Guide de Bretagne : Nature

Géographie
<p>Plage bretonne.</p>

Plage bretonne.

"  Dieu doit nous aimer. Du reste il nous connaît bien. Visiblement il sortait d'un de nos bistrots quand il nous a dessiné un territoire. Sa main tremblait. Aucune nation n'a des contours aussi déchirés.  "

Gilles Martin-Chauffier - Le Roman de la Bretagne.

 

Avec, dans sa dimension historique, cinq départements, une superficie s'étendant sur 35 000 km2 et une population de 3 237 097 habitants au 1er janvier 2015, la Bretagne peut avoir quelques prétentions à jouer un jour dans la cour des grands, parmi les régions majeures d'Europe comme la Flandre, la Bavière, l'Écosse ou la Catalogne. D'une longueur de 2 730 km, les côtes bretonnes représentent un tiers des côtes françaises métropolitaines. "  Bout du monde  " pour certains, mais "  tête du monde  " pour d'autres, sertie presque de toute part par l'immensité liquide, elle a la mer pour destin et pour spectacle quotidien. Le long de ses côtes se croisent quotidiennement des centaines de navires de commerce et de bateaux de pêche.

Climat

Températures moyennes : Océanique dans les grandes lignes, car la péninsule est sous influence du Gulf Stream, courant chaud venu du golfe du Mexique qui lui vaut des hivers bien plus doux que ceux de Terre-Neuve et du Labrador situés sur la même latitude, le climat breton est caractérisé par de faibles amplitudes thermiques. Les gelées y sont rares sur la côte, ce qui permet aux mimosas et aux agapanthes de prospérer de l'île de Bréhat aux bords du golfe du Morbihan. En revanche, dans les terres, les gelées sont bien plus fréquentes et il faut souvent se munir d'eau chaude ou d'une raclette à glace avant de prendre la voiture ! La neige, quant à elle, est rare et ne tient guère plus de quelques jours, voire quelques heures, faisant rapidement de la "soupe". Autant vous dire alors qu'une photo d'un paysage breton, qui plus est marin, sous la neige est précieuse... Surtout, c'est pour les lumières qu'il faut venir en Bretagne. Elles n'ont pas leur pareil, sauf peut-être, en Irlande, pour séduire les palettes des peintres et les objectifs des photographes  !

Ensoleillement et précipitations : On pourrait, paraphrasant certaines cartes postales d'Irlande ou d'Écosse, évoquer le climat breton par une boutade du genre  : "  Quel magnifique camaïeu de gris  !   ". Pourtant, force est de reconnaître que si Saint-Brieuc ne jouit pas de l'ensoleillement de Bastia ou d'Ajaccio, il ne pleut pas tout le temps en Bretagne  ! Affirmer, comme certains plaisantins ne manquent pas de le faire en arborant de jolis tee-shirts où s'étalent des phrases sibyllines du genre  : "  En Bretagne il ne pleut que sur les cons  !   ", serait prêté au climat breton un esprit de ségrégation bien loin de ses préoccupations. N'empêche que la pluviométrie en Bretagne n'est pas pire qu'ailleurs et que la région bénéficie d'un bon taux d'ensoleillement.

Vents : Bien connus des marins amateurs et professionnels, le Noroît (ou gwalarn en breton, vent de nord-ouest), le Suroît (sud-ouest) et le Nordet (nord-est).

Phénomènes naturels : Les principaux risques naturels en Bretagne sont les inondations, les mouvements de terrain et les submersions marines. Il y a également les tempêtes qui énervent les flots marins que beaucoup aiment aller contempler, bravant ainsi les éléments... L'ouragan de 1987 avait fait beaucoup de dégâts, comme, plus récemment, la tempête Ulla début 2014. Lors de cette dernière, les vents soufflaient en rafales à 140 à 150 km/h à la pointe de Bretagne et de 130 à 135 km/h au nord d'une ligne Brest-Morlaix. La tempête priva quelque 50 000 foyers d'électricité.

