Guide d'Italie : Politique et économie

Politique
Structure étatique

La Constitution italienne entrée en vigueur le 27 décembre 1947 définit l'Italie comme " une République démocratique, fondée sur le travail " (voir : art. 1-Principes fondamentaux).

L'Italie est donc une République démocratique parlementaire dont la principale institution politique est le Parlement (Assemblée nationale) se composant de la Chambre des députés (630 membres dont 12 élus parmi les Italiens résidant à l'étranger) et du Sénat de la République (315 sénateurs). Ces deux chambres exercent collectivement la fonction législative. Le Parlement est élu au suffrage universel par les Italiens ayant atteint l'âge de 18 ans pour l'élection des députés et celui de 21 ans pour les sénateurs.

Le pouvoir exécutif est confié au président du Conseil et à des ministres qui constituent ensemble le Conseil des ministres. Le président du Conseil dirige la politique générale du gouvernement et en est responsable. Les élections législatives ont lieu tous les 5 ans mais, compte tenu de la situation politique instable dans laquelle l'Italie s'est trouvée depuis l'après-guerre, la majorité parlementaire est très volontiers et souvent rompue, ce qui donne lieu à de nouvelles élections environ tous les 2 ou 3 ans.

Le président de la République est élu tous les 7 ans par le Parlement réuni en séance plénière. Son pouvoir consiste à représenter la Nation. Il n'a que peu d'influence sur la vie politique de l'Etat, même s'il peut, après consultation de leurs présidents, dissoudre les deux chambres ou une seule d'entre elles. Cependant aucun acte du président de la République n'est valable s'il n'est contresigné par les ministres qui l'ont proposé et qui en assument la responsabilité, ce qui a été fait dans le but d'éviter que l'Etat sombre sous le joug d'une dictature personnelle.

Au niveau local, l'Italie est divisée en régions, provinces et communes, des collectivités territoriales autonomes depuis les années 1970 et ayant des pouvoirs et des fonctions qui leur sont propres dans les domaines administratifs, législatifs et fiscaux fixés par la Constitution. Un représentant de l'Etat, résidant au chef-lieu de la région, exerce les fonctions administratives appartenant à l'Etat et les coordonne avec celles exercées par la région. Les régions sont au nombre de 20 (Piémont, Val d'Aoste, Lombardie, Trentin-Haut-Adige, Vénétie, Frioul-Vénétie Julienne, Ligurie, Emilie-Romagne, Toscane, Ombrie, Marches, Latium, Abruzzes, Molise, Campanie, Pouilles, Basilicate, Calabre, Sicile, Sardaigne). Un statut spécial d'autonomie a été attribué à la Sicile, à la Sardaigne, au Trentin-Haut-Adige, au Frioul-Vénétie Julienne et au Val d'Aoste. La région exerce normalement ses fonctions administratives en les déléguant aux provinces, aux communes ou à d'autres institutions locales ou en utilisant leurs services. Régions, provinces et communes sont chacune gouvernées par un Conseil, une sorte de Parlement territorial à une seule chambre, par la Giunta, l'organe exécutif et enfin le président du Conseil. Toutefois le poids politique des partis n'est pas forcément lié à la composition du Parlement italien. C'est pourquoi certaines régions (Toscane, Emilie-Romagne) sont nommées " régions rouges " et d'autres (Vénétie, Lombardie) ont vu récemment la naissance de mouvements indépendants (en partie homophobes et xénophobes), comme la Ligue du Nord.

Partis

Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, la vie politique italienne va être surtout marquée par la prééminence de deux partis politiques (bipolarisme) aux idées opposées : la Démocratie chrétienne d'un côté, le parti communiste italien de l'autre, tous deux issus de la Résistance et donc tout auréolés de leurs années de lutte contre le fascisme et l'occupation nazie. Le PCI va être rapidement enfermé dans l'opposition, diabolisé dans le contexte de guerre froide, et la conduite des affaires de l'Etat va être l'apanage de la DC pendant plus de 50 ans, d'abord seule, puis associée à une multitude de petits partis, inaugurant ainsi l'ère du multipartisme qui caractérise aujourd'hui la vie politique de la péninsule. En 1992, Mani Pulite (mains propres), opération de grande envergure lancée par un groupe de juges milanais, entend combattre la corruption qui touche dans le milieu politique les plus hautes instances de l'Etat. Dès lors, un des juges du programme Antonio di Pietro met en cause plus de 150 politiciens. L'impact a été tel qu'on a parlé d'une " république des juges ". Ce gigantesque coup de filet au coeur même de l'Etat italien a bouleversé les esprits en mettant en évidence la corruption des milieux politiques et financiers, et la mainmise de la Mafia sur ceux-ci. Cinquante ans de politique et de nombreux partis, en premier lieu la Démocratie chrétienne (DC) et le parti socialiste (PSI) de Bettino Craxi, sont balayés du panorama politique italien. La population italienne suit attentivement ces événements et, aux élections de 1992, fait savoir aux partis politiques habituels (DC, PCI, PSI, etc.) que l'heure du changement est venue.

