Guide de Nouvelle-Calédonie : Population et langues

<p>Habitants de l'île des Pins à la sortie de la messe.</p>

Habitants de l'île des Pins à la sortie de la messe.

Deux ethnies dominent en Nouvelle-Calédonie : les Mélanésiens, enracinés depuis des siècles, et les Européens, présents depuis plus de cinq générations. Les autres ethnies sont de souche plus récente : des Asiatiques (Indonésiens et Vietnamiens) et des Polynésiens (Wallisiens et Futuniens) arrivés il y a une trentaine d'années.

Les descendants des colons

La communauté européenne, descendant de colons blancs et d'anciens bagnards, a fait souche en Nouvelle-Calédonie depuis près de 150 ans, et ses membres sont familièrement surnommés les Caldoches. S'il est peu apprécié par certains, le terme est au contraire revendiqué par d'autres. Utilisez-le donc avec discernement. On lui préfère le terme de Calédoniens, plus vague, mais politiquement plus correct !

De Métropole, d'Australie, d'Allemagne, les colons sont également issus d'autres colonies de l'Empire français. Des natifs de La Réunion se lancèrent ainsi dans la culture de la canne à sucre et construisirent des sucreries, dont les ruines sont toujours visibles à Dumbéa, Boulouparis et Bourail (côte Ouest). Des descendants de Kabyles, déportés après la grande révolte de 1871, s'implantèrent également dans la région de Bourail : ne soyez donc pas surpris de traverser le col des Arabes ou de passer devant le cimetière des Arabes.

Les Caldoches occupent souvent des emplois dans l'administration, les mines, l'import-export et l'agriculture. Généralement installés dans les communes de la côte Ouest comme propriétaires terriens (La Foa, Bourail, Koné et Koumac), ils sont également concentrés à Nouméa. Depuis quelques années, les éleveurs diversifient leur production et se lancent dans de nouvelles filières : fermes expérimentales d'élevage de bénitiers, de crevettes, d'huîtres et de palétuviers. Parallèlement, conscients du potentiel de la filière touristique, ils sont à l'origine d'un nombre croissant de structures destinées à vous accueillir : campings, gîtes, ranchs (superbes randonnées équestres, sorties en 4x4 ou en quad, balades pédestres). Ils seront donc enchantés de vous faire visiter leurs élevages de bovins et de cerfs. Levés très tôt, couchés tard, ils cumulent souvent les activités, l'élevage ne rapportant pas toujours suffisamment. Très attachés à la famille, ils sont parfois éleveurs de génération en génération. Les enfants sont attendus le week-end et pendant les vacances scolaires pour mener les troupeaux au stockyard, les laver, les trier, etc. Devant les contraintes du travail de la terre, certains jeunes quittent la brousse et optent pour la vie à Nouméa. Les aides financières dispensées par les différents organismes privilégient en effet davantage l'industrie, le commerce et le tourisme. Les circuits de distribution des fruits et légumes entre le Nord, le Sud et les îles ne sont en outre pas adaptés. Profondément attachés à la terre, à l'image des Kanaks, les Caldoches sont fiers du travail entrepris par les parents de leurs parents, et le perpétuent eux-mêmes. N'hésitez pas à leur demander de vous expliquer le fonctionnement de leurs élevages et de vous montrer le bétail.

Polynésiens et Asiatiques

Des Wallisiens et des Futuniens se sont également implantés sur le sol calédonien. Ces arrivées, qui répondaient au préalable à une logique d'immigration économique, se sont progressivement transformées en peuplement durable avec le regroupement familial. Désormais, les Wallisiens et Futuniens sont plus nombreux en Nouvelle-Calédonie que sur leur archipel d'origine, et constituent la troisième ethnie du Caillou. À ce titre, des tensions existent entre Wallisiens et Kanaks, les seconds reprochant aux premiers de n'avoir pas rallié la cause indépendantiste et d'être favorables au maintien du territoire dans le giron français. Le soutien électoral des Polynésiens serait en effet décisif pour les Mélanésiens. Les Wallisiens craignent d'être renvoyés du territoire, comme certains l'ont été des Nouvelles-Hébrides (le Vanuatu) en 1980, et ne croient pas à la viabilité des projets indépendantistes. Ils se rallient donc généralement au Rassemblement-UMP (ex-RPCR) lors des élections. Les Tahitiens, souvent employés dans le tourisme, l'industrie et les mines, ont également constitué un apport de main-d'oeuvre apprécié. Ils conservent leurs traditions à l'occasion de fêtes, avec les danseurs de tamouré...

Les Asiatiques (Vietnamiens et Indonésiens), entrés initialement sur le territoire calédonien pour travailler dans les mines et l'agriculture, forment aussi l'une des pièces du puzzle ethnique de l'archipel. Dynamiques et entreprenants, ils sont le plus souvent à la tête de commerces, de restaurants et d'épiceries. Très attachés à leurs traditions, ils ont conservé leurs us et coutumes.

L'attrait d'une vie facile dans les îles

Des métropolitains sont arrivés en grand nombre entre 1963 et 1972, essentiellement des Français d'outre-mer en provenance des Antilles. Depuis les années 1990, le solde migratoire est redevenu positif. On assiste même depuis quelques années à l'arrivée importante de Métropolitains. Selon l'Institut de la statistique de Nouvelle-Calédonie, 14 000 Métros se seraient installés sur le Caillou entre 2000 et 2004, attirés par le boom économique du nickel et l'image d'une vie plus facile au soleil. Avec la loi sur l'emploi local adoptée en 2010, cela n'est plus aussi facile pour un métropolitain de se faire embaucher : l'employeur doit justifier d'une carence en main-d'oeuvre locale dans son secteur d'activité.

Une population jeune

La population du territoire continue à rester particulièrement jeune comparativement à la moyenne nationale : l'âge moyen qui était de 27 ans en 2005 est passé à 31 ans en 2014. La forme de la pyramide des âges néo-calédonienne reste donc globalement triangulaire, même si sa base a tendance à rétrécir. Néanmoins, au regard de la taille de l'archipel, la densité de la population est faible, avoisinant 14 habitants au km².

Le français comme langue officielle

Vous n'aurez aucun problème pour discuter avec les Calédoniens. Mais ne soyez pas surpris si l'on vous propose un coup de pêche ou un coup de fête, ces expressions typiques sont faciles à comprendre et à utiliser ! Le français est la langue officielle et côtoie sans problème les langues kanakes.

Les aires linguistiques

La Nouvelle-Calédonie est divisée en huit aires coutumières où huit langues kanak sont communément parlées. L'Académie des langues kanak (www.alk.gouv.nc) a pour mission de fixer les règles d'usage et de promouvoir le développement de l'ensemble des langues et dialectes kanak.

Aire Iaai (Ouvéa).

Aire Drehu (Lifou et Tiga).

Aire Nengone (Maré).

Aire Drubea-Hapone (extrême sud de la Grande Terre comprenant Nouméa et Yaté et l'île des Pins).

Aire Xârâcùù-Xârâgure (Grande Terre, comprenant Canala et La Foa).

Aire Ajië-Arhö (Poya, Bourail, Houaïlou).

Aire Paicî-Cemuhi (Poindimié, Koné).

Aire Hoot ma Whaap (extrême nord de la Grande Terre comprenant Koumac, Hienghène, île Bélep).

Adresses Futées de Nouvelle-Calédonie

Où ?
Quoi ?
Ailleurs sur le web
Avis