Guide de la Jamaïque : Les personnalités célèbres : Jamaïque

Chris Blackwell

C'est à ce producteur audacieux que l'on doit de connaître Jimmy Cliff. C'est lui, aussi, qui a fait connaître internationalement Bob Marley. Né à Londres d'un père irlandais et d'une mère jamaïcaine, élevé dans le milieu privilégié des riches jamaïcains, le turbulent Chris Blackwell exerça ses talents dans de nombreuses activités, de secrétaire de gouverneur à moniteur de ski nautique, avant de s'engager dans la musique et de fonder le label Island, d'abord sur l'île puis à Londres en 1962, dont les plus beaux fleurons sont aujourd'hui Bob Marley, UB40, Jimmy Cliff... L'homme d'affaires a, peu à peu, supplanté le producteur et, si la musique reste son premier grand amour, Chris Blackwell a aujourd'hui diversifié les activités de l'empire Island, notamment dans la communication et l'immobilier avec de grands projets dans la région de Oracabessa, des hôtels de luxe dans l'île (Strawberry Hill ou Caves) mais aussi en Floride et aux Bahamas, et des incursions dans le domaine industriel (textile, production du Rhum Blackwell). En 2009, le magazine anglais Music Week l'a nommé " homme le plus influent dans la musique britannique de ces 50 dernières années ".

Louise Bennett Coverley

Miss Lou (1919-2006) est incontestablement une icône de la littérature jamaïcaine. De caractère bien trempé, cette grande dame s'était fait une spécialité de la langue traditionnelle de l'île, le patois. Poètesse, dramaturge, conteuse, son talent est reconnu internationalement. Elle a largement contribué à redonner ses lettres de noblesse à la langue jamaïcaine en publiant de nombreux ouvrages en patois, et a été à plusieurs reprises décorée par le gouvernement pour sa contribution à la conservation de l'héritage culturel. Décédée en 2006, ses funérailles ont été l'occasion d'un hommage national. Plusieurs espaces culturels portent aujourd'hui son nom.

Usain Bolt

" Lightning ", " l'Extraterrestre "... les surnoms sont évocateurs pour qualifier cet athlète, nouvelle idole de l'île, devenu légende vivante. Ses extraordinaires performances lors des épreuves de sprint court (100m et 200m) en ont fait l'homme le plus rapide du monde dans les deux disciplines. Aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, Usain Bolt est doublement médaillé d'or en battant successivement les records mondiaux dans les deux disciplines. Un an plus tard, aux mondiaux de Berlin, il améliore encore ses temps pour établir des records à 9'58 pour le 100 m et 19'19 pour le 200 m. Laissant impuissants ses concurrents et notamment son compatriote Asafa Powell et l'Américain Tyson Gay, il est devenu un phénomène sur les pistes du monde entier, affichant toujours une décontraction et un naturel déroutants. En août 2012, lors des jeux olympiques de Londres, il décroche à nouveau l'or sur 100 m (9'63) et sur 200 m (19'32). Il complète sa performance en raflant également l'or sur le 4x100 m avec ses compatriotes Yohan Blake, Nesta Carter et Michael Frater. L'homme est véritablement entré dans la légende ! Le coureur a même obtenu le titre de diplomate, le Premier ministre jamaïcain récompensant " le charisme du sportif et l'attention qu'il a attiré sur la Jamaïque grâce à ses performances ". Le surdoué est donc devenu le plus jeune diplomate jamaïcain de l'histoire, et le seul à avoir donné son nom à une autoroute de l'île, la Usain Bolt Highway ! Bolt a tiré sa révérence en août 2017 après avoir concouru les championnats du Monde de Londres. Le triple champion du monde est désormais très attendu dans le business. Lors de votre séjour, vous pourrez toujours aller boire un verre ou dîner dans l'un de ses bar-restaurants Tracks and records à Kingston ou Ocho Rios.

