Guide de Crète : Arts et culture

Architecture
Les palais

L'architecture palatiale s'est, au long de la civilisation minoenne, répandue tout en évoluant. Nombre de petits palais, autrement appelés " villas ", ont vu le jour au temps de son apogée, abritant des personnalités notoires, à l'image des gouverneurs locaux (le palais du gouverneur à Ghournia en est un exemple). Néanmoins, quatre grands palais font la réputation de l'île : Cnossos, Malia, Phaestos et Zakros. Si leurs dimensions sont très variables (fort de ses 13 000 m² le palais de Cnossos est de loin le plus grandiose, ce qui présuppose sa fonction politique), leur organisation est similaire, le centre névralgique étant une cour centrale rectangulaire. Orientée nord-nord-est, elle est avant tout un espace de communication et toutes les entrées du palais s'ouvrent en effet sur elle. La présence de fosses de sacrifices et de tables d'offrandes laisse supposer qu'elle jouait également un rôle religieux. L'aile ouest abrite une autre cour, probable lieu de rassemblement à l'occasion des fêtes. Les étages regroupent appartements, pièces de réception, lieux de culte et batteries de magasins. Il est à noter que les palais de Cnossos et de Phaestos disposent également d'un théâtre avec gradins. Constructions confortables malgré leur monumentalité, les palais répondent à des exigences climatiques : protéger de la chaleur et de la lumière propres au bassin méditerranéen. Leur place dans le tissu urbain est essentielle puisqu'ils constituent le noyau de la cité. Les palais sont un centre économique, politique et religieux. L'organisation des villages autour des villas répond à la même logique.

Fresques et arts décoratifs

Les palais et villas se caractérisent par le luxe et la richesse de leurs décorations. L'art crétois s'y affiche dans toute sa splendeur, à l'image des merveilleuses fresques à la détrempe. Celles-ci représentent généralement des scènes traditionnelles mais certaines, à l'image de la fresque des dauphins à Cnossos, étonnent par leur originalité.La sculpture est destinée essentiellement à la représentation de divinités sous forme de petites statuettes généralement travaillées dans l'ivoire. Le travail sur céramique, hautement technique, est particulièrement développé. Les vases se caractérisent par la beauté de leur couleur et la précision de leurs motifs. La Crète est également célèbre pour ses vases de pierre.

Architecture religieuse

La période postpalatiale est marquée par l'apparition des premiers temples, de style géométrique et archaïque et des cités-Etats. Les modèles grecs s'exportent en Crète durant la période classique et hellénistique. La période byzantine affirme la religion chrétienne. De nombreux édifices religieux (églises, monastères et basiliques) au style caractéristique - plan en croix grecque inscrite avec coupole - voient le jour. Des icônes, devenues depuis si célèbres, ornent le sanctuaire. Le style byzantin marquera encore l'époque vénitienne.

L'influence vénitienne puis ottomane

Dans les premiers temps de l'occupation, les Vénitiens se sont principalement efforcés de renforcer leurs possessions sur l'île, en construisant un peu partout des forteresses et en dotant les villes où vivaient des notables de la République de fortifications solides. Ce sont des architectes italiens qui furent engagés pour travailler à l'édification de ces bâtiments. Vous pourrez visiter d'importants vestiges de cette époque, parfaitement conservés, comme le fort d'Héraklion, ceux de Kastelli ou de Spinalonga. Les fortifications sont présentes dans les grandes villes du nord de l'île. Vous les verrez à Héraklion, Hania et Rethymnon. Dans le même temps, les seigneurs vénitiens se sont fait construire quelques châteaux fortifiés dans les campagnes afin de contrôler l'ensemble de l'île et d'éviter trop de révoltes. Une fois ces constructions défensives et militaires achevées, les Vénitiens ont importé en Crète un aspect plus artistique de leur architecture en construisant des palais, des fontaines et des monuments dans les villes importantes. C'est ainsi qu'il reste à Héraklion et à Hania de nombreux bâtiments vénitiens superbes et quelques fontaines. Les occupants se sont également efforcés d'organiser l'urbanisme en créant des places et des rues un peu plus larges. Les bourgeois de la République se sont fait construire des maisons, créant rapidement de véritables quartiers vénitiens, comme ceux que vous verrez à Rethymnon ou Hania. La plupart des maisons vénitiennes sont construites en forme de " L " ou de " U ", autour d'une cour intérieure, avec un rez-de-chaussée et un étage. Dans les campagnes, les maisons ont conservé un aspect plus crétois, à savoir plus simple, avec un rez-de-chaussée et un étage mansardé. Tout cela rappelle à quel point l'influence vénitienne a été importante dans l'architecture crétoise, tant les traces qu'il en reste sont nombreuses. Les Turcs, sans doute parce que la Crète les intéressait moins, n'ont pas autant contribué à l'architecture de l'île. Ils se sont souvent contentés de quelques modifications. Entre autres, les maisons urbaines se sont équipées de balcons fermés en bois, appelés sachnissi (à Rethymnon en particulier), mais la principale innovation, s'il en est, de la période turque, concerne les moulins à vent qui ne sont certes pas apparus à cette époque mais se sont multipliés dans des proportions très importantes, surtout à l'est de l'île.

Artisanat

Grâce au tourisme, les Crétois ont la possibilité d'exprimer leur passion pour l'artisanat et de réussir à en vivre. Depuis toujours, tous les habitants cultivent leur goût pour l'artisanat, quel qu'il soit. Tissage, poterie, ébénisterie, travail du cuir, forge ou icônes sont des activités très courantes. Pour cette raison, vous trouverez de très nombreuses boutiques de souvenirs, ainsi que des ateliers de fabrication et de vente, dans les grandes villes aussi bien que dans les campagnes reculées. Certains se contentent de copier les objets d'art minoens, d'autres innovent ou perpétuent une tradition crétoise.

