Guide de La Réunion : Survol de l'île

Cascade du cirque de Salazie
Cascade du cirque de Salazie

Née d'un mariage brutal entre la mer et le feu, il y a 3 millions d'années, l'île de La Réunion ne correspond pas au cliché du paradis tropical. On y trouve bien des plages, des cocotiers, des lagons et du soleil toute l'année, mais la force de son caractère réside surtout dans ses " Hauts ", ses montagnes sauvages, ses pitons démesurés. Les " Hauts " désignent tout ce qui n'est pas sur le littoral, les " Bas ". Les créoles aiment y construire leurs cases, car il y fait toujours plus frais. L'hiver y est froid (il y gèle même parfois). Cette île, volcan planté dans l'océan, offre des centaines de kilomètres de randonnée  : de la balade d'une heure le long d'une rivière, au trekking de plusieurs jours dans la forêt primaire. Tout un archipel de diversité s'exprime dans ce curieux département français, ancré à l'autre bout du monde. Certains disent même que ses paysages et ses peuples reflètent la terre entière. Lors de sa conquête il y a 350 ans, l'île était inhabitée. Depuis, elle s'est enrichie de populations africaines, indonésiennes, indiennes, chinoises, européennes, malgaches... Une multiplicité de visages et de couleurs qui lui confèrent un métissage riche et unique.
Autant d'ethnies, autant de fêtes célébrées  : les marches "  sur le feu  " (sur les braises) des Tamouls, la commémoration de l'abolition de l'esclavage le 20 décembre aussi appelée fête cafre, le nouvel an chinois et ses pétards, le ramadan aux saveurs indiennes et le 14 Juillet résonnant d'accordéons, de percussions ou de guitares...
La Réunion est unique par sa diversité, et il faut savoir l'apprécier en évitant de la comparer avec sa voisine, l'île Maurice. Ici, on vous traitera comme un cousin de métropole venu en visite et pas comme un touriste. Vous êtes chez vous, dans votre pays. Vous passerez d'agréables soirées à taper le carton en créolo-français et en sirotant un rhum arrangé après la dégustation d'un cari. Vous vous prélasserez sous la varangue d'une case créole à regarder le ciel étoilé, respirant les multiples effluves qui embaument les nuits tropicales... L'intensité des paysages, des regards et des sensations ainsi que les saveurs d'une cuisine qui mêle une multitude de goûts et de parfums différents ne vous laisseront pas indifférent.
Faire le tour de La Réunion par la route côtière, en vous offrant le luxe de prendre un bain au passage, ne vous prendra guère plus de 6h de voiture. Facile. Il faut en revanche des jours, voire des semaines, pour explorer les cirques et les canyons de l'île, franchir ses remparts vertigineux, plonger dans ses bassins d'eau fraîche arrosés de cascades, découvrir ses cases créoles traditionnelles. Ou encore explorer le volcan, que vous découvrirez avec un peu de chance en période éruptive. Le mariage de l'eau et du feu quand la lave rencontre l'océan est un spectacle inoubliable. L'île se parcourt " du battant des lames au sommet des montagnes ", comme le veut une vieille expression, héritée de l'époque coloniale de la Compagnie des Indes. Belle et grandiose, La Réunion est une île dont l'âme se cache au flanc des sommets.

Géographie

Situation. La Réunion, qui compose avec les îles Maurice et Rodrigues l'archipel des Mascareignes, est située au sud-ouest de l'océan Indien, à 200 km au nord du tropique du Capricorne. La France métropolitaine se trouve à quelque 9 000 km. A peu près ovale, l'île mesure environ 70 km de long sur 50 km de large, soit 217 km de circonférence et 2 512 km² de superficie.

L'archipel des Mascareignes est relativement isolé  : à l'ouest, Madagascar se trouve à 680  km et les côtes africaines à 1 700 km ; au nord, les Seychelles sont à 1 800 km et l'Inde à 4 000 km ; à l'est, aucune terre à l'horizon sur 6 000 km, jusqu'à l'Australie ; tandis qu'à 3 000 km au sud se profilent timidement quelques possessions françaises méconnues, les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) : les îles Crozet, Kerguelen et Amsterdam. Habitées uniquement par quelques scientifiques, leur siège administratif est à La Réunion.

Les trois îles des Mascareignes sont également assez éloignées entre elles : Maurice se trouve à 180 km au nord-est de la Réunion et Rodrigues à 800 km à l'est. La Réunion est la plus vaste île de l'archipel mais compte seulement 843 617 habitants contre 1 200 000 sur 1 865 km² à Maurice. En effet, la Réunion est aussi la plus montagneuse, Maurice et Rodrigues, beaucoup plus plates car plus anciennes, lui jalousent son relief sculpté de pitons vertigineux, dont le sommet le plus élevé culmine à 3 070 mètres (le Piton des Neiges). Le point culminant de Maurice n'atteint que 828 m d'altitude ; quant à Rodrigues, il s'agit d'une petite île de seulement 110 km², avec 38 000 habitants et un sommet haut d'à peine 398 m. La Réunion, comme ses voisines de l'archipel, reste une île à forte densité de population, proche de celle du Japon soit 334 habitants par km² et bien plus encore sur le littoral, très urbanisé. Il s'agit enfin du DROM (Département et Région Outre-Mer) le plus peuplé, et de loin.

Géologie. La Réunion est une île tropicale, montagneuse et volcanique. Son relief est surprenant, audacieux et d'une diversité phénoménale : émergée de l'océan il y a 3 millions d'années contre 5 pour Maurice, la plus jeune des Mascareignes a été très peu limée, polie, adoucie par l'érosion. Brute de décoffrage, l'île est née de la projection de magma de ses deux volcans : d'abord le Piton des Neiges, endormi depuis 12 000 ans, puis le Piton de la Fournaise, émergé il y a 500 000 ans et aujourd'hui un des volcans les plus actifs du monde. Si les étendues arides de lave séchée tapissent les pentes de la Fournaise, où ne pousse qu'une végétation chétive, la nature est exubérante sur le reste de l'île.

Dans quelques millions d'années, La Réunion ressemblera sans doute à Maurice, plate et entourée de lagons. Pour l'instant, seuls quelques kilomètres de barrière corallienne se sont formés, abritant de superbes lagons et de belles plages dans l'Ouest et le Sud, tandis que 90 % des côtes sont faites de galets ou de falaises déchiquetées par la puissante houle de l'océan Indien. Encore quelques millions d'années pour avoir des plages plus belles encore et des montagnes moins hautes. Jusqu'à ce qu'un jour, le jardin d'Eden finisse par s'en aller comme il est venu, disparaissant à nouveau au fond de l'océan...

Relief. La Réunion est dominée par deux sommets, le Piton des Neiges (3 070 m) et le Piton de la Fournaise (2 632 m). Le sommet de l'île, si le cône était parfait, dépasserait les 5 000 m d'altitude. Mais il y a 1 000 000 d'années, les chambres magmatiques du Piton des Neiges se sont effondrées, pour former trois gigantesques cuvettes, les somptueux cirques de Cilaos, Mafate et Salazie. Formant un trèfle de 20 km de largeur et de 1 500 m de profondeur en moyenne, ces monumentales crevasses accusées de gorges et de pitons sont enclavées par des remparts abrupts de près d'un kilomètre de haut, protégeant un monde isolé de l'agitation du littoral, hors de l'espace et du temps. Ils forment le coeur du Parc National et sont inscrits au Patrimoine de l'Humanité.

