Politique et économie

Politique
Structure étatique

Depuis l'abrogation de la Constitution, force est de constater que les lois votées et les mesures prises par le gouvernement vont plutôt dans le sens de l'apaisement et de la conciliation entre les communautés autrefois en conflit. Selon les habitants, le Commodore s'applique à soulager la misère et à aplanir les différences entre Fidjiens et Indo-Fidjiens, ainsi qu'à démocratiser le pays : pour preuve, les lois dépénalisant l'homosexualité et les avancées en matière d'égalité entre les deux communautés. Les Fidji restent cependant relativement isolées du reste du monde par leur absence de Constitution et l'attente de la tenue d'élections.

Le Grand Conseil des chefs : Bose Levu Vakaturaga

Cette instance spécifiquement fidjienne fonctionne en parallèle du gouvernement. Il s'agit de la plus haute assemblée des Fidji et de la plus ancienne. Formé par les chefs de tribus, le Grand Conseil compte 55 membres, issus 3 par 3 des 14 provinces des Fidji. A cela s'ajoutent 6 chefs, nommés par le ministre des Affaires fidjiennes en accord avec le président de la République. Par ailleurs, le président, le vice-président et le Premier ministre du gouvernement sont également membres à vie de ce conseil. Le Grand Conseil des chefs se réunit régulièrement et a la charge d'élire le président de la République.

L'exercice du pouvoir à l'échelon local

C'est selon un système pyramidal traditionnel que le gouvernement fidjien exerce son pouvoir et fait respecter ses lois au niveau local. Les îles Fidji sont divisées en 14 provinces. Chacune d'entre elles est dirigée par un conseil avec, à sa tête, un représentant exécutif. Chaque province regroupe plusieurs régions (Tivika), qui, elles-mêmes, regroupent plusieurs villages (Koro). On trouve des représentants et décideurs à chaque échelon. En tant que villes, Suva et Lautoka sont dotées d'un conseil général, tandis que les villages de Nadi, Ba, Tavua, Sigatoka, Labasa, Nausori, Levuka, Savusavu et Lami sont, eux, dotés d'une mairie.

Le vote obligatoire

Avec un taux d'abstention quasi nul, les îles Fidji auraient de quoi faire pâlir plus d'un pays européen. L'explication de ce taux minimal est très simple : aux Fidji, le vote est obligatoire. Tout citoyen de plus de 21 ans doit impérativement se faire enregistrer sur les listes électorales. Toute omission entraîne une amende de 50 F$. Par ailleurs, tout votant ne faisant pas honneur à son droit de vote sans raison valable est passible d'une amende de 20 F$.

Partis
À la tête de la République

Président : Ratu Jioji Konrote depuis Novembre 2015.

Premier ministre : Commodore Voreqe (Frank) Bainimarama.

Les partis politiques

Fidji d'abord : (centre, populiste, laïc). Fondé en 2013 par Voreqe Bainimarama. Unité et Harmonie nationales. Soutien conséquent auprès des différentes communautés ethniques

SDL : Soqosoqo Duavata ni Lewenivanua. Parti des " Fidji unies " fondé en 2001 par Laisenia Qarase. Parti unifié. Electorat : essentiellement fidjien. Parti conservateur qui prône le Christianisme est qui a exprimé son opposition quant à la légalisation des pratiques homosexuelles. En 2013, le SDL est refondé sous le nom de Sodelpa, sous la direction de Ratu Jone Kubuabola.

FLP : Fiji Labour Party. Parti travailliste. Electorat : essentiellement indo-fidjien. Dirigeant : Mahendra Chaudhry. Le parti est en déclin, il ne reporte aucun siège lors des élections de 2014.

Parti de la Fédération Nationale. National Federation Party. Parti politique fidjien fondée par AD Patel en Novembre 1968, une fusion du Parti Fédération et le Parti national démocratique. Aujourd'hui à la tête du parti, politicien fidjien de descendance Indo-fidjienne.

Enjeux actuels

Bainimara est nommé Premier Ministre en septembre 2014, pour quatre ans de mandat, par le Président Ratu Epeli Nailatikau, après la victoire de son parti " Fidji d'abord ". Ces élections se tiennent sur la base de la nouvelle Constitution de 2013, tout comme les élections présidentielles du 12 octobre 2015, où le Parlement a élu le major-général George Konrote en tant que président. Il est investi de ses pouvoirs le 12 Novembre à 2015.

Économie

Malgré les différents coups d'Etat qui ont ébranlé leur crédibilité internationale et qui leur avaient valu de sombres présages des pays environnants quant à leur économie, les îles Fidji sont en pleine expansion économique. Fidji semble avoir passé une nouvelle étape, en renforçant son secteur tertiaire et, bien qu'elle reste l'un des secteurs clés de son économie, l'agriculture n'en est plus le moteur principal et serait même en perte de vitesse. Nouveau pôle économique, le tourisme a réussi en peu de temps à prendre le pas sur le sucre et le textile, devenant ainsi la ressource principale du pays. Fidji est en pleine mutation économique et se dessine un nouveau visage, mais de nombreux défis l'attendent. Remédier à la fuite des cerveaux, enrayer l'inflation qui sévit de plus en plus sur les îles et redorer son blason auprès de la communauté internationale pour décrocher de nouveaux marchés. L'Union européenne, contrairement aux menaces de boycott qu'elle avait adressées à l'archipel, lui renouvelle ses aides et sa confiance, pour le moment du moins.

