1 000 ans avant J.-C

Les recherches archéologiques datent les premières traces humaines à plus de dix siècles av. J.-C.

IIe siècle avant J.-C

C’est l’historien grec Polybe qui évoque le premier la présence des « Andosins » dans sa description de la traversée des Pyrénées par Hannibal. Une visite des différents sites archéologiques du Roc d’Enclar à Santa Coloma ou du Roc des Bruixes à Canillo permet aux curieux d’observer des fragments de céramique, gravures, bijoux ou autres objets de la vie quotidienne datant de cette époque.

VIe et VIIe siècles après J.-C

Bientôt apparaissent les premiers signes de christianisation de la Principauté avec la construction des premières églises préromanes.

Eglise de Santa Coloma©KarSol.jpg

XIe siècle

Une légende veut que Charlemagne ait fondé Andorre en 805, pour remercier ses habitants de l'avoir aidé à lutter contre les Sarrasins. La charte de la fondation d'Andorre se trouve dans les archives de la Casa de la Vall à Andorre-la-Vieille. Cependant, selon l'acte de consécration de la cathédrale de la Seu d'Urgell (en Espagne) de 860, le territoire andorran reste sous domination du comté d'Urgell.

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1159

Afin de préserver son domaine et sa puissance, Bernat Sanç, évêque d’Urgell, se voit obligé de signer un traité avec le noble Arnau de Caboet. Cet accord confirme la souveraineté de l’évêché sur les vallées d’Andorre et stipule la donation en fief du territoire andorran à la maison de Caboet.

1185

En accord avec les alliances entre maisons comtales, les droits des vallées passèrent successivement des Caboet aux Castellbó en 1185, puis aux comtes de Foix en 1208. Refusant de prêter hommage à l’évêque d’Urgell, Roger IV de Foix ouvre une période d’hostilités entre les coseigneurs d’Andorre.

1278

La paix ne viendra qu’avec la médiation du roi d’Aragon, Pierre III Le Grand. Après différentes négociations, il proclame en 1278 un traité mixte entre l’Église et la seigneurie laïque : le paréage. Le paréage recense et répartit les attributions (économique, judiciaire et militaire), confirme les anciennes prérogatives et établit le paiement d’un impôt en échange de la protection de deux seigneurs. Le paréage fait des coprinces des souverains, concentrant, en principe, tous les pouvoirs.

?-1293

Pere d'Urtx

Né de Galceran d'Urtx et de Blanca de Mataplana à une date inconnue, Pere d'Urtx occupe la fonction d'archidiacre de Prats lorsqu'il est élu évêque d'Urgell le 3 novembre 1269, position qu'il occupera jusqu'à sa mort en 1293. Lorsqu'est signé le traité de paréage en 1278, étant à la tête de l'Évêché d'Urgell, il devient de facto le premier coprince d'Andorre. Il repose à présent dans un sarcophage peint par Arnau Pintor, enterré dans la cathédrale d'Urgell.

1419

L’autonomie de l’Andorre s’affirme progressivement. Pour protester contre les abus de certains notaires et huissiers, un habitant, Andreu d’Alàs, adresse une supplique au coprince, l’évêque de la Seu d’Urgell, au nom des « hommes principaux » des vallées d’Andorre. La pétition propose la constitution d’un conseil général pour intervenir dans les affaires internes et faire respecter droits, libertés et privilèges. Les coprinces acceptent cette requête tout en posant une condition : que cette assemblée ne pourrait agir contre eux et leurs successeurs. Comme les privilèges portent essentiellement sur les terres et les propriétés, le conseil prend le nom de Consell de la Terra (Conseil de la Terre). Un ou plusieurs syndics élus peuvent ainsi négocier et agir en justice au nom des Andorrans. C’est ainsi que l’Andorre se dote, dès 1419, d’une institution permanente, un Parlement élu au suffrage censitaire.

