Guide de Porto Rico : Politique et économie

Politique

Etat démocratique, Porto Rico est un cas d'espèce du fait de sa relation si particulière avec les Etats-Unis.

Structure étatique

Etat libre associé des Etats-Unis depuis 1952, Porto Rico dispose d'une structure politique un peu complexe à comprendre vue de l'extérieur.

Exécutif

Officiellement, la personne élue, en charge du pouvoir exécutif, n'est autre que le président des Etats-Unis, en l'occurrence Donald Trump depuis le 8 novembre 2016. Citoyens des USA, les Portoricains sont les seuls Américains à ne pourtant pas avoir le droit de voter lors des élections présidentielles. Seuls les Portoricains vivant aux Etats-Unis en disposent. Ils ont en revanche le droit de voter pour leur gouverneur, tous les 4 ans, comme dans n'importe quel autre Etat des Etats-Unis. Le 2 janvier 2017 Ricardo Rosselló, membre du Nouveau Parti progressiste, devient le gouverneur du Commonwealth of Puerto Rico depuis 1952. Il dirige un cabinet dont il nomme les membres qui sont responsables des départements de Porto Rico.

Législatif

Au sein de la Chambre des représentants du Congrès américain, Porto Rico est représenté par un commissaire résident qui ne possède pas le droit de vote. Il est le seul représentant de la Chambre à servir un mandat de 4 ans, alors que celui des autres membres n'est que de 2 ans. Le commissaire résident est élu par les électeurs portoricains. Le dernier à être entré en fonction est Jenniffer González, depuis le 3 janvier 2017.

Aussi Porto Rico dispose de son propre corps législatif, comme tous les Etats des Etats-Unis, même si le pouvoir fédéral prévaut. Il existe deux entités législatives : la Chambre des représentants qui possède 51 sièges, et le Sénat qui compte aujourd'hui 27 sièges. Les sénateurs sont au nombre de 2 par district (16 sénateurs), auxquels il faut ajouter 11 élus selon la taille de la population de chaque district.

La Chambre des représentants est le plus ancien corps législatif de Porto Rico. Elle date de 1897. A Porto Rico comme ailleurs, le pouvoir législatif décide des dépenses du budget national, cumulant les taxes locales et les subventions américaines occasionnelles. Il vote également les lois appliquées sur le territoire, qui, parfois, ne sont pas sans interférer avec les lois appliquées aux Etats-Unis.

Judiciaire

La plus haute instance juridique de Porto Rico est la Cour suprême de Justice, composée de 9 juges, nommés par le gouverneur. La structure du système judiciaire comprend une cour d'appel, une cour supérieure, des cours de districts et des cours municipales. En cas de conflit entre le droit portoricain, et le droit applicable aux Etats-Unis, la Cour suprême des Etats-Unis est la seule instance autorisée à trancher.

En 1922, à l'issue du procès Balzac contre Porto Rico, la Cour suprême des Etats-Unis déclare que Porto Rico est un territoire, plutôt qu'une partie de l'Union. Cette décision induit que la constitution américaine ne peut pas s'appliquer à Porto Rico.

L'autonomie portoricaine

En tant qu'Etat libre associé des Etats-Unis, Porto Rico jouit de certaines libertés. San Juan possède le contrôle de ses affaires intérieures. Mais Washington contrôle toujours la constitutionnalité des lois, une éventuelle déclaration de guerre, les relations extérieures, l'administration des douanes, l'air, l'armée, l'immigration, les traités, les radios et télévisions, les routes, la poste...

A vrai dire, partout où le droit américain est absent, Porto Rico peut intervenir librement. Le pays n'est pas représenté au Sénat américain, et ne l'est qu'à la Chambre des représentants, par une personne sans droit de vote législatif.

Etat libre associé, quel est son statut ?

Tout le monde en conviendra, Porto Rico est un territoire à l'étrange statut. Il n'est pas commun de voir un pays posséder sa propre équipe aux Jeux olympiques, et, dans le même temps, endosser la nationalité d'un autre pays. La définition donné au pays par la Cour suprême des USA sème la confusion : " Porto Rico est un territoire, Etat libre et associé des Etats-Unis (...). C'est un territoire rattaché et appartenant aux Etats-Unis mais non une partie des Etats-Unis ".

Son statut est complexe. Les territoires non incorporés et organisés appliquent la constitution des Etats-Unis. Le président des Etats-Unis est le chef de l'exécutif mais les gouvernements et parlements locaux des territoires sont indépendants du congrès américain. À ce titre, bien qu'officiellement citoyens américains, les Portoricains ne détiennent pas le droit de vote leur permettant d'élire le président qui siège à la Maison Blanche. Ainsi Porto Rico n'est pas et n'a jamais été un Etat des Etats-Unis à part entière.

