Guide de Nouvelle-Calédonie : Politique et économie

Politique

L'Accord de Nouméa entérine le nouveau statut de la Nouvelle-Calédonie. Après le TOM (territoire d'outre-mer) et le POM (pays d'outre-mer), on parle désormais simplement de collectivité à statut particulier de sui generis, en opposition aux actuels DROM (départements et régions d'outre-mer) et COM (collectivités d'outre-mer). Ces modifications de l'acronyme traduisent l'autonomie substantielle acquise aujourd'hui par l'archipel. La Nouvelle-Calédonie, dotée d'un statut unique et original au sein de la République française, est ainsi représentée au Parlement national par deux députés et deux sénateurs. L'organisation politique et les structures du développement économique et social de l'île sont établies sur une vingtaine d'années. La loi organique adoptée en 1999 répartit ainsi les compétences entre l'État français, la Nouvelle-Calédonie, les provinces et les communes.

Structure étatique

Le transfert des compétences de l'État français vers ces institutions débute en l'an 2000. Le statut civil du peuple premier les Kanaks et le régime des terres coutumières, les règles relatives à l'économie et au commerce, au droit du travail et à la formation professionnelle, le transport, l'éducation, les mines, le tourisme, le travail des étrangers : autant de domaines qui relèvent maintenant de la compétence de l'archipel... L'État français ne conservant que les pouvoirs régaliens : la justice, la défense, l'ordre public et la monnaie. Les innovations majeures contenues dans l'Accord de Nouméa sont l'institution d'une citoyenneté calédonienne, la possibilité reconnue à la Nouvelle-Calédonie d'exercer une forme d'action internationale dans le Pacifique et le vote des " lois du pays " par le Congrès de Nouvelle-Calédonie sous contrôle du Conseil constitutionnel.

L'État est représenté sur l'archipel par le Haut-commissariat de la République. Les trois provinces de Nouvelle-Calédonie (Sud, Nord et îles Loyauté) se divisent de leur côté en trente-trois communes, administrées librement par des assemblées élues au suffrage universel. Le Gouvernement calédonien (pouvoir exécutif), le Congrès (assemblée délibérante), les provinces, le Sénat coutumier, le Conseil économique et social et environnemental et les conseils coutumiers dessinent les contours de l'architecture institutionnelle. Le Congrès, assemblée délibérante de Nouvelle-Calédonie, est ainsi constitué de 54 élus, dont 32 sont issus de la Province Sud, 15 de la Province Nord et 7 des îles Loyauté. Les trois provinces, quant à elles, représentent des collectivités territoriales et disposent d'une compétence de droit commun (toutes les matières qui ne sont pas réservées par la loi à l'État français).

Le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, pouvoir exécutif de la collectivité, est en charge de la préparation et de l'exécution des délibérations du Congrès. Il peut y avoir de 6 à 11 membres. En général, le Gouvernement est composé de onze membres et fonctionne de façon collégiale, il représente toutes les sensibilités politiques. Il se réunit chaque semaine pour étudier les projets de loi du pays et les textes à soumettre au Congrès. Certains arrêtés et avis sur les textes adoptés par le Parlement français relèvent également de leur compétence. Le Sénat coutumier, composé de 16 membres à raison de 2 membres élus par aire coutumière, est notamment saisi des projets et propositions de lois du pays en relation avec l'identité et la culture kanake. Le Conseil économique et social et environnemental, comme son nom l'indique, constitue une assemblée consultative sur les questions d'ordre économique et social. Il représente les principales activités professionnelles et encourage la collaboration et le dialogue entre les catégories professionnelles. Les Conseils coutumiers, organes consultatifs, sont institués dans chaque aire coutumière (8 en Nouvelle-Calédonie).

Partis
Un territoire ancré à droite

Traditionnellement, la Province Sud (de loin la plus peuplée avec 183 007 habitants) est dirigée par les forces loyalistes, alors que la Province Nord et la Province des Iles sont dirigées par les Indépendantistes. Il faut savoir que la Nouvelle-Calédonie est le territoire qui a élu avec le plus de voix Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2007 (62,89 % des voix). En 2012, les Calédoniens s'étaient exprimés en faveur du président sortant (favorable au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France), avec 63,04 % des voix au deuxième tour face à François Hollande. Même tendance à l'élection présidentielle de 2017 où François Fillon (31,13 %) et Marine Le Pen (29,9 %) étaient largement en tête devant Emmanuel Macron (12,75 %) au premier tour, et où Marine Le Pen a fait son meilleur score dans les outre-mer au second tour avec 47,43 % de voix (contre 52,57 % pour Emmanuel Macron).