Le fond des cirques, au relief chaotique, acéré et très vertical, varie entre 500 m et 1 500 m d'altitude. Creusés par des milliers d'années de précipitations, les cirques sont tailladés de nervures dans lesquelles ravines et cascades percent la roche basaltique. Dans chacun des trois cirques, une seule rivière concentre l'écoulement des eaux : la rivière du Mât pour Salazie, le bras de Cilaos pour Cilaos, et la rivière des Galets pour Mafate, chacune serpentant dans des gorges monumentales. En bas de ces trois rivières, des plaines littorales se sont formées avec les dépôts alluvionnaires  : celles de Saint-Louis, Le Port et Saint-André. Comparable à un torrent de montagne en hiver (austral), la rivière des Galets peut par exemple atteindre le débit du Rhône en période cyclonique ! Elle a d'ailleurs longtemps menacé la ville du Port, nécessitant d'énormes travaux d'endiguement pour sécuriser son écoulement.

De l'autre côté, les Hauts descendent au contraire en pente régulière de 8 % à 9 % jusqu'à la côte. Ils n'en sont pas moins nervurés de profondes ravines, toutefois moins abruptes que les gorges des rivières qui coulent des cirques. Pour les franchir, il a fallu construire des milliers de ponts souvent impressionnants ainsi qu'une infinité de radiers et de gués. Aujourd'hui comme hier, l'érosion suit son cours. En témoignent les éboulis qui bien souvent coupent les routes, quand ce n'est pas un village entier englouti par une montagne qui s'effondre, comme c'est arrivé dans les années 1960 sans faire heureusement de victimes.

Climat
Plage de La Saline-les-Bains.
Plage de La Saline-les-Bains.

Bien que La Réunion soit sous les tropiques, le climat n'y est pas forcément tropical. Tout dépend de quelle région on parle. Chaque zone possède son propre climat, sa propre végétation et ses particularités géographiques. La magie de l'île, c'est aussi cette quantité invraisemblable de microclimats  : plusieurs centaines d'après les spécialistes ! Climat de montagne vers le Dimitile, climat tropical chaud et sec vers Saint-Gilles, climat tropical chaud et humide vers Saint-André, tempéré et frais dans les cirques. Ici, la végétation est desséchée par le soleil, tandis que là, les fleurs poussent abondamment sous la pluie. Les alizés d'est et de sud-est arrosent beaucoup plus la côte Est, dénommée "  côte au vent  ", que la côte Ouest, dite " sous le vent  ". Car celle-ci est bien protégée par les montagnes les plus hautes de l'océan Indien. Si hautes, qu'il neige même parfois sur le piton des Neiges (rarement, il est vrai), alors qu'au même moment, à Boucan-Canot, on se baigne dans une eau à 27 °C ! Les variations sont parfois encore plus localisées. L'est de Saint-Denis est par exemple bien plus humide que l'ouest : sa Bretagne et sa rivière des Pluies portent bien leur nom.

Les records de températures témoignent de ces contradictions climatiques : il a fait 36,9 °C au Port en mars 2004, alors qu'en septembre 1975, au pas de Bellecombe (2 500 m), le thermomètre est descendu à -5 °C.
Le temps de La Réunion change en outre très vite, les nuages des Hauts venant souvent couvrir les Bas en fin de journée. En à peine un quart d'heure, il arrive même que les hauteurs passent du plein soleil au brouillard, avant de se retrouver sous un déluge d'eau. Il faut donc être prudent et vérifier les prévisions météo avant d'entreprendre une randonnée en montagne ou une sortie en mer.

Vous pourrez séjourner sur le littoral, chaud et humide, où vous jouirez d'un agréable 20 °C à 30 °C ventilé par les alizés, ou monter dans les Hauts pour plus de fraîcheur, la température baissant en gros de 8 °C tous les 1 000 m. Dès le XIXe siècle, les bourgeois possédaient d'ailleurs leur résidence secondaire en altitude (le fameux " changement d'air ") pour échapper aux miasmes et à la promiscuité étouffante des Bas.

Le climat de l'île, sain, a toujours été prisé pour ses bienfaits. Dès le XVIIe siècle, on en vantait les vertus  : " L'air est si bon que depuis vingt ans que cette île est habitée, aucun de ses habitants n'y est mort, ni tombé malade ", Jacques Ruelle, 1667. " L'air n'est nulle part ailleurs aussi tempéré et aussi sain que dans cette île. ", Abbé Carré, 1667.

Quand venir à La Réunion ? La meilleure période pour venir à La Réunion s'étend d'avril à novembre, la saison sèche. La température de l'air tourne alors autour de 27 °C sur le littoral, le beau temps règne, et le climat est idéal, agréable, ventilé par le souffle léger des alizés. Les soirées sont toutefois fraîches (prévoir une petite laine).

En saison humide, de décembre à mars, la température grimpe à 30 °C avec des pointes à 35 °C dans certaines régions comme au Port, la ville la plus chaude de l'île. Si ses chaleurs peuvent être pesantes, n'oubliez pas que l'été austral demeure toutefois le meilleur moment pour échapper au froid hivernal de la métropole ! Et puis, en cas de canicule, on peut toujours s'échapper dans les Hauts pour davantage de fraîcheur . Par contre, comme son nom l'indique, n'oubliez pas non plus que la saison humide se caractérise également par des pluies plus fréquentes, ce qui compromet parfois les randos et les sorties en montagne.

À noter : en période de vacances scolaires de La Réunion (qui correspondent souvent à celles de métropole), les vols et les hôtels sont remplis par les Réunionnais comme les Zoreilles, et donc plus chers  ! Mieux vaut donc éviter de voyager de mi-décembre à fin janvier et de mi-juillet à mi-août.

Les cyclones. La Réunion se trouve sur la trajectoire des grands cyclones de l'océan Indien. La saison des coups d'vent s'étend de novembre à mars : l'île est frappée par un épisode cyclonique par an en moyenne, parfois aucun, d'autres fois plusieurs. Depuis 1960, pour marquer le coup, chaque cyclone a droit à son petit nom : on se souvient notamment de Gisèle, Denise, Hermine, Hyacinthe, Clotilda, Firinga, Dina et Gamède, qui ont tout particulièrement fait des malheurs au cours des 25 dernières années. Le dernier en date, Bejisa, est passé sur la côte ouest de l'île le 2 janvier 2014. Bilan : un mort, le port de Saint-Gilles est dévasté et les cultures de canne à Piton-Saint-Leu sont partiellement détruites.

Plus ou moins violentes, les nombreuses tempêtes et dépressions qui harcèlent l'été austral, lourd et moite, saturé d'humidité, sont considérées comme des cyclones dès lors que la force de leurs vents dépasse les 117 km/h. On parle de " cyclone tropical intense " à partir de 166 km/h et de " cyclone tropical très intense " au-delà de 213 km/h. Autant de rafales foudroyantes qui, pouvant souffler à plus de 300 km/h, sont invariablement accompagnées de pluies diluviennes : il peut tomber jusqu'à 2 200 millimètres d'eau en 24h.

