Guide de Guyane : Politique et économie

Politique
Structure étatique

La Guyane est à la fois une région administrative et un département français d'outre-mer (DROM) dont Cayenne est la préfecture. Avec la Guadeloupe et la Martinique, elle constitue un des trois départements français d'Amérique (DFA). Vous entendrez souvent parler de la région Antilles-Guyane. Les 19 cantons de la Guyane élisaient chacun un conseiller général, formant ainsi le Conseil général de la Guyane. Le Conseil régional comptait 31 membres. Mais tout cela change avec l'instauration de la première assemblée de Guyane élue aux élections territoriales de décembre 2015 qui vient remplacer les deux anciennes entités. Deux députés et deux sénateurs représentent le département au niveau national. En 2016, le Conseil général et le Conseil régional de Guyane fusionnent pour devenir la collectivité territoriale de Guyane (CTG).

Passage à l'assemblée unique

Adoptée en 2010 après un second référendum, la création de la nouvelle collectivité unique de Guyane vient remplacer par une entité unique le doublon créé par le département et la région de Guyane. Le territoire est désormais divisé en 8 cantons et représenté par 51 conseillers territoriaux. Lors des élections régionales de décembre 2015, c'est la liste divers gauche de Rodolphe Alexandre qui arrive en tête au second tour le 13 décembre 2015 avec près de 55 % des suffrages exprimés face à Alain Tien-Liong qui menait une liste de gauche sans étiquette. À noter que Rodolphe Alexandre était déjà président de la région Guyane depuis 2010. Mais à l'époque, il était soutenu par l'UMP.

Partis

Les collectivités locales de la Guyane sont majoritairement à gauche : sur vingt-deux communes, plus de la moitié est détenue par des élus du PSG ou de divers gauche. La présidence de la nouvelle assemblée unique de Guyane procédant des élections territoriales de décembre 2015 sera assurée par Rodolphe Alexandre, qui menait une liste divers gauche et qui était déjà président de la région depuis 2010 mais soutenu... par l'UMP.

La gauche guyanaise est constituée de divers partis plus ou moins actifs liés de près ou de loin à la majorité présidentielle. Principalement loyaliste, sa composante majoritaire en est le Parti Socialiste guyanais (PSG), parti indépendant qui, contrairement à la Fédération de Guyane du Parti Socialiste, n'est pas affilié au PS métropolitain. Le Walwari, lié au Parti Radical de Gauche, a été créé par Christiane Taubira, ex-ministre de la Justice. Le parti des Forces Démocratiques de Guyane (FDG), l'AGEG (À Gauche en Guyane) et les Verts complètent cette gauche plurielle. La branche radicale indépendantiste est représentée par le Mouvement de Décolonisation et d'Émancipation Sociale (MDES). Elle maîtrise le pouvoir local grâce à l'implication de ses membres dans l'Union des Travailleurs Guyananais (UTG), le premier syndicat de Guyane, doté d'une très forte capacité de mobilisation et d'une implantation dans tous les secteurs d'activité.

Le PSG fut créé dans les années 1950 pour protester contre la départementalisation de la Guyane. Il est aujourd'hui très proche idéologiquement du PS métropolitain. Le Walwari, malgré la présence médiatique de Christiane Taubira, détient un très faible levier local de décision. De fait, sa marge de manoeuvre pour un éventuel changement s'avère extrêmement réduite. Le même raisonnement peut être tenu pour une autre frange de la gauche guyanaise, il s'agit du parti politique Forces démocratiques de Guyane (FDG) créé par l'ancien président du Conseil régional, M. Georges Othily. Là aussi, ce mouvement composé pour l'essentiel des déçus du PSG ne détient aucun pouvoir local de décision.

La droite guyanaise est composée de la branche locale des Républicains et de diverses petites forces centristes. Elle reste enfermée dans un discours tendancieux qui n'affirme pas ses propres valeurs et qui cherche à composer avec une frange de la gauche guyanaise pour obtenir une majorité de travail dans les principales collectivités territoriales. Le seul leader de la droite guyanaise, Léon Bertrand, qui a occupé un poste ministériel dans les gouvernements de MM. Villepin et Raffarin, a été mis en examen en 2009 et 2010 pour délit de favoritisme et corruption passive. En 2014, il est condamné en appel à 20 mois de prison, 2 ans de privation de droits civiques et 80 000 euros d'amende. La cassation confirme l'arrêt de la cour d'appel, mais cette dernière doit de nouveau statuer sur la peine d'emprisonnement qu'elle juge à 3 ans ferme en 2017. Descendant de bagnard, Léon Bertrand sera finalement incarcéré dans un centre pénitentiaire de Remire-Montjoly en septembre 2018 et condamné à trois ans de prison ferme, 80 000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité pour corruption passive et favoritisme.

Enjeux actuels

En une quinzaine d'années, la Guyane est passée de l'effervescence politique et institutionnelle à la paraplégie. En 2008 déjà, elle a été concernée comme les autres territoires d'outre-mer par des blocages routiers dénonçant le coût élevé de la vie et notamment du carburant. Cette situation découle directement de sa situation périphérique, mais les velléités indépendantistes semblent avoir été enterrées en 2010, lorsque les électeurs ont refusé à près de 70 % une autonomie élargie.

