Guide du Kirghizistan : Politique et économie

<p>La maison blanche.</p>

La maison blanche.

Politique
<p>Elections legislatives 2005.</p>

Elections legislatives 2005.

Structure étatique

La Constitution du Kirghizistan, adoptée en mai 1993 et réformée en novembre et décembre 2006, prévoyait un régime présidentiel démocratique dans lequel le pouvoir exécutif est confié au président de la République et le pouvoir législatif à un parlement de 90 élus régionaux. Depuis 2010, une nouvelle constitution a conféré le plus gros des pouvoirs au Parlement, qui nomme le Premier ministre et son gouvernement.

Le président de la République. Il est élu au suffrage universel direct pour cinq ans. Depuis l'indépendance, qu'il s'agisse d'Akaev ou de Bakiev, les élections présidentielles n'ont jamais pu être intégralement contrôlées par les observateurs internationaux. Et les scores avec lesquels les présidents kirghiz se sont fait élire, réélire, ou bien ont remporté des référendums, donnent du Kirghizistan une image de république bananière et ne laissent que peu de doute quant à la manipulation des votes et à l'absence de plus en plus flagrante de réelle démocratie. Mais la contestation gronde dans le pays, qui reproche au président la corruption de son régime, et surtout la mainmise de sa famille sur la majeure partie des structures économiques. Les élections législatives de février et mars 2005 mettent le feu aux poudres. Les résultats sont contestés par la population qui lance de grandes manifestations dans les villes principales du pays, et notamment dans la capitale, Bichkek. C'est la révolution de Tulipes, au terme de laquelle Akaev est contraint de fuir le pays pour trouver refuge à Moscou.

Après la révolution des Tulipes, Kurmanbek Bakiev s'engage à réduire le pouvoir présidentiel au profit de celui du Parlement. Il oublie bien vite ses promesses mais les manifestations de Bichkek en novembre 2006 l'amènent à proposer une nouvelle constitution dans laquelle il cède une partie de ses pouvoirs au Parlement. Les membres de celui-ci passent alors de 75 à 90. Un succès de courte durée pour l'opposition puisque dès le mois de décembre, suite à la démission du Premier ministre Félix Kulov et à la crise ministérielle ainsi ouverte, Kurmanbek Bakiev obtient des députés une révision de la nouvelle constitution, qui la rapproche évidemment de celle adoptée en 1993 et lui permet de récupérer une bonne partie de ses prérogatives.

Chassé du pouvoir après les élections de 2009, le pouvoir est alors tenu pendant deux ans par un gouvernement provisoire dirigé par Roza Otounbaïeva, qui avait tenu un rôle important lors de la révolution des Tulipes. En 2011, le Kirghizistan retourne aux urnes. Almazbek Atambaev, membre du parti social démocrate kirghiz et ancien Premier ministre de Bakiev devient le troisième président du Kirghizistan indépendant. Les prochaines élections présidentielles auront lieu en octobre 2017.

Le Parlement. Le Parlement monocaméral compte 120 élus depuis 2010 (contre 90 auparavant) issus des différentes régions du pays. Les dernières élections ont eu lieu en octobre 2015 et se tiennent tous les cinq ans.

Partis

Le parti social démocrate du Kirghizistan est devenu la principale force politique du pays depuis 2010. Il était déjà très influent lors de la révolution des Tulipes en 2005 et la présidente du gouvernement provisoire, Roza Otounbaïeva, y appartient, de même que l'actuel président de la République, Almazbek Atambaev. Lors des dernières élections de 2015, il a remporté 27 % des voix, une large victoire qui lui a permis d'envoyer 12 députés supplémentaires siéger à l'assemblée.

Ata-Jourt est un parti nationaliste fondé à Osh après la révolution des Tulipes. Il regroupe près d'un tiers des sièges du Parlement. Il a fait partie de la coalition anti-Bakiev mais a rompu l'alliance suite à la défaite du leader de son parti à l'élection présidentielle de 2011 face à Atambaev. Le parti est désormais la seconde force politique du pays avec 20 % des voix aux dernières législatives.

Le parti de gauche Ata Meken milite pour une société plus démocratique et plus ouverte. Il est sorti renforcé des élections législatives de 2015 et s'est joint à la nouvelle coalition gouvernementale orchestrée par le SPDK.

Le parti communiste kirghiz ne compte plus que 8 sièges.

Enjeux actuels

L'enjeu majeur de la politique kirghize dans les années à venir sera de stabiliser le pays et de réconcilier les clans de manière durable. D'un certain point de vue, le Kirghizistan est le seul pays d'Asie centrale à avoir renouvelé ses équipes de dirigeants à plusieurs reprises. Mais mise à part la passation de pouvoir entre Roza Otounbaïeva et Almazbek Atambaïev, les changements de régime se sont toujours faits dans la violence. A ce titre, les élections législatives de 2015, si elles ont été saluées par les observateurs internationaux et ont constitué une nouvelle victoire de la démocratie dans le pays, se sont tout de même déroulées sur fond de corruption gouvernementale autour de la mine d'or de Kumtor, poumon économique du pays. Et l'échéance présidentielle de 2017 sera à suivre de près pour que le pays ne dérive pas de nouveau vers les transitions violentes.

