Guide de Singapour : Survol de la ville

Géographie

Située à l'extrême sud-est de la péninsule malaise, la République de Singapour occupe une position stratégique à l'entrée du détroit de Malacca, passage maritime le plus emprunté du monde, qui longe la Malaisie au nord et Sumatra au sud. Sa superficie de 682,7 km² se répartit entre une île principale d'environ 42 km (est-ouest) sur 23 km (nord-sud) et 58 îlots. Le plus grand est Pulau Tekong Besar (17,9 km²), suivi de Pulau Ubin (10,1 km²), Sentosa (3,5 km²), Pulau Ayer Chawan (2,2 km²), Pulau Merlimau (1,3 km²) et Pulau Bukom Besar (1,2 km²). En raison d'une intense poldérisation, la superficie de Singapour s'accroît chaque année.

L'île de Singapour est presque plate. Le point culminant de l'île, le Bukit Timah Peak, est à 165 mètres au-dessus du niveau de la mer et domine la réserve du même nom qui abrite la seule véritable zone de forêt primaire de l'île. Dans ses 164 ha, cette forêt miniature renferme plus d'espèces forestières que toute l'Amérique du Nord et chaque vallée a ses propres essences caractéristiques. Malgré une intense urbanisation, 10 % de la superficie de Singapour est constituée de parcs et de réserves naturelles faisant de la cité-Etat " une ville dans un jardin ". Au sud-est de la City, le Mount Faber, le rendez-vous des promeneurs, offre une belle vue du haut de ses 117 m.

La Singapore River, sur les berges de laquelle s'est construite la City, ne fait que 3 km alors que la plus longue, la Sungei Seletar, au nord, fait 15 km, mais c'est plus un estuaire qu'une rivière.


Séparée de la Malaisie par le détroit de Johore, d'à peine un kilomètre de large, elle est reliée au continent par une digue routière et ferroviaire, le " Causeway ", et un pont à Tuas. Au sud, le détroit de Singapour la sépare de l'archipel indonésien de Riau.

Climat

Le climat est de type équatorial, chaud et humide toute l'année. Il n'y a pratiquement pas de variations saisonnières ni d'écart thermique entre le jour et la nuit. Il faut néanmoins noter un rafraîchissement lors de la saison des pluies entre novembre et janvier. Les violents orages se montrent fréquents. 
La moyenne annuelle des températures s'établit de 24 °C à 34 °C. 
La pluviométrie annuelle moyenne est de 2 500 mm. 
L'hygrométrie moyenne est de 84 %, avec un maximum de 96 % et un minimum de 64 %.

Environnement – écologie
Environnement

S'il y a un adjectif qui vient à l'esprit lorsqu'on arrive à Singapour, c'est vert. En effet, malgré l'urbanisation, les autorités de Singapour ont depuis les années 70 l'ambition de faire de Singapour " une ville jardin " en développant parcs, réserves naturelles et espaces verts. Par ailleurs, Singapour est, dans la région, le pays le plus actif et le plus en pointe dans les différents secteurs de l'environnement. Depuis 2006, le Premier ministre Lee Hsien Hong a annoncé que le secteur de l'eau et de l'environnement était désormais un axe clef de développement économique du pays. Les domaines clefs identifiés sont : le traitement de l'eau, le traitement et la valorisation des déchets, les énergies propres.

Bien que Singapour soit située sur la zone équatoriale et bénéficie de fortes chutes de pluie (l'île reçoit 2 mètres de pluie par an), plus de 50 % de l'eau vient actuellement de Malaisie. En effet la rapide expansion industrielle, économique et sociale de Singapour a engendré une forte augmentation de la demande en eau. Etant une île dotée de peu de rivières et de lacs, Singapour a des ressources limitées en eau. Durant les 40 dernières années, la ville-Etat a réussi à faire de cette vulnérabilité une force en investissant dans la recherche et la technologie pour développer des capacités de management et de traitement de l'eau. Singapour est considérée comme une vitrine des nouvelles techniques (membranaires, désalinisation d'eau de mer et réutilisation des eaux usées) pour produire une eau potable.

La cité-Etat a mis en place un système durable d'approvisionnement en eau avec une stratégie basée sur quatre sources différentes appelées les " Four National Taps " (les Quatre robinets nationaux) : captages locaux de l'eau, importations d'eau, eau recyclée (NEWater) et eau désalinisée. Le Public Utilities Board (PUB), l'agence nationale de l'eau, a donc établi un système d'approvisionnement en eau diversifié et durable, afin de répondre à la demande grandissante en eau de Singapour. De plus, la conservation de l'eau est également un élément clé dans la gestion de l'eau à Singapour. Plusieurs initiatives pour la conservation de l'eau ont permis de diminuer la consommation domestique d'environ 12 % entre 1995 et 2007 (157 l par personne par jour). D'autres efforts ont été menés comme la réfection des conduites d'eau : Singapour n'a que 12 % d'eau perdue en fuites, contre 25 % de moyenne dans les villes américaines (et jusqu'à 50 % à Mexico). Selon l'ambassade de France à Singapour, le gouvernement singapourien a investi 160 millions d'euros sur cinq ans pour promouvoir la R&D et devenir compétitif sur le marché de l'eau et de l'environnement.

