"  Monta a sega  " ou "  monter la sègue  " ou encore "  tenter  " : se rapproche de la macagna en plus insistant. La nuance est très difficile à saisir, mais vous comprendrez très rapidement quand vous en serez la victime...

"  Pinzutu  " [pintsoùtou] (les jeunes disent "  pinz  ") : c'est le continental, l'étranger à cause de son accent pointu.

"  Mi  " : il faudra alors regarder dans le sens vers lequel se dirige le regard de celui qui a prononcé le fameux " mi  ", au même titre que "  tu vois...   "

"  Tocu di  " (plus couramment prononcé "  toqueu de  ") : c'est en quelque sorte le superlatif familier, exemple  : "  Simon s'est acheté une toc de voiture  ! "

"  Macu  " (prononcez  : "  mac  ") : se dit de quelque chose ou quelqu'un de bien. Pour les puristes, surtout Ajacciens, il est même possible d'entendre "  toc de mac  ", c'est alors l'expression qui est portée à son paroxysme. Exemple  : "  Simon s'est acheté une voiture, elle est toc de mac  ! "

" Goffu  " : moche au sens littéral, mais est bien souvent employé à toutes les sauces.

" Putaghju  " : un ragot, les commères sont appelées " putaghjoni ".

"  Risatta  " (par déformation une "  risa  ") : une rigolade.

"  Spuntinu  " : c'est le casse-croûte.

"  Sfundé  " : se dit de quelqu'un d'extrêmement chanceux, qui a une chance inouïe ou encore d'une personne extrêmement fatiguée.

"  Stragnu  " : se dit de quelqu'un d'antipathique ou d'étrange. Provient du mot "  Una strega  " : une sorcière.

"  Va bé  " : dans le nord, vous entendrez surtout prononcer [babin], la traduction littérale signifie "  ça va  " !, mais il faut l'entendre prononcé par un local tellement l'accent est révélateur et ponctue une phrase, car c'est bien de cela qu'il s'agit, de ponctuation verbale. Un exemple pourra peut-être vous éclairer davantage  : "  On a fait un match de foot hier soir, on les a écrasés, babin  !   "

"  Avà  " [awa] : Pour marquer un étonnement prononcé. Exemple  : C'est pas vrai  !

Croyances, mythes et légendes

Bandits corses et " Vendetta  "

En Corse-du-Sud, de nombreux villages (Vico, Guagno, Bocognano, Lopigna...) entretiennent encore la légende de ces rebelles à l'ordre établi (Spada, Bellacoscia, Belle-Cuisse, Romanetti, Cappa...) à mi-chemin entre détrousseurs et héros romanesques qui ont pris le maquis avec la complicité de toute la population (il n'est que de voir encore aujourd'hui la polémique que cet esprit de solidarité a suscité lorsque Yvan Colonna, l'assassin présumé du préfet Erignac, a bénéficié de l'aide de tout un réseau de Corses durant sa cavale de quatre ans). Face à un Etat centralisateur, le bandit corse a fini par incarner les valeurs de résistance et de liberté des insulaires. Seules des mesures radicales mettront un terme à cette vague-là de banditisme en Corse. Il faut quand même dire qu'ils ont été les véritables précurseurs des maquis de la Résistance. Vendetta  : de par l'évolution des mentalités, il n'y a pratiquement plus, comme jusqu'au siècle passé, de familles qui s'entre-tuent pendant plusieurs générations. Mais le sens de l'honneur, du respect, du devoir reste tout à fait d'actualité, et les Corses ont un code de conventions morales et sociales très strict. Il faut y penser.

Jalousie

On se méfie toujours ici des compliments susceptibles de provoquer la jalousie qui pourrait attirer les mauvais sorts qu'il faut conjurer tout de suite. Alors on "  fait les cornes " de la main droite que l'on pointe vers le sol lorsque l'on soupçonne la présence d'un regard malveillant par exemple. On dit aussi " que Dieu le bénisse ! " après un compliment fait à un enfant en particulier. Quand on se croit victime du mauvais oeil (l'occhju), il est de coutume de consulter une "  incantatora  " ou encore une " signadora  ", seule personne capable de déterminer si l'on est ou pas "  annucchjatu  ". Sinon, on continue à officier un nombre impair de fois jusqu'à ce que les gouttes deviennent rondes. L' " ochju  " est alors brisé.

Signadores

Elles désenvoûtent, guérissent ou conjurent le mauvais sort. Elles, ce sont les "  signadores  ". Loin des contes et légendes, le soir de la Nativité et avant les douze coups de minuit (sinon le pouvoir n'opère pas), certaines transmettent leurs prières (les prigantules). Car en Corse, cela fait partie de la tradition.