Relief

Paysages caractéristiques : La Bretagne possède le record de la plus importante façade maritime en France, avec 2 730 km de littoral représentant un tiers du littoral français, qui dessine des paysages illustrant la lutte éternelle entre roc, mer et vent. Sable fin à perte de vue en bord de littoral, falaises escarpées sur la côte nord avec chaos de granit rose à Ploumanac'h, pointes vertigineuses à l'ouest, végétation étonnamment teintée de climat méditerranéen en golfe du Morbihan. On distingue cette ceinture côtière, l'Armor, de l'intérieur des terres, l'Argoat, à la densité de population moindre. Quatre types de paysage cohabitent suivant un axe approximatif reliant Carhaix à Paimpont : le bocage, les landes, les forêts et les marais (nord-est de l'Ille-et-Vilaine, sud et sud-est du Morbihan).

Cours d'eau et vallées : La Bretagne est sillonnée de fleuves (au sens géographique du terme), rivières se jetant dans la Manche au nord ou l'océan atlantique au sud parmi les principales vallées fluviales, celle de la Rance (entre Dinan et Saint-Malo), l'Arguenon (entre Le Gouray et Le Guildo), la Vilaine (de Vitré au barrage d'Arzal), la rivière de Pont-l'Abbé, la rivière de Morlaix, l'Odet (Finistère sud), le Léguer (Trégor), l'Aven.

Sommets : On parle sérieusement de "montagnes" en Bretagne, même si l'ouverture de stations de sports d'hiver est loin d'être à l'ordre du jour. Dans la région occupant l'ouest du Massif armoricain, massif hercynien très raboté par l'érosion, deux lignes de crêtes à l'altitude plus élevée émergent suivant une direction est-ouest : les monts d'Arrée et les montagnes Noires. Débats incessants sur le point culminant de Bretagne, les "sommets" en lice étant : le Roc'h Ruz situé dans le Léon, le Ménez Kador entre la commune de Botmeur et de Sizun, le Roc'h Trevezel, le Roc'h Trédudon et le mont Saint-Michel de Braspart, tous culminant entre 380 et 387 m.

Géologie : Ligne de crêtes orientée ouest-est (Monts d'Arrée, Montagnes noires, landes de Lanvaux), chaos granitiques (Huelgoat), Mont-Dol ou "Mont-Saint-Michel bis granitique" (nord Ille-et-Vilaine), minerai de plomb (mine de Pont-Péan), gisement de kaolin (Ploemeur), de schistes bleus (île de Groix), d'or (Fougères, Pontivy, Loudéac, Penestin), d'ardoise (centre-ouest Bretagne), faluns (sud-est Côtes-d'Armor), granits (rose à Ploumanac'h, blond à Languédias, gris au Hinglé)... La Bretagne est d'une richesse étonnante !

Forêts et bois : La Bretagne actuelle porte les vestiges de l'ancienne forêt couvrant presque dans sa totalité le massif armoricain au début de notre ère. La forêt de Paimpont (dite "de Brocéliande") en est le vestige le plus représentative.

Lacs : Parmi les plus importants naturels ou artificiels (barrages hydro-électriques), le lac de Guerlédan (sur le Blavet), le lac de Jugon (sur l'Arguenon), le lac de Brennilis (sur les tourbières du Yeun-Elez dans les Monts d'Arrée), le lac de Rophémel (sur la Rance).

Marais : Des zones humides abritent des réserves de biodiversité remarquables, notamment les marais de Sougeal (nord Ille-et-Vilaine) et de Muzillac (Morbihan). Des marais salants ont par ailleurs été remis en activité à Saint-Armel (presqu'île de Rhuys), signant le retour de "l'or blanc" en Bretagne administrative (des marais salants étant toujours en activité dans la région de Guérande, située en Loire-Atlantique, département appartenant à la Bretagne historique).

