Guide de Nouvelle-Calédonie : Survol de la Nouvelle-Calédonie

<p>Le lagon calédonien vu du ciel.</p>

Le lagon calédonien vu du ciel.

Géographie

La Nouvelle-Calédonie, intégrée à l'aire mélanésienne, est située dans le sud-ouest de l'océan Pacifique, à quelques degrés au nord du tropique du Capricorne. Collectivité française la plus éloignée de la métropole (19 600 km), cet archipel s'étend sur 18 575 km², formant ainsi le troisième ensemble insulaire du Pacifique après la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Zélande. L'île principale, plus communément appelée Grande Terre, a une dimension de 450 km du nord au sud et de 60 km d'ouest en est. Elle vient s'ajouter aux îles périphériques situées respectivement au sud (l'île des Pins), à l'est (les îles Loyauté) et au nord (les Bélep). L'immensité de son espace maritime (1 740 000 km²) et la superficie de son lagon (24 000 km²), le plus vaste du monde, témoignent encore de l'étendue d'un pays inséré au coeur d'une zone naturelle, économique et politique éminemment stratégique : le Pacifique. Prévoyez donc au moins quinze jours pour découvrir la Nouvelle-Calédonie !

Relief

La Grande Terre est traversée en son centre, du nord au sud, par une chaîne montagneuse longue de 400 km. Cette dernière, plus éloignée de la côte Ouest essentiellement dominée par les grandes plaines littorales, est en revanche très proche de la côte Est, dont la route magnifique serpente entre falaises et mer. Si les deux grands sommets, le mont Panié au nord et le mont Humboldt au sud, culminent respectivement à 1 628 et 1 618 m, l'altitude sur la chaîne dépasse rarement 1 000 m. L'incidence de ces montagnes sur le climat et la géographie des deux côtes se confirme dès lors que l'on passe de l'une à l'autre. Vous pourrez le constater par vous-même en empruntant l'une des routes transversales qui relient la côte Ouest à la côte Est. Très variée sur le plan du relief, la Nouvelle-Calédonie offre des possibilités multiples. De la mer aux grandes plaines sèches de la Brousse en passant par les sommets des montagnes, l'archipel est une destination de premier plan. La barrière récifale, distante de 10 à 65 km des côtes de la Grande Terre, donne naissance à un magnifique lagon parsemé d'îlots et de patates coralliennes immergées. Les amateurs de voile, de planche à voile et de plongée sous-marine bénéficient d'aires de jeux exceptionnelles. Sur les îles Loyauté, le plateau calcaire de ces anciens atolls coralliens surélevés n'excède quasiment jamais 100 m. Le lagon, s'il existe encore à Ouvéa, a en revanche été comblé sur Maré et Lifou.

Principales régions

Il y a Nouméa, puis il y a le reste de la Nouvelle-Calédonie ! Cette vaste commune (5 000 hectares), constitue le centre névralgique de la Nouvelle-Calédonie dans des proportions plus effrayantes encore que Paris au regard de la province : elle concentre en effet plus de la moitié de la population du territoire ! La plupart des institutions politiques et économiques sont regroupées dans la capitale qui, en termes d'infrastructures, a tout d'une ville de la Côte d'Azur. Hors de Nouméa, on a presque l'impression de changer de pays...

La côte Ouest ou " côte sous-le-vent " est nettement moins arrosée que la côte orientale. À titre de comparaison, il tombe en moyenne 1,06 m d'eau par an à Nouméa pour 1,70 m à Houaïlou. Les prairies et la savane à niaoulis occupent une large surface entre les rivages de la mer et les contreforts de la chaîne. C'est en partie le résultat de la destruction de la forêt par les feux de brousse. Sur le plan économique, l'élevage demeure l'activité essentielle de la côte Ouest, reliée du nord au sud par la RT 1 ou route territoriale 1. Des petits cols font également communiquer les bassins côtiers. Vous accédez cependant rarement à la mer et les pistes sont plutôt longues et espacées. Dans cette zone littorale, soumise à l'influence des marées, la mangrove prolifère sur un sol salé et marécageux, qui abrite notamment des palétuviers, ces arbres aux racines aériennes s'élevant comme des échasses, et un écosystème unique. La chaîne centrale présente un climat plus frais et plus humide, et une végétation dense. C'est là que vous rencontrerez les tribus installées dans le haut des vallées. Leurs emplacements sont signalés le long de la route par de petits panneaux indicateurs. Les forêts humides primaires s'étendent dans le massif du Mé Maoya près de Bourail et dans le massif des Koghis. Quatre centres administratifs se succèdent une fois Nouméa derrière vous : La Foa, Bourail, Koné et Koumac.

La magnifique côte Est ou " côte-au-vent ", exposée à l'alizé, présente les caractéristiques d'une zone tropicale : chaleur, pluie abondante, végétation dense et luxuriante. C'est ici que les tribus sont les plus nombreuses sur le territoire : la population est kanake à 80 %. C'est également la zone minière par excellence : Thio et Kouaoua au sud demeurent de grands centres d'exploitation du nickel. Sur le plan des infrastructures, la construction de nouvelles voies et l'entretien des routes déjà existantes restent onéreux et certaines régions sont parfois difficiles d'accès. Les reliefs prononcés et les pluies torrentielles ne simplifient pas la tâche. La chaîne montagneuse, contrairement à la côte Ouest, plonge presque dans la mer et surplombe la route du haut de ses à-pics. Au nord de Hienghène, la forêt humide recouvre le massif du mont Panié, à l'instar de la région de Thio avec la forêt de Saule ou de la Haute Combue. Cette forêt primaire témoigne de la puissance d'une nature non domestiquée par l'homme, qui privilégie les vallées isolées et les flancs des montagnes. Kaoris, hêtres, tamanous et bagnans rappellent ce que l'environnement doit aux arbres.

L'extrême Nord. Les résidents vous parleront du nord du territoire, à partir de Koumac, comme s'il s'agissait d'un État à part, de la région la plus reculée du Caillou. C'est l'achèvement de la chaîne centrale qui meurt sur une côte déchiquetée, énigmatique et parsemée d'îles et d'îlots. La route étroite, sinueuse et vallonnée, qui mène à l'extrémité nord de l'archipel, étire son long ruban d'asphalte au milieu d'un paysage éblouissant où le rouge de la terre le dispute au vert des arbustes et niaoulis (arbres), trace des nombreux incendies qui ont ravagé les lieux. Ce bout du monde, planté là au coeur de l'hémisphère Sud, avec ses montagnes couvertes de forêts, la savane et les baies bordées de cocotiers, semble se partager entre l'Australie, la Nouvelle-Zélande et parfois même le Canada... En passant d'est en ouest, vous traversez le maquis minier aux formes végétales sèches et aérées. L'arbre " bois de fer " (Gymnostoma chamaecyparis) symbolise bien la zone. Extrêmement dur, il sert à la construction des cases et plus particulièrement aux poteaux de soutènement.

Le Sud. La route provinciale n° 3 (RP 3) traverse la région délimitée par le col de Mouirange (255 m), le lac du barrage de Yaté et le village de Yaté. Les amoureux des grands espaces y trouveront leur compte. Plus grand massif minier de Nouvelle-Calédonie, le Sud marque immédiatement le voyageur, généralement hypnotisé par la vivacité d'une terre rouge riche en oxyde de fer. Les tribus sont concentrées entre Yaté et Goro, sur la côte sud-est, et à Plum sur la côte sud-ouest. Autant dire que le coin n'est pas très peuplé... C'est néanmoins l'occasion de se frotter à la latérite, qui colle à la route et imprègne tout. Au milieu de ces territoires vierges et arides, sept réserves botaniques ont été implantées. Côté océan, les eaux chaudes de la baie de Prony abritent les baleines à bosse entre juillet et septembre. L'île Ouen et l'île des Pins délimitent les extrémités de ce grand Sud.

Les îles périphériques. L'archipel, outre l'île principale (Grande Terre), compte également des îles de moindre taille. Les îles Loyauté, situées à une centaine de kilomètres à l'est de la Grande Terre et à trente minutes d'avion de Nouméa, regroupent Ouvéa, Lifou, Tiga et Maré. À titre indicatif, Lifou est à elle seule plus étendue que la Martinique. L'île des Pins, au sud du Caillou, s'étend quant à elle sur 150 km². Le minuscule archipel des Bélep, à 50 km de la pointe nord du territoire, comprend de son côté les îles Art, Pott et Dau Ac réparties sur 70 km². Certains îlots, plus éloignés, sont même inhabités comme ceux d'Huon et Surprise, au coeur des récifs d'Entrecasteaux, à 300 km au nord-ouest de la Grande Terre. Vers l'ouest, les îles Chesterfield et les récifs Bellone donnent encore l'occasion d'oublier la civilisation. À l'est, à proximité d'Ouvéa, Beautemps, Beaupré et l'Astrolabe stimulent presque naturellement l'imaginaire. Walpale, Matthews et Hunter, au sud-est et revendiqués par le Vanuatu, parachèvent ce tour de l'archipel.

Lagon et récif corallien

Dans ce domaine, les superlatifs sont inutiles : les chiffres parlent d'eux-mêmes. 24 000 km² de lagon ceinturés par 1 600 km de récif ! Des chiffres qui donnent la mesure de l'exceptionnel environnement maritime dont jouit la Nouvelle-Calédonie. L'Unesco a d'ailleurs placé le récif calédonien, en 2008, sur la liste du patrimoine mondial : 2 000 espèces de poissons aux couleurs et aux formes toujours singulières peuplent ces eaux prodigieuses, dont la température oscille entre 21 et 28 °C. La croissance des coraux, des coquillages et des poissons y est donc assurée. Même les baleines à bosse, de passage dans le lagon Sud et à Lifou entre juillet et septembre, se donnent rendez-vous à proximité des côtes du territoire. Les plongeurs exploreront des cavernes tapissées d'éponges et de bryozoaires. Les reliefs terrestres se prolongent sous la mer avec un plateau continental immergé jusqu'à 60 km de la bande côtière. Dans les zones les moins profondes, les récifs coralliens se sont constitués sur une période de 10 000 ans. La croissance annuelle des coraux varie de 1 à 10 cm selon les espèces. La plupart des récifs coralliens sont frangeants. Une fois développés sur le socle insulaire, ils croissent jusqu'à atteindre la surface de l'eau (selon la hauteur des marées). Des zones précises distinguent l'espace du récif. La dépression d'arrière-récif est ainsi située entre la côte et la partie émergente du récif (le platier). Vous pouvez tranquillement vous y baigner. Le platier récifal, pour sa part, est recouvert selon les marées de quelques centimètres d'eau ou de plusieurs mètres. Les vagues viennent se briser sur son arête extérieure. C'est la zone idéale pour la randonnée palmée. Vous serez fasciné par la succession de vasques et de patates de coraux. L'eau peut être trouble (de 5 à 20 m de visibilité), du fait de la présence de sable ou d'eau de rivières se jetant dans le lagon. La barrière corallienne délimite l'extrémité du lagon avec une pente interne - souvent superbe à explorer - et une pente externe située face au large. Cette dernière constitue la zone de croissance du récif. Le profil des pentes est soumis à un hydrodynamisme important : les déferlantes se brisent dès que le récif est exposé au vent. Les récifs frangeants sont en fait des constructions fixées au rivage, les récifs barrières sont, quant à eux, séparés de l'îlot par le lagon.

