Guide de Porto Rico : Arts et culture

Architecture

L'architecture de Porto Rico est le fruit du mélange de quatre siècles d'influence dont se détache nettement l'architecture coloniale espagnole. Présente dans chacune des villes, elle fait son apparition au cours du XIVe siècle avec l'arrivée des premiers colons. Le port de San Juan devient le premier port d'escale pour le commerce d'Espagne aux Antilles et pèse pour le pouvoir militaire de l'Empire espagnol. Il est alors primordial d'assurer sa protection avec des murs d'enceinte massifs et des forteresses. Ils bâtissent le Fort San Felipe Del Morro, aujourd'hui classé Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Il est une des attractions les plus touristiques de San Juan. Regroupant plus de 400 structures de style colonial, le quartier du Vieux San Juan détient quelques-uns des plus beaux exemples d'architecture coloniale espagnole du Nouveau Monde. À l'occasion du centenaire de Colomb en 1992, les autorités ont entrepris une rénovation majeure de certaines bâtisses.

Propre à Porto Rico, la ville de Ponce au sud de l'île a développé son propre style, le Ponce Créole à la fin du XIXe siècle. Il est reconnaissable par son mélange de bois et de maçonnerie et sa structure très linéaire.

Outre le style espagnol et le Ponce Créole portoricain, on retrouve également l'influence d'un style néoclassique du XIXe siècle et, indépendamment des régions, un style art déco et ibéro-islamique néanmoins moins flagrants. Quelques noms de l'architecture sont à retenir comme celui de Jorge Rigau, à l'origine de la naissance de l'université d'Architecture et de Polytechnique de Porto Rico. Il est connu pour avoir construit la fontaine de la place principale de l'île de Vieques, la nouvelle entrée du vieux cimetière de Vega Baja ou encore la résidence Spivak-Velilla à Bahaman.

Les deux autres grands architectes à s'être distingués à Porto Rico sont Andrés Mignucci et Klumb Henry. Ce dernier, d'origine allemande, est décédé en 1984. Il est connu pour la construction du campus de l'université de Porto Rico entre 1946 et 1966.

Artisanat

L'artisanat portoricain trouve ses origines dans la période indigène durant laquelle on se servait des matières les plus diverses : bois de différentes espèces, coton, écorce de coco ou encore toutes les variétés de lianes et de palmes pour réaliser des objets utilisés dans la vie courante mais aussi pour les pratiques cérémonielles. Avec le temps, il a intégré les traditions et les coutumes héritées des cultures espagnoles et africaines. Chaque année, le mois de juin est consacré au développement et à la promotion de cet artisanat, dont l'expertise concerne notamment la taille de santons, la création de masques et d'objets en papier mâché mais aussi les instruments de musique, la fabrication de poupées et de jeux traditionnels, la céramique et la mosaïque. Cette production artisanale inclue aussi des produits de beauté comme les savons ou les crèmes aromatiques.

Que rapporter de son voyage ?

Des jouets ou des instruments de musique peuvent poser quelques problèmes d'espace pour les rapporter, voici donc quelques conseils d'achats, facilement stockables en avion. Vous n'oublierez pas d'y ajouter quelques CD de salsa.

Masques. Il vous sera quasiment impossible de revenir d'un voyage à Porto Rico sans ramener un masque de Vejigante, objet si spécifique du carnaval de Ponce mais que vous trouverez dans de nombreuses boutiques. Du plus petit modèle au plus grand, les prix varient de 20 à 90 US$ et parfois plus pour les plus beaux et les plus grands d'entre eux. Du côté de Loiza, vous pourrez trouver des masques fabriqués à partir de noix de coco.

Santons. C'est l'autre produit phare de la production portoricaine. Quelques éléments à la facture particulière pourront s'intégrer à vos crèches personnelles. Là aussi les prix en font une acquisition très facile et sans difficulté de transports.

Chapeaux. Sans être traditionnellement originaires de l'île, les panamas proposés sont de belle qualité et tout à fait utiles à porter sur place et à rapporter chez soi.

Peinture et gravure. Comme toute la Caraïbe, Porto Rico a inspiré les peintres. Qu'elles soient sur bois, sur toile ou sur papier, les couleurs sont vives et les motifs intéressants. Une fois encore à des prix tout à fait accessibles. Dans certaines galeries, vous pourrez même rencontrer les auteurs de ces travaux.

Panier gourmand. Il comprendra forcément du rhum. Si possible du vieux rhum. Le tout vendu sous les présentations les plus diverses. Au rayon boisson, vous trouverez aussi des liqueurs (de coco, de café...). Les douceurs locales pourront être achetées soit pour une consommation immédiate, soit pour le voyage de retour. Enfin les amateurs de café pourront faire des réserves, de nombreux cafés concepts proposant également la vente de café issus directement de l'hacienda.

Cinéma

Porto Rico semble tout avoir pour plaire au cinéma : des acteurs au caractère fort (Rita Moreno, Raúl Juliá hier, Benicio del Toro aujourd'hui) et des lieux sublimes pour tourner des scènes mémorables. De plus, le climat souvent optimal, bien qu'un peu humide parfois, permet de filmer toute l'année. Très tôt, Porto Rico a eu la chance de compter ses propres pionniers du mouvement cinématographique.