Littoral
Plage bretonne
Plage bretonne
Mer, océan

Partagée entre la Manche et l'océan Atlantique, sur quelque 2 730 km, la Bretagne est enveloppée de côtes aussi diverses qu'exceptionnelles. Au nord, le coup d'oeil est généralement plus grandiose qu'au sud. Les proportions paraissent plus démesurées, comme si une main de géant avait façonné ces paysages où l'homme semble minuscule. L'Ouest est le "  balcon sur la mer  " chanté par Xavier Grall. Un maelström d'embruns, de sel, de vent et d'iode, une mer trouée de marmites profondes comme des gouffres, de courants où la raison s'égare, où crient les âmes des disparus en mer. Le sud, de la pointe de la torche à La Turballe est plus riant, plus ensoleillé, plus intime et souvent plus coloré.

La côte d'Émeraude. La baie du Mont-Saint-Michel, qui ouvre le bal, est un désert de sable où au loin, se dresse la silhouette du Mont et celle de Tombelaine que la légende associe à Gargantua et Gwenc'hlan Le Scouezec au dieu Belen. Allez savoir  ! En tout cas un espace à couper le souffle avec des dimensions vertigineuses  : quelque 240 km2 d'estran auxquels s'ajoutent 170 km2 de marais, 30 km2 de polders et quatre mille hectares d'herbus où paissent les fameux moutons des prés-salés. Un lieu fort et puissant où la marée n'atteint pas moins de 16 m d'amplitude - la seconde au monde après la baie de Fundy au Canada  ! - et où la mer monte dit-on, à la vitesse d'un cheval au galop  ! Passé Saint-Malo, sa ville-close et son chapelet de forts de pierre juchés sur des îlots rocheux qui montent la garde face à l'Anglois et Dinard qui s'endort, lascive, sur ses souvenirs de grandeur de la belle Époque, le Cap Fréhel pointe son doigt de grès, de schistes et de porphyre rouge vers le large, semblant veiller à tribord sur la baie de La Fresnaye qui ouvre la route de la cité corsaire. Fréhel, qui donna son nom à une chanteuse en vogue à Paris dans l'entre-deux-guerres, est un enchantement, avec sa falaise escarpée, qui domine la mer de 103 m en moyenne, ses landes qui de loin lui font un chaud manteau de velours aux couleurs de genêt, d'ajonc et de bruyère, d'oeillet marin ou de jacinthe.

La côte du Goëlo. Passé la baie de Saint-Brieuc, longue échancrure indiscrète dans le corsage de l'Armor, Bréhat, sorte d'archipel éclaté dont le granit rose contraste avec le jaune des mimosas qui y fleurissent dès la fin janvier, le bleu des agapanthes et le rouge vif des géraniums. À l'est, le sillon de Talbert, comme un doigt surréaliste pointé une fois de plus vers la perfide Albion, est une jetée naturelle de pierre de quatre kilomètres de long sur quelques dizaines de mètres de large à marée haute. Il faut s'y perdre, aux jours de grandes tempêtes, pour prendre la mesure de la Bretagne septentrionale.

La côte de Granit rose. À Ploumanach, mais aussi à Trégastel et à Perros-Guirec, d'énormes blocs de granit antédiluviens prennent des poses pour les touristes. Les gens du pays s'amusent à leur donner des noms  : la bouteille, le chapeau de Napoléon, etc. Au-delà de l'embouchure du Léguer, l'un des plus séduisants estuaires de Bretagne avec le site du Yaudet qui fut jadis un éperon barré celtique, du petit port de Locquémeau et de la pointe de Séhar qui enfonce ses schistes tuffacés dans la baie de Lannion où croise fièrement le flambard Barr Awel, la lieue de grève de Saint-Michel retentit encore des cris du dragon terrassé par le roi Arthur avec l'aide toute providentielle de son cousin Efflam. C'est du haut du "  grand rocher  ", Roc'h Hir Glas, en breton, que l'on prendra toute la mesure des lieux. De la corniche de Locquirec à la baie de Morlaix, la côte est plus sauvage. Entendre  : la moins urbanisée. L'habitat, souvent paysan, y est plus authentique. De la plage des Sables blancs au clocher de Saint-Jean-du-Doigt, c'est à pied qu'il faut découvrir la façade maritime du Petit Trégor ou Trégor finistérien.