Beaucoup d'incompréhension et de réclamations en découlent de la part des compatriotes portoricains pas si compatriotes. Dans un article publié en juin 1993 dans Le Monde, Maurice Lemoine affirme que le statut d'Etat libre associé (Commonwealth of Puerto Rico) met fondamentalement Porto Rico à la merci des Etats-Unis. La question mérite donc d'être posée : Porto Rico est-elle une colonie ou un Etat libre associé ? Peu après la création de l'ONU en 1945, les Etats-Unis ont soutenu le droit des peuples à l'autodétermination. En 1998, le peuple s'est voulu clair. Personne, ou presque, ne veut de l'indépendance (2,5 % des suffrages exprimés). Et, 50,3 % des votants ont confirmé leur soutien au statut d'Etat libre associé, alors que 46,5 % auraient souhaité que Porto Rico devienne le 51e Etat des Etats-Unis. Le statut d'Etat libre associé est prolongé jusqu'en 2020. Tendance qui s'est confirmée lors du référendum organisé en 2012 qui a donné 65 % de votes favorables au fait que Porto Rico devienne le 51e Etat des Etats-Unis.

Partis

Voici les 4 principaux partis politiques du gouvernement portoricain.

Partido Nuevo Progresista (PNP). Fondé à la fin des années 1960, le Nouveau parti progressiste domine aujourd'hui les débats à Porto Rico. Sa ligne directrice est des plus claires. Il souhaite faire de Porto Rico le 51e Etat des Etats-Unis. Selon l'ensemble de ses membres, il s'agit du meilleur moyen pour mettre fin à la colonisation de Porto Rico. Les supporters de cette mouvance sont appelés les estadistas ou les penepés. C'est le parti de l'actuel gouverneur de Porto Rico, Ricardo Rosselló.

Partido Popular Democratico (PPD). Le Parti populaire a été fondé en 1938 par l'une des figures historiques de Porto Rico, Luis Muñoz Marín. Ce parti est la principale formation politique de Porto Rico à soutenir le statu quo du Commonwealth qu'il possède, c'est-à-dire d'Etat libre associé aux Etat-Unis. Depuis plusieurs années, et tout particulièrement depuis les élections générales de 2008, le parti est en crise. Mais le Président du parti Alejandro García Padilla est élu gouverneur de Porto Rico en 2013. Son mandat prend fin en 2017.

Partido Independentista Puertorriqueño (PIP). Fondé en 1946, le Parti indépendantiste est connu pour être le principal parti politique portoricain soutenant l'indépendance de Porto Rico. Ses membres ne souhaitent rien d'autre que l'autodétermination pour que le pays devienne une nation souveraine. Aujourd'hui, les idées du PIP sont très peu partagées par le peuple portoricain.

Partido Puertorriqueños por Porto Rico (PPR). Il s'agit du plus récent des partis politiques portoricains. Fondé en 2007 et présidé par Moisés Tollinchi, le Parti des Portoricains pour Porto Rico semble principalement lutter pour défendre les causes environnementales. Officiellement, la position du parti sur la question du statut politique de l'île, est neutre. Peu lui importe que Porto Rico soit un pays indépendant, un Etat libre associé ou un Etat de l'Union.

Enjeux actuels

Si six mois après son élection en janvier 2017, Ricardo Rosselló réclamait le rattachement de Porto Rico aux Etats-Unis ; il se pourrait bien que dans un avenir proche, l'île prenne un tout autre tournant et ce à cause de deux facteurs :

Donald Trump : un cumul de maladresses. Le 3 octobre 2017, quinze jours après l'ouragan Maria, la visite du Président Donald Trump fait polémique. Après une gestion de crise de l'administration présidentielle très critiquée, son discours ne fait que renforcer l'indignation des Portoricains, et ce dès les premières images de son déplacement.

Lors d'une distribution de vivres, le Président se fait remarquer par un jeté d'essuie-tout aux sinistrés, comme on lancerait des cacahuètes à un éléphant dans un parc du zoo. Outre ces images déplorables, celui-ci minimise le bilan de la catastrophe en déclarant que " les Portoricains peuvent se sentir fiers de ne pas avoir perdu autant de vies que lors de vraies catastrophes comme Katrina ". L'ouragan Katrina avait causé près de 1 800 morts dans l'État de la Nouvelle-Orléans en 2005. Une comparaison fortement malvenue et qui plus est démesurée face à la publication d'une étude de l'Université de Washington, un an après le cyclone, qui démontre que Porto Rico pleure la perte de plus de 3 000 personnes. Étude que Donald Trump s'empresse de contester. C'est dire si la popularité du Président des Etats-Unis est descendue en flèche.