Le baromètre chute, la houle se déchaîne, tout le monde s'enferme chez soi après avoir pris, dès la première alerte, les supermarchés d'assaut pour faire le plein de provisions. Si, grâce à la qualité des prévisions météo et des infrastructures actuelles, les coups d'vent font désormais très peu de victimes, ils occasionnent souvent des dégâts matériels et naturels considérables : coupures de courant, inondations, dégradation des routes, destruction de bâtiments, ponts et forêts... Début 2018, le passage de Kafir et de forts épisodes pluvieux ont ainsi mis à mal de nombreux sites obligeant les maires à fermer plusieurs établissements. Ces tempêtes rappellent aussi aux habitants que la forte bétonisation ne fait qu'aggraver les conséquences de tels phénomènes.

Passera, passera pas ? Telle est la question, le sempiternel refrain de l'été (austral), bien connu des Réunionnais. Car la trajectoire d'un cyclone est prévisible mais seulement sur 24 ou 48 heures, avec de grandes marges d'erreur et est susceptible de changer, pour le meilleur ou pour le pire, jusqu'au dernier moment. Mais pas de panique : Météo France surveille de près et déclenche des alertes selon l'évolution de la perturbation. Le premier niveau est la préalerte cyclonique, signifiant la présence d'un phénomène dans la région. Puis l'alerte orange, plus sérieuse, avertit d'un risque dans les 24h : les écoles sont fermées mais les entreprises encore ouvertes ; tout le monde est cependant sur le pied de guerre pour élaguer, attacher, ranger, sécuriser... Puis l'alerte rouge est déclenchée, avec un préavis de 3h : chacun se calfeutre chez soi et toute sortie est alors prohibée et sanctionnée d'une amende de 135 €. Enfin, une fois le cyclone parti, c'est le passage en phase de sauvegarde... Ou le retour à l'alerte orange, car il peut revenir ! Certains cyclones ont ainsi tournicoté autour de l'île plus d'une semaine avant de se dissiper ou de s'éloigner. Après le cyclone, les dangers sont encore nombreux, routes coupées, ravines qui débordent, houle furieuse, etc. Enfin, toute l'année, d'autres alertes peuvent être décidées par la préfecture : avis de forte houle, vent fort, fortes pluies... Si vous voyagez en saison cyclonique (de novembre à février), pensez donc à bien vous tenir au courant des prévisions.

Quelques cyclones ayant marqué l’île au XXe siècle

Mars 1904 et mai 1919 : d'importants cyclones qui marquèrent les esprits, mais pas encore les statistiques, les dégâts n'ayant pas été recensés.

Février 1932, janvier 1948, février 1962, janvier 1966... Autant de périodes noires marquées par quelques-uns des nombreux cyclones qui ont touché La Réunion au fil du siècle, dont certains meurtriers. Les vents peuvent aller jusqu'à 250 km/h, causant de nombreux dégâts. Les pluies sont elles aussi catastrophiques : pendant un coup d'vent, il tombe parfois jusqu'à 1 825 mm d'eau en 24h !

Janvier 1989 : le cyclone Firinga marque fortement les esprits. Si la modernité sauve de nombreuses vies (" seules " quatre victimes sont emportées par les vents et les eaux), les dégâts matériels et naturels sont considérables. Des forêts entières sont abattues ; on compte plus d'un mètre d'eau dans certaines villes. Le hangar d'un aéroclub éclate, sept avions sont détruits.

De janvier 1993 à 2002 : les cyclones Colina, Hollanda et Dina passent sur l'île, avec des vents à plus de 200 km/h. Ils laissent derrière eux deux morts et de lourds dégâts.

En février 2007, Gamède cause à son tour des dégâts impressionnants. 80 000 foyers sont privés d'eau et d'électricité pendant quelques jours. Le pont qui relie Saint-Pierre et Saint-Louis s'effondre sous le coup des vents et de la crue de la rivière Saint-Etienne. Le littoral sud est coupé des Bas de l'ouest pendant plus de deux mois, le temps de construire un radier temporaire, puis un nouveau pont, ouvert en 2013.

Environnement – écologie
Une des nombreuses cascades faisant la beauté de la Réunion.
Une des nombreuses cascades faisant la beauté de la Réunion.

Globalement, la conscience écologique suit celle de la métropole, selon le même processus et les mêmes étapes, avec des spécificités locales. Comme en économie, la Réunion rattrape son retard à grande vitesse, en partant de plus loin mais en allant plus vite. En seulement deux générations, la Réunion est passée du tiers-monde à une économie de pays riche. En un rien de temps, l'automobile et les supermarchés ont remplacé la charrette à boeufs et le potager familial, au cours d'une modernisation accélérée et parfois mal contrôlée, tandis que la population a triplé. Pour que l'île reste vivable pour les générations suivantes, il faut désormais passer au bio, recyclage, énergies renouvelables, protection des espèces et des espaces naturels. Et comme en économie avec la misère qui persiste, en matière d'écologie les enjeux sont énormes et les retards nombreux.

Le Réunionnais moyen se préoccupe autant de son cadre de vie que le Français moyen... dans toute sa diversité. On retrouve chez une partie de la population une désinvolture et un incivisme déconcertants, qui balance sa canette par la fenêtre en voiture ou des batteries usagées en pleine nature en mode " pa la ek sa " (rien à f...). Tandis qu'une autre partie de la population trie consciencieusement ses déchets, laisse les aires de pique-nique aussi propres qu'en y arrivant et garde ses déchets précieusement dans son sac à dos en attendant de les jeter dans une poubelle du littoral.

Il y a de tout, et pourtant le visiteur constatera inévitablement les dépôts d'ordures sauvages omniprésents en ville comme en pleine nature, les rues jonchées de canettes et plastiques, les poubelles éventrées par les chiens errants et les rats, les épaves de voitures balancées dans les ravines, sans oublier les maisons en ruines, les équipements publics délabrés et les tags partout, sur les murs, les panneaux routiers et même les arbres ! Ceux qui rêvaient de plages immaculées, de forêts vierges et d'une vie en harmonie avec la Nature seront plutôt déçus.

Un tableau malheureusement peu reluisant mais toutefois très variable d'un endroit à un autre. Les centres-villes et les quartiers huppés sont relativement épargnés, mais jamais vraiment propres, tandis que les quartiers défavorisés (Le Port, Saint-Louis, le Chaudron...) font parfois carrément penser au tiers-monde. A l'inverse, les cirques de Cilaos et Salazie sont si impeccables, qu'avec leurs lumières alpines et leurs chalets de bois on se croirait presque en Suisse... Les Hauts bucoliques semblent préservés car peu urbanisés, et la plupart des sites naturels sont entretenus, notamment par les " emplois verts ". D'autres sont infects car complètement à l'abandon. Le contraste entre la beauté naturelle de l'île et les monceaux de détritus accumulés en strates sur plusieurs décennies saisit parfois le touriste d'une impression de dégoût et de gâchis bien compréhensible.

Bien qu'entretenues, les plages des régions balnéaires ne sont pas épargnées par les mégots, capsules et bris de verre : attention aux pieds des bambins. En 2016, une action de sensibilisation a dénombré en moyenne 7,5 mégots par m² sur la plage de l'Ermitage ! Ce n'est rien à côté de certaines zones littorales, véritables décharges à ciel ouvert où sont bazardés frigos et carcasses de véhicules dans une indifférence qui laisse pantois. Ces déchets sont devenus tellement banals dans le paysage que des dizaines de promeneurs sont passés des jours durant devant un morceau du MH370 sans s'en apercevoir !

