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Guide du Suriname : Politique et économie

Palais présidentiel du Suriname.
Palais présidentiel du Suriname.
Politique
Structure étatique

Le pays obtient son indépendance des Pays-Bas le 25 novembre 1975. La République du Suriname est une démocratie établie par la constitution de 1987.

Le corps législatif est l'Assemblée nationale monocamérale, composée de 51 membres élus par le peuple tous les cinq ans. L'Assemblée nationale élit le chef de l'exécutif, le président, pour un mandat de cinq ans par une majorité des deux tiers, et si cette majorité n'est pas atteinte, par l'Assemblée du peuple à la majorité absolue. Cette assemblée se compose de délégués de l'Assemblée nationale et de représentants des régions et des municipalités..

En tant que chef du gouvernement, le président nomme un cabinet de seize ministres. Un vice-président, normalement élu en même temps que le président, a besoin d'une majorité simple à l'Assemblée nationale ou de l'Assemblée populaire pour être élu pour un mandat de cinq ans. Il n'existe aucune disposition constitutionnelle pour le retrait ou le remplacement du président, à moins qu'il ne démissionne.

Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif. Il est dirigé par la Cour de justice (Cour suprême). Ce tribunal supervise les tribunaux d'instance. Les membres sont nommés à vie par le président en consultation avec l'Assemblée nationale et l'Ordre national des avocats privés.

Le Suriname est membre du CARICOM, le marché commun caribéen et présidait de manière temporaire l'UNASUR pour l'année 2013. Le 16 avril 2005 est inaugurée la Cour de Justice des Caraïbes, basée à Trinidad. La CCJ règle les différends au sein de la CARICOM et est destinée à remplacer le Conseil privé de Londres comme tribunal de dernier recours.

Le pays est divisé en dix districts administratifs (Brokopondo, Commenwijne, Coronie, Marowjine, Nickerie, Para, Paramaribo, Saramaca, Sipaliwini et Wanica), chacun dirigé par un commissaire de district nommé par le président, qui a également le pouvoir de révocation.

Le président est Desiré Bouterse depuis le 12 août 2010. Le vice-président est Ashwin Adhin, du Parti démocratique national. Les dernières élections législatives se sont déroulées en mai 2015, c'est la coalition de Desi Bouterse, la Megacombinatie, qui les remporte. Cependant la coalition n'obtient pas les 2/3 des sièges indispensables pour la réélection de l'ancien dictateur. Celui-ci forme alors des alliances et il est réélu à la présidence par l'Assemblée nationale le 14 juillet 2015. Le président est à la fois le chef de l'Etat et le chef du gouvernement. Ce dernier remporte la présidentielle le mois suivant.

Partis

Au Suriname, la plupart des partis politiques sont fondés sur l'origine ethnique, ce qui n'aide pas à créer un consensus national. Certains partis sont souvent fragmentés et éclatent pour devenir un autre parti à part entière. Depuis les élections de 1955, aucun parti n'a eu la majorité à l'Assemblée nationale : des coalitions sont ainsi toujours nécessaires pour former un gouvernement. Beaucoup de chefs de parti sont autoritaires. La politique surinamaise est caractérisée par le clientélisme, une relation patron-client entre politicien et électeurs dans lequel le politicien fournit une aide socio-économique, comme des emplois, en échange d'un vote.

Le parti politique réunissant le plus d'adhérents au Suriname est celui du président Desi Bouterse, le Parti National Démocratique (NDP), suivi du VHP (Vooruitstrevende Hervormingspartij), le Parti Progressiste Hindoustani dirigé par Chandrikapersad Santokhi. Le Nationale Partij Suriname (NPS) est mené par Gregory Rusland. Le parti javanais, Pertjajah Luhur (PL), quant à lui, est dirigé par Paul Slamet Somohardjo, ancien président de l'Assemblée nationale. Le Nouveau Front pour la Démocratie et le Développement (Nieuw Front), l'alliance du VHP, du NPS, du PL et du parti dirigé par Winston Jessun, le DA-91 (Democratisch Alternatief 91), a réalisé un score de 41,2 % aux dernières élections de mai 2015.

Enjeux actuels

L'alliance Megacombinatie, constituée du NDP de Bouterse (Parti démocratique national), du KTPI (Kerukanan Tulodo Pranatan Ingit, Parti pour l'Unité nationale et la Solidarité) de l'ancien président Jules Wijdenbosch et d'un petit parti hindoustani remporte clairement les élections législatives du 25 mai 2010 avec 23 sièges (+8), dont 18 pour le seul NDP. L'opposition a été très affaiblie par la cinglante défaite de 2010. Le NPS (Nationale Partij Suriname), censé représenter les intérêts de la communauté créole (25 % de la population), est en net déclin. L'autre formation de l'opposition, le VHP (Vooruitstrevende Hervormings Partij), défendant les intérêts de la population hindoustanie (35% de la population), semble plus dynamique mais continue à être assimilé à un groupe dominant économiquement et peu ouvert sur les autres communautés.