Que rapporter de son voyage ?

Les principaux objets artisanaux que vous pourrez rapporter de votre voyage sont des poteries, des icônes, des tissus et broderies traditionnels ainsi que des petits objets divers, souvent de très bonne qualité. Attention toutefois, l'exportation de produits anciens (plus de cinquante ans seulement) est interdite, et les douanes peuvent être très sévères sur ce point.

Bijoux : il est à noter que les artistes crétois excellent tout particulièrement dans deux arts mineurs : l'orfèvrerie et la glyptique, techniques originaires d'Orient. Les bijoux du musée d'Héraklion, par la splendeur de leurs formes, témoignent ainsi de leur habileté d'exécution. Les sceaux, travaillés dans l'or ou dans la pierre, représentent avec une précision stupéfiante des scènes de la vie culturelle.

Komboloï : cette sorte de petit chapelet que tous les Crétois agitent dans tous les sens n'a aucune signification religieuse. Certains vous diront qu'il s'agit d'un simple passe-temps, un anti-stress ou un jeu, d'autres que c'est une tradition dont ils ne connaissent plus trop l'origine. En général en métal, ils existent également en bois, en pierres semi-précieuses ou en plastique et se trouvent un peu partout, dans les boutiques de souvenirs comme dans les kiosques. Voilà le genre d'objet original que vous pourrez rapporter de votre séjour pour un prix dérisoire.

Huile d'olive : la production d'huile d'olive en Crète est présente depuis des milliers d'années. À l'époque minoenne déjà, la Crète exportait son huile d'olive vers l'Égypte. Notez que 95 % des huiles d'olive crétoises sont extra vierges, avec un taux d'acidité inférieur à 1 %, un gage de qualité et de plaisir gustatif. Une huile d'olive qui présente un faible taux d'acidité est produite dans des conditions optimales. Les petits villages crétois, comme Zakros à l'est, produisent des huiles biologiques réputées. Attention, les belles bouteilles ne renferment pas forcément les meilleures huiles !

Le miel de thym : riche en cuivre, le miel de thym est célèbre pour ses vertus médicinales, nutritives et tonifiantes. Depuis l'Antiquité, il est considéré comme le miel préféré des dieux ! Rien que ça... En Crète, les abeilles butinent les champs de thym qui fleurit jusqu'à la fin juillet pour donner au miel sa composition particulièrement concentrée en arôme. De ce fait, il s'agit d'un miel ambré au goût prononcé très appréciable.

Epices et herbes. Vous trouverez de très bonnes épices et, surtout, des herbes séchées sauvages. L'origan grec parfume salades et plats chauds d'une saveur unique et forte, très caractéristique. Le thé des montagnes (tsai tou vounou en grec) se boit bouilli à l'eau. Vous trouverez également ces ingrédients en supermarché, de bonne qualité.

Icônes grecques. Préférez les magasins spécialisés aux boutiques touristiques pour acheter votre copie.

Eponges. Elles abondent dans les boutiques. N'hésitez pas à vous en acheter une, elles sont pêchées en mer, séchées et totalement naturelles. A utiliser pour la toilette corporelle.

Céramiques. Assiettes, verres, tasses... en céramique peinte, à tous les prix. Attention au transport !

Sandales de cuir. Certains artisans travaillent le cuir depuis des générations et proposent un choix incroyable de sandales de toutes les tailles et pour tous les goûts.

Danse
<p>Danse traditionnelle.</p>

Danse traditionnelle.

La plus connue des danses régionales grecques est la danse crétoise, qui s'accompagne souvent de clarinette. A l'instar du syrtos, de nombreuses danses sont exécutées en rond. En effet, à l'origine, en formant un cercle, les danseurs entendaient se protéger des influences néfastes de l'extérieur. Ces danses se font parfois sur des airs de bouzouki, une sorte de mandoline très répandue en Grèce. Le syrtos, la danse crétoise la plus ancienne et la plus emblématique, se danse en agitant des mouchoirs, en cercle donc autour d'un danseur principal.

Le pendozali est une autre danse traditionnelle qui s'exécute constamment dans les fêtes populaires des villages : sauts et dynamisme la caractérisent. Pour danser le pendozali, il faut s'aligner en se tenant aux épaules et exécuter les mêmes pas que le danseur voisin, en suivant le premier danseur qui mène le bal. Lorsque le rythme s'accélère, la danse le suit en cadence pour devenir très rapide. C'est de cette danse que s'inspire le sirtaki créé dans les années 1960 pour accompagner la musique du film Zorba le Grec.

Enfin, et grâce aux Vénitiens, le sousta est la seule danse en couple pratiquée en Crète.

Littérature

En dehors des modes d'écriture de l'Antiquité qui concernaient exclusivement des textes officiels et administratifs (en linéaire A et B), l'écriture littéraire est apparue très tard en Crète. Ce sont les Vénitiens qui, aux XIVe et XVe siècles, contribuèrent à l'importation de la littérature sur l'île. Le poème Erotokritos composé vers 1645 par Vitsentzos Kornaros, ne compte pas moins de 10 502 vers, mêlant les styles byzantin et italien pour créer un véritable style crétois qui disparaîtra, malheureusement, avec l'invasion turque quelques années plus tard. Après quelques poètes qui marquent donc les XVIe et XVIIIe siècles, il faut attendre la fin du XIXe siècle pour voir vraiment apparaître un modèle crétois en littérature. Nikos Kazantzakis marqua son temps et influença de nombreux artistes (littérature ou cinéma) dans le monde entier. D'autres écrivains crétois ont marqué le XXe siècle, notamment Pandèlis Prévélakis et Odysséas Elytis. La source d'inspiration principale de tous ces auteurs reste l'attachement à la Crète, thème largement représenté dans leurs oeuvres majeures. En moins d'un siècle, la Crète est devenue un réel modèle de littérature consacré par le prix Nobel accordé à Elytis en 1979. Son ouvrage Maria Néféli est un magnifique hommage à son île natale.