Du côté des pouvoirs publics, ils sont à l'image de la population : dans toute leur diversité. On constate une prise de conscience évidente et inéluctable de l'importance de l'environnement, ainsi que des manquements criants en particulier dès que le facteur économique est en jeu. Une Réserve marine a été créée en 2007 pour protéger le lagon, la même année que le Parc national de La Réunion, englobant le coeur de l'île et préservant ainsi 40 % du territoire. Qui plus est, avec l'inscription en 2010 d'une partie de l'île au Patrimoine de l'Humanité, un nouvel engouement politique et populaire semble avoir pris naissance autour du patrimoine naturel de l'île, désormais " officiellement " précieux. L'argument économique est aussi à double tranchant, car l'écologie coûte de l'argent mais en rapporte aussi par le tourisme. Protéger la nature, la mettre en valeur, c'est aussi protéger un secteur fortement créateur d'emplois et de richesses. Il ne faut pas négliger aussi l'impact des réglementations européennes, qui ont force de loi à la Réunion comme partout en France, et apportent des progrès aussi indéniables qu'indispensables dans divers domaines : normes d'émissions polluantes, contrôles phyto-sanitaires, fiscalité écologique...

Malgré cela, la réalité économique fait encore penser aux grandes heures productivistes des 30 glorieuses, avec une mono-culture de la canne à sucre nourrie aux pesticides, une politique du tout-voiture ne laissant que peu de place aux piétons et vélos, tout comme aux transports en commun puisqu'un ambitieux projet de tram-train a été abandonné en 2010 au profit d'une autoroute à 2x3 fois en pleine mer. Quant à l'énergie, malgré une communication enjôleuse sur le renouvelable, c'est une centrale au fioul lourd qui a été inaugurée en 2013.

Principaux enjeux. La problématique la plus visible est sans doute la question des déchets. En premier lieu à cause des incivilités certes, mais il faut aussi souligner que les pouvoirs publics sont très en retard, en matière d'installation et de collecte de poubelles, de ramassage des déchets, de tri des ordures, de filières de recyclage, de traitements des eaux et... d'éducation du public. Les centres d'enfouissement sont pleins, les déchetteries fermées pour cause de saturation, tandis que les poubelles publiques sont rares et débordantes. La tendance est même à les supprimer pour inciter la population à ramener leurs déchets chez eux... ce qui produit exactement l'inverse de l'objectif recherché ! Plusieurs municipalités ont divisé par deux la fréquence de ramassage des ordures ménagères, notamment dans l'ouest, région la plus chaude et la plus touristique de l'île. Ils passent ainsi seulement une fois par semaine. Le problème des déchets reste pourtant crucial, car leur présence favorise le développement des moustiques et représente un risque sanitaire majeur en raison des maladies qu'ils véhiculent : chikungunya, zika, dengue...

Énergies renouvelables. Qui dit environnement, dit aussi énergies renouvelables. Pratiquement un tiers de l'électricité de l'île est produite par la combustion de la bagasse, un résidu de la production de canne à sucre. Une partie est aussi produite par des barrages, des centrales thermiques et les panneaux solaires, qui se sont bien développés ces dernières années sur les toits des entrepôts et les parkings de supermarchés. Quelques éoliennes ont aussi fait leur apparition, avec des pales démontables en cas de cyclone. La Réunion est également un des départements les mieux équipés en chauffe-eau solaires de France... Ce qui semble logique car il y a du soleil, mais pourtant le taux d'équipement reste derrière celui de l'Allemagne ! Bien que la Réunion produisît 100 % de son électricité par le renouvelable dans les années 1980, l'explosion de la consommation a fait que la part du pétrole et du charbon est revenue à la hausse. Néanmoins la Réunion reste une île ayant beaucoup recours au renouvelable, à tel point qu'elle projeta d'y revenir à 100 % dans le cadre d'un vaste projet politique intitulé GERRI. Cet acronyme, qui signifie Green Energy Revolution : Reunion Island, est un programme lancé par l'Etat, la Région et le Département, ayant pour but de faire de la Réunion un modèle écologique en matière de production et consommation d'énergie à l'horizon 2030. Dans ou hors de ce cadre, les projets innovants ne manquent pas : énergie houlomotrice, géothermie... Un beau rêve pour 2030, mais nombre de ces projets restent à l'état de projets, faute de financement ou d'engagement politique. Concrètement, la nouvelle centrale de 210 MW au fioul lourd du Port a été inaugurée en 2013, tandis que GERRI a été dissous, la même année, après des révélations sur des salaires mirobolants et le manque d'actions concrètes.

La surpopulation. Un des principaux enjeux écologiques est la croissance démographique. La population atteindra 1 million d'habitants en 2027 (d'après l'INSEE). Il faudra d'ici 10 ans construire de quoi loger 100 000 habitants de plus et faire circuler au moins 50 000 voitures, tout en préservant l'espace pour l'agriculture et les espaces naturels, et sachant que les logements et les emplois existants sont déjà largement insuffisants. Un véritable casse-tête. La " solution " à court terme, loin d'être idéale, reste l'émigration. Depuis longtemps les jeunes Réunionnais, bien formés, sont encouragés à partir travailler en métropole : près de 200 000 Réunionnais vivraient actuellement en métropole. A long terme, il s'agit essentiellement de densifier l'habitat existant en construisant des bâtiments toujours plus hauts, en évitant le grignotage des terres par les zones résidentielles, et à condition que des transports en commun adaptés soit prévus en même temps. Des projets de réseaux ferrés sont envisagés vers 2025-2030, ainsi que des téléphériques urbains dès 2019.

Visites de productions agroculturelles

Quasiment toutes les productions agricoles et culinaires de la Réunion peuvent faire l'objet d'une visite ! De quoi ramener des souvenirs authentiques et enrichir son savoir.

Visites de vanilleraies : plusieurs producteurs ouvrent leurs portes pour vous faire découvrir les différentes étapes de la fabrication : culture, échaudage, séchage, maturation... Vous en trouverez notamment à Sainte-Rose, Saint-Philippe, Saint-André et à Bras-Panon.

Visite de producteurs locaux : découvrez la production du curcuma ou safran péi à la Plaine-des-Grègues, celle du café Bourbon Pointu, un des plus chers du monde, à Saint-Pierre ou encore la seule plantation de thé de France à Grand Coude...

Visites de fermes pédagogiques : tout sur la culture des variétés tropicales : canne à sucre, bananes, mangues... ces fermes raviront notamment les enfants. Vous en trouverez à Saint-Benoît, la Rivière Saint-Louis...

Visite de distilleries de rhum : une seule usine reste ouverte aux visites : la distillerie de Savanna à Saint-André. Mais la Saga du Rhum à Saint-Louis vaut largement le détour.

Visites de distilleries d'huiles essentielles : la tradition de l'alambic est encore bien vivace à la Réunion, fruit d'une longue histoire, avec un secteur disséminé entre multiples producteurs. Vous trouverez des distilleries le long de la route du Maïdo, dans les Hauts de la Saline, ainsi qu'une coopérative au Tampon. Mais depuis quelques années, elles se font de plus en plus rares.

