Guide d'Italie : Jeux, loisirs et sports

GRANDES DISCIPLINES NATIONALES

Sport, famille et religion : le tiercé gagnant à l'italienne ! Le maillot azzurro de l'équipe nationale inspire à chacun respect et passion. On est supporter de son village, de la ville la plus proche, de la province et du pays. Le sport est un élément majeur, un ciment supplémentaire de l'esprit de famille. Les clichés circulent sur la décontraction et la nonchalance italienne, mais en attendant les clubs italiens (tous sports confondus) sont parmi les mieux structurés du monde ; le sport est aussi un métier, une source de revenus et de pouvoir, une industrie, une donnée économique. Les clubs de football sont gérés au millimètre par des capitaines d'industrie qui n'attendent pas moins des capitaines sur le terrain. Les sportifs eux-mêmes savent s'entraîner et préparer leurs compétitions sans rien laisser au hasard  : le sport en Italie n'est pas un jeu. Les champions italiens sont souvent brillants, parfois fantasques et toujours craints. Il n'est guère de discipline sportive importante dans laquelle le sport italien ne soit pas représenté, hormis, curieusement, le golf et le tennis de table ; à un moindre degré le tennis. En revanche, en sport collectif, la réussite est quasi totale  : on ne joue pas au hand-ball, mais les clubs de football sont les meilleurs du monde, ceux de basket parmi les meilleurs d'Europe, les volleyeurs italiens partagent la suprématie mondiale avec les Hollandais et les Brésiliens, et même le water-polo est une spécialité. Mais les trois sports les plus suivis par les Italiens et dans lesquels les Transalpins excellent au niveau professionnel, sont le football, loin devant le cyclisme et l'automobile.

Football

On se demande parfois si le football n'a pas été inventé en Italie tant il semble naturellement fait pour le génie sportif transalpin. Les Anglais ont créé les règles, mais ce sont les Italiens qui ont adopté et modernisé le jeu. La Coupe du monde fut créée en 1930 et, si le premier titre alla à l'Uruguay, l'Italie remporta les deux suivants, en 1934 et en 1938. Il fallut ensuite attendre 1982 et la fantastique Coupe du monde en Espagne pour voir les Azzurri glaner un troisième succès ; entre-temps, l'équipe nationale, ainsi que les grands clubs, aujourd'hui les meilleurs et les plus riches du monde, ont eu le temps de se tailler une réputation et de faire de l'Italie la plus grande nation de football avec le Brésil. Les journaux sportifs consacrent l'essentiel de leurs colonnes au sport roi et chaque joueur de première division du Calcio, qu'il soit italien et étranger, voit sa prestation dominicale analysée sous toutes les coutures. Le football italien a ses stars, auxquelles il offre les plus gros salaires de la planète, mais le public qui les nourrit se montre très exigeant en contrepartie. Mis à part son côté ludique, le sport en Italie est aussi un métier, une source de revenus et de pouvoir, une industrie, une donnée économique : un sport business dont la capitale est sans aucun doute Milan.
Après une décennie en demi-teinte, la Squadra Azzura a manqué de peu le titre de champion d'Europe à l'occasion de l'Euro 2000. Après avoir battu les Hollandais, l'équipe italienne se retrouve en finale face à la France. Les Italiens sont décidés à prendre leur revanche contre ceux qui les avaient éliminés en quart de finale du Mondial 1998. Mais alors que le score leur est favorable jusqu'à la toute dernière minute, leur rêve sera finalement brisé par les Bleus, comme chacun sait... Malgré cette défaite, les Italiens ont prouvé qu'ils étaient enfin revenus au premier plan sur la scène internationale. Ainsi, lors de la Coupe du monde en Allemagne de 2006, les Azzurri, coachés par Marcello Lippi, remportent le tournoi en éliminant la France en finale lors de la séance des tirs aux buts. La finale sera marquée par le tristement célèbre coup de boule de Zidane dans la poitrine de Materazzi. Lors de l'Euro 2008, les Italiens, après avoir écarté les Français lors de la phase de poule, se sont fait sortir dès les quarts de finale face au futur vainqueur espagnol. Le début du déclin car, lors de la Coupe du monde 2010 organisée en Afrique du Sud, les Transalpins n'ont même pas réussi à sortir de leur poule. Du jamais vu dans toute l'histoire du Mondial pour un tenant du titre. L'heure est alors à la reconstruction et Marcello Lippi laisse sa place sur le banc italien à Cesare Prandelli. Lors de l'Euro 2012, disputé en Pologne et en Ukraine, la Squadra Azzura se hisse en finale en dominant en demie l'un des grands favoris, l'Allemagne, grâce à un doublé du fantasque, et parfois génial, Mario Balotelli. Balayés par les invincibles Espagnols en finale (4-0), les Italiens, bien décidés à se rattraper lors de la Coupe du monde au Brésil, sont pourtant éliminés dès le premier tour.