Le cinéma à Porto Rico est né en même temps que les Etats-Unis devenaient les nouveaux propriétaires de l'île, en 1898. A vrai dire, les Américains sont les premiers à introduire des caméras pour filmer ce qu'ils pouvaient voir et le rapporter aux autorités de Washington. Au début du XXe siècle, seuls des documentaires sont tournés. Ce n'est que 10 ans plus tard que les premiers réalisateurs de l'île mettent la main à la pâte, ou plutôt le premier réalisateur, en la personne de Rafael Colorado D'Assoy. En 1912, il réalise Un Drama en Puerto Rico, le tout premier film portoricain. Conscient que pour poursuivre l'aventure, il doit trouver des fonds et monter une entreprise de production, il crée avec un ami la Société industrielle Cinéma Porto Rico. En 1916, cette dernière produira son premier film intitulé Por la hembra y el gallo.

Pendant des années, le cinéma portoricain ne parvient pas à décoller, restant le plus souvent au niveau de l'amateurisme. Les années 1960 sont particulièrement prolixes en matière de création cinématographique, à cette époque la moitié des films sont des co-productions réalisées avec le Mexique. Cependant, il faut attendre les années 1980 pour voir le grand écran portoricain percer internationalement. Plusieurs films marquent la période : La Gran Fiesta de Marcos Zurinaga, Nicolas y los Demás (1986) et Lo que le pasó a Santiago de Morales (1989). Le troisième sera même nominé aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger. Le film Linda Sara, également de Morales, marque la décennie suivante. Depuis, le public portoricain, forcément très tourné vers les productions hollywoodiennes, attend que le cinéma boricua retrouve un nouveau souffle.

Grandes figures

José Ferrer (1912-1992). Pour tous les Portoricains qui rêvent de faire du cinéma aujourd'hui, il est un modèle. Le monde du cinéma n'a d'ailleurs jamais cessé de clamer son talent. Mais c'est d'abord au théâtre qu'il se fait connaître. Il débarque à Broadway dans les années 1930, mais ce n'est qu'en 1940 qu'il tient enfin son premier grand rôle. Les propositions se multiplient. Il enchaîne en 1943 avec Othello, qui deviendra l'une des plus grandes représentations de l'oeuvre de Shakespeare. C'est en 1946 qu'arrive la gloire avec son incroyable interprétation de Cyrano de Bergerac. L'émoi est tel autour de la pièce, que des producteurs de cinéma décident de le porter à l'écran. José Ferrer débarque alors dans ce monde en 1948, sans oublier pour autant les planches qu'il continuera à honorer de son talent les années suivantes (Don Quichotte en 1959). Mais désormais le cinéma occupe la majeure partie de son temps. Il apparaît, entre autres, dans les films Whirlpool en 1949, Miss Sadie Thompson en 1953, ainsi que The Caine Mutiny en 1954 et Lawrence d'Arabie en 1962. C'est bien entendu son rôle dans le film Cyrano de Bergerac en 1950 qui lui vaut l'oscar du meilleur acteur. Il est le seul acteur portoricain jusque-là à avoir reçu cette distinction. Il est mort en 1992 d'un cancer du colon.

Raúl Juliá (1944-1994). Acteur brillant, Raúl Juliá s'est illustré aussi bien au théâtre qu'au cinéma. Ses qualités de comédien sont révélées pour la première fois à New York dans une pièce en espagnol en 1964. Il enchaîne alors les succès sur les planches, se signalant tout particulièrement dans Macbeth (1966), Two Gentlemen of Verona (1971) et Mack the Knife in The Threepenny Opera (1976). Sur grand écran en 1971, il fait une première apparition qui passe totalement inaperçue. On le remarque 5 ans plus tard dans The Gumball Rally (1976), puis dans La Famille Addams (1991). Il a reçu plusieurs récompenses et nominations dans les années 1980, notamment à plusieurs reprises le Golden Globe du meilleur rôle masculin. Il est mort d'une attaque cardiaque à l'âge de 54 ans.

Littérature

Sous la couronne espagnole, la littérature n'a jamais eu partie gagnée à l'époque coloniale. Il a fallu attendre le XIXe siècle pour observer la floraison des Lettres portoricaines. Il faut cependant mentionner l'existence d'une littérature orale indigène, ultérieurement retranscrite, ainsi que les récits des premiers hommes d'église, dont ceux de Diego Torres Vargas au XVIIe siècle.

La littérature portoricaine naît réellement avec les travaux d'Alejandro Tapia y Rivera, tout au long du XIXe siècle. Poète, romancier, dramaturge, capable d'écrire dans tous les formats, il a placé la barre très haut dans le domaine littéraire à Porto Rico. A son époque, seul Manuel Alonso, auteur de la satire sociale El Gibaro, peut prétendre à être comparé à lui.

Plus tard, Enrique Laguerre publie probablement les meilleurs livres portoricains du XXe siècle. Derrière lui, de nombreux hommes politiques signent des essais qui traitent de l'avenir de Porto Rico, mais aussi des travaux littéraires qui rencontrent plus ou moins de succès. Tout au long du XXe siècle, les écrivains portoricains, dont nombre d'entre eux sont exilés aux Etats-Unis, se tournent particulièrement dans leurs oeuvres vers le problème du statut dépendant de leur pays.

Aujourd'hui au XXIe siècle, la littérature portoricaine trouve la reconnaissance à un niveau local dans les voix de Mayra Santos Febres, Edgardo Rodríguez Juliá ou encore Hector Feliciano, des auteurs nés durant la seconde moitié du XXe siècle. En tout, 70 auteurs publient des livres dans le pays, sans oublier la cinquantaine d'écrivains portoricains qui vivent aux USA. La littérature portoricaine est malheureusement très méconnue à l'étranger.