Perry Henzel

On lui doit le film culte The Harder They Come (1972) qui a contribué à lancer internationalement le reggae et fait connaître Jimmy Cliff. Ivan Martin, le chanteur naïf venu de la campagne pour faire une carrière musicale, va se laisser corrompre par la ville et ses maléfices ; il renoncera à sa quête de célébrité pour devenir un hors-la-loi faisant l'objet d'un avis de recherche. Jimmy Cliff incarne ce personnage dont l'histoire - avant la chute - est proche de la sienne, à tel point qu'il dira : " C'est en quelque sorte ma biographie. Une grande partie de ce qu'on y voit, c'est mon histoire, venant de la campagne, ignorant les dures lois de la ville. J'ai toujours su ce que je voulais faire. Je ne voulais pas être médecin comme le souhaitait mon père. J'aimais le public. " Le film raconte les débuts tortueux de l'industrie musicale dans l'île et dit toute la pression du ghetto sur l'individu opprimé au quotidien, avec des techniques inspirées de la nouvelle vague. L'histoire d'Ivan a fait le tour du monde et la bande musicale a immortalisé les hits de Jimmy, The Harder They Come, Many Rivers To Cross, You Can Get It If You Really Want et Sitting In Limbo, propulsant le reggae du statut de musique locale insulaire à celui d'hymne des opprimés du monde entier. Perry Henzel a non seulement écrit, mais réalisé et produit The Harder They Come, un film au ton et à la forme totalement nouveaux. Il en a aussi assuré la commercialisation et la promotion internationale dans trente pays. Cette aventure qui a occupé plus d'une dizaine d'années de sa vie est une grande histoire d'amour et sa seule incursion dans le domaine du long-métrage. Son second film, No Place Like Home, un film musical sur Marcus Garvey, longtemps inachevé, est finalement sorti en 2006 et présenté au festival international du film de Toronto. Perry s'est converti à l'écriture romanesque, auteur notamment de Power Game, un thriller politique dont l'intrigue brosse un tableau plus vrai que nature de la Jamaïque moderne où toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé n'est pas fortuite. Parmi ses romans, citons aussi Darker Chapter et Cane. Perry Henzel est décédé le 14 décembre 2006 dans son village du nord de l'île. Sa femme Sally vit toujours en Jamaïque, à Treasure Beach, où elle possède un hôtel magnifique qu'elle gère avec son fils.

Linton Kwesi Johnson (LKJ)

Né en Jamaïque en 1952, Linton se voit doté d'un second prénom ashanti " Kwesi ", donné aux garçons nés un dimanche. En 1963, il part rejoindre ses parents qui ont émigré à Londres, et très tôt devient militant politique : il adhère au mouvement des Black Panthers, très engagés dans la défense de la cause noire. Alors qu'il étudie la sociologie, il sort son premier recueil de poèmes en 1974, Voices of the Living and the Dead, tandis que le label Island publie son premier album de dub poetry quatre ans plus tard, Dread Beat An' Blood, et sort deux ans après le fameux Forces of Victory, opus qui aura le plus de succès commercial. Il se distingue pour ses idées politiques en parlant des thèmes qui lui sont chers : l'oppression policière et les conditions de vie des Noirs en Angleterre et s'exprime en créole jamaïcain dans ses poésies.

Grace Jones

Grace Jones est une chanteuse, auteur, compositeur, actrice et mannequin jamaïcaine née en 1948 à Spanish Town. Fille d'un prédicateur d'une église apostolique et de la fille d'un musicien de Nat King Cole, elle grandit dans une famille nombreuse et a un frère jumeau. Ses parents partent vivre aux Etats-Unis, et la fratrie est élevée par les grands-parents avant de rejoindre les parents en 1965 à New York. Elle a 12 ans, mais à l'adolescence, elle se rebelle contre son éducation religieuse, et elle est son frère (qui est gay) sont interdits de chants à l'église. Elle se met au théâtre mais fait rapidement ses valises pour Paris où elle débarque à 18 ans en 1970. Elle débute alors une carrière de mannequin et fait les couvertures des magazines Elle, Vogue et Stern et rencontre des grands couturiers comme Issey Miyake et Kenzo Takada qui vont lui faire un nom. Elle se distingue par sa grande taille, son style androgyne, sa coiffure en brosse et son excentricité en phase avec les codes vestimentaires des années 1980. Mais la charismatique Grace Jones n'est pas seulement belle, elle sait chanter et a le sens des affaires. Elle signe avec Island Records une série d'albums dans la vague disco très en vogue à cette époque, avant de s'orienter vers un mix de New Wave et de reggae, notamment l'album Warm Leatherette produit par Chris Blackwell. Après quelques rôles d'actrice dans Conan le Destructeur et le James Bond Dangereusement Vôtre, elle décide de ne plus s'investir dans le cinéma, et affiche un certain silence radio. En 2008, elle sort un 10e album après 19 années de silence, Hurricane, qu'elle joue en tournée avec son fils Paulo Goude, qu'elle a eu en 1979 avec le photographe Jean-Paul Goude. Pour en savoir plus sur la légendaire Grace, sachez qu'elle a sorti son autobiographie en 2016, intitulée Je n'écrirai jamais mes mémoires.