Hommes de lettres crétois

Vitsentzos Kornaros (1553-1613)

Il écrivit l'oeuvre majeure de la littérature grecque moderne, l'Erotókritos, un poème épique de dix mille vers écrit dans l'idiome crétois.

Georges Chortatzis (1545-1610)

Cet artiste fut l'un des premiers poètes érudits à introduire les procédés poétiques de la Renaissance dans la littérature crétoise. Sa pièce la plus ancienne est Erophile - drame d'amour tendre et cruel écrit vers 1600 - publiée pour la première fois en 1637 et jouée au théâtre de Candie (Héraklion) avant 1669 et la conquête turque. Nous lui devons également la comédie pastorale, Gyparis, et la comédie bourgeoise, Katzourbos. Ses oeuvres sont le premier témoignage des styles tragique et comique en Crète.

Nikos Kazantzakis (1883-1957)

Ecrivain né à Héraklion. Poète, auteur dramatique et policier, il est l'un des fondateurs du roman néohellénique et est sans conteste l'écrivain crétois le plus connu à l'étranger. Nikos Kazantzakis fait des études de droit à l'université d'Athènes avant de venir à Paris suivre les cours de Bergson. Il entreprend ensuite une série de longs voyages documentaires en Allemagne, Russie, Espagne, Egypte, Chine, Japon... qui constituent une étape importante de son champ de réflexion. En 1945, il fait une incursion dans la vie politique comme président de l'Union ouvrière socialiste, puis revient en France et s'installe à Antibes où il publie quelques études sur Nietzsche et Bergson. Son roman, Alexis Zorba (1946), a été porté à l'écran par le metteur en scène grec Cacoyannis (Zorba le Grec) et s'est vendu dans de très nombreuses éditions étrangères. Le Christ recrucifié (1954) a également connu un immense succès, mais son oeuvre la plus contestée, et sans doute la plus célèbre aujourd'hui, est La Dernière Tentation (1957), portée à l'écran en 1988 par Martin Scorsese, qui a fait scandale lors de sa parution et à la suite de laquelle Kazantzakis a été excommunié par l'Eglise orthodoxe russe. Sa tombe, à Héraklion, est un endroit à ne pas manquer.

Jean Kondylakis (1860-1920)

Cet auteur a publié deux romans et trois nouvelles, Pathoukhas (1916), Quand j'étais maître d'école (1916) et Le Premier Amour (1918).

Pandèlis Prévèlakis (1909-1986)

Cet écrivain s'est attaché à évoquer des scènes du passé dans des romans tels que Chroniques d'une cité où il décrit avec nostalgie les légendes et l'histoire de sa ville natale de Rethymnon. Dans Le Crétois, vaste fresque en trois tableaux, il évoque la vie de Venizelos, le héros de la libération crétoise.

Minas Dimakis (1916-1980)

Auteur de nombreux recueils dont La Terre perdue (1937), La Dernière Frontière (1950), Le Sombre Passage (1957), Le Voyage (1960) et L'Aventure (1965). Odysséas Elytis (1911-1996). Très largement influencé par le surréalisme, il séjourne en France dans les années 1940 et 1950 et publie Axion Esti (1951), Six et un remords pour le ciel (1960) et Maria Néféli (1978). Il obtient en 1979 le prix Nobel de littérature.

Médias locaux

Les Grecs sont de gros lecteurs de journaux comme en témoigne le grand nombre de quotidiens. La politique intérieure y tient une large place. Les titres les plus vendus sont Ta Nea et Kathimerini.

Grâce au tourisme très important dans toute la Crète, il est facile de trouver des journaux étrangers dans les kiosques des petites et grandes villes, et même dans les villages touristiques. Les titres allemands et anglais sont souvent plus nombreux que les quotidiens en français. Parmi ces derniers, Le Monde est celui que l'on voit le plus en Crète, où il se vend le jour même ou un jour après sa parution en France.

En outre, les habitants sont très friands de radio et de télévision. Au printemps 2013, le gouvernement a décidé brutalement, du jour au lendemain, la fermeture des chaînes de radio et télévision publiques (ERT), dédiées principalement à la musique et à l'actualité. Ecran noir. Une mobilisation monstre a été organisée par les salariés mais aussi les citoyens, même si les avis étaient partagés : ERT représentait un haut lieu de la corruption (salaires mirobolants pour certains privilégiés, nouveaux emplois créés à la pelle à chaque changement de gouvernement pour y placer les amis des puissants, gestion opaque). Onze mois après la fermeture d'ERT, une nouvelle chaîne de télévision publique (NERIT) a vu le jour en mai 2014. Les journalistes licenciés ont aussi créé un site d'infos alternatif www.ertopen.com.

Les radios commerciales, quant à elles, restent cantonnées aux zones urbaines. Les programmes télévisés sont dominés par les séries grecques, mais aussi étrangères, comme les turques, Audimat oblige. Les chaînes les plus regardées sont Méga-Channel, Star et Skai.

Les films diffusés sont en version originale, sous-titrés en grec. Ainsi, lorsqu'un film français est programmé, vous pouvez en profiter ! Dans les hôtels de standing, vous recevrez par câble ou par satellite des chaînes étrangères, notamment françaises (TV5).

Musique

La tradition populaire est restée très présente en ce qui concerne la musique et la danse en Crète. Les instruments utilisés pour la musique crétoise sont le bouzouki, sorte de mandoline, mais surtout la lyre crétoise, violon vénitien à trois cordes, et le laouto, sorte de luth apparenté à l'oud turc. Parfois vous entendrez le son d'une cornemuse crétoise appelée askoman-doura.

