Guide du Kirghizistan : Les personnalités célèbres : Kirghizistan

Artistes

Aktan Abdykalykov (1957). Ce cinéaste, à défaut d'être le plus en vue du moment, est le seul véritable réalisateur kirghiz contemporain. Né en 1957, il est diplômé de l'Institut des arts de Bichkek. Les débuts de sa carrière sont difficiles : il passe les dix années précédant l'indépendance au sein des studios Kyrgyz films où il gravit tous les échelons jusqu'à celui de réalisateur. Après un court-métrage discret, La Balançoire, en 1993, il réalise son premier long-métrage en 1998. Le Fils adoptif s'attarde sur le destin d'un jeune Kirghiz dans les années 1960. Il s'attire une certaine reconnaissance des milieux artistiques lorsque son film Maimil, racontant l'histoire d'un jeune garçon, " Le Singe ", est présenté au festival de Cannes en 2001. Son dernier long-métrage, Le Voleur de lumière en 2010, parle des difficultés sociales engendrées par la situation économique critique du pays.

Tchingiz Aïtmatov (1928-2008). Ce fils de haut fonctionnaire communiste, né dans la région de Talas et mort à Nuremberg, en Allemagne, est l'un des plus célèbres écrivains kirghiz du XXe siècle. Alors qu'il n'est âgé que de 10 ans, son père est victime des grandes purges staliniennes. Alors que ses études le destinaient à l'agriculture, il parvient à devenir journaliste et travaille d'arrache-pied pour intégrer, à 28 ans, l'institut Gorki de Moscou. Il arrête alors de traduire des oeuvres russes dans sa langue nationale pour se consacrer à l'écriture de nouvelles qui, à leur tour, portées par leur succès, seront traduites en russe. Il reçoit en 1963 le prix Lénine pour son recueil de nouvelles intitulé Nouvelles des montagnes et de la steppe. Le succès croissant de ses romans (Une journée plus longue qu'un siècle, 1983 ; Les Rêves de la louve, 1987 ; L'Oiseau migrateur face à face, 1989) lui valent de fréquenter l'intelligentzia russe à Moscou. En 1985, il est conseiller culturel de Gorbatchev. Après l'indépendance, il est nommé ambassadeur du Kirghizistan à Bruxelles. Sa production littéraire continue de s'enrichir, et en 2008, âgé de 79 ans, il publie son nouveau roman, Le Léopard des neiges. Ce sera le dernier ouvrage du grand conteur kirghiz puisque, la même année, il succombe aux suites d'une inflammation pulmonaire contractée en Allemagne sur le tournage d'une adaptation cinématographique d'un de ses romans.

Bolotbek Chamchiev (1941). L'un des pères du cinéma kirghiz, acteur et réalisateur, il se fait remarquer dans Chaleur torride, réalisé en 1963 par Larissa Chepitko. Son premier film est en fait un documentaire sur le plus célèbre conteur kirghiz de Manas, en 1966. Il réalisera par la suite une dizaine de films avant d'occuper des postes politiques (député à partir de 1985, ministre du Tourisme en 1998 puis ambassadeur). Il s'oppose à partir de 2002 à la politique du président Azakr Akaev et rejoint après la révolution des Tulipes les rangs du nouveau président Kurmanbek Bakiev. Depuis l'éviction de ce dernier, il est professeur à l'Académie des arts d'Almaty (Kazakhstan).

Susana Jamaladinova (1983). Plus connue sous son nom de scène Jamala, cette actrice native de Och a représenté l'Ukraine au concours de l'Eurovision 2016, qu'elle a remporté avec sa chanson 1944. Elle a sorti trois albums entre 2011 et 2015, et a une propension à mélanger les genres : soul, opéra, jazz...

Sportifs

Kanatbek Begaliev (1984). Ce champion kirghiz de lutte gréco-romaine a perdu en deux rounds la finale des Jeux olympiques de Pékin face au français Steeve Guénot dans la catégorie moins de 66 kg. Né à Talas en 1984, il s'était déjà distingué lors des Jeux olympiques de 1984 où il avait fini 11e du classement moins de 66 kg. Deux ans plus tard, il est finaliste malheureux des championnats du monde. Malgré son succès aux JO de Pékin (médaille d'argent), Kanatbek n'a pas réussi à s'affirmer lors des championnats du monde de 2009, où il ne se classe que 28e. À 25 ans, et bien qu'il soit le meilleur espoir kirghiz dans sa catégorie, il n'est présent ni aux JO de Londres ni aux JO de Rio, d'où le Kirghizistan revient sans aucune médaille.

