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Guide du Suriname : Arts et culture

Architecture

Paramaribo est une ville surprenante et passionnante du point de vue architectural. Ce n'est pas un hasard si son centre historique est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2002 ! Son architecture unique est le fruit de la rencontre des techniques de construction européennes avec les matériaux et le savoir-faire indigènes. On y voit des similitudes avec la Louisiane, des grandes maisons créoles construites en bois et peintes en blanc, avec un perron où il ne manque parfois qu'un rocking chair (fauteuil à bascule) pour compléter le tableau. A noter également la présence d'édifices religieux de cultes différents (églises, temples hindous, mosquées, synagogue...) illustrant la grande tolérance qui caractérise la ville.

Dans le centre historique de Paramaribo, vous trouverez les plus beaux bâtiments aux styles plutôt variés : si vous commencez votre visite par la place de l'Indépendance, vous verrez quelques édifices des plus anciens, ayant résisté au grand incendie de 1821 qui a détruit plus de 400 bâtiments.

Le palais présidentiel fut construit en 1730 et agrandi plusieurs fois pour les différents gouverneurs qui y ont résidé. Sur la partie supérieure de la façade, on remarquera les armoiries du Suriname.

La Haute Cour de justice, possède quelques éléments qui datent du XVIIe siècle comme les fenêtres, l'escalier extérieur, les rampes...

Le ministère des Finances est un bâtiment historique construit en briques. Ses quatre colonnes sont surmontées d'une tour de 34 mètres, abritant une vieille horloge qui affiche l'heure officielle du Suriname.

En quittant la place de l'Indépendance, sur la Kromme Elleboogstraat, vous verrez une maison atypique : la maison jumelle, entièrement symétrique lorsque l'on se place en son milieu.

Les rues Mirandastraat et Wagenwegstraat sont tout aussi intéressantes, ainsi que Henk Arronstraat, où l'on peut observer des bâtiments dont l'architecture est typique de la ville.

N'oubliez pas de vous promener aussi le long du fleuve : la rue Waterkant (rue sur la berge) permet de se replonger dans le Paramaribo de l'époque, lorsque les bateaux transportaient les marchandises et la ville prospérait en exportant ses productions de sucre, coton, cacao ou café.

Enfin, le quartier Fort Zeelandia propose une architecture typiquement coloniale puisque le fort fut construit par des colons français, modifié par les colons anglais et utilisé par les colons hollandais.

L'architecture religieuse est tout aussi étonnante et diversifiée : presque toutes les religions du monde sont représentées dans un rayon de 1 km ! Parmi ces bâtiments, on citera, entre autres, la Jama Masjid (Grande Mosquée) avec ses minarets de 29 mètres de haut, côte à côte avec la Synagogue Neveh Shalom de 1837, sur la Keizerstraat ; la Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, au style néo-roman, l'un des plus grands édifices en bois d'Amérique du Sud ou encore le temple coloré Arya de Waker...

Si vous souhaitez en savoir plus sur le patrimoine culturel et l'architecture surinamaise, rapprochez vous de deux organismes :

Artisanat
Artisanat amérindien, bijoux en perles et graines.
Artisanat amérindien, bijoux en perles et graines.

Les Amérindiens, premiers habitants du Suriname, ont depuis toujours développé des activités créatives et artistiques, en lien avec la nature qui les entoure. Par la suite, l'immigration de populations d'ethnies très différentes (Afrique, Asie, Europe...) a enrichi et diversifié l'art et l'artisanat surinamais. Dans les galeries de Paramaribo, ce mélange des cultures est omniprésent, et ce sous toutes les formes de l'art, de la peinture à la céramique, en passant par la poterie et la vannerie. Cette multiculturalité se fait aussi sentir dans le cinéma et sur scène, avec de nombreuses danses et spectacles.

Winston van der Bok est l'un des peintres amérindiens de renom au Suriname, qui tentent de faire passer des messages forts autour de leur culture en péril.

Quant à la culture noir-marron, Marcel Pinas et George Struikelblok, entres autres, se battent pour faire valoir leur art et savoir-faire traditionnels, pour que leur histoire ne tombe pas dans l'oubli.
Vous trouverez des objets en bois précieux sculptés par les Noirs-Marrons (descendants d'esclaves africains) des tissus et hamacs colorés, des poteries, colliers, vannerie et autre artisanat amérindien, des peintures d'artistes locaux, de la soie, des poupées, des décorations murales, des jades importées de Chine, des tissus colorés d'Inde, des bijoux en or et argent.