Les légendes de la Squadra Azzura

Roberto Baggio. Une petite queue de cheval, une excellente couverture de balle et des coups francs "  platiniens  ". C'est Roberto, une vedette sur le terrain comme à la ville. Ballon d'or en 1993, il est entre 2010 et 2013 à la tête de la direction technique de la Fédération italienne.

Franco Baresi. Une longue et brillante carrière pour ce défenseur fidèle, qui fut capitaine de la Squadra Azzurra et de l'équipe du Milan AC avec laquelle il remporta quatre coupes d'Europe et six scudetti. Il compte plus de quatre-vingts sélections en équipe nationale.

Alessandro Del Piero. Sa sensibilité et sa créativité dans le jeu lui ont valu le surnom de Pinturicchio (du nom d'un peintre de la Renaissance, célèbre pour ses fresques délicates) délivré par Gianni Agneli himself. Il vit une année 2006 paradoxale avec une victoire en Coupe du monde, un titre de Champion d'Italie retiré et une relégation en deuxième division avec la Juventus de Turin suite au scandale de corruption qui touche le club. Resté fidèle malgré la relégation, il quittera tout de même le club pour le Sydney FC en 2012. Il s'est retiré du monde du football en 2015.

Giacinto Facchetti. Une sorte de modèle symbolisant la défense de fer de l'équipe italienne (Lino Ventura, grand amateur de football, le citait souvent en exemple). Sobre, intègre, efficace de la première à la dernière minute du match, il remporta deux coupes d'Europe avec son club l'Inter de Milan et compte près de 100 sélections (le plus capé après Zoff). Il joua le match historique contre l'Allemagne en 1970 au Mexique et la finale qui suivit, perdue contre le Brésil.

Giuseppe Meazza. Cette figure de la première heure, qui gagna les deux Coupes du monde de 1934 et 1938, est aujourd'hui connue du monde entier pour avoir donné son nom au plus grand stade d'Italie, San Siro à Milan.

Paolo Rossi. Il arriva à la Coupe du monde 82 très discuté, presque imposé par le sélectionneur contre l'avis général ; on le trouvait nonchalant, poussif et hors de forme. Finalement, il fut meilleur buteur de ce mondial en Espagne et remporta pratiquement la Coupe à lui tout seul, assommant le Brésil lors d'un match historique  : il marque le premier but ; les Brésiliens, archi-favoris, égalisent ; il marque le deuxième but, les Brésiliens reviennent encore à vingt minutes de la fin par Falcao ; il marque un troisième but et l'Italie gagne 3-2. Il donne confiance à toute son équipe, qui se hisse en finale et ridiculise l'Allemagne 3-1, avec un premier but de Paolo. Il a à peu près tout gagné (dont deux coupes d'Europe avec la Juve, et un Ballon d'or, l'année du sacre mondial).

Gaetano Scirea. Le plus gros palmarès de l'histoire du football européen. Gaetano, défenseur rude et discret, fut champion du monde en 1982, champion d'Europe avec la Juve (il était capitaine le soir du Heysel contre Liverpool), et gagna également les deux autres coupes disponibles. Il mourut à trente-six ans dans un accident de voiture.

Dino Zoff. Le nom de ce fameux gardien de but est presque un jeu de mots français, mais ce véritable dinosaure des surfaces est tout simplement le joueur italien le plus capé, avec 112 sélections. Il a commencé sa carrière internationale en 1968 et a participé à quatre Coupes du monde pour remporter la dernière, la plus belle, à quarante ans passés, en 1982. Il a occupé le poste d'entraîneur de la Juventus de Turin (Coupe UEFA 1990), de la Lazio de Rome, puis de l'équipe d'Italie.