La mise en place de la collectivité territoriale unique, qui prévoyait la fusion des entités département et région pour décembre 2015 (victoire au second tour des élections territoriales de la liste divers gauche emmenée par Rodolphe Alexandre) devait être l'occasion d'optimiser le fonctionnement de la gestion du territoire. La Guyane est désormais dotée d'une assemblée de cinquante-et-un membres, assemblée dont est issue une commission permanente, et d'un conseil économique, social et environnemental. Pour l'essentiel, les dispositions de droit commun applicables aux Conseils régionaux régissent le fonctionnement de ces institutions. Les enjeux sont connus de tous et ont été définis dès 1998 dans le " Pacte de développement pour la Guyane ".

Ce document d'orientation porte sur le développement économique et social pour " passer d'une économie de transferts de nature exogène et tirée par la commande publique à une économie endogène créatrice de richesses et apte à assurer le bien-être de ses habitants unis dans une communauté de destin ".

À la question des choix économiques et sociaux, pour certains, " ce qui est important c'est de changer les rapports qui existent entre la Guyane et la métropole coloniale ". Mais la question est complexe, notamment au niveau juridique : que faire demain de ce " droit du travail venu d'ailleurs " dont on revendique syndicalement aujourd'hui l'application ? Faut-il un droit du travail adapté aux réalités sociales, économiques et culturelles guyanaises ? Un droit plus léger que le droit français pour le jour où l'on pourra vraiment enfin " donner la priorité d'emploi aux Guyanais, c'est-à-dire à ceux qui sont nés en Guyane, à ceux qui ont choisi de venir ici ou à leurs enfants ". Le lien avec la métropole joue partout sur le développement économique local, des frontières européennes qui isolent du continent américain aux avantages sociaux qui perturbent les conditions d'émergence d'activités économiques.

Certains acteurs économiques souhaiteraient un statut particulier avec une zone franche généralisée qui s'accompagnerait d'une cassure du " cercle des subventions dont bénéficient ceux qui se débrouillent et pas ceux qui travaillent ", mais nombreux sont ceux qui avouent être sans illusions : " On est piégés, on ne peut pas sortir du niveau social actuel. "

L'espoir d'un jour nouveau et d'une remise en état du département s'est pourtant fait ressentir lors des élections présidentielles de 2007. Les Guyanais s'étaient largement mobilisés en faveur de Nicolas Sarkozy, avec un score relativement proche du résultat national final : 53,08 % en sa faveur en Guyane contre 53,06 % pour l'ensemble des Français. Les tendances restèrent à droite pour les élections régionales de 2010 : la victoire revenant à Rodolphe Alexandre, candidat UMP. La Guyane attendait de vrais résultats quant à la sécurité et à l'immigration, les principaux thèmes de la campagne.

En novembre 2008, un mouvement de grève mobilise le territoire pendant plus de deux semaines : les Guyanais réclament une baisse de 50 centimes par litre sur le prix du carburant. Des barrages bloquent les routes et empêchent toute circulation des hommes et des marchandises. La baisse est finalement négociée pour une période temporaire, et le blocage cesse. Cependant, ce mouvement " contre la vie chère " s'empare quelques semaines plus tard de la Guadeloupe et de la Martinique, et se durcit. Les négociations avec le gouvernement reprennent et durent cette fois 44 jours. Cette situation de crise a poussé le gouvernement à mettre en place les " États généraux d'outre-mer ", afin de rétablir le dialogue et l'écoute, pour une meilleure compréhension mutuelle.

Lors des présidentielles de 2012, la Guyane exprime plus encore que l'ensemble des Français son mécontentement face aux promesses dont elle attend encore les effets. Elle donne une large avance à François Hollande au premier tour avec plus de 42 % des voix, et le choisit à 62 % au second tour. Les élections législatives du mois suivant viennent confirmer ce positionnement à gauche, et l'éclosion de nouveaux espoirs. C'est en revanche la liste Europe Ecologie qui obtient le plus de soutien lors des élections européennes de 2014 avec près de 41 % des suffrages exprimés.

Un mouvement social sans précédent a démarré le 20 mars 2017 à Kourou et s'est étendu à tout le territoire via une grève générale qui a duré un mois : les Guyanais protestaient contre le manque de sécurité, contre l'anémie des services de santé et des infrastructures, contre l'orpaillage et l'immigration incontrôlée. Les écoles, les commerces, les aéroports, et les principaux lieux de vie en Guyane ont été fermés, les fusées n'ont pas pu décoller et ont été retardées. Le 28 mars une grande émeute de près de 11 000 personnes a éclaté dans les rues de Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni. Le 29 mars, le ministre de l'Intérieur et celui des outre-mer se sont rendus en Guyane et ont tenté les premières négociations. Le 21 avril, l'accord de Guyane est signé par le gouvernement Cazeneuve qui doit débloquer plus d'un milliard d'euros afin de financer les projets. En octobre 2017, la visite du président Macron est accueillie par un rassemblement à Cayenne demandant " le respect des accords ". Au printemps 2018, près de 80 % des mesures d'urgence évoquées par l'accord de Guyane ont été mises en place, selon Annick Girardin, ministre des Outre-mer. Un mois plus tôt, le gouvernement avait créé le site Internet www.transparenceoutremer-guyane.gouv.fr permettant de suivre les mesures de l'accord.

