Le guide touristique BELGIQUE du Petit Futé : Population et langues

Population et langues

Grand'Place.
Grand'Place.
PopulationHaut de page

La Belgique compte 11,2 millions d'habitants pour un territoire de 30 527 km². Une des plus hautes densités au monde (363 hab./km²). " La Belgique est un Etat fédéral qui se compose des Communautés et des Régions ". Cet article, qui figure au début du texte de la Constitution belge, établit le fait que l'on ne peut appréhender le royaume de façon uniforme.

Trois Communautés, chacune basée sur sa propre culture linguistique, constituent en effet le socle de l'identité belge. Au nord d'une ligne horizontale passant juste sous Bruxelles, se situe la Communauté flamande. La Communauté française, partage quant à elle le sud du pays avec la communauté germanophone, située à l'est, près de Liège.

Cette division n'est pas sans entraîner certaines disparités entre les sujets d'un même royaume. Tout d'abord, leur nombre n'est pas égal : les Flamands sont 6,3 millions, les francophones 4,6 millions et les germanophones, seulement 75 000. A cela s'ajoutent des différences d'ordre économique : la Flandre, plus ouverte sur le marché mondial grâce à son histoire portuaire, est plus riche que sa voisine wallonne.

Dans les faits, on entend très souvent parler les Belges eux-mêmes de " frontière linguistique ", ce qui suffit pour imaginer le niveau d'incompréhension, la méconnaissance respective souvent et une tendance populiste qui agrémente les programmes politiques. L'influence de l'Etat est en chute libre face aux intérêts communautaires. L'intérêt collectif diminue et met à mal un principe de gouvernance basé de longue date sur la solidarité. Les revendications pour changer en profondeur les institutions ont atteint le paroxysme ces dernières années.

Mais pour essayer définitivement de diviser le nord du sud... quid de la région de Bruxelles ? Elle reste l'éternelle pomme de discorde quand les dirigeants politiques s'asseyent ensemble pour au moins préserver un autre principe très belge : le consensus...

La Belgique compte aussi 971 0000 étrangers sur son sol. En tête, les Italiens (165 000), suivis des Français (140 000), des Hollandais (134 000), des Marocains (82 000), des Espagnols (45 000), des Polonais (43 000), des Turcs (40 000), des Allemands (39 000), des Portugais (33 000), des Anglais (25 000)...

Les autres nationalités ne dépassent pas 25 000 personnes par communauté. L'immigration est très inégalement répartie dans le royaume : Bruxelles compte 33 % d'étrangers, la Wallonie 9 %, la Flandre 6 % du total des populations respectives dans ces régions. Une intégration qui ne coule pas de source, comme c'est souvent le cas.

Si les Italiens (issus de la deuxième ou troisième génération) sont aujourd'hui parfaitement intégrés et acceptés par la société belge, d'autres populations, particulièrement les Nord-Africains, rencontrent les mêmes problèmes de xénophobie que ceux auxquels les Italiens durent faire face quelques décennies auparavant.

Le problème touche particulièrement Anvers, qui compte 50 000 résidents étrangers et où, dans certains quartiers de la ville, 80 % de la population est d'origine étrangère. Là, comme ailleurs, lorsque l'économie décline, les partis nationalistes grimpent en flèche : à Anvers et dans l'ensemble de la Flandre en général, le résultat de la NV-A (+/- 33 %) donne malheureusement une impression fréquente de repli sur soi. Mais une vraie réflexion et des avancées concrètes dans le " vivre ensemble " ne souffrent par ailleurs d'aucune contradiction !

Les Belges... vus par leurs copains les Français : Les Français et les Belges francophones sont séparés par une langue commune, comme on le dit des Anglais et des Américains. C'est une source de plaisanteries, de quiproquos et de rencontres fréquentes, car on peut dire qu'il y a entre les deux pays plus d'amitié que de malentendus. Finalement, les petites différences et les grandes ressemblances nourrissent la conversation et font le charme du voyage. La France n'a qu'un seul tort grave à l'égard de la Belgique : celui d'en faire un pays du Nord. Non que la Belgique se revendique méditerranéenne, mais l'Hexagone semble parfois pris d'une folie héliotropique qui oriente son regard vers les seuls territoires situés au sud de la Loire, au détriment de son propre septentrion et des pays voisins.