 

Alpinisme

Deux très grands noms font frissonner tous les grimpeurs dès qu'on les prononce  : Walter Bonatti fut un peu le père de l'alpinisme moderne avec ses ascensions en solitaire dans les années 1950 dès l'âge de 21 ans. Reinhold Messner est une référence, une sorte de maître du piolet  : il est le recordman du nombre de sommets de plus de 8 000 m vaincus dans une carrière (une quinzaine).

Basket-ball

L'équipe italienne est une des meilleures d'Europe (championne en 1983 et 1999), et les clubs, qui changent de nom selon leur sponsor, attirent de nombreux grands joueurs étrangers. Bologne compte deux clubs au passé glorieux et vibre particulièrement autour du basket. Les autres principaux clubs de la péninsule sont actuellement le Benetton Trevise et Montepaschi de Sienne.

Des nombreuses vedettes du basket italien, on distinguera particulièrement Dino Meneghin, le grand stratège des années 1980, et Pier Luigi Marzorati. Le palmarès est beaucoup plus riche au niveau des clubs, les équipes de Bologne, de Parme ou de Rimini ont remporté de nombreuses coupes d'Europe.

Course automobile

Les Italiens construisent des voitures fabuleuses et, en plus, ils savent les conduire. A leurs marques mythiques, ils associent des coureurs de légende, des destins tragiques et de panache. Si Maserati remporta deux titres avec Fangio, c'est bien Ferrari, la marque au cheval cabré, surnommée tout simplement aujourd'hui la Scuderia, qui représente pour tout le monde le sport automobile italien. Ferrari est la marque qui a disputé le plus de grands prix en Formule 1 et, avec une petite avance sur McLaren, celle également qui détient le plus grand nombre de victoires. En 2018, la Scuderia totalise 15 titres de champion du monde des pilotes, et 16 également de champion du monde des constructeurs. Les courses de Monza ou encore d'Imola attirent chaque année plusieurs milliers d'aficionados. Outre la Formule 1, les courses de moto sont très suivies dans ce pays qui a vu naître de grands champions comme Max Biaggi ou Valentino Rossi.

Grands pilotes italiens

Michele Alboreto. Un beau grand brun ténébreux au style coulé et élégant, qui fit les beaux jours de la Scuderia. Il remporta cinq grands prix et termina deuxième du championnat du monde 1985 (derrière Prost qui gagnait son premier titre). Il a disputé près de deux cents courses en Formule 1.

Alberto Ascari. Il fut l'un des grands rivaux de Fangio et priva l'Argentin de deux titres de champion du monde, qu'il remporta en 1952 et 1953. C'était un battant, mais aussi un seigneur que tout le monde appréciait, à l'époque des pionniers qui ne couraient pas encore pour vendre des cigarettes. Il pilota pour Lancia, puis Ferrari et se tua à Monza, pendant des essais, le 26 mai 1955.

Attilio Bettega. Il succéda, dans les années 1980, à Sandro Munari dans le coeur des passionnés de rallye automobile. Attilio avait la fougue, l'adresse et le courage d'aller très vite sur tous les terrains. Son accident mortel dans le tour de Corse 85, à quelques kilomètres de Corte, reste un des épisodes les plus tristes de l'histoire des rallyes et précipita la mort des fameuses "  groupes B  ".

Giuseppe Farina. Le championnat du monde de Formule 1 semble avoir été créé à son intention. Car c'est bien lui qui décrocha le premier titre mondial, sur Alfa Romeo, un an avant Juan-Manuel Fangio. Il remporta également le premier grand prix de F1 de l'histoire, à Silverstone, le 13 mai 1950.

Sandro Munari. Sandro et sa Lancia Stratos, c'était Alexandre et Bucéphale  : un couple mythique homme-monture qui survolait les rallyes et semblait danser sur la neige et la glace avec une grâce et une efficacité inégalée. Parfois, dans le Turini, quand vient la nuit, on peut encore voir les phares de la Stratos balayer la neige... Sandro Munari est le recordman du nombre de victoires au rallye de Monte-Carlo, avec quatre titres.