La musique accompagne souvent la danse dont la plus célèbre est le pendozali, originaire de l'est de l'île. Souvent, des chants viennent s'ajouter à la musique, et même si vous n'en comprenez pas les paroles, vous pourrez en apprécier le style. Les mandinadès, souvent plein d'humour, sont très populaires, et les refrains sont repris par toute l'assistance dans une ambiance très conviviale. Autre forme de chant, le rizitika, très ancien, qui raconte des légendes merveilleuses mettant souvent en scène le goût prononcé pour la liberté.

La Crète est donc, traditionnellement, une terre qui engendre beaucoup de musiciens voire des familles de musiciens. Parmi les plus réputés à l'heure actuelle, on peut citer les chanteurs Vasilis Stavrakakis, Stelios Petrakis (Sitia), Thanasis Skordalos, le joueur de laouto Psarogiorgis, fils du joueur de lyre crétoise Psarantonis, surnommé le " Jazzman de la Crète " en raison de son style particulier. Ce dernier est le frère du grand Nikos Xylouris, décédé en 1980, surnommé Psaronikos. Le groupe actuel Chainides, dont la renommée dépasse les frontières de l'île, propose une musique crétoise renouvelée même si les puristes n'apprécient pas forcément sa musique qu'ils jugent hors de la tradition.

L'héritage de Nikos Xylouris (1936-1980)

Fils d'une famille de musiciens du village d'Anogia (province de Rethymnon), Nikos Xylouris apprend dès l'adolescence à jouer de la lyre crétoise qu'il accompagne de sa belle voix. Quand il débarque à 17 ans à Héraklion, c'est avec surprise qu'il constate que les Crétois ne s'intéressent plus à leur musique traditionnelle, mais qu'ils écoutent du tango et de la samba ! Forcé à s'adapter aux nouvelles modes pour gagner sa vie, il tente néanmoins d'insérer quelques morceaux de musique crétoise lors de ses concerts pour réhabituer le public à ses propres racines musicales. C'est au prix de ces efforts, et grâce à son indéniable génie, que Xylouris réussit à faire revivre la musique d'antan, qu'il rend accessible à tous en y ajoutant des sonorités venues d'ailleurs. Collaborant avec le compositeur Yannis Markopoulos dès 1969, Xylouris se penche en effet sur la relation entre tradition et présent (le disque Kroniko en sera issu). Artiste engagé contre la dictature des Colonels, Xylouris devint célèbre dans la Grèce entière. Trouvant la mort précocement à l'âge de 44 ans, il a laissé une oeuvre capitale pour le renouveau de la musique crétoise.

Son frère, Andonis Xylouris, qui officie sous le pseudo de Psarantonis, est également l'un des musiciens crétois les plus reconnus de nos jours. Moins populaire cependant, ce chanteur et joueur de lyre possède un style très personnel, une voix rugueuse et une pratique expérimentale très intéressante.

Le fils d'Andonis, Georgios Xylouris, poursuit sur son île natale lui aussi l'oeuvre de son oncle. Il joue de la lyre, mais surtout du laouto à huit cordes, et chante. Il est souvent en concert en Crète et a participé à de nombreuses manifestations avec des musiciens étrangers.

Mythologie grecque

Ensemble de légendes, de fables et de mythes transformés en poèmes épiques, la mythologie était la religion des anciens qui conféraient aux saisons et à la nature une existence d'acteurs cosmogoniques. Ces acteurs avaient le statut de héros, de dieux ou de démons. Mais qui étaient les dieux et les héros de la mythologie grecque ? Voici un petit Who's Who ? pour rafraîchir votre sens du sacré (grec).

LES DOUZE DÉITÉS DE L'OLYMPE

Les dieux grecs vivaient sur le mont Olympe, situé sur le versant nord de la vallée de Tempé, dans la chaîne montagneuse séparant la Macédoine de la Thessalie. L'Olympe était dérobé à la vue des mortels par un constant voile de nuages. Au printemps coulait un cours d'eau perpétuel au fond de la vallée, tandis qu'au sommet régnaient les neiges éternelles. Les dieux habitaient leurs palais sur les hauteurs et siégeaient dans la demeure de Zeus. Ils se nourrissaient de nectar et d'ambroisie, les plus jeunes divertissaient les plus anciens en dansant au rythme des mélodies et de la lyre des muses. L'Olympe, siège traditionnel des divinités grecques, sera transporté plus tard sous la quatrième voûte céleste, l'Empyrée, où règnaient le feu et les astres.

Aphrodite

Ancêtre de la Vénus romaine, a-t-elle jailli de l'écume, est-elle la fille d'Ouranos (les Cieux) et de Héméra (le Jour), ou, comme le suggère L'Iliade, l'enfant de Zeus et de Dioné ? Pour les Anciens, elle est la déesse de l'amour et de la beauté. On l'appelait aussi Eurolia, Pontia, Urania ou Pandemos. Son culte était célébré partout, notamment à Cythère et Corinthe. Elle est aussi à l'origine de la guerre de Troie puisqu'elle poussa Pâris à enlever Hélène à Ménélas. Femme d'Héphaïstos, dans les poèmes homériques, elle a passionnément aimé Adonis. Ses enfants se nomment Démos (la Peur), Harmonia et Eros.

Apollon (Phoïbos)

Dieu du soleil ou plutôt de la lumière (Hélios étant le dieu de l'astre solaire), il est le fils de Zeus et de Léto qui lui aurait donné naissance à Délos, la " terre brillante ", car l'île se couvrit alors de fleurs d'or. Emmailloté dès sa naissance dans des bandelettes d'or, nourri de nectar et d'ambroisie, en grandissant il voit son carquois se remplir de flèches qui ne ratent jamais leur cible et qui, par la suite, seront données à maints héros. Voyageant de pays en pays, il s'installe finalement à Delphes, le plus grand sanctuaire de l'Antiquité. C'est le dieu de la sagesse, du chant, de la musique et le maître des prophéties. Son culte était le plus répandu en Grèce.

