Guide de Porto Rico : Mode de vie

Vie sociale

Air des Caraïbes oblige, les Portoricains vivent dans une ambiance décontractée, surtout en dehors de San Juan. Mais ce n'est pas parce qu'il fait chaud qu'il faut oublier de s'habiller avec élégance. D'ailleurs pour sortir ou pour des réunions de travail, les habitants aiment être bien vêtus, même s'il faut transpirer un peu. Après tout, la climatisation est tellement rentrée dans les moeurs, entre la voiture, les salles de réception, les boutiques, les cinémas... qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter à ce niveau-là.

Tiempo latino ou rythme local, les Portoricains prennent le temps de vivre. Aussi, pour la ponctualité, il faudra repasser. Entre amis, il faut souvent attendre, alors que dans le monde professionnel, un retard est bien moins toléré. Dans l'ensemble, les Portoricains sont généreux. Il n'est pas rare de les voir se battre pour payer l'addition, ou de les voir laisser un pourboire important. Souvent attentionnés et bienveillants, ils n'hésitent pas à aider leur prochain.

Education

Le système éducatif portoricain est divisé en trois niveaux : le primaire (niveaux de 1 à 6), le secondaire (de 7 à 12) et le supérieur. L'enseignement est obligatoire pour tous les Portoricains âgés de 6 à 18 ans. Le Département de l'éducation est en charge des programmes et de l'administration des écoles. Dans les écoles publiques, tous les cours sont dispensés en espagnol. S'il ne redouble pas, chaque élève est censé finir le secondaire dans sa 18e ou 19e année. Plongé dans une crise économique sans fin, Porto Rico ferme plus de 180 de ses écoles pour tenter de rembourser sa dette publique. Des milliers d'élèves sont dirigés vers d'autres établissements ; ces derniers sont vite surpeuplés. Même si la constitution garantit le droit d'accès à l'école à chaque citoyen, les inscriptions scolaires ont chuté de 42% en 30 ans.

Santé

Porto Rico dispose d'un système de santé très correct, à condition de pouvoir y accéder. Comme aux Etats-Unis, la couverture n'est pas universelle pour tous les soins. En fonction de la gravité de la maladie ou d'une blessure, le patient doit lui-même prendre en charge le coût des soins, à moins de disposer d'une assurance privée, ou bien d'une prise en charge dans le cadre de son entreprise.

Toujours est-il que les Portoricains vivent relativement longtemps, 74,5 ans pour les hommes, 82,5 ans pour les femmes. L'un des problèmes majeurs de santé publique concerne l'obésité, 23 % des Portoricains en souffriraient et 66,2 % de la population serait en surpoids selon une étude de l'OMS de 2012. Les experts expliquent ce taux élevé par un mode de vie peu enclin à l'effort physique. De nombreux Portoricains utilisent beaucoup leur voiture, évitant ainsi la marche à pied, mangent à n'importe quelle heure et sont de gros consommateurs de fast-foods. Côté tabac, seuls 13 % des adultes fument, un chiffre en constante diminution, mais 11 % des adultes consommeraient régulièrement du cannabis et 7 % auraient touché au moins une fois à une ou plusieurs drogues dures.

Mœurs et faits de société
Famille

A Porto Rico comme dans beaucoup de pays d'Amérique latine, la famille est sacrée. Même si de nombreux magasins sont ouverts le dimanche, cette journée est consacrée aux proches. L'île étant relativement petite, les membres d'une même famille peuvent se réunir fréquemment et facilement. Il n'est pas rare de les voir passer leur dimanche à la mer, autour d'un bon barbecue.

Les nombreuses installations mises en place dans les hôtels un peu partout dans l'île, pour accueillir les enfants, témoignent de ce goût prononcé des Portoricains pour leur famille.

