Guide d'Espagne : Politique et économie

Sur la plage de Salou.
Sur la plage de Salou.
Politique
Structure étatique

Décrite par la Constitution de 1978, l'organisation décentralisée de l'Espagne repose sur deux entités territoriales : les communautés autonomes (17) et les nationalités (3). Ce statut avait été attribué aux régions dites " historiques ", qui avaient déjà bénéficié d'un statut d'autonomie au cours de la Deuxième République espagnole. Mises en place pour préserver son unité, ces communautés ont été définies selon des critères historiques, culturels et linguistiques, sans retenir les critères géographiques ou démographiques, ce qui a abouti à des communautés qui peuvent être très disparates. En près de 30 ans, elles ont accumulé de larges pouvoirs, ces gouvernements locaux étant responsables a minima du logement, des services sociaux, mais aussi de l'agriculture, de la culture et de l'urbanisme. Beaucoup d'autonomies (autonomías) ont désormais un président, une assemblée législative et un gouvernement. Certaines autres ont également la charge d'institutions relatives aux affaires administratives, civiles et pénales et même un tribunal supérieur de justice. Ce sont malgré tout les autonomies basques et catalanes qui ont le plus profité de ce statut.

La Catalogne. Avec le Pays basque et la Galice, elle a fait partie des trois régions qui ont accédé le plus vite au statut d'autonomie puisqu'elle s'est vue reconnaître comme nation historique dès 1978. Cela traduisait la prise en compte de ses différences culturelles, au plan de la langue comme à celui de l'identité. L'organisation politique de la communauté repose sur la Generalitat, un ensemble de plusieurs organes qui détiennent les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire régionaux. Cela inclut le parlement (135 députés, élus pour 4 ans au suffrage universel), le conseil exécutif de Catalogne et la présidence.

La Generalitat a été dirigée par Carles Puigdemont (Convergència Democràtica de Catalunya, CDC puis PDCAT) du 12 janvier 2016, après le retrait in extremis de la candidature d'Artur Mas, au 28 octobre 2017, en application de l'article 155 de la constitution espagnole. En raison d'une suspension de l'autonomie de la Catalogne, c'est la vice-présidente du gouvernement espagnol Soraya Sáenz de Santamaría qui a ensuite exercé temporairement les compétences revenant ordinairement à la Generalitat, avant que ne soit élu, le 14 mai 2018, le 131e président de la généralité de Catalogne, Quim Torra.

Au travers de ce dispositif, la Catalogne exerce son autonomie dans de nombreux domaines de compétences, comme la santé ou l'éducation, 33 compétences au total.

Partis

Longtemps fief de Jordi Pujol (CIU), qui en a été le président de 1980 à 2003, la Generalitat a été de nouveau dirigée par la CIU de décembre 2010 à janvier 2016, avec comme président Artur Mas. Deux données ont contribué à une reconfiguration des partis en présence, la demande sociale, comme dans le reste de l'Espagne et la poussée indépendantiste. Voici les principaux partis actifs à l'heure actuelle :

Junts pel Sí, Ensemble pour le Oui, c'est une coalition politique de circonstance, créée en juillet 2015, en prévision des élections régionales catalanes de septembre 2015, emmenée par Artur Mas. Les partis impliqués sont : Convergència Democràtica de Catalunya (Convergence démocratique de Catalogne, CDC), parti centriste et catalaniste créé par le célèbre Jord Pujol en 1974 ; Esquerra Republicana de Catalunya (Gauche Républicaine de Catalogne, ERC), parti indépendantiste historique créé en 1931 et mené par Oriol Junqueras ; Demòcrates de Catalunya (Démocrates de Catalogne, DC), fondé en 2015 et d'idéologie démocrate-chrétienne et séparatiste ; Moviment d'Esquerres (Mouvement des gauches, MES), issu de la fusion en 2014 de la Nouvelle Gauche Catalane et du Mouvement Catalogne, socialiste. Cette coalition est sortie grande gagnante des élections régionales fin 2015, avec 62 sièges au parlement catalan. Mais l'opposition de la CUP (Candidature d'unité populaire) à l'investiture d'Artur Mas comme président de la Generalitat l'a conduit à céder la place à Carles Puigdemont (Convergència Democràtica de Catalunya, CDC).

A l'occasion des élections régionales du 21 décembre 2017, elle n'a pas été reconduite puisque six listes se sont présentées : Junts per Catalunya (JuntsxCat), dirigée par Carles Puigdemont depuis Bruxelles, liste qui obtient 34 sièges aux élections de décembre 2017 ; Esquerra Republicana de Catalunya (ERC-Catsi), dirigée par Oriol Junqueras, en prison, avec comme tête de liste n° 2 Marta Rovira (32 sièges) ; Ciutadans (C's) dirigée par Ines Arrimadas (36 sièges) ; Partit dels Socialistes de Catalunya (PSC), tête de liste, Miquel Iceta (17 sièges) ; Partido Popular (PP), avec Xavier Abiol (4 sièges) ; Catalunya en Comú-Podem, tête de liste Xavier Domènech (8 sièges) ; Candidatura d'Unitat Popular (CUP) avec Carles Riera (4 sièges).