Voici quelques célébrités littéraires du passé que l'on peut retenir.

Grandes figures

Diego de Torres Vargas (1590-1649). Il est la première plume de Porto Rico. Son style n'a rien de lyrique, le père Diego de Torres Vargas se contente d'écrire des récits historiques, narrant les grands épisodes de son temps. Alors qu'il vient d'arriver à Porto Rico, il participe à la bataille qui repousse les assauts hollandais. Après un retour en Espagne pour obtenir ses diplômes de théologie et de loi canonique, il retourne à San Juan. Il devient le premier assistant de l'évêque de Porto Rico. Il a alors tout le loisir de compiler des documents et des informations sur l'histoire de l'île. Il rapportera le tout en 1647 dans Descripción de la Ciudad e Isla de Puerto Rico (Description de la ville et de l'île de Porto Rico). Il y décompte les mines ouvertes, les hôpitaux, les églises érigées et en construction, ainsi que les commerces. Il décédera 2 ans plus tard.

Alejandro Tapia y Rivera (1826-1882). C'est à peine exagérer de dire que la littérature portoricaine, c'est lui. Dans une conversation sur le sujet avec des Portoricains d'aujourd'hui, son nom revient à chaque fois. Lorsqu'on demande quel est le plus grand écrivain de l'histoire de Porto Rico, si ce n'est pas Alejandro Tapia y Rivera ? La réponse ne tarde guère à venir : personne.

Né en 1826 à San Juan, il passe l'essentiel de ses jeunes années à San Juan, jusqu'à sa déportation en Espagne au début des années 1850. Il achève alors ses études littéraires, puis intègre la très importante Société de relecture de documents historiques concernant Porto Rico. Mais très vite il se signale par un roman qui marque les esprits, La palma del cacique (1852). Si l'île possédait des auteurs de poésie ou de récits historiques talentueux, elle est enfin dotée d'un écrivain capable d'inventer et d'émouvoir. La antigua sirena, publiée en 1862, confirme son talent. Et que dire de La cuarterona, publiée 5 ans plus tard et qui émeut tous les amateurs de littérature espagnole de l'époque. Il raconte les difficultés d'une jeune femme métisse vivant à San Juan, avec une justesse dans le choix des mots et une force dans la tonalité qui lui permettent déjà de marquer la littérature portoricaine de son empreinte. Suivront d'autres très bons romans et poèmes comme La Sataniada (1874), Cofresí (1876) ou encore Misceláneas (1880).

Lola Rodríguez de Tío (1843-1924). Pas toujours évident de se faire une place dans les critiques littéraires de l'époque lorsqu'on est issue d'une colonie. Lola Rodríguez de Tío a réussi ce pari, devenant l'une des auteures les plus connues de la région. Inspirée par le mouvement indépendantiste El Grito de Lares en 1868, la poétesse se fait connaître en mettant des paroles sur l'air nationaliste La Borinqueña, très rapidement adopté par les militants indépendantistes. Cette chanson est d'ailleurs aujourd'hui l'hymne national portoricain. Cette année de 1868, elle est bannie de Porto Rico avec son mari. Ils vont s'exiler à Cuba, puis à New York, d'où elle continuera pourtant à se battre pour la révolution cubaine, l'indépendance de son pays natal mais aussi la cause des femmes. En 1876, elle publie son premier recueil de poèmes, Mis Cantares, très attendu. Une fois de plus, son amour pour la patrie jaillit de ses textes. Son style plaît et sa prise de position sur l'identité de Porto Rico séduit beaucoup. Les oeuvres suivantes, comme Mi Libro de Cuba (1893), connaîtront le même succès.

Enrique Laguerre Vélez (1906-2005). En 2005, Porto Rico a dit au revoir à l'une de ses principales figures de la littérature contemporaine, qui était à deux doigts d'atteindre l'âge de 100 ans. Enrique Laguerre, né à Moca, a été écrivain, mais aussi professeur, critique et journaliste, notamment à El Vocero. Il s'est signalé dans le monde des lettres à l'âge de 30 ans, en signant La Llamarada (1935), le roman portoricain le plus abouti de son temps. Il y décrit la société portoricaine de l'époque. Chose intéressante, il publie ce livre alors qu'il n'a pas encore obtenu son mastère de l'université de Porto Rico (1941) et son doctorat de l'université de Columbia à New York (1949). Nominé pour le prix Nobel de littérature en 1999, il s'est également signalé lors des publications de Solar Montoya (1941), La Resaca (1949), Los Amos Benévolos (1976) et Los Gemelos (1992). Auteur très prolifique, il a publié une oeuvre environ tous les 2 à 3 ans jusqu'en 1999. Candidat au prix Nobel de la littérature, il a failli l'obtenir.

René Marqués (1919-1979). Natif d'Arecibo, il n'a pas tardé à se faire un nom dans le milieu de la littérature portoricaine, sans toutefois exceller. Il s'est surtout distingué grâce aux pièces de théâtre qu'il a écrites. La plus connue est incontestablement La Carreta en 1950. C'est d'ailleurs à cette époque qu'il est le plus productif en la matière. Dans la seule année de 1959, il offre trois pièces à son public : Un niño azul para esa sombra, La muerte no entrará en el palacio et Los soles truncos.

