La capitale du Bangladesh a connu une expansion vertigineuse depuis l'indépendance du pays. Alors qu'elle comptait 1,5 million d'habitants en 1971, elle est passée à 14 millions en seulement 40 ans. Cette explosion démographique a profondément transformé le visage de la ville, qui ne cesse de s'étendre au nord et au sud. Dhaka forme une agglomération d'une vingtaine de quartiers en perpétuelle transformation. Ce développement, le plus souvent anarchique, se fait au détriment de la préservation du patrimoine et de l'environnement. La ville compte peu de monuments historiques d'intérêt et se déplacer d'un quartier à l'autre peut vite virer au cauchemar. En raison d'une circulation épouvantable il faut compter au moins 2 heures pour traverser la ville. Banques et administrations ferment le vendredi et le samedi, rendant alors les déplacements plus aisés. La municipalité tente de limiter la circulation aux abords de la vieille ville et les véhicules à moteur y sont carrément interdits dans les petites rues à proximité de la rivière Buriganga. Ces dispositions permettent d'appréhender l'enchevêtrement de bazars du vieux Dhaka de manière plus décontractée. Ne reste plus qu'à veiller aux rickshaws et aux piétons dans cette fourmilière géante, où chacun vaque à ses occupations. Il faut absolument s'y promener en semaine quand l'activité bat son plein. Le spectacle d'hommes portant des piles de coupons de tissu sur leur tête ou de charrettes à vélo croulant sous le poids de légumes fraîchement débarqués de Sadarghat est à nul autre pareil. Si le charme de la ville s'est effacé derrière des constructions cubiques sans intérêt, son âme tient bon et c'est à Old Dhaka qu'elle réside.

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Une population accueillante
Jeunes écoliers de Dhaka.
Jeunes écoliers de Dhaka.

La véritable richesse du Bangladesh réside dans le coeur de ses habitants. Rares sont les pays où la population se montre aussi curieuse, accueillante et bienveillante à l'égard des touristes qu'ici. A Dhaka, la capitale, vous aurez droit à des sourires, voire à quelques regards insistants empreints de surprise, mais dès que vous vous écartez des grandes villes, votre statut d'étranger vous conférera une aura rarement ressentie. Hommes, femmes et enfants viendront à vous pour vous demander d'où vous venez, si vous êtes marié, quelle est votre religion - et votre nom bien sûr, le plus souvent dans un anglais mal assuré, voire en bengali. Les plus jeunes insisteront pour vous prendre en photo avec leur téléphone en vous demandant un " selfie ", quant aux plus anciens ils insisteront pour que vous les preniez en photo avec votre appareil. Les Bangladais sont fiers de leur pays et ont à coeur de vous en montrer ses meilleurs aspects. Vous vous habituerez vite aux multiples attentions de gentillesse, de la meilleure place dans le bus, au service redoublant de prévenance dans les restaurants, au passant qui vous offrira un thé pour pouvoir discuter avec vous... Ce déluge de bonnes intentions peut parfois se montrer un peu étouffant, et il vous arrivera de regretter votre anonymat. Mais c'est toujours pratiqué avec une telle gentillesse qu'il est bien difficile de résister. De toutes ces rencontres fortuites naîtra peut-être une belle amitié ou une expérience inattendue. Notre meilleur conseil pour partir à la découverte du Bangladesh est de garder votre esprit et votre coeur ouverts, et de profiter de ce qui croisera votre chemin.

Un héritage multiconfessionnel

Terre de conquêtes, le Bengale a été traversé au cours de son histoire par de nombreuses influences venues de contrées plus ou moins lointaines. Des premières dynasties venues des plaines du Gange à l'invasion turque au début du XIIIe siècle, en passant par la domination moghole, chaque souverain a laissé derrière lui la trace de son appartenance religieuse. L'imposition au peuple d'une religion nouvelle, de dogmes et de courants de pensée, faisait rejaillir avec d'autant plus d'éclat la puissance d'une dynastie. Le Bangladesh a conservé de nombreux témoignages de ces différentes périodes, qui se parcourent à ciel ouvert. Des majestueuses ruines bouddhistes de Paharpur (VIIIe siècle) aux mosquées compactes de Bagerhat (XVe siècle), en passant par le délicat temple hindou de Kantanagar (XVIIIe siècle) et la suprenante église arménienne de Dhaka, le pays recèle d'autant de vestiges religieux que de communautés et d'influences qui ont forgé son identité. Ces édifices, en plus ou moins bon état de conservation, témoignent également de l'évolution architecturale dans la région, où la brique a toujours tenu un rôle essentiel.

Pluralité ethnique

Avec 98% de Bengalais, la diversité ethnique ne saute pas aux yeux au premier abord. Le Bangladesh compte tout de même 27 communautés indigènes, essentiellement groupées dans les régions limitrophes de l'Inde et du Myanmar, au nord et à l'est du pays. Désignés sous le terme générique d'adivasi, qui signifie " aborigène " ou " peuple premier ", les origines ethniques de ces peuples varient. Australoïdes, tibéto-birmans ou sino-tibétains, leurs origines sont complexes et parfois lointaines. Ces groupes ethniques ont toutefois su conserver leurs coutumes, préserver leur culture, leur langue et leurs traditions à travers les siècles. Partir à la rencontre des Chakmas, des Bawms ou des Mros dans les collines des Chittagong Hill Tracts, c'est découvrir d'autres modes de vie et un savoir-faire artisanal foisonnant. Vous ne pourrez résister à l'envie d'acheter de belles couvertures tissées à la main ou des paniers en osier tressé.

Au fil de l'eau

Le pays est parcouru par 700 rivières, certaines larges de plusieurs kilomètres, d'autres se réduisants à de minces filets d'eau. L'eau est partout présente et façonne les paysages, l'économie et la culture. En période de mousson, l'immense delta se retrouve immergé pendant plusieurs mois. Puis vient la saison sèche, où l'eau est pompée pour abreuver les rizières. Les cargos glissent sur les fleuves, transportant les marchandises d'un port à l'autre. Les pêcheurs vont et viennent pour déplacer et relever leurs filets. Les fermiers creusent des bassins destinés à l'élevage de crevettes ou de poisson. Et de nombreux Bangladais empruntent tous les jours de petites barques ou de gros ferrys pour passer d'une rive à l'autre, voire d'une ville à l'autre. Une croisière au Bangladesh s'impose, fut-elle seulement longue de quelques heures, afin d'appréhender le pays sous un angle différent, mais tout aussi pertinent.

Le mythe du Tigre

Il resterait environ 400 félins croisant dans les Sundarbans au Bangladesh. Cette mangrove, la plus vaste au monde, est une zone protégée et inhabitée. Les quelques espèces animales qui y vivent sont pour beaucoup menacées. Le tigre du Bengale en fait partie. Pour autant, vos chances d'en apercevoir sont minces, d'abord parce que le tigre est un animal solitaire qui protège un territoire de plusieurs dizaines de kilomètres carrés et qu'il se déplace beaucoup, ensuite parce que la mangrove forme un épais rideau naturel à travers lequel on ne voit quasiment rien. Enfin, vos déplacements dans cet espace naturel protégé sont limités, ce qui réduit d'autant vos chances de rencontre avec le plus gros félin de la planète. Une croisière dans les Sundarbans reste cependant un incontournable lors d'une visite du Bangladesh.

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