Guide de Singapour : Arts et culture

<p>Oiseaux en cage.</p>

Oiseaux en cage.

Toujours en quête de nouveaux moteurs de développement et également résolue à offrir au monde entier une autre image que celle d'une cité-Etat axée sur la finance et le travail, Singapour investit massivement dans l'art depuis ces dernières années. Objectif : hisser la ville du Lion au rang de capitale artistique et pour ce faire, elle n'hésite pas y mettre les moyens. En cinq ans, le gouvernement a injecté plus d'un milliard d'euros dans l'art et s'entoure des grands noms du marché. Pour accroître sa visibilité, elle a fait appel au gourou des foires de l'art, le Suisse Lorenzo Rudolph, qui depuis 2011 organise Art Stage Singapour au Marina Bay Sands. Un rendez-vous désormais incontournable de l'art en Asie. En 2012, Singapour a également inauguré en grande pompe, Gillman Barracks, des anciens baraquements de l'armée britannique transformés en galeries d'art. Un projet de rénovation de plus de 5 millions d'euros ! Et la ville n'arrête pas. Elle organise chaque année sa biennale d'art contemporain, qui a pour objectif de valoriser toutes les formes d'expression des artistes locaux. Car l'objectif est double : attirer les grands noms et dénicher les talents. Autre grand projet, la restauration des bâtiments de l'ancienne Cour suprême et sa transformation en un musée de 48 000m² qui devrait rassembler le meilleur de l'art moderne contemporain d'Asie-Pacifique. Un projet confié à l'architecte français Jean-François Milou.

Au carrefour de l'Asie, soutien du gouvernement, concentration de millionnaires, tout semble donc en place pour que Singapour s'impose sur la carte mondiale de l'art et rivalise avec Hong Kong. Tout en effet, mais au-delà des lois du marché, dans un pays où la censure est présente et la liberté d'expression contrôlée, le climat est-il propice à la mise en place d'une dynamique créatrice ?

Architecture

Singapour offre une large variété de styles architecturaux mais on peut identifier deux grandes périodes. La période traditionnelle et coloniale jusqu'à la Seconde Guerre mondiale et la période moderne d'après-guerre et post-coloniale. Si Raffles est à l'origine de la configuration de la ville, il a également laissé des instructions très strictes quant à son architecture. Des lois ont même été édictées afin de régir la construction des bâtiments et de permettre une certaine harmonie. Ainsi, les bâtiments à caractère commercial devaient avoir des murs et sols en brique et des toits en tuile pour éviter les incendies.
L'architecture traditionnelle à Singapour comprend les maisons malaises, les maisons chinoises, à la fois lieu de commerce et d'habitation d'où leur nom (shophouse), les bungalows en noir et blanc, une gamme de lieux de culte reflétant la diversité ethnique et religieuse de la cité-Etat ainsi que l'architecture coloniale qui utilise les styles néo-classiques, gothiques et palladiens.
L'architecture moderne à Singapour a commencé avec le style Art déco et l'arrivée du béton armé comme matériau de construction populaire. Après l'indépendance et pour répondre à un besoin criant de logements, on a vu sortir de terre des grands blocs d'appartements publics, les HDB. Le style brutaliste se développe aussi à Singapour entre les années 1950 et 1970. Parmi les réalisations les plus symboliques de cette période, il y a Pearl Bank Apartments, le People's Park Complexe et le Golden Mile Complex.

Des architectes de renommée mondiale à l'oeuvre à Singapour

Dès les années 1970, Singapour entreprend l'érection de gratte-ciel pour constituer un centre des affaires, à l'image de ville comme New York ou Hong Kong. La cité-Etat se lance dans la course au toujours plus haut et fait appel à des architectes de renom pour attirer l'attention. I.M. Pei, architecte sino-américain, à qui l'on doit entre autres la pyramide du Louvre, a construit trois gratte-ciel à Singapour : ceux de l'Overseas Chinese Banking Corporation (1976), de Raffles City (1986) et du Gateway (1991). L'architecte japonais Kenzo Tange a quant à lui réalisé en 1986 la tour Overseas Union Bank Centre qui, du haut de ses 280 mètres, fut en son temps la plus haute tour d'Asie.