La Guyane en Europe

La question européenne semble lointaine dans le département français d'Amérique. En 2005, lors du référendum du 29 mai, c'est l'abstention qui remporte le suffrage (76,9 %). Ce qui se traduit, en 2009, lors des élections européennes, par un taux d'abstention sans égal : 87,4 %. Et, contrairement au résultat de la France dans son ensemble, la Guyane a accepté le projet de Constitution avec 60 % de " oui ". Malgré une campagne d'information et des débats, nombreux sont les Guyanais qui ne se sentent pas très concernés. La relation entre l'Union européenne et le département français est encore plus floue, pour certains, que celle entretenue avec la métropole. Pourtant, de nombreux projets sont soutenus par l'Union et, concrètement, la Guyane est bien intégrée dans l'espace économique. Il faudra du temps pour que la Guyane assimile cette seconde institution et qu'elle s'y sente représentée.

Économie
Principales ressources
L'activité spatiale en Guyane

La décision d'implantation du centre spatial guyanais à Kourou, en 1964, n'avait suscité ni optimisme débordant ni inquiétude. La Guyane accueillit le centre spatial avec une réelle indifférence. C'est probablement à ce moment-là que le rendez-vous fut manqué entre les autorités du centre et la population. Initialement, la mise en place du CSG s'accompagnait d'un plan de développement économique de la région tout entière. Les grands travaux engendrés par cette installation ont bien évidemment profité aux entreprises locales et particulièrement à celles du secteur du bâtiment.

Bien que de nombreux efforts aient été faits pour tenter de résoudre ce " problème psychologique " - priorité d'embauche aux Guyanais pour certains emplois, participation à des actions culturelles, enveloppe budgétaire importante, soutien à la formation, etc. -, le ressentiment de la population envers le centre spatial reste le même. Il faudra encore un peu de temps pour que cela change. Même si le centre spatial a considérablement développé sa politique de communication (visite du musée et du centre), on continue de regretter que certains ne connaissent la Guyane que pour la fusée Ariane. Est-ce bien sa faute ? Il faut bien reconnaître que les succès d'Ariane contribuent à la promotion de la Guyane. Mais l'activité économique de la Guyane doit-elle dépendre d'une seule filière ?

L'administration : le premier employeur guyanais ?

Si la Guyane souffre d'une réelle pénurie d'artisans et d'entrepreneurs privés, elle compte dans ses rangs un nombre très important de fonctionnaires et d'employés rattachés à des entreprises publiques. Un dicton populaire prétend même que l'on trouve plus de fonctionnaires à Cayenne qu'à Paris ! Les raisons d'une telle situation sont à la fois historiques et politiques. Dans un premier temps, on sait que, traditionnellement, les DOM occupent, dans l'administration, plus de postes que ne l'exigeraient les circonstances. Cette pratique, voulue politiquement, avait pour objectif de limiter le chômage pour calmer le climat social et, par voie de conséquence, étouffer quelque peu les aspirations indépendantistes.

En Guyane, pourtant, l'origine historique est au moins aussi importante que la volonté politique. Ici, le travail manuel a pendant longtemps été mal considéré, car associé dans les esprits aux travaux forcés des bagnards. Mais cette pénurie d'artisans, si elle est préjudiciable à la Guyane au quotidien, n'est pourtant pas la conséquence la plus grave de la trop grande importance de l'administration. Le problème essentiel réside dans le manque d'esprit d'entreprise. La création d'entreprise est considérée par les jeunes comme une aventure risquée (investissements lourds, manque d'expérience...), d'où le découragement ou la peur de l'échec. La Guyane veut donc sortir de son isolement et cherche à développer des relations commerciales avec son voisin brésilien. L'enjeu consiste à diversifier une économie dominée par le spatial et les transferts publics. Cet élément est très important pour le développement du tourisme qui concerne la population locale, mais aussi sur le plan économique, où celle-ci est peu ou pas suffisamment volontaire ou impliquée. Il est bien dommage de constater que l'on a oublié ce que signifiaient certaines notions comme la conscience, le respect, la compétence...

Les secteurs économiques traditionnels

Exploitation forestière. La forêt guyanaise couvre environ 8 millions d'hectares. Longtemps redoutée, elle semble constituer encore aujourd'hui un simple garde-manger et une zone de recherche scientifique, voire de curiosité. Elle se compose de trois ensembles, de la côte vers l'intérieur : le littoral et les berges des fleuves constituent la mangrove où se développent essentiellement les palétuviers blancs ; la savane basse, souvent immergée, qui s'apparente aux marais ; et la forêt primaire, installée sur la plus grande partie du territoire et que l'on rencontre quelquefois à seulement 20 km de l'océan.

Si le paysage de la forêt de Guyane fait penser à certaines zones africaines où domine la jungle, la comparaison entre les deux domaines forestiers s'arrête là. En effet, l'Amazonie française, apparemment inquiétante et indestructible, est en fait extrêmement fragile. Cette fragilité provient essentiellement de la pauvreté du sol latéritique qui demeurerait quasi vierge si la forêt n'était pas capable de renouveler elle-même l'humus dont elle vit. Néanmoins, au sein de cet espace, la fragilité n'est pas synonyme de pauvreté, bien au contraire.

