Le guide touristique BELGIQUE du Petit Futé : Arts et culture

Arts et culture

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La flèche de l'Hôtel de Ville.
La flèche de l'Hôtel de Ville.

La Belgique possède un riche héritage architectural. Outre les beffrois, symboles de la liberté des villes, et les béguinages flamands, les exemples d'architecture médiévale se retrouvent surtout dans les nombreuses églises construites à cette époque. Celles-ci furent d'abord construites dans le style roman.

L'art roman caractéristique qui se développa en Wallonie, à la croisée des influences française et germanique (influences carolingienne et ottonienne), fut qualifié d'art mosan (région de la Meuse, au coeur de l'Empire carolingien).

Au XIIe siècle, l'art roman fut détrôné par le gothique. Le gothique brabançon et le gothique tournaisien sont deux variantes du style gothique propres à la Belgique et aux Pays-Bas. La cathédrale d'Anvers constitue un magnifique exemple d'architecture gothique.

Au XVe siècle apparaît le gothique flamboyant, qui laisse libre cours à la fantaisie et se caractérise par la richesse des nombreux ornements. En témoignent des bâtiments tels que l'hôtel de ville de Bruxelles ou celui de Louvain, encore plus abouti.

Aux XVIe et XVIIe siècles, le style gothique survit mais commence à se teinter d'influences italiennes. A cette époque, le style baroque fait également son apparition sur le territoire de la future Belgique, introduit par les jésuites, ouverts aux influences italiennes. En Flandre, celui-ci prend un aspect particulier, qui sera qualifié de " style baroque flamand ". Il se caractérise par la profusion du décor intérieur et en façade. Ce style est visible principalement à Anvers (maison de Rubens, église Saint-Charles-Borromée). Après le bombardement de Bruxelles par les Français, en 1695, les maisons de la Grand-Place (à l'exception de l'hôtel de ville qui survécut miraculeusement) furent reconstruites dans le style baroque flamand, avec ses dorures et ses formes opulentes.

Au XVIIIe siècle, après l'exubérance du baroque, sous la domination autrichienne, l'architecture belge prit un aspect rationnel, un peu ennuyeux, de style néoclassique, que vous retrouverez dans les bâtiments qui entourent la place Royale ou la place des Martyrs à Bruxelles. Après l'indépendance de la Belgique, sous Léopold Ier et surtout ensuite sous Léopold II, la nouvelle nation veut prouver qu'elle est riche et puissante et que sa capitale peut rivaliser avec les autres grandes villes européennes. Elle se lance alors dans de grands projets d'urbanisme et dans la construction de bâtiments publics imposants et extravagants. Les chic galeries Saint-Hubert, un immense passage couvert d'une voûte en verre et orné de multiples sculptures, ou le palais de Justice de Bruxelles, conçu en style gréco-romain, en constituent des exemples significatifs. Le désir, caractéristique de l'époque, d'exposer les richesses et la puissance de la nation, se retrouve également dans l'architecture privée. Ainsi, les hôtels de maître reflètent la prospérité du pays, qu'ils soient conçus dans un style sobre néoclassique ou qu'ils se laissent aller à toutes sortes de débordements et de fantaisies. Dans ce contexte, la fin du XIXe siècle verra l'apparition de l'Art nouveau, représenté essentiellement, en architecture, par Victor Horta, Paul Hankar et Henry Van de Velde.

L'Art nouveau, appelé aussi Modern Style ou Jugendstil, est né dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il perdure jusqu'au début du XXe. Ce terme désigne les productions artistiques refusant de se plier aux règles académiques. Contrairement au gothique ou néogothique, l'Art nouveau affectionne lignes et courbes. Cette nouvelle conception se veut proche de la nature. Les motifs représentent des fleurs, des plantes, des arbres, des insectes, des animaux. Le second objectif de ce courant est de rendre l'art accessible à tous, à un coût abordable. Les nouveaux matériaux, tels le bois, la pierre, l'acier ou le verre, permettent d'appliquer cette philosophie de démocratisation. Ils favorisent aussi une évolution architecturale en permettant la construction d'immeubles de plus en plus hauts jusqu'à la réalisation de gratte-ciel.

Après la Première Guerre mondiale, l'Art déco prend tout naturellement la relève de l'Art nouveau. De nouveaux matériaux (béton armé, verre compressé) vont être utilisés. Même Horta suivit les modes du temps puisqu'il conçut le palais des Beaux-Arts (maintenant appelé Bozar) et la gare Centrale.

En ce qui concerne l'architecture contemporaine, en revanche, la Belgique possède peu de constructions vraiment intéressantes. Dans les bâtiments d'après-guerre, on remarquera cependant l'Atomium, étrange bâtiment construit pour l'Exposition universelle de 1958 et dont la forme représente un atome de fer agrandi 165 milliards de fois, et le Berlaymont, dans le quartier européen. La Maison tournante de Wavre, également construite en 1958, est quant à elle une habitation circulaire dont le mécanisme permet d'orienter la salle principale en fonction du soleil. Ces dernières années, certaines villes belges semblent enfin s'intéresser à l'architecture contemporaine et osent des constructions plus recherchées, tels le Concertgebouw à Bruges, le restaurant Zuiderterras et le nouveau palais de Justice à Anvers (inauguré en 2006), et la récente gare de Liège-Guillemins, conçue par l'architecte espagnol Santiago Calatrava.

ArtisanatHaut de page
Dentellerie.
Dentellerie.
La dentelleHaut de page

La dentelle duchesse de Bruxelles doit son nom à la duchesse Marie-Henriette de Brabant, car elle en était très friande. Une dentelle réputée plus fine et plus riche que la duchesse de Bruges. C'est pourtant Bruges qui revendique le titre de " ville de la dentelle " en se reposant sur une légende selon laquelle la dentelle y aurait été créée par une jeune fille à qui la Vierge aurait révélé le secret de fabrication de cet art. D'autres légendes provenant des pays du monde entier racontent l'histoire de la création de la dentelle. Parfois, d'une ville à l'autre, dans un même pays, la légende diffère : celle racontée à Bruges n'est pas celle racontée à Bruxelles.

Histoire. Il est impossible de déterminer avec exactitude le moment de l'invention de cette technique. Elle date probablement du XVIe siècle et est apparue à peu près en même temps en Italie et en Flandre. Le mode de fabrication aurait été apporté d'Orient en Occident par les croisés. Une autre technique similaire existait déjà : la passementerie, pratiquée par des hommes avec du fil d'or, de cuivre ou d'argent. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la demande croissante fait de la dentelle le seul produit d'exportation suite à la crise du textile flamand.

La plupart des ouvrages sont réalisés par des femmes au logis (dans les béguinages, par exemple) ou des indigents. La ville d'Anvers employait, en 1738, le quart de sa population active à la confection de la dentelle, y compris des enfants. Aux XIXe et XXe siècles, la manufacture de la dentelle en Flandre est très importante : par ce biais, Bruges devient un pôle économique essentiel. Cependant, à cette époque, le fil de coton remplace le fil de lin, et la fabrication industrielle vient asséner le coup de grâce à cet artisanat.

Le Centre de la dentelle. Il est situé à Bruges, installé dans une maison-Dieu fondée au XVe siècle. L'ancienne demeure familiale héberge les ateliers des dentellières, toujours prêtes à faire une démonstration sous l'oeil des visiteurs. Dans la boutique, vous trouverez tous les outils et matériaux pour vous initier à cet art délicat.

Que ramener de son voyage ?

Il est impossible de quitter la Belgique sans emporter l'une des centaines de bières locales. Si vous ne savez que choisir, offrez-vous un " mètre de bière " qui propose plusieurs échantillons de ce breuvage, parmi les meilleurs du pays. Vous en trouverez dans certaines boutiques spécialisées près des centres touristiques ou dans les nombreuses brasseries à visiter.

Ajoutez à cela une bouteille de " peket " ou de " jenever ", le genièvre wallon ou flamand. Les régions de Liège et du Limbourg sont les plus fournies en la matière.

Pour les gourmands,...

Les pralines et le chocolat sont dans le top des produits à faire découvrir à vos connaissances. Le spéculoos (en biscuit ou en pâte) est également un incontournable. Si vous êtes déjà un initié des produits belges, vous pouvez passer au niveau de subtilité suivant et vous procurer des couques de Dinant, sortes de biscuits modelés et incassables ou des cuberdons (des bonbons en forme de pyramide à bout rond de toutes les couleurs). Enfin, pour ceux qui aiment cuisiner, le sirop de liège ne peut être oublié, d'autant qu'il est difficile de le trouver à l'étranger. Il permet de réaliser les fameux boulets liégeois et beaucoup d'autres recettes.

Pour les autres,...

Les amateurs de bandes dessinées ne résisteront sans doute pas à la tentation de compléter leur collection. Il existe un quartier spécialisé autour de la chaussée de Wavre, à Bruxelles.