Ruslam Tiumenbaev (1986). Encore un lutteur, qui exerce cette fois dans la catégorie poids légers (55-60 kg). Né en 1986, les JO de Pékin furent sa première grande compétition, où il s'est illustré non seulement en remportant la médaille de bronze, mais surtout en battant son homologue ouzbek Dilshod Aripov en quart de finale. En demi-finale, il s'incline face au lutteur azerbaïdjanais Vitaliy Rahimov, qui remportera la médaille d'argent.

Orzubek Nazarov (1966). Ce boxeur né à l'époque soviétique dans la province de Chouy s'est fait connaître en décrochant à 20 ans le bronze aux championnats du monde de Reno (poids léger) puis dans la foulée, à 21 ans, l'or au championnat d'Europe de boxe amateur à Turin en 1987. Quelques années plus tard, passé professionnel, son talent se confirme au championnat d'Asie de 1992 puis au championnat du monde WBA des poids légers en 1993, deux titres qu'il ajoute successivement à son palmarès. Il ne perdra ce dernier titre que cinq ans plus tard, face au Français Jean-Baptise Mendy, qui bat le Kirghize aux points le 16 mai 1988. Orzubek Nazarov met fin à sa carrière dans la foulée, après 26 victoires (dont 19 par KO) et une seule défaite.

Talant Dujshebaev (1968). Natif de Frounze, Talant acquiert au milieu des années 1990 une solide réputation de handballeur en étant élu meilleur joueur de l'année à deux reprises, en 1994 et 1996. Durant sa carrière de joueur, il remportera en club un championnat d'URSS (1987), trois Coupes des coupes (1987, 2002 et 2003), deux Ligues des champions (1988 et 1994), une coupe EHF (1993), trois championnats d'Espagne (1993, 1994 et 2004), une Supercoupe d'Europe (2005), et une Supercoupe d'Espagne (2005). Parallèlement, il a remporté la médaille d'or aux JO de Barcelone en 1992 avec l'URSS et la médaille d'or des Championnats du monde l'année suivante avec la Russie. Naturalisé espagnol, il participera à l'essor de l'équipe de handball ibérique avec deux médailles de bronze en JO (Atlanta 1996 et Sydney 2000), deux médailles d'argent (1996 et 1998) et une médaille d'or (2000) en Championnat du monde. En 2000, il a été élu second meilleur joueur du XXe siècle. Reconverti entraîneur depuis 2005, il continue à enrichir son palmarès en Espagne tout d'abord, puis en Hongrie et enfin en Pologne dont il entraîne l'équipe nationale depuis 2016.

Politique

Almazbek Charchenovitch Atambaev (1956) L'actuel président de la république du Kirghizistan a été élu le 30 octobre 2011, après deux ans de gouvernement provisoire dirigé par Roza Otounbaieva. Atambaev n'en est pas à ses premiers pas en politique. Il avait déjà été candidat en 2000 (mais les conditions d'élections ne lui laissaient que peu de chance) avant de devenir éphémère ministre du Commerce en 2005. Il quitte son poste début 2006, dénonçant le népotisme et la corruption du système Bakiev. Ce dernier l'appelle pourtant à occuper deux ans plus tard le poste de Premier ministre. Il n'y restera que quelques mois, en 2007, avant d'être démissionné par Bakiev suite à la réforme constitutionnelle. À nouveau candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2009, qui n'était qu'une vaste mascarade, il fait partie de ceux qui ont contribué à l'éviction du second président Kirghiz. Vice-président du gouvernement provisoire, il en devient rapidement le Premier ministre. Le 30 octobre 2011, il est élu au suffrage universel et succède à Roza Otounbaeva. C'est la première succession politique pacifique du pays.