Hydrographie

Les cours d'eau se forment dans la chaîne centrale et s'écoulent donc pour la plupart à partir de cet axe transversal. Les cascades, souvent splendides, résonneront le long de votre parcours au coeur des vallées encaissées de la côte Est. Vers la côte Ouest, les cours d'eau et leurs longs méandres serpentent au milieu des plaines, des marécages et des palétuviers. Bon à savoir : aucune de ces rivières n'est navigable et ne peut être remontée au-delà de 6 ou 7 km. Les pouvoirs publics ont installé des barrages artificiels, en particulier sur la Dumbéa, pour ravitailler Nouméa en eau. À Yaté, le barrage fournit de l'énergie hydroélectrique. Les tribus isolées sont alimentées en électricité par des petites centrales hydroélectriques, installées sur les cours d'eau secondaires. Lors de fortes précipitations, les crues sont violentes et peuvent tout dévaster sur leur passage. Le franchissement des rivières par les gués est alors impossible, les petites routes et les pistes deviennent rapidement impraticables. Renseignez-vous avant de partir et consultez la météo lorsque vous empruntez des parcours peu fréquentés. En brousse, en période de pluie, évitez de boire l'eau d'ordinaire potable. Sa couleur, ocre, en indique assez clairement la teneur.

Marées

Elles sont semi-diurnes. Deux marées hautes et deux marées basses se produisent quotidiennement. L'annuaire des marées est en vente dans les magasins de nautisme de Nouméa. Il regroupe les informations concernant la Grande Terre et les îles Loyauté.

Courants

Ils sont violents à proximité des passes, ces trouées creusées dans la barrière récifale, où s'effectuent les échanges aquatiques entre lagon et océan. La marée peut en effet s'opposer au vent et agiter les flots, qui déferlent alors à l'entrée ou à la sortie de la passe. L'élévation du niveau de la mer submerge la ceinture du récif et donne naissance à de très forts courants de l'océan vers le lagon : les courants de passe. Ces turbulences, dues à la rencontre frontale entre le courant de passe et la houle, ou le vent, ont également un nom : le mascaret. En règle générale, quand le courant est entrant, l'eau est alors plus claire mais la faune moins dense. Lorsque le courant est sortant, du lagon vers l'océan, l'eau est plus trouble, chargée de nutriments, et attire de nombreux poissons. En l'absence de houle ou de courants opposés, le mascaret est pratiquement inexistant. La vidange et le remplissage de la passe ne sont pas toujours faciles à anticiper. Ils dépendent des variations du vent, du débit des rivières et de la météorologie journalière. Bon à savoir : des poissons de toutes tailles y évoluent.

Géologie

Il y a 300 millions d'années, la Nouvelle-Calédonie était intégrée à l'immense plaque indo-australienne nommée Gondwana, qui regroupait l'Antarctique, l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Inde et l'Australie. Elle ne s'en détachera que 160 millions d'années plus tard en même temps que la Nouvelle-Zélande. Puis 100 millions d'années s'écoulent avant la scission de ce nouveau bloc. La Nouvelle-Zélande fait alors cap au sud alors que la Nouvelle-Calédonie remonte vers le nord-est. Selon les estimations, cette dernière devrait rencontrer le Vanuatu, archipel voisin, d'ici à 2 millions d'années. Les îles Loyauté devraient alors s'enfoncer sous la plaque supportant le Vanuatu.

Richesses du sol calédonien

Le sous-sol calédonien regorge de richesses minérales. Le calcaire lithographe est extrait à Nouville (Nouméa) et le jaspe à Païta (côte Ouest). La région de Prony (sud) abonde en zoïsite et la carrière de l'île Ouen en jade. Les rivières de Thio (est) et Koumac (nord) renferment, quant à elles, de la dunite. Par de subtils processus géologiques, les minéraux renferment jusqu'à 6 % de nickel, dont la saturation confère une belle couleur verte à la pierre. Découverte par Jules Garnier, la garniérite (dont est extrait le nickel) illustre bien ce phénomène géologique. Né à Saint-Étienne en 1839 et diplômé des Mines, Jules Garnier est envoyé en mission en Nouvelle-Calédonie où il se passionne pour le pays... et pour le nickel, forcément, dont il découvre un procédé d'extraction. Après avoir déposé un brevet pour l'exploitation industrielle de ce précieux minerai, il participe à la création de ce qui deviendra la Société Le Nickel-SLN, toujours existante. L'extraction et la métallurgie du nickel constituent aujourd'hui le pilier de l'activité industrielle de Nouvelle-Calédonie. Le nickel procède d'une altération superficielle des roches, due à l'action du climat tropical. Il s'accumule alors en couche. Le territoire concentrerait ainsi 20 à 40 % des ressources mondiales connues de nickel et s'est imposé comme le quatrième producteur mondial. Si la grenaille et le chrome de fer (rouge) étaient auparavant considérés comme des déchets, l'effondrement des cours du nickel en 1998, en raison de la chute du yen (crise asiatique) et de la mise sur le marché du nickel russe, a changé la donne. L'omniprésence du nickel sur la Grande Terre attire forcément le regard du voyageur. Les énormes camions chargés de terre rouge s'engouffrent sur les routes et les quais. De la route qui longe la côte Ouest, les mineurs s'activent et grattent le flanc des montagnes. L'exploitation à ciel ouvert des mines de nickel, qui se prolonge en escaliers au coeur de la montagne, donne une teinte rouge aux massifs, contraste saisissant avec le vert des forêts. La montagne du Kopeto, entre Népoui et Pouembout (côte Ouest), en témoigne à merveille.

Les plus belles plages

La plus animée : la baie des Citrons (la " Bd ") et ses bars branchés qui accueillent la jeunesse dorée de Nouméa.

La plus éblouissante : la plage de Mouli à Ouvéa... Son sable blanc est d'une finesse incomparable. Les nuits de pleine lune, on mettrait presque des lunettes de soleil !

La plus familiale : la plage de Poé et ses 20 km de sable blanc à Bourail. Les Nouméens adorent s'y rendre le week-end.

La plus paradisiaque : la plage de Luengöni à Lifou. Lagon turquoise, sable blanc et cocotiers... vous ne pouviez rêver mieux. La plage de Kiki à Lifou également ne laissera personne indifférent.

La plus sportive : l'anse Vata ou le paradis des véliplanchistes et de ses kitesurfeurs.

Dans un tout autre registre : la plage de la Baie de Shabadran à Maré est d'une beauté inouïe. Son accès difficile (une heure et demie de marche aller sur de la roche coranique) et son droit d'entrée élevé (4 000 CFP) permettent à l'endroit de garder toute son authenticité.

La plus célèbre : la baie de Kuto sur l'île des Pins. Sa plage en grand arc de cercle est une pure merveille. Tant qu'on y est, ajoutons sa voisine, la baie de Kanuméra.

La plus historique : la plage de Maamaat à Balade. Lieu de débarquement des explorateurs européens. C'est ici que fut célébrée la première messe en Nouvelle-Calédonie, le jour de Noël 1843.

Climat
<p>La forêt profonde de Nouvelle-Calédonie.</p>

La forêt profonde de Nouvelle-Calédonie.

La Nouvelle-Calédonie, surnommée l'Île de l'éternel printemps, jouit d'un climat tropical tempéré par l'océan et les alizés de sud-ouest. Le climat varie cependant selon la région et l'altitude. La température moyenne annuelle oscille entre 22,5 °C, avec des minimums à 19 °C en juillet, et 26 °C en février. Durant l'été austral, entre décembre et mars, les températures peuvent grimper sur le littoral jusqu'à 33 °C, accompagnées de brèves précipitations tropicales. Le thermomètre affiche alors en moyenne entre 25 et 27 °C. La saison fraîche, ou hiver austral, s'étend d'avril à novembre avec des températures moyennes entre 20 et 23 °C. Les sommets, du fait de l'humidité et du vent, jouissent de températures plus fraîches.

La période idéale pour se rendre sur l'archipel s'étire d'octobre à novembre. À cette période de l'année, le soleil brille fort, mais les températures restent très agréables.

Les pluies sont inégalement réparties : la côte orientale, au vent, reçoit 1,70 m en moyenne de précipitations annuelles, soit près de deux fois plus d'eau que la côte Ouest, sous le vent. Les précipitations les plus importantes ont lieu entre février et mars. La côte orientale jouit donc d'un climat tropical avec des pluies quasi quotidiennes, qui nourrissent une végétation dense et luxuriante. Durant l'hiver austral (d'avril à novembre), les précipitations diminuent. A l'inverse, la côte Ouest peut subir de longues périodes de sécheresse. Les éleveurs, prévoyants, cultivent le foin qu'ils stockent en cas de coup dur.

Les alizés soufflent entre est, nord-est et sud-est, de façon modérée à assez forte. Ils se lèvent vers 11h, d'où quelques précautions élémentaires : les sorties en mer sont préférables tôt le matin vers 7h30 (heure de départ des bateaux de plongée). Vous effectuez vos deux plongées au cours de la même sortie et rentrez vers 12h-13h30, lorsque le bateau a le vent arrière pour des conditions de navigation et de plongée optimales. La vitesse des alizés est nettement plus faible en début de matinée et au coucher du soleil. Les vents les plus violents soufflent entre 14h et 18h. La nuit, leur force est nulle à proximité des terres. À noter qu'ils sont plus forts et plus fréquents en été, de novembre à février, qu'en hiver. Ils soufflent en moyenne avec une force de 16 à 18 noeuds (avec des pointes de 25 à 30 noeuds). Leurs flux sont légèrement déviés au cours de la journée. Ils ont une nette tendance à s'orienter au sud-est à midi et au nord-est le soir. Avis aux véliplanchistes !

Saison des cyclones

La Nouvelle-Calédonie est située dans la zone des cyclones tropicaux de l'hémisphère austral, qui peuvent se former lors de la saison chaude entre mi-novembre et mi-avril. L'appellation " cyclone tropical " est attribuée à une dépression " fermée " qui donne naissance à des vents dépassant 63 noeuds ou 118 km/h. Entre 33 et 63 noeuds, on parle de " dépression tropicale " et de " zone de tempête ". Ces dépressions se forment dans la région de la mer de Corail et peuvent parfois provoquer des dégâts graves aux infrastructures et aux cultures. Des vents violents, combinés à de fortes précipitations, peuvent durer plusieurs jours, coupant les routes, les pistes et isolant certaines régions.

Respectez les consignes de sécurité en cas de cyclone, quel que soit l'hébergement choisi. Avant la période cyclonique (et en cas de préalerte jaune, quand un cyclone est signalé dans la zone d'observation météorologique), constituez des réserves de conserves, de légumes secs, de farine, de riz, de pâtes, d'huile, d'oeufs, d'eau minérale et de lait, de serpillières et de seaux. Il n'est pas inutile de revoir votre trousse à pharmacie en détail, de veiller au bon état des lampes de poche électriques et des éclairages de secours. Achetez des piles et rechargez les batteries. Assurez-vous de la bonne marche des postes radio : vous suivrez en effet l'évolution de la situation grâce aux bulletins météorologiques diffusés chaque heure sur les médias locaux. Ne comptez pas sur la télévision ou sur les radios fonctionnant sur le réseau électrique général.