Si vous visitez Bruges, vous serez tenté par la remarquable dentelle produite dans ses murs.

Vous pourrez aussi rapporter de la dinanderie (travail du cuivre, du bronze ou du laiton) de Dinant, des porcelaines de Tournai, des poteries des grès bleus de La Roche, des faïences et céramiques de la Louvière...

Les brocantes sont aussi populaires (ne manquez pas celle de la place du Jeu-de-Balle à Bruxelles ou le Vrijdagmarkt à Anvers). Si vous aimez chiner, vous pourrez peut-être y trouver quelques objets artisanaux anciens.

Enfin, si votre budget le permet, les bijouteries d'Anvers sont à votre disposition pour tailler le diamant de tous vos désirs et les boutiques de Bruxelles vous attendent pour vous faire les poches à la maison de maroquinerie de luxe " Delvaux ", la plus ancienne au monde.

Expressions modernesHaut de page
Théâtre de Gand.
Théâtre de Gand.

Mode. Les branchés le savaient déjà, les autres le découvrent. L'avant-garde se porte bien en Belgique. D'ailleurs, dans certains milieux parisiens et londoniens, rien n'est plus chic qu'une étiquette belge.

Anvers, particulièrement, jouit d'une réputation internationale dans le domaine de la mode. Celle-ci doit beaucoup aux Six d'Anvers, les six créateurs anversois (Dries Van Noten, Ann Demeulemeester, Walter Van Beirendonck, Dirk Van Saene, Dirk Bikkembergs et Marina Yee) qui, dans les années 1980, partirent ensemble à la conquête des défilés de Londres et Paris, avec leur style épuré caractéristique et leur vision très particulière de la mode. Ces créateurs et leurs successeurs se sont installés autour de la Nationalestraat, l'ancienne rue des tailleurs, devenue un véritable paradis de la sape. Cet engouement pour la mode belge et sa renommée ont incité de nombreux jeunes talents à entreprendre des études de stylisme dans les très bonnes écoles que compte le pays : l'académie d'Anvers, la Cambre, ou Bischoffsheim à Bruxelles. Olivier Strelli, Italien d'origine et natif du Congo belge, est une figure de proue du prêt-à-porter haut de gamme. Quant au Liégeois Elvis Pompilio, il s'est illustré dans la chapellerie. Avec plusieurs boutiques dans les grandes capitales européennes, Pompilio s'est fait une réputation sans frontières, coiffant de ses couvre-chefs les personnalités les plus en vogue. On mentionnera également Edouard Vermeulen, Kaat Tilley, Xavier Delcour... Bruxelles a d'ailleurs également pris ses marques lorsque de jeunes stylistes sortis de ces écoles ont commencé à installer leurs boutiques dans la rue Antoine Dansaert, à quelques centaines de mètres du centre-ville. Le quartier est aujourd'hui devenu le pôle principal de la mode en Belgique, rendez-vous incontournable des fans de shopping (qui ont les moyens !). Créée en 1994, l'association Modo Bruxellae (www.modobruxellae.be) a pour but de promouvoir la mode belge et de la mettre en scène dans la ville en imaginant des événements, une parade, des expos...

Théâtre. Dans le domaine du théâtre, l'activité est débordante. A Bruxelles, le Théâtre national (www.theatrenational.be) propose des pièces de qualité, tant des classiques que des créations, tandis que le Théâtre Varia (www.varia.be) reste le leader de l'avant-garde. Un théâtre de boulevard, plutôt grand public sans l'être tout à fait, fait aussi son nid petit à petit dans des théâtres comme Le Public (www.theatrelepublic.be). Enfin, parallèlement à la scène francophone, on assiste à un réveil de la qualité et de la recherche en Flandre, à Anvers et à Gand. Jan Fabre, metteur en scène anversois, également chorégraphe, a beaucoup fait parler de lui ces dernières années pour ses pièces très controversées. Si vous avez l'occasion, ne manquez pas l'excellent " Kunsten Festival des Arts ", qui se tient vers le mois de mai à Bruxelles et prétend à une vocation bilingue, pluriculturelle et multidisciplinaire. Autre festival de théâtre, qui a passé le demi-siècle : le festival royal de Spa, en août. La ville thermale accueille une programmation très large et qui offre parfois des tremplins pour la saison suivante.

Actuellement rayonnant, le cinéma belge est sorti de l'ombre il y a une vingtaine d'années. Dans les années 1990 déjà, deux films ont joué un rôle décisif dans cette reconnaissance : Toto le héros (1991), de Jaco Van Dormael, et C'est arrivé près de chez vous (1992), de Rémy Belvaux, Benoît Poelvoorde et André Bonzel. Mais c'est surtout la remise à Cannes des deux Palmes d'or aux frères Luc et Jean-Pierre Dardenne, pour Rosetta (1999) et L'Enfant (2005), puis plus récemment la nomination aux Oscars du film Deux jours et une nuit (2014), qui marque la consécration du cinéma belge et le fait connaître à un plus large public. Le dernier film en date des frères Dardenne est La Fille inconnue (2016).Bien sûr, les diversités culturelles de la Belgique et de ses communautés font qu'il y existe des cinémas très différents. Mais, de plus en plus, un " cinéma belge " semble émerger, avec des caractéristiques qui lui sont propres, tant au niveau de l'esprit que des lieux de tournage ou des acteurs. Les films d'origine belge sont aujourd'hui présentés, reconnus, primés et appréciés internationalement, que ce soit lors de festivals ou dans la presse. Outre les frères Dardenne, parmi les réalisateurs belges, on peut citer, en vrac, Jaco Van Dormael (Toto le héros, Le Huitième Jour) ; Henri Storck (1907-1999), le maître du documentaire (Misère au Borinage) ; Benoît Lamy (Home Sweet Home, Jambon d'Ardenne) ; décédé en 2008, Stijn Coninx (Daens, Urbanus), Gérard Corbiau (Le Maître de musique, Farinelli), Alain Berliner (Ma vie en rose), André Delvaux (1926-2002, Belle, Benvenuta...), Chantal Ackerman (Golden Eighties, Un divan à New York, Demain on déménage), Bouli Lanners (Eldorado, 2008) Marion Hansel (Les Noces barbares, 1987), Frédéric Fonteyne (Une liaison pornographique, 1994), Bouli Lanners (Les Géants, 2011).

Côté acteurs et actrices belges, le plus célèbre pour les francophones (à l'exception sans doute de Jean-Claude Van Damme, dans un autre registre) est Benoît Poelvoorde, qui s'est fait connaître dans C'est arrivé près de chez vous, et poursuit depuis une belle carrière (Les Convoyeurs attendent, Le Boulet, Podium, Rien à déclarer...). Citons également Cécile de France (L'Auberge espagnole, Irène, Mauvaise foi, Au-delà...) et Virginie Efira, l'une des actrices francophones les plus cotées du moment avec par exemple Un homme à la hauteur, 2016 pour lequel elle jour au côté de Jean Dujardin. Il y a aussi Jérémie Rénier (La Promesse, Le Pacte des loups, L'Enfant, Cloclo...), Pascal Duquenne (Prix d'interprétation masculine au festival de Cannes 1996 pour son rôle dans Le Huitième Jour, de Jaco Van Dormael), Natacha Régnier (La Vie rêvée des anges, 38 témoins, L'Écume des jours,...), Emilie Dequenne (Rosetta, La Meute, Möbius...), Olivier Gourmet (Prix d'interprétation masculine au festival de Cannes pour Le Fils, des frères Dardenne, en 2002)... Enfin, n'oublions pas le grand Matthias Schoenarts, révélé par Bullhead en 2011. Il enchaîne ensuite avec des productions françaises comme De rouille et d'os (2012) et Maryland (2015), puis s'internationalise avec Quand vient la nuit (2014), Suite française (2015), Loin de la foule déchaînée (2015), The Danish Girl (2015) ou A Bigger Splash (2015). En 2013, il remporte le César du meilleur espoir masculin pour De rouille et d'os, devenant ainsi le premier acteur belge césarisé.

Par ailleurs, le cinéma en Belgique dispose d'écoles réputées internationalement : l'INSAS à Bruxelles et l'IAD à Louvain-la-Neuve.

Une sélection de grands crus 2016 : des films réalisés par des Belges.

Des paysages et des personnages à la beauté sombre, des acteurs au jeu intelligent, des tranches de vie mises en lumière avec subtilité, une lucidité ou un humour cinglant... Sans hésiter, on identifie dans ces films certaines caractéristiques d'un cinéma belge.

Les premiers, les Derniers de Bouli Lanners plonge le spectateur dans l'univers de Cochise et Gilou, deux inséparables chasseurs de prime à la recherche d'un téléphone volé au contenu compromettant.

