Guide de Polynésie : Politique et économie

Politique
Structure étatique

La Polynésie française est une collectivité d'outre-mer, actuellement régie par la loi organique n° 2007-1719 du 7 décembre 2007. Elle bénéficie d'une large autonomie politique. L'administration des fonctions régaliennes (défense, police, justice, trésor) est assurée par l'État, représenté sur le territoire par un Haut Commissariat de La République. La langue française reste obligatoire dans ces services ; dans la justice, les lois et les arrêts peuvent être rendus en reo maohi avec une traduction française. Depuis la loi organique de février 2004, la Polynésie française n'est plus assujettie au droit communautaire et n'a pas le statut de région ultrapériphérique (R.U.P.) dès lors qu'elle ne fait pas partie intégrante de l'Union européenne. La Polynésie française dispose enfin de compétences très étendues et elle demeure soumise au principe de la spécialité législative.

Le gouvernement polynésien a pour mission l'organisation juridique et politique du Territoire. L'article 1er de la loi de 2004 lui reconnaît le droit de se gouverner " librement et démocratiquement, par ses représentants élus et par la voie du référendum local " (alinéa 3). Ainsi, de la Polynésie française qui " s'administre " (statut de 1996), on est passé à la Polynésie française qui " se gouverne ". Un petit détail sémantique qui fait la différence.

Les lois métropolitaines ne sont pas systématiquement applicables à la Polynésie française (il n'y a pas de RSA par exemple, ni d'impôt sur le revenu). Une consultation du gouvernement territorial qui promulgue ces lois est indispensable. De la même manière, le Territoire a la possibilité de voter ses propres lois. Il est représenté par différentes institutions : le président, le gouvernement territorial (composé de 7 à 10 ministres), l'Assemblée territoriale (57 membres élus pour 5 ans au suffrage universel direct), et le Conseil économique, social et culturel (CESC, organisme consultatif de 48 membres désignés pour 4 ans). Le Haut conseil de la Polynésie française a quant à lui disparu le 8 septembre 2015.

Le premier responsable politique de la Polynésie française est le président de Polynésie française élu par les membres de l'Assemblée territoriale : depuis la loi organique de 2004, il n'est d'ailleurs pas forcément élu parmi les conseillers territoriaux : il peut très bien, en fait, ne pas être élu (ce qui fut le cas en 2008). En outre, l'article 156 indique que le président (théoriquement élu pour cinq ans) peut très bien être déposé par une motion de censure adoptée par l'Assemblée de Polynésie française : on a vu que cet article fut bien souvent utilisé par la suite.

Le statut de 1996 faisait du président du gouvernement de la Polynésie française le " chef de l'administration territoriale " ; celui de 2004 consolide son pouvoir sur le gouvernement, prévoyant en effet que le président de la Polynésie française " dirige l'administration " de la collectivité territoriale. Il promulgue notamment les " lois du pays " (qui restent parfois de simples actes administratifs, comme par le passé). Pour voter les " lois du pays ", cependant, l'Assemblée doit demander conseil aux deux organismes consultatifs mentionnés. Le président nomme aussi ses ministres (quinze au maximum, dont un vice-président) en charge des différents secteurs politiques et économiques du Territoire.

L'Assemblée territoriale est constituée de cinquante-sept conseillers élus tous les cinq ans au suffrage universel direct. Elle est le siège des délibérations et des votes sur les orientations et les décisions gouvernementales. Dorénavant, elle peut voter les " lois du pays ". Les conseillers territoriaux sont devenus les " représentants à l'Assemblée de la Polynésie français ". Lors des élections territoriales, il est attribué à la liste qui a recueilli la majorité des suffrages exprimés un nombre de sièges égal au tiers du nombre de sièges à pourvoir ; les autres sièges sont répartis entre toutes les autres listes à la représentation proportionnelle... Un mécanisme fort peu démocratique !

Quant au CESC, il est composé de 48 membres d'horizons divers n'ayant aucun pouvoir décisionnel, mais qui peuvent être consultés sur les grandes questions économiques, sociales et culturelles.