Roza Otunbaieva (1950). L'ancienne présidente du gouvernement provisoire kirghize a fait ses armes politiques à l'époque soviétique. Après l'indépendance, elle devient la ministre des Affaires étrangères du président Azkar Akaev. Elle le restera 4 ans, avec une longue pause d'un an pendant laquelle elle occupera le poste d'ambassadeur aux États-Unis. Puis elle délaissera de nouveau le gouvernement pour représenter son pays à l'ambassade du Royaume-Uni. La loi obligeant les candidats aux élections législatives à avoir résidé 5 ans de manière ininterrompue dans le pays, l'ex-ambassadrice et ministre des Affaires étrangères se retrouve dans l'impossibilité de représenter en 2005 le parti d'opposition qu'elle vient de créer. Elle ne quittera dès lors presque plus jamais l'opposition, jouant un rôle clé au cours de la révolution des Tulipes en 2005, et encore en 2006 pour contraindre le président Bakiev à adopter une nouvelle Constitution. En 2010, elle parvient à fédérer l'opposition et à s'imposer à la présidence du gouvernement provisoire, tenant les rênes d'un pays tourmenté par la tentative de déstabilisation de Bakiev dans son fief de Djalalabad. En 2011, elle ne se représente pas et laisse sa place à Almazbek Atambaev.

Azkar Akaev (1944). Né en 1944, l'ancien président du Kirghizistan a fait des études de physicien à Leningrad où il obtient son diplôme en 1967. Il passe les dix années suivantes à diriger des recherches dans la même université avant de revenir au pays, en 1977, où il décroche un poste de professeur à l'université de Frounze. Il poursuit néanmoins toujours ses recherches, obtient en 1981 son doctorat de l'Université de physique de Moscou et intègre l'Académie kirghize des sciences dont il assurera la présidence à partir de 1989. Son prestige lui vaut d'être propulsé président de la République kirghize en 1990, battant lors du scrutin le premier secrétaire du Parti communiste kirghiz, Azamat Masaliyev. Un an plus tard, lorsque le Kirghizistan accède à l'indépendance, Azkar Akaev, qui entretemps a été contacté par Mikhaïl Gorbatchev, rien de moins, pour assurer la vice-présidence de l'Union soviétique, devient le premier président de la nouvelle République kirghize. Il sera réélu en 1995 et en 2000. Parmi les cinq ex-républiques socialistes soviétiques d'Asie centrale, le Kirghizistan est donc le seul pays à être dirigé non par un ancien apparatchik du système mais par un homme de science, cultivé et perçu comme un démocrate par l'Occident, même s'il ne cessera jamais d'affirmer ses convictions communistes. Il lancera néanmoins son pays sur la voie de la privatisation des terres et des entreprises et, tout au long de sa carrière, fera figure de " leader démocratique " dans la région, accordant un semblant de liberté à la presse et aux médias ainsi qu'à l'opposition. Mais dans un pays où la population a toujours été habituée aux régimes forts, cet homme sensible et cultivé engageant des réformes ne pourra jamais se départir d'une certaine image de faiblesse que ses opposants mettront à profit pour le renverser. De nombreuses manifestations émailleront ses mandats, auxquelles il mettra souvent violemment un terme (5 morts et 60 blessés en mars 2002 dans la province de Djalalabad). Azkar Akaev, qui n'a plus le droit de se représenter aux élections présidentielles de 2005, finit par aimer le pouvoir au point de chercher à propulser son propre fils à la présidence pour lui succéder, de manière à rester, évidemment, aux manettes. Les derniers mois de sa présidence sont marqués par un renforcement du régime et une dégradation des libertés individuelles et publiques. Les élections truquées entraînent une vague de protestations dans le sud du pays, à Osh et Djalalabad (le président appartient au clan du nord), alors que des manifestants commencent à camper sur la place Ala Tau et face au palais présidentiel pour exiger le départ du clan Akaev. L'opposition entre dans une phase de révolte, soutenue par la plus grande part de la population, lassée de la corruption et de la lenteur des réformes. C'est le début de la " révolution des Tulipes ", au terme de laquelle Azakar Akaev est contraint de s'exiler en Russie alors qu'un de ses anciens Premiers ministres, Kurmanbek Bakiev, prend la tête de l'opposition et s'empare du pouvoir. L'ancien président kirghiz, accueilli par Vladimir Poutine, a retrouvé une chaire à l'université de Moscou où il continue d'enseigner.

Autres

Salijan Charipov (1964). Le premier astronaute kirghiz est natif de la ville d'Ouzgen, dans le Ferghana kirghiz. En 1988, il prend place à bord de la navette Endeavour (mission STS-89) pour aller amarrer l'appareil américain à la station Mir. En 2004, avec le lanceur Soyouz, il effectuera une seconde sortie dans l'espace durant laquelle il passera six mois (192 jours) en orbite, bouclant 2 975 fois le tour de la Terre.

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