Le Coeur régulier de Vanja d'Alcantara, adapté du roman d'Olivier Adam, raconte l'histoire d'une femme dont le frère s'est jeté d'une falaise japonaise connue pour ses suicidés. Elle rencontrera l'homme qui arpente chaque jour les environs pour tenter de garder en vie les prétendants à la mort.

Le ciel flamand de Peter Monsaert. En Belgique, une travailleuse du sexe tente de garder les détails du business familial loin de sa fille de 6 ans. Elle raconte que son travail consiste à donner une accolade aux gens qui en ont besoin.

Belgica de Felix Van Groeningen fait référence au bar que vient de créer Jo dans la ville de Gand. Célibataire et fou de musique, il est tout l'opposé de son frère Frank, père de famille bien rangé. Mais Jo demande un coup de main familial pour faire tourner son affaire et le duo de choc transforme le Belgica en un endroit fou et très prisé,...

Des nouvelles de la planète Mars de Dominik Moll est un film qui met en évidence la vie d'un Belge, Philippe Mars, ingénieur informaticien divorcé qui tente de garder le cap d'une vie sereine, entouré de ses deux enfants adolescents. Son univers bascule avec l'irruption accidentelle de Jérôme, un collègue perturbé. Si le réalisateur est de nationalité française, l'univers du cinéma belge est ici plus qu'exploré et il aurait été dommage de l'omettre.

La scène chorégraphique belge est très active. Parmi les chorégraphes les plus célèbres, on peut citer Anne Teresa de Keersmaeker qui, avec sa compagnie Rosas (www.rosas.be), révolutionna la danse en Flandre dès le début des années 1980. On retiendra également Jan Fabre, Michèle-Anne De Mey, Nicole Mossoux et Patrick Bonte, Michèle Noiret, Pierre Droulers ou encore Wim Vandekeibus. Enfin, l'incontournable Maurice Béjart, mort à l'âge de 80 ans le 22 novembre 2007. Marseillais de naissance, il est venu à Bruxelles créer, en 1960, le Ballet du XXe siècle. Après vingt-sept ans de création en Belgique, il a ensuite choisi Lausanne comme berceau de sa compagnie, le Béjart Ballet Lausanne. Certains Belges lui en ont d'ailleurs voulu de ce choix. Aujourd'hui, le dynamisme de la scène belge est notamment dû à la création de Charleroi-Danses (1991), le Centre chorégraphique de la communauté française de Belgique. Issu de l'ancien Ballet royal de Wallonie, il s'est orienté de manière radicale vers la création contemporaine et est devenu une institution de référence, non seulement en Belgique mais également sur le plan international.

LittératureHaut de page
Fresque de la bande dessinée Broussaille (par Frank Pé) peinte sur un mur (circuit de la bande dessinée).
Fresque de la bande dessinée Broussaille (par Frank Pé) peinte sur un mur (circuit de la bande dessinée).
Bande dessinéeHaut de page

Prémices. Si les premières illustrations dans les publications belges remontent au XIXe siècle, la bande dessinée ne prend vraiment naissance qu'au début du XXe siècle. Les périodiques publient d'abord des bandes dessinées étrangères, principalement américaines. Mais la BD francophone va connaître un bouleversement radical en 1926, lorsque le Belge Georges Rémi, alias Hergé, publie la première aventure d'un héros désormais célèbre dans le monde entier : Tintin. Signalons qu'en 1930 Hergé donnera également le jour à deux gamins farceurs et typiquement bruxellois : Quick et Flupke. En 1934, les éditions Casterman, vieille et honorable maison tournaisienne, décident de reprendre à leur compte la publication en albums noir et blanc des aventures du jeune reporter à la houppe rebelle, accompagné de son fox-terrier blanc, et déjà bien connu des lecteurs du quotidien Le XXe siècle. Le véritable succès ne viendra qu'en 1942, avec le passage à l'album standard de 62 pages en couleur, L'Etoile mystérieuse.

A la même époque, Jean Dupuis, imprimeur à Marcinelle, est à la recherche de nouveaux débouchés. Il pense à la presse pour la jeunesse et aux modèles qu'offrent les publications françaises : Le Journal de Mickey (1934), Junior (1936), Robinson (1936) et Hop-Là ! (1937). Il a alors l'intuition géniale de faire appel principalement à des auteurs du cru, plutôt que de racheter les droits de séries américaines. En 1938, il lance l'hebdomadaire Spirou d'après la série homonyme dessinée par Rob-Vel. Avec Tintin et Spirou, le décor est planté. Il se complète lorsque, dans l'immédiat après-guerre, Raymond Leblanc, jeune éditeur de revues sentimentales et de cinéma, propose à Hergé de parrainer un hebdomadaire qui porterait le nom de son héros. Il publierait évidemment les Aventures de Tintin en couleur alors que la série est momentanément privée de support de publication. Le premier numéro de Tintin, le journal des jeunes de 7 à 77 ans, voit le jour le 26 septembre 1946, imprimé en héliogravure sur presses rotatives, une technique de pointe pour l'époque, permettant un bon rendu des couleurs. Ces deux revues vont bouleverser le paysage du 9e art et lancer un nombre impressionnant d'auteurs devenus aujourd'hui incontournables. Cette double orientation des publications destinées à la jeunesse fait qu'il faut en réalité parler de deux écoles belges de bande dessinée : Marcinelle (faubourg de Charleroi, siège des éditions Dupuis) et Bruxelles.

Marcinelle. Dans le Spirou de l'après-guerre, la cheville ouvrière est sans conteste Joseph Gillain, dit Jijé : il assume à lui seul un nombre incroyable de tâches, passant sans complexe du réalisme (Don Bosco) à la caricature (Blondin et Cirage). Débordé, il fait appel à des débutants talentueux pour l'aider : André Franquin (Spirou, Le Marsupilami, Gaston Lagaffe) et Morris (Lucky Luke). Ils seront rejoints plus tard par Peyo (Johan et Pirlouit, Les Schtroumpfs), Roba (Boule et Bill), Maurice Tillieux (Gil Jourdan) et bien d'autres. Ensemble, ils forment l'école de Marcinelle. Ils ont en commun un sens aigu de la caricature, un goût prononcé pour l'humour et la parodie, une certaine rondeur du trait. La vocation humoristique de Spirou s'affirmera encore dans les années 1960, lorsque Charles Dupuis engagera comme rédacteur en chef Yvan Delporte, un ancien typographe dont l'humour ravageur s'infiltre dans bien des scénarios.

Bruxelles. Chez Tintin, Hergé n'est que conseiller artistique du journal, mais sa présence est très forte dans les premières années : il y fait entrer ses collaborateurs Edgard-Pierre Jacobs (Blake et Mortimer) et Jacques Martin (Alix), ainsi qu'un jeune dessinateur au talent éblouissant, Paul Cuvelier (Corentin). Il engage également le dessinateur flamand Willy Vandersteen (Bob et Bobette), Tibet (Ric Hochet), Dupa (Cubitus)... et bien d'autres. Ils jettent les bases de l'école de Bruxelles dont les membres partagent un goût pour les récits fortement ancrés dans le réel et pour le détail minutieux, ce qui correspond à la volonté éditoriale de Raymond Leblanc. Graphiquement, l'école de Bruxelles se distingue par son trait au contour net et lisible, héritage direct d'Hergé, et ses mises en couleur raffinées et éclatantes, où l'influence de Jacobs est prépondérante. Ces auteurs prestigieux vont nourrir pendant plus de vingt ans le fonds de commerce des trois grands de l'édition belge (Casterman, Dupuis, Lombard), en faisant de leurs séries désormais mythiques de remarquables succès qui perdurent jusqu'à nos jours.

Paris. Dès les années 1970, la relève s'annonce difficile. Les éditeurs s'endorment sur le succès que leur assurent les auteurs maison et négligent d'assurer leur succession. Pire que tout, les grandes maisons s'enferment dans la routine d'un conformisme de plus en plus pesant alors que le passage à la BD adulte est amorcé par l'hebdomadaire Pilote, grâce à qui le genre devient un phénomène à la mode des années 1970. La BD éclate désormais en France à travers des supports comme L'Echo des Savanes (1972) ou Métal Hurlant (1975). Les principaux pouvoirs de décision de l'édition sont désormais établis à Paris. Dernière initiative de renouvellement d'un grand éditeur belge, le mensuel A suivre..., lancé par Casterman en 1978, est de fait une revue française. Pour les jeunes auteurs belges, l'héritage des anciens semble bien écrasant.