Arés

Fils légitime de Zeus et de la déesse olympienne Héra, il est le dieu de la guerre, de la violence et de la destruction. Il est généralement représenté tenant une lance, un casque ou un bouclier et a la réputation de semer la discorde et d'être avide de sang et de vengeance. Pendant la guerre de Troie, il prend le parti des Troyens, provoquant le courroux de sa mère.

Artémis

Soeur d'Apollon, et comme lui née à Délos, elle a les mêmes pouvoirs que son frère. Elle guérit autant de maladies qu'elle peut apporter de fléaux. Plus tard, la Diane de la mythologie latine a des flèches qui ne manquent jamais leur but. Patronne de la chasse, elle habite des forêts qui servent de remparts à sa pureté. Elle prend part à la guerre de Troie, guérissant Enée et exigeant le sacrifice d'Iphigénie qui deviendra sa prêtresse.

Athéna

Elle est sortie toute armée du front de son père Zeus, fendu par Héphaïstos d'un coup de hache. Son nom désigne l'aurore, car l'aurore est fille du ciel, et le ciel visible et le ciel spirituel ont un seul et même nom : Zeus. Le coup de hache signifiant la lumière du matin qui illumine, Athéna est l'éveilleuse.

C'est pourquoi la Grèce antique lui consacrait le coq. Puisque l'éveil engendre le savoir, Athéna est également la déesse de la sagesse. Athènes est la ville d'Athéna qui l'aurait fondée en inventant l'olivier. Elle, qui change en pierre quiconque croise son regard, peut-être admirée sur le fronton du Parthénon, statue colossale à la figure sereine conçue par Phidias, ami de Périclès au Ve siècle av. J.-C.

Déméter

Fille de Kronos et de Rhéa, soeur de Zeus, Poséidon, Hadès, Héra et Hestia, elle est la mère de Perséphone dont elle va toute sa vie pleurer le sort infortuné, errant sur la terre en robe de deuil et apportant disette et sécheresse. Sur ordre de Zeus, inquiet de cette situation qui risque de le priver des hommes, Hermès va chercher Perséphone dans le royaume lugubre d'Hadès. Le bonheur de Déméter ramène l'abondance sur la terre. Hélas, Perséphone devra retourner régulièrement chez Hadès, ainsi en a décidé Zeus, ce qui marque l'hiver et l'été selon qu'éclate la joie ou le chagrin de Déméter, à laquelle étaient consacrés les mystères éleusiens - symbole du renouveau - c'est-à-dire du retour du printemps (eleusis signifiant " venue " ou encore " approche ").

Dionysos

Il incarne le vin et les plaisirs. Il est appelé aussi Bacchus, et sa naissance est mystérieuse. Le lieu de son éducation - Naxos peut-être - n'est pas exactement localisé. Sa stature est somptueuse. Comme tant d'autres héros, il doit traverser d'innombrables dangers avant de connaître la gloire. Ses voyages aventureux le mènent en Egypte, en Ethiopie et en Inde. Il apparaît toujours escorté d'une compagnie de bacchantes ou ménades (femmes possédées).

Héphaïstos

Fils de Zeus et d'Héra, il était d'une si grande laideur que sa mère pensa l'exiler de l'Olympe. Il n'en est pas moins l'époux de la belle Aphrodite. Surtout, il est le forgeron des armes et des cuirasses, l'ancêtre du latin Vulcain. C'est lui qui forge la cuirasse invincible d'Achille. A la suite d'une querelle avec Zeus, jeté du ciel, il tombe à Lemnos et reste estropié.

Héra

Fille de Kronos et de Rhéa, elle est la soeur et l'épouse de Zeus. Révérée comme telle, par les autres dieux, elle ne s'oppose pas moins à Zeus pendant la guerre de Troie, prenant parti contre les Troyens après le jugement de Pâris qui a offert la pomme d'or de la beauté à Aphrodite plutôt qu'à elle-même ou à Athéna. Reine du ciel pur, elle a trois enfants : Arès, Hébé et Héphaïstos.

Hermès

Né le matin dans une caverne, ce fils de Zeus et de Maïa n'a pas plus de trois heures lorsque, ayant tué une tortue, il fait de sa carapace une lyre. Après quoi il vole le troupeau d'Apollon et, à l'aube, invente le feu sur la terre en frottant deux morceaux de bois. Enfant prodigieux, il séduit Zeus dans sa dispute avec Apollon qu'il réussit d'ailleurs à charmer de sa lyre, renonçant à son instrument en échange de la sagesse et de la connaissance de secrets inconnus des mortels. Il est le dieu des voleurs, patron des orateurs et des commerçants, inventeur des poids et mesures et des premiers instruments de musique.

Poséidon

Frère de Zeus et d'Hadès, fils de Kronos et de Rhéa, il a le trident pour emblème. Gardien de la terre, il ébranle le monde. Selon la légende, il exige la souveraineté de Corinthe, Naxos et Egine. Sa femme est Amphitrite. Son palais se situe près d'Egée, au sein des flots. Là, il garde ses chevaux à crinière d'or qui lui font traverser les océans à la vitesse de l'éclair.

Zeus

Père des dieux et des hommes, il est le fils de Rhéa (la Terre) et de Kronos (le Temps), lequel a la fâcheuse habitude de dévorer ses enfants. Sauvé par sa mère qui donne à son époux une pierre à avaler à la place de son enfant, Zeus adulte délivre les Cyclopes du Tartare (l'Abîme) et vainc les Titans. Aidé par Prométhée, dieu du feu, qui deviendra son rival lorsque les Cyclopes l'auront armé de la foudre, Zeus détrône Kronos et divise son empire, se réservant le ciel pour royaume tandis qu'à ses frères, Hadès et Poséidon, il lègue respectivement les régions inférieures et la mer.