Différentes couleurs. En cas d'alerte orange (un cyclone est annoncé sous 18h) : assurez-vous de la solidité des portes et fenêtres des maisons, attachez les volets, renforcez les crémones en clouant éventuellement contre les volets et les portes des barres de bois. Rentrez les animaux, et si vous avez des baies vitrées, fixez un contreplaqué souple de 5 mm à l'extérieur de la baie. Cessez toute activité professionnelle ou scolaire. En cas d'alerte rouge (le cyclone arrive), rejoignez un abri sûr construit en dur, ou enfermez-vous chez vous. Évitez de vous tenir à proximité des baies vitrées ! Consolidez également les portes intérieures de la maison en cas de rupture d'une fenêtre ou d'une porte extérieure. La consigne la plus importante à respecter : ne jamais quitter votre abri avant la fin de l'alerte diffusée par radio. Ne téléphonez qu'en cas d'absolue nécessité. En cas d'alerte grise (après le passage du cyclone), attention tout danger n'est pas écarté. Les secours assurent le retour à la normale et notamment le rétablissement des voies de communication. Évitez de sortir pour ne pas les gêner dans leur travail. Ne consommez pas l'eau du robinet.

Infos pratiques. Le répondeur de Météo Nouvelle-Calédonie (+687 366 736) pour l'ensemble des prévisions et le site Internet (www.meteo.nc). Voici les quatre radios locales qui vous donneront des infos régulières sur la météo : Nouvelle-Calédonie 1ère (anciennement RFO), Radio Djiido, Radio Rythme Bleu et Radio Océane.

Le réchauffement climatique en Nouvelle-Calédonie

Les territoires du Pacifique sont en première ligne du réchauffement climatique et la Nouvelle-Calédonie n'échappe pas aux conséquences du phénomène. De manière générale, on note une baisse des précipitations sur le territoire et le climat local s'est réchauffé entre 1970 et 2009, avec une augmentation estimée à + 1,2 °C pour les minimales et + 0,9 °C pour les maximales. Certaines projections prévoit que la tendance pourrait entraîner une nouvelle hausse de +2 °C en moyenne d'ici à 2020. Les enjeux sont très importants quand l'on prend en compte la richesse et la fragilité de la biodiversité terrestre et marine locale, mais aussi le fait que l'immense majorité de la population vit sur le littoral. Avec l'augmentation du gaz carbonique absorbé par les océans, les eaux deviennent de plus en plus acides et cette mutation chimique a des répercutions sur les mollusques et les coraux. On peut également envisager le développement de certaines maladies vectorielles, comme le zika, le chikungunya ou la dengue. Pourtant, le territoire reste très dépendant de son industrie minière et les émissions de CO2 ont augmenté de 228% entre 2004 et 2014, selon WWF. Le nombre de tonnes émises par habitant est l'un des plus élevés du monde (13 à 15 tonnes par an environ selon la Banque mondiale) et les ONG avertissent qu'il pourrait passer à plus de 36 tonnes dans les années à venir, plaçant le pays au même niveau que le Qatar ou le Koweit.

Environnement – écologie
<p>Énergie éolienne.</p>

Énergie éolienne.

Les conséquences de l'exploitation minière. La Nouvelle-Calédonie possède une biodiversité exceptionnelle et un très fort taux d'espèces endémiques, qu'elles soient animales ou végétales. Une richesse qu'il convient de protéger par rapport aux intérêts économiques. Sur un plan strictement écologique, l'exploitation minière à ciel ouvert tend à défigurer la nature. L'extraction d'une tonne de minerai débouche sur l'abandon de deux tonnes et demie de terre et de roches sur place. La quantité de déchets est donc énorme. Les associations écologistes, les Verts et les chefs kanaks tirent la sonnette d'alarme : le récit corallien de la Nouvelle-Calédonie souffre du rejet intensif de déchets dans la mer, sans compter que le risque d'érosion des contreforts montagneux constitue un autre problème réel, accentué par le passage de cyclones. Sous l'effet des pluies, les éboulis obstruent les cours d'eau, qui sortent de leur lit et inondent tout sur leur passage. Près de 4 millions de tonnes de métal auraient ainsi déjà été extraites. Un simple calcul fait entrevoir la quantité de déchets... La loi, promulguée en 1976 et imposant aux sociétés minières de réhabiliter les sites exploités, est longtemps restée lettre morte. Aujourd'hui, des efforts sont faits en vue de réhabiliter les anciennes mines et revégétaliser les sites, mais ces mesures ont un coût. Autre exemple de prise de conscience : le service de la prévention des pollutions et des risques de la Province Sud a demandé des garanties supplémentaires à Vale NC, après la fuite d'acide survenue le 1er avril 2010 dans l'usine du Sud.

Patrimoine mondial de l'Unesco. Depuis le 8 juillet 2008, une partie des lagons, récifs et mangroves du territoire est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Six sites sont concernés : le Grand Lagon Sud, la Zone côtière Ouest, les atolls d'Entrecasteaux, les atolls d'Ouvéa et Beautemps-Beaupré, le Grand Lagon Nord et la Zone côtière Nord et Est. Ces sites sont entourés de " zones tampons ", à terre comme en mer, qui constituent des zones de vigilance et permettent d'en améliorer la préservation.

Code de l'environnement. La Province Nord, puis la Province Sud en 2009, ont adopté un code de l'environnement, qui définit les autorisations ou les dérogations pour mener à bien certains projets. De la même manière, les forêts humides et sèches, les mangroves, les herbiers et les récifs sont désormais protégés en tant qu'écosystèmes d'intérêt patrimonial. Tout projet qui pourrait les impacter doit être autorisé avant d'être réalisé.

Guide du lagon. La Province Sud a également édité un guide du lagon qui règlemente la gestion des aires marines protégées, la pêche, la protection des espèces emblématiques, ou encore la bonne conduite à adopter sur les îlots. Le guide du lagon, tout comme le code de l'environnement, est téléchargeable sur le site Internet (www.province-sud.nc).

Parcs nationaux

Le parc zoologique et forestier de Nouméa (36 hectares). Ce parc est ouvert depuis 1972 et présente une faune et une flore exceptionnelles. La vallée des endémiques abrite des animaux comme le cagou, le notou, les quatre perruches calédoniennes, le corbeau calédonien, sans oublier les roussettes, seuls mammifères natifs de Nouvelle-Calédonie. Côté botanique, vous découvrirez l'insoupçonnée forêt sèche à travers un parcours de découverte. Vous pourrez aussi visiter les collections végétales de kaoris, palmiers exotiques et cactus, sans oublier le maquis minier.

Le parc provincial de la Rivière Bleue (9 045 hectares). Situé à 60 kilomètres au sud de Nouméa, ce parc a officiellement été créé en 1980. Il a une triple vocation : protection et conservation du patrimoine naturel ; récréation et éducation (randonnées à pied et en VTT, pique-nique, baignade dans la Forêt Noyée...) ; et recherche scientifique. Des chercheurs du monde entier viennent observer et analyser les richesses faunistiques et floristiques du parc.

La réserve provinciale de la Madeleine (400 hectares). Elle est riche de 168 espèces végétales qui représentent 53 familles botaniques, 95 % de ces végétaux n'existent qu'en Nouvelle-Calédonie dont une vingtaine exclusivement dans le sud de la Grande Terre ! Ces sols riches en métaux (fer, chrome, nickel, aluminium...) contiennent peu d'éléments nutritifs, de sorte que seules les plantes du maquis sont capables d'y pousser. L'activité de baignade et de loisirs du site a entraîné une dégradation alarmante du patrimoine naturel, d'où sa protection et sa réhabilitation par la Province Sud. Depuis 1998, plus de 10 000 espèces endémiques ont été replantées. A 2 km, le site de Netcha propose toutes les commodités pour le pique-nique, le camping, la baignade en rivière et les balades en VTT.

Le parc des Grandes Fougères (4 535 hectares). Situé sur les communes de Moindou, Farino et Sarraméa (à 1h30 de Nouméa), ce parc accueille 500 espèces végétales, dont 70 % sont endémiques. Il a été créé en 2008 pour protéger des écosystèmes de forêt dense humide, qui abrite également de nombreuses espèces d'oiseaux dont le cagou, le notou, la fauvette calédonienne, le pigeon vert. Les mesures de protection appliquées dans le parc intègrent la lutte contre les espèces exotiques envahissantes qui menacent la survie de la forêt, comme le cerf de Java et le cochon sauvage, qui sont donc chassés dans un secteur seulement accessible aux chasseurs.

Faune et flore
Faune
Faune terrestre

La faune de la Nouvelle-Calédonie, particulièrement riche et variée pour le milieu marin, est plus restreinte sur terre.

Cagou - Rhynochetos jubatus. Drôle d'oiseau gentiment surnommé " poil au nez ". Véritable fossile vivant, rescapé de l'ancien continent auquel appartenait la Nouvelle-Calédonie, le cagou est une espèce rare et protégée par la Convention de Washington. Si vous le croisez, vous serez sans doute surpris par son cri, semblable à un aboiement. Gros comme une perdrix avec de longues pattes corail, il porte une huppe sur la tête qui se hérisse lorsqu'il a peur ou lorsqu'il est en colère. Le cagou peut vivre jusqu'à 30 ans mais, ne sachant pas voler, il constitue une proie facile pour les chiens. Ses mets favoris sont les escargots, les vers et les insectes. Il fabrique des nids où la femelle pond un oeuf unique, l'une des raisons de sa vulnérabilité. Il est l'emblème de la Nouvelle-Calédonie, et vous l'apercevrez peut-être dans le parc de la Rivière Bleue, où en subsistent encore plusieurs centaines.

Cerfs Russa - Cervus timerensis russa. Introduits au siècle dernier, ils se sont multipliés en grand nombre essentiellement sur les terres de l'ouest. Les cervidés posent aujourd'hui de réels problèmes aux éleveurs et causent de graves dommages à la végétation. Le gouvernement calédonien tente d'y remédier. Certains propriétaires terriens ont décrété leurs biens " réserve protégée de cerfs " et n'y puisent que pour leur consommation personnelle. Les parties de chasse (appelées " coups de chasse ") sont très prisées par les Calédoniens. Vous trouverez donc, dans les épiceries de la Grande Terre, du saucisson de cerf, caractéristique par sa densité et sa couleur " rouge ". Au lever du jour, vous croiserez peut-être des mâles de 100 à 120 kg faisant 1,20 m au garrot et des femelles de 50 à 60 kg, plus petites. Les mâles présentent une livrée brune au pelage épais avec des poils durs et plats. Leurs bois peuvent atteindre 1 m de hauteur. Le cerf Russa était présent en Asie, dans le Pacifique et dans l'océan Indien. Les Européens importèrent douze animaux en Nouvelle-Calédonie. Ils arrivèrent à bord de l'aviso à vapeur Le Guicken, en provenance de Java.

Corbeau - Corvus moneduloides. Ce corbeau fabrique des outils avec des feuilles de pandanus et des brindilles pour crocheter sa nourriture et la couper.