Enterrements

Un événement considérable qui mobilise non seulement les proches mais le village et, souvent, la région, au sens de la proximité géographique. C'est ainsi que tous les villages de la Casinca, du Fium'Orbu ou de la Cinarca vont se rassembler pour accompagner l'un des leurs. Cette reconnaissance, c'est aussi l'expression de la solidarité et de l'unité d'un peuple. Lorsque le souvenir d'un défunt est évoqué, il est également fréquent de faire précéder le prénom d'un "  le pauvre  ". La cérémonie elle-même est spectaculaire par son protocole, les cimetières étant souvent trop petits pour accueillir tout le monde. La famille au premier rang près du tombeau, les amis et les proches un peu en retrait. Le reste du village se tient à la porte du cimetière, tandis que tous ceux des villages alentour, sont répartis aux abords immédiats du cimetière. Il est à noter que les traditions varient souvent d'une région à une autre. Il faut les connaître pour ne pas risquer d'impairs.

Croix

Les Corses rendent hommage à leurs morts sur les lieux mêmes de l'événement. Au bord des routes, des petites croix ou de plus importants monuments, toujours entretenus et fleuris  : des victimes des accidents de la route mais aussi beaucoup de résistants de la dernière guerre.

Langue riche en expressions sonores et imagées, chaude par son accent chantant, elle est à l'image de l'histoire de l'île et de ses profondes mutations historiques. De la Méditerranée qui l'entoure, elle conserve les traces des différents peuples qui l'ont côtoyée et envahie, de l'Espagne à l'Italie, de la France à l'Afrique en passant par les pays du Nord. C'est pourquoi si l'envie vous venait d'apprendre cette langue, de la même structure que la pensée latine, vous apprécieriez toute la richesse intellectuelle (développement de l'esprit de synthèse et d'analyse) que l'étude d'une langue romane procure. Le corse est une langue qui se parle autant qu'elle s'écrit, et se raconte de plus en plus. Malheureusement, les jeunes parlent de moins en moins corse chez eux, perdant ainsi les expressions familières peu à peu  ; c'est pourquoi, chaque génération devrait remplir son devoir en transmettant à ses héritiers la langue de ses ancêtres.

ArtisanatHaut de page
Couteaux corses
Couteaux corses

Les bergers corses fabriquaient pour leur propre usage, "  u bellu è l'utile  ", le beau et l'utile. C'est ainsi qu'est né et que se perpétue l'artisanat d'art en Corse. Traditionnel dans l'évolution de la société corse, technique et créative aujourd'hui, il reste le symbole d'une société moderne mais attachée à ses valeurs ancestrales. En Corse, tout se travaille  : le métal, le bois, la pierre, la laine, l'osier, la terre... Bien qu'en perte de vitesse dans les années cinquante, l'artisanat d'art a su trouver un second souffle grâce aux nouveaux créateurs qui, depuis près de trente ans, ont eu le courage de redécouvrir l'expression par la matière, de leur amour de l'île. Un couteau, de la maroquinerie artisanale, un chapeau, de la poterie, des émaux, des articles en liège (même des jupes  !), des bijoux en corail ou avec un "  oeil de sainte Lucie  ", des vêtements en pure laine corse, du bois d'olivier sculpté, un cd, ou même des souvenirs très "  kitsch  " à faire pâlir les boutiques branchées  : une bouteille de liqueur toute sculptée couleur fluo, une salière en figue de Barbarie, des tasses à café tellement dorées avec Napoléon, de face, de profil, ou un âne, un petit sanglier ou un dauphin en peluche Bref  ! Tout y est  !

Musique – DansesHaut de page
Spectacle polyphonique
Spectacle polyphonique

Danses traditionnelles

Les danses de couples en Corse ne remontent qu'au XIXe siècle. La plus à l'honneur fut longtemps "  a cuntradanza  ", la contredanse, puis la mazurka ou la polka. Plus tard, arrivèrent java, paso-doble, valse et tango. Mais, il y eut des danses traditionnelles telles que la "  tarentella  " qui se dansait en cercle, la "  marsilliana  ", le "  tarascone  ", "  le quadrille  ", la "  monferina  ", la "  conca  " et le "  caracollu  " réservé aux femmes pour les funérailles. La plus spectaculaire fut la "  moresca  ", grande figuration des antiques combats contre les Maures, généralement dansée à l'occasion du carnaval ou de la fête patronale et qui marquait la victoire des Corses sur les Maures.