Les grandes marques d'automobiles

Parmi les choses qui viennent immédiatement à l'esprit lorsqu'on évoque l'Italie, l'automobile vient en bonne place. Il est vrai que peu de pays comptent autant de constructeurs prestigieux... Ferrari, Maserati, Lamborghini, Alfa Romeo, Lancia, etc. Autant de noms qui font rêver tous les passionnés. Seules l'Angleterre et l'Allemagne peuvent prétendre rivaliser, et encore.

Alfa Romeo. En 1910, naît à Milan l'Anonima Lombarda Fabbrica Automobili, ou Alfa. En 1915, l'ingénieur Nicola Romeo prend la gestion de la marque et, à la fin de la guerre, celle-ci devient Alfa Romeo. Le début des années vingt voit l'implication grandissante de la marque en compétition ; c'est l'ère des célèbres 6C et 8C, qui imposent Alfa parmi les meilleurs constructeurs mondiaux. Mais il ne s'en vend qu'une poignée, la société est nationalisée en 1933. Après-guerre, Alfa renoue rapidement avec les succès sportifs, mais opte cette fois pour la grande série afin de ne pas renouveler les erreurs du passé. Commence alors le règne de l'ingénieur Orazio Satta et l'âge d'or d'Alfa Romeo. Le moteur quatre cylindres double arbre des 1900, Giulietta puis Giulia, fait le bonheur des conducteurs sportifs. A la fin des années soixante, l'Etat italien se met en tête d'utiliser Alfa Romeo pour dynamiser le sud du pays et lance Alfa-Sud, complètement indépendant d'Alfa-Nord. Le véhicule, produit à partir de 1972, est plutôt réussi mais le désordre le plus complet entoure sa production, dramatiquement non rentable. Alfa-Nord est vidée de ses finances pour éponger l'hémorragie et n'a plus les moyens de développer sa propre gamme, techniquement de plus en plus dépassée. Fiat, dont le succès repose alors quasi exclusivement sur son marché intérieur reprend Alfa Romeo. La marque est revalorisée par Fiat, et figure désormais comme l'ambassadrice de sportivité, de technologie et d'esthétisme du groupe Fiat.

Ferrari. Après une carrière de pilote honorable, Enzo Ferrari prend en charge le département course d'Alfa Romeo dans les années 1930 au sein de la Scuderia Ferrari. Celle-ci arbore déjà le fameux blason  : sur le fond jaune de la ville de Modène, un petit cheval noir cabré offert à Ferrari par la mère de Francesco Baracca, pilote de chasse de la Première Guerre mondiale. Ironie du sort, ce cheval serait en fait le symbole de la ville allemande de Stuttgart, pris par le pilote sur un avion allemand abattu, et donc le symbole... de Porsche, éternel concurrent sur la piste comme sur la route, qui a pris logiquement pour emblème les armes de sa ville de résidence. A la fin des années trente, l'usine Alfa décide de reprendre en main son département compétition et d'absorber la Scuderia ; Enzo Ferrari se cabre et c'est la rupture. Ferrari en tant que marque s'apprête à naître. La date de naissance officielle est le 11 mai 1947, avec l'engagement en compétition sous le nom de Ferrari du premier modèle de la marque, la 125 S, à 12 cylindres. Dès le 25 mai, c'est la première victoire et le mythe est en route. Ferrari ne s'intéresse alors qu'à la compétition, mais, assez vite, quelques clients commencent à utiliser leur Ferrari sur la route. En 1959, Enzo Ferrari consent à produire, en collaboration avec Pininfarina, des voitures de série  : les 150 exemplaires trouvent aussitôt preneurs et Ferrari comprend qu'il vient de trouver un moyen de financer son implication en compétition. Les années 1960 sont une période faste pour la marque, qui collectionne les succès sportifs, en Formule 1 et en Sport-Proto, et voit son succès commercial et sa production s'accroître de matière importante. Les voitures de ces années-là comptent parmi les plus prestigieuses de la marque  : la lignée des 250 GT est à son apogée, avec notamment le superbe spider California et la 250 GTO. Pourtant, très marqué par un drame familial (la mort de son fils en 1956), Enzo Ferrari se désintéresse des voitures de production ; il est donc réceptif en 1963 aux propositions de Ford de racheter la marque. Mais à condition de conserver un contrôle de fait sur toutes les activités. Ford refuse, les négociations tournent court et c'est avec Fiat que se fera l'affaire, en 1969.