Forces loyalistes

Avenir En Confiance (AEC). Coalition électorale créée en 2018. Dirigeante : Sonia Backès. L'AEC regroupe le RC, le MPC et le rassemblement :

- Les Républicains Calédoniens (RC). Parti fondé en 2017. Dirigeante : Sonia Backès.

- Mouvement Républicain Calédonien (MRC) - affilié aux RC. Fondé en 2011. Dirigeant : Philippe Blaise.

Rassemblement. Fondé en 1977. Dirigeant : Thierry Santa.

- Mouvement Populaire Calédonien (MPC). Créé en 2013. Dirigeant : Gil Brial.

Calédonie Ensemble. Fondé en 2008. Dirigeant : Philippe Gomès.

Parti communautariste allié des loyalistes

Éveil Océanien (EO). Fondé en 2018 par Milakulo Tukumuli.

Forces indépendantistes

Front de Libération Kanak Socialiste (FLNKS). Fondé en 1984 par Jean-Marie Tchibaou. Coalition de partis dont :

- Union Calédonienne (UC). Fondé en 1953. Dirigeant : Daniel Goa.

- Union Nationale Pour l'Indépendance (UNI), coalition.

- Palika. Créé en 1975. Dirigeant : Paul Néaoutyine. Fait partie de l'UNI.

- UPM. Fondé en 1974. Dirigeant : Victor Tutugoro. Fait partie de l'UNI.

- Rassemblement Démocratique Océanien (RDO). Fondé en 1994. Dirigeant : Aloisio Sako.

Dynamique Unitaire Sud (DUS). Fondé en 2011. Dirigeant : Sylvain Pabouty.

Parti Travailliste. 2007. Dirigeant : Louis Kotrai-Ureguei.

Libération Kanake Socialiste (LKS). Dirigeant : Basile Citré.

Enjeux actuels

La mandature 2019-2024 est celle de la sortie de l'Accord de Nouméa. Les élus auront la tâche d'organiser les deux derniers référendums d'autodétermination prévus par les accords de Matignon.

L'Accord de Nouméa de 1998 prévoit qu' " au terme d'une période de vingt années, le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l'accès à un statut international de pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité seront proposés au vote des populations intéressées ". L'Accord prévoit que si la réponse au référendum est négative, un tiers des membres du Congrès pourra demander un deuxième, puis un troisième référendum. Cette demande a été faite en juin 2019 par les loyalistes et les indépendantistes.

Le 4 novembre a eu lieu le vote du premier référendum qui a été marqué par la victoire du " non " à l'indépendance.

2020. Le prochain référendum aura lieu entre le mois d'avril et le mois d'octobre.

2022. Troisième référendum, si le second a répondu " non ". Ce sera la fin des accords de Matignon et de Nouméa. Si la réponse est de nouveau " non " des négociations s'ouvriront pour fixer le statut de la Nouvelle-Calédonie dans la France.

Économie

Avec un PIB par habitant de 3,63 millions de CFP (2017), la Nouvelle-Calédonie s'affirme comme l'un des territoires les plus prospères du Pacifique Sud et possède le plus fort PIB par habitant des collectivités ultra-marines. Elle bénéficie actuellement d'une croissance économique faible (1 % en 2017), grâce à ses richesses en nickel et aux transferts publics, malgré un ralentissement dû à une baisse du cours des métaux sur le marché international du fait de la crise. Mais ces richesses ne sont pas également réparties : si le SMG (salaire minimum garanti) dépasse dorénavant les 156 568 CFP, 17 % des ménages étaient encore sous le seuil de pauvreté en 2016. En Nouvelle-Calédonie, la loi sur les 35 heures n'a pas été adoptée et la durée de travail hebdomadaire se base sur 39 heures.

Principales ressources
<p>Pêcheur au filet.</p>

Pêcheur au filet.