Bruxelles (bis). Pourtant, une autre école de Bruxelles existe bel et bien, qui ne demande qu'à s'affirmer. Depuis 1968, l'institut Saint-Luc, une des écoles supérieures des Beaux-Arts de Bruxelles, organise des cours de bande dessinée tout à fait sérieux. Dès 1972, sous la houlette de Claude Renard, cet atelier trouvera sa vocation définitive qui est de former des auteurs novateurs et polyvalents. Ce projet ambitieux se concrétise en 1977 par la publication d'un premier album collectif, autoproduit devenu mythique : Le 9e Rêve. Quatre autres recueils seront publiés entre 1978 et 1984. De cette pépinière ont émergé quelques-uns des talents qui ont renouvelé la tradition franco-belge : Schuiten, Andreas, Berthet, Goffin, Sokal, Peeters, De Spiegheleer, Cossu, Bézian (un pseudo-Belge du grand Sud-Ouest)... En même temps, dans le courant des années 1980, quelques auteurs autodidactes vont parvenir, à force d'opiniâtreté, à briser le carcan du style école de Marcinelle et à le faire évoluer lentement. On peut citer Franck (Broussailles), Hislaire (Bidouille et Violette) devenu Yslaire (Sambre), ou Geerts (Jojo). A cette même époque, paraît également dans Spirou, " Germain et Nous ", élucubrations existentielles d'une bande d'ados brossée par Frédéric Janin (futur Snuls).

Les années nonante et 2000. Quel serait actuellement l'état des stocks ? La morosité règne sur le paysage éditorial belge (comme ailleurs) égayé seulement par quelques succès commerciaux où l'on mise sur les valeurs traditionnelles (Largo Winch et Treize, par Van Hamme) ou sur le style cartoon (Le Chat, par Philippe Geluck). Avec la disparition d'Hergé, de Jacobs et de Franquin, la BD classique est définitivement entrée dans l'histoire, et la mode de la ligne claire semble bien essoufflée. Face au poids des glorieux anciens précédemment cités, la nouvelle bande dessinée a eu un peu de mal à exister. La petite maison Fréo (créée par des petits jeunes sortis de l'institut Saint-Luc de Bruxelles qui ne se reconnaissaient pas dans les lignes proposées par les maisons traditionnelles), qui deviendra par la suite les éditions indépendantes Frémok, après la fusion avec la maison française Amok, témoigne parfaitement de cette tendance en proposant un cocktail de BD, graphisme et arts plastiques où le vent du Sud côtoie un cubisme ou un expressionnisme typiquement belges. En s'autoéditant sous toutes les formes (gravure, sérigraphie, offset), Frémok parvient à infiltrer le milieu BD. Pourtant peu encline à l'innovation, la BD franco-belge va pourtant peu à peu se moderniser, s'ouvrir à de nouvelles tendances et à de nouveaux formats. Et même les maisons historiques (Casterman, Dupuis, Le Lombard) s'émancipent peu à peu du traditionnel " 44 pages couleurs ". Le Bruxellois Philippe Tome, par exemple, inaugure la collection Cosmo, chez Dargaud. Par ailleurs, l'influence de la BD est bien présente en Belgique, notamment à Bruxelles où de grandes fresques ornent les murs et où il est possible de visiter la ville en suivant un parcours BD. Signalons aussi l'existence du Centre belge de la bande dessinée, qui concentre l'histoire passée, récente et future de la BD en Belgique et ailleurs, ainsi que l'ouverture en mai 2009 du musée Hergé, à Louvain-la-Neuve.

André Franquin (1924-1997). André Franquin est né le 3 janvier 1924 à Bruxelles. Il publie ses premiers dessins, en 1935, dans le quotidien La Nation belge. En 1942, il entre à l'école Saint-Luc de Bruxelles, section graphique. Fasciné par Disney, il rejoindra en 1944 le studio de dessins animés CBA où il rencontre Morris et Peyo. L'année suivante, il place des dessins dans Spirou et dans Le Moustique. L'éditeur Charles Dupuis demandera à Joseph Gillain (Jijé) d'achever sa formation. Celui-ci confie à Franquin la reprise de Spirou auquel il vient d'adjoindre Fantasio, ce qu'il fait en dessinant Le Tank, une histoire complète en 12 pages. Son premier album date de 1948 et regroupe quatre histoires (" Fantasio et son Tank ", " Les Maisons préfabriquées ", " L'Héritage de Spirou " et " Le Savant fou "). Franquin se consacrera ensuite entièrement au personnage de Spirou. Il donnera à la série toute son étoffe et ses plus beaux personnages : le comte et le maire de Champignac, Zorglub. En 1952, au cours de l'épisode Spirou et les Héritiers, il fait intervenir le Marsupilami, l'un des animaux imaginaires les plus fabuleux de la bande dessinée. En 1955, suite à un différend avec l'éditeur Dupuis, Franquin dessine aussi pour le Journal de Tintin (Modeste et Pompon). Présentée sous forme de gag en une page, cette série annonce celui qui sera son personnage le plus populaire : Gaston Lagaffe. Cet antihéros fait son apparition dans Spirou en 1957. En 1968, Franquin décidera de s'y consacrer entièrement, abandonnant alors Spirou et Fantasio en confiant la série à Jean-Claude Fournier. Il ne cédera cependant pas les droits du Marsupilami et, en 1987, décide de lui redonner vie avec Batem et Greg. Une maison d'édition est créée pour cette noble tâche : Marsu productions. Franquin disparaîtra, victime d'un malaise cardiaque, le 5 janvier 1997.

Hergé (1907-1983). Hergé est sans aucun doute l'un des dessinateurs les plus influents de l'histoire de la bande dessinée. Qui ne connaît pas son héros, reporter à la houppette rousse, toujours accompagné d'un petit chien blanc ? Lorsqu'il lui fallut trouver un nom d'artiste, Georges Rémi inversa simplement ses initiales : c'est par conséquent sous le pseudonyme d'Hergé (R. G.) qu'il est devenu le célèbre créateur de Tintin (peut-être le seul rival international de Mickey !). Hergé est célèbre pour avoir lancé la technique dite de la ligne claire, qui a été copiée par d'innombrables artistes. Enfant, Hergé fréquente les mouvements de jeunesse. Sa carrière artistique débute d'ailleurs dans une revue liée au scoutisme, Le Boy-Scout belge : le jeune dessinateur y met en scène Totor, sorte d'esquisse de Tintin. Peu après, l'abbé Wallez, éditeur en chef du journal catholique de droite Le Vingtième Siècle, demande à Hergé de collaborer au supplément jeunesse du journal catholique, Le Petit Vingtième. C'est là que paraîtra, le 10 janvier 1929, le premier épisode de Tintin au pays des Soviets. Bien qu'Hergé ait créé par la suite d'autres personnages (Quick et Flupke ou Jo, Zette et Jocko), son nom restera à jamais associé à celui de Tintin. Mais, si Tintin est apprécié par presque tout le monde, la personnalité d'Hergé, elle, ne fait pas l'unanimité. On lui reprocha notamment la présence, dans les premiers épisodes des aventures de Tintin, d'un certain nombre de stéréotypes raciaux qui ne manqueront pas de consterner le lecteur contemporain. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut l'un des rares artistes à accepter de travailler pour la presse nationale, alors sous la coupe de l'occupant allemand. C'est d'ailleurs à cette époque que paraissent certains de ses meilleurs albums : Le Crabe aux pinces d'or, marqué par l'apparition du capitaine Haddock, puis L'Etoile mystérieuse, Le Secret de la licorne, Le Trésor de Rackham le Rouge (avec encore un nouveau venu, le professeur Tournesol) et, enfin, Les 7 Boules de cristal. Mais, après guerre, certains l'accusèrent de collaboration, et il fut interdit de publication jusqu'à ce qu'en 1946 il lance, en collaboration avec Raymond Leblanc, le magazine Tintin. Celui-ci acquiert bientôt une immense popularité. En 1950, Hergé met sur pied son propre studio, qui accueillera des artistes comme Bob de Moor, Jacques Martin, Roger Leloup et Edgar P. Jacobs. Hergé meurt en 1983. Le récit sur lequel il travaillait alors - Tintin et l'Alph-art - est publié à titre posthume, inachevé, à l'état d'esquisses.

Les lettres flamandes de BelgiqueHaut de page

Des pièces de théâtre, parmi les plus anciennes de l'Europe chrétienne, ont été conservées en néerlandais. C'est également en néerlandais que l'on connaît la meilleure version du Roman de Renart : Van Den Vos Reynaerde (XIIIe siècle). La littérature des Pays-Bas belges sera florissante jusqu'à la fin du XVIe siècle. Par la suite, une production mineure s'étiole pendant deux siècles pour disparaître durant la domination française. La renaissance de la littérature flamande est entamée par l'Anversois Hendrik Conscience (1812-1883), bientôt suivi d'une quantité d'écrivains d'inspiration le plus souvent rurale, nostalgiques de la Flandre d'autrefois. Cyriel Buysse (1859-1932) est le premier auteur à être reconnu en Hollande, grâce à une langue dégagée des scories du belgo-néerlandais truffé de gallicismes. Enfin, parmi les auteurs flamands modernes, le plus célèbre est certainement Hugo Claus (1929-2008), dont la réputation a largement dépassé les frontières de la Belgique.