Un peu à l'ouest, la baie de Morlaix est l'une des plus ensorcelante de Bretagne, avec, sur la rive droite, tout au nord, Plougasnou et les chaos du Dibenn, un peu plus au sud, le cairn de Plouezoch qui faillit disparaître corps et bien au milieu des années cinquante, lorsqu'un entrepreneur peu scrupuleux commença à s'en servir comme... carrière de pierres ! Sur la rive gauche, un peu avant Carantec, l'île Louet est l'une des plus photogéniques de toute la Bretagne nord. Au milieu, semblant monter la garde contre les fantômes des corsaires anglais  : le château du Taureau, qui finit sa carrière, en géant de pierre débonnaire, comme centre nautique...

La côte des légendes ou pays des Abers. Tout à l'ouest, sur la côte des Abers, Aber-Ildut, Aber-Benoît, Aber-Wrac'h, les bateaux trouvent des abris naturels bien protégés. Aber est un mot brittonique qui désigne un estuaire profond et découpé, créé au quaternaire par la fonte des glaciers. C'est un petit cousin des fjords scandinaves. Ici, les Vikings n'ont fait que passer. Tout autre est le spectre des "  naufrageurs  " du Bro Pagan, du côté de Brignogan ou de Guisseny. Ces "  frères de la côte  " étaient quant à eux spécialisés dans l'échouage des navires marchands dont, selon la légende, ils s'appropriaient les cargaisons avec la rapidité et la rapacité du goéland. Toutefois, les Léonards du nord-ouest n'apprécient guère que l'on rappelle ces pénibles souvenirs. Du reste, il semble que l'Histoire ait, dans ce domaine encore, cédé le pas à la légende, consciencieusement écrite par des littérateurs en mal d'exotisme.

La mer d'Iroise. Plus au sud, les courants sont parmi les plus violents d'Europe et du monde. La pointe du Raz, Beg ar c'hra en breton, borde la baie des Trépassés où hurlent les crierien, les âmes des disparus en mer. L'endroit n'est pas rassurant. On y tutoie les éléments dans leur furie, et c'est là que Procope situait, dans l'Antiquité, l'embarcadère pour l'Autre Monde. Entre le phare de la Vieille et celui de Tévenec, qui balisent le chemin de l'île de Sein, l'eau salée forme de gros bouillons blancs et les courants creusent des marmites profondes comme des gouffres.

La côte de Cornouaille. Passée la pointe de la Torche, sorte de paradis des véliplanchistes, la Bigoudénie de Pèr-Jakez Hélias présente une côte basse et plate aux plages de gros sable blanc et lumineux. Au-delà du pont de l'Odet, qui fait office de frontière tacite entre le peuple du "  cheval d'orgueil  " et les Cornouaillais... ordinaires, on entre dans le fabuleux pays des "  rias  ", selon la dénomination hispanique, des "  avens  " pour les Bretons, qui sont au sud ce que les "  abers  " sont au septentrion. À la différence que ces petits paradis du plaisancier comme de l'autochtone sont peuplés de bois de pins qui, mariés aux mers d'ajoncs inondant les flancs de ces coteaux à taille humaine, leur donnent au printemps un air chaud et des parfums de galette au beurre et au miel. Doëlan et sa maison rose qui joue les amers salutaires lorsque d'aventure, venant de Groix, on met le cap sur le petit port célébré par Paul Guimard, Merrien et ses cliquetis de haubans et ses coques multicolores, Belon et ses parcs à huîtres, Brigneau et son école de voile qui forma des milliers de loups de mer du dimanche. Une côte pour le plaisir. Le plaisir d'aller prendre un verre de kir breton dans un des milliers de caboulots qui rappellent les escapades et les élégies de Xavier Grall qui lui, avait choisi de s'établir un peu plus loin, un tout petit peu plus loin dans les terres, au-dessus de Pont-Aven qui résonne encore des éclats de voix de son ami Glenmor avec qui il refaisait le monde et libérait la Bretagne, patiemment, jour après jour, au fil des marées, à l'auberge de Nicolle Corelleau. "  La mer conteste la rive  " s'extasiait Xavier, enthousiaste, lorsque, les jours de grandes tempêtes, il prenait sa voiture pour aller sentir les longs halètements de l'océan, à la pointe de Trévignon.