Le nickel, l'or vert des Calédoniens

Le secteur du nickel, clé de voûte de l'économie du pays depuis le XIXe siècle, dépasse le seul cadre économique et participe au développement social de l'archipel. Le Caillou disposerait en effet d'un quart des réserves de nickel mondiales, et en 2007, le précieux minerai représentait environ 17 % du PIB de la Nouvelle-Calédonie. Malheureusement, depuis cette date, ce taux n'a cessé de chuter pour arriver à seulement 6 % du PIB en 2014. Des causes multiples sont invoquées pour expliquer cette décroissance inquiétante : la chute du cours du Nickel (-30 % en 2015), l'effondrement du marché mondial, et la compétitivité internationale qui s'amplifie sans cesse. En 2016, la situation était grave et la crainte réelle que les usines ferment leurs portes, si bien que l'État a décidé de renflouer les caisses pour éviter la terrible crise sociale qui aurait découlé de la suppression de nombreux emplois. En février 2018, le cours du nickel est bien plus favorable qu'un an auparavant. Il se trouve dans la moyenne de juin 2013 (13 200-15 000 dollars). Le jeudi 15 février 2018, il atteint 14 420 dollars la tonne, soit son plus haut niveau depuis 2015. Malgré cela, le nombre d'emplois dans ce secteur continue à chuter. En 2018, à la suite de la stabilisation des cours, poussée par le cobalt, le marché redonne quelques perspectives positives à cette activité stratégique pour la Nouvelle-Calédonie.

Agriculture

La superficie agricole utilisée couvre encore 13 % du territoire et permet de couvrir environ la moitié des besoins locaux. Une étude réalisée en 2013 par l'Institut agro-alimentaire de Calédonie a analysé la répartition de la production agricole en Nouvelle-Calédonie. Un tiers de la production est consommé par les producteurs eux-mêmes, un tiers est utilisé pour des dons ou pour la coutume, 20 % est replanté pour la production, et enfin 12 % de la production est vendue. L'agriculture en Nouvelle-Calédonie est donc essentiellement vivrière.

Les cocoteraies sont très répandues sur le territoire. Elles sont particulièrement visibles sur la côte orientale de la Grande Terre et sur les îles Loyauté, notamment à Ouvéa où deux usines distinctes produisent de l'huile et du savon à partir du coprah. La production locale couvre environ 80 % de la consommation calédonienne de savon de ménage. De passage à Ouvéa, rendez-vous à Fayaoué et Wadrilla pour la visite des deux usines.

La culture du café s'est également implantée sur l'archipel à partir du début du XXe siècle avec l'arrivée des colons. Son exploitation connut un essor prodigieux durant l'entre-deux-guerres (1918-1939), époque à laquelle les exportations dépassent les 2 000 tonnes annuelles. Aujourd'hui, la production ne couvre même pas les besoins locaux. Environ 2 000 familles (généralement kanakes) exploitent désormais des plantations sous ombrage dont l'âge varie entre 30 et 80 ans. Les plants vieillissants et le faible niveau de rendement ont incité les autorités territoriales à lancer des plantations dites de " plein soleil ". Cependant, la faiblesse des cours mondiaux du café n'encourage pas les producteurs à intensifier leur activité. Lors de votre séjour en Nouvelle-Calédonie, n'hésitez donc pas à goûter la saveur du Royal Pacific (www.royal-pacifique.nc).

Élevage

Le secteur de l'élevage a consenti des investissements importants, en vue d'améliorer les pâturages, d'obtenir une sélection génétique intéressante et d'assurer une surveillance vétérinaire adéquate. Lors de votre séjour sur la Grande Terre, vous traverserez de grandes prairies et croiserez de vastes stations d'élevage extensif (bovins, ovins, porcins) essentiellement concentrées sur la côte Ouest, notamment entre les communes de Bourail, Boulouparis et La Foa. Au rang des premières productions agricoles en Nouvelle-Calédonie : le boeuf orienté vers l'embouche. La qualité est bonne, mais le prix demeure élevé et la production relativement faible au regard des espaces disponibles. Si vous visitez l'une de ces stations d'élevage, essayez d'assister à la baignade des bêtes. Une partie du stockyard est en effet aménagée en piscine de manière à laver le bétail à l'aide d'un produit contre les tiques. Cette opération est renouvelée une fois par mois. Sur le plan sanitaire, c'est indispensable tant la prolifération des tiques affaiblit le bétail (les mulets de l'armée américaine durant la dernière guerre les importèrent sur le territoire). Vous pouvez visiter quelques stations d'élevage de la côte Ouest à cheval, à pied ou en 4x4. À l'occasion des foires agricoles, comme celle de Bourail en août, et qui se déroulent généralement de juillet à septembre, ne manquez pas les rodéos et ses chevaux sauvages, ses taureaux, ses veaux pris au lasso, partie intégrante de la vie des Broussards. Les fourrages et pâturages occupent une très grande partie de la surface agricole utilisée. Parallèlement, l'élevage des cerfs s'est également développé. Les cultures industrielles, quant à elles, sont réparties autour de Nouméa, comme l'élevage de volailles avec une importante production d'oeufs. Néanmoins, la Nouvelle-Calédonie n'est toujours pas autosuffisante dans cette filière, en dépit des aides substantielles accordées. La production laitière reste elle insignifiante sur l'ensemble du territoire.