Etabli par la loi organique de 2004, le Haut Conseil de la Polynésie française a finalement disparu en septembre 2015. Ce Haut conseil de la Polynésie française était jusqu'alors obligatoirement consulté sur tous les projets ou propositions de lois du pays avant que l'Assemblée de la Polynésie française ne les inscrive à l'ordre du jour.

Quarante-huit communes couvrent l'ensemble des archipels de la Polynésie française. Plusieurs se composent de communes associées pour tenir compte notamment du caractère pluri-insulaire. Les actes des communes sont soumis au contrôle a priori du représentant de l'Etat.

La Polynésie française est enfin représentée au Parlement en France par deux députés, un sénateur et un conseiller économique et social.

Partis
Gaston Flosse lors d'une campagne électorale aux Marquises
Gaston Flosse lors d'une campagne électorale aux Marquises
Partis et enjeux actuels

Souvent impliqués socialement, les Polynésiens attachent de l'importance à la politique. Sans doute, d'abord, parce que les Polynésiens ont, par nature, un esprit communautaire, les cinq archipels de Polynésie se rallient sous la même bannière. Il n'y a pas d'île aux tentations indépendantistes, le Territoire ne risque pas de se morceler... même si les Marquises forment une entité culturelle à part, si les Marquisiens ne se proclament pas Polynésiens, et s'ils ne parlent pas la même langue tahitienne.

En revanche, la question politique a pour thème essentiel l'indépendance du Territoire depuis plus de cinquante ans. Après le colonialisme puis les EFO, le statut de TOM, l'autonomie de la Polynésie française, le statut de COM (collectivité d'outre-mer) s'est agrandi au fil des années vers la voie de l'émancipation. La Polynésie parviendra peut-être à son indépendance un jour ou l'autre, à condition d'assurer l'indépendance économique, politique et culturelle du pays auparavant. Il s'agit, à l'heure actuelle, de l'un des enjeux les plus importants aux yeux des Polynésiens.

Les différents partis polynésiens se regroupent autour des autonomistes. En réalité, la frontière entre différents partis est assez floue. Tout dépend des accords secrets passés... Parfois même entre ennemis acharnés depuis des lustres !

Le chef du gouvernement fut Gaston Flosse pendant un long moment : de 1984 à 1987, puis de 1991 à 2004. Acteur politique polynésien depuis plus de quarante ans (voyez sa biographie dans la partie " Enfants du pays "), il a été battu en mai 2004 lors des élections territoriales, par une coalition d'indépendantistes et d'autonomistes anti-Flosse, menée par Oscar Temaru, qui devint le 14 juin 2004 le premier Président de Polynésie française (auparavant, le titre était " président du gouvernement de Polynésie française "). On consultera la partie " Histoire " pour connaître les terribles déboires de la politique polynésienne depuis début 2004. Début 2018, c'est Edouard Fritch qui occupe le poste de président de Polynésie française, et ce depuis le 14 septembre 2014.

Le Tapura Huiraatira d'Edouard Fritch, fondé en février 2016, est né de l'impulsion de ce dernier (dissident du Tahoeraa) et de la fusion de cinq partis : A Ti'a Porinetia, O Porinetia To Tatou Ai'a, No Oe E Te Nunaa, Fetia Api et Te Avei'a. Après avoir soutenu la candidature de François Fillon aux élections présidentielles françaises de 2017, il annonçait s'inscrire pour les législatives dans la majorité présidentielle d'Emmanuel Macron : LREM.

Le Tahoera'a Huiraatira de Gaston Flosse, d'inspiration gaulliste, était apparenté à l'UMP (au RPR de Jacques Chirac auparavant), avant que celui-ci ne rompe tout lien en février 2008, suite aux magouilles politiques de son leader. Sa couleur est l'orange. Gaston Flosse, grand ami de Jacques Chirac (qui est parrain de l'un de ses neuf enfants), n'a jamais caché l'intérêt économique de la Polynésie pour les essais nucléaires. Ses détracteurs l'attaquèrent d'ailleurs sur ce point. Ses partisans se comptent parmi les fonctionnaires et commerçants, ainsi que chez la plupart des popa'a.

