Guide de Singapour : Les personnalités célèbres : Singapour

Thomas Stamford Raffles, il y a 200 ans...

Raffles, sir Thomas Stamford (1781-1826), né en Jamaïque sur un bateau, est considéré comme l'un des fondateurs de la puissance britannique en Asie du Sud-Est. Négociateur de génie pour la Compagnie des Indes, notamment en Malaisie et en Indonésie en conquérant Java qu'il gouverne jusqu'en 1816, date à laquelle il est contraint de quitter l'île pour Londres, après la décision du congrès de Vienne de rendre le territoire aux Hollandais. Il est ensuite renvoyé en Asie en 1818, chargé d'assurer à la Grande-Bretagne le contrôle de la route de Chine. Son idée de génie est de s'accaparer Singapour (autrefois l'île de Temasek), un petit îlot au sud de Malacca. Après des négociations bien menées avec le sultan de l'Etat de Johor, il assure l'administration du territoire et en fait un port de commerce important.

Le développement des activités commerciales et portuaires attire des migrants en grand nombre. Le succès du port est immédiat. Il meurt à Londres en 1826 à l'âge de 45 ans, victime d'un accident vasculaire cérébral.

Plusieurs places et établissements à Singapour célèbrent sa mémoire, dont une station de métro, proche de la grande place et de l'hôtel éponyme.

Il fonde avec Lord Auckland et d'autres naturalistes et biologistes britanniques, le Zoological Society of London ainsi que le zoo de Londres. La Rafflesia, la plus grande fleur tropicale au monde que l'on trouve en Indonésie tire son nom de Raffles, dont on lui accorde la découverte avec le naturaliste Joseph Arnold.

Lee Kuan Yew

Singapour a perdu son père fondateur en mars 2015 : Lee Kan Yew. Trois jours de deuil national ont été tout de suite annoncés. Né le 16 septembre 1923, dans une riche famille peranakan, Lee Kwan Yew, qu'on appelle alors à l'époque Harry, fait ses classes au collège Raffles et part ensuite étudier le droit à Cambridge. De retour à Singapour, il crée son cabinet d'avocats, qu'il quitte pour s'orienter vers la politique. Il participe à la création du People's Action Party, parti politique oeuvrant pour l'indépendance du pays. Après le départ des Britanniques, Lee Kwan Yew croit en une association entre la Malaisie et Singapour. Mais le 9 août 1965, le Parlement malaisien vote l'expulsion de Singapour de la Fédération de Malaisie. Lee Kuan Yew apparaît à la télévision, il est en larmes, et annonce que malgré ses efforts, Singapour se sépare de la Malaisie :

For me, it is a moment of anguish. All my life, my whole adult life, I believed in merger and unity of the two territories.... Now, I, Lee Kuan Yew, Prime Minister of Singapore, do hereby proclaim and declare on behalf on the people and the Government of Singapore that as from today, the ninth day of August in the year one thousand nine hundred and sixty-five, Singapore shall be forever a sovereign democratic and independent nation, founded upon the principles of liberty and justice and ever seeking the welfare and happiness of the people in a most and just equal society. "

L'échec de cette fédération constitue le point de départ de l'histoire moderne de Singapour. Lee Kuan Yew met son île sur les rails de la compétitivité tout en contrôlant sa population d'une main de fer. Il reste Premier ministre de 1959 à 1990. Son fils Lee Hsien Loong est aujourd'hui le Premier ministre. Depuis 2011, Lee Kuan Yew qui disposait du titre de ministre Mentor s'était officiellement retiré de la vie politique.

Goh Chok Tong

Compagnon de route de Lee Kuan Yew, il est Senior Minister de 2004 à 2011 et ancien Premier ministre de 1990 à 2004. Même si c'est lui qui a décrété l'interdiction du chewing-gum sur l'île, on lui doit d'avoir légèrement relâché la bride sur sa population. Il fait sensation en juillet 2003 lorsqu'il déclare dans une interview pour le magazine Time que son gouvernement compte des homosexuels à des postes clés. Une déclaration qui lui a attiré les foudres de la frange la plus conservatrice du gouvernement mais qui a renforcé son image de leader d'ouverture auprès de la population. Durant son mandat, Singapour a dû affronter la crise asiatique de 1997, les menaces terroristes du Jemaah Islamiyah en 2001, la crise économique de 2001 à 2003 et la crise du SRAS. Goh Chok Tong est actuellement à la fois président de la Banque centrale de Singapour et de l'Autorité monétaire de Singapour