Parcs nationaux
Faune et flore

Malgré sa jeunesse géologique et son éloignement des continents, La Réunion présente une faune rare, mais surtout une flore très riche et diversifiée. Verte, verte, verte, la végétation exubérante de l'île est principalement due à son climat idéal, généreux en eau et ensoleillement. Vieille de trois petits millions d'années, La Réunion n'arrive pas à la cheville de l'Afrique ou de Madagascar en termes de faune terrestre  : aucun grand mammifère n'y est présent naturellement. Par contre, la flore a bénéficié des apports de ses voisins (Madagascar et l'Afrique du Sud), dont les graines des végétaux se sont frayé un chemin jusqu'à La Réunion au fil des millénaires, grâce aux courants marins, aux vents, ou encore aux oiseaux ; certaines plantes ont même fait le voyage depuis l'Asie du Sud-Est, avec l'aide des alizés. Aussi réunionnaise que les Réunionnais, la nature de l'île réunit les apports de différents continents, et exprime sa diversité par celle de sa géographie  : les différents climats de l'île forment ainsi des écosystèmes variés, dotés d'une faune et flore caractéristiques. Ils se déclinent d'abord suivant l'altitude, en commençant par l'océan et en finissant au sommet des montagnes, avant de se diviser en plusieurs sous-écosystèmes.

Évolution historique. A l'époque des pionniers, la nature réunionnaise n'avait rien à voir avec ce qu'elle est aujourd'hui. Il y a 350 ans, cette île déserte, vierge, avait pour principaux habitants des tortues de terre géantes, des anguilles de six pieds de long, dont les rivières grouillaient, et sans doute aussi des dodos (mais cela n'a jamais été prouvé).

Le littoral comme les montagnes étaient couverts de majestueuses forêts. Mais avec l'homme arrivèrent la déforestation, la chasse des tortues pour la nourriture et les carapaces, et l'extermination de nombreuses espèces, dont probablement le dodo. Mais ce n'est pas tant cette consommation destructrice qui perturbe l'équilibre naturel, que les apports d'éléments inconnus.

Ainsi les rats, arrivés par les navires des premiers explorateurs, causèrent d'immenses dégâts sur la faune et la flore. Alors que l'île n'était pas encore habitée, on avait aussi déjà lâché des cabris et des cochons sauvages, ce qui permit aux premiers colons de trouver des forêts giboyeuses dès leur arrivée.
D'autres espèces furent alors rapidement importées ; vers 1700, les cailles, pintades, lièvres furent lâchés sur l'île, ainsi que le cerf de Java, que l'on chasse toujours de nos jours. Dans la foulée, des dizaines d'espèces d'oiseaux, de rongeurs et de reptiles furent introduites, dont certaines ont déjà disparu. Le canard de rivière, l'oie, la perruche s'acclimatèrent, et même les tortues marines.
Les premières cultures de café, de bananes, de papayes, alors inconnues dans l'île, bouleversèrent le paysage.

Dès le XIXe siècle, alors que les tortues terrestres s'éteignaient, d'autres espèces furent introduites pour l'agriculture. Les champs de canne à sucre couvraient alors une grande partie des plaines littorales. Les forêts furent exploitées jusqu'à 1 500 m d'altitude, et remplacées par des champs de café. Le tangue, la grenouille et le caméléon firent leurs premiers pas sur l'île également. Pendant le même siècle, l'administrateur des Mascareignes Pierre Poivre, botaniste passionné, rapporta des centaines de fleurs, fruits, légumes, épices des quatre coins des colonies françaises, et ouvrit ce qui est aujourd'hui un des plus beaux jardins botaniques au monde... à Maurice.

Les différents écosystèmes

Le milieu océanique : au large de l'île, au-dessus des profondeurs abyssales de l'océan (4 000 m), c'est le domaine des grands prédateurs et des mammifères marins. Marlins, espadons, voiliers, daurades, carangues, requins croissent et permettent aux pêcheurs de s'y donner à coeur joie. Les baleines sont présentes de juillet à octobre, tandis que les dauphins jouent autour des côtes réunionnaises toute l'année. Egalement des tortues, même si elles sont plus nombreuses du côté de Madagascar et des Comores.

Le milieu lagunaire : de faible étendue, le lagon est riche mais fragile. Formé par l'accumulation pendant des millions d'années du squelette d'un petit animal, le polype, le corail forme une barrière au large, protégeant un lagon calme à 27 °C où la vie est exubérante. Plusieurs sites de plongée de toute beauté n'ont rien à envier aux récifs coralliens les plus célèbres du monde. Les poissons tropicaux multicolores habitent les fonds lagunaires et sont nombreux près des passes et le long du tombant.

Les régions littorales : avec une température variant entre 23 °C et 35 °C tout au long de l'année, il se forme deux écosystèmes bien distincts suivant que l'on se trouve sur la côte sous le vent (Ouest) ou la côte au vent (Est). A l'ouest, sec car protégé des montagnes, la plage est couverte de filaos, bien plus présents que les cocotiers. Au sud, ce sont plutôt les vacoas qui investissent les côtes rocheuses. En montant, c'est le territoire des forêts de bois de couleur, mais les activités humaines se consacrent principalement à la culture de la canne à sucre et aux vergers de fruits tropicaux (mangues, bananes, papayes...). De nombreux oiseaux rares habitent ces forêts qui se réduisent de plus en plus. A l'est, elles atteignent 1 200 m d'altitude, à l'ouest environ 800 m.

Les régions de moyenne altitude : au-dessus de cette altitude, les forêts sont plus nombreuses et les cultures plus éparses et plus petites. Les forêts se parent de bois de couleur, de tamarins, de cryptomerias, de palmistes, puis de fougères arborescentes aux différentes teintes vertes, sur un fond de mousses parfois très denses et spongieuses. C'est aussi la région des plantes à parfums  ; le géranium, le vétiver y sont cultivés puis distillés. Là encore, suivant l'exposition aux alizés et l'altitude, la forêt est plus ou moins touffue. Dans les hautes plaines, on y élève des vaches  ; dans les cirques, les pêches, les poires et la vigne y poussent.

La haute montagne : au fur et à mesure que l'on grimpe, la végétation se fait plus chétive. A partir de 2 000 m, les forêts laissent place à des pelouses de montagne, quelques fougères, ajoncs, bruyères. Plus haut, l'univers devient carrément minéral, la roche est à nu... et pas de sapins enneigés à l'horizon.

Les terres volcaniques : le territoire du volcan est principalement encadré par les remparts de l'enclos Fouqué qui délimite la région, vaste d'une centaine de kilomètres carrés, où coulent les laves. Il faut plusieurs dizaines d'années avant que la végétation ne commence à conquérir les coulées desséchées. Ce sont d'abord des lichens qui croissent sur les jeunes laves, constituant ainsi peu à peu des réserves d'humus, qui seront le terreau d'une future forêt. L'eau, la terre et le végétal forment encore un mélange imprécis au début, mais le processus est le même partout, tout dépend ensuite des précipitations. Du côté de Sainte-Rose, le volcan est particulièrement arrosé, tandis que du côté de La Plaine-des-Sables, un paysage désertique domine.

Faune

Les forêts abritent quelques espèces de petits mammifères, comme le tangue. C'est une sorte de hérisson natif de Madagascar. Certains créoles le mangent en cari (il revient d'ailleurs à la mode à une vitesse folle), mais aucun restaurateur (ou presque) ne le sert. La chasse au tangue, légale et illégale, est devenue la plus répandue sur l'île. Braconniers et chasseurs s'arrachent ces petits animaux (les plus prolifiques au monde devant le rat, avec des portées de douze petits en moyenne !) qui valent une petite fortune : le paquet de 3 à 4 tangues se vendrait en effet à environ 50 euros.