Son grand rival a toujours été Oscar Temaru, chef du parti indépendantiste, le Tavini Huiraatira (Servir le Peuple), dont le premier point de revendication a toujours été l'indépendance de la Polynésie. Oscar Temaru est un antinucléaire convaincu. Ancien maire de Faa'a, la plus peuplée des communes de Polynésie, ses partisans sont recrutés chez les Polynésiens bien évidemment, souvent défavorisés ou exclus, et chez des identitaires, dont même des Français. La couleur du parti est le bleu, et on voit souvent le drapeau de la Polynésie indépendante sur la maison des partisans où l'on remarque deux bandes bleues horizontales, et une bande blanche au centre avec cinq étoiles jaunes symbolisant les cinq archipels polynésiens.

L'autre parti indépendantiste est Ia Mana Te Nunaa (Le Pouvoir au Peuple), fondé par Jacqui Drollet en 1976. De 1987 à 1991, il a participé au gouvernement d'Alexandre Léontieff, et a rejoint l'UPLD (Union pour la Démocratie) avec le parti de Temaru lors des élections territoriales de mai 2004. En 2017 à l'occasion de l'élection présidentielle française, le parti a soutenu la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Le Ai'a Api (Nouvelle Patrie) d'Emile Vernaudon (depuis 1982) a, lui aussi, pris part à l'UPLD en mai 2004, et a aidé à l'élection de Gaston Tong Sang en décembre 2006. En France, il est proche du Parti radical de gauche. Vernaudon, accusé par la suite de détournements de fonds, a réussi le tour de force bien peu républicain d'être élu maire de Maniha à Papeete... derrière les barreaux de sa cellule (il était en prison préventive).

Au niveau local, les élections sont très suivies. Ici, les partisans des différents partis s'attachent avant tout aux problèmes quotidiens, même si la lutte entre autonomistes et indépendantistes a amené la question du territoire sur le devant de la scène, au risque de créer un conflit social (voire racial, disent certains) entre natifs et étrangers, demis et résidents. Les hommes politiques, en élégantes chemises à fleurs aux couleurs de leurs partis, sont proches de la population, ce qui est normal pour des communes et des îles de si petites tailles. Le costume cravate n'est d'ailleurs porté que lors des déplacements en métropole. L'emploi et la formation sont les premières priorités, la population étant très jeune et peu formée. L'environnement est aussi un sujet important, tant pour l'amour de la nature que pour son importance touristique. L'eau, l'électricité, les déchets et les communications sont des problèmes courants : équipements de captage et de filtration, panneaux solaires, élimination des ordures par enfouissement ou exportation, installations aériennes et portuaires sont parfois cruciaux pour des villages ou des îles isolées. Enfin, le thème de la sécurité fait recette dans la zone urbaine de Papeete, depuis quelques années.

Dans l'ensemble, les Polynésiens sont très civiques et solidaires, et se sentent bien plus concernés que les Français par ce qui se passe dans leur rue - les gens qui habitent dans les " quartiers " font souvent partie de la même famille et sont là depuis des générations. Ils partagent tous un lien qui pourrait ressembler à l'esprit de clocher de nos villages de France profonde. On voit passer ses hommes politiques devant sa maison, et la vie publique est alors indissociable de la vie privée.

Comme partout ailleurs, vous entendrez parler d'affaires politico-financières plus ou moins fondées. Particularité amusante : toutes ces histoires semblent connues par une grande partie de la population. On appelle ça " Radio Cocotier ". C'est le téléphone arabe polynésien !

Économie

La Polynésie française est globalement riche : avec un PIB d'environ 538,6 milliards de CFP (4,5 milliards d'euros environ) et un PIB/hab. d'environ 1,7 millions de CFP. C'est beaucoup mieux que dans la plupart des autres îles et archipels de l'océan Pacifique, mais c'est aussi beaucoup moins qu'en Nouvelle-Calédonie, avec pourtant des transferts publics de l'État bien plus élevés. En réalité, le PIB/habitant aurait chuté de quelque 10 % lors des dix dernières années, le chômage a explosé (il a presque doublé entre 2007 et 2012, et atteint aujourd'hui près d'un quart de la population active), les exportations de biens n'ont pas décollé (certains sont en crise, comme la perle), tourisme au ralenti (une reprise a tout de même été observée ces dernières années, notamment grâce à l'hôtellerie de luxe), tandis que le taux des prélèvements obligatoires (fiscalité et prélèvements sociaux) évoluent à la hausse... Depuis 2013 cela dit, le PIB serait en progression : encore 1,8 % de croissance en 2017.