Grâce notamment aux influences indiennes, les bijoux du Suriname sont non seulement magnifiques mais très particuliers à cause la manière dont il sont fabriqués : le Suriname est un des rares endroits au monde où l'on fabrique encore les bijoux à la main, véritables créations uniques d'artisans aux doigts de fées.

Que rapporter de son voyage ?

Des colliers et boucles d'oreilles en graines, produits de l'artisanat amérindien.

Des bijoux indiens fabriqués à la main.

Des hamacs.

Des tabourets saramaca.

Des vêtements de marque.

Des tableaux ou sculptures.

De la sauce saté pour la cuisine.

Du rhum Borgoe.

Cinéma

Malheureusement, le cinéma n'est pas très présent au Suriname. Des cinémas existaient encore il y a peu - Tower sur Heerenstraat, Theater Star (aujourd'hui devenu le casino Princess) -, mais peu rentables, ils ont été détruits. En effet, de nombreux films piratés peuvent être achetés dans les boutiques, même les plus récents. Le seul cinéma existant aujourd'hui est dans le Hermitage Mall : TBL.

Peu de cinéastes du pays font carrière, on citera tout de même Pim de la Parra, de renommée internationale et connu pour ses longs métrages érotiques.

Pim de la Parra. Né le 4 janvier 1940 à Paramaribo, c'est un réalisateur international qui a travaillé notamment avec Martin Scorsese pour Obsessions 1969 et Wim Verstappen. C'est avec ce dernier qu'il collabore entre 1967 et 1976, dans une boîte de production indépendante (Scorpio Films). Il co-produit Blue Movie (1971), l'un des films les plus érotiques de l'époque, avec des scènes de nus qui susciteront critiques et censure. En 1976, il dirige Wan Pipel, le premier film tourné uniquement avec des acteurs surinamiens.

Danse

Avec la diversité ethnique présente au Suriname, de nombreux spectacles de danse ou mises en scène traditionnelles sont souvent proposés dans la capitale. La Fête des peuples autochtones ou encore celle de l'abolition de l'esclavage sont une occasion pour découvrir les danses particulières des peuples noirs-marrons et amérindiens. N'hésitez pas à vous renseigner sur les festivités organisées durant votre séjour et qui vous permettront d'assister à ces expressions culturelles.

Littérature

La littérature surinamaise se compose de l'expression orale et écrite dans une des nombreuses langues du Suriname.

Le Suriname utilise vingt-deux langues, dont certaines sont uniquement utilisées dans des situations non-littéraires, telles que les rituels religieux. Les trois principales langues littéraires sont : le néerlandais (la langue officielle du Suriname), le sranan tongo ou sranan (langue des esclaves et de leurs descendants, parlée par presque tous les Surinamais) ainsi que le sarnami, la langue du plus grand groupe ethnique, les Hindoustanis.
La prose néerlandaise, comme la poésie d'amour, est la plus couramment utilisée. Puis vient le sarnami, utilisé récemment, après 1977. Le javanais, quant à lui est rarement écrit, tandis que les expressions littéraires orales sont sur le point de disparaître totalement. Les autres langues parlées sont le chinois Hakka, les langues noirs-marrons (N'Djuka et Saramaca) et les langues amérindiennes, sans oublier, récemment, le portugais.

La littérature orale a une fonction esthétique au Suriname : la distinction entre les textes sacrés, entre le divertissement et l'éducation est souvent moins forte que dans les cultures occidentales. Il existe une relation complexe entre l'Etat et la structure des textes oraux. La performance rituelle est notamment d'une grande importance.

Les plus anciens habitants du Suriname sont amérindiens : les deux plus grands groupes sont les Kali'na et les Arawak, qui vivent dans la région côtière. Quant aux Tiriyó, Wayana et Akuryo, tous vivent dans l'intérieur, près de la frontière brésilienne. Chacune de ces nations a ses propres genres d'histoires, de chansons et de proverbes.
Les Afro-Surinamais, descendants des esclaves amenés d'Afrique, sont composés de Noirs-Marrons et de Créoles (dans les zones urbaines et côtières). Leur culture orale est fortement dominée par le Winti, la religion afro-surinamaise. Là aussi, on retrouve histoires, chants, danses, proverbes et devinettes racontés.
Plus tard, les groupes d'immigrants ont aussi apporté leur propre patrimoine culturel, et ce mélange de cultures a donné sa culture au Suriname au fil des ans.
Dans la culture hindoue antique, la pensée religieuse et les anciennes grandes épopées comme le Ramayana et le Mahabharata jouent encore un rôle important. Les formes de théâtre et la chanson sont très employées : Baithak Gana était à l'origine une musique d'accompagnement pour des spectacles de théâtre, mais peu à peu ont développé des textes au Suriname. Les Javanais ont aussi apporté aux Surinamais des expressions culturelles, ou encore les chants, théâtres, cabarets et danses issus de cette culture.