Crabe de cocotier - Birgus latro. Cet animal est victime de son succès gastronomique ! Le crabe des cocotiers est facilement reconnaissable : il arbore une carapace bleue et marron, et est connu comme étant le plus grand arthropode (animaux possédant des pattes articulées) terrestre. Bref, il est énorme ! En réalité, il s'agit d'un gros bernard-l'hermite qui n'habite plus de coquille. Cette espèce vit dans les forêts de bord de mer et sur les sols calcaires, comme les falaises. L'espèce se retrouve principalement sur les îles Loyauté et leurs îlots, au sud de la Grande Terre, sur l'île des Pins et dans d'autres régions du Pacifique. Sa croissance est très lente et il n'atteint 2 kg qu'à l'âge de 30 ans. Il raffole de la pulpe des noix de coco et c'est cette gourmandise qui lui coûte cher, puisque les locaux utilisent ce talon d'Achille pour le capturer. Le piège est simple : une demi-noix de coco est plantée sur un bâton, lui-même enfoncé dans le sol. En vous baladant, vous ne manquerez pas de tomber nez à nez avec ces pièges... Le crabe tient la tête d'affiche dans les menus de certains restaurants pour son goût raffiné. La capture des crabes des cocotiers dont la taille thoracique est inférieure à 4 cm est interdite. Les crabes des palétuviers, Scylla serrata, possèdent une pince redoutable et finissent, eux aussi, souvent sur les plateaux de fruits de mer.

Escargots. Les bullines font la notoriété de l'île des Pins. C'est d'ailleurs le plat incontournable avec le bougna et la langouste que vous devez goûter sur la célèbre île aux pins colonnaires.

Margouillats. Ce sont de gentils compagnons de chambrée, aussi appelés geckos ou lézards. Ils s'accrochent avec leurs petites pattes à ventouses sur les murs ou les plafonds et guettent l'intrépide moustique qui passera devant eux dans un halo de lumière. La présence de ces petites bêtes vous sera d'une grande utilité dans votre lutte contre les féroces moustiques.

Moustiques. En quantité insignifiante, ils sont tout à fait supportables à Nouméa. En revanche, ailleurs, ils deviennent agressifs à la tombée de la nuit. Dans les endroits retirés, ou même les petits centres administratifs, on passe dans les rues à bord de 4x4 équipés de canons à insecticide afin d'éradiquer le fléau. Les bombes Aérogarde sont vendues dans toutes les épiceries de la Grande Terre et les sprays insecticides, garantissant une bonne tenue sur la peau, se trouvent en pharmacie. Mieux vaut se protéger pour éviter les démangeaisons douloureuses et surtout éviter d'attraper la dengue.

Notou - Ducula goliath. Dressez l'oreille si vous entendez des roucoulements dans la forêt humide, vous êtes en présence d'un notou, le plus gros pigeon arboricole recensé. Il fait dorénavant partie des espèces protégées, mais l'espèce a beaucoup souffert de la chasse.

Perruche d'Ouvéa - Eunymphicus cornutus uvaeensis. Elle est superbe avec son plumage vert, jaune et rouge. Malheureusement, elle fait partie des vingt psittacidés les plus menacés de la planète. Les collectionneurs se l'arrachent et incitent donc au trafic. Son habitat est détruit par méconnaissance de ses habitudes. Elle n'est pas la seule dans cette galère : le cardinal, Erytrhrura psittacea, est aussi très menacé par les trafics animaliers.

Roussette. Cette jolie chauve-souris rousse se nourrit de fruits et de nectar de fruit pendant la nuit. Elle raffole des érythrines rouges et des fleurs de hêtres qui ne fleuriraient que pendant les cyclones... Il paraît que notre roussette devient ivre en suçant les fleurs du faux frêne et finit par tomber par terre. Les petits malins la ramassent alors sans peine ! Les chauves-souris sont les seuls mammifères capables de voler. La roussette chasse la nuit. Le jour, elle dort dans les grottes, les troncs d'arbres creux, les puits de mine ou les feuillages dans lesquels elle se tient cachée. Si l'arbre n'a pas de feuilles, elle se drape dans ses ailes pour se protéger de la lumière. Les roussettes se serrent les unes contre les autres pour dormir et forment de véritables grappes que vous entendrez appelées des " nids de roussettes ". La roussette repère les obstacles par les ultrasons qu'elle émet et qui se réfléchissent sur les parois des objets, un peu comme les cétacés. La fréquence de ces ultrasons varie entre 30 000 et 70 000 vibrations par seconde, bien au-delà des 20 000 vibrations par seconde que peut entendre l'oreille humaine. L'appareil de guidage de la roussette dépend de son larynx qui produit les sons et de ses deux oreilles qui en reçoivent l'écho. Pour éviter d'entendre son cri au moment où il est émis, la chauve-souris possède une paire de muscles auriculaires qui se contractent et ferment l'oreille. Au repos, la roussette émet une dizaine de cris par seconde ; en vol, elle accélère la cadence à soixante émissions par seconde, et les sons sont renvoyés par tous les objets solides qui se trouvent sur sa trajectoire. Si l'obstacle ne se trouve pas face à elle, c'est l'oreille qui perçoit l'écho la première. Dame Roussette déterminera si l'objet se situe à sa droite ou à sa gauche. Les chauves-souris savent reconnaître leurs propres échos et ne les confondent pas avec les ultrasons émis par leurs congénères : elles peuvent ainsi évoluer entre elles sans se télescoper. La roussette est très appréciée par les Kanaks et les broussards pour sa chair au fort goût de gibier. La tradition orale kanake veut qu'on la chasse avec de grands bâtons de goyavier en se postant sur les cols des montagnes, là où elle vole en basse altitude. La chasse à la roussette, toujours pratiquée, est soumise à des quotas.

Vers de Bancoule. Les vers de Bancoule sont en réalité les larves d'un insecte qui vit dans la forêt. Ils engraissent en dégustant du bois mou, comme celui du bancoulier, d'où l'origine de leur nom : les Bancoules ou wattias en mélanésien (la langue païci). Ils entrent dans la composition des plats traditionnels et se mangent crus ou cuits. Ces grosses larves sont toutes blanches et pleines de pattes. Ne faites pas la grimace, pensez à nos escargots !

Oiseaux de mer

Balbuzard ou aigle des mers - Pandion haliaetus. Vous apercevrez son vol majestueux et planant au-dessus des îlots ou du rivage. Il vit en couple et construit un nid imposant, proportionnel à sa taille, composé de branches d'arbres et de coraux morts. N'oubliez pas votre paire de jumelles !

Mouettes - Larus novae hollandiae. Comme en métropole, elles sont braillardes et s'adaptent parfaitement à votre présence. Elles construisent des nids rudimentaires posés sur le sol derrière des buissons.

Noddi - Anous stolidus. Vous les reconnaîtrez à leur grand bec effilé et leur plumage noir. Ils sont sauvages et reculent devant les investigations humaines dans les îlots.

Puffin - Puffinus pacificus. Cette espèce est très vulnérable car les puffins creusent une galerie d'un mètre dans le sable pour nidifier. Lorsque les promeneurs marchent dans une zone colonisée par les puffins, ils provoquent ainsi l'effondrement des galeries. De plus, cette façon d'installer le nid concourt à piéger les poussins et les puffins adultes au fond du trou, pour le plus grand plaisir des prédateurs, dont les chiens font partie. Chaque couple peut élever un poussin par année, qu'il laisse seul toute la journée et ne rejoint qu'à la nuit tombée en poussant des cris stridents. Les puffins sont des oiseaux migrateurs venant des contrées froides arctiques comme d'autres espèces telles que le pluvier doré (Pluviales dominica), le tourne-pierre (Azenaria interpres) et la barge rousse (Limona lapponica). La réserve du Sèche Croissant a été conçue pour préserver ces oiseaux, elle se situe au coeur de la triade constituée par l'île aux Canards, l'îlot Maître et l'îlot Larégnère. Le débarquement des plaisanciers y est interdit, mais vous avez le droit de plonger et de mouiller votre bateau à proximité. Cette réserve abrite également, depuis plusieurs années, une colonie de sternes à nuque noire. La présence des chiens est généralement interdite sur les îlots.

Sterne - Nereis sterna nereis. Elles partent nicher sur les îlots. Si vous y campez, vous vous souviendrez longtemps de votre nuit blanche tant elles sont bruyantes. Elles déposent leurs oeufs directement sur le sol pendant la saison chaude. Bon à savoir : les oeufs et les poussins posés sur le sol se confondent avec le sable et vous risquez de les écraser sans les voir. Rappelez-vous qu'un oiseau trop dérangé ne se sent plus en sécurité et abandonne sa couvée...

Faune des récifs

Le saviez-vous ? Le corail est un animal et non pas un végétal. Les coraux font l'essentiel du paysage sous-marin. En réalité, ce sont des madrépores qui lentement élaborent des édifices sous-marins. En Nouvelle-Calédonie, vous êtes en présence de plusieurs dizaines de spécimens de madrépores distincts. Ils sont organisés en colonies et vivent en symbiose avec des micro-algues et les zooxanthelles. Ils se reproduisent une fois par an, quelques nuits après la première pleine lune d'été, souvent entre novembre et janvier. Les colonies mères émettent au même moment de minuscules perles roses contenant des gamètes mâles et femelles, dont la fusion externe donne naissance à une petite larve planctonique, la planula. Cette dernière vogue au gré des courants jusqu'à ce qu'elle trouve un support convenable pour se poser. Elle se transforme en polype et construit son squelette calcaire. D'autres polypes se forment ensuite et créent ainsi la colonie de corail qui grandira lentement. Savez-vous qu'une colonie de faviidae (corail en boule) ne grandit que d'un seul centimètre de diamètre par an ? Vous pouvez donc en conclure qu'une boule d'un mètre de diamètre a environ un siècle...

Acropora. Ce sont des coraux graciles durs dont l'élégance caractérise les fonds sous-marins lorsque ceux-ci en sont composés à 90 %. Ils peuvent prendre la forme de doigts (digitiforme) et présentent de grands polypes au bout du doigt. C'est la couleur des polypes qui fait dire que les coraux sont bleus, jaunes ou mauves. La particularité des acroporas réside dans leurs formes de tables ramifiées et parfois de grande circonférence. Ils sont vulnérables aux ancres des bateaux, aux houles cycloniques et à la convoitise humaine. Ils peuvent prendre la forme de cornes de cerf, d'élan, de bouquets, d'éventail... Les acroporas se développent dans les fonds de faible profondeur, abrités et ensoleillés.

Coraux fluorescents. L'aquarium de Nouméa possède une salle obscure où les madrépores reçoivent des ultraviolets accentuant leur fluorescence. En réalité, seules les parties vivantes de l'animal réagissent à l'éclairage : le squelette calcaire ne produit aucune fluorescence. La gamme des couleurs fluorescentes émises par les coraux varie du vert foncé au jaune lumineux en passant par le rouge et l'orange. Vous ne verrez pas la fluorescence des coraux lors d'une plongée de nuit avec une lampe normale. Rappelez-vous : dès les premiers mètres de profondeur, les radiations jaunes, orange et rouges du spectre lumineux naturel sont arrêtées et seuls les bleus, verts et ultraviolets persistent. Or, pour observer la fluorescence, il ne faut pas que des ultraviolets. Aussi, de jour, votre oeil exercé peut distinguer un corail fluorescent d'un autre. Une étoile de mer, nommée Acanthaster planci, dévore les madrépores. Attention : ne la touchez pas, car ses épines sécrètent, par le biais de glandes, une toxine urticante. Cette acanthaster est elle-même victime des toutoutes, ces coquillages appelés conques (Charonia tritonis), que les Kanaks utilisent comme instruments pour rassembler la tribu.