On trouve ici quelque 400 essences différentes et l'inventaire entrepris par l'Office national des forêts (ONF) depuis 1988 est loin d'être achevé. Depuis 1965, l'ONF tente de rationaliser l'exploitation forestière en Guyane, à la fois pour rentabiliser cette activité et pour protéger le domaine. Force est de constater que son action n'a pas eu jusqu'à présent un succès retentissant. Les raisons de l'échec de l'exploitation forestière en Guyane sont à la fois administratives, sociales et géographiques. D'un point de vue administratif, l'ONF endosse l'essentiel de la responsabilité de cette non-rentabilité. En effet, dans un souci de développement global de l'industrie du bois, cet organisme n'accorde des concessions qu'aux entreprises capables de prendre en charge à la fois l'abattage et la transformation du bois. Peu d'entre elles sont en mesure de réaliser une telle prouesse, compte tenu de leur taille et du manque de qualification du personnel. Socialement, l'industrie forestière subit de plein fouet les effets de la mentalité guyanaise et de la domination administrative.

Le travail du bois, manuel et généralement en forêt, est considéré comme peu valorisant et, surtout, procure des salaires qui sont sans commune mesure avec ceux pratiqués dans l'administration. Il en résulte que la population locale rejette autant que possible ces emplois qui sont alors majoritairement assurés par des immigrés surinamais, brésiliens ou haïtiens.

Enfin, la configuration même du territoire guyanais pose des problèmes naturels importants à l'exploitation forestière. Les domaines exploités sont vallonnés et animés par un réseau hydrographique très dense. Ces zones sont rapidement immergées pendant la saison des pluies, empêchant toute exploitation annuelle. De plus, le sol est généralement très pauvre et les espaces les plus fertiles sont disséminés et non organisés en massifs. C'est pourquoi l'abattage et le traitement de certaines essences doivent se faire sur plusieurs sites en même temps, ce qui augmente les coûts d'exploitation. Actuellement, l'économie forestière est principalement axée sur l'exploitation, la première transformation (sciages bruts) et la deuxième transformation (ébénisterie, menuiserie...). Les trois essences les plus couramment exploitées sont l'angélique, le gonfolo et le grignon.

Aujourd'hui, la filière de l'exploitation forestière est la troisième filière économique du département, comptant près de 250 entreprises et générant plus de 900 emplois directs. En pleine phase de développement, plusieurs mesures forestières ont notamment été inscrites dans l'accord de Guyane signé après la crise de 2017. A commencer par la mise en place d'une aide pour éponger les surcoûts de la filière bois en Guyane, d'une aide nationale pour soutenir l'investissement dans le domaine forestier ou encore l'obligation d'utiliser le bois dans les constructions publiques. Citons aussi la création de la Commission régionale de la forêt et du bois (CRFB), co-dirigée par l'État et la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG). Mise en place fin 2017 et composée de 37 membres, elle a pour but de favoriser l'application de la politique forestière guyanaise et doit valider, courant 2019, le programme régional de la forêt et du bois (PRFB) de Guyane.

La pêche. La Guyane possède des richesses halieutiques, marines et fluviales, considérables. C'est un secteur productif qui génère beaucoup des exportations de la Guyane (c'est le premier secteur exportateur hors spatial). L'activité est significative pour l'économie locale comptant près de 500 marins et générant plus de 1500 emplois indirects. Dans le port du Larivot, situé près de Cayenne, l'activité a pourtant connu une baisse considérable, passant de 700 à 400 tonnes en 2017. Un projet de modernisation du port visant à améliorer la rentabilité du secteur (évalué à 10 millions d'euros) devrait se concrétiser d'ici 2021. Le secteur rencontre actuellement des difficultés liées en partie à son manque d'organisation et sa flotte vieillissante offrant aux pêcheurs des conditions de travail très précaires.

L'exploitation de cette ressource génère trois types d'activités. La pêche artisanale de poissons représente environ une centaine de navires armés à la pêche côtière et à la petite pêche. La commercialisation du produit s'effectue sur le marché local, l'excédent étant destiné à alimenter les unités de transformation.

La pêche de la crevette en Guyane évolue sur un marché mondial et la production, congelée à bord, est destinée à l'exportation. Cette pêche est pratiquée par des chalutiers crevettiers. La flottille se présente sous deux formes : une activité industrielle, soit une soixantaine de navires partagés entre cinq armements, et une activité artisanale, soit une dizaine de chalutiers crevettiers qui commercialisent leur pêche par le biais d'une coopérative.

La pêche au vivaneau et au requin sous licence correspond à une autorisation de pêche délivrée par l'Union européenne à certains pays dans la zone d'exclusivité économique au large de la Guyane française. Il s'agit de licences vivaneau et de licences requin. Comme pour la crevette, les produits congelés sont destinés à l'exportation, essentiellement sur les marchés antillais pour le vivaneau. Ce secteur, bien que porteur, reste fragile et tributaire d'une pêche effectuée par des navires étrangers.

L'agriculture. L'activité agricole était initialement une activité de subsistance pratiquée par les Amérindiens. Les colons français ont tenté à plusieurs reprises de mettre en place une agriculture variée et rentable, mais les particularités du sol et la sensibilité parasitaire du pays ont souvent anéanti ces ambitions. Si l'on veut comprendre la structure de la société agricole de la Guyane, le point d'observation privilégié est sans nul doute le marché aux fruits et légumes de Cayenne. À quelques exceptions près, la majorité des stands est tenue par des Hmong, des Surinamais, et quelques locaux. Les Français sont essentiellement des pionniers qui, attirés par les avantages du Plan vert de 1975, se sont lancés dans l'aventure de l'agriculture en Guyane. Ceux qui y sont encore présents aujourd'hui représentent en fait une minorité qui a réussi ce pari, au prix d'efforts financiers et physiques très importants. Ils pratiquent une culture intensive de légumes qui leur permet de réaliser au moins deux récoltes par an.