Médias locaux
Presse écrite

À l'exception du premier journal de la liste, l'essentiel des canards publiés à Porto Rico sont en langue espagnole. En plus de ces derniers, il est facile de trouver à San Juan les éditions du jour du New York Times, du Washington Post, voire du Financial Times. Dans les hôtels, les offices du tourisme et les lieux publics, vous verrez souvent les magazines touristiques, comme le gratuit Que Pasa.

The San Juan star (www.sanjuanweeklypr.com). Journal hebdomadaire. Sans verser dans le people, ce canard aime les histoires anecdotiques. Une bonne manière de connaître les potins de San Juan et à une plus large échelle, ceux de l'île entière.

El Nuevo Dia (www.elnuevodia.com). C'est l'un des quotidiens les plus sérieux et les plus distribués de Porto Rico, parfait pour se tenir informé sur les questions de politique nationale.

Primera Hora (www.primerahora.com). La recette : de grandes photos et peu de texte. Il convient si vous souhaitez parcourir rapidement l'actualité tous les jours sans avoir à connaître beaucoup d'espagnol pour tout comprendre.

The Vocero (www.vocero.com). C'est l'une des références en matière de presse quotidienne à Porto Rico, probablement le journal le plus complet.

El Expresso (www.elexpresso.com). L'un des hebdomadaires les plus vendus de Porto Rico. Mais attention, pas de grands reportages. Le magazine, qui se présente sous la forme d'un journal, ne présente généralement que des histoires individuelles, là la mort d'un enfant tué par une arme à feu, là le mariage d'un couple anciennement victime de la drogue...

Visión (www.periodicovision.com). Rédaction basée à Mayagüez, c'est l'hebdomadaire très sérieux de la région Ouest. Vous pouvez également le lire en ligne. Leur site web est très bien entretenu.

La Perla del sur (www.periodicolaperla.com). L'hebdomadaire incontournable pour tout connaître de l'actualité de la côte sud de Porto Rico. La rédaction est basée à Ponce. Un journalisme de proximité efficace avec de très bons reportages.

Claridad (www.claridadpuertorico.com). Cet hebdomadaire sort le jeudi et rassemble une information sérieuse avec des reportages bien ficelés. A l'inverse de nombreux de ses concurrents, il se refuse à faire du people. Malheureusement, les finances ne sont pas au beau fixe. À chaque numéro, cet hebdomadaire menace de fermer.

Radio

Comme pour la presse écrite, l'essentiel des radios est diffusé en langue espagnole.

Zeta 93. Sur 93.7 FM à San Juan. LA radio de la salsa. Zeta 93 est entièrement dédiée à ce genre musical. De grands noms de la salsa interviennent régulièrement sur ce canal pour parler de leur actualité. L'une des radios les plus écoutées de Porto Rico. A retrouver sur 93.3 à Ponce et 92.1 à Mayagüez.

Reggaton 94. Sur 94.7 à San Juan. La fréquence qui monte en puissance depuis l'apparition du reggaeton. A l'image du canal ci-dessus, R94 ne diffuse qu'un genre musical. Il s'agit aujourd'hui de la radio préférée d'une grande partie de la jeunesse portoricaine.

Radio Universidad. Sur 89.7 FM à San Juan. Cette radio publique diffuse beaucoup de jazz.

Allegro. Sur 91.3 FM à San Juan. La quasi-totalité des programmes de cette radio est composée de musique classique. Parfois, des artistes du genre sont interviewés.

Red 96 Noticias. Sur 96.5 FM à San Juan. C'est l'équivalent portoricain de France Info, avec des programmes en espagnol.

Cadena Sal Soul. Sur 98.5 FM à San Juan. Il s'agit de l'une des antennes concurrentes principales de Zeta 93. Cadena Sal Soul diffuse beaucoup de musique caribéenne, de la salsa à la soul, en passant par le merengue, la bachata ou le reggae. Idéal pour danser.

LA X. Sur 100.7 FM à Bayamón. Une radio musicale, essentiellement pop, parmi les plus écoutées de l'ouest du pays.

Alfa Rock. 105.7 FM à San Juan. Comme son nom l'indique, l'antenne diffuse beaucoup de rock, surtout en espagnol.

Woso Radio 1030 AM. À San Juan. L'un des rares canaux de diffusion à émettre en anglais. Grande variété de programmes.

Télévision

Depuis février 2009, tous les programmes diffusés à la télévision sur le sol de Porto Rico sont transmis en numérique. En plus des chaînes portoricaines, l'île reçoit également l'essentiel des canaux de télévision américains : CBS, CNN, TNT, ESPN, ABC, FOX, NBC, BRAVO, TOON...

WKAQ. Chaîne populaire à regarder absolument si vous êtes curieux de savoir ce qu'est une telenovela, ces séries télévisées made in Latinoamérica.

WIPR. Cette antenne existe depuis les années 1950 et a toujours poursuivi le même but : satisfaire un public d'enfants. De nombreux dessins animés et autres programmes éducatifs en perspective.

WSTE. Chaîne généraliste avec quelques bons programmes auto-moto.

WLII. Depuis des années, ce canal se vend comme étant celui des infos. Dans les années 1990, WLII a beaucoup fait parler d'elle avec une émission intitulée " Xtra " qui diffusait des images violentes et choquantes. Aujourd'hui, le principal journal de la chaîne est diffusé à 18h, puis un autre à 23h.

