Guide d'Ouganda : Mode de vie

Vie sociale

Famille. Comme partout en Afrique, la famille est l'unité autour de laquelle se basent les systèmes sociaux traditionnels. Le concept de famille doit être entendu dans son acception large, intégrant tous les degrés de parenté ainsi que les liens avec le clan. C'est à la fois une unité de production, de consommation et d'intégration sociale. La forte solidarité qui caractérise pratiquement toute société africaine dépend d'une structure forte que l'on peut synthétiser sous la forme de l'ethnie dont les individus partagent un héritage culturel et une langue commune ; du lignage formé par une grande famille dont la parenté remonte à plusieurs générations ; et du clan composé d'un groupe d'individus qui se réfèrent à une personnalité, un corps de métier ou un animal totem. Beaucoup de familles ayant été décimés par le Sida, les cellules familiales traditionnelles ont souvent éclaté pour laisser place à des modèles basés sur l'entraide entre frères et soeurs où les plus âgés prennent en charge, tant bien que mal, les plus jeunes.

Chaque individu a un rôle et une place bien déterminés au sein de la collectivité, qui lui est transmis par son âge, sa sagesse, son appartenance familiale, son clan, son origine sociale et ethnique... Il est extrêmement difficile de transgresser ces lois " naturelles " pratiquement communes à toutes les ethnies, mais les changements économiques issus de la période post-coloniale et de l'urbanisation de l'Afrique tendent à rompre la cellule familiale élargie.

Cette rupture se matérialise par un déclin progressif des solidarités traditionnelles, l'individualisation conduisant parfois à la marginalité dont les formes les plus graves sont la délinquance, la prostitution, l'abandon des enfants ou des personnes âgées. Aussi, l'Ougandais, comme la plupart des Africains, se trouve-t-il confronté à un dualisme culturel, entre le souci de conserver son identité traditionnelle et le désir de s'intégrer à un monde en pleine mutation fortement influencé par les valeurs occidentales.

A noter enfin, que comme dans beaucoup de pays africains, l'homosexualité est illégale en Ouganda et passible d'emprisonnement. Une loi sur la criminalisation de l'homosexualité a failli être adopté par le Parlement en 2009, soulevant une vague d'indignation dans le monde entier. L'avortement est lui aussi illégal et la mère peut être condamnée à 14 ans de prison et son médecin à 7 ans. Les femmes ont donc souvent recours à des avortements clandestins, lesquels constituent une des premières causes de mortalité féminine dans le pays. De nombreux observateurs locaux s'inquiètent du pouvoir d'influence grandissant des sectes fondamentalistes américaines dans le pays, qui seraient, selon eux, derrière toutes ces lois.

Couples et mariage. Dans la société traditionnelle, la formation des couples et le mariage sont encore liés à certaines traditions, par exemple les mariages dans la fratrie, la tolérance de la polygamie, l'attribution d'une dot, l'union avec des partenaires obligés... Ainsi chez les Bugandais, on ne peut épouser une personne appartenant au même clan que son père ou que sa mère.

Si l'âge légal pour se marier est de 18 ans, le droit coutumier prédomine puisqu'on estime que 17 % des Ougandaises sont déjà mariées à 15 ans. Cependant, et en particulier dans les zones urbaines, ces pratiques ont tendance à s'effacer au profit des moeurs occidentales : choix libre de son partenaire, autorisation du divorce par exemple. En revanche, l'infidélité est bien plus tolérée et la polygamie autorisée. A noter que l'Ouganda est une société patrilinéaire, c'est-à-dire que le mode de filiation se fait par le père. D'une façon générale, en matière d'égalité des sexes, le droit et la pratique coutumiers confèrent à la femme un statut subordonné en ce qui concerne la propriété, l'héritage et le mariage. La femme emménage chez le mari, mais n'hérite pas de ses biens.

Les mariages traditionnels

Partout en Ouganda, les mariages sont l'occasion de grandes célébrations qui précèdent l'union religieuse et civile. Chez les Bugandais, on appelle Kwanjula le jour au cours duquel la fiancée vient faire la présentation officielle de son futur mari à ses parents et à sa famille, après que celui-ci leur a formulé sa demande par écrit. Entre palabres et cadeaux, chaque famille, représentée par un porte-parole, exprime ses doutes et ses exigences quant à la future union, parfois avec virulence, souvent avec humour. On dresse également le portrait de la famille et de ses ancêtres. Les discussions sont suivies de danses au cours desquelles chacune arbore son plus beau gomesi (robe traditionnelle) et la journée se termine par un grand buffet. Dans les villes, désormais marquées par les modes occidentales, les fiancés échangent des bagues, découpent un gâteau et posent devant des photographes. Il n'est pas rare de voir la future épouse en robe blanche. Mais des voix s'élèvent désormais contre ce type de Kwanjula, dénonçant son aspect de plus en plus commercial avec surenchère de cadeaux. On trouve dans les autres ethnies l'équivalent du Kwanjula appelé Okuzaaliibwa Mumaka par les Basoga, Nyom par les Acholi, Nikah parmi les populations nubiennes... A l'inverse, les pasteurs banyankole pratiquent encore l'Okukiriza, soit le kidnapping des jeunes filles qu'ils souhaitent épouser.