Les lettres françaises de BelgiqueHaut de page

Au Moyen Age, les grandes oeuvres de la littérature romane se confondent avec ce qui deviendra la production française. A l'époque de la langue d'oïl, les oeuvres venues du Nord se distinguent des autres par quelques traits dialectaux spécifiques, au même titre que les compositions champenoises ou normandes. Mais il faut attendre le XIXe siècle pour voir apparaître une littérature belge de langue française. Après l'indépendance de la Belgique, en 1830, divers milieux et personnages souhaitent que le jeune royaume se dote sans tarder d'une littérature nationale. On demande que les oeuvres prennent pour thème quelques aspects de la Belgique ou de son histoire, et une conscience nationale qui se cherche accueille avec une bienveillance souvent injustifiée les récits ou les vers d'allure patriotique. Les lettres françaises de Belgique sont, dans leurs premières années, empreintes d'emphase. C'est Charles de Coster (1827-1879) - en fait, un Flamand écrivant en français - qui marque la rupture avec la prose éthérée antérieure, ancrant ses héros et leurs péripéties dans la réalité régionale (La Légende d'Ulenspiegel, 1858) pour exprimer l'universalité des idées de liberté et de révolte.

Naturalisme et symbolisme. En 1881, Edmond Picard, avocat bruxellois, crée L'Art moderne, un journal hebdomadaire de critique artistique, musicale et littéraire. Militant socialiste, Picard souhaite une littérature " nationale " et engagée dans le combat politique et social. La même année, apparaît la revue La Jeune Belgique, créée par Albert Bauwens et Max Waller en 1881. Ces deux publications marquent l'entrée en scène d'une authentique génération d'écrivains, nourris du terroir et happés par la modernité à l'oeuvre dans leur pays. Ils sont nés à Gand, à Anvers ou à Bruges, mais écrivent tous en français. La plupart sont d'origine aisée, mais ils refusent les valeurs prudemment traditionnelles de leur milieu culturel.

Les figures de proue en sont Georges Rodenbach (Bruges la Morte, 1892), Emile Verhaeren (Campagnes hallucinées, 1893, Villages illusoires, 1894, Villes tentaculaires, 1895). Maurice Maeterlinck (1862-1949) réinvente la langue française dans une oeuvre symboliste, couronnée par le prix Nobel de littérature en 1911. Il reste d'ailleurs, à ce jour, le seul Belge à avoir obtenu le prix dans cette catégorie.

Début du siècle. Au début du XXe siècle, les grands noms qui émergent reflètent le tournant industriel, sa rationalité et la nostalgie bien vivante des paysages régionalistes perdus. Il en est ainsi de Camille Lemonnier décrivant avec lyrisme la force au travail. En 1881, il publie Un mâle, histoire des amours libres entre le braconnier Cachaprès et une jeune fermière nommée Germaine. Le scandale qu'il déclenche secoue l'indolence coutumière du public belge en matière de littérature, tandis qu'à Paris le livre, paru en 1881, suscite l'intérêt d'Alphonse Daudet, de Joris-Karl Huysmans... A la même époque, on peut également citer Georges Eekhoud (1854-1927), le poète naturaliste de la Campine anversoise dont la prose brûle d'une chaleur picaresque.

L'avant-garde d'entre-deux-guerres. Tous ces écrivains contribuent à répandre le goût de l'art et des lettres en Belgique, ébranlent les conformismes et les habitudes, et attirent sur le pays l'attention de l'étranger. La terrible commotion de la Première Guerre mondiale affecte également le milieu des lettres qui a éclaté sous le choc. Les engagements politiques, l'appartenance aux mouvements d'avant-garde prennent le pas sur l'appartenance belge. En contrepoint officiel, l'Académie de langue et de littérature française de Belgique est créée en 1921. La guerre finie, se développe à Anvers une intense activité intellectuelle qui se concrétise en 1920 par la naissance des revues Lumière (Roger Avermaete) et surtout Ça ira (sous l'impulsion de Paul Neuhuys). Sous ce titre s'affaire une avant-garde quelque peu disparate, unie davantage par ce qu'elle rejette que par ce qu'elle poursuit. Certains auteurs transforment les aléas de leur vie en matière littéraire originale et singulière. André Baillon, vaincu à Paris par le chagrin, la folie et la maladie (Zonzon Pépette, 1923), Clément Pansaers, le révolutionnaire dadaïste réglant ses comptes avec le patriotisme belge (Bar Nicanor, 1921).

Le surréalisme. C'est dans le mouvement surréaliste que va, comme en France, se manifester de la manière la plus " organisée " le rejet de la culture et de l'esthétique traditionnelles. Le mouvement français lancé par André Breton fait tache d'huile et gagne la Belgique. Il apporte sur la scène artistique et littéraire une cohérence théorique, une " logique " que les autres tendances novatrices, plus anarchiques, ne possèdent pas ou ne souhaitent pas. Dans les années 1920, Paul Nougé, cofondateur du Parti communiste belge, était entré en contact avec Breton. Autour de Nougé allait se rassembler une série de créateurs subversifs : René Magritte, Camille Goemans, Marcel Lecomte, Louis Scutenaire, Paul Colinet, plus tard Marcel Mariën. Ce groupe, dit " de Bruxelles ", se développa à travers des tracts et des revues. Notons également le courant de la littérature prolétarienne dans laquelle Constant Malva s'est fait le chantre de la mine (Le Jambot, 1952). A la même époque, plusieurs écrivains belges s'installent en France. Des auteurs aussi divers que Georges Simenon, Henri Michaux, Alexis Curvers, confisqués par le grand frère d'outre-Quiévrain, ont néanmoins laissé des traces de cette terre commune dans leurs oeuvres.

En 1937, Charles Plisnier est le premier écrivain non français à obtenir le prix Goncourt (Faux Passeports). Il passe de la création surréaliste à l'engagement socialiste dont ses romans font la propagande épique.

Une littérature plus académique. Pendant l'occupation allemande, la censure veillant, la création littéraire est amenée à se réfugier dans des genres relativement détachés de la réalité contemporaine : le récit fantastique, le roman policier et la poésie non engagée. Ces genres poursuivent d'ailleurs leur essor après la Libération. Après la Seconde Guerre mondiale, les tendances révolutionnaires de l'entre-deux-guerres semblent complètement oubliées, l'américanophilie s'installe : l'heure n'est plus au pro-communisme ni même à une réflexion ou à une littérature engagées. Durant cette période, et sauf de rares exceptions, il n'y a pas d'avant-garde en Belgique, pas de contestation de l'ordre établi. Le plus célèbre auteur fantastique belge est certainement Jean Ray (Les Contes du Whisky, 1925 ; Malpertuis, 1943), dont les meilleurs récits paraissent en pleine guerre. Dans ce genre, on peut également citer Franz Hellens, Thomas Owen, Marcel Thiry (qui écrit également de la poésie)... Parallèlement, plusieurs auteurs se consacrent au roman policier. On retiendra Stanislas-André Steeman (L'assassin habite au 21, 1939) et, bien sûr, Georges Simenon, père du célèbre commissaire Maigret et écrivain belge le plus célèbre. Toutefois, quelques rares isolés se tiennent à l'écart de l'académisme officiel. Il s'agit souvent des survivants de l'aventure surréaliste ou de jeunes créateurs qui en ont été directement marqués. Henri Michaux publie, dans ces années, certains de ses plus beaux textes : L'Espace de dedans (1944), L'Infini turbulent (1957). Moins ésotériques sont les oeuvres de Louis Scutenaire (Mes inscriptions, 1945-1963), de Christian Dotremont, d'Achille Chavée... Elles ont, entre autres, l'intérêt de préserver un " contre-pouvoir " dans la sage Belgique littéraire de l'époque.

L'ère du roman historique. Dans les années 1960-1970, quelques auteurs, sans revendiquer nécessairement un engagement précis, rendent compte des luttes qui secouent le monde depuis la guerre, en ancrant leurs romans dans la réalité historique. C'est le cas de René Kalisky, qui publie Jim le Téméraire en 1973. L'auteur y illustre la fascination ambiguë que le nazisme a exercée sur tant d'hommes, et même sur ses propres victimes. Pierre Mertens, quant à lui, publie Les Bons Offices (1974) et Terre d'asile (1978), romans qui font référence à des événements historiques (indépendance du Congo, génocide biafrais, conflit israélo-palestinien, dictature chilienne) qui interfèrent avec des existences individuelles. A cette époque, la nécessité d'un renouvellement de la création littéraire semble de plus en plus à l'ordre du jour. Loin de toute théorie, de tout système, divers écrivains belges se risquent dans des voies originales, avec des oeuvres souvent réalistes et évoquant l'environnement contemporain, ou au contraire s'aventurant dans le domaine du rêve, de l'utopie...