Musique et danse

La musique portoricaine est reconnue à travers le monde grâce à la forte production locale de salsa. Tous les amateurs de ce style de musique savent que Porto Rico est son eldorado, comme la Jamaïque est celui du reggae, et l'Espagne celui du flamenco.

La salsa

Attention, sujet potentiellement fâcheux. Il est toujours délicat de se prononcer sur l'origine de la salsa et de ses créateurs. Portoricains et Cubains se disputent la paternité. Une chose est sûre, ce style musical très rythmé n'a pas une, mais plusieurs origines, dispersées dans les Caraïbes, et tout particulièrement à Cuba et Porto Rico.

Pour y voir plus clair, il faut remonter à la fin de l'époque coloniale, au début du XXe siècle. Porto Rico bouge au son de la bomba et du seis, pendant que Cuba en fait autant avec le changui ou la rumba. Entre alors en jeu le phénomène de la migration vers New York, des dizaines d'artistes quittent les deux îles, à la poursuite du fameux rêve américain. Dans la Grande Pomme, les Portoricains ont un avantage administratif sur les Cubains : ils viennent tout juste de se voir offrir la citoyenneté américaine par la loi Jones de 1917. De nombreux musiciens boricua rencontrent peu à peu leurs homologues états-uniens, essentiellement d'origine africaine.

Dans les années 1920, le jazz fait sensation. Les latinos venus des Caraïbes sont nombreux à se faire une place sur cette nouvelle scène. Les Portoricains d'un groupe de musiciens de la 369e infanterie de l'armée américaine ayant participé à la Première Guerre mondiale en Europe sont les premiers artistes latino-américains à animer les clubs et autres théâtres new-yorkais. En même temps, s'y développent des centres culturels hispanophones avec l'arrivée de nouveaux immigrés. Hollywood prête de plus en plus attention à cette culture latine émergente, et lui consacre de plus en plus d'espace sur les grands écrans du pays.

Mais Cuba n'est pas en reste. Pendant que les Portoricains fanfaronnent sur des sons jazzy à San Juan et à New York, La Havane découvre le son, que beaucoup d'experts jugent comme étant l'ancêtre majeur de la salsa. De nombreux touristes américains affluent, en particulier à l'hôtel Waldorf Astoria de La Havane, un lieu plus prisé que d'autres au début des années 1930. Presque tous les soirs jusqu'en 1947, Xavier Cugat, natif de la capitale cubaine, y jouent avec son orchestre. Ils s'amusent à mélanger le nouveau son avec des genres plus anciens comme la rumba. Quelque chose est en train de se passer. La fusion entre deux genres s'opère.

A New York, le mélange est symbolisé par l'éclosion d'un groupe mené par les Cubains, Mario Bauza et Frank Grillo dit El Machito. Machito and his Afro-cubanos devient alors le premier groupe à mixer du jazz afro-américain, avec la mélodie latino-américaine. Avec l'aide de leur ami, Dizzy Gillepsie, des percussions sont ajoutées à l'ensemble, favorisant la naissance des premiers sons jazz afro-cubains. Puis une série télévisée, I love Lucy, pensée par le Cubain Desi Arnaz, va alors jouer un rôle très important dans la naissance de la salsa. Elle popularise deux nouveaux genres musicaux, nés de la fusion des cultures portoricaine et surtout cubaine, le cha-cha-cha et le mambo.

Le début des années 1950 à New York marque l'éclosion de nouvelles boîtes latines, dont le Palladium sur Broadway. Il devient rapidement la salle d'expérimentation vivante du mambo, puis du cha-cha-cha. Ces deux styles musicaux alimentent les concerts du nouveau phénomène new-yorkais, le Big Three, composé du Cubain Frank Grillo, du New-Yorkais d'origine portoricaine Tito Puente, et du Dominicain Tito Rodriguez. Fleurissent ensuite toute une ribambelle d'artistes popularisant définitivement la rencontre entre des sons afro-caribéens et le jazz afro-américain, comme Eddie Palmieri, Ray Barreto, ou plus tard Willie Colon, Héctor Lavoe...

Entre-temps intervient le blocus américain à Cuba en 1962. Désormais, seules la République dominicaine et Porto Rico alimentent la scène latine new-yorkaise. Mais le mal est déjà fait. La musique latine s'est trouvé des genres et des lieux pour se reproduire. En 1964, un Dominicain nommé Johnny Pacheco crée le label de musique Fania, qui produira l'essentiel des artistes de mambo et de cha-cha-cha. Labélisé et distribué dans le genre musical salsa (sauce en espagnol), le terme restera. La salsa est née.

A Porto Rico, le groupe de salsa le Gran Combo est le plus connu, et il semble éternel. Formation musicale de légende née en 1962, il a fait danser des millions de salseros (danseurs de salsa) à travers la planète. Formé en 1962, ce groupe de salsa continue de se produire aujourd'hui, comme lors du Congrès mondial de la salsa en juillet 2008 à Porto Rico. Les chanteurs Andy Montañez et Roberto Roena qui ont un temps fait partie intégrante du groupe, ont popularisé la salsa partout dans le monde. Dans les années 1960, le Gran Combo est un des groupes phares du fameux Palladium de New York. Les tubes du groupe sont innombrables : Brujería, La Muerte, Ojitos chinos, Se me fue...