Parmi les projets confiés à des architectes étrangers, on compte aussi le théâtre de l'Esplanade de Michael Wilford et DP Architects, la Bibliothèque nationale de TR Hamzah & Yeang, le bâtiment de la Cour suprême de Sir Norman Foster et la grande roue, le Singapore Flyer par Kisho Kurokawa Architects and Associates. Dernier projet en date et pas des moindres, le complexe Marina Bay Sands qui s'est déjà imposé comme la nouvelle icône architecturale de Singapour. Le bâtiment conçu par l'architecte Moshie Sadifie comprend trois tours de 55 étages abritant hôtels, casinos, boutiques et musées, reliées au sommet par une sorte de bâteau appelé Skypark sur lequel se trouve une piscine à débordement sur la ville, des bars et restaurants.

Rénovation-Conservation

Après une large phase de destruction, une autre tendance architecturale a été la redécouverte du patrimoine architectural de Singapour, conduisant à un programme actif de conservation ainsi que d'une industrie en plein essor dans la restauration des bâtiments historiques, souvent en les adaptant à de nouveaux usages. Ainsi par exemple, la future Singapore National Art Gallery sera aménagée dans deux immeubles historiques - le City Hall et l'ancienne Cour suprême - par l'agence française Studio Milou et son partenaire singapourien CPG Architects. Ce musée abritera la plus grande collection d'oeuvres d'art d'Asie du Sud.

Architecture néo-tropicale

Dans les années 1980 et surtout de la fin des années 1990, les architectes locaux ont cherché à développer une architecture moderne appropriée au climat tropical de Singapour. Cette approche prenant en compte le climat s'est inspirée des maisons traditionnelles et coloniales. Il s'agit d'un retour à des lignes simples, intégrant davantage les paysages luxuriants, développant des systèmes de protection solaire sous la forme de persiennes métalliques ou en bois, au lieu des rideaux de verre modernistes, qui emprisonnent la chaleur. Ces efforts architecturaux ont pris une nouvelle importance en raison des préoccupations sur le réchauffement climatique, le changement climatique et la durabilité environnementale, d'autant plus que la climatisation dans les bâtiments est un des plus grands consommateurs d'électricité de Singapour.

Les shophouses, spécificité architecturale de Singapour

Si l'architecture coloniale symbolisait la domination britannique sur Singapour, les shophouses représentaient le coeur de la vie quotidienne de Singapour. Ces unités urbaines construites au XIXe et début du XXe abritaient à la fois les commerces au rez-de-chaussée et les espaces de vie à l'étage. Si un grand nombre d'entre elles, notamment à Chinatown, ont été détruites dans les années 1960 et 1970, elles sont aujourd'hui protégées. Elles font partie intégrante du patrimoine architectural de l'île et sont le reflet de l'histoire de la société singapourienne. Quelque 5000 shophouses ont été préservées.

Shophouse : Le terme est une traduction directe du chinois chu tiam en hokkien ; " Wu Dian " en mandarin qui signifie maison et commerce. Le concept a été donné par Sir Stamford Raffles, qui a imposé la construction d'arcades couvertes de 1,50 m (Five foot way) créant ainsi une une passerelle couverte protégeant les passants et les vendeurs de la pluie et du soleil. Les sols sont généralement en mosaïque et les toits en terre cuite ou tuiles en terre. Si la structure générale et certaines caractéristiques clés restent les mêmes, on peut classer les shophouses en 4 catégories.

Early Shophouse Style : Construites entre 1840 à 1900, ces première shophouses ne sont pas très hautes. Elle sont sur deux étages avec des ornementations simples. Elles sont facilement identifiables car elles n'ont qu'une fenêtre (maximum deux) à l'étage. On observe les styles toscans et doriques. Malheureusement, il ne reste plus beaucoup de shophouses de cette époque. Il existe cependant quelques unités situées le long de Kampung Glam, 780, rue North Bridge et de 7 à 13 Erskine Road entre Chinatown et le Central Business District (CBD).