Fiat. Sigle de la Fabbrica Italiana Automobili Torino, la marque a été fondée en 1899 par Giovanni Agnelli, dont les descendants sont toujours aux commandes du groupe... et portent le même prénom. Giovanni Agnelli impose des choix techniques raisonnables et une production très diversifiée  : pièces automobiles, machines agricoles, avions, etc. Cette volonté s'est perpétuée jusqu'à aujourd'hui et le groupe est impliqué dans de nombreux secteurs. Grâce à la variété de ses modèles et à sa politique raisonnable, Fiat supporte correctement la crise et sort en 1936 un modèle phare de son histoire, la minuscule Fiat 500. En mars 2007, la nouvelle Fiat 500 est présentée au public. C'est un vrai succès ! Après-guerre, Giovanni Agnelli, mort en 1945, est remplacé par un proche collaborateur, Vittorio Valletta, qui gère sans trop de difficulté la reconversion et maintient une politique de gamme large.

Lamborghini. Ferrucio Lamborghini, qui a fait fortune dans les tracteurs, adore les voitures de sport et se plaint à Enzo Ferrari de l'embrayage de sa Ferrari. Celui-ci lui conseille de se limiter à la conduite des tracteurs... C'est vexant et c'est la pique de trop qui décide Lamborghini à créer sa propre marque. Le symbole en devient le taureau (son signe astrologique). La première Lamborghini, la 350 GTV, apparaît en 1963 et Ferrari prend une première claque, avec un modèle techniquement beaucoup plus raffiné (moteur et châssis) que ses propres voitures. En 1966, le raffinement technique se met au service de la sauvagerie sur route, par la grâce d'un jeune ingénieur de talent, Dallara. C'est la Miura qui amorce le règne des Lamborghini extrêmes ; cette digne lignée s'est poursuivie avec la Countach, puis la Diablo. Exception notable, l'Espada, la Lamborghini la plus vendue de très loin, doit son succès, entre autres, à sa ligne et à son homogénéité. Au début des années 1970, la marque connaît d'importantes difficultés  : seule l'Espada se vend à peu près correctement et Lamborghini perd un contrat de 5 000 tracteurs avec le nouveau gouvernement bolivien. Lamborghini descend alors en gamme, avec un modèle à moteur V8, la très réussie Uracco. Celle-ci vient trop tard et l'arrivée de la Countach en remplacement de la Miura n'améliore pas la situation, car la crise du pétrole arrive entre-temps. Ferrucio Lamborghini cède en deux temps toutes ses parts et la marque tente de survivre, par exemple en produisant la M1 pour BMW. Echec encore et la marque est reprise par les frères Mimran à la fin de la décennie. La fin des années quatre-vingt est plus réjouissante et Chrysler en profite pour s'offrir cette belle danseuse en 1987. Mais il n'y a plus qu'une voiture dans la gamme, la Diablo, hors de prix. La crise des années 90 fait retomber le soufflet et c'est un groupe indonésien qui a pris les commandes. La Diablo continue d'exister et d'évoluer, mais la survie de la marque passe par un modèle plus raisonnable capable de générer des volumes de ventes plus importants. La Murciélago présentée en 2009 est la première voiture sortie sous la direction de Audi qui a repris la marque italienne en 1998.

Lancia. La marque et son état d'esprit (le raffinement technique au service du luxe) sont nés de la volonté de Vincenzo Lancia, pilote et ingénieur, dès 1906. Les débuts de la marque sont remarquables  : les modèles, baptisés de lettres grecques (la tradition dure toujours), introduisent des innovations considérables, comme le moteur monobloc (1909) ou les roues en tôle (1912). Après la guerre, la marque continue sur sa lancée et présente son chef-d'oeuvre en 1922 avec la Lambda, première voiture au monde à structure autoporteuse et à roues avant indépendantes. Le nom de Lancia est respecté de tous les amateurs d'automobiles de luxe. Vincenzo Lancia meurt en 1938 et c'est son fils qui lui succède. Après-guerre, la marque repart en trombe avec ses succès en compétition, mais perd en 1955 son plus grand champion avec la mort d'Ascari. Le service compétition est cédé à Ferrari et Gianni Lancia se désinvestit de l'entreprise, dont l'ingénieur Fessia prend le contrôle. La marque garde son esprit d'innovation, puisque la Flavia est en 1960 la première traction avant italienne. En 1969, la marque passe sous le contrôle de Fiat. Les Lancia modernes sont dignes de leurs aînées, même si elles sont loin d'être aussi novatrices.