Le salsaton

Depuis quelques années et l'émergence triomphale du reggaeton un peu partout à Porto Rico, le salsaton est né, issu du mélange avec la salsa. A titre d'exemple, on a vu le chanteur de reggaeton Daddy Yankee inviter le chanteur de salsa Andy Montañez sur le titre Sabor A Melao. Il n'est donc pas rare de voir des artistes des deux genres musicaux se produire ensemble sur les scènes portoricaines. La rencontre entre plusieurs générations produit des spectacles parfois brillants, mais parfois aussi très décevants.

La bomba

Aller à Porto Rico sans chercher à plonger au coeur de la bomba, c'est comme aller au Louvre sans y regarder le moindre tableau. Ce style de musique est propre à l'île, puisant dans un passé multiculturel très riche. Plus encore que les autres, cette musique a largement subi l'influence de la musique des esclaves africains au cours des siècles précédents. Pendant toute la durée de cette exploitation affligeante de l'homme par l'homme, les Africains de Porto Rico et leurs descendants n'ont jamais bénéficié d'une liberté de culte.

Elle s'est alors développée lors de célébrations religieuses chrétiennes, avec des pratiques héritées de la culture ouest-africaine. Très vite, elle a mélangé le chant avec la danse et la musique. Aujourd'hui, un morceau de bomba commence généralement par un solo assuré par une voix féminine, le temps de réciter une phrase qui rappelle des temps primitifs. Le choeur de la bomba répond alors, suivi par les percussions. Pour une bomba complète, deux tambours sont utilisés. Chacun a son rôle, l'un parlant aux danseurs, l'autre assurant la cohésion de l'ensemble. Il faut ajouter à l'orchestre quelques bâtons de bois appelés cua et une paire de maracas. Une danse se met en place, les participants se relayant tour à tour au son du tambour. Dans une bomba traditionnelle, l'improvisation joue un rôle très important, aussi bien au niveau de la danse que dans le chant, même si des refrains populaires existent.

Le corps, par ses mouvements, entre en dialogue avec le tambour. Les premiers pas réalisés par le danseur sont en général appelés floretea piquetes. Ils sont toujours très rapides, comme pour mieux susciter l'intérêt de la percussion. On peut assister à des représentations de bomba au sein des communautés afro-caribéennes de Porto Rico, ou bien lors des carnavals et autres manifestations culturelles.

Le reggaeton

Depuis 2002, les rues de San Juan et des autres grandes villes de l'île vibrent comme toutes les Caraïbes au rythme du reggaeton, au carrefour du rap, du reggae, du son, de la salsa d'Irakere, ou encore de la nueva timba de NG La Banda. Originaire du Panama où on commence à l'entendre dans les années 1990, le reggaeton a su se développer très rapidement grâce à une forte scène nationale en quête d'un nouvel espace d'expression à Porto Rico et en République dominicaine. Extrêmement populaire auprès de la jeunesse, il se démarque du gansta rap et plonge dans la tradition latino-américaine romantique. Avec un fort accès de vulgarité en plus ! Qu'importe, les Portoricains aiment la provocation. Dieu, les femmes et la drogue nourrissent l'essentiel de leurs textes. Formidable machine à chalouper, cette musique n'a pas son pareil pour s'adonner à l'hystérie latino. La recette est simple : une introduction reggae, une mélodie de velours ressuscitant les crooners latinos, le tout sur fond de rap ou de hip-hop. Sans oublier le perreo (la danse des chiens) qui accompagne chaque morceau. A chacun de décider jusqu'où il est capable d'aller, les limites de la séduction sont poussées très loin. Comme disent souvent les artistes de reggaeton " se baila bien pegado " (ça se danse bien serré).

Le classique portoricain

S'il est bien un nom à retenir au sein du petit monde de la musique classique portoricaine, c'est bien celui de Pablo Casals (1876-1973). Né en Espagne mais ayant fini sa vie à Porto Rico, Pablo Casals est un peu considéré comme un compatriote par les Portoricains. Sa carrière brillante est le fruit d'une rencontre imprévue avec la reine d'Espagne, qui a éclairé son destin. Alors qu'il joue du violoncelle dans un café de Catalogne en Espagne pour gagner un peu d'argent, elle le repère et, séduite par son talent, le prend en charge pour lui trouver une bourse.

Pablo Casals est aujourd'hui l'une des grandes références de l'histoire du violoncelle, avec Rostropovitch. Il a mis en mise en place de nouvelles techniques, et fait évoluer l'instrument. Egalement compositeur, ce musicien a laissé une formidable oeuvre pour violoncelle. En Espagne, il est respecté pour son engagement contre le fascisme. Il n'a jamais accepté d'aller jouer en Allemagne sous le nazisme, et n'a tenu aucun concert pendant 5 ans en Espagne pour s'opposer à Franco. Finalement, il choisit Porto Rico, où il fondera l'orchestre symphonique et donnera de nombreuses master classes. Il décèdera à San Juan à l'âge de 96 ans.

Les grandes figures de la salsa

Willie Rosario (né en 1930). Contrairement à beaucoup de ses collègues, Willie Rosario n'est pas né dans une famille de musiciens. Mais ses parents se rendent vite compte de son intérêt pour les instruments. Il prend des premiers cours de guitare à 6 ans, avant de s'intéresser plus tard au saxophone et à la conga. Avec des amis, il forme le groupe Coamex (il est originaire de Coamo), mais doit vite abandonner l'aventure, sa famille déménageant à New York. La nouvelle ne lui plaît guère, mais il se rend vite compte que la capitale mondiale de la salsa s'appelle Manhattan.