First Transitional Shophouse Style : Dans les années 1900, les shophouses acquièrent davantage de verticalité. Le style corinthien est adopté. La plupart des maisons ont désormais deux fenêtres à l'étage supérieur. Les shophouses de Ann Siang Hill, près d'Orchard Road, offrent de beaux exemples de cette période. Entrez au n° 5 Emerald Hill, aujourd'hui transformé en bar, pour voir l'intérieur d'une shophouse.

Late Shophouse Style : Dans les années 1900 à 1940, les shophouses se parent d'ormentations très riches à l'image de leurs propriétaires. Trois fenêtres ont été introduites pour une meilleure ventilation de l'air. Les styles ethniques se mélangent notamment chez les Peranakan. Leur métissage se retrouve aussi dans le style de leurs maisons, à observer encore aujourd'hui dans le quartier de Joo Chiat.

Style Art déco : Le style Art déco a été développé en Europe et aux Etats-Unis durant les années 1920 mais n'a été adopté à Singapour que dans les années 1930. Inspiré par des motifs classiques comme les ordonnances des colonne, des arcs, clés de voûte, des frontons à motifs géométriques, le type Art déco est beaucoup plus épuré que son prédécesseur. D'excellents exemples de shophouses Art déco se trouvent le long de Keong Saik Road ou de Craig Road à Chinatown ou également dans le quartier de Balestier.

Artisanat

Contrairement aux autres capitales asitatiques, Singapour n'est pas le paradis de l'artisanat. Il n'y a pas de spécialités locales. En revanche, on y trouve tout ce que font les voisins. Ainsi, vous trouverez de l'artisanat indonésien, des objets birmans, chinois et indiens. Chinatown, Little India et Kampong Glam sont les meilleurs endroits pour flâner dans les petites boutiques. Difficile donc de rapporter des objets typiquement singapouriens mais vous aurez un large éventail de choix pour vos souvenirs asiatiques.

Que ramener de son voyage ?

Singapour, ville la plus chère au monde est le paradis du shopping. Vous trouverez tous les magasins possibles dans les grands malls climatisés. Mais la cité état est aussi une fenêtre sur toute l'Asie. Si vous allez vous promener à Chinatown, vous pourrez ramener plein de babioles amusantes pour une poignée de dollars. Vous pouvez aussi ramener des saris ou des épices de Little India. A l'aéroport de Changy, faites un tour au Duty Free avant de repartir !

Cinéma

Après avoir été un centre dynamique de production de films en langue malaise dans les années 1950-1960, le cinéma singapourien a disparu après l'indépendance en 1965 avant de renaître en 1990 à travers quelques films d'auteur et de comédies. Depuis les années 2000, le gouvernement encourage la production cinématographique et malgré une censure toujours très présente, le nombre de films est en constante augmentation. Si durant l'âge d'ôr du cinéma de Singapour des années 1950, les réalisateurs étaient malais, le renouveau du cinéma singapourien est l'oeuvre de réalisateurs d'origine chinoise. En 2013, le cinéma singapourien a connu son heure de gloire avec l'attribution du prix de la caméro d'or au jeune metteur en scène Anthony Chen pour son film Ilo-Ilo. C'était la première fois en effet qu'un long métrage de Singapour recevait un prix.

Eric Khoo, l'artisan du renouveau du cinéma singapourien

" Peintre du malaise urbain, " comme le décrit Raphaël Millet, spécialiste du cinéma asiatique, Eric Khoo sera le premier des réalisateurs de Singapour à percer dans les festivals étrangers, avec Mee Pok Man en 1995 puis 12 Storeys en 1997. Dans ce dernier film, on est au coeur des frustrations des ménages singapouriens bien loin de l'image de carte postale d'un dragon euphorique shooté à la croissance économique. Indépendant, Eric Khoo produit ses films grâce à sa société de films publicitaires, Zhao Wei Films. En 2005, Be With Me, a coûté à peine 100 000 €. Le cinéaste, âgé de 39 ans, soutient aussi des jeunes, comme Roystan Tan, dont il a financé le premier long métrage en 2003, Shi wu (Quinze).

