Guide de Chypre : Politique et économie

Politique
Structure étatique

La capitale de la République de Chypre est Nicosie. C'est ici que se trouvent le palais présidentiel, le siège du gouvernement et la Chambre des représentants.

Pouvoir exécutif. Chypre est dotée d'un gouvernement à régime présidentiel. Le président est élu au suffrage universel pour un mandat de 5 ans. Le pouvoir exécutif est exercé par un conseil de ministres composé de 11 membres choisis par le président. Ceux-ci ne doivent pas siéger à la Chambre des représentants. Depuis février 2013, le président de la République est Nikos Anastasiádis (droite, Rassemblement démocrate), élu avec 57,5 % des voix au 2e tour des élections.

Pouvoir législatif. Il est exercé par une Chambre des représentants où les élus des différents partis (élus au suffrage universel) ont des mandats de 5 ans. Les décisions sont prises selon le système de représentation proportionnelle simple. La Chambre compte 80 représentants. La Constitution d'origine prévoyait une répartition des représentants suivante : 70 % de Chypriotes grecs, 30 % de Chypriotes turcs.

Pouvoir judiciaire. La justice est exercée par la Cour suprême, les cours d'assises et les tribunaux régionaux.

Autorités locales. La République de Chypre est divisée en plusieurs régions administratives (qui ont dû être repensées après 1974) : Limassol, Paphos, Nicosie, Larnaka et Ammochostos (ou Famagouste - région de Paralimni). L'administration locale est assurée par les municipalités et les conseils des communes. Les premières assurent l'administration des services publics et gèrent les villes et les régions rurales. Les seconds s'occupent, eux, de la gestion des activités du village.

Le rôle de l'Eglise. On notera que l'Eglise de Chypre joue un rôle important. Lorsqu'elle accéda à l'indépendance, Chypre plaça à la tête de l'Etat le premier personnage de l'Eglise, Mgr Makarios, qui, il est vrai, occupait depuis longtemps le devant de la scène politique. Elle n'a pas le pouvoir de décider des lois directement, évidemment, mais aujourd'hui encore l'Eglise donne son avis sur des lois, avec de fortes chances d'être entendue du gouvernement. Pour l'anecdote, on notera par exemple la prise de parole d'un évêque promettant l'enfer à ses fidèles, s'ils votaient " oui " au plan de réunification de l'ONU.

Partis

Voici quelques précisions pour comprendre les sigles peu évocateurs, pour ceux qui ne s'intéressent pas à l'actualité locale, des nombreux partis politiques chypriotes. Comme en France, de nouveaux partis sont évidemment susceptibles d'être créés, rebaptisés, etc.

AKEL. Parti progressif des travailleurs. Parti de centre gauche fondé en 1941.

DISY. Alliance démocratique. Parti de droite fondé en 1976.

DIKO. Parti démocratique. Parti de centre droit fondé en 1976.

NE.O. Nouveaux Horizons. Fondé en 1996.

Ecological Environmental Movement. Parti écologiste fondé en 1996.

KISOS. Mouvement social démocrate. Ce parti de gauche remplaça en 2000 l'EDEK (Parti socialiste).

EDI. Démocrates unis. Parti centriste fondé en 1996. Né de la fusion du KED (Mouvement des démocrates libres) et du ADISOK (Mouvement de réforme sociale démocrate).

ADIK. Mouvement démocratique de combat. Parti de centre droit fondé en 1999.

Enjeux actuels

La division de l'île, pour l'instant, n'a guère évolué. Les Turcs occupent toujours 37 % de l'île, dans sa partie Nord, séparée de la partie Sud par la ligne Attila, extension de la Ligne verte, à l'est et à l'ouest de Nicosie. Ils se sont installés durablement et, mieux encore, ont fait venir en masse des colons d'Anatolie pour accentuer leur présence et développer l'apparence de ce qu'on peut difficilement appeler autrement qu'un processus d'annexion. Ces territoires sont fédérés en un Etat chypriote turc qui n'est reconnu par aucun pays dans le monde, excepté par la Turquie, et qui est qualifié d' " Etat illégal " par les Chypriotes grecs. Les Chypriotes continuent à s'insurger, au moins verbalement et au quotidien, contre cette invasion qui déchire leur pays. Les résolutions de l'ONU se succèdent, sans succès, et rien n'a changé depuis l'adhésion de la République de Chypre à l'Union européenne, le 1er mai 2004. Si la menace d'un conflit armé entre le Nord et le Sud paraît désormais improbable, la crise financière de 2012-2013 a encore repoussé l'éventualité d'une réunification qui coûterait très cher.