Dans les années 1950, il forme son groupe. Pour gagner un peu d'argent, il joue les DJ pour la radio et surtout se produit très régulièrement dans des clubs latins de New York. Il est dans l'air du temps. La salsa s'industrialise et il signe en 1962 un premier contrat avec la maison de disque Alegre Record. Il entame une tournée internationale. C'est également l'époque où il ouvre son propre club, le Tropicana, en collaboration avec son ami et bassiste renommé, Bobby Valentin. On lui doit les tubes Lluvia, El timbal de Carlitos ou encore El revendón.

Ismael Rivera (1931-1987). Il est des noms qui reviennent fréquemment au dos des pochettes des compilations de salsa. Ismael Rivera en fait partie. Figure emblématique de la musique boricua, il est un monument à lui tout seul. Il est si respecté et son talent d'interprète et d'improvisateur si reconnu, que le légendaire chanteur cubain Benny Moré le surnomme un jour le Sonero mayor, c'est-à-dire artiste majeur du genre musical caribéen son.

Ismael Rivera naît à Porto Rico en 1931, et fait ses débuts officiels dans un groupe insulaire à l'âge de 18 ans, avant de rejoindre le groupe Cortijo y su Combo. Il y fait alors ses premières véritables armes comme chanteur. Les différents styles de musique interprétés par le groupe, comme les sonorités bomba ou encore plena, séduisent le public. Les contrats se multiplient, les concerts et les tournées aussi. Mais le goût du groupe pour la drogue le mène tout droit en prison. Fin d'une période.

Libéré et de retour à Porto Rico, il replonge dans l'ambiance euphorique des répétitions et des concerts. Très vite, il enregistre de nouveaux albums, dont le mémorable Traigo de Todo (1974). Mais ce sont cette fois-ci des problèmes de santé et notamment des soucis altérant sa voix qui viennent gâcher la fin de sa carrière. Il décède en 1987 à la suite de troubles cardiaques, laissant une trace indélébile dans la culture moderne de Porto Rico.

Héctor Lavoe (1946-1993). Pour tous les fans de salsa, Héctor Lavoe est parti bien trop tôt, à l'âge de 46 ans. D'ailleurs le surnom que le monde de la salsa lui a donné ne trompe pas El cantante de los cantantes (le chanteur des chanteurs). Originaire de Ponce, Héctor Lavoe fait ses premiers pas de musicien au sein de l'école de musique de la ville. Il part ensuite conquérir New York. Après quelques performances sur scène dans de petits clubs, il rencontre le très célèbre Willie Colon qui lui fait intégrer son groupe. C'est la révélation au grand public. Ils travailleront ensemble au sein du même groupe jusqu'au milieu des années 1970. Héctor Lavoe se lance alors dans une carrière solo qui sera couronnée de succès. Victime du sida, son état de santé ne lui permet malheureusement plus de travailler dans de bonnes conditions à la fin des années 1980.

Eddie Santiago (né en 1955). Comme beaucoup de grands chanteurs de salsa, Eddie Santiago fait ses premières armes au sein de formations locales. Natif de Toa Alta, il prend son envol en solo à seulement 30 ans, entouré de ses propres musiciens. Il se range dans le genre salsa romantique, alors à la mode, devenant même l'un de ses principaux ambassadeurs dès la fin des années 1980. Avec les chansons Devorame otra vez, Lluvia, tu me haces falta ou Que locura fue enamorarme de ti, Eddie Santiago a inscrit son nom au palmarès des chansons de salsa les plus populaires de tous les temps.

Giberto Santa Rosa (né en 1962). Né à Carolina, Giberto Santa Rosa est considéré comme une légende vivante de la salsa. Il est l'un des artistes les plus respectés du genre, d'où son surnom de Gentleman de la salsa. Il n'est qu'adolescent lorsqu'il se produit sur scène pour la première fois. Son talent est très vite remarqué par les autres artistes portoricains qui n'hésitent pas à lui proposer des collaborations. Giberto Santa Rosa se signale notamment sur l'album hommage à Eddie Palmieri. Il évolue alors aux côtés des grands : El Gran Combo, le Puerto Rican All Stars, Willie Rosario... En 2005, il participe à l'éclosion de Victor Manuelle, l'étoile montante de la salsa.

Jerry Rivera (né en 1973). Il est l'une des étoiles made in Porto Rico de la salsa du XXe siècle. Mais avec Jerry Rivera, il ne faut pas s'attendre à entendre et danser sur un rythme endiablé. Sa spécialité est plutôt la salsa romantique. Natif de Santurce, il se forge facilement une bonne oreille musicale, sa mère étant chanteuse et son père guitariste. Dès son adolescence, il se produit sur scène avec son père et l'accompagne au chant. Un producteur le repère alors qu'il n'a que 14 ans. Un premier contrat suivra quelques mois plus tard. Son premier album Abriendo Puertas séduit toute l'Amérique latine. Les suivants feront de même, notamment le très bon Cuenta Conmigo qui n'est autre que l'album de salsa le plus vendu dans l'histoire de l'industrie musicale. Jerry Rivera continue toujours de se produire sur scène.