La côte des Mégalithes. La mer vient régulièrement caresser les grands sables d'Erdeven, une fois passée la barre d'Étel qui est aussi dangereuse que les sirènes traquées dans les parages par Yves Le Diberder au début du siècle dernier. Elle bat la chamade sur la côte sauvage de Quiberon où des bouées de sauvetage rappellent au visiteur téméraire qu'on ne plaisante pas avec la grande bleue. Ici, les fantômes des chouans et des émigrés, fusillés en juillet 1795 par le général Hoche, errent, nombreux, sur les chicots acérés de Beg en Aud ou de Port Bara. Ici, la rivière d'Étel joue les petites mers intérieures, avec son île de Saint-Cado et la presqu'île de Locoal, où le grand Georges, Georges Cadoudal, avait établi l'un de ses repaires. Le golfe du Morbihan, avec ses îles aussi nombreuses que les jours de l'année  : île d'Arz et île aux Moines où les prix de l'immobilier jouent les montagnes russes, Er Lannig et son cromlec'h à demi immergé, est un milieu terraqué à nul autre semblable. Qui se douterait en voyant cette immense étendue d'eau salée où nagent ces esquifs pétrifiés qu'il y a seulement dix mille ans, on avait ici le pied à sec  ?

Plages

Point commun des plages du littoral breton, le sable fin, variant du blond au blanc selon les couleurs du jour. Nombreuses sont les plages bretonnes à rivaliser au titre de plus belle plage d'Europe ! Les Grands-Sables à Groix, L'Anse du Verger à Saint-Coulomb, Langoz à Loctudy, les Sables-d'Or à Fréhel, la Grève des Curés à Trégastel, les Blancs-Sablons du Conquet, la Mine-d'or à Pénestin, la plage du Sillon à Saint-Malo...

Îles et archipels

Voir la partie consacrée aux îles bretonnes.

Ports

Qui dit région maritime dit ports, forcément ! De plaisance ou de pêche, de marée ou d'eau profonde, les havres bretons offrent des ambiances colorées, microcosmes originaux où se côtoient de façon plus ou moins sereine touristes estivaux, en mal d'embruns saisonniers, et pêcheurs locaux, portant la mer comme unique horizon de labeur. Parmi les univers les plus contrastés : l'ambiance balnéaire du nouveau port d'Armor de Saint-Cast-le-Guildo, les chalutiers du Guilvinec, les pontons de plaisance de Vannes ou encore les quais au pied des remparts de Saint-Malo.

Faune et flore
Que la nature est belle !

"  Le printemps, en Bretagne, est plus doux qu'aux environs de Paris, et fleurit trois semaines plus tôt. Les cinq oiseaux qui l'annoncent, l'hirondelle, le loriot, le coucou, la caille et le rossignol, arrivent avec des brises qui hébergent dans les golfes de la péninsule armoricaine. La terre se couvre de marguerites, de pensées, de jonquilles, de narcisses, d'hyacinthes, de renoncules, d'anémones, comme les espaces abandonnés qui environnent Saint-Jean de Latran et Sainte-Croix de Jérusalem à Rome. Des clairières se panachent d'élégantes et hautes fougères. Des champs de genêts et d'ajoncs resplendissent de leurs fleurs qu'on prendrait pour des papillons d'or. Les haies, au long desquelles abondent la fraise, la framboise et la violette, sont décorées d'aubépines, de chèvrefeuille, de ronces dont les rejets bruns et courbés portent des feuilles et des fruits magnifiques. Tout fourmille d'abeilles et d'oiseaux  ; les essaims et les nids arrêtent les enfants à chaque pas. Dans certains abris, le myrte et le laurier-rose croissent en pleine terre, comme en Grèce  ; la figue mûrit comme en Provence  ; chaque pommier, avec ses fleurs carminées, ressemble à un gros bouquet de fiancée de village  ".