Il est important de préciser que la mise en place du Plan vert avait amené certains Guyanais assez fortunés à investir dans l'agriculture. Mais les déboires ont été très nombreux pour des raisons diverses, et notamment l'absence de débouchés. Le marché intérieur était alors trop restreint et les produits de Guyane trop chers pour pouvoir soutenir la concurrence.

Les Asiatiques, présents sur le marché de Cayenne, appartiennent à une communauté hmong du Laos, arrivée en Guyane en 1977, après avoir fui leur pays en guerre. L'arrivée de quelque 30 000 Hmong en Guyane avait été programmée, mais peu organisée ; en fait, un petit millier s'y installa. Accueillis avec méfiance, les Hmong se sont vu offrir des sites relativement isolés et initialement peu hospitaliers. Soutenus par des religieux, ils ont entrepris un travail gigantesque de déforestation pour assurer leur installation et mettre en place une agriculture qui leur permette de vivre. Aujourd'hui, les communautés hmong de Cacao et de Javouhey sont les premiers fournisseurs de fruits et légumes des marchés de Guyane.

L'élevage en Guyane se concentre par ailleurs sur trois secteurs de production, à savoir l'élevage bovin, porcin et l'aviculture, bien qu'il affiche tout de même une certaine diversité. Fin 2017, plus de 320 élevages bovins, 194 porcins, 168 ovins et caprins, ainsi que 181 élevages de volailles ont été recensés dans le département. Malgré une progression constante de la production ces dernières années, le taux de couverture alimentaire reste inférieur à 20 % dans les filières volailles chair, porcine et bovine. Comme pour d'autres secteurs, la Guyane est très dépendante en termes de production alimentaire, couvrant une grande part de ses besoins par le biais de l'importation.

La riziculture, quant à elle, est une activité très localisée autour du village de Mana où les conditions naturelles de cette plaine alluvionnaire étaient très favorables. Ce sont des ressortissants surinamais qui se sont lancés initialement dans la production à grande échelle au début des années 1980. Soutenue par les pouvoirs publics et rationalisée, la production s'est montrée très rentable et de très bonne qualité. De plus, l'intervention de l'Union européenne permet aux producteurs d'être assurés d'un prix de vente minimum en ayant accès au marché européen. La riziculture est sans nul doute un secteur aujourd'hui très prometteur, d'autant que l'organisation de la filière et des efforts de modernisation des exploitations sont en cours de réalisation.

L'activité minière. L'or fut découvert en Guyane en 1854, sur l'Approuague, par le Brésilien Paoline. C'est en 1856 que la première compagnie en Guyane vit le jour. Les mines s'ouvrirent ensuite les unes après les autres. Tombée à moins de 200 kg par an dans les années 1960 jusqu'au début des années 1980, la production aurifère déclarée du département a été plus que décuplée entre 1983 (250 kg) et 1993 (2 800 kg). Aujourd'hui, l'or est la première exportation de la Guyane représentant 45 millions d'euros. Cette brutale hausse de la production a pour origine des facteurs divers : augmentation considérable du cours mondial de ce métal depuis ces dernières années, évolution des techniques de récupération utilisées, professionnalisation et arrivée de nouveaux exploitants...

L'activité conduite aujourd'hui se décompose entre une activité d'exploitation de gisements alluvionnaires et une activité de recherche. L'or provient en quasi-totalité d'exploitations alluvionnaires utilisant des techniques gravimétriques. Une douzaine de petites et moyennes entreprises structurées participent à plus de 80 % de la production du département. Les principaux centres d'exploitation sont répartis en sept secteurs géographiques : montagnes françaises et montagne de l'Espérance, Paul-Isnard, Saint-Elie, Boulanger-Changement, Approuague, Yaou-Dorlin, Alikéné. Le secteur emploie officiellement 900 personnes, soit 1,5 % à 2 % de la population active, dans un département de 210 000 habitants, où le taux de chômage atteint environ 26,5 %.

Les activités de recherche sont effectuées par des entreprises minières, destinées à caractériser des gisements permettant la poursuite à terme de leur activité d'exploitation. Ainsi, de nombreuses sociétés internationales ont entamé des programmes de recherche d'or primaire importants. Le panorama de l'activité aurifère est aujourd'hui le suivant : quelques entreprises de taille moyenne, bien structurées en une multitude de micro-entreprises, souvent clandestines et illégales, et des entreprises minières de niveau mondial. On compte officiellement une soixantaine d'entreprises.

La Guyane est actuellement en plein débat concernant la construction d'une des plus vastes mines d'or jamais faites sur le territoire français : la Montagne d'or. L'impact environnemental de ce méga projet a cependant été décrié par le président Macron en mai 2019, ce qui rend sa réalisation incertaine.

Quelques chiffres agricoles

En juin 2011 s'est achevé le recensement agricole effectué tous les 10 ans.

Surface agricole utile, soit les terres arables, les cultures permanentes, les prairies plantées, les pâturages naturels ainsi que les landes et parcours productifs : 25 133 hectares (0,3 %).