En Belgique, ce sujet pourrait nourrir des bibliothèques entières. Quelques éclaircissements s'imposent donc ! Il existe en Belgique une frontière qui sépare les deux principales communautés linguistiques du pays : les néerlandophones et les francophones. Elle résulte de lois linguistiques promulguées dans les années 1960 et 1990. Les dix-neuf communes de l'agglomération bruxelloise constituent une enclave bilingue au coeur du Brabant flamand. Le français est, pour les Flamands, une langue apprise à l'école à côté de l'anglais. Leur langue maternelle est, le plus souvent, un dialecte du néerlandais. Les plus âgés parlent souvent (très) bien le français, tandis que les plus jeunes préfèrent nettement l'anglais. Notez que le français rapide et vernaculaire de France ou du Québec n'est pas forcément compréhensible pour votre interlocuteur flamand.

Néerlandais et flamandHaut de page

Le néerlandais est la langue germanique parlée par les Belges néerlandophones. Recouvrant de nombreux dialectes aux Pays-Bas et en Belgique, trois familles de ceux-ci sont présents côté belge : les dialectes flamands dans la province de Flandre-Occidentale (Bruges), les dialectes brabançons parlés en Flandre-Orientale (Gand) et en Brabant historique (Anvers et le Brabant flamand), les dialectes limbourgeois, dans la province de Limbourg (Hasselt, Genk).

Le terme " flamand ", qui désigne généralement les différents dialectes néerlandais parlés en Belgique, est donc aussi erroné que le terme de " hollandais " appliqué à l'ensemble des habitants du royaume des Pays-Bas.

Dans l'histoire de la langue néerlandaise, le flamand et le brabançon ont été les dialectes les plus prestigieux utilisés par les auteurs jusqu'au début du XVIe siècle. Mais la ruine et l'oppression des Pays-Bas méridionaux au cours des guerres de Religion du XVIe siècle conduisirent la majorité des intellectuels à trouver refuge en Hollande, jusqu'alors moins prospère et moins peuplée. Pour les besoins de la traduction de la Bible, une langue standard allait être créée, principalement à base de brabançon et de hollandais, dont est issu le néerlandais moderne. Tandis que les dialectes des provinces belges se fractionnaient et se corrompaient d'influences françaises, les Pays-Bas se construisaient une culture nationale originale, que reflète leur langue actuelle.

Quand, au XIXe siècle, les intellectuels flamands entreprirent de ressusciter la culture de leur peuple, ils choisirent de se tourner vers le néerlandais moderne des Pays-Bas, plutôt que de repartir des dialectes atomisés de leurs provinces. Aujourd'hui, les Belges néerlandophones sont donc tiraillés entre le dialecte parlé à la maison, le néerlandais officiel, un peu archaïque, enseigné à l'école en Belgique, et le néerlandais vivant des Néerlandais dans lequel ils ne se reconnaissent pas vraiment. Comme entre le français de Belgique et le français de France, d'inévitables divergences provoquent parfois des malentendus et moqueries réciproques. Tout comme les Français se moquent souvent de l'accent belge, les Néerlandais s'en donnent à coeur joie à propos des Flamands... Et inversement !

On peut par ailleurs distinguer trois langues romanes régionales : Le picard (sous sa forme influencée par le wallon) dans l'ouest de la province de Hainaut, entre Tournai et Mons ; le lorrain, parlé en Gaume autour de Virton, également influencé par le wallon ; le wallon, parlé dans la majorité de la Wallonie, en trois variations sous-régionales.

Ici aussi, l'usage des termes de Wallonie et Wallon - pour désigner l'ensemble du territoire situé au sud de Bruxelles et ses habitants - est abusif d'un point de vue linguistique et ethnologique. D'autant que la région wallonne comprend les cantons de l'Est, habités par 73 000 germanophones, qui n'ont rejoint l'Etat belge qu'après 1918. Le wallon est donc un dialecte parlé en Wallonie. Celui-ci était encore parlé par une partie importante de la population jusque dans les années 1930, mais, faute d'être enseigné, il est aujourd'hui de moins en moins utilisé. Une bonne partie de la population de Wallonie le comprend cependant, au moins un minimum.