François-René de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe

Faune
Moutons
Moutons

Reptiles : Parmi les reptiles et amphibiens les plus courants en Bretagne, notons la présence de la salamandre tachetée, du crapaud commun, de l'orvet fragile, du lézard vert, du lézard des murailles et de la grenouille verte. La Bretagne compte six espèces de serpents telles que la couleuvre à collier ou la coronelle lisse.

Oiseaux : Par la qualité de ses milieux naturels, la Bretagne est une terre d'élection privilégiée pour l'avifaune, puisque 219 espèces d'oiseaux y sont régulièrement observées. Sans avoir la prétention de présenter ici un état exhaustif des populations et de leurs lieux de prédilection, signalons le cap Sizun, les îlots autour d'Ouessant, le cap Fréhel, la baie de Saint-Brieuc et celle de Morlaix et, bien entendu, ce paradis ornithologique de Bretagne que sont les Sept-Îles dans le Trégor qui abritent de nombreuses espèces dont certaines devenues très rares comme les guillemots, les macareux et les petits pingouins. Ces races proliférantes autrefois ont été les victimes innocentes, par les décennies passées, des inconséquences humaines. Les marées noires en sont les plus tristes exemples  ! Les estuaires qui se découvrent au rythme des marées où les marais salants sont le royaume d'élégants échassiers, hérons cendrés, avocettes élégantes, barges à queue noire, chevaliers gambettes... Les marais et les tourbières de l'intérieur des terres accueillent en leur sein le busard des roseaux et le busard cendré ou le chevalier cul-blanc. Vers le bocage et les bois, l'épervier d'Europe ou le pic épeiche se dévoileront aux yeux de ceux qui sauront être patients, car ils sont farouches et seront difficilement observables sans un minimum d'initiation. Pour y remédier, un petit détour par l'une des nombreuses réserves bretonnes  : celle des landes du Cragou dans les monts d'Arrée, celle de l'étang de Trunvel dans le Finistère ou pourquoi pas celle du marais de Falguérec à Séné dans le golfe du Morbihan ou encore l'étang de Careil en Iffendic (Ille-et-Vilaine).

Poissons et crustacés : La richesse des fonds marins irradie les marchés locaux, sur les étals desquels l'on peut trouver selon la saison la dorade grise, les baudroies commune et rousse, le bar commun, le rouget barbet, le grondin rouge, la sole, le tacaud, le merlu, la raie, le maquereau, la sardine, l'anchois, la julienne, le cabillaud et le merlan. Côté crustacés sauvages, les côtes abritent la langoustine, l'araignée de mer et le tourteau. Les coquillages ne sont pas en reste, dignement représentés par la palourde et la coquille Saint-Jacques. N'oublions pas, bien évidemment, les stars locales d'élevage que sont les moules de bouchot et les huîtres (notamment de la baie du Mont-Saint-Michel et de l'Arguenon). Parmi les poissons d'eau douce, drôle de parcours pour l'anguille, passée du statut de nuisible dans les années 1970 à celui d'espèce en voie d'extinction dans les années 2000. Ses alevins, les civelles, sont malheureusement pour l'espèce, très prisés, favorisant un marché parallèle juteux, contournant la protection juridique en place.