Nombre d'exploitations agricoles : 5 983, dont 90 % sont de petites exploitations vivrières de moins de 5 ha.

Population agricole : 20 500 personnes, dont plus de la moitié de saisonniers.

Principales cultures agricoles : tubercules, riz, légumes.

La Montagne d'or, un projet décrié

La Montagne d'or est un projet de gigantesque mine industrielle à ciel ouvert sur le sol guyanais. Il est porté par la compagnie minière Montagne d'or, association de la société russe Nordgold et de l'entreprise canadienne Columbus Gold, qui prévoit une exploitation du site en 2022. Encore loin de se concrétiser, malgré le soutien sans appel d'Emmanuel Macron en 2018 et de certains représentants politiques guyanais, le projet minier suscite déjà de vives contestations de la part des associations écologiques, des scientifiques et des populations autochtones installées dans les alentours de Saint-Laurent-du-Maroni. Pour cause, outre les promesses d'embellie économique (et la création hypothétique de 750 emplois directs et de 2 500 emplois indirects), certains parlent de véritable catastrophe écologique. Nichée entre deux réserves biologiques intégrales, au coeur de la forêt amazonienne, près de la frontière avec le Suriname, la mine pourrait nécessiter la déforestation de l'équivalent de 32 fois le Stade de France. Par ailleurs, est décriée l'utilisation de 10 tonnes de cyanure et de 18 tonnes d'explosif par jour, produits polluants et hautement toxiques qui favorisent de surcroît les risques d'accident. En janvier 2019, le député guyanais Gabriel Serville, suivi par une soixantaine de députés, a notamment demandé l'interdiction totale d'utiliser du cyanure dans les mines françaises. Un pavé dans la mare relançant le débat sur la Montagne d'or. Ce même-mois, le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU avait lui aussi pris part au débat, sommant la France d'écouter les plaintes et les revendications des populations autochtones. 70 % des Guyanais s'opposaient au projet, malgré les retombées économiques promises.

Coup de théâtre le 6 mai 2019 : alors que le président Macron annonce une série de mesures en faveur de la protection de l'environnement dans le but de verdir l'image de son parti lancé dans la campagne des Européennes, il annonce que ce projet Montagne d'or n'est pas compatible avec ses ambitions écologiques, compromettant ainsi sérieusement sa réalisation.

Le Centre Spatial dans l'économie Guyanaise

On peut s'intéresser à quelques chiffres-clés : le secteur spatial représentait 30 % du PIB dans les années 1990 et ne représente plus que 15 % (Source INSEE).

1 700 personnes sont employées directement au Centre Spatial Guyanais et 4 620 emplois sont liés à l'activité spatiale, soit 9,3 % des emplois salariés de Guyane. Le spatial représente 15 % de la création de richesses en Guyane, 58 millions de recettes fiscales, dont 22 % de l'octroi de mer et 11,2 % de l'investissement.

Place du tourisme
Détente sur un voilier.
Détente sur un voilier.

S'il existe une volonté politique de faire du secteur du tourisme une des locomotives de l'économie guyanaise, les efforts pour y parvenir sont colossaux, mais les professionnels impliqués et volontaires. On se félicite d'ailleurs depuis quelques années de la distribution des labels et classements en Gîtes de France, Clévacances, Bienvenue à la Ferme et Logis de France, ainsi que des labellisations spécifiques au territoire guyanais tel que Gîtes d'Amazonie et Carbets d'hôtes. Sont actuellement répertoriés 363 hébergements et 6 214 lits marchands (2017). Plus de 1 300 emplois sont liés à l'activité touristique, dont 53 % à la restauration et 37 % à l'hébergement.

La méconnaissance du département (contexte géopolitique, populations, richesses...) due à maints facteurs, un réseau de transport aérien très cher et qui dessert peu de destinations sont autant de faits qui ont contribué à une fréquentation peu satisfaisante de la clientèle touristique vers la Guyane. Toutefois, ne croyez pas que les prestataires recherchent et confondent le tourisme de masse et un tourisme équilibré. En Guyane, le professionnel et le visiteur y trouvent leur compte. L'un étant passionné de faire découvrir, l'autre allant à la rencontre de son lointain semblable, à la recherche d'aventure et en quête de dépaysement dans un climat et un département français.

La clientèle touristique se range dans un segment bien particulier. En effet, excepté une clientèle d'affaires importante (50 %), 38 % des visiteurs rendent visite à leur famille ou à leurs amis. Ce segment est appelé " clientèle affinitaire ". Mais les agences de voyage locales enregistrent un nombre croissant de demandes de personnes désireuses de visiter la Guyane, sans qu'ils ne possèdent de connaissances sur place. Selon une enquête réalisée par l'Observatoire du Tourisme de la Guyane entre avril 2015 et mars 2018, 72 % des touristes récepteurs viennent de l'Hexagone et près de 28 % sont étrangers. 70 % des visiteurs voyagent seuls, 14 % en couple, 9 % en famille et 8 % en groupe. La durée moyenne d'un séjour est de 10,6 jours (source : Observatoire du Tourisme de la Guyane).

En Guyane, le tourisme est essentiellement tourné vers la nature. Le département possède en effet une flore et une faune aux richesses incomparables, poumon vert de la planète, qui en fait une grande destination de tourisme vert. Reste encore au territoire français d'Amazonie à fournir quelques efforts pour accueillir un nombre croissant de touristes.