La langue wallonne. Plus proche du français que des autres langues romanes, le wallon est une langue à part entière. On distingue trois dialectes principaux : ouest-wallon ou wallon picard, parlé de Nivelles à Givet (France), en passant par Charleroi ; wallon central ou namurois, parlé de l'est du Brabant wallon au coeur de l'Ardenne en passant par Namur ; est-wallon ou liégeois, parlé dans la province de Liège et dans le nord de la province du Luxembourg belge, en plus du wallon lorrain. Alors qu'un dialecte riche, considéré comme tel, doit posséder un vocabulaire de 10 000 mots (comme les dialectes italiens : calabrese, sicilien...), on estime celui du wallon à 70 000 mots ! Environ 1 000 mots diffèrent vraiment d'un dialecte wallon à l'autre, ce qui n'en fait qu'1,5 % mais rend souvent un dialecte difficilement compréhensible d'un coin à l'autre de la Wallonie...

Le « bon » français n'existe pas !

Prenons le risque de casser un mythe, une légende, une excuse derrière laquelle se cachent souvent ceux qui prétendent qu'il existe un " bon " français. La langue française est parlée dans toute la francophonie et se teinte d'accents, de mots exotiques, d'expressions typiques,... ni meilleurs, ni plus justes ou moins faux que les autres. Il s'agit toujours du français standard avec une personnalité bien à lui en fonction de son origine. Et si on essaye de vous sortir l'argument historique, sachez que par exemple, le français est parlé en Belgique depuis le 13e siècle, depuis plus longtemps donc que dans bien des provinces françaises. Jusqu'au 19e siècle, il était surtout en usage dans les classes supérieures.

Snul ou biesse ? Quelques précisions sur le français de Belgique

Non, tous les Belges francophones ne ponctuent pas chacune de leurs phrases de " une fois " (utilisé parfois à Bruxelles mais rarement dans le reste du pays) ou de " allez-ye dit " (ne comprenez pas " on y va " mais " quand même "). Il faut aussi savoir que ce que beaucoup de Français prennent pour l'accent belge est en fait l'accent des Flamands qui parlent français (souvent très bien, d'ailleurs).

En fait, il existe de nombreux accents différents en Belgique. Il est vrai cependant que ces accents diffèrent tous de l'usage parisien et que les Belges emploient des mots bien à eux, qui peuvent parfois faire sourire celui qui les entend pour la première fois. Les Belges tiennent à leurs " septante " et " nonante " (70 et 90) ainsi qu'à la prononciation vernaculaire de leurs noms de famille et de leur toponymie. De nombreux usages varient par rapport à la France, notamment dans le vocabulaire scolaire et la formation de néologismes. En guise d'exemple, un détail qui peut porter à confusion : si un Belge vous demande " ça va ? ", il n'est peut-être pas en train de prendre de vos nouvelles pour la dixième fois de la journée mais veut simplement savoir si vous êtes d'accord.

Des traits phonologiques fondamentaux. On remarquera également que, dans la plupart des parlers régionaux et le français standard, les Belges ont conservé des traits phonologiques fondamentaux qui existent dans les provinces de France. Principalement la distinction entre les voyelles longues et les voyelles courtes et la palette des voyelles nasalisées. Un Belge ne prononce pas patte comme pâte, et il fait la différence entre " in " et " un ", différence qui se perd à Paris.

Enfin, on ne le répétera jamais assez, n'essayez surtout pas d'imiter l'accent belge. Vous n'y arriverez pas, vous serez vite repéré et vous passerez pour un " snul " (imbécile, à Bruxelles) ou une " biesse " (imbécile aussi, mais à Liège ou à Charleroi). Si toutefois, l'envie se fait trop pressante, laissez échapper l'une ou l'autre réplique du film Dikkenek, ça fait beaucoup rire les Belges, autant que les Français !

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