Les forêts abritent aussi en semi-liberté du gibier introduit dans l'île par les navigateurs  : lièvres, lapins et cerfs de Java. Et des rats et des souris !

Parmi les autres mammifères présents sur l'île, tous sont domestiqués et ne présentent rien d'exotique  : vaches, porcs, chevaux, chats, chiens. Ces derniers, qui vivent pour la plupart en semi-liberté, sont loin d'être retournés à l'état sauvage, mais connaissent plutôt des crises de délinquance  ! Avant les années 1980, les chiens errants formaient souvent des meutes dangereuses dans les quartiers mal éclairés et agressaient les passants. Mais, après la mort d'un enfant qui choqua l'opinion publique, un système de fourrières et de contraception a été instauré pour réguler ce phénomène. On croise toujours néanmoins de nombreux chiens errants, souvent abandonnés et éclopés, qui courent les routes, éventrent les poubelles ou se réfugient dans les forêts.

Côté reptiles, le soir venu, vous trouverez dans vos chambres un petit lézard transparent, le margouillat de la famille des geckonidés. Il vous accompagnera dans votre sommeil avec son "  clic clic clic  " et mangera les moustiques. Dans les forêts des Hauts entre 300 et 1 000 m d'altitude, vous trouverez un superbe gecko aux couleurs vertes, emblème de La Réunion, marqué de taches rouges sur le dos et la tête. Le caméléon est ici appelé "  l'endormi  ", et a été introduit de Madagascar au XIXe siècle. Il reste peu de ces magnifiques spécimens rouge et vert, regardez attentivement  ! Vous les verrez plus facilement dans les jardins botaniques. C'est une espèce protégée.

Enfin, les insectes. Les moustiques ne véhiculent plus le paludisme depuis plusieurs décennies alors qu'ils ont constitué une forte cause de mortalité au début du XXe siècle. Cependant quelques cas isolés de dengue font épisodiquement leur apparition. Cette maladie virale, comparable à la grippe, donne de fortes fièvres et provoque des douleurs musculaires. Des symptômes proches du chikungunya, éradiqué en 2006, après avoir touché près d'un Réunionnais sur trois.

Par ailleurs, alors que vous trouverez dans les maisons des araignées noires appelées "  babouk  ", lors de vos randonnées vous trouverez sur les chemins de grosses araignées appelées "  bibes  " et souvent colorées de jaune sur leur abdomen (Nephila inaurata). Ces dernières tissent de grandes toiles et ne sont pas dangereuses, vous pouvez vous en approcher pour les admirer ainsi que leur toile.

Une fourmi, qui dépasse un centimètre, s'appelle "  fourmi grand galop  ", endémique et en voie de disparition. Attention au scolopendre ou "  cent pieds  " qui ressemble à un mille-pattes. En effet, la morsure de cet arthropode est très douloureuse.

Le dodo était un gros dindon, très convoité sur l'île Maurice, qui ne pouvait voler et donc facile à chasser. Les hommes l'ont exterminé. Devenu l'emblème de Maurice, on le retrouve sur toutes les bières de la brasserie Bourbon, bien que son existence à La Réunion n'ait jamais été prouvée.

Autre espèce disparue : les aigrettes, oiseaux qui vivaient dans les bassins et dont la chair était bonne à manger. Une pointe et un bassin de l'île portent d'ailleurs aujourd'hui leur nom.

Le paille-en-queue (en créole "  paille-en-cul  ") vit à La Réunion et dans tout l'océan Indien. Il est protégé (la femelle ne pond qu'un seul oeuf par an) et très aimé des pêcheurs car les espadons chassent dans les mêmes eaux qu'eux. Il existe 3 espèces de pailles-en-queue dans le monde, celle qui niche ici est la plus répandue. On la retrouve aussi à Maurice et Rodrigues. Il niche principalement dans les falaises, en bord de mer ou dans les défilés qui mènent aux cirques. Ils sont facilement visibles sur la route du Littoral.

Le papangue, un petit rapace endémique de l'île, domine les cieux, dans les forêts des Hauts en bordure des cirques, jusqu'à 2 850 m d'altitude. Disparu sur l'île Maurice, il resterait environ 200 couples à La Réunion.

Le tuit-tuit a une célèbre histoire à raconter, il annonce la venue de Granmèr Kalle. D'après cette légende, entendre le bruit du tuit-tuit (Coracina newtoni de son nom scientifique) porte malheur, mais cela ne risque pas d'arriver puisque l'espèce est en voie de disparition. Il ne reste que quelques couples de cet oiseau forestier endémique de La Réunion. Il ne survit que dans les plateaux du massif de la Roche Ecrite, dans les plaines des Chicots et d'Affouches.

Vous pourrez aussi croiser le pétrel de Barau ou taillevent, qui rase les flots, et la sterne, qui rôde autour des DCP et des pêcheurs. La poule d'eau, qui vit sur les étangs, est présente aussi dans le reste de l'océan Indien.

Le moutardier, oiseau endémique de Cilaos, en voie de disparition, est protégé.

Le tec-tec, que l'on rencontre le long des sentiers forestiers, l'oiseau-bélier (jaune), l'oiseau-la-vierge (bleu), le cardinal (rouge), le bec-rose, la veuve, le ti-coq... sont d'autres volatiles que l'on peut observer. Enfin, la tourterelle-pays est un mignon petit piaf gris et blanc tout frêle, mais on rencontre aussi en ville le pigeon urbain qui salit nos voitures (le même qu'en métropole).

Enfin, côté volatiles domestiques, signalons les poules, que de nombreux créoles élèvent au fond de leur cour. Dans les Hauts, elles courent encore dans les chemins. Il y a aussi des canards pour faire du magret, très souvent au menu. Pour terminer, quelques élevages d'autruches sont installés dans l'île, et les restaurateurs de Saint-Gilles en proposent parfois sur leur carte.

Faune marine. Au large de La Réunion rôdent les grandes espèces prédatrices, qui font notamment le bonheur des amateurs de pêche au gros  : marlins, thons, espadons, barracudas, daurades coryphènes... et aussi les requins !

La tortue marine, qui pond sur les plages, est de plus en plus rare. Originaire des côtes malgaches, elle a été importée au XIXe siècle. En voie de disparition à La Réunion, elle ne l'est pourtant pas dans le reste de la région (vous en verrez notamment beaucoup à Madagascar et aux Comores). Elle a tout simplement déserté les côtes de l'île. Explication  : la tortue est un animal qui revient pondre sur la plage où elle est née, tout au long de sa vie. Et quand la plage devient éclairée et bruyante à cause des hommes, elle ne vient plus. Ce qui est le cas de la majorité des rares plages réunionnaises, où la tortue n'a plus sa place. Ou presque. On en croise malgré tout encore quelques-unes au-delà de la barrière de corail.

À l'intérieur du lagon, le principal animal présent est, bien entendu, le corail  ! C'est le squelette du petit animal qui se tasse au fur et à mesure des années pour former les barrières de corail. Le lagon est habité par une foule multicolore de poissons tropicaux  : mérous et bagnards, poissons-clowns et poissons-trompettes, balistes arc-en-ciel, et la liste est loin d'être exhaustive. Certains sont sournois, comme la méchante murène qu'il ne faut pas déranger, l'effrayant ptéroïs qui peut vous piquer, ou le poisson-pierre, qui joue de son mimétisme pour qu'on lui marche dessus  ! Les pêcheurs y attraperont poulpes et langoustes qui se cachent dans les creux, mais c'est interdit, et les langoustes sont d'ailleurs de plus en plus rares. Le fond du lagon est également tapissé d'anémones et d'éponges.