Enjeux actuels

L'un des gros problèmes de la Guyane, tant pour son développement économique, touristique, et écologique, est l'orpaillage clandestin. Depuis les années 2000, ce département qui est parmi les plus riches du monde en matière de biodiversité, subit de plein fouet une nouvelle ruée vers l'or caractérisée par des pratiques incontrôlées.

Aujourd'hui, la quantité d'or officiellement extraite de Guyane oscille entre 1 et 2 tonnes par an, sur les quelque 2 500 tonnes produites dans le monde entier. Ceci place la Guyane aux alentours du 55e rang mondial en termes de production officielle. Mais ceci masque l'extraction illégale qui est largement majoritaire en Guyane, puisque l'on estime qu'elle s'élève à environ 10 tonnes par an, soit plus de 5 fois la production légale ! Et ce alors que les forces de l'ordre, menant des opérations de destruction des chantiers d'orpaillage illégal, ne parviennent à en saisir que quelques kilos chaque année... La quasi-totalité de la production illégale finit donc par intégrer les filières officielles de transformation et de distribution, grâce à l'absence généralisée de traçabilité dans les filières aurifères et notamment dans les pays frontaliers.
L'extraction illégale est presque exclusivement réalisée par des orpailleurs en provenance des Etats du nord brésilien, appelés garimpeiros. Ils seraient entre 10 000 et 15 000 à travailler chaque jour dans l'intérieur guyanais, alors que la filière déclarée n'emploie que 550 personnes... Les populations particulièrement pauvres qui alimentent la main-d'oeuvre de l'orpaillage illégal en Guyane sont bien souvent les premières perdantes, subissant exploitation, endettement et conditions de travail dangereuses.
On se doit de ne pas passer sous silence le danger et les risques de l'activité aurifère illégale pour l'environnement et la santé des populations. Le mercure, utilisé pour agglomérer l'or, est la principale cause de pollution des rivières et fleuves. Sans oublier l'apparition du paludisme due à une forte population clandestine en forêt. Les populations les plus touchées sont malheureusement aussi les plus fragiles : il s'agit des Amérindiens Wayana, Teko et Wayampi, habitants du Haut Maroni et de la commune de Camopi.
Depuis le mois de février 2008, suite à une déclaration de Nicolas Sarkozy, les forces de gendarmerie et les forces armées en Guyane ne cessent de travailler dans le but commun de diminuer l'orpaillage clandestin : l'Opération Harpie. Le bilan Harpie 2012 révèle que les garimpeiros montent en violence face aux opérations menées pour contrer leurs activités illégales en Guyane. Les militaires français effectuent quotidiennement un travail dangereux, comme en témoigne le décès des deux membres du 9e RIMa lors d'une embuscade dressée par les clandestins en juin 2012, dans la région de Dorlin, à l'est de Maripasoula. Ce bilan Harpie 2012 constate aussi des saisies en baisse pour l'or et le mercure. Cela pouvait être dû à une réelle baisse de l'activité ou à une adaptation des réseaux face aux multiples opérations. Mais l'année 2014 conforte la première hypothèse : on constate une chute de 21 % des chantiers illégaux soit 377 fin 2014 contre 485 quelques mois plus tôt. La chute du cours de l'or et la multiplication des patrouilles et des opérations coup de poing n'y sont pas pour rien.

En 2016, les opérations Harpie démantelèrent 808 sites d'orpaillage illégaux, contre 654 en 2017. Et ce dernier chiffre n'indique pas une baisse de l'orpaillage illégal par rapport à l'année d'avant, mais des résultats décevants causés par une baisse de présence des militaires sur place. Ces derniers ont été en effet redéployés pour encadrer les grèves du printemps 2017, pour assurer plus de sécurité sur le littoral et pour aller prêter main-forte aux territoires antillais ayant souffert de l'ouragan Irma. En septembre 2018, dans le cadre de l'Opération Harpie, une nouvelle compagnie est venue renforcer la lutte contre l'orpaillage illégal. La 4e compagnie s'est en effet installée dans le camp Lunier, un site stratégique favorisant une intervention rapide sur le terrain. Après un bilan plus que décevant en 2017, l'action renforcée des autorités locales a ainsi permis la destruction de 765 sites d'orpaillage illégal en 2018.

Les garimpeiros

Ce terme désigne les chercheurs d'or qui travaillent sur des chantiers d'orpaillage clandestins. Cette " vocation " est très en vogue en Guyane et provoque de nombreux problèmes au département. En plus de la lutte très difficile en pleine jungle pour démanteler les chantiers, les forces de l'ordre font face à un flux régulier d'immigration clandestine très intéressée par cette manne financière providentielle. C'est ainsi que deux barrages permanents ont été installés, l'un à Iracoubo et l'autre vers Regina. Renouvelés par arrêts préfectoraux tous les six mois, ils sont régulièrement dénoncés pas les habitants qui y voient une restriction à leur libre circulation. Si les pouvoirs publics prennent au sérieux ce phénomène, c'est qu'il n'est pas sans conséquence sur l'environnement et la santé. En plus de la déforestation créée par les camps et chantiers de recherche, les orpailleurs utilisent du mercure et le mélange à la boue pour amalgamer les poussières et paillettes d'or. Ce métal, extrêmement toxique, se déverse ensuite dans les sols, les rivières et vient polluer toute la chaîne alimentaire. Indirectement, l'orpaillage clandestin est également responsable d'une partie du trafic d'armes en Guyane.