Aujourd'hui. Si Paris semble un passage obligé pour les auteurs belges, une nouvelle génération d'écrivains a vu le jour en Belgique francophone. La plus connue de ces écrivains est sans aucun doute Amélie Nothomb, qui connaît un beau succès international. Depuis 1992, où elle fut révélée avec L'Hygiène de l'assassin, la romancière publie chaque année un nouvel ouvrage. Si son oeuvre est moins surprenante qu'à ses débuts, ses romans restent efficaces et attendus. Plusieurs fois primé (notamment par le prix Médicis pour son roman Fuir, en 2005), Jean-Philippe Toussaint est une des valeurs sûres de la littérature belge contemporaine. On citera également Henry Bauchau (mort en 2012), qui fait partie des auteurs belges les plus emblématiques avec notamment un travail sur l'actualisation de mythes fondateurs de notre civilisation européenne à travers des oeuvres comme oedipe sur la route (1990) et Antigone (1997). Sans oublier François Weyergans, membre de l'Académie française depuis 2009, qui s'est vu récompenser par le prix Renaudot (La Démence du boxeur, 1992) et par le prix Goncourt (Trois jours chez ma mère, 2005). Citons aussi Thomas Gunzig (Mort d'un parfait bilingue, 2001 ; Assortiment pour une vie meilleure, 2009), Nicolas Ancion (L'homme qui refusait de mourir, 2010 ; Courir jusqu'à New York, 2013)... Enfin, bien que nationalisé français, Didier Van Cauwelaert (Rencontre sous X, 2002 ; Double identité, 2012) est également d'origine belge.

Littérature wallonneHaut de page

La littérature wallonne, apparue au cours du XVIe siècle, s'est limitée d'abord à un jeu sérieux d'intellectuels avant de s'exprimer sous les formes les plus diverses : poèmes épiques et lyriques, quelquefois revendicatifs, théâtre, contes, cantiques, romans historiques et philosophiques. Une anthologie, parue en 1979, présente 296 textes de 104 auteurs. Le wallon est avant tout une précieuse langue, véhicule d'affection et de traditions orales, qui continue à vivre dans les chants et dictons, dans l'humour et les récits. A lire également, l'anthologie Poètes wallons d'aujourd'hui, rassemblée par Maurice Piron et parue aux éditions Gallimard en 1961. Tous les deux ans, la ville de Liège organise d'ailleurs un prix de la Littérature wallonne.

Médias locauxHaut de page

Quotidiens nationaux

Le Soir - www.lesoir.be - Journal francophone de qualité au contenu neutre et de bon ton.

La Libre Belgique - www.lalibre.be - Ce titre francophone de qualité s'est ouvert à de nouvelles thématiques sans renier ses origines catholiques et royalistes.

La Dernière Heure - www.dhnet.be - Quotidien populaire. Cahier des sports bien fourni.

De Morgen - www.demorgen.be - Quotidien flamand de qualité, réputé plutôt à gauche.

De Standaard - www.standaard.be - Quotidien flamand conservateur.

Het Laatste Nieuws - www.hln.be - Journal flamand populaire.

Het Nieuwsblad - www.nieuwsblad.be - Quotidien populaire néerlandophone, concurrent du précédent.

L'Echo - www.lecho.be - Quotidien francophone de l'économie et de la finance.

De Financieel Ekonomische Tijd- www.tijd.be - Quotidien flamand de l'économie et de la finance.

Quotidiens régionaux

La Capitale - www.lacapitale.be - Bruxelles.

La Meuse - www.lameuse.be - Liège.

La Nouvelle Gazette - www.lanouvellegazette.be - Charleroi.

La Province - www.laprovince.be - Mons.

Gazet Van Antwerpen - www.gva.be - Anvers.

Het Belang van Limburg - www.hbvl.be - Hasselt.

Magazines

En plus des magazines français présents en grand nombre et dont certains sont déclinés en une version belge (Paris-Match, Téléstar, Elle...), il existe des magazines spécifiquement belges.

Ciné Télé Revue est un véritable phénomène : près d'un francophone sur dix l'achète chaque semaine, pour y lire les programmes télé et les dernières rumeurs sur les stars. Télé Moustique est une référence intéressante pour son programme télévision, ses dossiers truculents : en été, le supplément avec l'ensemble des festivals de Belgique est fort utile. Dans la même catégorie encore, on trouve également, Télépro (deuxième magazine francophone en termes de chiffres de vente).

Côté " newsmagazine ", le Vif/L'Express, fait autorité en Belgique francophone. Trends/Tendances est quant à lui un hebdomadaire économique très complet.

Les jeunes femmes belges chérissent Flair, les plus âgées préfèrent Femme d'aujourd'hui. Enfin, pour les frustrés des satires du Canard enchaîné, il faut se tourner le jeudi vers Pan ou Père Ubu (bien que ceux-ci aient tendance à être très populistes dans leurs attaques). Si vous parlez flamand, ne ratez pas Humo, un hebdo télé qui se mêle de tout, ou P Magazine, plutôt réservé aux hommes.

Deux styles de radio coexistent : les stations généralistes (info, humour et service) et les stations musicales. Bel RTL et La Première sont les radios généralistes les plus écoutées. En matière d'humour en fin d'après-midi, Les Grosses Têtes (Bel RTL) sont en concurrence avec Le Jeu des dictionnaires (La Première). Côté musical, Radio Contact propose de la variété grand public ; Classic 21 (RTBF) se spécialise dans le rock adulte ; Radio Nostalgie dans la chanson française ; NRJ, Fun Radio Belgique visent des publics plus jeunes ; Pure FM est la radio des jeunes adultes branchés ; Musiq3 (RTBF) diffuse uniquement de la musique classique. Côté flamand, les chaînes publiques sont omniprésentes, les radios privées ne bénéficiant pas d'émetteurs puissants.

TélévisionHaut de page

Si la Belgique a été le premier pays câblé d'Europe dans les années 1970, le royaume a entrepris de rattraper son retard de la fin des années 1990 en matière de chaînes par satellite. Les ménages belges sont suréquipés : plus de 95 % des familles ont au moins une télévision. La majorité dispose du câble et donc d'une trentaine de chaînes belges, françaises, néerlandaises, allemandes, britanniques, turques, grecques, espagnoles, italiennes ou même américaines. Le paysage audiovisuel belge se divise entre chaînes publiques comme La Une, La Deux et la Trois, depuis fin 2010 seulement (RTBF d'expression francophone) ou comme Eén et Canvas (VRT d'expression néerlandaise) ou encore BRF-TV dans les Cantons de l'Est germanophones, et chaînes privées concurrentes : RTL-TVI, Club RTL et Plug TV, AB3 et AB4 dans le sud du pays, VTM, Kanaal 2 et VT4 dans le nord.

Des chaînes locales complètent l'offre télévisuelle belge (Télé Bruxelles, RTC à Liège, No Tele à Tournai...). En matière de chaîne cryptée, BeTV (ex-Canal Plus) propose films et séries en avant-première, pendant que la télévision numérique Belgacom TV a acquis les droits de retransmission des matchs du championnat de football.

RCF
ClassiqueHaut de page

Sans doute parce que ses plus grandes gloires datent de l'époque déjà lointaine de la Renaissance, la musique belge est peu connue en dehors des cercles d'initiés. On a conservé très peu d'oeuvres de la polyphonie du Moyen Age, née au XIIIe siècle.

Au XVe siècle. Les compositeurs wallons Johannes Ciconia et Guillaume Dufays ont vécu à la fin du XVe siècle. Ciconia est un grand maître de l'Ars Nova qui se répand à travers la France et l'Italie. Sont également connus Gilles Binchois, né à Mons vers 1400, et Pierre de La Rue, né à Tournai en 1460, qui fera carrière à la cour de Maximilien d'Autriche. Le compositeur Josquin des Prés, né dans le Hainaut en 1440, fait quant à lui carrière en Italie avant de finir comme chanoine à Sainte-Gudule de Bruxelles. Johannes Ockeghem, né vers 1480 peut-être à Termonde, entre Gand et Bruxelles, est le grand maître du contrepoint. D'abord chantre à la cathédrale d'Anvers, il est attaché à la cour de France sous Charles VII, Louis XI et Charles VIII.

Le plus célèbre musicien d'Europe est, au XVIe siècle, Roland de Lassus, dit aussi Orlando di Lasso. Né à Mons vers 1530, il exerce son art en Italie, puis à la cour de Bavière. Ses compositions sont considérées comme le sommet et l'aboutissement de l'âge de la polyphonie. Adrien Willaert, né à Bruges en 1480, auteur de messes, motets et madrigaux, est maître de chapelle de l'église Saint-Marc de Venise.

Au XVIIe siècle, Henri Du Mont, né en 1610 à Villers-l'Evêque, devient maître de chapelle de Louis XIV.