Le NDP de Desi Bouterse emporte de nouveau les élections parlementaires du 25 mai 2015. Bénéficiant désormais de la majorité absolue des sièges (27 sièges sur 51), il n'a plus besoin de faire alliance pour gouverner comme auparavant. La coalition V7 remporte 17 sièges, et le parti de Ronnie Brunswick, 5. Desiré Bouterse est réélu à la présidence de la République le 14 juillet 2015.

Le Suriname est resté longtemps isolé sur la scène politique régionale du fait de son histoire (seul pays néerlandophone sur le continent), de son engagement aux côtés de Cuba, du Nicaragua, de la guérilla salvadorienne et du régime de Maurice Bishop à la Grenade au début des années 1980, puis du repli sur lui-même avec l'insurrection noir-marron à partir de 1986. Pour rompre cet isolement, il a rejoint les organisations régionales en 1995 (AEC, Caricom). Il est également membre de l'Organisation du Traité de Coopération Amazonienne (OTCA), de l'OEA, de la CELAC et de l'UNASUR, dont il assure la présidence temporaire jusqu'à la fin de l'année 2013. Du fait de l'importante communauté musulmane, le Suriname a aussi adhéré à l'Organisation de la Coopération Islamique (OCI). Le pays est membre de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Mais le Suriname possède aussi de nombreuses zones d'ombres qu'il devra clarifier afin d'avancer : en matière de traite des êtres humains, notamment l'exploitation sexuelle des femmes mais aussi en termes de régularisation de certains de ses travailleurs sans-papiers brésiliens, guyaniens (du Guyana) ou encore haïtiens. La filière aurifère, gangrenée par la fraude et le travail au noir, mériterait aussi plus de transparence, notamment dans les négociations de futurs accords entre le gouvernement et les multinationales. Les communautés de l'intérieur sont en général écartées de ces accords, et certaines voix commencent à s'élever pour faire valoir les droits collectifs de ces communautés sur le sol et le sous-sol. Un autre enjeu est aussi de trouver un équilibre entre les intérêts des groupes ethniques et ceux de la nation prise dans son ensemble. La plupart des partis politiques surinamais se sont longtemps fondés sur l'ethnicité, et en retour de leurs votes, les membres d'un groupe ethnique recevaient une assistance socio-économique : des emplois, des revenus, des terres, des cartes d'assurance maladie et l'accès à d'autres facteurs de production. Cette concurrence ethnique est un obstacle dans le chemin vers une gestion efficace et effective du Gouvernement et de la gouvernance. Enfin, en ce qui concerne les enjeux environnementaux, le gouvernement prévoit la mise en exploitation de nouvelles mines d'or et de bauxite dans la province de Nassau Est, ainsi que des projets d'exploration pétrolière off-shore. Ces projets, bien qu'offrant des perspectives économiques intéressantes, auront également un impact sur la faune et la flore surinamaises, impacts qu'il conviendra de réduire le plus tôt possible, si le pays souhaite continuer à rayonner grâce à son milieu exceptionnel.

Économie
Principales ressources
Paramaribo a de nombreux commerces où tout est moins cher qu'en Guyane.
Paramaribo a de nombreux commerces où tout est moins cher qu'en Guyane.

Le Suriname dépend fortement de l'exploitation minière et du traitement de la bauxite, dont les réserves déclinent. Cette dernière ressource représente plus de 30 % du PIB du pays. Le Suriname est ainsi devenu le huitième producteur mondial de bauxite. L'alumine et l'aluminium sont essentiels à cette économie et représentent plus des deux tiers des recettes d'exportation. L'extraction de l'or continue d'être un facteur de croissance.
Depuis longtemps, le Suriname et son voisin le Guyana sont engagés dans un différend territorial autour d'une zone extra-côtière potentiellement riche en pétrole. Un tribunal de l'ONU a statué en 2007, en redessinant la frontière maritime, ce qui a permis aux deux pays d'accéder au bassin. Cette décision devrait se traduire par une forte augmentation des explorations pétrolières dans les années à venir.

L'agriculture est aussi un secteur économique important pour le Suriname : les principales cultures sont le riz, les fruits (y compris les bananes) ainsi que les légumes. Le riz représente environ la moitié du total des terres cultivées. L'exportation des crevettes et de poissons contribuent également aux recettes en devises du Suriname. Il y a un petit secteur de pisciculture qui se développe, afin de produire des poissons, des crevettes et du crabe, principalement pour la consommation domestique.
L'industrie du bois est également un secteur en croissance, soutenu par l'abondance des ressources forestières tropicales.
Enfin, le secteur manufacturier continue de bien se porter au Suriname : ce secteur comprend la production d'aluminium, les industries de substitution qui utilisent une production locale et importée, ainsi que la transformation des produits agricoles locaux. Cette dernière représente environ 60 % des activités de fabrication.