Principales ressources
Au village, une jeune fille prépare le poisson qu'elle vient de pêcher, pour le déjeuner.
Au village, une jeune fille prépare le poisson qu'elle vient de pêcher, pour le déjeuner.
Points de repère

Croissance économique : +3,4 % en 2015.

Exportations : 1,202 milliard de dollars.

Principales ressources économiques : tourisme, sucre, textile, pêche, or, eau minérale.

Secteurs en déclin : agriculture, forêt et pêche.

Inflation : 0,54 % en 2014.

Survol des principaux secteurs

Tourisme. Première source de revenus du pays, le tourisme emploie à l'heure actuelle 45 000 personnes et représente 25 % du PIB. Les Fidji accueillent entre 400 000 et 500 000 visiteurs par an.

Sucre. Son implication dans l'économie est considérable : il emploie plus de 200 000 personnes. Le secteur est en pleine restructuration pour faire face aux nombreuses menaces qui le mettent en péril. C'est, malgré tout, aujourd'hui encore, une des principales ressources du pays.

Textile. C'est un des plus importants secteurs de l'économie. Le système de charges fiscales, très avantageux pour les entreprises puisque nul, a largement favorisé l'implantation de nouvelles entreprises, principalement dans le domaine du textile.

Pêche. Quatrième pôle d'exportation, la pêche représente 9 % des exportations. Le secteur emploie près de 22 000 personnes. La pêche se maintient au rang des ressources principales grâce à des accords internationaux, notamment dans le cadre de la Pacific Fishing Company. Son fer de lance : le thon.

Sylviculture (forêt). Cinquième pôle exportateur, l'exploitation forestière se maintient tant bien que mal parmi les principales ressources du pays. Mais de nouvelles perspectives s'offrent à elle avec la récente culture de l'acajou. La forêt couvre 935 000 hectares dont 900 000 sont la propriété de Fidjiens de souche.

Coprah et huile de coco. La culture du cocotier emploie près de 100 000 personnes. Pour autant, le revenu annuel de ces cultivateurs est parmi les plus bas du pays. Plus que tout, en 2003, le cyclone Ami avait largement ravagé les plantations des coprahs. 70 % de la production sont destinés à l'export.

Eau minérale. Elle s'est hissée au rang des plus importantes sources de revenus du pays. Son implantation sur le marché américain est conséquente : il s'agit de la deuxième eau la plus importée aux USA après Evian. Et pour cause ! Fiji Water a été récemment rachetée par un investisseur américain. Son introduction sur le marché US est une véritable réussite.

Industrie cinématographique et audiovisuelle. C'est l'un des secteurs les plus prometteurs. De plus en plus de films sont tournés sur le territoire. On projette même d'installer, dans le nord de Viti Levu, un mini Bollywood qui accueillerait le cinéma indien dans un paysage privilégié.

Agriculture

L'implication de l'agriculture dans l'économie et la vie fidjienne, d'une façon générale, est considérable. Elle emploie 50 % de la population active du pays et représente 43 % des échanges extérieurs. On compte 1,8 million d'hectares de terre aux Fidji, dont 16 % sont cultivables et principalement situées le long des côtes. Sur l'ensemble de ces terres arables, 24 % sont utilisées pour la canne à sucre et 23 % pour les cocotiers, les fruits, légumes et racines de plantes se partageant la moitié restante. Les fruits et légumes sont majoritairement exportés en Nouvelle-Zélande et au Japon, où les fruits tropicaux sont très demandés. Parmi les nouvelles valeurs sûres de l'agriculture fidjienne qui tentent de lui donner un nouvel élan, on trouve le gingembre, le tapioca et l'arbre à pain.

Le sucre

Principal pôle d'exportation depuis plus de 100 ans, le sucre est en perte de vitesse. S'il occupe toujours une place très importante dans l'économie du pays, il s'y maintient de plus en plus difficilement. La production sucrière doit faire face à la libéralisation des marchés en même temps qu'elle subit le côté pervers du système de propriété des terres. En effet, de nombreux baux arrivent à leur terme et ne sont pas renouvelés par les propriétaires, qui entrevoient des sources de profit plus intéressantes ou souhaitent tout simplement jouir de l'usufruit de leurs propres terres. Le gouvernement a récemment mis en place plusieurs mesures visant à soutenir le secteur en déclin. Une commission (Farming Assistant Program) a notamment été créée pour tenter de résoudre ce problème complexe. Elle a, entre autres, à charge de relocaliser les Indiens dont les baux sont arrivés à expiration et ne sont pas renouvelés. La production de sucre s'effectue sous la houlette de la Fidji Sugar Corporation, dont le propriétaire exclusif est l'Etat. Auparavant, le pays exportait surtout en Europe, mais l'abrogation de la Constitution a changé la donne et l'Union européenne a suspendu son aide aux Fidji et ses taux préférentiels, ce qui explique leurs difficultés économiques actuelles.