Tous les partis historiques périclitent donc après une série de scandales, corruptions, tangentopoli (de tangente, " pot-de-vin ", qui désigne le financement illicite des partis par des entrepreneurs voulant obtenir des marchés publics) en une myriade de nouveaux petits partis changeant de noms (comme le parti communiste italien devenu le PDS, parti démocratique de gauche), d'esprit et d'alliance (le Parti démocrate chrétien s'est scindé en deux).

Aujourd'hui, les différentes forces politiques présentes en Italie sont les suivantes :

Gauche. Le Parti démocrate (centre-gauche), créé en octobre 2007, et dont le secrétaire général est à l'époque Pier Luigi Bersani, est aujourd'hui mené par Matteo Renzi. Il regroupe notamment les démocrates de gauche DS (ancien parti communiste) et une partie de l'ex-Démocratie chrétienne (la Marguerite, centre gauche). Sa création a entraîné plusieurs scissions au sein de la gauche, avec la mise en place d'une autre coalition plus à gauche, l'Italie des Valeurs, fondée par l'ancien magistrat Antonio di Pietro et présidée par Ignazio Messina depuis le retrait de di Pietro en 2013.

Droite. Forza Italia (menée par Silvio Berlusconi) succède au Peuple de la Liberté en 2013, cette coalition regroupe une partie de l'ancienne Alliance nationale.

Ligue du Nord. Populiste, xénophobe, anti-immigration, eurosceptique, ce parti proche de Marine Le Pen et de l'ultranationaliste Premier ministre hongrois Viktor Orban constitue aujourd'hui le gouvernement italien en coalition avec le Mouvement 5 Etoiles.

Le Mouvement 5 Etoiles. Ce mouvement politique était au départ une sorte d'ovni dans le paysage politique italien. Créé et dirigé par le comique antisystème Beppe Grillo, il connaît son premier franc succès lors des élections législatives de 2013 avec 23,5 % des sièges. Réactionnaire et anti-européen, il prône une sorte de démocratie participative. Depuis juin 2018, ce parti dirigé par Luigi Di Maio est au pouvoir en coalition avec la Ligue. Ce parti mène une politique anti-européenne.

Enjeux actuels

L'instabilité politique semble avoir toujours été une prérogative de l'Italie. Entre 2011 et 2014, quatre gouvernements se sont succédé à la tête du pays, avec à leur tête respectivement Silvio Berlusconi (Forza Italia), Mario Monti (Scelta Civica), Enrico Letta (Partito Democratico) et Matteo Renzi (Partito Democratico). En décembre 2016, les Italiens ont rejeté par référendum la réforme constitutionnelle portée par Matteo Renzi qui, dans la foulée, a annoncé sa démission. Aujourd'hui, deux forces constituent la coalition au pouvoir, la Ligue (droite souverainiste) et le Mouvement Cinq Etoiles (populiste). Alors que le gouvernement mène une politique anti-immigration, c'est la situation économique du pays qui inquiète également Bruxelles. A l'automne 2018, le gouvernement italien n'a pas modifié son budget malgré les demandes de la Commission européenne. Si l'agence de notation Standard & Poor's (S&P) a maintenu en automne la note de la dette souveraine italienne, l'Italie n'est pas à l'abri d'une dégradation de sa note dans les prochains mois.

Économie
Principales ressources

Aujourd'hui, l'Italie est la 8e puissance économique mondiale et la 3e puissance économique de la zone euro. D'une économie fortement dominée, après-guerre, par l'agriculture et le secteur industriel, l'Italie est cependant passée à une économie soutenue par le secteur tertiaire qui emploie 61 % des actifs (l'agriculture seulement 7 % des actifs et le secteur touristique 12,6%). La vie rurale est caractérisée par le maintien fréquent de la grande propriété dans le Sud (latifondo), et ce, en dépit des nombreuses réformes agraires. Les cultures dominantes sont céréalières (blé, maïs, riz) et arbustives (vignes, oliviers, agrumes), notamment dans la plaine du Pô, en Toscane, ou dans les Marches. Le blé est la première production du pays et représente 19 % des surfaces cultivées, ce qui permet à l'Italie d'occuper le 16e rang mondial d'exportation de blé. Le pays occupe le 10e rang pour le maïs, ce qui est plus qu'honorable, et reste le premier producteur d'huile d'olive au monde. Quant à la production vinicole, il est deuxième après la France.
Le point noir reste l'élevage, dont la production insuffisante ne permet pas de répondre aux besoins nationaux et oblige à faire appel là encore à l'importation. Quant à la géographie économique, elle a elle-même beaucoup changé. Si l'écart Nord/Sud persiste (taux de chômage plus fort au Sud), entre le Nord industrialisé et le Mezzogiorno, une troisième entité économique a vu le jour depuis la dernière guerre, entité qui comprend approximativement les régions situées sur l'axe Rome, Florence, Bologne et Venise. Les secteurs les plus dynamiques sont la pétrochimie, l'équipement, la sidérurgie, la mécanique, l'électronique, les chantiers navals et électroménagers. Bien évidemment, les secteurs économiques dominants en Italie sont ceux de l'automobile, du textile et de l'habillement. Les inégalités régionales entre le Nord industrialisé et les régions du Sud (rurales) sont toujours élevées.