Au XVIIIe siècle, un Liégeois, resté un peu plus connu que les précédents, fera carrière à Paris sous plusieurs régimes : André-Modeste Grétry, auteur d'opérettes fameuses, Richard Coeur de Lion, Zémir et Azor, Céphale et Procris, etc. Un autre Wallon, François-Joseph Gossec, né à Vergnies en 1734, influencera toute la musique française du XVIIIe siècle. Son oeuvre la plus connue est sa Messe des Morts. A Bruxelles, capitale des Pays-Bas autrichiens, une ville également musicale, la cour de Charles de Lorraine entretient plusieurs compositeurs de talent : Van Helmont, De Groes, Van Maldere...

C'est encore un Liégeois, César Franck (1822-1890), qui fondera un des grands mouvements de la musique française. Un des franckistes les plus fidèles est le Verviétois, Guillaume Lekeu, né en 1870, et prématurément décédé à l'âge de 24 ans. Sa Sonate pour piano et violon reste l'un des chefs-d'oeuvre du répertoire. A côté d'eux, d'honnêtes compositeurs des XIXe et XXe siècles, comme Peter Benoît, François-Auguste Gevaert, Paul Gilson, Jean Absil, etc., méritent un intérêt poli. En 1846, un petit Dinantais lance une série d'instruments à vent de son invention, dont certains connaîtront quelques succès au XXe siècle ; il s'appelle Adolphe Sax (1814-1894).

Au début du XXe siècle, le violoniste virtuose Eugène Ysaye est mondialement connu. Ce favori de la reine Elisabeth de Belgique, fondateur de l'école belge du violon, aura également de nombreux disciples en France, aux Etats-Unis et en Russie. Il sera à l'origine de l'une des plus prestigieuses compétitions de musique au monde : l'illustre concours Reine Elisabeth. Le dernier représentant célèbre de cette école est Arthur Grumiaux (1921-1986). Aujourd'hui, le Belge le plus connu dans le domaine de la musique classique est sans doute le chanteur d'opéra José Van Dam, qui a été fait baron par le roi Albert II en 1998, en reconnaissance de son immense carrière. Les baroqueux flamands, Philippe Herreweghe (chef d'orchestre) et Sigiswald Kuijken (violoniste et chef d'orchestre), ont également fait les beaux jours de la Flandre et de la France réunies. Ceux qui s'intéressent à l'histoire de la musique du XXe siècle connaissent le rôle qu'a joué Paul Collaer, pianiste, musicologue, conférencier, critique qui a aidé les plus grands compositeurs du siècle et a créé nombre de leurs oeuvres à Bruxelles. Enfin, dans le registre moderne lyrique, citons le compositeur Wim Mertens, un peu de la même veine que l'Anglais Michael Nyman.

Les deux grandes institutions de Bruxelles pour les concerts classiques et l'opéra sont le Palais des Beaux-Arts et le Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles.

Jazz, rock, pop et variétésHaut de page

Evidemment, tout le monde connaît Jacques Brel, véritable maître de la chanson francophone. Il reste le plus célèbre et le plus admiré des chanteurs du " plat pays ". Mais il serait cependant dommage de penser que la musique belge se limite à son représentant le plus illustre. Non, on ne parle pas seulement de la Danse des canards de l'illustre inconnu J.-J. Lionel... Les noms d'Adamo, Julos Beaucarne, Maurane, Axelle Red, Annie Cordy, Jo Lemaire (inoubliable pour sa reprise de Ne me quitte pas), Frédéric François ou encore Helmut Lotti vous disent certainement quelque chose ? Eh bien oui, ils sont tous belges ! Et leur renommée dépasse largement les frontières du royaume. Côté flamand, on retiendra Arno (qui chante en français), ainsi que, presque inconnus des francophones, Wil Tura, Raymond Van Het Groene Woud, Ferré Grignard, Johan Verminnen... Et puis la vague des bardes, post-hippies, à la verve " médiévalo-folk ", comme Willem Vermandere, Wannes Vandevelde, Pol Rans et Dirk Van Esbroek qui fait du tango en flamand. Les années 1980 virent le succès de chanteurs comme Pierre Rapsat, Plastic Bertrand, Lio... Dans les années 1990, Clouseau, groupe pop flamand (en néerlandais puis en anglais) rencontre pas mal de succès en Belgique et aux Pays-Bas. C'est également à cette époque que se développe la New Beat, mouvance qui perce à l'étranger, bientôt suivie de la techno, avec, comme effet, la multiplication des studios en Flandre et même en Wallonie, ainsi que des labos clandestins qui fabriquent les pilules d'ecstasy. Dans un autre style, pur belge, le groupe décalé Sttellla (Faites la mouche, pas la guêpe, ou encore Manneken Pis Not War) rencontra un grand succès en Wallonie. On peut également citer Vaya con Dios, mené par la chanteuse Dani Klein, qui s'est également imposée dans le paysage musical belge et international avec des sonorités très jazzy et un style piano-bar. Au rayon world music, les Belges ne sont pas en reste non plus. Le groupe féminin belgo-congolais Zap Mama qualifie volontiers son oeuvre de musique ethnique bruxelloise. Côté jazz, Jacques Pelzer, Toots Tielemans, Philip Catherine, Charles Loos ne sont pas des inconnus. Et ce n'est pas fini ! Les années 1990 ont vu émerger des groupes rock et pas des moindres comme dEUS et son charismatique meneur, Tom Barman. Peu après, des groupes comme K's Choice, Hooverphonic, Zita Swoon, Ozark Henry ou An Pierlé ont atteint également une réputation internationale.

Si le succès a d'abord débuté côté flamand, dans les années 2000, il s'étend à la Wallonie, et l'on voit apparaître une nouvelle scène belge, principalement francophone, grâce à Sharko, Girls in Hawaii, Ghinzu et Hollywood Porn Star, dont l'impact international reste cependant plus limité que celui de leurs prédécesseurs. Et puis, peut-on ne pas évoquer Stromae ? Véritable phénomène dans le monde de la musique francophone, Stromae condense dans ses albums hip-hop, musique électronique et chanson française. Le tout avec une énergie sans égal ! Aussi, de nos jours, des étoiles montantes ne cessent de s'affirmer comme la voix de Raggamuffin qui n'est autre que Selah Sue ou encore celle de Lucky you que l'on doit à Alice on the roof,... née à Soignies ! Enfin, impossible de ne pas clôturer cette rubrique sans parler des DJs belges, étoiles montantes de ces dernières années...

DJs belges, super stars !

On connaît souvent leurs oeuvres mais pas leurs noms. Pourtant, ils méritent d'être rappelés car les DJs belges n'en ont pas fini de nous faire danser,... so Let's Party !

Dimitri Vegas & Like Mike sont sans aucun doute à placer en haut de l'affiche vu leur reconnaissance internationale. Ces dernières années, ils ont même été sacrés meilleurs DJs du monde. Aussi, ils ont été choisis pour composer l'hymne des Diables Rouges pour l'Euro 2016, Melody.

En dehors du duo de choc, il y a aussi Lost frequencies, Yves V et Netsky. On reconnaît le talent du célèbre Lost frequencies (Reality, Are you with me,...) ou du fameux Yves V connu dans le milieu, sans oublier Netsky qui fait vibrer les nouvelles générations grâce à Puppy et ses autres compositions.

Festivals

Durant l'été, de nombreux festivals se déroulent dans le pays tout entier. Ils sont omniprésents en Belgique : les Francofolies de Spa font la part belle aux artistes belges et étrangers de langue française ; Couleur Café à la world music ; Pukkelpop et Dour rassemblent les amateurs de musiques alternatives. Enfin, l'incontournable festival rock de Werchter, malgré le drame de l'édition 2011, prend souvent des allures de Woodstock revisité, grâce à une affiche de célébrités internationales et un terrain bien boueux.

Informations : www.festivals.be

Peinture et arts graphiquesHaut de page
Fresque murale de la bande dessinée
Fresque murale de la bande dessinée "Le jeune Albert" de Yves Chaland, rue des Alexiens.