Mammifères marins : Nul besoin de voyager vers quelque antipode pour admirer le ballet d'une colonie de dauphins. La baie du Mont-Saint-Michel, la baie de Saint-Malo, l'archipel de Molène ou encore l'île de Sein sont des lieux privilégiés qu'ils ont coutume de fréquenter. Le phoque gris, lui, préfère les milieux rocheux de l'archipel des Sept-Îles, mais il ne néglige pas non plus celui de Molène. Son cousin, dit veau marin, qui vit en colonie plus restreinte, a ses habitudes dans la baie du Mont-Saint-Michel, de l'Arguenon et de la Rance... On peut également apercevoir des pingouins au large des côtes bretonnes.

Insectes : La Bretagne recèle une diversité de petites bestioles du quotidien, communes à ce type de région au climat océanique tempéré. Les plus connues sont le puceron, attirant logiquement son prédateur à poids la coccinelle, la libellule, la sauterelle, le hanneton, le criquet... Avec le réchauffement climatique en cours, depuis quelques années, de nouvelles espèces viennent bousculer les fragiles équilibres en place.

Flore
Haies bocagères

Pays de bocages entre ciel et mer, Argoat pays des bois, Armor pays de la mer. Il y a cent cinquante ans, les korrigans (petits génies malicieux, mais souvent impitoyables) disposaient de plus d'un tiers du sol breton pour danser leur inquiétant jabadao. Depuis ce temps, les landes reculent, on reboise, et pas toujours à bon escient. Au XVIIIe siècle, le chêne régnait en maître sur les hauteurs bretonnes  ; Louis XIV, pour sa marine, eut besoin de ces arbres. La forêt bretonne en fit donc les frais et la lande, ajoncs et genêts, prit possession des terres, pour le plus grand bonheur des agriculteurs qui trouvèrent là, à bon compte, fourrage et litière. Aujourd'hui on reboise en résineux... hélas  ! Parcourez Brocéliande la légendaire (dite de Paimpont, le bout du pont en langue française), Crânou dans le Finistère ou Camors dans le Morbihan : si le hêtre domine au nord, le chêne règne en maître au sud. De plus en plus, les sapins et les pins maritimes ont pris place sur les côtes morbihannaises, ce qui leur donne un petit air méridional. La Bretagne d'aujourd'hui n'est plus celle d'hier  ; les "  fossés  " et talus ont été arasés dans les années 1960, ce qui donne parfois l'impression d'être dans une mini-Beauce. Bien qu'en Bretagne les départements ne représentent culturellement que peu de chose, s'il faut néanmoins s'en tenir à ce découpage arbitraire, on observe que le Finistère intérieur (ce qui correspond approximativement à la Cornouaille) est un pays de landes et de tourbières. Ces tourbières furent, comme en Irlande, jusqu'à la veille du dernier conflit mondial, pourvoyeuses de combustible domestique. L'Ille-et-Vilaine, qui ne possède qu'une modeste façade maritime, dispose intérieurement de nombreux ensembles boisés, parsemés d'étangs.

 

Fleurs et plantes rares

Certaines sont si rares et si fragiles qu'il a bien fallu prendre des mesures pour les protéger. Elles embellissent le littoral et ont bien du mérite à résister à des conditions parfois difficiles...

En voici quelques-unes à découvrir au gré des promenades.

L'armerie maritime. Elle déploie ses fleurettes rose tendre en mai et juin, en touffes serrées, sur les falaises et les pelouses littorales, formant de larges coussins roses, blancs et verts.

La criste marine. Elle s'accroche dans le moindre interstice d'où son surnom de "  perce-pierre  ". On la consomme aujourd'hui dans le vinaigre comme un condiment.

La silène maritime. Fleurs très blanches dont les pétales surmontent un calice renflé veiné de rouge violacé, elle est présente de mai à août à flanc de falaise.

Nombril de Vénus. Les rochers, mais aussi les murets de pierre sèche, accueillent cette petite plante grasse très commune en Bretagne et dont le nom évocateur vient de sa feuille ronde déprimée en son centre et au toucher soyeux.