La littérature écrite, elle, remonte peu avant 1700. Une grande partie du XVIIIe siècle a été marquée par les nombreuses tentatives d'affranchissement des esclaves. Ces événements ont été abordés dans les différentes descriptions du pays. Trois auteurs non néerlandais ont évoqué dans leurs écrits ce Suriname, colonie d'esclaves extrêmement cruelle : Aphra Behn avec son célèbre roman Oroonoko paru en 1688, Voltaire et son magnifique conte philosophique Candide (1759) et John Gabriel Stedman. Ce dernier était un capitaine écossais et a redigé un rapport, Narrative of a Five Years Expedition Against the Revolted Negroes of Surinam, qui décrit une expédition de 5 ans contre les nègres révoltés du Suriname de 1796.

Deux figures coloniales ont écrit un travail remarquable sur la colonie : le révérend J.W. Kals et le gouverneur J.J. Mauricius. Les deux ne s'opposent pas à l'esclavage en tant que tel, mais plutôt aux dérives du système colonial et des plantations. Dans tous les cas, l'homme noir n'incarnait jamais le protagoniste dans ces textes. Ce n'est qu'à partir de 1774 que l'on s'intéresse au point de vue de l'homme noir : grâce à son érudition, Quassie Van Timotibo forçait l'admiration de beaucoup. Herboriste et chasseur d'esclaves, c'est en raison de sa collaboration avec le pouvoir colonial qu'il a longtemps été considéré comme un traitre par les Noirs-Marrons. Avec le temps, il représentera plutôt une opposition tout aussi intelligente et brutale au système qui voulait l'asservir.

Aujourd'hui, beaucoup d'oeuvres ont vu le jour dans le domaine de la littérature pour enfants, avec un travail remarquable produit par Ismene Krishnadath ou encore Marijke van Mil et Simons Marylin.

Dans la littérature surinamaise, les femmes jouent un rôle important, grâce notamment à Ellen Ombre, Annel Nore Rita Rahman, Mala Kishoendajal ou encore Annette de Vries. Avec Quand nous sommes ensemble (2006), Karin Amatmoekrim apporte une contribution originale à la littérature surinamaise en écrivant pour la première fois sur la vie javanaise et le Suriname, ainsi que l'émigration aux Pays-Bas. En 2009 elle écrit Titus qui lui vaut le premier prix de littérature Black Magic Woman littérature. Clark Accord, un des rares auteurs masculins, a obtenu un grand succès avec son roman La Reine de Paramaribo (1999).

Le Prix de littérature du Suriname a été créé en 1983 par le ministère de l'Éducation et de la culture pour récompenser tous ces auteurs surinamais. Ce prix était décerné tous les trois ans à des auteurs de nationalité surinamaise ou ayant résidé au Suriname pendant au moins trois ans, et ayant publié leur travail au Suriname.

Au cours des années 1980-1982, le poète Bhai a reçu le prix pour sa collection Vindu. Entre 1983 et 1985 c'est Michael Slory qui le reçoit. Le prix a également été décerné à Ismene Krishnadath pour son livre Les Oreilles décollées de Amar. Malheureusement ce prix n'est plus décerné aujourd'hui, malgré les demandes insistantes de la presse. Les ministres successifs de l'Éducation et de la Culture n'ont jamais donné d'explications.

Le groupe d'écrivains Schrijversgroep '77, datant de 1977, est la plus grande et la plus active des associations littéraires du Suriname. Elle a pour but de rassembler les écrivains, poètes, journalistes, et de développer la littérature au Suriname. Tous les mardis soir, ses membres animent une émission de radio (Radio SRS) et organisent des rassemblements les derniers vendredis du mois au café Tori Oso. Les membres sont aussi encouragés via email à lire les oeuvres des uns et des autres, à les commenter, les critiquer, échanger ses idées mais aussi faire des propositions pour une meilleure participation.