Exploitation forestière

Lors du survol de la Nouvelle-Calédonie ou durant le tour du territoire en voiture, vous serez peut-être étonné par la superficie de la forêt. Elle occupe en effet les trois quarts des terres de l'archipel. C'est au coeur de la chaîne montagneuse centrale, entre les communes de Bourail et Boulouparis (côte Ouest), qu'est située la principale zone d'exploitation forestière à mi-chemin entre le col des Roussettes et le col de Nassirah. La production de bois a diminué au cours des dernières décennies suite aux craintes exprimées par les tribus, qui redoutent à juste titre une exploitation trop intensive des forêts, préjudiciable notamment à la survie du gibier. Dans le Sud, l'exploitation intensive a ainsi provoqué une érosion massive des sols. Heureusement pour la sauvegarde de ces forêts, le polychlorure de vinyle (PVC), l'aluminium et le métal se substituent désormais avantageusement au bois...

Pêche

L'activité halieutique en Nouvelle-Calédonie correspond à trois catégories bien distinctes. Ainsi, la pêche dans le lagon s'effectue à bord de petites plates motorisées et concerne les poissons côtiers et aussi la pêche d'holothuries, appelées bêches de mer ou concombres de mer, dont la chair est riche en protéines. Nettoyées et séchées sur place, elles sont ensuite exportées vers Hong Kong, la Chine et le Japon. Les coquillages comme les trocas, servent à fabriquer des boutons et des bijoux. La pêche côtière, de son côté, s'intéresse principalement aux thons et vivaneaux que vous trouvez sur les marchés, notamment celui de Nouméa. Les navires exploitent le tombant externe du récif et les eaux territoriales. La pêche hauturière, quant à elle, concerne les thons et les poissons d'eau profonde exportés pour partie vers le Japon (thon obèse). Ce type de pêche industrielle au grand large est autorisé dans la zone économique exclusive (ZEE) et au-delà des eaux territoriales. Les navires étrangers des pays riverains doivent obtenir une licence ou jouir d'un accord annuel contracté avec la Nouvelle-Calédonie qui fixe un quota et une date d'arrêt de la pêche. Le Pacifique occidental est riche en thons. La moitié des prises mondiales de thons s'effectue dans cette zone.

Les huiles essentielles

Les huiles essentielles comptent pour partie dans la production de la petite industrie locale. Le niaouli est ainsi exploité sur les contreforts de la chaîne montagneuse de Hienghène à Ponérihouen sur la côte Est, ainsi que dans la région de Boulouparis et Païta sur la côte Ouest. Les producteurs ramassent le niaouli, distillé ensuite dans l'un des douze petits établissements situés sur la côte Ouest et Est. La production d'essence de niaouli entretient environ deux cents familles. Cette huile essentielle (goménol) entre dans la composition de certains médicaments. Essence balsamique naturelle très pure, elle nécessite d'être conservée à l'abri de la lumière, au frais, le bouchon du flacon bien refermé. On l'utilise en friction sur la poitrine et le dos, en gargarisme (de 2 à 3 gouttes dans un verre d'eau), en inhalation (3 gouttes dans un bol d'eau chaude) ou encore en la respirant, et même en l'avalant (mettre 3 gouttes dans une cuillerée de miel). Le goménol soulage également des piqûres d'insectes et apaise les douleurs rhumatismales. De son côté, l'huile de santal, issue du bois éponyme qui pousse sur les îles Loyauté (Mare) et l'île des Pins, est principalement destinée au secteur de la parfumerie.

Place du tourisme
<p>Maisons de vacances sur pilotis, Nouméa.</p>

Maisons de vacances sur pilotis, Nouméa.