Coraux mous - Alcyonaires. Ils ont une prédilection pour les courants. Aussi les retrouvez-vous aux abords des passes et le long des tombants extérieurs. Ils forment des colonies dressées avec une consistance charnue. Ils sont constitués d'un hydrosquelette, c'est-à-dire qu'ils se gonflent d'eau. Certains sites, réputés pour leurs alcyonaires, s'explorent uniquement lorsque le courant est rentrant. En effet, dès que le courant sort, les alcyonaires se vident de leur eau et leurs polypes se referment : ils ressemblent à des baudruches dégonflées. Les alcyonaires existent sous forme de choux-fleurs avec un pédoncule en grands massifs (type fougères) et sont appelés alors dendronephthya.

Corail noir - Antipathaire. Vous aurez du mal à comprendre pourquoi on l'appelle corail noir lorsque vous verrez ces buissons denses, de couleur marron, possédant des reflets comparables à ceux d'un sapin couvert de givre. En réalité, leur squelette est noir et on en fait des bijoux très prisés.

Éponges. De leur nom scientifique porifères, elles comptent parmi les espèces les plus primitives du règne animal. Elles n'ont pas d'organes : ce sont de simples agrégats de cellules délimitant un réseau très ramifié de tubes où circule l'eau de mer. Celle-ci pénètre dans l'éponge par des pores très fins, appelés ostiums, et sort par un ou plusieurs orifices plus gros (les oscules).

Fungia. Lorsque vous rencontrerez un corail champignon de forme ronde ou allongée, vous ne l'oublierez pas. Chaque corail est en fait un grand et unique polype qui n'est pas attaché au substrat (sauf à un stade très jeune). Le fungia mène une existence autonome et libre de ses mouvements sur le fond. Il est strié en étoiles de crêtes acérées. Vous remarquerez des zones violettes qui marquent sa croissance. Pour se déplacer, il se hausse sur ses tentacules.

Gorgones. Elles forment des branches avec un squelette et du tissu autour. Certaines ne sont pas ramifiées, comme les fouets de mer. Souvent, leurs polypes sont rétractés le jour et s'épanouissent la nuit pour capturer le plancton. Elles ont la forme de balais dressés vers la surface et de grandes tiges ressemblant à un épais fil de fer déroulé. D'autres s'étalent en éventails plus ou moins grands, offrant des variantes roses, jaunes ou encore orange. Attention à vos palmes car ces colonies se détériorent très facilement.

Montipora. Vous serez certainement séduit par ces colonies aplaties en forme de vases gigantesques dont les pétales s'étalent artistiquement autour du " coeur ". Les polypes en surface forment parfois une " chair de poule ". D'autres montiporas ressemblent à des grosses salades dont les feuilles se chevauchent. Le bord de ces feuilles est dentelé et irrégulier comme si une armée de limaces s'était acharnée dessus. Les couleurs varient : brun, vert, crème, blanc, rose...

Poissons

La notion de territoire est très variable d'un animal à l'autre. Cet espace est en fait proportionnel à la taille et à la vitesse de leurs déplacements. Ainsi le requin se déplace sur des kilomètres et le poisson-pierre seulement sur quelques mètres. Les poissons de l'océan viennent volontiers vers les hauts fonds pour chercher pitance. Requins, tazars et carangues traversent les passes, aidés par les courants des marées pour arriver dans le lagon, puis ils ressortent vers l'océan. Les poissons du lagon se concentrent autour des patates de corail. Les poissons-perroquets et les poissons-chirurgiens habitent les eaux agitées, non loin du récif. Entre les îlots coralliens du lagon se baladent mulets et surmulets, becs-de-cane. Les poissons-trompettes et les aiguillettes passent en bande ou s'isolent entre deux eaux. Les spécimens présents en Nouvelle-Calédonie sont très nombreux, en voici donc une liste non exhaustive :

Baliste Picasso - Rhinecanthus aculeatus. Le baliste possède une peau rugueuse et dure. Vous remarquerez les couleurs et dessins de sa livrée : ils pourraient être l'oeuvre d'un enfant. Ce poisson possède un éperon courbe, fiché au sommet du dos, qui se dresse en cas de danger. Vous comprendrez alors le nom de poisson-gâchette dont on l'affuble ! Lorsqu'il se sent menacé, il s'ancre littéralement dans un trou grâce à cet éperon. Ses yeux sont placés loin derrière le museau, ce qui lui permet d'attaquer les crabes sans risquer de se blesser. Il les broie grâce à sa puissante mâchoire. Pour manger un oursin, il souffle dessus pour le retourner, et le casse dans un grand craquement sonore. Le baliste Picasso rôde souvent dans le lagon, non loin de la barrière récifale.

Bec-de-cane ou bossu. Vous le rencontrerez sous l'eau ou sur les étals du marché de Nouméa. Il possède un museau court ou long. Attention toutefois si vous le consommez, car il peut être contaminé par la bactérie de la ciguatera, autrement dit la gratte ! Il évolue dans les baies, dans les passes et le long du récif extérieur.

Diagramme ou loche castex - Lethrinus nebulosus ou miniatus. En réalité, on l'appelle perche de mer. Son faciès rappelle le profil des loches, une lointaine cousine, avec une bouche lippue. La perche vit dans les lagons et à l'extérieur de la barrière récifale. Elle se goinfre à souhait et sa voracité réjouit en général les pêcheurs. Malheureusement, sa chair est souvent porteuse de la bactérie de la ciguatera.

Labre. Le terme vient du mot latin labrum (la lèvre), car le labre possède une bouche aux lèvres épaisses. Les mâles arborent des teintes plus chatoyantes que les femelles. Celles-ci peuvent changer de sexe et de livrée pour devenir mâle adulte.

Loche sanguine - Cephalopholis sexmaculatus. Appelée également vieille, elle fait le régal des photographes tant sa couleur, orange et rouge écarlate parsemée de petites taches bleues, est seyante. Elle tourne autour des madrépores dans le lagon. Elle est curieuse et sort de son trou facilement.

Loche marbrée, loche-crasseux ou mérou-camouflage - Epinephelus microdon. Vous la reconnaîtrez du premier coup d'oeil : elle est marron avec des taches irrégulières beiges. La loche marbrée colonise les eaux peu profondes du lagon et le versant océanique.

Loche saumonée - Plectropomus leopardus. Toute de brun vêtue, parsemée de points bleu ciel, la loche saumonée peut atteindre une dizaine de kilos. Elle progresse à une profondeur de 2 à 30 m.

Lutjans. Une grande famille dont les membres ont des formes variées aux couleurs très différentes. Difficile de ne pas les voir, car ils sont partout ! Les lutjans sont des carnivores insatiables.

Lutjan rouge - Lutjanus bohar. Il évolue en banc. Sa robe brun chocolat lui a valu l'appellation de Red Snapper donnée par les Américains. Ce poisson se situe en haut de la chaîne alimentaire et est donc souvent porteur de la ciguatera.

Mère-loche - Epinephelus lancealatus. C'est une sorte de mérou géant qui se terre souvent dans les recoins d'une grotte où elle a élu domicile ou dans une épave. Elle est plutôt placide et curieuse et ravit tous les plongeurs.

Mérou céleste - Cephalophisargus. Il se caractérise par de jolies taches bleu ciel. Il rôde souvent autour des patates de corail dans le lagon, aux abords des passes et le long des tombants océaniques.

Murène javanaise - Gymnothorax javanicus. Elle est en général l'habituée des massifs coralliens peu profonds. Vous la trouverez presque entièrement enfoncée dans un trou, la bouche ouverte et la gorge contractée au rythme de sa respiration. Elle arbore une couleur brune avec des taches plus foncées.

Murène ondulante - Gymnothorax undulatus. Aussi murène-léopard, elle revêt un habit moucheté de brun sur un fond blanc. La murène ondulante élit domicile à faible profondeur. Elle peut être un peu sournoise, paraître inoffensive, sembler se désintéresser de vous, mais gardez vos distances !

Napoléon - Cheilinus undulatus. Il est LA star des eaux calédoniennes. C'est en découvrant l'énorme bosse qu'il arbore que les Français décidèrent de le nommer napoléon. Sa chair est souvent toxique car infectée par la ciguatera. Le napoléon peut atteindre des tailles records (2 m).

Poisson-ange. Les juvéniles ne portent pas la livrée des adultes et ils se nourrissent de parasites qu'ils prélèvent sur d'autres poissons, ainsi que de vers. Les adultes se délectent d'éponges, de coraux mous et d'algues. Ces poissons naissent femelles et finissent mâles, ils sont donc hermaphrodites.

Poisson-ange à six bandes - Pomacanthus sexstriatus. Il donne l'impression d'avoir été passé sur un gril ou d'avoir été exposé trop longtemps au soleil à travers des barreaux.

Poisson-ballon - Canthigaster valentini. Son museau, ressemblant à un long nez, lui sert à dénicher les crustacés dans les crevasses. Sa chair est comestible, mais son foie, ses gonades et sa peau concentrent un poison mortel, la tétrodotoxine. Il est très territorial et a une fâcheuse tendance à la polygamie.

Poisson-chirurgien. Il doit son nom aux scalpels semblables à ceux des chirurgiens (du type Homo palmus) qu'il porte à la base de la queue. Vous rencontrerez les poissons-chirurgiens dans les passes exposées à la houle et autour des patates de corail.

Poisson-clown. Vous apprécierez le spectacle du poisson-clown nageant entre les tentacules de l'anémone. Il est alors protégé de ses ennemis. Les tentacules de l'anémone sont pourtant couverts de cellules urticantes et ses sécrétions venimeuses sont fatales aux autres poissons. Ces deux espèces vivent parfaite symbiose : le poisson-clown, en échange de la protection de l'anémone, lui procure des bribes de nourriture. Les espèces que vous côtoyez en Nouvelle-Calédonie sont : Amphiprion clarkii ou clown de Clark, Amphiprion melanopus ou clown Bistré et Amphiprion peridedaion ou clown à collier.

Poisson-couteau - Aeliscus strigatus. C'est une des curiosités des fonds sous-marins de la Nouvelle-Calédonie car il nage la tête en bas et, couard, il se réfugie dès qu'il a peur entre les piquants d'un oursin noir contre le venin duquel il est immunisé. Le poisson-couteau revêt en effet, le long de son flanc, une longue bande fine qui lui permet de passer inaperçu entre les piquants des oursins.

Poisson-papillon. Le récif s'anime grâce aux poissons-papillons, leurs formes curieuses, leurs couleurs vives, leurs gestes saccadés... Ils sont affublés d'un museau tubulaire et de toutes petites dents. Vous les apercevrez partout où le corail est foisonnant et sain, dans le lagon et à l'extérieur de la barrière récifale. Ils se baladent en couple dans une synchronie de mouvements à faire pâlir l'Homo palmus qui les observe. Ils s'arrêtent pour vous regarder droit dans le masque et jouent les vedettes en se pavanant devant vous.