DEMI-DIEUX, MUSES ET NYMPHES
Europe

Zeus, déguisé en taureau blanc, enlève et conduit cette mortelle à Delphes où elle deviendra la mère de Minos. Cadmos, le père d'Europe, se met à la recherche de sa fille. En chemin, il rencontre Apollon qui lui ordonne de construire Thèbes. Le nom d'Europe signifie le jaillissement de l'aurore.

Les Harpies

Elles sont le vent de l'orage. Virgile les décrit comme des êtres odieux et repoussants.

Minos

Fils de Zeus et d'Europe, il figure comme le sage législateur des Crétois. Il devient après sa mort juge des morts en compagnie d'Eaque et de Rhadamanthe.

Les Muses

Elles sont d'abord trois déesses de la poésie, de la musique et de la science. Plus tard, elles seront neuf, représentant l'histoire (Clio, le Héraut), la poésie lyrique et la musique (Euterpe, la Charmeuse), la poésie aimable et le mime (Erato, l'Aimable), la comédie (Thalie, la Joyeuse), la danse (Terpsichore), les hymnes sublimes (Polymnie), l'astronomie (Uranie, la Céleste), la poésie épique (Calliope à la belle voix) et la tragédie (Melpomène).

Narcisse

Fils du fleuve Céphise, aimé de la nymphe Echo qui, découragée, meurt de chagrin, il est condamné par Némésis à tomber amoureux de son image et à l'attente de l'impossible amour. Sur le lieu de sa mort pousse la fleur qui porte son nom.

Pan

Fils d'Hermès, il conduit les troupeaux en jouant de la flûte. Il a la tête et la poitrine d'un homme et un corps de bouc. Le mot " panique " fait référence aux clameurs poussées par les hommes de Pan pour le délivrer de ses ennemis. Selon une autre version, c'est sa laideur qui inspirait une terreur subite (panique).

Prométhée

Bienfaisant envers les hommes, il leur apporta le feu dérobé aux dieux. Bien qu'allié à Zeus dans sa lutte contre Kronos, Prométhée, dont le nom signifie " celui qui considère toute chose à l'avance ", s'attire le courroux du dieu suprême de l'Olympe qui le condamne à être enchaîné sur un roc dans les hauteurs du Caucase, tandis qu'un vautour lui ronge le foie. C'est sur le lieu de son supplice qu'il rencontre Io, fille du roi d'Argos, transformée en génisse par Héra jalouse. A Io, errante (et sans cesse piquée par un taon), Prométhée prédit qu'elle enfantera Epaphos dont naîtra Héraclès qui le délivrera de la condamnation de Zeus.

Psyché

Personnification de l'âme, elle est aimée par Eros. Ayant péché par curiosité et doute, elle perd son divin amant et connaît de dures épreuves. Sauvée par Eros, elle devient immortelle. Symbole de l'âme à la recherche de son idéal et sauvée par l'amour, Psyché a inspiré l'art et la littérature.

LES HÉROS

Les villes et les régions de la Grèce antique avaient leurs héros : Thésée à Athènes, oedipe à Thèbes et Persée à Argos. Leurs légendes étaient considérées comme des histoires distinctes et uniques. En fait, les légendes se ressemblent et les contes se répètent. Seuls quelques noms ont réussi à dépasser le cadre local, établissant ainsi une hiérarchie des héros. Les héros habitent à tout jamais les pays de l'Immortalité que sont le Tartare et l'Elysée.

Dédale

C'est en Crète que ce héros ouvrier construit le labyrinthe du Minotaure. Prisonnier de Minos, il façonne des ailes pour lui et pour son fils Icare, et quitte l'île. Si Dédale réussit à atterrir en Sicile, Icare commet l'erreur de s'approcher trop près du soleil : la cire des ailes fond, il tombe et s'écrase dans la mer.

Héraclès

Natif d'Argos, fils de Zeus et d'Alcmène, et d'une force prodigieuse, il symbolise l'aide apportée aux souffrants et aux faibles. Les Romains en feront leur Hercule. Instruit par le sage centaure Chiron, sa vie est marquée par les douze travaux : il extermine, notamment, l'Hydre aux cent têtes, le sanglier sauvage, les Harpies, le lion de Némée, capture le taureau de Crète, purifie les écuries d'Augias et cueille les pommes du royaume des Hespérides.

Hercule et le taureau crétois

En guise de septième travail, Euristhée demande à Hercule de capturer le fameux taureau de Crète, qui en ravageait justement les terres. Pour rendre sa tâche encore plus corsée, il lui ordonne aussi de s'assurer que le taureau soit vivant lors de sa capture et qu'il lui soit ramené. Minos, le roi de Crète, rencontre Hercule et accepte de lui donner le taureau s'il arrive à l'attraper et le calmer - se rendant compte que ça l'arrangerait bien, lui aussi, de s'en trouver débarrassé. Hercule parvient à capturer la bête après un long combat en l'attrapant par les cornes, et la ramène de force (une version héroïque dit qu'il porte lui-même la bête sur ses épaules, alors qu'ailleurs on peut lire qu'il monte sur le dos de l'animal) jusqu'à Mycène, en Argolide, où il le donne vivant à Euristhée. Ce dernier libère l'animal, qui traverse alors le Péloponnèse et atteint Marathon. Là-bas, la bête continua ses ravages et tua même le fils de Minos. Ainsi, Thésée est envoyé pour vaincre l'animal - ce à quoi il parvient, avant de l'offrir en sacrifice à Athena.

Œdipe

Abandonné enfant, à la suite d'un oracle qu'il va réaliser, il tue son père Laïos, sauve Thèbes en déchiffrant l'énigme du Sphinx, qu'il anéantit, et épouse sa mère Jocaste. La peste accablant Thèbes et l'oracle révélant la vérité à ses habitants comme à lui-même, oedipe s'arrache les yeux, abandonne Jocaste qui meurt, et s'en va, errant, conduit par sa fille, la tendre Antigone. Il laisse le royaume dévasté par les luttes fratricides de ses deux fils Etéocle et Polynice, qui s'entretuent. Antigone n'échappe pas au funeste destin de la lignée puisqu'elle est brûlée vive par Créon, tyran de Thèbes.