Propriété des terres : un système unique

La propriété des terres est régie aux Fidji par un système unique : le Agricultural Landlord and Tenant Act (ALTA), qui garantit la propriété des terres aux Fidjiens de souche. Ceux-ci possèdent aujourd'hui 87,4 % des terres du territoire, le reste des terres étant soit propriété de l'Etat (pour une moindre partie), soit propriété privée. Cette situation est pour le moins exceptionnelle et garantit aux Fidjiens de souche un statut privilégié. Sur les 1 437 000 ha de terres fidjiennes, environ 650 000 sont louées à des tiers, indiens pour la plupart, mais aussi aux investisseurs qui y construisent des complexes hôteliers. Les baux sont signés pour une durée allant de 2 à 99 ans. En marge de ce bail, de nombreux accords sont conclus entre les investisseurs des complexes touristiques et les propriétaires. Ils consistent à embaucher en priorité les habitants du village, mais également à se fournir en fruits et légumes provenant de la production du village. Parfois, ils négocient aussi des dividendes. Une source de profit extrêmement avantageuse pour les propriétaires de ces terres. Le tableau n'est pas aussi rose pour les Indiens, qui louent les terres qu'ils cultivent. Depuis quelques années, l'Etat se heurte à un vrai problème dans ce domaine. De nombreux baux arrivent à échéance et ne sont pas renouvelés. Les propriétaires proposent souvent un nouveau bail sur une courte période à des taux bien plus élevés que les Indiens ne peuvent assumer. Aussi une commission a été récemment nommée, pour tenter de résoudre ce problème et veiller au maintien de ces cultures agricoles.

Place du tourisme

Avec près de 700 000 visiteurs par an, Fidji est la destination la plus fréquentée du Pacifique. Australiens et Néo-Zélandais s'y rendent en masse et le marché asiatique suit la marche depuis quelques années maintenant. Suivent le marché américain et européen, encore un peu timide. Par l'intermédiaire du Fiji Tourism, une antenne chapeautée par le ministère du Tourisme, le gouvernement a mis en place une très forte politique promotionnelle et de marketing. Cinq compagnies d'aviation régionales et trois compagnies internationales desservent le pays. Parmi elles, Fiji Airways développe plusieurs lignes intérieures et de nouvelles liaisons internationales directes, ce qui devrait largement redéfinir le marché et le déploiement d'un tourisme moins concentré sur Viti Levu. Côté hôtellerie, les plus grandes chaînes mondiales y ont un établissement. Si l'on entend partout que le coup d'Etat de 2006 et la situation politique qui s'en est ensuivie a eu un impact négatif sur le nombre de touristes du pays ; force est de constater aujourd'hui que le pays connaît des taux de fréquentation de plus en plus importants. L'année 2014 affiche un taux record de visiteurs internationaux avec 692 630 visiteurs sur l'année, soit une augmentation de 5,3 % par rapport à 2013.

Enjeux actuels

En se développant, en s'urbanisant, Fidji a imposé à ses habitants une conception économique de la société à laquelle ils n'étaient pas habitués, et, avec elle, un terme aux consonances foncièrement occidentales et à la réalité abstraite, celui de travail. Un mot qui n'a pas le même sens dans l'esprit fidjien et occidental. Le développement économique a ajouté à la notion de travail une conception financière qui n'avait pas de réalité jusque-là : travailler pour de l'argent, pour des morceaux de papier et de petits ronds métalliques qui régissent le quotidien. Il a donc fallu économiser, compter, payer, vendre... et donner une valeur financière à chaque chose. Une tâche bien difficile pour des autochtones qui, jusqu'alors, n'avaient pas besoin de travailler contre rémunération pour vivre. Il n'y a pas si longtemps, sur la plupart de ces îles, il n'y avait point de travail à l'occidentale ! De chômage non plus. Mais d'une notion abstraite de l'argent, on est très vite passé à une réalité très concrète, unique moyen de participer à la vie moderne, celle où l'on achète ses vêtements, où l'on regarde la télévision, où l'on ne peut plus vivre de récolte et de pêche. On parle donc désormais de chômage aux îles Fidji. On annonce près de 9 % de chômeurs et le nombre tend à augmenter. Mais quel type de chômeur se cache derrière ces chiffres dans la mesure où, sur bien des îles encore, on n'a pas besoin de travailler pour vivre ? Ce qui est sûr cependant, c'est qu'aujourd'hui de plus en plus de jeunes s'entassent dans les villes et centres urbains de l'île (Suva, Nadi et Lautoka) pour y travailler. Mais le système scolaire leur assurant un savoir très limité, les postes sont difficiles à trouver. Effet pervers d'une société qui s'occidentalise à la vitesse grand V et dont les habitants doivent sauter dans le train en marche sans l'avoir jamais pris. Forcément, le nombre de laissés-pour-compte sur les quais de gare risque d'augmenter. Et d'un statut de " guerrier ", dans leur tribu, ceux qui auront loupé le train accéderont au statut international de " chômeur ", dans la société développée.

Adresses Futées des Fidji

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