Poisson-perroquet. Il illumine les fonds sous-marins de ses superbes couleurs. Nanti d'un bec, le poisson-perroquet arrache les coraux et broute les pellicules d'algues ou les polypes coralliens qui recouvrent le corail. Ses dents broient la nourriture pour récupérer le plus de nutriments possible. Il avale du calcaire avec ces nutriments qu'il défèque en nuage de sable fin si vous l'effrayez. Il peut changer de couleur selon le sexe et l'âge.

Poisson-pierre. Il est immobile au milieu des formations coralliennes, un peu enterré dans le sable. Il laisse apparaître seulement le sommet de sa tête et de son épine dorsale, impossible alors de distinguer sa bouche. Roi du mimétisme, il s'active lorsqu'une proie, poisson ou crustacé, passe à portée. Sa nageoire dorsale, qui apparaît comme une crête de coq, peut s'avérer dangereuse. Chaque bourrelet cache une épine, treize en tout environ, reliées à deux minuscules vésicules pleines de poison. En cas de contact, l'épine sort du bourrelet et le venin gicle. Une douleur instantanée très violente, des nausées, des vomissements et une perte de connaissance sont les premiers signes cliniques de cette rencontre avec le poisson-pierre. Alors prudence !

Poisson-vache - Lactoria cornuta. Il possède la même armure que le poisson-coffre et se délecte du même régime alimentaire. Le poisson-vache dispose d'une toxine sécrétée par ses glandes cutanées, nocive pour les autres poissons.

Tazar ou wahoo - Acanthocybium solandri. Il se déplace très couramment autour de la Grande Terre, particulièrement sur les tombants de la barrière récifale. Il possède un museau très pointu et des formes hydrodynamiques.

Thon à nageoires jaunes - Neothunnus albacora macroptery. Il est réputé pour sa vitesse et effectue de grandes migrations. On repère son passage en observant les bancs d'oiseaux de mer qui chassent les mêmes proies. Il est vendu au marché de Nouméa comme mets de choix.

Tortues

Leur capture et leur vente sont absolument interdites. Comme son nom l'indique, la tortue de mer vit et s'accouple dans l'eau. À la saison des pontes, les femelles sortent de l'eau et se traînent sur le sable des plages où elles sont nées, pour, dès la nuit venue, pondre leurs oeufs dans un grand nid qu'elles ont laborieusement creusé. Chaque tortue y dépose 50 à 150 oeufs, avant de reboucher le trou et d'essayer de retourner à la mer ; certaines meurent d'épuisement. Ce n'est qu'après 7 à 12 semaines que les oeufs vont éclore. Les petites tortues effectuent alors le parcours du combattant en essayant de se dégager du nid et de rejoindre la mer. Les prédateurs les guettent et n'hésitent pas à improviser un festin : frégates, hérons, fous, crabes et bien d'autres espèces sont de la partie... 3 pour 1 000, c'est en moyenne le nombre de jeunes tortues, sorties vivantes de l'oeuf, qui reviendront adultes sur la plage de leur naissance. Si les tortues sont protégées, c'est en partie parce que les femelles atteignent leur maturité sexuelle entre 20 et 40 ans et ne peuvent pas se reproduire avant. Notez qu'une tortue peut vivre jusqu'à 50 ou 60 ans ! La Nouvelle-Calédonie se situe sur leur route migratoire entre la Polynésie et l'Australie. Elles viennent ici pour se nourrir et se reproduire. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les tortues font partie de la famille des reptiles. Elles possèdent des poumons et sont donc obligées de remonter à la surface pour respirer. Elles ne sont pas munies de dents mais d'un bec corné adapté à leur nourriture. Elles sont dotées de quatre nageoires, nommées palettes natatoires. Leur peau est couverte d'écailles formant une carapace protectrice. La Nouvelle-Calédonie abritait une espèce de tortue terrestre à corne, qui a malheureusement disparu. Longue de 1,30 m, elle était dotée d'une carapace de protection sur les pattes et sur la queue. Les tortues sont de véritables fossiles vivants, déjà là il y a 250 millions d'années, avant même l'apparition des oiseaux et des mammifères.

Tortue grosse-tête - Caretta-caretta. Sa carapace possède la forme d'un coeur. Longue de 1,25 m au maximum, elle peut peser jusqu'à 150 kg. Elle est aisément reconnaissable grâce à sa tête imposante, qui lui a valu son nom. Elle est dotée d'un bec puissant et n'est pas réputée pour avoir bon caractère. Cette espèce est visible en haute mer, dans les estuaires des rivières et près des zones sableuses. La tortue grosse-tête est une grande voyageuse qui effectue de longues migrations et qui vient pondre le long des côtes calédoniennes entre novembre et janvier.

Tortue verte - Chelonia mydas. Elle peut mesurer 1,25 m et peser plus de 140 kg. Son nom ne provient pas de la couleur de sa carapace brun vert, comme on pourrait le croire, mais de celle de sa graisse. Il n'est pas rare de rencontrer des tortues vertes en Nouvelle-Calédonie. Cette espèce se nourrit d'herbe, mais aussi de crustacés, d'éponges, d'oursins ou de mollusques. Sa période de reproduction et de ponte s'étend d'octobre à mars.

Bonne écaille - Eretmochelys imbricata. Cette petite tortue ne mesure que 90 cm de longueur pour 80 kg, ce qui fait d'elle la plus petite des tortues marines. Sa carapace marron foncé est recouverte d'écailles imbriquées les unes sous les autres. Elle possède une petite tête étroite et un bec crochu très pointu. Sa chair est réputée toxique. Cette espèce vit essentiellement dans les eaux côtières et les lagons.

Raies

Les raies seraient des requins de forme aplatie dont le corps s'est modifié pour vivre dans les fonds marins. La raie manta, la plus grande de toutes, peut atteindre 8 m. Leurs nageoires pectorales, semblables à de grandes ailes, donnent l'impression qu'elles volent lorsqu'elles nagent. Les fentes branchiales sont situées sous le corps. Les évents, largement ouverts, leur permettent de respirer une fois au fond. Si elles sont armées d'un dard à leur queue, ces douces géantes sont néanmoins pacifiques. À moins qu'on ne leur marche dessus, elles n'agressent jamais.

Requins

Rencontre tant attendue pour certains ou pire cauchemar pour les autres. Toutefois, nombreux sont les plongeurs à venir en Nouvelle-Calédonie dans l'espoir d'en croiser. Ils ont bravé 23 heures d'avion pour vivre intensément ce moment inoubliable ! Apparus il y a 350 millions d'années, les requins appartiennent à la classe des poissons cartilagineux. Pour ne pas s'exposer inutilement, il est intéressant de comprendre leur comportement. Lors de l'accouplement, les requins mâles saisissent avec leurs mâchoires les femelles au niveau des nageoires pectorales. Il s'ancre véritablement dans la femelle pour engendrer un gros oeuf jaune gélatineux où se développe l'embryon. Les femelles expulsent les oeufs de trois manières différentes. Les requins vivant à grande profondeur, comme les requins-baleines, emmagasinent les oeufs dans une gangue dure et les expulsent en mer sur un mode ovipare. Les embryons se développent alors pendant une dizaine de mois. Dès l'éclosion, ces adultes miniatures sont livrés à eux-mêmes. La deuxième méthode, la plus répandue, concerne les requins ovovivipares : les oeufs éclosent dans la mère et sont expulsés aussitôt après. La période de gestation peut s'étendre de neuf mois à deux ans selon l'espèce. Le requin-tigre et le requin-renard appartiennent à cette catégorie. La troisième option, appelée vivipare, est la plus sophistiquée. C'est l'apanage des requins-marteaux par exemple, ou des pointes blanches. L'embryon se développe à l'intérieur de la mère. Il se nourrit essentiellement via le cordon ombilical et le corps jaune.

Au cours de vos plongées, vous constaterez que les requins se reposent souvent dans des grottes ou sur les fonds sableux, comme les requins gris de récif. Les requins, qui ne possèdent pas de vessie natatoire, sont dotés d'un foie qui joue un rôle essentiel dans leur flottabilité. C'est cet organe qui leur permet de ne pas couler lorsqu'ils restent immobiles.

Requin à pointes blanches du lagon - Trianodon obesus. Le requin " obèse " est de petite taille, d'environ 1,50 m de longueur. Il n'est pas rare de croiser ce petit requin craintif. Gris foncé sur le dessus du corps, il dispose d'une tache blanche au sommet de sa nageoire dorsale ainsi que sur la partie supérieure de sa queue. Ce requin affectionne les grands plateaux coralliens aux eaux lumineuses. Il nage à une vingtaine de mètres de profondeur à l'extérieur de la barrière récifale ou bien se retranche pour se reposer sur les fonds des anfractuosités et des grottes.

Requin à pointes blanches de récif - Carcharhinus albimarginatus. Les initiés l'appellent Albi et palment ventre à terre, à Poindimié, Hienghene ou Lifou pour le voir au moins une fois dans leur vie... Vous l'apercevez à l'extérieur du récif car il passe le plus clair de son temps à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Sa taille avoisine les 3,50 m, sa robe arbore un joli gris moiré et ses ailerons présentent une tache blanche comme sur les extrémités de toutes les nageoires et sur les lobes de sa queue. Il n'apprécie pas toujours votre passage sur son territoire. Il est inquisiteur et peut se montrer nerveux. Un conseil : ménagez sa susceptibilité !

Requin gris de récif - Carcharinus amblyrhincos. C'est l'aristocrate des eaux coralliennes. Il avoisine les 2,50 m et présente une robe uniformément gris foncé avec un ventre blanchâtre. Ses nageoires sont bordées de noir ainsi que sa caudale. Il cherche à surprendre ses proies : il fonce dans les bancs de poissons trop serrés. Il attaque les poissons blessés qu'il détecte à 200 m de distance grâce à son système acoustique sensible aux vibrations basse fréquence. Dès qu'un plongeur ou chasseur se met à l'eau, il tourne prudemment à 5 m de distance, puis finit par s'éloigner. Il n'en est pas ainsi lorsque vous attrapez un poisson qui gigote au bout d'une flèche. Vous le soustrayez de son champ d'investigation et cela l'agace au plus haut point. Si vous réitérez votre manège devant ses yeux, il établit une relation de cause à effet entre poisson et Homo sapiens. Il ne vise alors plus le poisson mais le chasseur. Il se contorsionne en virgules, freine, creuse le dos, pointe le museau en l'air et baisse ses pectorales vers le bas. Il effectue alors une danse d'imitation. Mieux vaut battre en retraite !

Requin à pointes noires - Carcharinus melanpterus. Sa livrée se remarque par sa couleur brune et par les marques noires aux extrémités de toutes les nageoires et particulièrement sur sa caudale. Il vous sera difficile de l'ignorer : tantôt vous croisez un solitaire se baladant au milieu des crevasses, tantôt un couple chassant près du récif. Les petits (1 m) sont plus téméraires que les gros (2 m). En règle générale, ils sont peureux et affectionnent les lagons peu profonds et les passes.

Requin-marteau - Sphyrna mokarran. Impossible de ne pas le reconnaître : il est doté d'une tête en forme de marteau et d'une nageoire dorsale particulièrement développée. Sa physionomie en fait un grand chasseur : plus les yeux sont écartés, plus le champ visuel est large, et plus les narines sont écartées, plus le repérage par l'odeur est précis. Il atteint facilement 3 à 4 m de longueur. Le requin-marteau affectionne particulièrement les passes et la pente extérieure du récif.