Économie

L'économie chypriote repose essentiellement sur les services (82 % du PIB) avec une agriculture peu développée (2 %) et une industrie (16 %) très liée à la construction d'infrastructures touristiques et à l'entretien des navires de la marine marchande. En fait, depuis 1974, Chypre a axé son développement sur trois secteurs : la finance, le transport maritime et le tourisme.

La finance. Le secteur bancaire représente 20 % du PIB chypriote. Il s'est développé grâce aux liens avec l'ancienne puissance coloniale britannique, Londres étant la première place financière au monde. À partir des années 1990, le pays a utilisé ses liens avec les pays orthodoxes de l'ex-bloc communiste pour attirer les capitaux russes. La nature douteuse de ces investissements et des placements risqués en Grèce (le pays frère) ont causé l'effondrement du système bancaire chypriote en 2012-2013. En échange du sauvetage du secteur, l'Union européenne a exigé un renforcement des contrôles visant le blanchiment d'argent sale. Mais le secteur bancaire chypriote, en partie restructuré, est désormais en majorité contrôlé par les investisseurs russes.

La marine marchande. Elle représente encore 7 % du PIB. Ile au carrefour de trois continents, Chypre a su tirer profit du commerce maritime depuis l'Antiquité. Depuis les années 1960, le pays s'est doté d'une marine marchande moderne, cela notamment grâce à ses étroits rapports avec le Royaume-Uni, qui domine encore largement le commerce maritime mondial via ses assureurs. Dans les années 1990, Chypre est ainsi devenu l'un des principaux " pavillons de complaisance " à la réputation sulfureuse. Pour intégrer l'UE en 2004, le pays a dû se débarrasser d'une partie de ses bateaux qui n'étaient pas aux normes. En dix ans, Chypre est ainsi passé du 4e rang mondial en tonnage à la 10e place, avec encore plus de 1 000 navires.

Le tourisme. Il représente 15 % du PIB et ne cesse de progresser. La tradition du secteur remonte à la période britannique, l'île attirant les riches Anglais et Arabes du Moyen-Orient venant se mettre au frais dans les montagnes. Depuis l'indépendance en 1960, Chypre a développé ses stations balnéaires pour attirer les touristes en provenance du Royaume-Uni et des pays scandinaves. L'invasion turque de 1974 a été un coup dur, avec la perte de Famagouste et de Kyrenia, réputées pour leurs belles et longues plages de sable. Aujourd'hui, l'activité touristique se concentre autour des ports de Larnaka, Paphos et Limassol. Avec environ 1 million de touristes par an, les Britanniques sont toujours en première place au classement des visiteurs étrangers. Mais ils pourraient bientôt être rattrapés par les Russes dont le nombre augmente à grande vitesse : ils étaient 150 000 en 2009, 330 000 en 2011 et près de 800 000 en 2014.

Chiffres clés

PNB : 19,8 milliards d'euros en 2016.

PNB par habitant : 23 324 € en 2016.

Croissance : 2,8 % en 2016.

Dette publique : 107 % en 2016.

Chômage : 10,7 % en 2017.

Principales ressources
Troupeau de moutons dans le sud de l'île.
Troupeau de moutons dans le sud de l'île.

Mines. C'est la grande faiblesse du pays. Les principales sont le cuivre (exploité depuis le IIIe millénaire av. J.-C.), le gypse, le marbre, voire le bois de construction. Mais les quantités sont finalement peu importantes.

Agriculture. Pendant la période de 1960 à 1974, le secteur agricole s'est développé rapidement, mais en 1974 il fut gravement affecté par l'invasion turque et l'occupation du Nord de l'île. De cette partie provenaient 46 % de la production des cultures et davantage encore pour les agrumes (79 %) et les céréales (68 %). Dans le Sud de l'île, les principaux produits agricoles sont aujourd'hui les pommes de terre, les céréales (plaine de la Mésorée), les agrumes (sur les côtes) et la vigne (montagnes). La République est autosuffisante en ce qui concerne la viande de porc, de volaille et les oeufs.

Pêche. Chypre est une île, mais la pêche n'y est pourtant pas une activité économique majeure. Les eaux sont peu poissonneuses et ont été surexploitées pendant longtemps. Mais des mesures ont été prises visant à une meilleure utilisation des ressources locales. D'autres activités plus récentes, comme l'élevage marin et la reproduction de certaines espèces, ont été conduites avec succès. La première ferme privée marine a été créée à Paphos en 1985.

Gaz naturel. Il pourrait devenir le nouveau secteur clé de l'économie chypriote. En 2011, un gisement de 224 milliards de mètres cubes de gaz naturel, baptisé " Aphrodite ", a été découvert dans les eaux territoriales du pays. Les experts estiment sa valeur à 100 milliards d'euros. Mais avant de pouvoir l'exploiter, Chypre devra résoudre les tensions avec la Turquie, qui estime avoir elle aussi des droits sur le gisement. Dans tous les cas, l'île ne pourra pas en tirer de revenus avant les années 2020.