Dès lors de nombreux débats émergent, laissant la population portoricaine s'interroger sur le fait que, si les citoyens avaient le droit de vote aux présidentielles, auraient-ils reçu plus de compassion à l'égard de la situation ?

Oscar López Rivera libéré. Le célèbre militant indépendantiste a fêté sa libération, en mai 2017, après 36 ans d'emprisonnement aux Etats-Unis. Présumé dirigeant des forces armées de la libération nationale (Fuerzas Armadas de Liberación Nacional ou FALN), il était reconnu coupable de conspiration dans les années 70 et 80. Peu populaire au cours des dernières années, le Parti indépendantiste de Porto Rico voit de nouveaux membres se rallier à sa cause, suite à l'agitation provoquée par la visite de Donald Trump. Moment idéal pour faire parler et faire valoir leur position aux représentants du monde.

Portée aux Nations Unies, la situation de Porto Rico fait débat lors de l'Assemblée générale du Comité spécial de la Décolonisation, aux 5e et 6e séances plénières de la session de 2018. Pour plaider leur cause, Oscar Rivera coordonne les témoignages portés par 44 pétitionnaires portoricains. Parmi les pétitionnaires se démarquent des jeunes et des moins jeunes, des travailleurs et retraités, des syndicats et même des religieux. Le territoire des Caraïbes est délaissé par les Etats-Unis en gestion de crise et a les mains liées face à la crise économique ; le Parti indépendantiste réclame aux Etats-Unis son droit à l'indépendance afin de reprendre les rennes sur le plan économique et social, résolution dont la décision se fait attendre.

Indépendant ou 51e Etat des Etats-Unis, Porto Rico serait sur le point de prendre un nouveau départ.

Économie

Par rapport à ses voisins caribéens, à l'exception des toutes petites îles, Porto Rico possédait l'économie la plus dynamique jusqu'en 2006. Depuis, au cours des 12 dernières années, sa croissance est en négatif. Comme tout pays dépendant financièrement, en l'occurence dépendant des Etats-Unis, Porto Rico a subi de plein fouet les conséquences de la récession mondiale dès les années 1970.

Selon les derniers recensements, le PIB par habitant s'élève à 30 833 US$, situant ce pays au 64e rang mondial, perdant une place au recensement de 2013. Son économie repose principalement sur les industries pharmaceutiques, chimiques, textiles, pétrochimiques et électroniques, suivies par des secteurs comme les assurances ou le tourisme. Un développement aussi limité par son absence de ressources naturelles et donc sa dépendance vis-à-vis des importations.

De 2006 à 2011, Porto Rico a subi une récession importante, entrecoupée par quatre petits redémarrages économiques, mais est de nouveau entré en récession depuis 2013. En revanche, si l'on compare sa situation à celle d'autres pays d'Amérique Latine, Porto Rico dispose d'un des meilleurs revenus par personne de la région.

Ses principaux partenaires commerciaux sont les Etats-Unis bien-sûr, mais aussi la Chine, Hong Kong et Taïwan. De manière générale, sa dépendance en matière de production et de transport d'électricité, de nourriture et de matières premières pour l'industrie en fait une économie hyper réactive aux sursauts de l'économie mondiale.

Principales ressources

Le tourisme est la principale source de revenus. Vient ensuite l'industrie de fabrication, avec une domination nette des produits pharmaceutiques, suivis des produits électroniques et électriques. L'agriculture, bien qu'elle n'emploie qu' 1% de la population active, assure une bonne partie des exportations internationales. Arrivent en tête le café, le sucre, le lait, les fruits exotiques tels que l'ananas et la banane, mais aussi le rhum et le tabac.

Si on parle en matières de secteurs, le secteur primaire emploie 3 % de la population active, mais ne représente que 1 % du produit intérieur brut (PIB). Le secteur industriel fait travailler 20 % des Portoricains et compose 50 % du PIB. Enfin, le secteur tertiaire des services emploie jusqu'à 79 % de la population active, pour ne contribuer qu'à 50 % du PIB national.