Forte de cette technologie, Singapour est très souvent sollicitée par des pays confrontés aux mêmes problématiques, en Afrique, en Inde, en Asie...

Singapour régulièrement dans le brouillard

Entre juin et octobre 2015, l'Indonésie a été ravagée par des feux de forêt non contrôlés. Comme chaque année à cette période, les Indonésiens brûlent la terre pour la rendre plus fertile afin de planter les fameux palmiers à huile. Mais cette année, les incendies se sont propagés dans les forêts de Sumatra et de Kalimantan à vitesse grand V, et la fumée a traversé le détroit de Malacca pour recouvrir entièrement Singapour et la Malaisie d'un brouillard toxique. Les écoles ont été fermées, les vols annulés, la population invitée à rester chez elle. Cette fumée récurrente n'arrange pas les relations diplomatiques entre les deux pays. Si rien de comparable n'est à signaler depuis lors, des pics de pollution sont régulièrement observés pour toujours les mêmes causes et bien évidemment engendrant les mêmes effets...

Ecologie

Mais attention, si Singapour communique beaucoup sur ses mesures environnementales (péages urbains, développement de voitures électriques, construction d'un terminal de gaz naturel liquéfié pour produire de l'électricité plus propre, etc), elle n'est pas encore un géant vert. La publication récente d'une liste des pays les plus polluants au monde a ébranlé les esprits. Selon Maplecroft, agence britannique spécialisée dans l'analyse des risques écologiques, Singapour serait le septième Etat le plus polluant de la planète (en termes d'émissions par habitant). Selon Chris Chaplin, le porte-parole du WWF, si les habitants du monde entier avaient le même niveau de consommation que les habitants de Singapour, il faudrait trois planètes pour satisfaire les nouveaux besoins en ressources. Pour sa défense, Singapour peut plaider des circonstances atténuantes : avec sa petite taille, pas de place pour des champs d'éoliennes, pas de ressources pour développer les énergies hydrauliques ou géothermiques. Singapour reste donc encore dépendante des énergies fossiles.

Au quotidien, on ne lésine pas sur les sacs plastiques, notamment dans les supermarchés où les caissières n'hésitent pas à emballer les produits dans deux sacs plastiques. Quant au recyclage, le tri sélectif est encore absent de bon nombre d'immeubles. Enfin et surtout, l'air conditionné qui est partout à Singapour. Dans les bureaux, il fait parfois tellement froids que malgré le climat que l'on connaît à Singapour, on voit de jeunes femmes porter des collants, des bottes et toujours avoir une veste ou une écharpe. Même combat dans les malls ou cinéma, où le froid est saisissant par rapport à la chaleur extérieure. Mais cette sensation de fraîcheur a un coût écologique et économique. Economique, car l'air conditionné absorbe un tiers des dépenses des dépenses d'énergie de Singapour. Ecologique, car l'air conditionné utilise des fluides frigorigènes, puissants gaz à effet de serre.

Tout n'est donc pas que vert au pays du " Green Singapor ".

Parcs nationaux

C'est l'agence gouvernementale National Park qui gère " la ville jardin " et ses 3318 hectares de parcs, connecteurs et espaces verts, incluant quelque 300 parcs et aires de jeux pour les enfants. Parmi ces parcs, on compte l'incontournable Singapore Botanic Gardens, mais aussi Fort Canning Park, East Coast Park, Telok Blangah Park et Pulau Ubin Recreation Area. Outre ces parcs, National Park gère également plus de 3327 hectares de réserves naturelles comme le Central Catchment Nature Reserve, qui comprend notamment les grands lacs artificiels comme les réservoirs Upper Seletar, MacRitchie et Bedok et aussi la réserve de Bukit Timah, qui abrite encore des zones de forêt primaire. Au nord-ouest de l'île, la réserve de Sungei Buloh constituée essentiellement de mangroves est connue des amateurs d'oiseaux. Cette ancienne ferme d'élevage de crevettes à été transformée en réserve naturelle et accueille à la fois des oiseaux migrateurs et résidents.