Terminons par les animaux vivant en eau douce. Les camarons, crevettes d'eau douce, ainsi que les chevrettes, sont particulièrement appréciés des Réunionnais qui en font aujourd'hui de l'aquaculture. Signalons aussi les bichiques, ces petits alevins qui remontent les rivières et qui sont également attrapés et destinés à être mangés en caris. Enfin, des espèces importées ont été introduites en rivière pour le bonheur des pêcheurs  : truites, carpes et plusieurs variétés de tilapia. Bref, en deux siècles à peine, l'écosystème réunionnais a été profondément transformé tout en préservant un espace originel qui atteint 30 % à La Réunion. Par comparaison, il en reste 1 % à l'île Maurice et presque rien en métropole.

Ce sont surtout les forêts d'altitude, les territoires volcaniques et toutes les zones trop pentues. Mais si ces paysages n'ont pas bougé depuis des millions d'années, la faune endémique, elle, est en passe de disparaître. Outre les espèces animales éteintes que nous citions plus haut, il ne reste aujourd'hui qu'une vingtaine d'espèces endémiques des Mascareignes, dont 17 d'oiseaux, deux de margouillat et deux de chauve-souris. Et encore, elles sont en voie de disparition.

Requins  : sécurité et recommandations

La Réunion compte, depuis le début de la crise requin en 2011, 11 attaques mortelles de requin. En tout, ce sont plus de vingt attaques, mortelles et non mortelles, qui ont été recensées. Les activités touristiques liées à la mer ont vu leur fréquentation chuter depuis cette crise et le débat entre les protagonistes est souvent très houleux.

Suite à l'attaque d'une baigneuse dans la baie de Saint-Paul en juillet 2013, la préfecture a interdit " la pratique de la baignade et des activités de surf ou de bodyboard dans la bande des 300 mètres du littoral du département de La Réunion, sauf dans le lagon et, en dehors du lagon, dans les espaces aménagés et les zones surveillées ". Depuis le 13 février 2015 ont été ajoutées aux espaces autorisés les " zones d'expérimentation opérationnelle ", soit des zones protégées par des drumlines (sortes d'appâts à requins), des filets ou encore des vigies et des dispositifs d'alerte. Il est donc fortement recommandé de se renseigner auprès des postes de maîtres-nageurs-sauveteurs sur les zones autorisées et interdites à la baignade.

Si les attaques ont eu lieu " à toute heure de la journée, par tout type de temps et dans tout type de qualité d'eau (limpide ou turbide) ", rappelle encore la préfecture, il faut éviter les moments propices à un face-à-face avec un squale. Les baignades à la tombée de la nuit, ou très tôt le matin, et dans des eaux troubles, notamment après de fortes pluies, sont à proscrire.

Où se baigner ? Pour les amoureux de la mer, de nombreux spots de baignade s'offrent à vous : les lagons de l'ouest et du sud sont sublimes, et les zones de baignade de l'Etang-Salé et de Boucan-Canot sont aujourd'hui aménagées par des dispositifs de sécurité en fonction de l'état de la mer et de leur entretien. A noter : le bassin de Manapany à Saint-Joseph, aussi confidentiel que magique dans son cadre sauvage, est particulièrement apprécié des Réunionnais (mais la baignade n'y est pas surveillée). En règle générale, évitez toute zone de baignade déserte, même si la mer peut vous y sembler paradisiaque !

Le surf à La Réunion est interdit

Pour les surfeurs, la pratique de ce sport est, depuis peu, très règlementée ! Des zones sécurisées par des filets ont été installées à Boucan Canot, aux Roches Noires et à l'Etang-Salé. En cas de doute demandez toujours conseil aux surveillants de baignade. Rappelons qu'il n'y a aucune autre possibilité de surfer librement, ou de pratiquer baignade ou toute autre activité nautique utilisant la force motrice des vagues hors de ces zones à La Réunion. Et l'adage " à vos risques et périls " est un euphémisme : outre le risque d'une amende de 38 €, les contrevenants à l'arrêté préfectoral s'exposent au danger réel et mortel de croiser un squale !

Et pour approfondir le sujet : le site info-requin (www.info-requin.re) de la préfecture qui rappelle les comportements à adopter, la règlementation et les connaissances scientifiques sur cette problématique.

Quelques règles à respecter

N'allez pas dans l'eau après de fortes pluies, lorsque la mer est trouble. C'est en effet le terrain de prédilection des requins en quête de nourriture.

Evitez de vous baigner à l'aube et à la tombée de la nuit, c'est le moment où les requins sortent chasser.

Ne restez pas dans l'eau si vous vous êtes blessé sur du corail et que vous saignez, même modérément.

Baigneurs, assurez-vous d'être dans une zone à baignade autorisée. Pratiquement tous les lagons le sont, les plages autorisées à la baignade hors lagon ont au moins un poste MNS (Boucan-Canot, Etang-Salé). Une plage déserte est le plus souvent une plage dangereuse. Veillez à respecter les arrêtés préfectoraux interdisant la baignade et les activités nautiques.

Les nuits sans lumière : au secours des pétrels

En avril, à la fin de l'été austral, ne soyez pas surpris si les villes que vous traversez à la nuit tombée ne sont pas éclairées. Ce n'est pas seulement pour réaliser des économies, mais dans le but de diminuer la pollution lumineuse et protéger, entre autres, les pétrels de Barau et les pétrels noirs, espèces endémiques de La Réunion. Oiseaux marins, ils nichent dans les hautes falaises de l'île et vont se nourrir en mer, guidés par le reflet de la lune sur l'océan. Les " nuits sans lumière " sont indispensables à ces espèces en danger d'extinction, pour que les jeunes oiseaux ne soient pas perturbés par les lumières des lampadaires et autres éclairages de stades de football. L'initiative du parc national séduit la majorité des villes qui prennent conscience de la pollution lumineuse. Profitez-en pour lever les yeux au ciel et admirer les étoiles sous les latitudes australes, c'est un régal. Et si, au détour de vos balades nocturnes, vous trouvez un oiseau (pétrel ou puffin) perdu, contactez rapidement la SEOR au 02 62 20 46 65 ou déposez-le dans une caserne de sapeurs-pompiers.

Flore
Fleur tropicale.
Fleur tropicale.

La flore réunionnaise est beaucoup plus endémique que sa faune, somme toute assez limitée. Vivant en vase clos depuis des millions d'années, l'île a développé une flore unique, à laquelle s'est ajoutée toute la diversité d'une flore importée : fleurs, fruits, légumes, épices, plantes à parfum... du monde entier, au point que certaines régions sont de véritables jardins botaniques. La flore originelle compte environ 550 espèces de plantes à fleurs dont 160 endémiques. Partout, les couleurs explosent et les senteurs embaument l'air, notamment dans le Sud Sauvage et dans l'Est, où des cascades de fleurs multicolores dévalent les falaises. Les forêts de fougères des Hauts, parées de toutes les nuances de vert et noyées dans le brouillard, obligent au mysticisme. Tandis que l'abondance des vergers de fruits exotiques, de cocotiers, de filaos veillant sur les vaguelettes du lagon, incitent à la volupté...