Deux écrivains contemporains

Ismene Krishnadath. Ecrivaine née à Paramaribo le 25 janvier 1956, est connue pour ses manuels d'enseignement et livres pour enfants. Ses best-sellers sont nombreux : Bruine bonen met zoutvlees (Haricots bruns avec de la viande et du sel) en 1992, Veren voor de piai (Des plumes pour le chaman) en 1992 aussi, Seriba in de schelp (La petite fille capturée dans le coquillage) en 1996, qui a été traduit en anglais, Satyem, roman de 1995 sur une immigrée japonaise, De legende van Çakuntela van het Groene Continent (La légende de Çakuntela et son continent vert) en 2004, traduit aussi en anglais. Elle a grandi et étudié aux Pays-Bas, avant de revenir au Suriname en 1979. Elle forme des enseignants et fait partie du mouvement pour l'éducation progressive Kenki Skoro (Changer l'éducation). En 1989, Krishnadath ouvre une agence d'édition et édite des livres pour enfants. Elle a reçu le Prix d'Etat de littérature pour enfants du Suriname pour la période 1989-1991. Krishnadath va aussi écrire pour les adultes. En 2011, elle reçoit le Prix de la culture Henry R. Ziel (poète) pour sa contribution à la vie littéraire au Suriname. Elle est l'actuelle présidente du Schrijversgroep '77, un groupe d'écrivains fondé en 1977, ayant pour but de rassembler écrivains, poètes, journalistes, et de développer la littérature au Suriname. Tous les mardis soir, ils animent une émission de radio (Radio SRS) et organisent des rassemblements tous les derniers vendredis du mois au café Tori Oso.

Cynthia McLeod. Romancière et historienne qui a écrit Quel était le prix du sucre ? (1987) ; Tweemaal Mariënburg (1997). Née le 4 octobre 1936 à Paramaribo sous le nom de Cynthia Ferrier, elle est la fille de Johan Ferrier, premier président du Suriname. Elle étudie aux Pays-Bas et revient au Suriname en 1962, pour enseigner la littérature et la langue néerlandaise à Paramaribo. Elle retournera à nouveau en Europe avec son mari, ambassadeur, où elle fera ses recherches dans les archives de La Hague, Amsterdam, Rotterdam... Cela lui permettra d'écrire au Suriname son premier roman à succès Hoe duur was de suiker ? (Quel était le prix du sucre ?) autour de l'exploitation de la canne à sucre au XVIIIe siècle. Pendant plusieurs années, McLeod se passionne pour la vie de cette fille d'esclave qui voulait se marier à un homme blanc, Elizabeth Samson, devenue femme la plus fortunée du Suriname au XVIIIe siècle. Elle publie en 2000 le roman à succès Elizabeth, la noire libre, prisonnière de la couleur. Elle étudiera aussi la période des meurtres de décembre 1982, et publiera en 2005 Die Revolutie Niet Begrepen ! (La Révolution non comprise). Aujourd'hui, elle organise des visites guidées autour de l'histoire du Suriname à Paramaribo.

Médias locaux

Le gouvernement surinamais est plutôt respectueux de la liberté d'expression : les médias audiovisuels d'Etat offrent plusieurs points de vue aux téléspectateurs. En 2016, le Suriname a été classé au 22e rang de la liberté de la presse par l'ONG Reporters sans frontières, loin devant les Etats-Unis, la Grande Bretagne ou encore la France.

Les médias surinamais sont composés de plusieurs chaînes de télévision : les plus anciennes remontent aux années 1960. STVS (Surinameese TV Station) et ATV sont toutes deux propriété de l'Etat et diffusent notamment les informations locales. D'autres chaînes privées comme ABC et SCCN sont très populaires aussi, avec des programmes de divertissements locaux mais aussi des séries américaines ainsi que les grands matchs tous sports confondus. Suivent les chaînes indiennes comme RBN ou Ramasha.

Plusieurs de ces chaînes télé sont également déclinées sur les ondes, comme Radio ABC, SRS, ATV ou SCCN. Le Suriname possède plus de 24 chaînes radio, dont deux sont diffusées à partir d'Internet : Radio Apintie et Radio 10. Les chaînes indiennes sont également représentées : Radio Sangeet Mala ou encore Ishara FM à Nickerie. La station mArt, diffusée à partir d'Amsterdam et créée par des Surinamais, est tout aussi populaire.

Pour ce qui est de la presse écrite locale, plusieurs quotidiens sont privés : il s'agit notamment des plus populaires, De West et De Ware Tijd. Ce dernier diffuse toutes les semaines une caricature avec le personnage Kondreman, dessiné par Arnout Wittebrood. On retrouve aussi le Times of Suriname et De Waterkant. Le seul journal entièrement en anglais se trouve uniquement sur Internet : Devsur (Development of Suriname). Ce dernier moyen de communication est de plus en plus utilisé au Suriname, et beaucoup d'informations locales transitent via de nombreux sites comme Starnieuws.com ou Suriname.nl.

N.B. Tous les sites et journaux mentionnés ci-dessous sont en langue néerlandaise, sauf mention contraire.

ABC
ATV
Musique

Les groupes populaires surinamais mélangent les sonorités actuelles et traditionnelles de différentes cultures.