Ciudadanos Citoyens, C's, fondé en 2005, est un parti de centre-droit qui avait à l'origine pour vocation de s'opposer aux mouvements indépendantistes catalans. Anti-régionaliste, pro-européen et socio-libéral, il est aujourd'hui actif dans toute l'Espagne. Lors des élections régionales de septembre 2015, il arrive en deuxième position avec 25 sièges. Lors des élections régionales de 2017, c'est le parti qui arrive en premier pour le nombre de voix obtenues avec 25 % des suffrages et obtient 36 sièges.

Partit dels Socialistes de Catalunya, Parti des socialistes de Catalogne, PSC-PSOE est né en 1978 de la fusion des deux partis socialistes catalans. Traditionnellement fort dans la région de Barcelone, il n'a toutefois gagné que 16 sièges au parlement lors des élections de septembre 2015. Il obtient 17 sièges lors des élections de décembre 2017.

Catalunya Sí que es Pot, Catalogne oui c'est possible, est une coalition politique, elle aussi fondée en juillet 2015, en vue des élections régionales de septembre 2015. Menée par Lluís Rabell, elle est arrivée en quatrième position avec 11 sièges remportés au parlement. Elle rassemblait : Esquerra Unida i Alternativa (Gauche unie et alternative, EUiA), parti catalan fondé en 1998 réunissant le Parti des communistes catalans et le Parti socialiste unifié de Catalogne ; Iniciativa per Catalunya Verds (Initiative pour la Catalogne Verts, ICV), seul parti écologiste, créé en 1987, à connaître un certain succès à travers l'Espagne ; Podemos (" Nous pouvons "), parti de gauche radicale fondé en 2014 par Pablo Iglesias et devenu en l'espace d'un an et demi une troisième voie d'importance dans la paysage politique espagnol ; et Equo, parti politique espagnol écologiste créé en 2011.

Candidatura d'Unitat Popular, Candidature d'unité populaire, CUP, fondé en 1986, est un parti indépendantiste d'extrême-gauche, qui avait coutume depuis sa création de ne présenter une liste que lors des élections communales. Le parti se présente toutefois aux régionales de 2012 et obtient trois sièges au parlement catalan. Depuis les communales de 2015 le CUP détient 14 mairies. A l'occasion des élections régionales de septembre 2015, il a obtenu 10 sièges au parlement catalan. Il n'obtient que 4 sièges lors des élections de décembre 2017.

Partit Popular Català, Parti populaire catalan, PPC, fondé en 1989, il est l'un des deux partis politiques les plus forts en Espagne, mis à part en Catalogne. Il n'a obtenu que 11 sièges lors des dernières élections régionales. Et effectue une chute encore plus importante en décembre 2017 avec seulement 4 sièges.

Le Parti des Communistes de Catalogne est le résultat d'une fusion, en 2014, des deux partis communistes de la région et de collectifs d'extrême-gauche. D'orientation marxiste et régionaliste, il demeure un parti de second plan.

Enjeux actuels

Le 27 septembre 2015, les élections régionales catalanes avaient donné la victoire aux partis indépendantistes réunis sous la coalition Ensemble pour le oui. Une victoire qui comprenait déjà quelques bémols, y compris en Catalogne, puisque la majorité avait été obtenue en termes de sièges, mais pas en termes de suffrages. Nonobstant, la coalition propose aux Catalans un plan de sortie de l'Espagne dans les 18 mois suivant l'élection. Une perspective d'indépendance qui se heurtait à un obstacle en particulier : celui de la constitution espagnole de 1978 qui ne reconnaît pas le droit de statuer dans ce domaine à une partie seulement de la population espagnole. En application de ce plan et avec une forte de pression de la Cup qui avait contribué à faire remplacer Arthur Mas par Carles Puigdemont à la présidence de la Generalitat, un référendum d'autodétermination a été organisé le 1er octobre 2017, approuvé par le parlement de Catalogne et déclaré inconstitutionnel par le Tribunal constitutionnel, le 17 octobre 2017. Son résultat (90 % de " Oui " avec un taux de participation de plus de 42 % de l'électorat) conduit Carles Puigdemont, Président de la Catalogne, à " prendre acte " du mandat du peuple pour devenir indépendant, mais suspend le même jour, le 10 octobre, la déclaration unilatérale d'indépendance (DIU) qui devait s'en suivre, mais qui sera votée par le parlement catalan le 28 octobre 2017. Une décision enclenchant le vote par le sénat espagnol de l'entrée en vigueur de l'article 155 de la constitution qui destitue le parlement régional de Catalogne, la région étant administrée au niveau régional et la convocation des élections régionales pour le 21 décembre 2017. Des élections qui ont donné la majorité parlementaire aux indépendantistes, mais ont aussi fait de Ciudadanos, le parti qui a obtenu le plus de votes et de députés. Autre fait notoire, la campagne de Junts Per Catalunya a été menée par Carles Puigdemont, président démis, depuis la Belgique où il s'est rendu le 30 octobre 2017. Là, il a fait l'objet d'un mandat d'arrêt international, émis par l'Espagne, retiré puis de nouveau émis lors de son passage par l'Allemagne. Après son arrestation le 25 mars 2018 par la police allemande, le mandat a été levé par l'Espagne, au vu des conditions émises par le tribunal de Schleswig-Holstein pour son extradition (le motif de rébellion contre l'Etat espagnol n'étant pas retenu). De retour en Belgique, Carles Puigdemont réside aujourd'hui à Waterloo et a désigné Quim Torra comme son successeur. Ce dernier ayant été élu président de la Generalitat, le 14 mai 2018, par majorité simple grâce à l'abstention de la Cup (extrême gauche radicale catalane).