1715

Les siècles suivants sont marqués par la lutte pour l'obtention de privilèges mercantiles et juridiques. Alors que l'économie andorrane survit grâce au commerce, les privilèges des exemptions fiscales sont supprimés à la suite de la guerre de Succession entre la Catalogne et la Castille (1702-1715), durant laquelle l'Andorre a su garder sa neutralité. Les Andorrans sont ainsi obligés de payer 10 % de la valeur des produits importés. Après des négociations tenaces, l'Andorre obtient un accord, la Sentència Manutenció, exonérant les produits originaires d’Andorre de taxes. Il faudra attendre la première Révolution industrielle pour que l’exploitation du fer permette un nouveau souffle à l’économie andorrane. Cet essor se développe avec l’apparition de nouveaux métiers : forgerons, maréchaux-ferrants, menuisiers, meuniers, tisserands… ou bien plus tard, à partir de 1880, des cigarreres (femmes employées à rouler du tabac). Ces emplois créés par les forges et le transport du minerai engendrent alors une croissance de la population et une modification de la structure sociale. Les foyers casalers (sans héritage et sans terre) supplantent les foyers de focs (héritiers du patrimoine et propriétaires terriens).

1806

L'Andorre se prépare ainsi à entrer dans un XIXe siècle en pleine mutation sociale et économique, bien que conservant néanmoins des structures institutionnelles moyenâgeuses. Le pays commence par défendre son identité originelle et sa neutralité salvatrice, remise en cause par la France dans le contexte d’après 1789 où elle combattait les privilèges et la féodalité. En 1806, Napoléon Ier reprend ses droits sur la Principauté, et il est reconnu comme coprince. Après avoir connu des troubles politiques internes, le pays pyrénéen réforme ses institutions.

1822-1876

Guillem de Plandolit i d’Areny

Troisième baron de Senaller y Gramenet, Guillem de Plandolit i d’Areny est un homme politique et un industriel andorran travaillant dans le domaine du fer. En 1866, il se fait le porte-parole d'une réforme institutionnelle pour une meilleure participation de l’ensemble de la population à la vie publique. Le projet, soumis aux coprinces, propose la création du Consell General au détriment du Consell de la Terra, l’extension du droit de vote à tous les chefs de famille et l’organisation des différents corps représentatifs. Ses efforts mèneront à la signature de la Nova Reforma.

1868

Napoléon III confirme le décret de la Nova Reforma, promulgué deux ans plus tôt, en avril 1866, par l'évêque Josep Caixal i Estradé.

1929

La concession des Forces hydroélectriques d’Andorre SA en 1929 est octroyée à des entrepreneurs étrangers. Cet événement amène une forte main-d’œuvre étrangère en Andorre et provoque les premiers chocs culturels entre la population locale, d’un naturel austère et fermé, peu habituée aux étrangers, et des ouvriers essentiellement espagnols qui viennent avec des idées nouvelles. Un nouveau tissu économique se forme timidement. Des commerces ouvrent, une banque s'installe en 1935, Correos (les PTT espagnoles) arrive en 1928 et la Poste en 1931.

1933

Du point de vue institutionnel, l’année 1933 est exceptionnelle. Les contestations internes concernant notamment le degré de démocratisation du Conseil aboutissent à la signature d’un décret, le 19 août. Le droit de suffrage peut désormais être exercé par tous les hommes andorrans de plus de 25 ans.

1896-1989

Boris Skossyreff

Né dans un Vilnius alors encore en territoire impérial russe, Boris Skossyreff est resté célèbre en Andorre pour en avoir été le roi le temps d'une semaine. Son histoire est digne d'un véritable roman d'aventures : après moult tribulations à travers le monde, il est expulsé de Majorque pour escroquerie et arrive en 1934 dans une Andorre pauvre et désolée. Soutenu par un membre haut placé du gouvernement, il promet de redresser l'économie du petit pays. Il parvient à gagner la confiance des membres du Conseil des Vallées et, s'opposant à l'autorité française, s'autoproclame le 6 juillet 1934 roi d'Andorre, sous le nom de Boris Ier. Le 14 juillet 1934, sur décision des deux coprinces et aidé par un escadron de la gendarmerie espagnole, Boris Ier est destitué puis chassé vers le Portugal.

