Guide d'Islande : Politique et économie

Politique

L'Islande a possédé, dès le Xe siècle, un système politique des plus équilibrés. L'Alþing fut ainsi créé en l'an 930 et l'île vécut alors sous une république particulièrement élaborée, caractérisée par trente-neuf comtés indépendants. A cette époque, l'Alþing votait les lois et rendait également justice. Chaque année, ce parlement se regroupait à Þingvellir et la majorité de la population islandaise se déplaçait dans ce cadre à l'acoustique si particulière, afin d'assister aux séances qui y étaient données. Bon nombre d'experts du droit pénal restent aujourd'hui subjugués par la modernité et l'équité qui caractérisaient l'Islande médiévale : aucune sentence de mort n'était proclamée, tous les cas étaient jugés avec la défense de la partie accusée et le motif de l'assignation en justice devait se révéler suffisant auprès des juges.

Symboles

Nom officiel. Lýðveldið Ísland

Armoiries. Les armoiries d'Etat se retrouvent notamment sur certaines pièces de monnaie. Un blason représentant le drapeau islandais repose sur un soutien représentant la forme de l'île. Il est entouré par les protecteurs mythiques du pays que l'on retrouve dans les sagas comme Heimskringla : un aigle, un dragon, un taureau et un géant.

Hymne national. Ce chant a été composé bien avant l'indépendance du pays. C'est en 1874 qu'il est né, pour commémorer le millénaire de la colonisation de l'île. On doit les paroles au pasteur et poète Matthías Jochumsson (1835-1920) et la musique à Sveinbjörn Sveinbjörnsson (1847-1826). Ce cantique religieux est interprété pour la première fois lors des fêtes du millénaire, à la cathédrale de Reykjavík. Et c'est en 1944 qu'il est adopté comme hymne national islandais.

Structure étatique
Une république démocratique

La déclaration d'indépendance de 1944 entraîne l'Islande dans une nouvelle ère politique, celle d'une république démocratique. La Constitution la caractérisant permet au pays de s'intégrer dans un régime pluraliste et semi-présidentiel à la fois, et ressemble fortement à celle du Danemark, mis à part le statut républicain conféré à l'État. Les trois pouvoirs - exécutif, législatif et judiciaire - sont séparés, quant à eux. L'exécutif est attribué au gouvernement et au Premier ministre, le président ayant un rôle principalement symbolique, et le législatif à l'Alþing (ou Althing). L'Alþing est composé de 63 députés élus dans six circonscriptions pour quatre ans et le judiciaire est composé des cours de première instance et de la Cour suprême.

L'Assemblée

Les principaux partis politiques sont le Parti de l'indépendance, le Parti écologique, l'Alliance, le Parti du centre, le Parti du progrès et le Parti pirate. L'Alþing ne constitue, depuis 1991, qu'une seule et unique chambre chargée des lois. Pour que ces textes prennent effet, ils doivent être signés, après trois lectures, par le président de la République et par le ou les ministres concernés. Les dernières élections, anticipées, ont eu lieu en octobre 2017 ; elles ont vu la victoire, sans majorité absolue, du Parti de l'indépendance. Suite à des négociations tripartites, un gouvernement de coalition, dirigé par Katrín Jakobsdóttir (Parti écologique), a été établi.

Le président n'a aucun lien avec ces groupes et reste l'unique personnage qui unit la nation. L'actuel président de la République est Guðni Thorlacius Jóhannesson (depuis août 2016).

Découpage administratif

Le pays est divisé en 8 régions (Austurland, Hofuðborgarsvaeði, Norðurland Eystra, Norðurland Vestra, Suðurland, Suðurnes, Vestfirðir, Vesturland), en 26 districts et en 79 municipalités.

Économie
<p>Retour de pêche à Grundarfjordur.</p>

Retour de pêche à Grundarfjordur.

Il y a un siècle, l'Islande était l'une des régions les plus pauvres d'Europe. Le pays était ces dernières années en tête des classements mondiaux en matière de niveau de vie. Jusqu'à la crise de 2008... L'Islande vit essentiellement de la pêche et de ses industries dérivées, qui lui fournissent les trois quarts de ses revenus à l'exportation. La pêche occupe en effet pas moins de 10 % des emplois et représente 40 % des exportations. Les ports principaux sont Reykjavík, Akranes, Akureyri et Heimaey. Pourtant, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'économie nationale n'a cessé de se diversifier afin de diminuer la dépendance trop forte du pays vis-à-vis de la pêche, et de limiter ainsi les importations. Jusqu'à une époque récente, la faiblesse des ressources nationales en matériaux de construction (absence de bois d'oeuvre, obligation d'importer le ciment...) et en biens d'équipement ainsi que la dépendance énergétique grevaient le budget du pays. L'Etat s'est donc doté d'une base industrielle plus large : l'Islande exporte aujourd'hui aluminium, ferrosilicium et diatomite, produit son propre ciment et redéploie sa politique industrielle vers la production de biens d'équipement et de consommation. Toutes ces réalisations ont été rendues possibles grâce au développement simultané de la production d'énergie locale, que le potentiel hydroélectrique et géothermique du pays a permis de réaliser à moindre coût. Après quelques années de récession au début des années 1990, le pays a connu un nouvel essor. Le secteur de la construction est marqué par un récent boom. Cela se traduit par la création permanente de nouveaux quartiers autour de Reykjavík, capitale qui ne cesse de grandir en raison de l'exode rural et de la croissance de la population.