Le Kirghizistan devra également chercher à apaiser ses relations avec ses voisins, en particulier l'Ouzbékistan. Les tensions sont évidemment fortes depuis les tueries de juin 2010 même si elles étaient plus dues à une tentative de déstabilisation de la région qu'à de réelles tensions ethniques. Les tensions sont surtout fortes au sujet du barrage sur la rivière Naryn, que Moscou s'est enfin décidée à financer, et qui suscite la colère des Ouzbeks, dont l'économie encore largement basée sur le coton est très gourmande en eau.

Économie
Principales ressources
<p>Mines dans le Tian Shen.</p>

Mines dans le Tian Shen.

Le Kirghizistan a à l'heure actuelle une économie essentiellement agricole (coton, tabac, laine et viande), bien que le pays dispose de ressources minérales qui contribuent à son développement industriel (or, mercure, uranium). Néanmoins l'emplacement de ses ressources, bien souvent en altitude, dans des zones reculées, et l'enclavement du pays rendent leur exploitation coûteuse et peu rentable. Le secteur agricole pèse donc encore pour 29 % du PIB (contre 20 % pour l'industrie et 50 % pour les services) et employait 50 % de la population active en 2009. Le Kirghizistan est, avec le Tadjikistan, l'un des pays les plus pauvres de la CEI.

Après l'indépendance, sous la présidence d'Azkar Akaev, le gouvernement kirghiz s'est très vite lancé dans des réformes visant à la libéralisation et à l'ouverture de son économie : le Kirghizistan est la première des anciennes républiques soviétiques à avoir intégré l'OMC. Le pays a connu une récession économique assez marquée entre 1991 et 1995, juste après l'indépendance, mais les réformes lui ont permis de renouer rapidement avec la croissance, qui a frôlé les 10 % à la fin des années 2000. Néanmoins, la crise, qui a frappé durement le pays et ses principaux partenaires commerciaux, a fait trébucher l'économie kirghize, qui affichait même en 2013 un taux de croissance négatif.

Moins bien doté en ressources naturelles que la plupart de ses voisins d'Asie centrale, malgré la présence sur son territoire de la mine d'or du Kumtor, l'une des plus grandes mines d'or du monde, le Kirghizistan reste caractérisé par une économie essentiellement rurale et en partie nomade, et peine à décoller sur le plan économique. Sa structure industrielle reste très limitée. Sa seule ressource exportable et rentable est l'électricité, dont la grande majorité est générée par les barrages hydroélectriques qui poussent comme des champignons sur toutes les rivières du pays. Le Kirghizistan joue avec son voisin ouzbek le jeu de l'échange électricité contre gaz, sans que les partenaires arrivent toujours à se mettre d'accord, ce qui entraîne en Kirghizie de nombreuses coupures de chauffage... Heureusement, les principaux fournisseurs du Kirghizistan en pétrole et en gaz sont la Russie, le Kazakhstan et la Chine. Le pays reste très dépendant sur le plan énergétique, puisque les combustibles minéraux pèsent à hauteur de 25 % des importations du Kirghizistan. Et si les réserves de gaz kirghiz sont estimées à 6 000 milliards de mètres cubes, la production annuelle, elle, ne couvre pas plus de 5 % des besoins du pays. En 2008, Moscou a en outre renforcé son contrôle sur les gisements gaziers d'Asie centrale et racheté via Gazprom 75 % de la compagnie nationale kirghize de gaz lors de sa " privatisation ". Ses exportations sont très largement inférieures à ses importations. Près de la moitié des exportations concernent donc l'or, exploité en partenariat avec les Canadiens à la mine de Kumtor.

Place du tourisme

Le tourisme au Kirghizistan est encore une activité marginale. La forte instabilité politique, les accès de violence de 1999, 2005 et 2010, les incursions régulières des talibans dans la région de Batken sont autant de facteurs qui ont limité l'essor touristique du pays.

Pour améliorer la situation, en 2009, le pays décide de délivrer ses visas directement à la frontière. Puis, en 2012, il autorise l'entrée sur son territoire sans visa des ressortissants d'une soixantaine de nationalités. Cette mesure, couplée à la création d'une desserte low cost via la filiale de Turkish Airlines, Pegasus Asia, pourrait permettre au secteur touristique de décoller enfin.

Reste une dernière difficulté qui, elle, ne pourra pas être surmontée : la saison touristique, très courte, se limite à l'été et au début de l'automne.

Enjeux actuels

Avec un produit intérieur brut estimé à 6,5 milliards de dollars en 2016, le Kirghizistan est le second pays le plus pauvre de la CEI après le Tadjikistan voisin et compte près de 40 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté. L'enclavement du pays et la généralisation de la corruption à tous les échelons, politiques comme industriels, rend les investissements étrangers difficiles. En outre, le pays demeure gravement marqué par la crise qui sévit en Occident, mais surtout en Russie et en Chine, qui sont ses principaux fournisseurs et clients. La fermeture à Moscou de plusieurs enseignes et marchés a entraîné une baisse significative de l'activité économique de ce " poumon économique " de Bichkek qu'était devenu le grand bazar Dordoy, qui fournit en textiles et autres produits de nombreux marchés de Russie et de Chine. Après un peu plus de 25 ans d'indépendance, la nouvelle donne économique peine à voir le jour.

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