Le succès de Eric Khoo encouragea les réalisateurs en herbe à produire plus de vingt-cinq films en cinq ans, effort louable pour un secteur qui passa les vingt dernières années en hibernation. Suite aux éloges reçus lors des films pionniers, la Cathay Organization a investi et produit le succès Army Daze en 1996. A travers les déboires de jeunes appelés durant leur service national au sein des Forces Armées Singapouriennes, Army Daze dresse le portrait d'une société multi-ethnique haute en couleurs, à l'image du singlish, le langage de prédilection dont abuse sa jeunesse, anglais populaire mâtiné de langues asiatiques comme le malais et le hokkien.
Adapté de la pièce à succès éponyme du Singapourien Michael Chiang, le film, truculente comédie, fut l'un des premiers succès au box-office du renouveau du cinéma de Singapour. Tout à coup, la scène locale était relancée.

Apprécié sur la scène nationale et figure incontournable de la scène artistique depuis plus de vingt ans, Glen Goei a produit et dirigé de nombreux spectacles. Son premier film Forever Fever a reçu d'excellentes critiques lors de sa sélection au Sundance Film Festival de 1999 et marque un nouveau chapitre dans l'histoire du cinéma à Singapour. C'était aussi le premier film singapourien acheté par les Films Miramax (USA) pour la distribution internationale et la sortie en salle. The Blue Mansion marque le retour de Glen Goei, dix ans plus tard, avec les plus grands acteurs de Singapour et de Malaisie. Le film est distribué par Elixir Entertainment Pte Ltd.

Les comédies de Jack Neo ont donné au public local le goût d'un nouveau cinéma populaire où l'on parle à la fois hokkien, dialecte de la population chinoise majoritaire, longtemps interdit d'antenne, singlish, la variante locale de l'anglais, et mandarin. Dans I Not Stupid, Neo moque les ambitions démesurées des parents pour leurs enfants.

La nouvelle génération

Royston est un réalisateur en vue, sans doute le jeune cinéaste le plus prometteur de Singapour. Plus de 60 récompenses internationales et locales ont distingué ses courts-métrages, documentaires et longs-métrages. Son premier long-métrage en 2003 (financé par Eric Khoo), Shi wu (Quinze) relate l'histoire de deux jeunes délinquants violents qui s'en prennent aux écoliers qui ne parlent qu'anglais. Quinze, jugé trop nihiliste, a dû subir vingt-sept coupes à la demande de la censure. En 2008, il réalise My Magic, chronique familiale touchante sur un fils et son père renouant leurs liens par le biais de la magie.

En 2002, il a également reçu le NAC Young Artist Award. Son film 881, qui présente des prises de vue de " getai " - le spectacle de rue typique de Singapour - a conquis la première place du box-office national lors de sa sortie en salle.

A suivre également, Ho Tzen Nyen qui a reçu le NAC Young Artist Award en 2009. Le concept narratif de son film HERE a été particulièrement bien accueilli par les distributeurs internationaux. Here
 a également été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2009. Il est actuellement distribué par Visit Films, (USA). Eric Khoo, Boon Junfeng et Rajagopal étaient présents au festival de Cannes 2016.

Michael Woo, Joyce Lee, Young & Fabulous (2016), sur une bande d'adolescents à Singapour qui veulent poursuivre leurs rêves à tout prix.

K Rajagopal, A Yellow Bird (2016), l'histoire d'un Indien de Singapour qui sort de prison et part à la recherche de sa fille.

Boo Junfeng, Apprentice, (2016), présenté à Cannes dans la catégorie " Un certain regard ", raconte la peine de mort à Singapour du point de vue du bourreau.