Orphée

Fils du fleuve Eagre et de la muse Calliope, il perd sa compagne, la belle Eurydice, mordue par un serpent. N'ayant plus le coeur à jouer de sa lyre d'or dont le pouvoir magique le faisait suivre des bêtes et des hommes ensorcelés, il s'enfonce à la recherche de sa bien-aimée dans le royaume des morts. Ayant séduit Cerbère, le chien d'Hadès, grâce à son chant mélodieux, il est conduit devant Polydecte et Perséphone qui l'autorisent à emmener sa femme à condition qu'il ne regarde pas son visage avant d'avoir atteint la terre des vivants. Hélas, oubliant sa promesse, Orphée se retourne pour regarder Eurydice et la voit redevenir ombre à tout jamais. Le mythe a inspiré le premier opéra de l'histoire de la musique, Orfeo de Monteverdi.

Persée

Acrisios, roi d'Argos, fut prévenu par l'oracle de Delphes que, si sa fille Danaé enfantait, cet enfant serait son meurtrier. Il décide donc d'enfermer Danaé dans une tour où Zeus réussit à pénétrer sous la forme d'une pluie d'or. Après la naissance, Danaé et son fils Persée sont enfermés dans un coffre, jetés à la mer et poussés par les vents jusqu'à Sériphos. Persée en grandissant devient semblable à Apollon : ses yeux étincellent et sa chevelure est d'or. Pour sauver sa mère, il doit affronter la terrible Gorgone, Méduse, qui vit dans les jardins des Hespérides. Méduse a le visage entouré de serpents et quiconque la regarde est transformé en pierre. Aidé par Athénée, qui lui donne un miroir dans lequel il peut contempler le terrible visage de la Gorgone sans mourir, et par Hermès, qui lui offre une épée, il se rend d'abord chez Atlas, dans la terre des Grées. Ce sont trois soeurs n'ayant qu'un oeil unique. Les Grées lui indiquent le chemin pour trouver Méduse, puis les Nymphes lui apportent le casque d'Hadès, un sac où mettre la tête de Méduse et les sandales d'or d'Hermès qui le font aller plus vite au royaume des Gorgones où il décapite Méduse. Cet exploit permet au vieillard Atlas d'être déchargé du terrible joug de devoir porter sur ses épaules les piliers du ciel. Ayant séjourné parmi les Hyperboréens, Persée rencontre Andromède et l'épouse, puis libère sa mère. C'est plus tard qu'il accomplit l'oracle, tuant involontairement Acrisios d'un lancer de disque au cours des jeux de Larissa.

Thésée

Fils d'Aethra et d'Egée, roi d'Athènes. Grand héros d'Athènes et de l'Attique, il a, dès ses 16 ans, relevé le défi que lui avait lancé son père en soulevant le lourd rocher sous lequel Egée avait déposé sandales et épée. Pour délivrer les Athéniens de l'emprise du Minotaure crétois, il décide d'aller le tuer et trouve sa trace à l'intérieur du labyrinthe grâce à Ariane et à son fameux fil. Il emmène cette même Ariane, fille de Minos, à Naxos où, finalement, il la délaisse. Comme oedipe, Thésée est responsable de la mort de son père, en négligeant de descendre une certaine voile noire. C'est lui qui ramène Perséphone du royaume d'Hadès. Les Athéniens considéraient Thésée comme le fondateur de l'Etat.

LA MYTHOLOGIE CRÉTOISE
La naissance de Zeus

Le mythe commença au temps des Titans, enfants de Gaia (la Terre) et d'Uranus (le Ciel). Kronos (le Temps), le plus jeune des Titans, détrôna son père et le fit castrer. Puis, pour éviter le sort que lui avait promis sa mère Gaia (que l'un de ses fils ne vienne lui usurper son pouvoir), il décida de manger tout nouveau-né que sa femme (et soeur) Rhéa lui amènerait. Ainsi fut fait avec les cinq premiers bambins que lui amena Rhéa. Le suivant eut plus de chance : Rhéa comprenant que la plaisanterie avait assez duré (enfin !) alla se cacher dans la grotte de Dikti en Crète pour donner naissance à Zeus. Quand Kronos réclama son fils, elle lui donna à la place un caillou enrobé d'un linge qu'il avala. Emmené en Crète, l'enfant resta quelque temps dans la grotte de Dikti sous la garde des Kouretes, avant d'être transféré dans la grotte d'Ideon Andron, où il grandit protégé par sa grand-mère Gaia et nourri du lait de la chèvre-nymphe Amalthée. Un jour, Zeus cassa une corne de la chèvre Amalthée et, pour se faire pardonner, l'aurait ramassée et la lui aurait offerte remplie de fleurs et de fruits avec le pouvoir de se remplir toujours. De cet épisode naquit l'expression " corne d'abondance ".

Minos et le Minotaure

Plus tard, Zeus détrôna son père après un combat de dix ans et établit son trône sur le mont Olympe. Il tomba amoureux d'Europe, la petite-fille de Poséidon et, déguisé en taureau, s'approcha d'elle alors qu'elle jouait avec ses amies sur une plage. C'est alors qu'elle monta sur son dos et qu'il en profita pour la kidnapper, la conduisant jusqu'en Crète. Ils s'unirent près de la source Gortyne et de son platane et eurent trois fils : Minos, Rhadamante et Sarpédon. Minos obtint le royaume de Crète et régna en suivant les conseils avisés de Zeus. Il fut le premier roi de Cnossos et de la dynastie minoenne. Son épouse, Pasiphae, fille d'Helios (personnification du Soleil), lui donna plusieurs enfants dont Ariane et Phèdre.