Requin-citron - Megaprion acutidens. On le rencontre rarement et c'est tant mieux ! Il est du genre faux calme. Vous le pensez balourd car il se dandine en avançant et paraît un peu endormi. Attention ! il peut devenir agressif. En général il patrouille dans les passes et parfois dans le lagon. Il fait semblant de vous ignorer... Faites de même !

Requin-taureau - Carcharinus leucas. Il hante les tombants extérieurs des récifs et les estuaires des rivières qu'il peut remonter. Ses dents effilées et recourbées et sa taille massive (2,5 à 2,8 m) lui donnent un air agressif.

Requin-dormeur - Nebrius condolor. Il vit dans le lagon et dort une bonne partie de la journée dans des grottes immergées. Son repas quotidien se compose de crustacés, d'oursins et de mollusques.

Requin-léopard - Stegostoma varium. Il se vautre sur les fonds sableux. Lorsqu'on s'approche de lui, il se lève, effectue 10 m et va se reposer plus loin. Pas de crainte à avoir : il ne mange que des mollusques et des crustacés.

Mammifères marins

Baleines à bosse - Megaptera novaeangliae. Elles constituent le clou du spectacle maritime en Nouvelle-Calédonie, évoluant du canal Woodin à l'île des Pins, au large de Hienghène et Poindimié et autour des îles Loyauté. Les baleines à bosse présentent une taille respectable de 15 m de longueur et peuvent peser entre 25 et 35 tonnes. Elles effectuent de longues migrations des eaux tropicales aux régions antarctiques. Dame baleine met au monde un baleineau de 3,50 m qui pèse déjà 1 tonne, après 12 mois de gestation. Il sera sevré un an après.

Dauphin à long bec - Stenella longirostris. Son long rostre vous étonnera. Ce dauphin avoisine les 2 m de longueur et arbore les couleurs tricolores, gris foncé, gris clair et blanc. Il peut être cabotin et effectuer des triples sauts périlleux. Vous pourrez peut-être l'apercevoir à la pointe Bouraké ou si vous êtes chanceux sous le ponton de la Bodega del Mar à Nouméa.

Dugong ou dugon. Il appartient au genre sirénien, mais ce n'est pas un lamantin. Sirénien d'Amérique à queue ronde, il vit uniquement dans les estuaires de l'Atlantique nord. Le dugong possède une nageoire caudale semblable à celle du dauphin. Il est le seul sirénien à vivre complètement en mer. En fait, il s'agit d'une vache marine pouvant atteindre 3 m de longueur et vivre jusqu'à l'âge canonique de 70 ans. Du temps où il n'était pas encore en voie d'extinction, il vivait en troupeau. La protection de cette espèce date des années 1960. Le dugong a l'habitude de brouter placidement dans les anses et les estuaires et il est possible d'en apercevoir un spécimen au cours d'une sortie en bateau aux alentours de Nouméa. Le dugong donne naissance à un seul petit à la fois et met bas dans des lagunes peu profondes. Il n'en reste qu'une centaine en Nouvelle-Calédonie. Le braconnage et la détérioration des herbiers (son casse-croûte quotidien) lui portent gravement préjudice. Mets apprécié des Kanaks, la chair du dugong était cuisinée lors des repas de fêtes traditionnelles.

Coquillages - Crustacés

Bénitier roulant - Hippopus hippopus. Le bénitier filtre sa nourriture et vit en symbiose avec les zooxanthelles, petites algues présentes à la surface du manteau de l'animal. Celui-ci produit la matière organique nécessaire au développement du bénitier. En échange, le bénitier leur sert de support. La lumière est indispensable à la photosynthèse des zooxanthelles, ce qui explique la présence des bénitiers dans les eaux chaudes et peu profondes. Cette espèce est protégée par la Convention de Washington. Vous devrez demander un permis pour sortir une coquille de bénitier du territoire.

Nautile - Nautilus macromphalus. En le rencontrant, vous vous transportez 350 millions d'années en arrière... C'est un fossile vivant qui évolue entre 200 et 600 m de fond. Le nautile évolue lentement, dans les trois dimensions grâce à un mouvement de pulsion de l'eau. Il capture les crustacés à l'aide de courts tentacules enduits d'un liquide visqueux. Il les croque ensuite avec son bec de perroquet. Les soigneurs de l'aquarium de Nouméa ont pu observer que les nautiles raffolent des mues de langouste.

Langouste porcelaine. Ce crustacé mue de temps en temps et doit alors s'hydrater avant de changer de carapace dont le composant principal est la chitine. L'animal s'extirpe de sa carapace en quelques minutes et se camoufle jusqu'à ce qu'elle se renouvelle. Il arrive que des langoustes mal préparées ratent leur mue et meurent étouffées... Alors les nautiles se régalent.

Serpents marins

Vous ne manquerez pas d'entrevoir des tricots rayés zigzaguant entre les pâtés de coraux. Rassurez-vous, ils sont craintifs et n'attaquent pas. Attention toutefois à ne pas poser le pied dessus ! Ils possèdent des crocs reliés à des glandes contenant un venin mortel (leur morsure équivaut à dix fois celle du cobra royal).

Ces tricots rayés existent sous deux formes : jaune et noir (Laticauda colubrina) et noir bleuté (Laticauda laticaudata). Ils sont amphibies et tiennent en apnée de vingt minutes (en mouvement) à une heure (au repos). Ils vivent sur les îlots, cloués sous des rochers au centre des branches de pourpiers. Ils nichent à terre et chassent en apnée en fouinant dans les anfractuosités. Munis de deux crochets à l'avant de leur bouche, ils peuvent mordre et injecter leur venin dans le corps de leur proie.

Flore

Araucariacées (Kaori agathis lanceolata). Il s'agit d'arbres spectaculaires dont les troncs atteignent de gros diamètres. Ce conifère colonise les terrains riches en minéraux. Son bois est résistant, sans noeud et facile à travailler. Il est employé dans la construction navale. Vous en trouverez aux monts Koghis, mais le plus haut et le plus majestueux de tous est celui du circuit botanique de la Rivière Bleue : il culmine à 40 m de hauteur.

Niaouli (Melaleuca leucadendron). Partout où le feu a sévi, le niaouli a pris la place des autres espèces. C'est un arbre caractéristique de la Nouvelle-Calédonie. Aussi appelé " l'arbre à peau ", il présente des couches successives d'écorce qui le rendent très résistant aux flammes. L'huile essentielle de niaouli est un puissant antiseptique et antiviral. Riche en eucalyptol, son essence sert à désinfecter les voies aériennes supérieures par des inhalations : excellent contre les angines et les gros rhumes tenaces. Si vous la diluez avec de l'eau bouillante et que vous massez les petites lésions cutanées, elle favorise la cicatrisation de la peau. L'essence de niaouli est voisine de l'essence de cajeput. Elle est également très efficace contre les douleurs rhumatismales (en friction). Vous reconnaissez le niaouli à son tronc tortueux et à son écorce blanche et brillante qui se détache en larges bandes. Le nom " niaouli " provient de la déformation du mot yauli dans la langue de l'archipel des Bélep. Cet arbre ne pousse pas au-dessus de 500 m d'altitude. Vous verrez les plus beaux spécimens sur les terrains marécageux, ils se parent de jolies fleurs blanches au mois de mai. Les oiseaux et les roussettes se délectent de son miel. Les Caldoches parlent souvent de niaouli pour désigner les enfants du pays.

Pin colonnaire (Araucaria cooki). Il caractérise la Nouvelle-Calédonie. Le compagnon du capitaine Cook, le naturaliste Forster, les prit de loin pour des colonnes de basalte. C'était en 1774 lorsqu'ils découvraient l'île des Pins. Le pin colonnaire pousse sur les îles Loyauté, l'île des Pins et sur les côtes Est et Sud-Est de la Grande Terre. Ces pins peuvent atteindre 60 m de hauteur. Sur les 19 espèces répertoriées, 13 existent uniquement en Nouvelle-Calédonie. Cet arbre affectionne les falaises calcaires et colonise les sols rocheux, surtout lorsqu'il est exposé aux vents dominants. Ses initiés parleront de " peuplement de pins colonnaires ". Vous le verrez peut-être planté autour de la case d'un grand chef kanak. Dans la culture kanake, ce pin incarne l'homme et signale les lieux tabous. Les Kanaks l'utilisaient pour réaliser leurs pirogues.

Végétation de bord de mer

Amaryllidacées - Aloès, Foucroya ou Furoraea. Les filets de pêche, les cordes et les anses des paniers sont fabriqués à partir de fibres d'aloès. Les tribus de Maré excellent dans la fabrication des cordes et les tribus des montagnes dans celle du filet à crevettes. Les cordes d'aloès sont si résistantes qu'elles permettent d'attacher le bétail. Les feuilles cueillies par les femmes kanakes sont ensuite passées au feu, puis battues avec un bâton pour en extraire le jus gluant et séparer les fibres et la peau. Une fois nouées en paquet, les feuilles trempent dans l'eau pendant huit jours. Nettoyées puis séchées au soleil, les fibres, fines et blanches, sont faciles à travailler.

Arbre à pain. Il existe dans les îles du Pacifique Sud depuis longtemps. C'est une denrée rare et appréciée en Nouvelle-Calédonie. Son fruit est délicieux. Pour le déguster, mettez-le au four tel quel pendant quarante-cinq minutes. Selon sa taille, la peau gonfle et prend une teinte rousse. Épluchez-le puis coupez-le en tranches. Il se mange tartiné avec du beurre salé ou accompagné d'une sauce.

Bancoulier - Aleurites moluccana. Le bancoulier est un arbre commun sur les îles de la Sonde, en Inde et en Chine méridionale. Sa feuille ressemble un peu à celle de l'érable et ses noix à de petites paires de fesses... Ses noix se mangent grillées. Il est d'ailleurs cultivé pour ses noix dont on tire une huile comestible et abondante. L'infusion d'écorce de bancoulier posséderait des vertus thérapeutiques.

Banian (figuier de l'Inde) - Ficus indica ou Ficus prolixa. Les Kanaks l'associent aux rites entourant la mort. Le banian est un arbre majestueux, remarquable par ses multiples racines plongeant dans le sol. Chaque arbre donne naissance à une grande quantité de troncs et forme à lui seul un bois inextricable. Le banian possède une technique de reproduction originale : les graines se posent sur un arbre voisin et germent sur place, puis les racines dégringolent du faîte de son hôte vers le sol pour entourer très étroitement le tronc de l'arbre tuteur et doucement l'étrangler, comme le serpent avec sa proie. Lorsque celui-ci meurt, le petit banian est devenu assez robuste pour se soutenir seul. Pour la petite histoire, le banian est originaire d'Inde où il est considéré comme un arbre sacré. Il doit son nom aux marchands indiens, les Banuens, qui avaient coutume de tenir leurs étals sous ses frondaisons.

Bois de fer - Casuarina aquesetifolia. Semblable à un pin qui posséderait le feuillage d'une prêle, il fixe les plages de sable. Ses racines fouillent en profondeur le sable à la recherche d'humidité.

Bois matelot (bruyère du bord de mer) - Suriana maritima. Il se fixe sur le flanc des îlots et constitue des buissons denses, véritables brise-vent qui permettent aux autres espèces végétales de se développer. Il possède des racines qui stabilisent les rivages contre l'érosion.