Pour un DOM-TOM (aujourd'hui un " COM "), la Polynésie française (comme un peu tout le Pacifique) partait pourtant sur des bases stables : une population autochtone (et non fruit de l'esclavage ou des mouvements de population), installée depuis un ou deux millénaires, et adaptée à son territoire, vivant en harmonie avec son environnement. À l'époque, la Polynésie nourrissait en effet une population plus importante qu'aujourd'hui. Déjà, du temps des EFO (Etablissements français de l'Océanie, 1903-1958), l'agriculture de Tahiti fournissait des revenus assez importants et les nombreuses productions (vanille, coton, fruits...) procuraient un niveau de vie plus élevé que ceux de la Martinique ou de la Guadeloupe.

Puis, dès les années 1930, ce fut Makatea et ses gisements de phosphate, la première aventure industrielle du pays. En 1963, Mururoa et ses essais nucléaires apportèrent à leur tour leurs flots de capitaux. L'économie fonctionna par " coups " souvent juteux. Ce fut la nacre, la vanille, le tournage des Révoltés du Bounty, les phosphates de Makatea. Cela peut être demain le monoï, le noni, mais, si des interrogations persistent sur l'avenir, nul doute qu'il reposera grandement sur la perle et le tourisme. Le Territoire en a urgemment besoin.

Principales ressources
Pêche multicolore
Pêche multicolore
L'après-CEP

Le Centre d'expérimentation du Pacifique (CEP) a constitué de 1963 à 1996 un apport économique considérable pour la Polynésie. Durant toutes ces années, on a assimilé le CEP financé par la France à une manne providentielle. L'argent coulait à flots à cette époque où la population était moitié moindre.

Ces qualificatifs ne sont pas galvaudés. Effectivement, lors de la reprise des essais en 1995, le CEP a généré un apport de 18 milliards de CFP au Territoire, c'est-à-dire environ 152 500 000 €. Ces recettes correspondaient d'une part aux taxes douanières, d'autre part aux échanges commerciaux pratiqués par le personnel du CEP.

En stoppant définitivement les essais nucléaires en 1996, la France prit également l'engagement d'aider financièrement la Polynésie française pendant dix ans, période transitoire.

Cet accord passé entre le Territoire et les autorités françaises s'est concrétisé par la signature dudit Pacte de progrès garantissant un fonds de 5 milliards de CFP par an pendant dix ans environ (ce chiffre est l'un des plus discutés en Polynésie française, la réalité officielle étant contestée). Cela était supposé compenser le départ progressif du CEP tout en assurant un développement économique, social et culturel du Fenua.

La Cour des comptes estime que 179 milliards de CFP, soit environ 1,5 milliard d'euros ont été versés par la métropole à la Polynésie française en 2010 (chiffre semblable à la fin des années 1980). La Polynésie française jouit ainsi de statistiques étonnantes : l'aide par habitant y serait la plus importante au monde.

De gros efforts sont fournis pour déployer et relancer des secteurs porteurs de la Polynésie française : bien entendu, le tourisme, qui représente environ 15 % du PIB marchand, en fait partie. Pourtant, ce secteur se trouve aujourd'hui bien ralenti. Le marché de la perle a connu lui aussi un certain déclin depuis 2008, mais la Polynésie française semble avoir retrouvé de sa superbe ces dernières années. D'autres domaines ne demandent qu'à se développer et lorgnent vers les marchés internationaux. C'est le cas de la pêche, qui ne cesse de se moderniser, du noni, ou de l'exploitation du coprah.

La Polynésie arrivera-t-elle à pourvoir suffisamment d'emplois pour occuper la masse de jeunes arrivants sur le marché du travail ?