Place de la femme

Il ne faut surtout pas dire aux femmes portoricaines qu'elles vivent dans une société machiste. Elles répondront que si c'est le cas, elles n'ont qu'à s'en prendre à elles-mêmes. Elles possèdent aujourd'hui autant de droits que les hommes, bien que certaines inégalités subsistent, telles que celles liées aux salaires.

La femme portoricaine n'est pas du genre à se plaindre de son statut. Elle se sent suffisamment libre pour prendre les décisions qui s'imposent et surtout pour en assumer les conséquences. Le temps est révolu où elle était stigmatisée lorsqu'elle divorçait ou élevait seule ses enfants. Dans les cas les plus compliqués, de nombreuses organisations existent pour permettre aux femmes de se protéger.

Outre des artistes féminines, de nombreuses femmes ont acquis des places de choix dans la société portoricaine, même si les exemples ne sont pas encore aussi nombreux que pour les hommes. En 2000, le peuple portoricain avait d'ailleurs choisi une femme pour assumer la plus haute fonction de l'exécutif en la personne de Sila María Calderón, élue au poste de gouverneur.

Cependant, de nombreuses féministes s'érigent contre les faits sexistes perpétrés contre les femmes, et notamment contre l'impact de la musique reggaeton sur les jeunes générations. Les paroles des chansons et les vidéos clips qui les accompagnent représentent la femme comme un objet sexuel. Les artistes concernés ont beau s'en défendre, force est de constater que certaines paroles sont des plus explicites, comme dans le tube de Daddy Yankee, La gasolina, dont nous ne transcrirons évidemment pas les paroles dans ce guide de voyage... Mais le sujet qui préoccupe le plus les féministes à Porto Rico, ce sont les violences faites aux femmes, notamment domestiques, particulièrement importantes. Chaque année, au moins 18 000 d'entre elles subissent des agressions sexuelles.

Religion
<p>Cementerio de Santa María Magdalena de Pazzis.</p>

Cementerio de Santa María Magdalena de Pazzis.

Hormis une ou deux mosquées, une synagogue et un temple bouddhiste, tous les lieux de culte que risquent de croiser les visiteurs, seront des églises ou des cathédrales. Colonisée par l'Espagne catholique, la petite île de Porto Rico s'est aussitôt convertie au christianisme, oubliant rapidement les dieux des Taïnos.

Aujourd'hui, l'Etat garantit la liberté de culte.

Les descendants des esclaves africains pratiquent la Santería, une forme de religion propre à leur communauté qui mélange rites chrétiens et croyances africaines. Cependant elle n'est pratiquée que par quelques adeptes, à l'inverse de Cuba où elle s'est largement développée. À Porto Rico, 85 % des habitants sont catholiques, 15 % protestants et autres. Ils appartiennent au courant dominant du protestantisme qui s'est développé sur l'île après l'arrivée des Américains en 1898.

Les premiers diocèses catholiques à être érigés dans les Caraïbes, le furent à Porto Rico. À une très large majorité, les communes de l'île disposent de leur propre église, qui se dresse souvent sur la place centrale du village, en face de la mairie.

C'est également à Porto Rico que se trouve la plus large communauté juive des Caraïbes. Elle compte environ 3 000 membres, issus essentiellement de la descendance de l'immigration venue d'Europe aux heures de l'Allemagne nazie. Elle fut complétée d'une deuxième vague, composée cette fois d'émigrants juifs de Cuba qui fuyaient les perquisitions.

Dans l'ensemble, la religion catholique est très présente dans le quotidien des Portoricains. Les églises sont souvent bien remplies lors des messes du dimanche, même si elles se vident peu à peu. Nombreux sont les Portoricains à remercier Dieu avant de commencer à manger. Un chapelet est souvent accroché au rétroviseur central de la voiture familiale. Aussi, le meilleur élément pour jauger la ferveur catholique des habitants de l'île, est de se rendre à un carnaval. Reste à savoir si la passion et l'énergie mises pour préparer la fête relève d'un rite catholique, ou tout simplement, traditionnel. Chacun y trouve ce qu'il a envie d'y voir.

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