Kasseko et Kawina. Le Kasseko (musique populaire dans les villes) est très important, ainsi que le Kawina (plus répandu à l'intérieur des terres). On retrouve des groupes très connus au Suriname comme le groupe Aptijt, qui veut dire " appétit ", composé d'environ 5 artistes. Ils font de la Kabula, un mélange de kasseko et d'une musique de rue. Le groupe Naks Kasseko Loco est composé d'environ 11 artistes qui mélangent du kasseko moderne et du Kawina mais avec des instruments traditionnels. Citons aussi Hugo Lieve, appelé le Roi du Kasseko, dans les années 1960-70.

Aleke. Musique du fleuve et des Noirs-Marrons par excellence. Très présente à Moengo et plus généralement dans tout l'Est surinamais, notamment le district de Marowina.

Pop java. Cette fois-ci, ce sont les Javanais qui mélangent leur musique traditionnelle (Krontgong ou Dandoet) à des rythmes plus modernes.

Jazz moderne et Paramaribop. Pour des oreilles plus averties : né du mélange de jazz (be-bop) avec des rythmes Kasseko et Kawina. Le groupe par excellence de Paramaribop se nomme 4Sure, anciennement Survive, incarné notamment par le grand bassiste Pablo Nahar, et influencé par le groupe Suriname Music Ensemble qui a beaucoup marché à Amsterdam. Il décrit le Paramaribop comme étant " une histoire d'amour entre les harmonies complexes du jazz et du be-bop et les rythmes exotiques du Kawina et du Kasseko ".

Rap, Dance-hall, Soul et R n'B. Parmi les artistes représentant ces différents courants musicaux actuels, on peut citer les noms de Crazy G, Damaru, King Koyeba, Scrappy, Miriam Simone, Sabrina Starke ou encore Max Nijman.

Quelques musiciens actuels

Damaru. Dino Orpheo Canterburg, né le 2 juillet 1986 à Paramaribo, est un chanteur et rappeur surinamais, connu depuis 2007 grâce à sa chanson Mi Rowsu (Ma rose). Ayant grandi à Paramaribo dans une famille de 6 enfants, le jeune homme commence à chanter à 13 ans et intègre les groupes Lava Boys et New Jack Boys. Grand admirateur du rappeur Tupac Shakur, dont le second nom était Amaru, Damaru rajoute le D de Dino, et crée ainsi son nom de scène. Au Suriname, il est à l'origine de plusieurs hits : Yu Na Mi Engel (Tu es mon ange), Hey Baby et Sranang Koningin (Reine du Surinam). En 2007, il écrit une chanson pour sa fille, Mi Rowsu, qui restera pendant 9 semaines consécutives en haut des hit-parades au Suriname. Il retravaillera le titre avec le chanteur néerlandais Jan Smit et remportera le Prix du Plus Grand hit de 2009 aux Pays-Bas.

King Koyeba. Lowinzo Misiedjan, né le 11 janvier 1985 à Paramaribo, mieux connu sous le nom de scène King Koyeba (du nom de la radio Koyeba) est un chanteur dance-hall noir-marron. Il chante principalement en aukan et sranan tongo. A 16 ans, il fonde avec un ami le groupe Ghetto Crew. Le groupe fait deux albums : Wadada et Wi'a mu ya foetus. C'est en août 2004 qu'il se lance en solo sous le nom de King Koyeba. L'artiste au style décontracté grimpe en quelques semaines dans les hit-parades du Suriname. Il sort son premier clip vidéo Mi serment weli qui le fait encore mieux connaître du grand public. Koyeba chante l'amour, l'argent et les expériences personnelles, ce qui le rend proche de son public. Son dernier album est un live intitulé Suriname Capleton.

Max Nijman. Max Reinier Nijman, chanteur soul, est né le 18 mars 1941 à Moengo. Ses grands tubes sont Farawé et Adjossi. Il commence à chanter à16 ans et impressionne le public lors d'une représentation où il reprend des chansons de la légende de la soul Brook Benton, le nouveau talent de Moengo est né. Appelé le " Soulman numéro un " du Suriname, le chanteur interprète dans sa langue maternelle des tubes soul allant de Johnny Nash à Ben E. King. Max déménage en 1968 aux Pays-Bas et enregistre un disque avec des chansons connues comme Katibo, Adjossi et Ai Sranan. En 2005, à 64 ans et à l'occasion de ses 45 années de carrière, un hommage lui est rendu à Moengo.