1940-1945

Tout au long de la Seconde Guerre mondiale, Andorre est un territoire de transit et de refuge. Y séjournent militaires polonais, résistants français, aviateurs alliés, juifs fuyant le régime de Pétain, puis plus tard, en 1945, nazis et autres collaborateurs cherchant à s'échapper vers l'Espagne. Le dynamisme du pays va en augmentant et peu à peu la mentalité autarcique de survie fait place à un esprit libéral et capitaliste, favorisant la croissance du pays, en particulier après la Seconde Guerre mondiale.

1970

Le droit de vote est tardivement accordé aux femmes. Notons ici qu’en 1978, Escaldes-Engordany devient la septième paroisse du pays.

1981

À la suite de différentes revendications politiques, deux décrets importants sont signés en 1981. Le premier dote la Principauté d’un véritable gouvernement dont le chef est responsable devant le Conseil général. Le second porte le nombre des conseillers généraux à 28 à raison de 4 par paroisse, élus pour 4 ans renouvelables. Le premier chef du gouvernement, Oscar Ribas i Reig, est élu en janvier 1982. Cependant, la réalité institutionnelle andorrane issue du Moyen Âge montre vite ses limites. Le rôle octroyé aux coprinces a peu évolué depuis les Paréages, ce qui accentue la dissymétrie entre l’évolution des notions de nation dans le monde occidental et celle vécue par la Principauté.

1990

Le pays conserve cependant certains privilèges commerciaux. En effet, alors que ses liens économiques avec la France et l’Espagne sont menacés par leur entrée dans la CEE, Andorre passe un accord partiel d’union douanière avec l’organisation en 1990. C’est la première fois que l’Andorre signe de sa propre initiative un accord international.

1993

Ainsi lancée, l'Andorre crée une dynamique en faveur d’une réforme profonde de ses institutions et d’une reconnaissance internationale. La Constitution andorrane est approuvée par référendum le 14 mars 1993. Elle définit les caractères de l’État (État de droit, indépendant, démocratique et social) et le régime politique (co-principauté parlementaire).

Années 1990

Jusqu'au début des années 2000, l'Andorre se tisse un réseau diplomatique en devenant notamment membre d'une bonne vingtaine d'organismes internationaux, parmi lesquels entres autres, l'Organisation des Nations unies (1993), le Conseil de l’Europe (1994), l’Unesco (1994), l'Organisation mondiale du tourisme (1996), l’Organisation mondiale de la santé (1997), l’Organisation internationale de la francophonie (2004). Elle signe et ratifie plus de 200 traités et accords internationaux, dont les Conventions des droits de l’homme des Nations unies et du Conseil de l’Europe, un accord de libre circulation de personnes avec la France et l’Espagne, puis avec le Portugal, et un accord de coopération avec l’Union européenne.

1999

L'Andorre entre dans la zone euro.

Années 2000

La modernisation des structures juridiques et économiques se poursuit par voie législative. De nombreuses lois sont promulguées, dans des domaines aussi divers que le système éducatif, la protection du patrimoine, les finances publiques, l’immigration, l’accès à la nationalité, la protection sociale... L’objectif est de continuer à soutenir la croissance et le développement durable du pays.

2008

La crise internationale frappe durement le pays (moins durement que ses voisins immédiats pour autant) et l'oblige à revoir une partie de ses lois fiscales pour être en règle avec le droit européen et la politique de Bruxelles contre les paradis fiscaux. Ces réformes sont toujours en cours et elles ont connu ces derniers temps un fort développement à la suite de l'enquête pour blanchiment d'argent issu du crime organisé lancée par la division du Trésor américain chargé de la lutte contre le crime financier (la FinCEN) contre la principale banque andorrane, la Banca Privada d'Andorra (BPA). Pour pallier ces difficultés et ces accusations, l'Institut national andorran des Finances a annoncé qu'il prenait le contrôle de la BPA. Depuis lors, rien ne semble pouvoir troubler la tranquillité de cette principauté nichée au cœur des Pyrénées-Orientales.