Guide de Chine : Politique et économie

Politique
<p>Statue de Mao.</p>

Statue de Mao.

Structure étatique

La République populaire de Chine (RPC) est une république populaire avec à sa tête un parti politique unique : le Parti communiste chinois. Ce dernier possède tous les pouvoirs puisqu'il n'y a pas de séparation desdits pouvoirs.

L'administration d'Etat a pour fonction principale d'appliquer à tous les échelons les directives du Parti communiste. Le président de la République populaire a un rôle formel équivalent à celui du président français : promulguer les lois, ratifier les traités, nommer le Premier ministre et les membres du gouvernement. Il est assisté d'un vice-président. Tous deux sont élus pour cinq ans par l'Assemblée nationale populaire. Depuis la réforme de la Constitution de 2018, tous deux ne sont plus obligés de se retirer au bout de deux mandats consécutifs.

Le gouvernement est appelé Conseil des affaires d'Etat. Il est dirigé par un Premier ministre, assisté de plusieurs vice-premiers ministres et de conseillers d'Etat.

L'Assemblée nationale populaire (ANP), qui compte environ 3 000 députés, se réunit une fois par an. Les députés sont élus pour cinq ans au suffrage indirect. L'Assemblé élit le président et le vice-président de la République, elle peut réviser la Constitution (qui date de 1982 et qui a connu quatre révisions majeures en 1988, 1993, 1999, 2004 et dont la dernière en date est de 2018) et élit en son sein le comité permanent (150 membres environ) qui exerce le pouvoir législatif entre deux sessions plénières. En pratique, l'Assemblée nationale fonctionne comme une chambre d'enregistrement des décisions du Parti communiste.

Le Parti Communiste Chinois (PCC)

Le Parti communiste est, depuis 1949, à la tête de l'ensemble du système politique chinois : chaque niveau de l'administration d'Etat est ainsi placé conjointement sous la direction d'un organe du Parti. La tête du Parti est constituée par le secrétaire général du Parti communiste et le comité permanent du Bureau politique. Ce dernier comprend sept à neuf membres. Le Parti communiste compte environ 88 millions de membres (en 2018), soit près de 7 % de la population chinoise. Le congrès du Parti est convoqué tous les cinq ans. Le 19e congrès, qui comptait plus de 2 200 délégués, s'est réuni en octobre-novembre 2017 (et le prochain aura donc lieu normalement en octobre 2022). Le rôle principal de ce congrès consiste à élire pour cinq ans un comité central et un bureau politique qui élira à son tour un bureau politique permanent au sein duquel sera choisi le secrétaire général du Parti.

Enjeux actuels

La puissante Chine et son non moins puissant parti communiste ont donc gardé les mêmes dirigeants suite au Congrès d'octobre 2017, soit Xi Jinping et Li Keqiang. Si les deux têtes de l'exécutif sont restées les mêmes, le reste du bureau politique permanent a changé. Suite à la réforme de la Constitution de 2018 adoptée par l'Assemblée nationale populaire (ANP), le président et le Premier ministre ne sont plus soumis à la limite de deux mandats consécutifs. Il est donc aujourd'hui difficile de se prononcer sur l'évolution du personnel politique et les questions sur le futur de la gouvernance du géant chinois sont nombreuses. Parmi elles : Xi Jinping va-t-il rester au pouvoir après 2022 ou va-t-il se retirer au profit d'une personnalité plus jeune ? Et quelles vont être les nouvelles orientations de l'équipe pour ce nouveau quinquennat ?

Économie

En 2008, le président chinois Hu Jintao a célébré les trente ans des réformes qui ont fait de la Chine et son " économie socialiste de marché ", une puissance qui compte de plus en plus dans le monde. Aujourd'hui, la Chine est la première ou seconde puissance économique mondiale (selon les modes de calculs et les estimations des différents experts). Ainsi, depuis son ouverture aux investissements étrangers et grâce à une formidable capacité de production (on parle de " l'atelier du monde "), la Chine est devenue en une trentaine d'années un acteur incontournable de la mondialisation. En effet, il faut se rappeler qu'elle est passée dans ce laps de temps d'un revenu per capita de 700 à 13 000 dollars en parité pouvoir d'achat. Mais malgré cette incroyable puissance, elle n'en a pas moins été durement touchée par la crise économique de 2008, comme les autres pays intégrés à l'économie mondiale. La récession américaine a renvoyé dans leurs campagnes plusieurs centaines de milliers de mingong (travailleurs migrants). Mais grâce au titanesque plan de relance engagé par les autorités de Pékin dès l'automne 2008 (près de 440 milliards d'euros injectés dans l'économie chinoise), la reprise fut assurée. Le taux de chômage, qui avait grimpé à 9 % l'année de la crise, est redescendu à moins de 5 % durant les années suivantes (selon les chiffres officiels, mais il est sûrement plus élevé).