Place du tourisme

L'année n'était même pas terminée que le pays enregistrait déjà un nombre record de touristes : pour les dix premiers mois de l'année 2017, Chypre affichait 3,4 millions de visiteurs, soit plus que le record précédent, établi en 2016 avec près de 3,19 millions de visiteurs sur l'ensemble de l'année. Le tourisme est l'un des rares indicateurs à la hausse dans l'économie de Chypre : les revenus du tourisme ont atteint 2,46milliards d'euros en 2016 contre 1,92 milliard en 2012. Le nombre de touristes est considérable, rapporté à la surface grecque de l'île, qui s'étend sur moins de 6 000 km². Les 330 jours de soleil par an, la mer, les 500 km de côtes, un parc hôtelier impressionnant et une politique de promotion efficace n'y sont bien sûr pas étrangers. Le secteur contribue à 15 % du PIB et emploie 11 % de la population active (environ 41 000 emplois directs, soit près de 4 fois plus qu'en 1987 !), sans parler des bénéfices que cette activité engendre sur l'industrie du bâtiment, de l'agroalimentaire et sur bien d'autres secteurs.

Les Britanniques et les Russes en tête. Les Britanniques (1 million en moyenne) et les Russes (près de 800 000 en 2014) représentent plus de 80 % des touristes étrangers. La tendance est profonde : en 2016, les touristes britanniques étaient encore les plus nombreux dans cette ancienne colonie, avec même une augmentation de 8 %. Les Russes arrivaient encore deuxièmes du palmarès avec une augmentation de 5,2 %. Les Scandinaves (200 000) et les Allemands (170 000) sont loin derrière. Viennent ensuite les Grecs, proximité géographique et culturelle oblige, avec 86 000 visiteurs. Moins nombreux que les Suisses (60 000) et à peine plus que les Belges (30 000), les Français ne sont que 40 000 à venir chaque année. Ce chiffre assez bas s'explique par le faible nombre de liaisons aériennes, la conduite à gauche et la comparaison avec la Grèce (pays francophile adoré des Français) qui n'est pas à l'avantage de Chypre. A noter, cependant, une hausse remarquée du tourisme en provenance d'Israël et d'Allemagne : cette clientèle qui se rendait autrefois en Egypte, en Turquie ou en Tunisie, ont revu leurs priorités avec les périodes d'instabilité de ces dernières années.

Chypre du Nord, principale destination concurrente

L'office de tourisme de Chypre fera tout pour vous décourager d'aller passer des vacances dans la partie occupée par la Turquie. Si la République turque de Chypre du Nord n'existe officiellement pas, elle a, elle aussi, tout fait pour attirer les touristes et les résidents étrangers. Elle dispose pour cela d'atouts de poids. Tout d'abord les plages, nettement plus belles que dans le Sud. Avant l'invasion de 1974, c'est d'ailleurs dans le Nord que se trouvaient les plus grosses stations balnéaires de Chypre, à Kyrenia et Famagouste. Les infrastructures touristiques sont moins développées que dans le Sud, mais au moins, c'est plus authentique. En ce qui concerne les liaisons aériennes, le droit international interdit les vols directs avec l'aéroport international Ercan (Nicosie-Nord), sauf depuis la Turquie. Cela n'a pas empêché des compagnies de charters d'établir des rotations régulières en été depuis Londres, Berlin, Amsterdam et même Paris (avec Freebird Airlines). L'astuce : les appareils en provenance d'Europe effectuent un touch-and-go sur la piste d'un aéroport turc avant de remettre les gaz en direction de Chypre, le train d'atterrissage touche à peine le sol turc mais cela suffit légalement ! Le secteur du tourisme est donc en pleine expansion, avec ses nouveaux hôtels de luxe, ses casinos, ses plages privées... Sur environ 600 000 touristes arrivant ici chaque année, entre un tiers et la moitié sont des Turcs. Habitués de la destination, les Britanniques viennent pour y acheter une résidence secondaire. On vient désormais de toute l'Europe (notamment des pays moins riches d'Europe de l'Est) en Chypre du Nord. D'ailleurs, même une partie des Chypriotes grecs vient passer la journée sur les plages de Kyrenia ou faire ses emplettes, profitant des prix plus bas que dans le Sud. Tout cela est très bien, mais reste à savoir si on aura la conscience tranquille en séjournant dans un territoire occupé illégalement par une armée étrangère, en dormant dans une maison ou un hôtel dont les propriétaires ont été massacrés ou expulsés...

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