L'Islande a en outre pour projet l'exploitation des énergies renouvelables, notamment avec l'éventuelle création d'une société d'hydrogène qui aurait pour but, comme son nom l'indique, de fabriquer de l'hydrogène à partir des immenses réserves d'eau du pays et de jouer un rôle prépondérant dans le développement des piles à combustible. L'Union européenne a déjà lancé des activités liées à l'hydrogène dans lesquelles l'Islande participe activement.

Un exemple flagrant de cette technologie à Reykjavík est l'arrivée de véhicules à hydrogène, sur lesquels travaille la société Icelandic New Energy (INE). En 2010, le maire s'est vu prêter une voiture à hydrogène dans le but de la tester. En tout 8 véhicules sont ainsi en train d'être évalués. L'Union européenne a d'ailleurs sélectionné l'Islande comme un site idéal pour l'essai de bus à piles à combustible. Même la population souhaite adopter cette nouvelle technologie, puisque près de 96 % des Islandais y sont favorables. Le secteur tertiaire a, quant à lui, pris une importance considérable, jugée parfois même excessive ; le tourisme, qui s'est beaucoup développé, fournit plus de 40 % des revenus actuels du pays. L'agriculture, avec moins de 10 % des actifs, demeure cependant un secteur essentiel de l'économie : élevage de moutons, cultures sous serre. Quant aux ressources géothermiques, elles sont exploitées pour l'électricité et le chauffage mais aussi pour la culture sous serre. Leur potentiel est immense, mais le pays est hésitant face aux investissements nécessaires pour développer cette énergie. Des compagnies étrangères s'y intéressent comme Magma Power, une société canadienne qui depuis 2011 a trouvé un accord pour commercialiser 25 % de l'énergie thermique produite. En outre, la protection de la pêche fait partie des principales raisons qui freinent le pays à entrer dans l'Union européenne et qui l'a poussé à abandonner sa candidature le 12 mars 2015. Pourtant, avec le déclin des pêcheries familiales, la plupart des villages côtiers meurent peu à peu. C'est bien le tourisme qui est en train de prendre les rênes d'une revitalisation du paysage urbain.

En 2017, l'Islande reste une petite économie, avec un PIB de 20 milliards d'euros. Mais c'est une économie qui se porte bien. C'est un des pays les plus riches d'Europe. En 2015, il était huitième du continent en termes de PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat avec un niveau supérieur à celui de la France et de la moyenne européenne. La gestion de la crise de 2008 est souvent présentée comme un exemple, parfois poussé à la caricature. Une chose est cependant certaine : cette gestion n'est pas entrée dans les canons de la théorie économique et s'est pourtant soldée par un succès.

Principales ressources
L'eau dans tous ses états

Le pays dispose d'une vaste quantité d'eau et de nombreuses marques d'eau embouteillées apparaissent sur le marché. Certains Islandais racontent que malgré cette qualité, l'eau aurait du mal à être exportée car elle ne dispose pas de certaines composantes requises par les pays étrangers. Sans arrière-goût, la Iceland Spring Water reste l'une des bouteilles les plus réputées du pays. Et lorsque l'eau possède cette faculté de résorber bon nombre de problèmes de peau, elle devient alors un commerce sous la forme de lagons, dont le fameux Blue Lagoon. Certains visiteurs auraient ainsi vu disparaître toute trace de psoriasis, d'eczéma et autres maux.

Dans le mouton, tout est bon

Grâce aux agneaux et moutons élevés l'été dans les pâturages, l'Islande dispose de l'une des meilleures viandes ovines. L'économie repose d'ailleurs sur ces mets qui caractérisent certains des plats typiques de la nourriture islandaise. Les moutons sont en outre tondus à l'automne, offrant ainsi une laine que la population locale commercialise ou utilise pour créer certains types de vêtements.