Edna Manley

Edna Swithenbank est née à Bournemouth en Angleterre le 1er mars 1900. Elle est le cinquième enfant de Harvey Swithenbank, un pasteur wesleyen, et de son épouse jamaïcaine, Ellie Shearer. Son enfance et son adolescence se déroulent en Angleterre où elle développe une extraordinaire amitié avec son cousin jamaïcain, Norman Manley, venu poursuivre ses études de droit à Oxford. Elle l'épouse en 1921 et ils rentrent en Jamaïque après la naissance de leur premier fils en 1922. Amateur d'art, Norman Manley va jouer un rôle essentiel dans la vie artistique jamaïcaine dont sa femme est pendant plus de 60 ans le personnage clé. Il encourage très tôt sa vocation créatrice et, de son côté, elle soutient efficacement l'action politique de son mari tout au long de sa carrière. Son arrivée en Jamaïque stimule sa créativité et elle produit de nombreuses sculptures dont The Beadseller, une statue de bronze à la structure d'inspiration cubiste. Sa première exposition collective a lieu en Angleterre en 1924, et sa première exposition solo en 1936 avec une première à Kingston. L'Institut de Jamaïque y achète Negro Aroused, qui sera la première pièce de la première exposition artistique permanente dans le pays. En divers endroits de l'île, on peut admirer ses oeuvres, notamment à Kingston et à Morant Bay. Décédée en 1987, elle est enterrée auprès de son mari dans le parc des Héros nationaux.

Butch Stewart

Cet homme d'affaires talentueux est connu dans le monde entier pour ses coups de maître, ses audaces commerciales et sa réussite exceptionnelle. Né à Kingston en 1941, Gordon " Butch " Stewart a été élevé sur la côte Nord de l'île, dans une propriété familiale qui fait aujourd'hui partie du complexe Sandals d'Ocho Rios. Après des études en Grande-Bretagne, il revient travailler dans son île natale. En 1968, il crée ATL, Appliance Traders Limited, qui distribue des conditionneurs d'air. La société va connaître une croissance exponentielle. Aujourd'hui, le groupe est le plus important du pays et compte une vingtaine de sociétés. En 1981, il se lance dans le tourisme sans rien y connaître, rachetant un hôtel en piteux état à Montego Bay, futur premier maillon de la chaîne Sandals qui compte aujourd'hui dix complexes où règne la formule du tout compris réservée aux couples. Il a lancé en 1993 le Jamaica Observer, un journal bihebdomadaire, a introduit de nombreuses marques étrangères dans le pays, notamment les automobiles Peugeot, et représente d'innombrables sociétés étrangères. Le rachat de la compagnie aérienne nationale Air Jamaica (rachetée par Caribbean Airlines en 2011) a compté au nombre de ses derniers succès. Fort de ses réussites et honoré par de nombreuses instances jamaïcaines et internationales, Butch Stewart contribue largement au développement social de l'île au travers d'organisations dédiées à la santé, aux enfants, à l'éducation...

Portia Simpson-Miller

Femme politique, leader du Parti national du peuple jamaïcain (PNP), sa désignation comme Premier ministre de la Jamaïque (2006-2007 / 2012-2016) en a fait la première femme à accéder à la direction du pays. Elle a remplacé P.-J. Patterson, devenant la troisième femme chef de gouvernement dans les Antilles anglophones, après Eugenia Charles de la Dominique et Janet Jagan de Guyana. Elle a pourtant été battue par Bruce Golding (JLP) aux élections de 2007. Elle a à nouveau été élue Premier ministre le 5 janvier 2012. Elle est à la manoeuvre depuis le début de son mandat pour faire sortir la Jamaïque du Commonwealth et supprimer sa dépendance à la couronne britannique, et transformer ainsi le pays en République. Portia Simpson-Miller a marqué des points auprès de l'opinion publique en obtenant une rencontre diplomatique avec Barack Obama, très populaire auprès des habitants de l'île, en visite à Kingston en avril 2015. La venue d'un Président américain sur le sol jamaïcain ne s'était pas produite depuis la visite de Ronald Reagan tente ans plus tôt ! Tous les Jamaïcains ont suivi ses déplacements en direct sur tous les téléviseurs de l'île.

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