Perliculture

Deuxième ressource économique de Polynésie française après le tourisme, la perle de Tahiti, unique au monde, est cultivée depuis plusieurs décennies selon des procédés précis et une intervention humaine complexe. Très convoitée par la Chine et le Japon notamment, sa culture connu un bel essor dans les années 1995-2005, avant d'entrer dans une crise majeure. Surproduction, chute des prix, baisse de l'activité qui avait dynamisé de nombreux atolls éloignés... Les chercheurs de l'Institut de Recherche pour le Développement ont rapidement dû se pencher sur la question afin de maintenir et de pérenniser le secteur. Aujourd'hui, les indicateurs sont de nouveau encourageant.

À noter que 98 % des produits perliers exportés sont les perles de cultures brutes, seuls 1,5% sont des produits transformés (ouvrages et bijoux en perle), le reste étant les keishis, mabe et autres perles de culture brute teintées.

Pêche

La pêche est un secteur en pleine restructuration et donc en plein essor. Très longtemps exploitée à petite échelle, elle commence à se moderniser et se tourne de plus en plus vers les marchés extérieurs. En effet, jusqu'à présent, elle se limitait à un marché local restreint, qui absorbait presque toute la production.

Depuis quelques années, son ouverture aux marchés internationaux et notamment aux États-Unis et au Japon a été rendue possible par un virement radical de la politique de développement de la pêche. Ainsi, les bateaux se sont techniquement améliorés pour répondre aux exigences de pêches beaucoup plus productives sur des campagnes plus longues.
Les professionnels de la pêche ont estimé que leur secteur était sous-exploité et qu'une rénovation des organisations professionnelles, ainsi qu'une nette amélioration des moyens de production étaient absolument nécessaires pour une activité plus performante. Dans le domaine de l'aquaculture, un effort important a été mené grâce à l'Ifremer pour permettre de satisfaire les demandes du marché local. L'élevage du loup tropical et celui de la crevette semblent les plus appropriés à la région. Cependant, les efforts doivent être maintenus pour que la pêche puisse rapidement devenir un secteur prédominant de l'économie polynésienne.

Industrie

Jusque dans les années 1980, l'industrie a été un secteur délaissé qui n'intéressait nullement les acteurs de la vie économique et politique polynésienne. Les mentalités d'alors étaient plutôt celles d'entrepreneurs se lançant sur des marchés où spéculation et profit à court terme étaient possibles ; très peu d'entre eux pariaient sur des investissements lourds permettant des bénéfices à moyen ou long terme. Depuis, ces tendances ont quelque peu changé : l'industrie représente aujourd'hui moins de 10 % du PIB, tandis que les services monopolisent environ 85 % du PIB (le reste allant vers le secteur agricole). Le principal type d'activité de ce secteur est la transformation.
La pauvreté des matières premières en Polynésie française explique cet état de fait. Ainsi, les industries de l'agroalimentaire, de la chimie, du bâtiment et travaux publics et du textile ne cessent de se développer depuis ces dernières années et génèrent un nombre important d'emplois. D'autres secteurs majeurs, comme les filières du monoï et des jus de fruits, doivent encore améliorer leurs capacités d'exploitation. Ces productions ont la singularité de porter l'étiquette " Polynésie française " puisque les matières premières y sont présentes (coprah, tiaré et fruits exotiques).
En outre, elles sont les principales sources de travail pour les habitants des îles plus isolées, en particulier grâce à l'exploitation du coprah. L'industrie de l'huile de coco se porte relativement bien.

Malgré tous les efforts consentis au cours de ces dernières années, et encouragé par une loi de défiscalisation avantageuse, le secteur industriel polynésien ne doit pas se relâcher et verra son salut dans un redéploiement encore plus marqué des produits locaux, et surtout dans une orientation consensuelle vers l'exportation.

Le noni

Le noni, ou plus scientifiquement la Morinda citrifolia, est un fruit vert jaunâtre boursouflé qui connaît depuis quelque temps un regain d'intérêt exceptionnel : c'est d'ailleurs l'un des premiers produits d'exportation du Territoire.