Musique

Elle s'inspire directement de la mémoire corse. L'un de ses traits les plus singuliers est la polyphonie ou le chant a capella exécuté à plusieurs voix. On rencontre au sein de la polyphonie corse un nombre important de variantes qui diffèrent quant à la forme (joute chantée, nombre de voix...) et aux thèmes abordés. Ils existent des polyphonies sacrées et profanes. Leurs origines remontent à des temps imprécis et lointains  : les chants de messe, dans la tradition corse, étaient, et sont encore dans certaines églises, interprétés à plusieurs voix, par des hommes. Ecouter des "  paghjelle  ", avec l'acoustique des chapelles corses, est un des spectacles les plus émouvants auquel on puisse assister pendant le séjour. Il y a trois types de voix qui structurent le chant  : "  u Bassu  " la voix grave, "  a siconda  " la voix principale, et "  a terza  " la voix d'ornementation. Les voix s'interpénètrent. I Muvrini sont les chanteurs les plus connus, mais la Corse recèle en son sein des solistes et des groupes d'une qualité hors norme  ; citons A Filetta qui allient des chants sacrés et des créations très abouties, Canta u Populu Corsu et ses chants très engagés, Petru Guelfucci, le Choeur d'hommes de Sartène dirigé par Jean-Paul Poletti, et tant d'autres  ! On écoute aussi beaucoup, I Chjami Aghjalesi' très populaires, Surghjenti, Soledonna, un des rares groupes féminins. Dans les "  classiques  ", Antoine Ciosi - qui a fêté en 2002 ses 40 ans de chansons fait figure de maître  ! Parmi les plus jeunes, on peut noter le groupe L'Alba et le groupe Giramondu à la musicalité affirmée.

Chanteurs corses célèbres

Ghjuvan Claudiu Acquaviva

L'actuel leader du groupe A Filetta est la principale source d'inspiration du groupe, créant une grande partie des textes et des arrangements musicaux qui lui valurent la reconnaissance unanime de ses pairs. Il collabore avec d'autres artistes reconnus tels les chanteurs d'IAM ou Bruno Coulais. Il est également à l'origine de la fondation du festival international Rencontres de chants polyphoniques de Calvi  ; au-delà de son engagement artistique l'homme est un fervent partisan des droits de l'homme et d'une société plus juste. A rencontrer  !

Alain et Jean-François Bernardini

Avec leur père Ghjuliu Bernardini, ils sont à l'origine d'I Muvrini, l'une des formations phares, aujourd'hui, de la chanson corse, créée dans le courant des années soixante-dix. Ils ont tout d'abord réussi à convaincre la Corse puis le continent dont ils fréquentent aujourd'hui les plus grandes salles de spectacles (Zénith, L'Olympia) Reconnus et appréciés, ils travaillent également avec les grands acteurs de la chanson française (Jacques Dutronc, Michel Fugain...) et internationale (Sting).

Petru Guelfucci

Il est né en 1955 dans l'île de Beauté à Sermanu. C'est l'une des figures emblématiques du renouveau de la polyphonie et de la musique corse en général. En 1973, en pleine mouvance nationaliste, il rencontre Jean-Paul Poletti avec lequel il fonde le groupe Canta u Populu Corsu qui inspire les formations polyphoniques de l'île. Son parcours le conduit à sillonner la Corse, afin de sauver le patrimoine linguistique insulaire et redonner l'envie aux nouvelles générations d'apprendre et de chanter la langue corse en déperdition. Après la rupture avec Canta u Populu Corsu en 1987, Petru Guelfucci se lance dans une carrière solo et prend la tête d'une nouvelle formation, Voce di Corsica, groupe de polyphonies corses. C'est avec elle que Petru Guelfucci va connaître le succès non pas en France, mais au Québec. L'album Corsica, musique originale du ballet du même nom créé par la danseuse étoile Marie-Claude Pietragalla, rencontre un formidable écho (l'album est disque d'or) Aujourd'hui, il partage son temps entre sa carrière de chanteur et son village de Sermanu où il s'occupe de son moulin et de ses ruches. Il est en outre directeur du Centre de Musique Traditionnel de Corse.

Tino Rossi (1907-1983)

Le Napoléon de la Romance. Voix de velours et chansons d'amour peuvent paraître aujourd'hui un peu décalées, mais tous ceux qui l'ont approché disent que c'était un homme cultivé et plein d'humour et il faut reconnaître que son destin ne fut pas banal  ! Constantin est né à Ajaccio, au 43, de la rue Fesch, où son père tenait une boutique de tailleur. De son enfance et son adolescence, on ne retient que sa voix, exceptionnelle. Après une période de vaches maigres, sa carrière débute en 1932, grâce à un 78 tours très recherché des amateurs aujourd'hui  : O Ciuciarella. De Petit Papa Noël aux bras de Marinella, sa voix lui fait connaître le succès et la gloire. 1 014 chansons enregistrées, plus de 300 millions de disques vendus, 24 films, 4 opérettes... Il restera jusqu'à sa mort toujours très attaché à sa Corse, île d'amour qu'il aura bien contribué à faire connaître. Sa famille occupe toujours sa magnifique propriété du Scudo, abritée derrière le long mur d'enceinte où se trouvent des pièces de collection concernant sa carrière.

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