Kevin Kwan, Rich People Problems (2018), film tiré de la série parlant des familles outrageusement fortunées de Singapour et d'Asie, avec moult rebondissements hilarants.

Shaw et Cathay, deux studios de légende

A partir des années 1930, deux studios de légende, Shaw, fondé au milieu des années 1920 par deux des fameux frères (Runme et Run Run) venus de Shanghai en quête de nouveaux marchés, et Cathay, fondé en 1935 par la famille Loke vont se livrer une saine concurrence stimulant la production locale. Au total, ce sont plus de 300 films malais qui furent produits en une trentaine d'années par les deux majors Shaw et Cathay, entre Singapour et la Malaisie, relevant dans une large mesure du patrimoine des deux pays.

En 1929 à Singapour, les frères Shaw distribuent le premier film parlant, un film américain qui fut bientôt suivi par les films de Laurel & Hardy et ceux des Marx Brothers. Puis les frères Shaw produirent le premier film parlant chinois, suivi du premier film musical cantonais en 1934. En 1947, ils créent leur studio Malay Film Productions (MFP). Loke Wan Tho fait de même en 1957, via son studio Cathay-Keris (le Keris, ou " kriss ", poignard malais traditionnel, signifiant là aussi la volonté d'ancrage dans la culture malaise).

Un destin se confond avec celui de l'âge d'or du cinéma malais de Singapour, celui de P. Ramlee, artiste multi-talent, à la fois musicien, acteur, cinéaste, dialoguiste, arrangeur et danseur.

Danse

La danse s'est d'abord développée à Singapour à travers des expressions ethniques traditionnelles chez les Chinois, Malais et Indiens essentiellement. Après l'indépendance en 1965 et voulant à tout prix créer une identité singapourienne à tous les échelons de la société, les influences occidentales furent rejetées. Mais devant le faible engouement du public pour les spectacles de danse purement ethniques, le gouvernement décida de s'ouvrir en créant en 1988 le Singapore Dance Theatre. De nombreux danseurs et professeurs internationaux vinrent alors rejoindre la nouvelle compagnie de danse. A la fin de 1986, la danse moderne fut inscrite au programme de la Nanyang Academy of Fine Arts sous l'impulsion d'Angela Liong, chinoise de Canton qui a étudié aux Etats-Unis avant de s'installer à Singapour en 1983. Elle est considérée comme l'un des pivots du développement de la danse contemporaine à Singapour. En 1994, elle crée The Arts Fission Company, qu'elle considère comme un laboratoire intégrant à la fois l'héritage asiatique et occidental. De nombreuses companies emboîtent le pas, comme l'Odyssey Dance Theatre, EcNad Project Ltd et Ah Hock & Peng Yu, qui ont contribué au développement de la danse à Singapour. Plus récemment, la compagnie T.H.E. Dance Company a été fondée en septembre 2008 par le chorégraphe et directeur artistique Swee Boon Kuik, ancien danseur de la mondialement célèbre formation espagnole La Compania Nacional de Danza. Singapour compte aujourd'hui plus de 30 compagnies de danse. La réflexion sur une identité de la danse est toujours présente mais non plus en opposition entre danse ethnique et occidentale mais plutôt par la recherche d'une identité asiatique.