L'agriculture

Le secteur primaire représente 1 % de l'économie portoricaine. Comme toutes les îles colonisées des Caraïbes, Porto Rico a longtemps servi à la production de canne à sucre, de café et de riz, dans une moindre mesure. À l'arrivée des Américains en 1898, le secteur agricole est le moteur de l'économie portoricaine, certes très fragile. À partir des années 1950, Washington met en place différentes politiques en collaboration avec San Juan pour développer le secteur industriel, notamment dans le domaine pharmaceutique.

Aujourd'hui, le sol riche et fertile de Porto Rico pourrait produire bien plus qu'il ne le fait, et ainsi éviter les conséquences de politiques orientées vers la monoculture. La canne à sucre et le café continuent de concerner l'essentiel de la production agricole nationale. La production de canne à sucre a longtemps dominé l'économie portoricaine, jusqu'à la fin des années 1940, avant que les Etats-Unis ne décident d'y développer fortement le secteur industriel. Entre 1942 et 1977, 42 centrales de production ont fermé leurs portes. Les autres mettent la clé sous la porte les années suivantes. Aujourd'hui la production de sucre représente une part insignifiante de l'économie portoricaine. C'est d'ailleurs de la canne à sucre qu'est tiré le rhum. Il en existe 24 variétés différentes produites sur l'île. Quant aux variétés de café les plus connues, ce sont Café Crema, Café Rico, Rioja et Yaucono. Les plantations de café se trouvent essentiellement dans le centre montagneux du pays, alors que la canne pousse plutôt au sud. Le sol portoricain produit bien entendu des plantains, des patates douces et de la chayotte ou christophine.

L'industrie pharmaceutique

Si près de la moitié de l'économie portoricaine est assurée par le secteur secondaire, elle le doit à la politique Operation Bootstrap, mise en place en 1948 par les Etats-Unis. Il s'agissait alors d'assurer la transition d'une économie essentiellement agricole à une économie basée sur l'industrie. Enfin, l'environnement fiscal achèvera de convaincre de nombreux industriels américains (mais aussi dans une bien moindre mesure, britanniques, allemands ou canadiens) de venir s'installer sur l'île. Dans les années 1980, la population active portoricaine comptait 1,2 million de personnes.

Aujourd'hui, on estime que plus de 50 % des produits manufacturés fournis par Porto Rico proviennent de l'industrie pharmaceutique, qu'ils génèrent plus de 18 000 emplois et assurent une entrée de près de 3 milliards de taxes. Porto Rico est aussi devenu l'un des plus grands fournisseurs de produits pharmaceutiques au monde (5e par la taille qui est consacrée à cette industrie).

 

Déjà en péril par une économie en pleine faillite, la crise post-cyclonique de 2017 n'a pas arrangé la menace de nombreuses compagnies pharmaceutiques qui prévoient de s'installer ailleurs. En 2008, le laboratoire britannique Glaxo SmithKline a supprimé 560 postes sur son site de Cidra, commune du centre du pays. Un drame pour une ville aussi petite, d'autant que le salaire moyen de l'industrie pharmaceutique est bien plus élevé que le salaire moyen des Portoricains. La raison principale de cette désaffection ne provient pas d'une baisse de la consommation ou de la production. Elle s'explique par un environnement fiscal moins avantageux pour les entreprises présentes à Porto Rico. En 1976, l'entrée en vigueur de la section 936 du Code fédéral des loyers internes offre de grands avantages fiscaux aux entreprises américaines qui s'installent à Porto Rico. En 1996, les premières limitations apparaissent, avant les modifications drastiques de 2006. L'inquiétude de l'industrie pharmaceutique peut également s'expliquer par des lois plus sévères envers l'arrivée sur le marché des nouveaux médicaments. La FDA (U.S. Food and Drug Administration), organisme chargé d'autoriser la mise sur le marché des produits pharmaceutiques aux Etats-Unis, octroie de moins en moins de passe-droits. Touchée par les coupures d'eau et d'électricité engendrées par le cyclone, l'économie a été impactée et l'industrie pharmaceutique a rencontré d'énormes soucis logistiques ralentissant ainsi la fabrication. 13 des médicaments les plus vendus dans le monde sont produits à Porto Rico. Les Etats-Unis se sont même prononcés à ce sujet, inquiets, puisque que l'on compte parmi la fabrication locale, des médicaments utilisés pour soigner le sida et la leucémie de l'enfant. Aujourd'hui l'industrie pharmaceutique constitue toujours l'essentiel du secteur secondaire qui génère 15 milliards de dollars par an.

Place du tourisme
Croisière caribéenne.
Croisière caribéenne.