Le pays de Van Eyck, de Bruegel (le grand peintre flamand qui s'intéressa à la vie campagnarde et aux mythes religieux à travers notamment La Tour de Babel, 1563), de Rubens, l'héritier du classicisme italien et créateur du baroque moderne du nord de l'Europe, de Jordaens, de Memling, de Van Dyck (qui a traité en peinture autant les sujets religieux que les scènes de la vie quotidienne), a de tout temps produit d'innombrables artistes. Ceux-ci ont influencé toute l'Europe. Les grands moments : l'âge des primitifs flamands, du XIVe au XVe siècle ; la Renaissance, au XVIe siècle ; la Contre-Réforme, au XVIIe siècle ; et la période 1850-1940. Mis à part Delvaux et Magritte, personnalités emblématiques du surréalisme de la première moitié du XXe siècle, les autres peintres de cette période sont souvent assez méconnus du public étranger. Heureusement, ils sont bien représentés dans les grands musées du pays : Rik Wouters, James Ensor, Constant Permeke, Gustaaf Van de Woestijne, Roger Somville, Léon Spilliaert, Anton Carte... En 1945 est fondée La Jeune Peinture belge, une association artistique (1945-1948 puis 1950 à aujourd'hui) qui aura une place majeure dans l'histoire de l'art de l'après-guerre en Belgique. Avec sa devise " Servir l'art belge vivant, sans préjudice d'école et de tendance ", l'association encourage tous les talents belges. C'est ainsi que des artistes plus récents ont pu connaître la consécration, rappelons les noms de Pierre Alechinsky, Pol Bury, Marcel Broodthaers, Panamarenko, Jean-Michel Folon, Pierre Caille, Serge Creuz, Jean-François Octave, Pascal Bernier, auxquels on peut également ajouter quelques photographes : Stephan de Jaeger, Marina Cox, André Jasinsky, Hugues de Würstemberger.

Jan (1390-1441) et Hubert Van Eyck (1366-1426)Haut de page

Jan est le plus célèbre des frères Van Eyck et le principal représentant des primitifs flamands. Les caractéristiques fondamentales du style de Van Eyck sont la reproduction d'espaces en trois dimensions grâce à la perspective aérienne, la plasticité des formes et la représentation réaliste des personnages et de leur proche entourage. Toutes ces caractéristiques sont bien illustrées dans L'Agneau mystique, exposé à la cathédrale Saint-Bavon de Gand. Ce polyptyque comporte une inscription selon laquelle l'oeuvre aurait été commencée par Hubert Van Eyck et achevée par son frère Jan, en 1432. En dehors de ce chef-d'oeuvre exceptionnel, la production de Jan Van Eyck est composée surtout de représentations de la Vierge Marie et de portraits. La date de naissance exacte de Jan Van Eyck reste inconnue. La paternité des oeuvres de Van Eyck antérieures à 1426 (mort d'Hubert) est discutée et l'attribution à Hubert ou à Jan est délicate. L'apport technique de Van Eyck à la peinture occidentale est capital. Il a porté la technique de la peinture à l'huile et le réalisme des détails (notamment le rendu des matières) à un sommet jamais atteint avant lui.

Pierre-Paul Rubens (1577-1640)Haut de page

Pierre-Paul Rubens naît en 1577 à Siegen, près de Cologne, où ses parents flamands étaient partis s'installer. C'est onze ans plus tard, après la mort de son père, qu'il rentre à Anvers, où il apprend le flamand, le français et le latin. Il commence ensuite son apprentissage de la peinture, apprentissage qu'il poursuivra en Italie. Durant cette période (1600-1608), il apprend à connaître les Vénitiens, le Corrège ou Le Caravage, et entame une extraordinaire carrière dans toute l'Europe (France, Espagne, Pays-Bas, Angleterre...). A son retour en Belgique, l'artiste s'affranchit en partie des influences reçues, pour aborder, développer son style propre, ample et baroque, où les effets dramatiques sont appuyés par des couleurs brillantes et par une composition dynamique. Avec ses peintures religieuses, Rubens se place au service de la Contre-Réforme catholique, mais il reste également célèbre pour ses compositions profanes, dans lesquelles il élabore l'image d'une femme sensuelle et charnelle.

James Ensor (1860-1949)Haut de page

Peintre, dessinateur, graveur, James Ensor est né à Ostende en 1860. Après une première initiation à l'Académie d'Ostende, il suit, de 1877 à 1880, les cours de l'Académie des beaux-arts de Bruxelles. Rentré à Ostende, que désormais il ne quittera que rarement, il se réfugie sous les combles de la maison familiale et y réalise ses premiers chefs-d'oeuvre d'un réalisme affranchi. Ces toiles suscitent sarcasmes et incompréhension en raison des sujets jugés trop prosaïques ainsi que de l'affranchissement de la technique qui augure en Belgique d'un impressionnisme autochtone.

En 1883, il participe à la création du groupe d'avant-garde, Les Vingt, dont il deviendra l'un des membres les plus contestataires. Bien que son oeuvre soit principalement symboliste, Ensor est un précurseur de l'expressionnisme. Il crée un monde fantastique en exagérant les couleurs, les lignes et les formes. Il a une vision pessimiste de la vie et se représente souvent sous les traits souffrants du Christ. On remarque également les masques, thème central de son oeuvre, qui représentent le côté obscur de la nature humaine. A 28 ans, il peint L'Entrée du Christ à Bruxelles, son oeuvre la plus célèbre, alors très controversée. Soutenu toutefois par quelques intellectuels clairvoyants, tels Emile Verhaeren et Eugène Demolder, Ensor est exposé à Bruxelles lors des salons annuels de la Libre Esthétique qui succède aux Vingt. En 1894, il expose à Paris, mais son oeuvre suscite peu d'intérêt. Ce n'est qu'au début du XXe siècle que le génie d'Ensor commence enfin à être reconnu et qu'il accède à une célébrité qui ne s'est pas encore démentie. En 1930, Ensor est anobli. Il décède le 19 novembre 1949, dans sa ville natale.

Léon Spilliaert (1881-1946)Haut de page

Originaire d'Ostende, Léon Spilliaert aime se promener la nuit dans la cité balnéaire déserte et en rapporte des vues nocturnes de plages, digues, places... On retrouve dans ses oeuvres une grande solitude, un sens de la mélancolie et une noirceur envoûtante. Le peintre a fréquenté le milieu du symbolisme belge, dont l'écrivain Maurice Maeterlinck (Prix Nobel de littérature en 1911) et le poète Emile Verhaeren.

Paul Delvaux (1897-1994)Haut de page

Paul Delvaux est né le 23 septembre 1897 à Antheit, près de Huy. Il marque très tôt de l'intérêt pour la pratique du dessin et l'étude de la musique. Après sa formation à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, Delvaux est influencé par l'impressionnisme et l'expressionnisme. Après la visite de l'exposition Minotaure du Palais des beaux-arts de Bruxelles, en 1934 (Magritte, De Chirico, Dali), Delvaux s'oriente vers le surréalisme (Pygmalion, 1939), dont il deviendra l'un des représentants les plus célèbres. Il a une prédilection pour les objets mystérieux dans un univers de rêve inquiétant, mêlé d'érotisme. Parmi ses oeuvres figurent notamment la série Squelettes (1939-1944), La Voix publique (1941), Le Jardin nocturne (1942), Les Courtisanes (1943), La Ville lunaire (1944), La Tentation de saint Antoine (1945-1946). En 1950, il est professeur de peinture monumentale à l'Ecole nationale supérieure d'art et d'architecture de Bruxelles, où il enseigne jusqu'en 1962. Le chemin de fer occupe durant cette période une place centrale dans sa peinture (Trains du soir, 1957). Il réalise également d'importantes décorations, au Kursaal d'Ostende, au Palais des Congrès de Bruxelles, à l'Institut de zoologie de Liège et dans la maison Perier à Bruxelles. Paul Delvaux, qui effectue des séjours de plus en plus fréquents sur la côte belge, s'installe à Furnes en 1969. La fondation Delvaux est créée en 1980 ; un musée consacré à l'artiste est ouvert à Saint-Idesbald en 1982. L'artiste meurt à Furnes, le 20 juillet 1994.

René Magritte (1898-1967)Haut de page

Né en 1898, dans le Hainaut, au sud de la Belgique, Magritte est un artiste de renommée internationale, l'un des principaux représentants du surréalisme. Alors qu'il est adolescent, sa mère se suicide et est retrouvée noyée, une chemise lui masquant le visage. Son souvenir est sans doute à l'origine de nombreuses peintures où Magritte présente des figures voilées. Après des études à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, il est employé comme dessinateur dans une usine de papier peint et, parallèlement à ce travail, peint des toiles abstraites. Sa découverte de l'oeuvre de Giorgio De Chirico sera pour lui une véritable révélation. Il adopte désormais une facture réaliste pour représenter des objets quotidiens, comme des chaussures, des clés, une pipe (la fameuse Trahison des images : " Ceci n'est pas une pipe ")... organisés selon des rapports formels déroutants et dans des situations invraisemblables. A Bruxelles, le groupe surréaliste belge se constitue peu à peu autour de Paul Nougé, Louis Scutenaire, E.L.T. Mesens, Marcel Lecomte, Camille Goemans et... Magritte. Il partira ensuite pour Paris où il fréquentera André Breton, chef de file du surréalisme français, et tout son entourage parisien. Il revient ensuite à Bruxelles, en 1931, et devient le chef de file des surréalistes belges. Il meurt en 1967, après avoir peint plus de 1 000 tableaux.

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