Littérature

La littérature à Singapour comprend une série de travaux écrits dans les quatre langues officielles, anglais, chinois, malais et tamoul.
La littérature en anglais a fait ses débuts avec des auteurs peranakan durant la période coloniale et la première oeuvre remonterait à 1830. La première oeuvre majeure en anglais est un recueil de poésie FMSR, une parodie de TS Eliot par Francis P. NG publiée à Londres en 1935 suivi de Pulse par Wang Gungwu en 1950. Avec l'indépendance en 1965, Singapour voit émerger une nouvelle génération d'auteurs avec pour chefs de file Edwin Thumboo, Arthur Yap, Robert Yeo, Goh Poh Seng Lee Tzy Phend et Chandran Nair. On parle alors de la " géneration Thumboo ". La poésie connaît un vif succès. Dans les années 1990, la poésie à Singapour connaît un nouvel essor avec une nouvelle génération d'auteurs nés après 1965 et très actifs non seulement à Singapour mais aussi à l'international. Parmi les poètes les plus célèbres, Boey Kim CHeng, Yong Shu Hoon, Alvina Oang, Cyril Wong, Felix Cheong et Alfian bin Sa'at. Certains de ces poètes sont qualifiées de " confessional " pour la dimension intime de leurs oeuvres. Du côté des romans, la fiction en anglais ne fait son apparition qu'après l'indépendance. If we dream too long, écrit par Goh Poh Seng en 1972, est considéré comme le premier roman singapourien. Parmi les autres auteurs connus à Singapour, il y a Catherine Lim, originaire de Penang, dont les premiers recueils de nouvelles Little Ironies : Stories of Singapore (1978) et Or Else The lightining God and Other en 1980 ont connu un large succès populaire. Aujourd'hui, chez la nouvelle génération, figure Hwee Hwee Tan, dont l'humour et le parcours international se retrouvent dans son dernier roman City of Small Blessing en 2009.

Pour les auteurs de théâtre, Kuo Pao Kun a compté parmi les artisans de la renaissance du théâtre à Singapour dans les années 1980 et 1990. Il a été le directeur artistique de la salle de spectacle Substation. Certaines de ses pièces The coffin is too big for the hole (1984) et Lao Jiu (1990) sont aujourd'hui considérées comme des classiques. Incontournable également, Stellon Kon avec sa pièce Emily of Emerald Hill : a monologue (1983), qui relate l'histoire d'une mère de famille peranakan. Encore aujourd'hui la pièce est jouée à Singapour, le rôle de Emily étant tenu indifféremment par un acteur féminin ou masculin. Sa pièce a notamment joué un rôle dans le renouveau de la culture peranakan à Singapour.

Médias locaux

S'il y a un classement dont Singapour ne se vante pas c'est celui de la liberté de la presse de Reporters Sans Frontière. En 2018, la cité-Etat se situait au 151e rang sur 180. Et l'association américaine Freedom House range le pays à la 156e place aux côtés de l'Afghanistan, de l'Irak et du Qatar. Dans un pays dirigé d'une main de fer, l'environnement des médias y est donc très contrôlé. L'auto-censure chez les journalistes est fréquente et il y a de nombreuses limites quant au contenu en ligne. Les médias étrangers peuvent être sanctionnés s'ils interfèrent dans la politique du pays. La scène médiatique est par ailleurs dominée par deux acteurs. D'un côté, Singapore Press Holdings, qui a des liens étroits avec le pouvoir et dispose d'un quasi-monopole de l'industrie de la presse. Le groupe publie 18 titres en anglais, chinois, malais et tamoul dont le fameux quotidien Straits Times. Selon un article de Courrier international, les actuels rédacteur en chef, rédacteurs en chef adjoints et directeur de la rédaction du quotidien ont tous participé en 1998 à la rédaction du livre Lee Kuan Yew : The Man and His Ideas (Lee Kuan Yew : l'homme et ses idées), dressant un portrait on ne peut plus élogieux de l'ancien Premier ministre. De l'autre côté, MediaCorp, détenue par un organisme d'investissement de l'Etat, exploite des stations de radio et de télévision comme Channel News Asia. 
A côté de cette presse sous influence, les réseaux sociaux et les blogs ont pris une importance accrue et ce, notamment lors des élections législatives de 2011. Redoutant ces moyens d'expression de plus en plus critiques le gouvernement a serré la vis. La réglementation exige désormais que les sites " qui traitent régulièrement de questions relatives à Singapour et touchent un public significatif " dans l'île sollicitent chaque année une licence. Ils doivent également déposer une caution de près de S$ 40 000 et retirer tout contenu répréhensible dans un délai de vingt-quatre heures suivant la réception d'un avertissement.