Faune et flore

Difficile d'imaginer que lorsque Raffles arriva à Singapour en 1819, l'île était alors presque entièrement couverte de forêts tropicales. On y trouvait même des tigres qui semaient la terreur dans les régions de Bukit Timah, Choa Chu Kang et sur l'île de Pulau Ubin. Dans les plantations, les coolies chinois étaient les cibles des félins. Les attaques étaient si fréquentes et si nombreuses qu'en 1959, les habitants abandonnèrent leur village près de Bukit Timah qu'on surnommait à l'époque " le station de vacances des tigres ". La chasse aux tigres devint alors une activité très répandue, dangereuse, mais lucrative. Depuis 1930, plus aucun tigre n'a été vu à Singapour. En raison de la rapide déforestation pour créer les plantations puis de l'urbanisation, plus de 95 % des habitats naturels ont été perdus à Singapour. Conséquence directe de cette déforestation, plus de 20 espèces de poissons d'eau douce et 100 espèces d'oiseaux ainsi que d'un certain nombre de mammifères ont disparu localement. Aujourd'hui, l'essentiel de la faune et la flore se trouvent dans les réserves naturelles. Parmi lesquelles la réserve de Bukit Timah qui couvre 163 hectares soit seulement 0,2 % de la superficie totale de l'île mais qui abrite à elle seule 40 % de la faune et la flore du pays. Malgré sa petite taille, l'île compte plus de 2 000 espèces végétales, 57 espèces de mammifères, 98 espèces de reptiles, 25 espèces d'amphibies, 355 espèces d'oiseaux et quelque 282 espèces de papillons.

Bukit Timah et Central Catchment Nature Reserve. Renfermant les derniers vestiges de forêt primaire de Singapour, ces réserves sont un paradis pour les botanistes ! On y trouve par exemple le Seraya (Shorea curtisii), une espèce d'arbre géant et qui compte parmi les plus anciennes de Singapour ou encore les rares Mock Durian (Neesia synandra) aux fruits non comestibles qui ressemblent à un durian. On y trouve également de nombreuses autres plantes : arbres ou fleurs des strates inférieures adaptés à la faible luminosité, comme l'Ixora pendula, ou la plante du diable ainsi que de nombreuses fougères et orchidées qui poussent sur les arbres.

Du côté de la faune, la mante religieuse des forêts, le crabe d'eau douce ainsi que d'autres animaux comme le pangolin, l'écureuil volant de Horsfiel ou encore le lémurien volant ou colugo.

Mais les animaux que vous verrez en plus grand nombre sont bien sûr les singes, les macaques à longues queues, très présents aux abords des réserves naturelles en général.

La réserve naturelle de Bukit Timah, zone protégée fait partie de la vaste Central Catchment Nature Reserve, qui comprend notamment les grands lacs artificiels comme les réservoirs Upper Seletar, MacRitchie et Bedok et constitue le poumon vert de Singapour. Sur plus de 3000 hectares, on retrouve plus de 840 espèces de plantes à fleurs et 500 espèces d'animaux.

Sungei Buloh, le paradis des amoureux d'oiseaux. Quelques secteurs de mangroves ont été conservés, comme la Sungei Buloh wetland reserve sur l'île de Pulau Ubin. Le parc naturel de Sungei Buloh est une réserve naturelle aquatique où le visiteur pourra observer certaines des 140 espèces d'oiseaux peuplant le parc. On peut voir des martins-pêcheurs à col blanc, différentes variétés d'étourneaux, des bécassins d'Asie, des balbuzard pêcheur, des éperviers du Japon, des aigrettes de Chine (Egretta eulophotes) ou encore des Hérons cendré (Ardea cinerea).

On peut également croiser des crocodiles marins et des varans malais qui, bien qu'impressionnants, sont inoffensifs.

L'orchidée : la reine de Singapour

En 1981, c'est une orchidée, plus particulièrement l'orchidée Miss Vanda Joaquim (découverte pour la première fois en 1893, dans le jardin de Mlle Agnès Joaquim, la fille d'un riche commerçant originaire d'Arménie) qui a été choisie comme fleur nationale de Singapour. C'est dire l'importance de cette fleur pour la cité-Etat. Pour avoir une idée de la variété d'orchidées, il faut absolument visiter le Jardin national des Orchidées, situé dans le jardin botanique. Rassemblant pas moins de 1000 espèces et plus de 2000 hybrides, il est le plus grand jardin d'orchidées au monde. Singapour compte 226 espèces d'orchidées endémiques, mais 178 sont considérées comme éteintes.

Des programmes ont été mis en place, visant à surveiller et évaluer l'état de conservation des espèces existantes, leur diversité génétique, mais aussi visant à augmenter le nombre d'orchidées dans la nature ou en milieux semi-naturels et urbains.

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