Hormis la persistance de la crise catalane, l'année 2018 a aussi été marquée par le jugement de nombreux cas de corruption comme celui de Rodrigo Rato, ex-ministre de l'Economie du gouvernement Aznar, ou l'affaire Gürtel. L'implication du PP dans de nombreux scandales conduira à la victoire de la motion de censure proposée par le PSOE, et à l'arrivée de Pedro Sánchez à la présidence du gouvernement, en mai 2018. Gagnée avec des éléments composites, cette victoire du PSOE ne lui a pas permis jusqu'à présent de finaliser ses projets de budget pour 2019. Dans ce contexte où tous les partis sont plus en moins en pré-campagne, Ciudadanos a annoncé la rupture de son pacte de gouvernement au sein de la junta de Andalucia, ce qui a conduit sa présidente Susana Diaz à convoquer des élections locales anticipées en Andalousie, le 2 décembre 2018. Qualifiées de " tremblement de terre ", ces dernières font perdre la majorité absolue à la gauche et voient progresser Ciudadanos (+ 12 députés par rapport à 2015) et émerger avec force un nouvel intervenant, Vox, extrême droite, qui obtient 12 sièges à l'occasion de ces élections. Sur le papier la majorité requise pour gouverner (55 sièges) ne peut être assurée que par une coalition des trois partis de droite.

Économie
Principales ressources

Traditionnellement implantée dans l'industrie depuis le XIXe siècle, la Catalogne vit aujourd'hui de son secteur tertiaire à 60 %. Même si son industrie reste une partie importante de son économie, celle-ci repose désormais sur la construction, les services et le tourisme. On notera aussi sa place dans le secteur financier, puisque 10 des 46 Caisses d'épargne espagnoles sont catalanes, avec une place privilégiée pour la Caixa (ces caisses d'épargnes ont récemment été contraintes légalement de se constituer en banque : la Caixa par exemple se nomme à présent CaixaBank). La bourse de Barcelone est la deuxième d'Espagne, après celle de Madrid. La production d'énergie est aussi devenue un pôle important via des centrales thermiques et nucléaires.

Place du tourisme

Si la Catalogne est toujours la première destination touristique de l'Espagne, avec 18 millions reçus en 2016, soit 3,8 % de plus que l'année précédente, l'ampleur de la crise catalane en 2017 a toutefois fait baisser le chiffre d'affaires du secteur de tourisme d'environ 15 % ! L'été 2018 a confirmé cette tendance avec une baisse de 6,7 % du tourisme par rapport à l'été précédent. La grande majorité de ces visiteurs viennent du Royaume-Uni, de France et d'Allemagne.

Enjeux actuels

La crise se fait encore sentir en Catalogne même si le gouvernement espagnol a officiellement fêté la sortie de la récession pour l'Espagne en 2013. Le boom touristique enregistré depuis 2013 et poursuivi dans les années suivantes ayant agi positivement sur l'économie, on comprend ce que son développement signifie pour la Catalogne, région qui en a tiré le plus grand profit, avec les Canaries. Une fois de plus, la Costa Daurada et les Terres de l'Ebre auront " bénéficié ", comme l'Espagne de manière générale, de l'effondrement de gros fournisseurs de destinations touristiques en Méditerranée, Égypte, Tunisie... Une opportunité qui les ont conduites à maintenir un modèle touristique reposant en grande partie sur une forte urbanisation des côtes, reboostée par la sortie de crise. Même si les pressions écologistes et préoccupations d'image conduisent les stations balnéaires du littoral à modérer leurs pulsions constructivistes.

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