Lee Hsien Loong

A Singapour, la politique est une histoire de famille... Lee Hsien Loong, le fils aîné de Lee Kuan Yew, est depuis 2004 et jusqu'à aujourd'hui Premier ministre. Né le 10 février 1952, il commence sa carrière en 1971 dans les forces armées de Singapour dont il se retire en 1984 pour se concentrer sur la politique. Son ascension est fulgurante, grâce à papa ou à son talent, à Singapour la question ne se pose pas. Il est nommé (par son père) ministre d'Etat au Commerce et à l'Industrie, il se retrouve au poste de ministre adjoint de la Défense. Il est ensuite nommé Premier ministre adjoint sous Goh Chok Tong et exerce plus particulièrement son influence sur les affaires économiques. En 1998, il est nommé à la tête de l'autorité monétaire de Singapour puis ministre des Finances en 2001. Le 12 août 2004, soit tout juste vingt ans après son entrée en politique, il succède à Goh Chok Tong au poste de Premier ministre. Dès le mois de novembre, il provoque un vif débat en proposant la construction des casinos. Malgré une certaine opposition au projet, Lee Hsien Loong le fait adopter.

Sur le plan privé, il a perdu sa première femme, décédée en 1982 d'une crise cardiaque. Ils ont une petite fille albinos et autiste et un garçon. En 1985, il se remarie avec Ho Chin, brillante fonctionnaire qui commença sa carrière au ministère de la Défense puis prit la tête de la Temasek Holdings, le très puissant fonds souverain de Singapour. Ils ont deux enfants.

Lee Hsien Loong entend accroître toujours plus le développement de Singapour. Cela s'oriente sur plusieurs idées directrices : ouvrir la société, encourager la natalité pour lutter contre le vieillissement de la population, développer l'éducation par l'esprit d'entreprise et la créativité, assouplir une économie très réglementée et dominée par l'Etat, renforcer l'attractivité touristique. Plusieurs avancées ponctuelles illustrent cette volonté de libéralisation : autorisation de bars dansants, ouverture de casinos, organisation d'évènements planétaires, commercialisation du chewing-gum thérapeutique...

Joshua-Benjamin Jeyaretnam

Originaire du Sri Lanka, J.B. Jeyaretnam était un des seuls hommes politiques à avoir tenu tête au Parti de l'action populaire (PAP), qui domine le Parlement depuis 1959. Il est entré dans l'histoire en devenant le premier opposant élu député, en 1981. Il avait été exclu de tout mandat public de 2001 à 2007 pour cause de faillite personnelle. L'année précédente, il avait fondé le Parti réformateur et devait se présenter devant la Haute Cour de Singapour pour demander l'organisation d'une élection partielle pour un siège vacant au Parlement. Il décède en 2008 à l'âge de 82 ans.

Chia Thye Poh

Avec 23 ans en prison et 9 ans d'assignation à résidence, Chia Thye Poh est le prisonnier politique, dans l'histoire de Singapour, qui a passé le plus de temps en prison.
Détenu en 1966 en vertu de la Loi sur la sécurité intérieure de Singapour pour avoir mené des activités pro-communistes contre le gouvernement, Chia Thye Poh, professeur de physique, militant politique socialiste et membre du Parlement de Singapour, a été emprisonné pendant 23 ans sans inculpation ni jugement. Le 17 mai 1989, après 23 années d'emprisonnement, il es assigné à résidence à Sentosa, dans un minuscule poste de garde dont il doit payer le loyer. Durant ses 9 ans à Singapour, il a travaillé comme traducteur indépendant pour la Société de développement Sentosa. Il a quitté l'île depuis.