Le tourisme est de toute évidence au coeur des réflexions actuelles en ce qui concerne l'avenir économique de la Nouvelle-Calédonie. Les institutions y croient et se sont fixé l'objectif des 200 000 touristes par an d'ici 2025.

Du 23 au 26 avril 2018, la Province Sud a organisé les Ateliers du tourisme sur l'île des Pins qui, pour l'occasion, s'est transformée en véritable laboratoire du tourisme. L'île que l'on surnomme le " bijou " ou le " joyau " de la Nouvelle-Calédonie attire chaque année de plus en plus de monde. En 2016, 66 000 touristes sont venus à Kunié et 225 594 croisiéristes y ont fait escale en 2017. Des chiffres importants et non négligeables. L'idée de cet atelier est d'essayer de déterminer ensemble (institutions, coutumiers, professionnels du tourisme et habitants) des mesures afin de concilier développement économique et protection de l'environnement. Les discussions ont abouti sur des thèmes tels que le tourisme choisi, la gestion de l'eau et des ressources. Un accent particulier a été mis sur les pollutions générées par les paquebots en ce qui concerne particulièrement les mouillages et la dégradation des fonds.

Destination exotique située à l'autre bout du monde, la Nouvelle-Calédonie, contrairement à la Polynésie française, est à l'écart des grands circuits touristiques. L'archipel n'attire en effet, que 120 000 visiteurs (2018) et ce n'est pourtant pas faute d'être richement doté. Il est pourvu d'une nature exceptionnelle et préservée : le plus grand lagon du monde, une forêt tropicale riche et peuplée d'espèces endémiques, une grande diversité de paysages. Les prix du billet d'avion et le coût de la vie sur place freinent les ardeurs métropolitaines. Les Calédoniens n'ont jamais misé sur un tourisme de masse et c'est finalement une chance et un plaisir d'évoluer au milieu d'un tel cadre.

La politique du territoire tend aujourd'hui à diversifier l'éventail des touristes. Les chiffres sont en hausse. En 2017 les Métropolitains sont les plus nombreux (37 326), viennent ensuite les Australiens (23 025, suivis de près par les Japonais (21 472), puis les Néo-Zélandais (10 553)... Généralement, les Métropolitains restent un mois sur le Caillou pour visiter un membre de leur famille.

Les croisiéristes, qui débarquent en masse à Nouméa, Maré, Lifou et l'île des Pins, permettent de grossir les chiffres du tourisme (ils étaient plus de 421 000 en 2014 et 500 000 en 2017). Cependant, l'impact de ce tourisme de croisières et parfois difficile à évaluer. En effet, ces bateaux déversent tous les jours des milliers de passagers sur un court laps de temps et sur une petite partie du territoire. Ces touristes ont tendance à dépenser peu d'argent en peu de temps, mais on voit alors quand même des commerces et services se mettre en place lors des jours d'arrivée de bateaux. Cela peut paraître paradoxal, mais il s'agit pourtant d'une forme de tourisme éphémère qui ne s'inscrit pas dans le temps.

En termes de tourisme, il est intéressant d'opposer les deux pays, Nouvelle-Calédonie et Vanuatu. D'un côté, la Nouvelle-Calédonie, terre des " Caldoches ", des " métros ", des métis, des Wallisiens... et bien sûr du peuple premier les Kanaks, qui n'avaient pas un goût prononcé pour les activités touristiques, mais force est de constater que le nickel ne suffit plus, ouvre de plus en plus ses portes au tourisme. Un tourisme régulé le plus souvent, responsable et (presque) jamais de masse. De l'autre côté, le Vanuatu, lui, tel un nouveau modèle, plus qu'un simple voisin, inspire. Loin d'être encore autosuffisant certes, mais indépendant. Mais où les constructions vont bon train. De routes, des aéroports et des resorts voient peu à peu le jour. La Chine, silencieuse, est pourtant déjà bien présente. Elle " offre sa main-d'oeuvre ". Les crédits sont gigantesques. Et on commencerait presque à la craindre...

Enjeux actuels

L'économie calédonienne reste largement dépendante des apports de la France et des fluctuations du cours du nickel pour le solde de sa balance commerciale et de la balance des paiements. Le Gouvernement essaie de développer de nouveaux secteurs comme l'aquaculture ou le tourisme, sans succès suffisant pour l'instant.

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