Sur le plan monétaire, rien de très réjouissant, mais l'Italie, grâce à une politique drastique, fait partie du premier train de l'euro. La lire n'avait pas intégré le serpent monétaire européen depuis 1992, et il fallut attendre le 24 novembre 1996 pour la voir réintégrer le mécanisme de taux de change du système monétaire européen. Cependant, la reprise annoncée pour cette fin de siècle a été freinée par les crises financières asiatique et russe. Le pays affichait, en 1998, 1,4 % de croissance, soit la plus mauvaise performance de toute l'Union. Mais l'Italie fait partie des 11 pays autorisés par le sommet de Bruxelles à adopter l'euro et ce fut chose faite en 2002.

Mais l'euro ne suffit pas. A l'image de ses confrères européens, la crise économique n'a pas épargné l'Italie et, depuis 2010, le pays ne cesse de s'enfoncer... avec un endettement public de 131,5 % (contre 132 % en 2016). Prévisions 2019 : le taux d'endettement de l'Etat devrait être de 128,8 % en 2019. Touchée par les crises grecques et espagnoles, l'Italie peine à relancer sa croissance et ce malgré l'important plan de relance mis en place par Matteo Renzi. Quant au chômage, son taux atteint 11 % de la population active en 2017 (le taux de chômage des jeunes reste cependant très important à 31,5 %). Enfin, le PIB par habitant progresse ces dernières années, et cela s'explique par le fait que la population baisse en Italie. En décembre 2017, le pays comptait environ 100 000 personnes de moins que l'année précédente, pour la troisième année consécutive.

Place du tourisme

Le tourisme en Italie représente 10,3 % du PIB, une part considérable de l'économie italienne (par comparaison, le tourisme représente 7 % en France). De mai à octobre 2015, l'Exposition Universelle de Turin a connu un succès retentissant, avec plus de 20 millions de visiteurs ! En 2017, plus de 59 millions de touristes ont visité l'Italie. Les flux touristiques sont diversifiés : si les Allemands représentent près de la moitié des visiteurs, se succèdent les Américains, les Anglais, les Français, puis les Autrichiens. De courts séjours (week-ends) assurent au pays une activité constante. En revanche, les séjours balnéaires sont plus longs (10 à 12 jours environ). Les stations thermales attirent également bon nombre de visiteurs. En Italie, comme en France, le mois d'août est très demandé par les vacanciers. A l'échelle de la planète, l'Italie, célèbre pour son patrimoine historique et artistique inestimable, se hisse au rang de la cinquième destination touristique mondiale, après la France et les Etats-Unis notamment.

Enjeux actuels

L'Italie du Nord compte parmi les principaux exportateurs mondiaux, dans les secteurs de l'automobile, de la mode, du luxe et de la maroquinerie. Qui sont ces champions de l'économie italienne ?

Des grands groupes (Fiat, 50 % du marché de l'automobile), mais surtout de nombreuses PME, très compétitives, fournissant des produits d'exportation à haute valeur ajoutée : électronique, bureautique (Olivetti), électroménager (Candy, Zanussi), chaussures, confections (Max Mara, Benetton, Ellesse, Sergio Tacchini), industrie du luxe (40 % des exportations italiennes : Valentino, Gianfranco Ferre, Giorgio Armani, Gucci, Gianni Versace).

Les PME de moins de 100 salariés représentent jusqu'à 80 % du tissu d'entreprises exportatrices italien. Les entreprises de moins de 20 salariés réalisent près de 9 % du commerce international de l'Italie. Ces sociétés ont trouvé un terrain fertile de développement surtout dans deux régions : le nord-est et la Lombardie où un nombre croissant de nouveaux entrepreneurs ont su imposer leurs produits et leur efficacité. Le secret de ce système de production industrielle, très apprécié par les économistes, repose sur les " districts industriels ". Un concept qui est tout à fait adapté à l'économie italienne. Il s'agit d'espaces géographiques de petite taille dans lesquels un grand nombre de sociétés relevant d'un même secteur de production (divans, chaussures, textiles, etc.) s'associent pour partager les services nécessaires à leur existence. Un exemple de cette situation ? Les chaises fabriquées en Italie constituent aujourd'hui 50 % de la production européenne correspondant à 40 millions d'unités. Cependant, cette production est le fruit d'une zone industrielle limitée à seulement 100 km² autour d'Udine. L'Italie exporte également avec succès ses produits agroalimentaires, sous des marques aussi connues que Motta, Barilla, Buitoni ou Martini. Forte de son héritage artistique, l'Italie recycle ce talent avec brio dans le domaine industriel et constitue une des grandes nations du design. Le pays est ainsi le premier exportateur mondial de meubles, et les designers automobiles travaillent pour de nombreux constructeurs mondiaux. Pour l'année 2018, le gouvernement italien et la Commission européenne prévoient une hausse de 1,5 % du PIB.

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