Maserati. La marque est une affaire de famille  : Alfieri Maserati la crée en 1914, bientôt rejoint par deux de ses sept frères tandis qu'un autre, artiste peintre, dessine le fameux sigle au Trident. La marque ne se consacre alors qu'à la compétition et, comme Alfa Romeo, va en être victime. Les frères Maserati sont contraints de céder leur société à Adolfo Orsi (ils créeront en 1947 la marque OSCA). Ce dernier tire les leçons du passé et, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Maserati se met à la production de véhicules de série, avec le modèle A6. Les modèles de série, autour de remarquables moteurs 6 et 8 cylindres, se distinguent des autres grandes marques italiennes concurrentes par un état d'esprit plus Grand Tourisme que Sport  : lignes plus élégantes qu'agressives, mécaniques souples. En 1968, Orsi cède Maserati à Citroën. Si cette union donne naissance à l'une des plus fameuses Citroën de l'histoire, la SM, elle n'est pas une réussite pour la marque italienne, que les Français se montrent bien incapables de gérer correctement. En 1975, Citroën renonce et met Maserati en liquidation ; elle est reprise par Alejandro De Tomaso. La situation se dégrade donc et Fiat finit par racheter l'entreprise. Regonflée par les capitaux du groupe, Maserati développe une nouvelle gamme, sous l'égide de Ferrari qui a le contrôle total et indépendant de la marque depuis 1997. La qualité des voitures s'améliore et les projets d'avenir se précisent, plaçant Maserati dans la stratégie de groupe entre Lancia-Alfa et Ferrari  : un concurrent des Jaguar et des BMW ou Mercedes haut de gamme.

Cyclisme

Avec les Français et les Belges, les Italiens sont la troisième grande nation du cyclisme, dont ils ont écrit l'histoire et la légende. Certains coureurs, comme Fausto Coppi, sont devenus des héros pour toute l'Italie. Le Giro (Tour d'Italie) fut créé en 1909, soit six ans seulement après le premier Tour de France. Il resta durant plus de quarante ans une exclusivité italienne puisque le premier coureur non-transalpin à l'emporter fut un Suisse, Hugo Koblet, en 1950, alors que le premier coureur italien à remporter le Tour de France fut Ottavio Bottechia, dès 1924. Le cyclisme italien, hormis ses grandes stars (Coppi, Bartali, Gimondi, Moser, Bugno), a souvent connu de très forts sprinters (Basso dans les années 1970, puis Argentin et Cipollini) et quelques grimpeurs d'exception, comme Battaglin ou Marco Pantani qui a remporté le Giro et le Tour de France en 1998.

Autres sports

Plongée. On ne peut pas oublier de mentionner les exploits "  Grand bleu  " des plongeurs en apnée. Dans le sillage du fameux Enzo Maiorca, l'incontestable vedette est Umberto Pelizzari, qui a battu record sur record jusqu'à sa retraite en 2001. Son équivalent féminin est Angela Bandini, également recordwoman du monde, et qui descend plus loin (107 m) que ne le fit jamais Jacques Mayol, le héros du Grand bleu.

Rugby. Forte des bons résultats de son équipe nationale et de la compétitivité de ses clubs à l'échelon européen, l'Italie a rejoint en 2000 le Tournoi des 5 nations, rebaptisé logiquement "  Tournoi des 6 nations  ". Après des débuts difficiles, la squadra a obtenu la quatrième place du tournoi en 2007 et a aujourd'hui sa place parmi les équipes qui comptent au niveau mondial, notamment grâce à des joueurs de talent tels que les frères Bergamasco.