Buisson d'argent - Sophora tomentosa. Il croît à l'intérieur des îles et des îlots et peut atteindre 2 m de hauteur. Ses branches sont couvertes d'une multitude de petites feuilles duveteuses et argentées. Au printemps, les bourgeons laissent place à de jolies petites fleurs jaunes. Bon à savoir : les graines contiennent une substance qui a le même effet que la nicotine.

Cocotier - Cocos nucifera. Vous en entendrez parler sous le terme de nu en mélanésien. Il est très répandu sur le territoire, particulièrement sur la côte Est, dans les îles du Nord et dans l'archipel des Loyauté. La cocoteraie d'Ouvéa couvre une superficie de 3 400 hectares et produit 3 000 tonnes de coprah par an. Le coprah est utilisé dans la fabrication d'huile et de savon. Dans la vie quotidienne, les femmes des tribus utilisent les feuilles de cocotier pour réaliser des paniers, des cordes, des tapis et des jupes pour les danses traditionnelles. La préparation des feuilles varie selon l'objet que l'on veut fabriquer. Toutes les parties de l'arbre possèdent une utilité : les nervures des feuilles servent à réaliser des balais, les fibres de coco sont transformées en filets de pêche ou servent à la monnaie kanake. Bon à savoir : pour réaliser du lait de coco, râpez huit cocos, versez trois verres d'eau bouillante sur la pulpe, laissez dégorger la mixture puis délayez avec un peu d'eau froide. Prenez un torchon propre et pressez le mélange pour récupérer le lait dans un récipient.

Faux tabac - Argusia argentea. C'est LE remède traditionnel pour guérir la gratte (entendez par-là la ciguatera). Victime de son succès médicinal, le faux tabac s'est raréfié. Ses feuilles sont velues et légèrement argentées. Ses fruits flottent à la surface de la mer et sont ainsi disséminés par les courants marins.

Fougère arborescente - Cyathea intermedia. Cette belle fougère donne un petit air de Jurassic Park aux sites qu'elle colonise. La Nouvelle-Calédonie tire orgueil de ces fougères classées parmi les plus grandes au monde (20 m). Surnommée la " plante cicatricielle ", elle pousse en lisière de forêt dense ou dans les clairières ouvertes par la disparition d'un gros arbre. Souvent, elle se développe après un déboisement modéré. Vous observerez les plus beaux spécimens dans le centre de la Grande Terre. Le bois des troncs est utilisé par les sculpteurs.

Gaïac ou gayac - Acacia spirorbis. Le gaïac est un arbre commun que l'on retrouve sur tout type de terrain. Il est couvert de feuilles allongées et se pare des petites fleurs jaunes comme le mimosa. Son bois, très dur et imputrescible, est très apprécié des sculpteurs. La résine de gaïac sert de réactif en médecine pour déceler le sang dans les selles. Cette propriété permet son utilisation en criminologie.

Houp - Montrouziera cauliflora. Son bois jaune est considéré comme précieux car il est imputrescible. Il grandit lentement et donne de jolies fleurs rouges. Il est très répandu dans les forêts primaires de Nouvelle-Calédonie.

Igname - Dioscorea. C'est un rhizome de tubercule en forme de massue que l'on consomme - comme une grosse pomme de terre - rôti, bouilli, frit ou en purée. L'igname est à la fois un aliment de base et un symbole. Dans la culture kanake, elle scelle le lien de fidélité et de reconnaissance envers le Grand Chef. La fête de l'Igname, avec ses rites et ses cérémonies, se déroule en mars lors de la récolte (il est planté en novembre). On peut alors consommer les tubercules nouveaux et les familles des tribus font leur offrande au Grand Chef du district. L'igname peut également matérialiser un totem ou entrer comme élément de médication. Sa culture règle le calendrier de la tribu. L'igname boitanin est considérée comme la plus succulente et se reconnaît à sa chair blanche. Vous ne la trouverez qu'entre Canala et Poindimié sur la côte Est.

Jonc. Rappelez-vous votre jeunesse lorsque vous tressiez les joncs, cette plante à tige cylindrique si droite et si flexible. En Nouvelle-Calédonie, vous la trouverez en montagne, au bord des criques, sur les terrains miniers, là où le chrome de fer est à fleur de terre. Le jonc pousse toute l'année à l'état naturel. II sert à la confection de paniers, de corbeilles, de dessous de plat et de chapeaux. Les femmes l'arrachent vert ou le coupent à sa base puis le font sécher au soleil pendant trois jours. Attention : elles vous expliqueront qu'on ne l'arrache jamais le matin à la rosée ou en période de pluie. En revanche, elles le tressent le matin et le soir, car la tige est humide et plus facile à manier.

Lianes. Elles sont utilisées dans les montagnes de Nouvelle-Calédonie pour faire des paniers. Elles poussent dans la forêt humide. D'autres types de lianes servent à fabriquer des ceintures et des accessoires de costume de danse. Les spécimens de lianes robustes servent à lier les armatures de la case traditionnelle, à construire des pirogues et à constituer des fagots.

Liseron du bord de mer - Ipomoea pes-caprae. Comme il appartient à la même famille que la patate douce, vous entendrez aussi le nom de patate du bord de mer. Le liseron fait une jolie fleur mauve et recouvre les plages de sable jusqu'à la limite des plus hautes marées. Cette plante fixe le sable grâce à ses racines et participe à la lutte contre l'érosion.

Malvacée - Bourao, Hibiscus tiliaceus (hibiscus des plages). L'écorce du bourao sert à obtenir un tressage de cordes très résistantes utilisées par les pêcheurs (lignes, filets de pêche ou liens). Les jupes traditionnelles étaient faites de fibres de banian, de ficus ou de bourao.

Manioc. Les tubercules constituent la partie comestible de la plante. Faites-les cuire tels quels, ou réduisez-les en farine après séchage. Le tapioca, utilisé dans les soupes ou les desserts, est extrait du manioc. Juste après la récolte, on replante les tiges qui produiront de nouveaux tubercules. Bon à savoir : les tubercules contiennent un suc toxique. N'en consommez donc jamais cru. Pour les frites de manioc : épluchez trois racines, coupez-les dans le sens de la longueur et lavez-les. Mettez-les dans de l'eau bouillante pendant cinq minutes, égouttez-les et coupez-les en frites. Quand elles sont bien séchées, jetez-les dans de l'huile bouillante... un régal !

Mangrove. On appelle mangrove l'ensemble des formations végétales qui croissent sur un sol salé. La mangrove constitue donc la zone intermédiaire entre la terre et la mer. En Nouvelle-Calédonie, elle couvre près de 50 % du littoral. À titre d'exemple, elle s'étend sur 1 400 hectares autour de Nouméa, dont 800 hectares sont composés pour l'essentiel de palétuviers. Cet écosystème joue un rôle physique indéniable et filtre les sédiments. Imaginez un centre de traitement - grandeur nature - des eaux de ruissellement et des eaux chargées en particules. C'est également un milieu très protégé où les alevins de poissons et les juvéniles de crustacés se développent en nombre. Les poissons prédateurs y rôdent et les bivalves s'y fixent en raison de la richesse alimentaire du milieu. Les crabes de palétuviers y prolifèrent également. Les Kanaks viennent y cueillir des plantes médicinales et y chercher du bois pour la construction des cases ou la cuisson des aliments. Les mangroves protègent également les rivages des vagues et de l'érosion, surtout lors des passages des cyclones. En bref, elles contribuent à stabiliser les côtes.

Pandanus - Pandanus tectorius. Les pandanus se développent très souvent en bord de mer. Ils poussent également en montagne (formes oblongues) à l'abri des vents dominants et atteignent parfois 6 m de hauteur. Identifiables à leurs longues racines échasses et à leurs feuilles allongées en dents de scie, ses fruits peuvent séjourner longtemps dans l'eau sans perdre leur pouvoir germinatif. Ils constituent un apport nutritif important pour les oiseaux. Les feuilles sont utilisées pour la vannerie et les racines pour la fabrication de fibres fines et rigides, destinées à la confection de costumes et d'accessoires traditionnels. Les jupes réalisées en fibre de pandanus sont épaisses, raides et blanches. On leur préfère donc le bourao.

Poivrier enivrant - Pipermethystcum. Petit arbuste aux grandes feuilles en forme de coeur, très allongées et pointues, le poivrier enivrant joue un rôle clé dans la culture mélanésienne. Cultivée essentiellement au Vanuatu, la plante, avec ses racines, est exportée dans l'ensemble de l'aire mélanésienne. C'est en effet à partir de son rhizome et de ses racines que l'on produit une boisson aux vertus analgésiques, anxiolytiques et enivrantes : le kava. D'aspect peu engageant et de couleur verte ou marron, selon la fraîcheur des racines, le kava a un goût terreux très prononcé et des effets actifs réels. Pour le préparer, nettoyez les racines à l'aide d'un couteau, coupez-les en morceaux, puis râpez le tout pour obtenir une sorte de bouillie. Traditionnellement les hommes mâchaient ces fragments de racine pour en faire une pâte, tradition encore respectée sur l'île de Tanna au Vanuatu. Mélangez la décoction préparée à de l'eau, malaxez, déposez le tout dans un carré de tissu aux trames assez lâches et pressez pour en filtrer le liquide d'aspect trouble. Réitérez l'opération plusieurs fois, de manière à retenir les fibres végétales. Associé aux rites mortuaires et élément central des soins dans la société mélanésienne traditionnelle, il possède des propriétés analgésiques, anxiolytiques et antibactériennes. La pharmacopée occidentale a récupéré la substantifique moelle du kava et associe ses molécules à des traitements homéopathiques antidépresseurs. Paradoxalement, la Food and Drug Administration américaine le classe comme narcotique, car le kava procurerait paix et sérénité. Il se boit lorsque la nuit débute, dans les nakamals, ces bars à kava que vous trouverez partout en Nouvelle-Calédonie. L'effet zen est obtenu après deux bols du breuvage. La descente en enfer est garantie si le kava est associé à de l'alcool, du cannabis ou si vous en consommez trop. Gare alors aux effets secondaires ! Auparavant, seuls les chefs en consommaient, dès lors qu'il s'agissait de résoudre un conflit et prendre une décision.

Pourpier des mers - Sesuvium portulacastrum. Il croît et colonise le même milieu que le liseron et joue le même rôle de fixateur du sol. Ses feuilles épaisses sont de petits réservoirs d'eau capables de se remplir à la moindre averse. Les mauvais esprits l'appellent les " griffes de belle-mère " !

Taro ou colocase tubéreuse. C'est l'aliment de base de millions de personnes. Ses racines féculentes se consomment comme des pommes de terre, cuites à l'eau, au four, en purée ou en frites. On les transforme en farine et en aliments pour les enfants en bas âge. Le taro pousse dans le sol humide et fertile des îles du Pacifique. La plante se reproduit par boutures. Parfois vous entendrez parler d' " oreilles d'éléphant ", car la feuille est immense et bien large. Dans la symbolique kanake, c'est une plante femelle. Les chips de taros sont délicieuses et rapides à cuisiner : épluchez les taros, lavez-les et faites-les sécher, débitez-les en tranches et jetez-les dans l'huile bouillante.

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