Il n'empêche : les inégalités entre citadins et populations paysannes vont croissantes et sont à l'origine d'émeutes qui éclatent dans chaque province chinoise. Quant à la dégradation accélérée de l'environnement, il s'agit du défi le plus sérieux que les Chinois doivent désormais relever. Pour l'heure, les besoins énergétiques de la Chine sont immenses. Et pour conserver une croissance soutenue, les Chinois sont partis à la conquête du monde. Leur implantation " éclair " en Afrique a redistribué le jeu diplomatique sur le continent. Un vieil adage asiatique disait : " Quand la Chine s'enrhume, c'est toute l'Asie qui éternue. " C'est désormais un fait : la Chine du XXIe siècle souffle, de plus en plus, le chaud et le froid sur le monde entier...

Principales ressources

Les trois quarts de la Chine sont impropres à l'agriculture. Et avec seulement 7 % des terres cultivables mondiales, la Chine doit nourrir près d'un cinquième de l'humanité. Le riz est cultivé presque exclusivement au sud du Yangtsé, le blé domine au nord ; le maïs, le millet et le sorgho sont les autres principales céréales. La Chine est le premier producteur mondial de céréales, de coton, de colza et de tabac. L'élevage est surtout composé de petit bétail (volaille et porc). Les campagnes restent néanmoins très pauvres, et des millions de " paysans sans terre " déferlent chaque année sur les villes en quête d'un emploi souvent très précaire. Pour juguler cet exode rural, les autorités chinoises ont encouragé le développement des entreprises rurales, qui permettent d'augmenter les revenus des paysans tout en les fixant à la campagne. Les matières premières sont abondantes. La Chine dispose d'un énorme potentiel énergétique de pétrole et de gaz (même si elle reste dépendante des importations dans les deux cas), mais aussi de charbon. Le Shanxi, le " pays noir " du charbon, se prolonge en Mongolie-Intérieure avec cinq mines géantes à ciel ouvert. Le pays s'est également consacré à l'augmentation de sa production d'électricité, à la fois par la construction de centrales nucléaires (en coopération avec la France), et par la construction de gigantesques barrages hydroélectriques (dont celui des Trois-Gorges qui n'est qu'un exemple parmi tant d'autres). La Chine est ainsi devenue le second producteur d'électricité au monde, mais sa production ne suffit pas toujours à répondre à la consommation.

La Chine de l'Ouest et les réserves naturelles

Nul ne peut comprendre les politiques en cours dans le Xinjiang (mais pas seulement) s'il oublie les gigantesques gisements que ce dernier possède. En plus de représenter plus d'un sixième du territoire chinois, ce dernier possède également des réserves de pétrole brut et de gaz naturel qui sont estimées à respectivement 20,9 milliards de tonnes et 10 000 milliards de m³. Ces dernières ne représentent pas moins de 30 % et 34 % des réserves terrestres du pays. Si l'on ajoute à ce déjà riche sous-sol, des réserves de charbon estimées à 2 190 milliards de tonnes (soit environ 40 % du total national), on comprend l'enjeu stratégique du contrôle de cette gigantesque étendue par le gouvernement central.

Place du tourisme

Les magnifiques paysages, l'histoire plusieurs fois millénaire et la brillante civilisation de la Chine, voilà les raisons qui incitent à visiter le pays. L'ouverture économique est allée de pair avec une ouverture au tourisme. Finis les tours organisés des années 1970, les visites des usines modèles et les discours stéréotypés. Consciente de son formidable potentiel touristique, autant naturel que culturel, la Chine s'offre désormais au tourisme de masse comme à celui des backpackers, développant une économie de services en croissance rapide. Actuellement, la Chine est en Asie une des destinations touristiques les plus importantes et la cinquième au monde, en nombre de touristes. En plus, avec l'élévation du niveau de vie de la population, les agences de tourisme étrangères sont venues en foule installer des bureaux en Chine. Et ces dernières années, les citoyens chinois ont principalement choisi les régions de l'Asie du Sud-Est et l'Europe comme destination touristique. Il est estimé que d'ici 2020, 100 millions de Chinois partiront en vacances.

Enjeux actuels

Aujourd'hui, si l'impact de la crise financière de 2008 semble être désormais loin derrière, le défi des autorités consiste toujours à trouver la voie du milieu : une croissance de qualité, qui ne se fasse plus au détriment de l'environnement, du développement durable et des zones rurales. D'autant que les problèmes sont encore nombreux. Pour n'en citer que quelques-uns : hausse de l'endettement, réforme des entreprises d'État, réduction des surcapacités, vieillissement de la population... Le casse-tête continue donc pour l'équipe dirigeante qui, via un ambitieux 13e Plan quinquennal (2016-2020), essaye de rééquilibrer son modèle économique. Pour autant, demeurent inégalités de revenus, inégalités entre les provinces, problèmes sociaux... Les défis de la Chine sont immenses, à la mesure des promesses de ce pays.

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