Quelques chiffres

PNB/hab : 9 539 US$ (2014).

Croissance : 3,3 % (2014).

Taux de chômage : 8,9 % (2014).

Ressources naturelles : la bauxite, le pétrole, le bois, l'énergie hydraulique, la pêche, le kaolin, la crevette, l'or, une petite quantité de nickel, du cuivre, du platine et du minerai de fer.

Produits agricoles : riz non décortiqué (paddy), bananes, graines de palmier, noix de coco, bananes plantains, arachides, boeufs, poules, produits forestiers, crevettes.

Export : 1,829 milliard US$ : bauxite, aluminium, or, pétrole brut, bois, crevettes et poissons, riz, bananes.

Partenaires (export) : Suisse 21,8 %, E.A.U. 14,5 %, Inde 13,9 %, Belgique 9,7 %, Etats-Unis 8,9 %, France 8,1%, Canada 6,6 %.

Import : 2,06 milliards US$ : biens d'équipement, pétrole, denrées alimentaires, coton, biens de consommation.

Partenaires (import) : Etats-Unis 26,8 %, Pays-Bas 14,3 %, Chine 12,2 %, Trinidad et Tobago 7,4 %, Japon 4,8 %.

Place du tourisme

Le Suriname possède un excellent potentiel en termes de tourisme, avec notamment ses forêts tropicales, sa faune abondante ainsi qu'une architecture coloniale des plus singulières, dans sa capitale Paramaribo. L'écotourisme au Suriname est en train de se développer peu à peu et constitue une niche économique importante. Le secteur n'est pourtant pas encore exploité à son maximum, entravé par l'inaccessibilité de l'intérieur forestier. Cependant les structures hôtelières se multiplient ces dernières années et l'offre touristique devient de plus en plus attrayante.

Enjeux actuels

La réduction de la dette publique a été un grand accomplissement et les Pays-Bas y ont joué un rôle majeur. L'aide financière néerlandaise, arrêtée pendant la guerre civile et poursuivie après l'élection de M. Venetiaan, en 1991, représente un total de 1,6 milliard d'euros. En 2001, afin de permettre au pays de se restructurer et d'éponger sa dette, ces derniers ont accordé au Suriname un emprunt d'un montant à hauteur de 137,7 milliards d'euros. Le Suriname a pu rembourser par anticipation l'emprunt en juillet 2007 et a même pu régler les arriérés d'une dette bilatérale importante avec le Brésil. L'évolution de la dette publique est fluctuante : celle-ci est passée de 39 % du PIB national en 2004 à, selon le FMI, 16 % à la fin 2009, et revient à 33,5 % en 2014.

Le Suriname est désormais confronté à quatre enjeux majeurs, selon l'ONG Socialwatch. Sa réussite économique dépendra premièrement de la capacité de l'Etat à résoudre ses nombreux problèmes sociaux durablement : l'accès inégal à l'éducation, surtout dans les zones les plus pauvres mais aussi l'accès à la santé et au logement, restent à améliorer considérablement.

Le deuxième enjeu est sa dépendance vis-à-vis des donateurs pour les projets de développement : cette assistance n'est pas éternelle et elle se réduit d'année en année. Le troisième relève du fait que les principales exportations du Suriname proviennent de l'extraction de ses produits miniers (pétrole, or, bauxite et alumine), qui sont des ressources non renouvelables. La planification pour le futur devra donc inclure le développement de produits durables.

Le dernier enjeu est le renforcement institutionnel. Au sein du Gouvernement il y a toujours eu plusieurs institutions faibles ou inexistantes. Sous la pression des relations internationales, des institutions multilatérales comme le FMI et la BID et de son principal donateur, les Pays-Bas, le Suriname s'est vu contraint d'adopter l'approche du " marché libre " pour la croissance et le développement. Cela exige la mise en place de plusieurs mécanismes et institutions pour la création et le contrôle du marché et pour le règlement de la concurrence qui, ou bien ne sont pas en place aujourd'hui, ou bien sont très faibles.

Depuis quelques années, le Suriname tente de se réapproprier son industrie minière et aurifère. Début 2017, Alcoa annonce son retrait définitif des raffineries Suralco et des mines de bauxite, un an après avoir stoppé la production, au profit du gouvernement surinamais. Les experts sont perplexes car il faudra injecter des sommes importantes pour pouvoir les faire fonctionner, ce que l'Etat ne possède pas. Par contre, en reprenant en main le barrage hydroélectrique d'Afobaka, le Suriname n'aura plus à payer des factures d'électricité élevées à la firme Suralco.

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