Bruyère et ajonc. Sur la lande, deux fleurs emblématiques de la Bretagne, la bruyère et l'ajonc, déploient avec un art consommé de la nuance du fuchsia au violacé pour la première et du jaune d'or éclatant du second, genêt à balai, de mai à juillet.

Le narcisse de Glénan. Il est encore plus rare que les plus rares puisqu'il ne se trouve que sur l'île Saint-Nicolas de l'archipel de Glénan. Découvert en 1903, il fut tellement cueilli, arraché, qu'il faillit disparaître à tout jamais. On vient aujourd'hui l'admirer lors de sorties naturalistes organisées sur la réserve au moment de sa floraison au printemps.

Le panicaut marin. Appelé aussi chardon bleu, le panicaut marin offre aux regards ses belles feuilles bleutées et pointues formant à la base de la fleur violette une étoile. Il est d'ailleurs le symbole du Conservatoire de l'espace littoral.

Parcs et réserves naturelles
Réserves naturelles
Parc naturel régional du golfe du Morbihan

C'est en 1994 que les élus des communes littorales du golfe du Morbihan ont impulsé et mis en place une vaste démarche de concertation de tous les acteurs du territoire pour un classement comme Parc naturel régional autour du golfe du Morbihan. Le décret de classement est signé par le Premier Ministre le 2 octobre 2014 et c'est une belle réalisation qui voit le jour, couronnement d'une démarche de concertation conduite depuis 20 ans et dont le projet perdurera jusqu'en 2026. En 2017, le Parc naturel régional du golfe du Morbihan a fêté son troisième anniversaire avec les communes membres (29) et les communes associées (2). Mais n'est pas Parc qui veut ! Tout le territoire le composant doit être habité et reconnu pour la richesse de son patrimoine naturel, paysager et culturel. En parallèle, un projet pour ses habitants doit être élaboré avec ses contraintes de protection et de développement, ses fragilités, sans pour autant ne pas respecter son environnement et son identité. La marque "Parc" qui est propriété du ministère de l'Écologie, du Développement Durable et de l'Énergie a été déposée. Cette marque peut être attribuée à un "produit, un savoir-faire ou un accueil", pour une durée renouvelable de 3 ans, en respectant un cahier des charges élaboré en concertation. Le PNR va développer cette marque auprès des acteurs économiques et en priorité les hébergements et les visites de découverte. La surface du territoire labellisé couvre 64 200 hectares, à laquelle est associée une aire d'intérêt maritime d'environ 17 000 hectares. On y compte environ 166 500 habitants. Longue vie au 50e PNR de France et à son hippocampe, petit cheval des mers, son emblème !

Parcs animaliers
Parc animalier de Branféré

Le Parc animalier de Branféré est le lieu d'émerveillement pour les petits et les grands ! C'est un monde de découverte dans un parc de plus de 45 ha, organisé en trois espaces : botanique, animalier et ludique. Vous découvrirez des espèces parfois en voie de disparition. Les animaux évoluent en semi-liberté dans de grands espaces. Des animations vous seront proposées à la fois spectaculaires, pédagogiques et culturelles, comme le spectacle d'oiseaux face au château du début du XIXe siècle. Cigognes, pélicans, aigles, vautours, faucons, perroquets et perruches volent à quelques centimètres de vos têtes dans un ballet aérien époustouflant. Vous pourrez également passer un long moment au Parcabout®. Sensations fortes assurées. Petits et grands pourront admirer, perchés entre 2 et 8 mètres, la plaine africaine où les girafes côtoient les gnous et les zèbres. En parallèle au Parc, le Centre d'éducation à l'environnement, l'école Nicolas Hulot, s'inscrit dans une démarche de développement durable en sensibilisant les enfants, les jeunes et les adultes valides ou handicapés au respect de la biodiversité. Tous les renseignements sont sur le site web.

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