Connu depuis des lustres pour ses vertus médicinales par les adeptes de la médecine traditionnelle maohi, le noni a intéressé quelques chercheurs américains qui lui ont effectivement trouvé des qualités pharmacologiques apparemment indéniables. Depuis lors, son exploitation et sa commercialisation ne cessent de se développer. En Polynésie, la culture du noni et sa transformation sont devenues il y a peu des activités plutôt lucratives. Vendu aux Etats-Unis après traitement et aromatisation du jus primitivement nauséabond (celui-là même que les anciens de Polynésie ingurgitent sans broncher pour traiter tous leurs maux), le noni se retrouve dans des boissons et crèmes dermatologiques diverses.

Est-ce une filière fiable et durable ? Les prochaines années nous le confirmeront.

Place du tourisme
Bungalows sur pilotis
Bungalows sur pilotis

Le tourisme est l'un des atouts majeurs sur lesquels doit compter la Polynésie française pour s'assurer une économie performante. Le tourisme est une affaire assez ancienne en Polynésie, puisque les premiers hôtels sont apparus dans les années 1940. Mais la découverte des îles est alors réservée à de riches aventuriers. L'année 1963 ouvre les portes du tourisme " de masse ", avec l'ouverture de l'aéroport international de Faa'a, et en 1964 celle du Club Méditerranée de Moorea (aujourd'hui fermé). Le rythme progresse régulièrement de quelques milliers à près de 170 000 touristes au début des années 1990. La reprise des essais nucléaires en 1995 marqua un frein, puis les chiffres repartirent à la hausse jusqu'en 2001, année faste, avec près de 260 000 touristes.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont été terribles, avec une chute d'environ 40 % des arrivées. Puis la courbe est repartie à la hausse... jusqu'en 2008 (environ 225 000 touristes), quand la crise mondiale a de nouveau été fatale pour ce secteur d'activité. En 2011, il n'y avait que 155 000 touristes (soit grosso modo le même chiffre qu'en 1996), et guère plus de 168 000 entre août 2012 et août 2013 (environ 89 % étant considérés comme " payants ", c'est-à-dire venant faire exclusivement du tourisme sur place) !

Ces dernières années toutefois, les chiffres sont plutôt encourageants. En 2016, la Polynésie française a progressé de 4,7 % par rapport à 2015 en accueillant 192 495 touristes ; les cinq principaux pays émetteurs demeurent les États-Unis, le Japon, la France, l'Italie et l'Australie (ils représentent à eux seuls 80 % des touristes). En un an, le secteur a ainsi généré 5 milliards de francs supplémentaires. La croissance de la clientèle en hébergement terrestre marchand (+6,8 %) contribue pour 4,8 points à la croissance totale, et c'est l'hôtellerie de luxe qui tire le plus son épingle du jeu, se rapprochant de sa pleine capacité. Les effectifs de la clientèle en hébergement flottant et non marchand (les croisiéristes) sont restés relativement stables, mais les indicateurs de gestion de l'hôtellerie internationale se sont améliorés malgré la légère baisse du nombre de chambres louées (-1,3 %). À noter aussi que le nombre de passagers débarqués à l'aéroport de Tahiti Faa'a a augmenté de 4,2 % en un an. Le taux de remplissage des vols réguliers internationaux est lui aussi en hausse de 1,6 %, avec une capacité moindre en siège offerts. Le nombre de passagers sur les vols domestiques (intra-Polynésie française) progresse de 2,2 %. Tout cela augure plutôt d'un bel avenir : avec des taux d'intérêt bas et de bonnes perspectives, les hôtels investissent dans leur rénovation et dans de nouveaux projets de construction ou de réouverture d'hôtels, ce qui permettra d'accueillir encore plus de touristes.

Mais une réelle augmentation du tourisme en Polynésie française doit passer par une baisse du prix du billet d'avion. Depuis l'arrêt des dessertes de Corsair Nouvelles Frontières Polynésie et la création en 1998 de la première compagnie aérienne internationale locale, Air Tahiti Nui, les tarifs pratiqués demeurent très élevés, si bien que la Polynésie française demeure une destination très exclusive.

Au premier semestre 2018, la compagnie aérienne French Bee a lancé sa nouvelle liaison Paris-Papeete à des tarifs à partir de 1 000 € aller-retour. Le low-cost du long courrier parviendra-t-il a démocratiser la destination ces prochaines années ?

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