Bien qu'affectée par les récents évènements, l'industrie du tourisme s'est très vite relancée avec 1,9 millions de croisiéristes pour la saison 2018/2019, un record pour le port de San Juan. Certaines activités et certains complexes restent clos mais pour l'heure, 90% du secteur est sur pied. Grâce à ses plus de 5 millions de visiteurs annuels, l'industrie du tourisme représente 8 à 10 % de l'économie portoricaine. L'hiver en particulier, c'est l'une des destinations préférées des Américains qui cherchent à fuir le froid de cette saison. Cependant la compagnie du tourisme de Porto Rico a déclaré que 50% des voyageurs ont avoué que la couverture médiatique suite à la catastrophe a eu une incidence négative sur leur perception de l'île des Caraïbes. L'île a connu un boom avec l'augmentation du nombre de chambres d'hôtel mis à la disposition des visiteurs depuis quelques années. Aujourd'hui, 85% ont réouvert et les 15% restant sont attendus pour la saison 2019/2020. Un retour à la normale, non sans efforts. Les hôtels 5-étoiles fleurissent depuis quelques années. En 2007, la chaîne Marriott dépense 127 millions de dollars pour rénover et agrandir l'hôtel La Concha à San Juan, parmi les plus prestigieux du pays, et en 2008, 13,6 millions pour le Courtyard qu'elle ouvre à Aguadilla. Pour ouvrir le Coco Beach Resort & Residences, un complexe extrêmement cher, JW Hotels a investi 223 millions de dollars. Starwood Hotels & Resorts a misé 211 millions de dollars pour construire le Sheraton Puerto Rico Convention Center Hotel en 2009. Plus récemment, le gouvernement portoricain a aidé à financer la construction d'un hôtel Ritz-Carlton 6-étoiles, pour lequel 342 millions de dollars ont été investi. D'autres exemples pourraient illustrer la tendance.

Concernant l'accès à Porto Rico, c'est certes une île, mais elle n'est en rien isolée du reste du monde. Presque une trentaine de compagnies aériennes desservent la destination. Le pays est accessible directement depuis une soixantaine d'aéroports répartis dans le monde. Le gouvernement compte toujours sur le tourisme pour poursuivre son développement. Pour preuve, 400 millions de dollars ont été investis entre 2009 et 2011 pour compléter les infrastructures de l'aéroport Luis Muñoz Marin, le plus grand de l'île. Si Porto Rico se défend dans les airs, elle le fait également sur l'eau puisqu'elle est la deuxième destination au monde la plus recherchée par les bateaux de croisière.

Enjeux actuels

Pour les Portoricains, l'avenir est incertain. Au coeur d'une crise économique sans précédent depuis la fin des années 2000, les dettes ne cessent de s'accroître. Avec une dette publique exorbitante de 73 milliards de dollars, l'île déclare la faillite en mai 2016. Pour une population de 3,5 millions d'habitants, 46% d'entre eux vivent en-dessous du seuil de pauvreté et 11,5% sont au chômage. Sans compter les activités non déclarées, au nombre important. La crise économique entraine le début d'un exode de taille vers les Etats-Unis, et entraine le gouvernement à chercher des solutions partout. Le 9 juin 2016, la cour suprême des Etats-Unis vote la loi " Promesa " et instaure un comité de contrôle fiscal et de gestion budgétaire à Porto Rico afin de restructurer la dette publique, suspendant les poursuites entamées contre San Juan. La population en paie les conséquences par une série d'amputations sur les budgets des services publics, la hausse de diverses taxes, la réduction des pensions du salaire minimum et des retraites et s'ajoutent de nombreuses réformes. L'éducation est impactée par la fermeture de 180 écoles et une baisse de budget. La population est révoltée.

Suite à l'élection du Nouveau Parti progressiste, Ricardo Rosselló considère que le rattachement de Porto Rico aux Etats-Unis aiderait à se sortir de l'impasse, mais Donald Trump s'oppose à verser de l'argent public pour rembourser la dette. Ce n'est qu'après le passage de l'ouragan Maria que le Président des Etats-Unis évoque l'effacement de la dette via une autre remarque désobligeante envers le peuple " Les Portoricains doivent beaucoup d'argent à vos amis de Wall Street et nous allons devoir effacer tout cela ".

Redevable aux Etats-Unis mais appelant à l'indépendance, l'avenir économique de l'île est troublé entre la menace de la délocalisation d'industries pharmaceutiques (sans les avantages fiscaux qu'elle offrait), une appartenance politique dans le flou et les dépenses occasionnées par les catastrophes naturelles.

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