Les filaos, ces épineux aux branches légères, sont présents tout autour du littoral, déposant toute l'année leurs douces brindilles en un tapis brun sur la plage. Ils forment surtout des forêts sur la côte Ouest et du côté de l'Etang-Salé. Le cocotier, symbole des îles tropicales et arbre sacré dans de nombreuses cultures, est en revanche peu répandu. Mais si le filao n'a pas autant de vertus que le cocotier, il sert au moins à fixer le sable et stopper le vent.

Le vacoa (palétuvier en français) est présent sur les côtes rocheuses du Sud Sauvage, du côté de Saint-Philippe. Il se reconnaît à ses racines aériennes et ses longues et épaisses feuilles vertes. Il a bien plus d'usages  : les feuilles servent à la fabrication de paniers, chapeaux, sacs à dos (les fameux bertels). Les racines sont bues en tisane pour soigner les rhumatismes ; le pain se mange quant à lui en salade, tandis que le coeur (chou de vacoa) se déguste en cari.

L'arbre du voyageur, ou ravenale, se reconnaît facilement par ses grandes feuilles en éventail, très décoratives. Cet arbre endémique de Madagascar a été introduit en petit nombre à La Réunion. Le cryptomeria, que l'on retrouve au contraire en grand nombre dans toutes les forêts reboisées par l'ONF, est à l'origine un cèdre du Japon.

Bois de couleur et fougères arborescentes. Plus on monte dans les Hauts, plus on remonte le temps. La nature a développé à La Réunion au fil des millénaires des espèces extrêmement rares de bois de couleur et de fougères arborescentes. Dans la forêt de Bébour, de Bélouve et dans les cirques, ces forêts humides et brumeuses poussent au rythme incroyablement lent de la nature, et n'ont pas changé depuis l'arrivée de l'homme. Sachant qu'un arbre de bois rouge pousse durant plusieurs siècles, on s'imagine l'enchevêtrement indescriptible de lianes, de branches et de racines qu'il forme, le tout surmonté d'un couvert végétal opaque.

Cette jungle qui grandit au ralenti résiste mieux que les cryptomerias aux cyclones.

Le bois de fer est l'arbre le plus mythique. Atteignant 15 à 20 m, son bois était parfait pour bâtir les charpentes car il est extrêmement solide, d'où son nom. Il fallait le travailler quand il était vert, car, ensuite, il était impossible de le scier ou même d'y planter un clou. Sa graine pose un mystère aux scientifiques, et l'on ne peut le reproduire qu'en laboratoire.

Le bois de senteur, extrêmement rare lui aussi, était un arbre qui alimentait les superstitions. Le bois de senteur blanc, plus rare encore, faisait office de porte-bonheur quand on en avait un petit bout sur soi. Le bois de senteur bleu, lui, apportait le malheur. Ces croyances expliquent en partie pourquoi ils ont pratiquement disparu aujourd'hui.

Citons encore, dans le désordre, le bois de tamarin, le bois noir, le pomme jacquot, le ti-natte, le grand-natte, le benjoin, le tan rouge...

Entre les arbres, les fougères arborescentes, aux camaïeux de bleus et de jaunes, se détachent du vert franc de la forêt  ; des espèces issues d'une autre époque d'après les botanistes, et qui recouvrent le haut des montagnes réunionnaises, mais qui sont extrêmement rares dans le reste du monde. Le fanjan est le plus répandu, et peut étendre ses feuilles à plus de 10 m. Sans oublier le sagoutier qui embellit les salles de réception lors des fêtes créoles.

Arbres à fleurs. Comme dans toutes les îles tropicales, les fleurs font partie du quotidien et embellissent les jardins et les places publiques. On ne présente plus les hibiscus, qui peuvent prendre plusieurs couleurs, les frangipaniers et leurs fleurs blanches et jaunes qui s'éparpillent sur le sol. Le flamboyant, que l'on voit sur beaucoup de cartes postales, fleurit au début de l'été et annonce joyeusement Noël avec des centaines de petites fleurs rouge vif. Il existe de nombreuses variétés d'orchidées, dont la vanille, mais que nous avons placée plus bas avec les plantes à parfum. Mentionnons également les bougainvillées, jacarandas, grevilleas...

Arbres fruitiers. Grâce aux transports internationaux, vous connaissez certainement les bananes, mangues et papayes... Mais connaissez-vous vraiment les bananiers, les manguiers et les papayers  ? Déjà, pour avoir de l'ombre, mieux vaut aller sous un manguier qu'un papayer, et cela ne s'apprend pas au supermarché  ! Quant au bananier, saviez-vous qu'on ne mange pas que ses bananes, mais aussi le bourgeon final, violet, appelé baba-figue  ? Il y a aussi les zattes, les zevy, les jujubes, le fruit à pain, les caramboles, les letchis, les vavangues, les pêches qui poussent dans les cirques, le songe, les chouchous de Salazie, les lentilles de Cilaos, les tomates, les carottes. Sur cette terre bénie des dieux, tout pousse !

Le géranium est très présent dans les Hauts de Saint-Paul, sur la route du Maïdo. Il a été introduit d'Afrique du Sud vers 1870. Pour obtenir un kilo d'essence de géraniums, il faut distiller 300 kg de plantes. La Réunion était, en 1960, la première productrice mondiale d'essence de géranium. Mais le marché étant instable, la majorité des producteurs a fini par se tourner vers la canne à sucre.

Le vétiver pousse entre 300 m et 700 m d'altitude dans le Sud-Est de l'île. L'essence du vétiver est sécrétée par ses racines très chevelues qui s'enfoncent jusqu'à 40 cm sous terre. Sa plantation se fait à la même période que sa récolte, de juin à décembre.

Pour distiller 800 kg de racines, il faut 15 jours de récolte manuelle par deux ouvriers, mais les arracheurs de vétiver se font de plus en plus rares et la rentabilité est faible. Cultivé avant tout pour les essences de parfum, le vétiver est aussi utilisé pour les toits des cases ou pour le tissage des capelines et paniers. Les maisons en vétiver sont rares aujourd'hui, remplacées par la tôle d'abord, puis plus tard par le béton.

La vanille est une orchidée, dont l'arôme est connu et utilisé depuis le XIVe siècle. Le genre vanilla regroupe une centaine d'espèces, dont seulement trois sont cultivées pour leurs qualités aromatiques. Pour dégager le parfum de la gousse de vanille, il faut féconder la fleur. Or, ce n'est qu'en 1830 que l'on découvre un procédé extrêmement complexe pour la féconder de manière artificielle. C'est Edmond Albius, né esclave en 1829, qui découvre en 1841, à l'âge de 12 ans, le procédé simple de fécondation de la vanille sur la propriété de Féréol Bellier à Sainte-Suzanne. L'enfant avait su discerner dans la même fleur les organes mâles et femelles et les mettre convenablement en rapport. Il mourra pourtant dans la misère, en 1880, abandonné des planteurs vanillards et délaissé par la bonne société créole. La fabrication de la vanille naturelle est un processus long et complexe.

Citons enfin la cardamome, originaire d'Inde et de Ceylan, le camphre, qui vient de Chine et du Japon, l'eucalyptus introduit d'Australie et de Tasmanie, l'ylang-ylang, le giroflier... desquels on peut extraire des huiles essentielles.

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