Lim Nang Seng

Né à Kuching dans l'Etat de Sarawak à Bornéo, (Malaisie), c'est à lui qu'on doit la sculpture du Merlion, animal hybride avec une tête de lion sur un corps de poisson. Réalisé en 1972 à base de ciment fondu, l'animal de plus de 8 mètres de haut pèse 70 tonnes. Belle bête. On aime ou on n'aime pas mais le sculpteur a connu son heure de gloire avec cette figure emblématique de la cité-Etat. Elle est d'ailleurs l'emblème de Singapour, tout autant célèbre que la Marina Bay Sands, Le sculpteur est décédé en 1987 à l'âge de 71 ans.

Justin Quek

Justin Quek est assurément le plus français des chefs de cuisine à Singapour. Après avoir reçu un diplôme au Tourism Education Center en 1986, il travaille pour le chef français Bertrand Langlet qui lui conseille d'aller en France pour perfectionner ses connaissances culinaires. En 1991, nanti de toutes ses économies, Justin Quek part pour la France. Un voyage initiatique au coeur de la gastronomie française. Formé dans de belles maisons (Roland Mazère : Le Centenaire dans le Périgord, Jean Bardet à Tours et l'hôtel de Crillon à Paris), Justin Quek peaufinera son parcours à Londres chez les frères Roux au célèbre Gavroche (Michel Roux Jr.) et au Waterside Inn. De retour à Singapour en 1992, il devient chef des cuisines à l'ambassade de France. Il ouvre ensuite son propre restaurant, Les Amis, à Shaw House, premier bistrot véritablement français à Singapour. En 2004, il s'établit à Taipei en créant le restaurant La Petite Cuisine. Il ouvrira par la suite, dans le quartier Xintiandi à Shanghai, trois restaurants à succès : Le Platane, La Villa du Lac et Fountain, qu'il revendra en janvier 2009 pour créer à Taipei " Just In Bistro + Bar à vin " (avril 2009) et un restaurant gastronomique français " Justin's Signatures " (décembre 2009). Pour qu'il revienne à Singapour, on lui fait une proposition qu'il ne peut refuser : un restaurant sur le toit du Marina Bay Sands. Depuis décembre 2010, derrière des fourneaux au 57e étage, il crée une " cuisine européenne aux saveurs asiatiques ". Il ouvre un second restaurant, Grignoter, qui possède une belle cave à vins, notamment des Bordeaux grands crus.

Hossan Leong

Personnage haut en couleur de la scène artistique singapourienne, Hossan Leong, tout à la fois comique, acteur, chanteur, danseur et businessman, a l'air d'avoir 30 ans, alors qu'il en a presque 50. Récompensé par de nombreux prix à Singapour, " The Singapore Boy ", comme on le surnomme aussi, a été récemment élevé au titre de chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres par l'ambassadeur de France à Singapour. Parfaitement francophone, il a représenté les acteurs singapouriens au Festival du film asiatique et en 2006, il avait été nommé ambassadeur pour Paris 2012. Il est à l'affiche de The Fortune Handbook, gros succès en Asie en 2017.

Justin Lee

Justin Lee est né en 1963 à Singapour. Il a étudié au Lasalle-SIA, College of the Arts et à la Nanyang Academy of Fine Art de Singapour. Outre les motifs traditionnels chinois et les personnages incontournables de double happiness, il nous donne à voir des cocktails, des téléphones sans fil, des ordinateurs et autres icônes populaires du monde moderne. Dans un esprit pop, il présente une iconographie à la fois ludique et faussement naïve.

Olivia Lum

Elevée dans un village en Malaisie dans une famille pauvre, Olivia Lum a financé elle-même toute sa scolarité jusqu'à l'université nationale de Singapour, l'une des plus réputées de la cité-Etat. Une fois diplômée de chimie, elle intègre le laboratoire GlaxoSmithKline qu'elle quitte au bout de trois ans pour créer sa propre entreprise, Hyflux. Elle commence par vendre de simples filtres et système de traitement d'eau qu'elle vend elle-même en Malaisie, en faisant du porte à porte sur sa mobylette. Réalisant que le salut viendrait par la production, elle développe une membrane technique nécessaire au traitement d'eau. Au milieu des années 1990, elle commence à vendre ses installations à des usines comme Hewlett-Packard ou Siemens. Le pari est gagné. Depuis, Hyflux s'est imposé sur le marché du traitement de l'eau à Singapour qui emploie 2 500 personnes à travers le monde.

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