L'adoption de la convention de Minamata

Le 15 juin 2017, la France a ratifié la Convention de Minamata sur le mercure, un traité international piloté par le Programme des Nations Unies pour l'environnement. Avec pour ambition de "  protéger la santé humaine et l'environnement contre les effets néfastes du mercure  ", elle réunit actuellement 128 signataires répartis dans le monde entier. La Guyane, qui souffre d'une forte pollution liée à l'utilisation du mercure dans le cadre de l'orpaillage illégal, contaminant les eaux des fleuves et empoisonnant les populations autochtones, est particulièrement concernée par la ratification du traité entré en vigueur en août 2017. Tous les ans, près 80 tonnes de mercure pollueraient ainsi le fragile écosystème guyanais. Du 24 au 29 septembre 2017, la toute première Conférence des Parties à la Convention de Minamata sur le mercure (COP1) s'est tenue à Genève. En mars 2018, le Parlement du Suriname a lui aussi ratifié la Convention de Minamata, se joignant aux 89 pays ayant déjà ratifié le texte et s'engageant à réduire leurs émissions de mercure.

De la Guyane à la métropole, des disparités en quelques chiffres

Les fortes inégalités opposant la Guyane à la métropole furent l'un des sujets sensibles de la crise sociale qui a ébranlé le territoire d'outre-mer en 2017. Quand d'aucuns réclament une politique égalitaire, d'autres soulignent la nécessité d'adapter la politique française à un territoire d'Amérique du Sud. Sur le plan économique et social, quelles sont les disparités entre la Guyane et la métropole ?

Des conditions de vie plus précaires. Près de la moitié de la population guyanaise a moins de 25 ans. Pour cause, le taux de naissance y est bien plus élevé qu'en France (3,5 enfants par femme en Guyane, contre 1,98 en métropole). Les jeunes sont aussi plus fortement confrontés à la précarité. Seuls 12 % des 15-24 ans ont le baccalauréat, 40 % d'entre eux sont au chômage (contre environ 22,6 % des actifs en métropole) et plus de 25 % des jeunes présentent des difficultés de lecture (contre 4 % en métropole).

Par ailleurs, le taux de chômage en Guyane est deux fois supérieur à celui de l'Hexagone, soit plus de 22 %, contre moins de 10 % en métropole. Le PIB par habitant en Guyane est lui aussi deux fois moins élevé qu'en métropole (soit environ 15 500 euros) et la pauvreté accrue par un coût de la vie supérieur de 12 % à celui de l'Hexagone.

Des problèmes d'insécurité. Là encore, on pense aux soulèvements de 2017 et à l'émergence du collectif " 500 Frères " qui met en exergue les problèmes de violence dont souffre la Guyane. Comme nous le rabâchent les médias avides de sujets à sensations, la Guyane est le " département le plus meurtrier de France " (on y enregistrait en effet 42 homicides en 2016 et les vols armés sont 13,5 fois supérieurs à ceux de l'Hexagone). A cela s'ajoutent les problèmes liés à l'orpaillage illégal et à l'immigration incontrôlée, spécifiques à la Guyane, qui, il faut le rappeler, est le seul territoire français d'outre-mer à ne pas être une île.

Un système de santé carencé. Autre domaine pointé du doigt lors des grèves de 2017, la santé, qui elle aussi affiche des disparités importantes avec la métropole. Selon une enquête menée par l'Agence régionale de santé de Guyane, le taux de mortalité serait plus précoce en Guyane que dans l'Hexagone. L'espérance de vie est en effet supérieure de deux ans en métropole, et le taux de mortalité infantile est aussi bien moins élevé. Il y a en outre deux fois plus de médecins généralistes en métropole et quatre fois plus de spécialistes, certains domaines médicaux étant particulièrement touchés en Guyane par l'absence de spécialistes. En juillet 2018, l'hôpital de Cayenne se retrouvait une nouvelle fois sous les feux de l'actualité après la démission de 17 médecins urgentistes dénonçant des manques de moyens et des conditions de travail déplorables. L'hôpital a été placé, quelques mois plus tard et pour la seconde fois en un peu plus de deux ans, sous administration provisoire.

Préparez votre voyage !

transports
  • Vol pas cher
  • Louer une voiture
hebergement
  • Réservez un hôtel
  • Votre logement AirBnB
  • Location de vacances
Séjours
  • Voyagez sur mesure
  • Réservez une croisière
  • Week-ends en France
Sur place
  • Réservez une table
  • Trouvez une activité
  • Expériences & Boxs

Organiser son voyage à Guyane

Transports
  • Vol pas cher
  • Location voiture
Hébergements
  • Trouver un hôtel
  • Location Airbnb
  • Location de vacances
Séjours
  • Voyage sur mesure
  • Réservez une croisière
  • Week-ends en France
Services / Sur place
  • Réservez une table
  • Activités & visites
  • Expériences & Boxs

Adresses Futées de Guyane

Jeu concours

Les jeux concours du moment

Remportez un week-end pour 4 personnes dans la Marne !

Un séjour exceptionnel pour 4 personnes dans la Marne, en Champagne avec l'Agence de Développement Touristique de la Marne .