Afin de prouver que les dieux ne pouvaient rien lui refuser, Minos demanda à Poséidon un taureau, lui promettant de le lui offrir ensuite en sacrifice. Poséidon exauça sa prière, et un superbe taureau blanc sortit des mers. Ebloui, Minos en oublia sa promesse et décida d'épargner cette bête et d'en sacrifier une autre à la place. Fou de rage d'être ainsi trahi, Poséidon se venga en rendant Pasiphae très éprise du taureau blanc qui, comble du malheur, ravagea la Crète, ses cultures et démolit les constructions.

Pasiphae s'en confia alors à Dédale, célèbre artisan architecte athénien exilé, qui décida de lui construire une vache en bois à roulettes et recouverte d'une véritable peau de bête, déguisement sous lequel elle s'unira avec le beau taureau blanc. De cette union bestiale naquit le Minotaure, à moitié homme, à moitié taureau qui terrorisera la cour du roi Minos. Pour y remédier, Dédale construisit un labyrinthe dans lequel le monstre fut enfermé.

Thésée et le Minotaure

Pendant ce temps, Minos déclara la guerre au roi d'Athènes, Egée, et demanda comme tribut de fournir régulièrement sept jeunes hommes et sept jeunes femmes en sacrifice au Minotaure. La troisième année, Thésée, le fils d'Egée, se porta volontaire pour faire partie des sacrifiés et tenter de tuer le Minotaure. En Crète, il rencontra Ariane, la fille du roi Minos. Elle tomba amoureuse du héros et décida de l'aider en lui fournissant une pelote de laine qu'il dévida pour retrouver la porte de sortie du labyrinthe. Il tua le monstre, sortit du labyrinthe et retourna à Athènes emmenant Ariane avec lui. La suite est moins glorieuse car il perdit Ariane, volontairement ou non, lors d'une escale sur l'île de Naxos et oublia de hisser une voile blanche pour signaler à son père, Egée, le succès de l'opération. Celui-ci, croyant à la mort de son fils, se jeta dans la mer et y périt (d'où le nom de la mer). Thésée devint alors roi d'Athènes.

Le mythe d’Icare

Pour se venger de la défection d'Ariane et accusant Dédale de lui avoir fourni la pelote de laine, Minos enferma Dédale avec son fils Icare dans son propre labyrinthe. Ils s'en échappèrent en construisant des ailes avec des plumes trouvées parmi les restes d'oiseaux dévorés par le Minotaure. Dédale réussit à rejoindre la Sicile et se cacha à la cour du roi Kokalos. Icare, grisé, vola si haut vers le soleil, malgré les appels de son père, que la cire de ses ailes fondit. Il tomba et disparut dans la mer. Une île porte maintenant son nom.

La mort de Zeus

Selon les Crétois, en accord avec les croyances minoennes, Zeus mourait et renaissait chaque année au contraire des Grecs du nord qui croyaient qu'il était immortel. Il aurait été enterré sous le mont Youtas, près de Cnossos.

Peinture et arts graphiques

Deux artistes peintres ont marqué l'histoire artistique de la Crète : Damaskinos et El Greco. Ils étaient contemporains, le premier ayant été le maître du second. Ils ont su, tous les deux, associer la tradition byzantine des icônes, déjà très représentée en Crète, aux techniques occidentales, principalement italiennes. Vous trouverez encore des petits ateliers où des artistes et artisans (pour ceux qui reproduisent des oeuvres déjà exécutées) travaillent sur des icônes. Les plus belles oeuvres, mais aussi les plus anciennes, sont exposées dans les églises sur l'ensemble du territoire crétois.

Autre expression très répandue de la peinture crétoise : la fresque murale, qui est une autre forme de l'art byzantin. Les amateurs de peintures murales byzantines pourront profiter de l'exposition permanente de superbes copies de ces réalisations dans différentes églises réparties sur toute la Crète.

Peintres célèbres

Domenikos Theotokopoulos, dit El Greco (1541-1614)

Né à Fodele, près d'Héraklion, il profita vraisemblablement de l'enseignement de Damaskinos, puis passa quelques années à Venise, voyagea en Italie où il subit l'influence de Bassano et du Tintoret, et travailla dans l'atelier de Titien.

Après un séjour à Rome, il partit en 1577 pour Tolède en Espagne où il s'imposa comme l'un des plus grands artistes du baroque espagnol. Son style est caractérisé par l'allongement des figures, l'étrangeté de l'éclairage, l'irréalité de la composition et le mysticisme. Les oeuvres qu'El Greco avait pu peindre en Crète étaient inconnues jusqu'à la découverte en 1983, dans l'église d'Ermoupolis à Syros, d'une icône signée de sa main. Byzantine par son thème (la Vierge) et la disposition générale des personnages, cette peinture est déjà caractéristique dans ses motifs décoratifs de l'influence de la Renaissance. Au musée historique d'Héraklion est exposée une de ses peintures, Vue du mont Sinaï et du monastère. Un jardin dans le centre-ville porte son nom. Dans toute la Crète, de très nombreux lieux, hôtels ou restaurants portent le nom du Greco. En 2014, plusieurs événements ont célébré les 400 ans de sa mort.

Mikhaïl Damaskinos (1530-1592)

Cet artiste est considéré comme l'un des plus grands peintres d'icônes du XVIsiècle. Son oeuvre s'inscrit dans le courant de la Renaissance crétoise, une école liée au monastère d'Agia Ekaterini et qui resta florissante jusqu'à la fin de la période vénitienne. Selon toute vraisemblance, Damaskinos fut l'un des maîtres du Greco. Il séjourna à Venise entre 1577 et 1582. Son traitement des perspectives révèle de très nettes influences italiennes. Ses oeuvres les plus célèbres - de style byzantin - sont un peu plus tardives et la plupart peuvent être admirées dans l'église Agia Ekaterini à Héraklion.

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