Water-polo. En Italie, le water-polo n'est pas vraiment un barbotage dans la piscine, mais une affaire d'état et un sujet de thèse  : voyez donc Palombella Rossa de Nanni Moretti pour vous en convaincre. L'équipe d'Italie est toujours bien placée dans les compétitions internationales. Elle ne compte pas moins que trois titres olympiques (1948, 1960 et 1992), et trois titres de championne du monde (1994, 2001 et le dernier face à la Serbie en 2011).

À FAIRE SUR PLACE
<p>Vélo dans les montagnes de San Remo.</p>

Vélo dans les montagnes de San Remo.

Nature et randonnées

Outre la découverte des trésors culturels de l'Italie (art, histoire, architecture), qui occupe souvent la place centrale d'un voyage dans la péninsule transalpine, les possibilités de loisirs touristiques sont multiples. Sports d'hiver ou sports d'eau, équitation ou écotourisme, chaque voyageur trouvera à exercer sa passion. Pour les amoureux de la nature, sachez que 10 % du territoire italien est protégé, dans le cadre de parcs naturels, nationaux ou régionaux. La liste des parcs naturels italiens, des Dolomites au parc national du Vésuve, figurent sur le site www.parks.it avec les hébergements possibles au sein de ces espaces protégés. Les offices de tourisme locaux vous renseigneront quant à eux sur les établissements qui proposent des activités sportives. Le site de l'Office national de tourisme italien donne les coordonnées des offices de tourisme par ville, sur tout le territoire italien.

Cyclotourisme

Une autre manière de découvrir une région italienne est le cyclotourisme. Les routes s'y prêtent généralement bien et vous pourrez louer des vélos dans toutes les villes moyennes. Pour être inspiré par une balade, le site www.italiainbici.it regroupe des propositions d'itinéraires pour chaque province italienne, grâce à des liens vers d'autres sites.

Équitation

La pratique équestre est très répandue en Italie. Le site de la Fédération de tourisme équestre et Trec, www.fitetrec-ante.net, propose des parcours de randonnée équestre, sur plusieurs jours tout au long de l'année. Les lieux d'agriturismo peuvent être aussi une bonne solution pour pratiquer l'équitation tout en séjournant dans un cadre agréable. Alors ? On se remet en selle sans plus tarder !

Golf

Le golf est un loisir très pratiqué en Italie où il existe un grand nombre de greens. Le site de la Fédération italienne de golf - www.federgolf.it - les répertorie par régions, mais la grande majorité des terrains se situent en Italie du Nord (Lombardie et Piémont) et dans la région de Rome (Lazio). Chaque green fait l'objet d'un bref descriptif.

Pêche

L'Italie possède une quantité et une diversité de plans d'eau qui font le bonheur des pêcheurs : les lacs et rivières de montagne, sans compter la côte littorale pour la pêche maritime et la pêche sous-marine. Pour la pêche en eau douce, un permis est nécessaire. La fédération italienne de pêche dispose aussi d'antennes locales dans chaque région auxquelles vous pouvez vous adresser directement.

Sports de montagne

En hiver, les skieurs sont rois dans les Alpes italiennes ; en été les passionnés de montagne peuvent s'adonner à l'escalade, l'alpinisme, la randonnée ou encore le ski d'été sur les glaciers italiens. La Federazione italiana di Escursionismo (www.fieitalia.it) regroupe des informations concernant tout type d'activités relatives à la montagne (trekking, VTT, etc.).

Sports nautiques

Les possibilités sont multiples pour exercer des sports d'eau en Italie. Ski nautique, plongée, voile, autant de disciplines que le littoral méditerranéen et adriatique propose. Pour les passionnés de voiles : informations de la Federazione italiana Vela sur le site www.federvela.it

Thermalisme

L'Italie dispose d'une grande diversité de sources thermales dont les spécificités peuvent guérir nombre de désordres médicaux. Avant de se rendre dans un centre thermal pour une cure, il est néanmoins nécessaire de consulter un médecin pour un diagnostic. Avis aux curistes, le site de l'Office national de tourisme italien (www.enit.it) recense tous les sites de thermalisme dans le pays, avec possibilité de recherche de thermes en fonction des pathologies à guérir.

Adresses Futées d'Italie

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