Place du tourisme

Le pays a accueilli plus de 2,2 millions de touristes en 2017 contre 143 000 en 1991 ! Le tourisme fournit 42 % des revenus actuels du pays, un chiffre en constante augmentation. Les campagnes publicitaires s'intensifient à l'étranger notamment via la compagnie Icelandair. Les nombreuses publicités qui prennent place dans les magazines ou sur les panneaux d'affichage réalisent ainsi l'effet escompté. Ainsi, début 2002, le nombre de Français ayant séjourné en Islande a augmenté de 41,4 % par rapport à l'année précédente. Le chiffre est ancien, mais montre à quel point " du jour au lendemain " un pays devient populaire ou délaissé. En 2017, le chiffre estimé de touristes français fut de plus de 100 000. L'Islande est très prisée : on apprécie sa nature intacte, la sécurité. Les touristes préfèrent en majorité l'été, période durant laquelle le pays peut être intégralement parcouru. Mais, afin de ne pas connaître de saison morte, les autorités vantent aussi le pays sous la neige ou Reykjavík comme ville idéale pour un week-end prolongé, pourquoi pas le temps d'un stop en vol vers l'Amérique. Chaque année, davantage de touristes décollent pour cette destination peu usuelle, qui subit d'ailleurs peu à peu un effet de mode. Devant la vie stressée des citadins, l'île propose des panoramas reposants et variés, pas moins de huit cents sources chaudes, des centaines de volcans en activité, mais représente également un fabuleux endroit où marcher et observer la faune et la flore. Mais le tourisme de masse reste toutefois proscrit en raison de la fragilité de l'environnement. Reykjavík regrouperait à elle seule pas moins de 80 % des touristes étrangers. Les Islandais ont bien compris ce que peut leur apporter le tourisme, même si beaucoup annoncent qu'ils font cela par pur plaisir et n'en tirent aucun profit. Il n'empêche qu'au fil des années de minuscules B&B se transforment en de véritables industries du tourisme. Le secteur devient une véritable mine d'or, d'autant plus que l'île fait désormais partie des meilleurs sites pour l'observation des baleines. Les vols à bas prix contribuent également à drainer les visiteurs en Islande.

Enjeux actuels

Malgré une farouche volonté d'autosuffisance, le pays est encore contraint à d'importantes importations alimentaires. L'économie, très dépendante de la pêche, reste très fragile face aux variations des populations de poissons, particulièrement la morue qui représente à elle seule un tiers des exportations du pays. En 2011 le pays connaissait une croissance de 15,7 % en valeur marchande par rapport à l'année précédente.

Un redéploiement économique a permis la mise en place d'un système de sécurité sociale très complet, ainsi que l'instauration d'un système d'éducation très performant. Signalons aussi que l'Etat, qui n'hésite pas à intervenir dans l'économie, a indexé les salaires sur le coût réel de la vie. Ce succès économique et social donne à l'Islande un des pouvoirs d'achat et un des niveaux de vie parmi les plus élevés d'Europe. Aspect négatif, l'inflation est assez élevée. Les salaires des fonctionnaires, en particulier ceux des enseignants, sont très faibles par rapport au reste de la population, ce qui explique qu'ils exercent souvent un second travail en été. Les jeunes, aussi, travaillent presque tous en été, et l'Etat bloque une partie de leur salaire jusqu'à leur majorité ou leur mariage. Les femmes ont facilement accès à des emplois considérés chez nous comme " masculins ", et elles s'en tirent très bien.

L'évolution de l'économie repose avant tout sur la diversification. Outre la géothermie, l'hydroélectricité, le développement d'usines d'aluminium et de ferrosilicium, elle a, depuis quelques années, conçu de nouveaux logiciels, s'est lancée dans la biotechnologie et offre de multiples services financiers.

2008 : Crise financière, le pays fait banqueroute

La stabilité du pays a été gravement mise à mal lors de la crise financière mondiale de 2008. Résultat direct de la politique d'endettement des banques, l'Islande s'était endettée à hauteur de 11 fois son PIB. La décision salvatrice fut la protection par l'Etat du capital des contribuables tout en laissant les actionnaires étrangers sans ressources (affaire de Icesave avec le Royaume-Uni et les Pays Bas. Conséquence directe, l'Islande nationalise ses banques et demande l'aide du FMI et des pays scandinaves. En quelques mois, la monnaie perd 50 % de sa valeur par rapport à l'euro, ce qui permet de conserver une balance commerciale excédentaire et de maintenir la croissance économique.

2010-2014 : Le pays se relève et retire sa candidature d'adhésion à l'Union Européenne

Six ans plus tard, le résultat est impressionnant, le pays a su tenir tête aux pressions internationales et aux fluctuations du marché. Le pays a refusé de rembourser ses " dettes Icesave " suite au rejet du projet de loi par la population lors des 2 référendums de 2010 et 2011. En 2014, le pays renoue avec la croissance (+2,7%), le chômage est de nouveau en baisse (4,6%) et les responsables de la crise sont jugés. Parallèlement à tout cela, face au souhait des Islandais de ne pas entrer dans l'U.E., le gouvernement, après avoir déposé une demande en 2009, présente finalement le 22 février 2014 un projet de loi visant à retirer sa candidature pour 2015. Le cabinet du Premier ministre actuel n'est pas enclin à l'adhésion.

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