La diaspora de la salsa portoricaine. Ils sont nés à Porto Rico ou pas, ont grandi aux Etats-Unis, mais font tout de même partie de la culture boricua. Parce qu'ils sont la fierté de l'île, beaucoup de Portoricains les considèrent comme leurs concitoyens. A des époques différentes, ils ont marqué et continuent de marquer le monde de la salsa. Ils ont pour nom Tito Puente (1923-2000), Ray Barreto (1929-2006), Eddie Palmieri (né en 1936), Willie Colón (né en 1950), Frankie Ruiz (1958-1998), Marc Anthony (né en 1968) ou encore Elvis Crespo (né en 1971).

Despacito, une fierté Portoricaine

Le single chanté par le Portoricain Luis Fonsi en duo avec Daddy Yankee est un franc succès et dépasse largement les frontières. Mis en ligne en janvier 2017, le titre qui signifie " tout doucement " devient la vidéo la plus visionnée de l'histoire d'Internet avec plus de 5 milliards de vue, et ce, en quelques mois seulement. Son succès a amené une foule de visiteurs friands de connaître le pays et la culture qui ont donné naissance au hit de l'année 2017, et surtout l'un des petits quartiers de l'île. Le clip est tourné à la Perla, quartier populaire de San Juan longtemps considéré comme dangereux mais qui, maintenant, évoque une tout autre image. La fin de la vidéo est enregistrée à La Factoría, un bar très réputé du Vieux San Juan. Luis Fonsi, Daddy Yankee et Erika Ender ont collaboré dans l'écriture et la composition de Despacito qui est la première chanson hispanophone à rencontrer un tel succès depuis La Macarena du groupe Los Del Río de 1996.

Si les paroles de son chant sont mâchées dans toutes les langues, le langage universel de son rythme sensuel s'accorde sur les pistes de La Factoría.

Peinture et arts graphiques

Pas grand chose à signaler dans le monde de la peinture portoricaine, tout du moins sur la scène internationale. Myrna Baez, née en 1951, commence seulement à se faire connaître à l'extérieur. Largement inspirée par l'évolution du statut politique de l'île, elle peint semble-t-il pour défendre des causes, comme celle de l'environnement. Dans le passé, outre Francisco Oller, il faut retenir José Campeche (1752-1809), premier peintre portoricain à avoir obtenu une reconnaissance internationale, et admiré pour ses peintures de paysage. Il est également connu pour ses nombreuses peintures religieuses, mettant entre autres Jésus-Christ en scène.

Francisco Oller (1833-1917). Il est probablement le peintre portoricain le plus connu à l'étranger par les spécialistes, souvent référé comme étant le premier impressionniste latino-américain. Originaire de Bayamón, il a toujours laissé paraître à travers ses toiles sa grande admiration pour la peinture européenne. Il faut dire que ses études en Espagne et en France l'ont grandement influencé. De toutes ses oeuvres, la plus connue est sûrement El Velorio, qui date de 1893. Il a également consacré une grande partie de sa carrière à la réalisation d'oeuvres plus réalistes. Il aimait notamment beaucoup peindre les paysages de Porto Rico.

Sculpture

La sculpture n'est pas non plus un secteur très prolifique à Porto Rico, et on ne rencontrera pas grand-chose en dehors des rares sculptures taïnos de l'ère pré-colombienne qui ont pu être conservées. En pierre ou en bois, ces sculptures représentaient les zemis, idoles des Indiens taïnos, sous forme d'hommes ou femmes d'aspect assez grotesque. Vous pouvez d'ailleurs en observer quelques-unes au musée du Quai Branly.

Tomás Batista (né en 1935). S'il est bien un nom à retenir dans le monde de la sculpture portoricaine contemporaine, c'est le sien. Natif de Luquillo, il est l'auteur de très nombreuses sculptures visibles à Porto Rico. La plus connue est probablement sa représentation d'un couple de paysans, El Jibaro Purtoriqueño à Cayey. Il a également réalisé de nombreux bustes en pierre de personnalités politiques passées, comme le Cacique Hayuya, exposé à Luquillo.

Traditions
Chinchorrear


Chinchorrear, une véritable épopée gastronomique ! Incontestable tradition portoricaine, un chinchorreo est la désignation d'un groupe de personnes qui, vont passer un moment convivial dans un petit bar ou petit restaurant local sans prétention où chacun est là pour manger, boire un verre, danser et s'amuser en famille ou entre amis. Accompagné, bien sûr, d'une Medalla, la bière locale. On ne va pas se leurrer, ici au rythme caribéen, c'est l'activité récurrente de chaque fin de semaine ! Certains des aliments de Chinchorro sont les fameux alcapurrias, empanadillas, fourrés à la pomme de terre et à la morue mais aussi bien d'autres mets de la gastronomie de Porto Rico. La tradition s'étend de foyer en foyer, ne vous étonnez donc pas si un Portoricain vous invite à chinchorrear avec son voisinage.

 

El Encendido


Autre coutume et non des moindres, el Encendido de la Navidad. Aux Caraïbes et surtout à Porto Rico, Noël est une tradition sacrée. Et comme le vent caribéen se veut très festif, chaque fête est doublement célébrée ! À chaque fin d'année, les installations de Noël sont prêtes à la fin du mois de novembre pour faire place à El Encendido, le premier week-end du mois de décembre. El Encendido définit l'action d'allumer les illuminations de Noël. Ainsi les familles se réunissent pour décorer l'arbre de Noël, installer ses guirlandes vertes et rouges et, à la tombée de la nuit, l'île s'illumine pour démarrer le temps des fêtes, scintillante de mille couleurs.

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