Sabrina Starke. Chanteuse soul, folk, rhythm & blues et jazz, Sabrina est née le 9 août 1979 à Paramaribo, avant de s'envoler à Rotterdam, aux Pays-Bas. Son premier album, Yellow Brick Road sort le 1er octobre 2008 avec le tube Do For Love, grand succès autant aux Pays-Bas qu'en France (bande originale de l'émission Fortune). Le 27 octobre 2008, elle signe avec le label Blue Note qui ressort son album et qui devient disque d'or aux Pays-Bas. C'est à cette période qu'elle remporte l'Edison Award pour le meilleur nouvel artiste. Son dernier opus sorti en 2015 développe des thèmes plus intimistes et s'intitule sobrement Sabrina Starke.

Peinture et arts graphiques

Depuis 1995, un mouvement d'artistes surinamais a été reconnu dans le domaine de l'art visuel. Ses membres revendiquent fortement leurs racines et l'héritage multiculturel issu de ce pays unique. Chaque artiste l'exprime à sa façon.

Le mouvement Switi Raw crée des graffitis et peintures murales sur des murs publics ou avec l'autorisation des propriétaires.

La galerie d'art Readytex a joué un rôle important dans la carrière de certains artistes. A partir de 1993, elle expose le travail de petits artistes qui exploseront par la suite, comme Marcel Pinas ou George Struikelblok. Aujourd'hui elle poursuit son action et continue d'exposer les artistes les plus célèbres et les nouveaux venus sur la scène surinamaise.

Erwin Jules De Vries. Né à Paramaribo le 21 décembre 1929, ce peintre et sculpteur, issu d'une fratrie de huit enfants, est le demi-frère de Henry Lucien de Vries, gouverneur du Suriname de 1965 à 1967. De Vries fait ses études aux Pays-Bas avec Ossip Zadkine, et commence à exposer à l'âge de 19 ans, puis aux côtés de Pablo Picasso et d'Henry Moore. De 1952 à 1958, De Vries est professeur d'art au Suriname. En 1958, il retourne aux Pays-Bas où il étudie à l'Académie nationale d'art à Amsterdam. Il continue de vivre à Amsterdam, où la majorité de son travail est exposé, notamment au Stedelijk Museum et au Nationaal Monument Slavernijverleden. De Vries a également produit les bustes de nombreuses personnalités néerlandaises, ce qui lui a valu le surnom de " Rembrandt des Caraïbes ". Le 4 septembre 2009, à 80 ans, il est nommé citoyen d'honneur d'Amsterdam.

Nola Hatterman. Née le 12 août 1899 à Amsterdam, cette femme fut artiste peintre ainsi qu'une actrice reconnue à l'époque. En 1920, elle joue dans des films du réalisateur Theo Frenkel. Artiste autodidacte, elle expose en 1919 aux côtés de Carel Willink et Paul Citroen. En 1953, elle s'établit en tant qu'artiste au Suriname, où elle enseigne également. Elle décède le 8 mai 1984 à Paramaribo et ses anciens élèves lui rendront hommage en créant la Nola Hatterman Art Institut, à Paramaribo. Cette galerie qui porte son nom donne chaque année à un artiste la possibilité d'exposer. Ses partenaires les plus célèbres étaient Dick van Veen, l'acteur Maurice de Vries (1885-1946) et l'artiste Arie Jansma (1907-1992).

Sri Irodikromo. Fille de Soekidjan, Sri Irodikromo est peintre et plasticienne, née le 13 mai 1972 aux Pays-Bas. De 1989 à 1992, elle étudie à l'Académie De Vrije Kunst au Suriname, ainsi qu'à l'Académie Nola Hatterman, avant de poursuivre sa formation aux Pays-Bas de 1994 à 1998. Commençant par l'art abstrait, cette artiste s'est intéressée dans un premier temps aux oiseaux, puis à la femme surinamaise et les tissus dont elle se pare : le pangi, le madras, les broderies. Les techniques et matériaux utilisés sont aussi variés que la culture métissée du pays dont elle s'inspire. Le raku et la sculpture comptent aussi parmi ses supports d'expérimentation. En 2006, elle gagne le premier prix du Living Art Show. En plus du Suriname, elle expose aux Etats-Unis, en France, en Guyane, en Martinique, aux Pays-Bas... Ses oeuvres, magnifiques, sont régulièrement exposées à la galerie Readytex.