Musique

La musique à Singapour est le reflet de son multiculturalisme. Chinois, indiens, malais, tamouls, chacun interprètent les musiques traditionnelles de ses origines.

 

Dans les années 60 et 70, Singapour est exposée aux influences occidentales, via les GI américains et des radios comme Radio Free Asia mais on y écoute aussi bien de la musique traditionnelle chinoise comme l'opéra de Pékin que la pop de Shanghai des années 30. De ce syncrétisme naît ce qu'on appelle le " a go go " et le " off beat cha cha " dont Singapour devient le centre de production musicale. Durant cette même période, les chansons chinoises et malaises étaient enregistrées dans les studios d'EMI à Singapour. La cité-Etat connaît plus généralement un important développement musical et tous les styles musicaux sont représentés. Singapour produit même les premiers tubes de la pop chinoise interprétés par des chanteurs de Singapour. Jusque dans les années 80, les stars locales telles que Chang Siao Ying, Sakura, Rita Chao et Lena Lim connaissent un grand succès à Singapour en Malaisie et même en dehors de la région pour certains d'entre eux. À partir du milieu des années 1980, un genre de ballades mandarin appelé Xinyao a commencé à émerger avec des chanteurs et / ou auteurs-compositeurs tels que Liang Wern Fook, Lee Shih Shiong, et Billy Koh. Des labels de musique locaux comme Ocean Butterflies international et Hype Records sont même créés. A partir des années 1990, de nombreux artistes quittent Singapour à la recherche d'une plus grande scène musicale : c'est le cas de la violoniste Vanessa Mae, du chef d'orchestre et des chanteur Dawn Xiana Moon et Sophie Koh.

Sur le front de la musique classique, l'Orchestre Symphonique de Singapour (Singapore Symphonic Orchestra SSO) est fondé en 1979. Il est constitué de 96 membres et a effectué de nombreuses tournées internationales. Les concerts sont donnés dans la " Salle de Concert " de 1.800 places assises de l'Esplanade, le premier grand centre culturel d'envergure construit en 2002 et dont la forme rappelle le durian. Plus généralement Singapour organise de nombreux concerts et festivals de musique.

 

De nombreuses troupes et groupes viennent se produire à Singapour. Chaque année à l'occasion du Grand Prix de Formule 1, des stars comme Justin Bieber, les Rolling Stones ou Rihanna viennent dans la cité-Etat. En 2018, Singapour accueille Céline Dion, Bob Dylan ou même Elton John... Et bien évidemment, tous les plus grands DJ de la planète.

Peinture et arts graphiques

Le développement de la peinture à Singapour est indissociable de l'histoire de la Nanyang Academy of Fine Arts créée en 1938 sous l'impulsion d'artistes chinois immigrés à Singapour. Fermée entre 1941 et 1945 à cause de l'occupation japonaise, l'école rouvre en 1946. La Chine sort tout juste de la guerre sino-japonaise et de nombreux artistes fuient le pays en direction de Singapour. Parmi eux, Cheong Soo Pieng, Chen Wen Hsi, Chen Chong Swee et Liu Kang qui deviennent alors professeurs à la Nanyang Fine Arts College. En 1952, accompagnés d'une autre artiste, Georgette Chen (qui a étudié à Paris), ils partent en voyage à Bali. De retour, ils commencèrent à peindre le quotidien et la culture d'Asie du Sud-Est utilisant un mix des techniques chinoises et européennes. Un style baptisé dans les années 1970, Nanyang Art. Nanyang signifie les mers du Sud en chinois, faisant référence à toute la région du sud de la mer de Chine, évoquant également la notion de " paradis tropicaux ".

A partir des années 1970, une nouvelle génération d'artistes contemporains a emergé. Parmi les plus connus sur la scène internationale : Matthew Ngui, Suzann Victor, Salleh Japar et Henri Chen ; Francis NG, Heman Chong et Tan Swie Hian ; Lim Tzay Chuen ; Zul Mahmod, Jason Lim, Vincent Leow et Tang Da Wu.

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