Kit-Ling Tjon-Pian-Gi. Artiste féminine née à Paramaribo, Kit-Ling a étudié les arts visuels au Suriname et aux Pays-Bas, avec un vrai talent pour la peinture, le dessin et les arts graphiques. De 1979 à 1987, elle enseignera à son tour l'art au Miranda College et au Surinamese Pedagogic Institute. La culture surinamaise est un thème central dans son travail : elle cherche à la faire connaître, et à la préserver. En 2005, après avoir participé avec succès à l'atelier vidéo oneminutes organisé par le Sandberg Institute à Amsterdam et l'Académie d'art Voor Hoger Kunst en Cultuuronderwijs (AHKCO) à Paramaribo, Kit-Ling Tjon Pian Gi a ajouté le court-métrage à son travail d'artiste. En 2012, elle expose au Stichting Surinaams Museum dans le Fort Zeelandia à Paramaribo.

Rinaldo Klas. Né le 23 février 1954 à Moengo et descendant noir-marron, Rinaldo étudie à la New School for Visual Arts à Paramaribo entre 1970 et 1976 et à l'Edna Manley College of Visual Arts de la Jamaïque de 1986 à 1988. Aujourd'hui à la tête de l'Académie Nola Hatterman au Suriname, son art est influencé par son entourage direct : les interactions entre les hommes, la nature et les animaux sont de constantes sources d'inspiration. Il combine des symboles puissants comme les grimaces avec des éléments de la nature (toucans, feuilles, fleurs, soleil). A travers ses oeuvres, cet artiste tente de sensibiliser le public à la préservation de notre environnement : " La forêt amazonienne dans laquelle nous vivons est le véritable poumon de la terre, source de vie, et au lieu de la détruire, nous devons la valoriser et la protéger ". Ses peintures à l'huile, lithographies et dessins restent toujours colorés : Rinaldo cherche à dépeindre les couleurs et les formes qui se chevauchent autour de lui et suggère une manière harmonieuse dont les hommes, la flore et la faune pourraient interagir. " Pour moi, l'Art ne peut se résumer à peindre une "jolie image" mais comporte une véritable responsabilité sociale. C'est une opportunité en tant qu'artiste mais bien plus ma responsabilité en tant qu'être humain que de transmettre un important message social au reste du monde ". Ses oeuvres sont exposées à Londres, à La Barbade, aux Pays-Bas, en Guyane et bien sûr au Suriname.

John Lie A Fo. Côté peinture moderne, c'est un artiste de renommée internationale. Né en 1945, ce peintre surinamais d'origine asiatique a émigré en Guyane après ses études, où il réside désormais. L'artiste arrive à retranscrire dans ses oeuvres le lien fort qu'ont les peuples amérindiens et noirs-marrons avec la nature. Inspiré par Picasso et le cubisme, il utilise souvent les couleurs vives et primaires qu'il mélange avec des couleurs tertiaires. L'univers dans lequel il nous plonge est à la fois enchanteur et mystique, où la nature et la culture occupent une place centrale. Comme son confrère Marcel Pinas, il lui arrive de signer son travail par des sigles Afaka, ode à la culture bushinengué. C'est en Europe qu'il vend la plupart de ses oeuvres, incluant des objets peints en bois ainsi que de la poterie.

Roddney Marnix Johannes Tjon Poen Gie. Né le 6 octobre 1962 à Paramaribo, Roddney est connu pour ses peintures mais excelle aussi en tant que sculpteur (bois et céramique). L'artiste expérimente aussi " l'art trouvé " en assemblant du bois flotté à d'autres pièces en bois. Les lignes sont caractéristiques de son travail et on les retrouve autant dans ses oeuvres peintes que sculptées. Roddney est le seul qui revendique ses racines dans l'abstrait et joue avec les caractères et symboles de ses ancêtres, en mélangeant idéogrammes chinois et caractères Afaka noirs-marrons. Il tente ainsi de contribuer à une meilleure intégration des différents groupes ethniques du Suriname.

Kurt Nahar. Artiste spécialisé dans le collage (inspiré du mouvement dada) qui, à travers ses oeuvres, envoie des messages forts au public et dénonce les abus politiques et religieux, défend les droits de l'homme et des homosexuels, et récemment crée beaucoup d'oeuvres contre le président actuel et les massacres de décembre 1982.

Marcel Pinas. Marcel Pinas est une des grandes figures de l'art visuel du Suriname. Il est né le 22 mars 1971 à Pelgrim, au nord-est du Suriname, lieu tragique de la guerre civile. Il ira à l'école à Paramaribo, éloigné de sa culture. A l'âge de 16 ans, il commence à suivre des cours à l'Académie Nola Hatterman. Ensuite il étudie à l'Université Anton de Kom (ADEK) et au Teacher Training Institute, au Suriname. En 1997, il obtient une bourse du gouvernement du Suriname pour étudier à l'Edna Manley College of Visual and Performing Arts en Jamaïque. En 2003, il obtient le Business Finance Art Award à Jaarbeurs, aux Pays-Bas en tant que meilleur artiste participant. Puis en Allemagne, il gagne le premier prix pour Moved Wind Art. A travers toutes ses oeuvres, Pinas souligne deux grands messages : kibri a kulturu (préserver la culture) et kibii wi koni (préserver le savoir). Il se veut représentant de la culture N'Djuka. Toutes ses créations sont signées en utilisant l'écriture syllabique Afaka. Aujourd'hui, il s'intéresse au Land Art, puisque " dès que l'Art est placé dans un lieu public, la confrontation commence ". Le reste de son temps libre, il le dédie aux enfants : il retourne régulièrement à Moengo, où il donne gracieusement des cours de peinture et d'art, et où il tente de donner un second souffle à ce village autrefois ravagé par la guerre civile. Il expose régulièrement son travail au Suriname et à l'étranger : Guyane française, Jamaïque, Trinidad, Etats-Unis, Suisse, Allemagne...

Soekidjan. Né le 20 juin 1945 à Plantage Pieterszorg dans le Commewijne, Soekidjan est un peintre et céramiste de renom. Avec Erwin de Vries, Ruben Karsters, Rudi de la Fuente et Paul Woei, ils ont été les artistes surinamais à émerger dans les années 1960. De 1963 à 1967, il étudie à la CCS School for Visual Arts de Paramaribo, avant de parfaire son éducation artistique aux Pays-Bas. Il étudiera aussi le Batik en Indonésie en 1980. Influencé par le mouvement COBRA, il met en avant la diversité culturelle surinamaise et utilise aussi des thèmes récurrents dans la mythologie javanaise. En 1981, il gagne le Prix de l'Unicef pour la conception d'un timbre international.

George Struikelblok. Né le 22 septembre 1973 à Paramaribo, cet artiste de renommée nationale et internationale, est connu pour ses oeuvres expressives autour de l'amour et de la mort. En 1991, il obtient son diplôme auprès de l'Académie Nola Hatterman au Suriname (où il sera professeur de 1990 à 2002) et y poursuit ses études jusqu'en 1995, avec plusieurs ateliers (aquarelle, peinture de décoration, sérigraphie, céramique et gravures). Il part étudier en Jamaïque entre 1997 et 1999 à l'Edna Manley College of Visual and Performing Arts et devient membre de Art 2000, une organisation de jeunes artistes surinamais. L'émotion suscitée par la mort de son père avant sa naissance est une constante source d'inspiration, et ses oeuvres abstraites aux couleurs vives dégagent un mouvement intéressant, de plus en plus centré sur la joie de vivre. Ce jeune artiste est en perpétuelle évolution : ayant ouvert son propre atelier, il travaille depuis 2008 à Amsterdam sur des installations tridimensionnelles dans des espaces publics ou ouverts. Ses oeuvres sont exposées au Suriname mais aussi en Guyane française, Belgique, France, Etats-Unis, Pays-Bas...

Citons encore les noms de Dieratch, Ron Flu, Shaundell Horton, Keitleen Natpalki, Sunil Puljhun ou Tussari.

Photographie – Vidéo

La photographie commence à percer au Suriname, avec des jeunes artistes comme Nicolaas Porter ou Albert Roessing.

Razia Barzati. Artiste surinamaise spécialisée dans les vidéos d'art et d'animation.

Nicolaas Porter. Né en 1952 et formé à l'Academy of Fine Arts à Utrecht, il est le fondateur et participant actif du MIB, groupe expérimental de jeunes artistes qui tentent de mélanger plusieurs arts comme la peinture, l'architecture, le théâtre, le discours... En 1975, il quitte l'académie, trouvant les enseignements trop traditionnels. Il étudiera un certain temps aux Beaux-Arts et quittera Paris pour s'installer à Aix-en-Provence, où il travaillera comme peintre et professeur privé pour des étudiants américains. Il exposera également là-bas. C'est en 1978 qu'il quitte la France pour le Suriname, où il réside et travaille actuellement. Après un séjour à Auschwitz, il s'intéresse à la photo et organise des expositions en Hollande et au Suriname. En 2011, il gagne le prix Rabindranath Tagore dans la catégorie photo.

Albert Roessingh. Né en 1953, il intègre les arts visuels à l'Académie d'art Artibus aux Pays-Bas ainsi qu'à l'école des Beaux-Arts à Paris. Il vit et travaille les techniques contemporaines au Suriname depuis 1979. Ses dessins, collages et peintures sont parfois numérisées afin d'ajouter de la couleur et pour travailler sur différents plans.

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