Mœurs et faits de société

Rites d'initiation. Les cérémonies d'initiation sont répandues dans la plupart des groupes ethniques d'Ouganda. Dès les premiers signes de puberté, les jeunes gens nubiles sont introduits par un ensemble de rites aux traditions de la tribu conférant à cette dernière une grande cohésion. Après avoir subi les rites, les jeunes garçons ou les jeunes filles sont considérés comme adultes et ont, dès lors, les mêmes droits et obligations que ces derniers. L'initiation est généralement constituée d'épreuves symboliques qui marquent le caractère du jeune initié. Elle se déroule souvent en dehors du village, dans la brousse ou dans un lieu au caractère sacré (colline, grotte...). Le jeune apprend le langage secret qui lui permet d'intégrer les règles de la tribu et d'accéder aux mystères de l'univers et aux forces de la nature. Différentes épreuves, souvent difficiles, lui sont infligées afin qu'il puisse affirmer sa force de caractère. La fin du rite marque la renaissance, après la mort de l'enfance. Cette renaissance est symbolisée par des signes extérieurs (tête rasée, port de bijoux et de parures, peintures corporelles...) et s'achève souvent par un bain purificateur qui vient confirmer l'adhésion du jeune au groupe des initiés. Pour les jeunes filles, les rites d'initiation s'accompagnent généralement d'un apprentissage des tâches domestiques et d'un enseignement du rôle d'épouse. La circoncision, pratiquée par deux peuples, les Sabiny et les Bagisu, est évidemment un moment très important dans la vie du jeune Ougandais.

Quant à l'excision, pratiquée par les Sabiny (ou Sebei), le Parlement ougandais a adopté en 2010 une loi la criminalisant et a même envisagé la prison à vie dans certains cas extrêmes. Toutefois, les ablations continuent clandestinement.

La tradition orale

La tradition orale est en Afrique le principal outil de transmission entre générations de l'histoire de l'ethnie, de la famille, du clan... et des codes de comportement qui lient les différentes sociétés. Les Anciens sont les dépositaires de l'histoire et des traditions qu'ils transmettent aux générations et ils sont évidemment sollicités pour les litiges qui pourraient survenir. Traditionnellement, les conflits ou les problèmes au sein d'une communauté sont discutés entre les membres de cette dernière sous " l'arbre à palabres ". Chaque membre de la communauté a le droit de s'y exprimer (du plus âgé au plus jeune) et de donner son avis sur les problèmes soulevés. Généralement, c'est le chef du village qui préside la palabre mais la décision finale revient à un conseil formé des vieux (les sages) de la communauté.

Religion

Convertis par les missionnaires à partir du dernier quart du XIXe siècle, la majorité des Ougandais sont chrétiens, avec à peu près autant de catholiques que de protestants. La répartition religieuse selon les chiffres officiels est de 80 % de chrétiens (dont 40 % de catholiques et 40 % d'anglicans), 16 % de musulmans et 4 % de cultes divers (hindouisme, animisme, bah'ais...). Toutefois, les musulmans sont probablement bien plus nombreux dans le pays, surtout si l'on se réfère à la population de Kampala. Il existe plusieurs sortes d'islam en Ouganda, un islam " traditionnel ", plus ancien, à majorité sunnite, implanté par les marchands swahilis et les soldats soudanais, et un islam " d'importation ", amené par les différentes communautés indiennes chiites comme les Ismaéliens, dont le chef spirituel est le richissime Aga Khan. Egalement issue du chiisme, la foi bahá'ie, née en Iran au milieu du XIXe siècle, fut introduite en Ouganda en 1951 par une poignée de coreligionnaires venus d'Iran et du Royaume-Uni. Le temple bahá'i de Kampala, juché au sommet d'une verdoyante colline, vaut la visite. Enfin, les églises born again et les témoins de Jéhovah sont très actifs en Ouganda, grâce notamment aux nombreuses missions évangélistes américaines comme dans certains pays d'Afrique.

La religion joue un rôle très important dans la vie quotidienne des Ougandais et les églises connaissent un taux de fréquentation élevé. Dans les régions rurales, les croyances animistes sont restées vivaces bien qu'elles se soient conjuguées au christianisme. Elles reposent sur la croyance en un dieu unique, immatériel et inaccessible, mais présent en chaque chose, arbre, rivière, pierre, animal... qui sont habités par des esprits, relais entre dieu et les hommes. En cas de catastrophe naturelle, d'agression extérieure ou de maladie, ce sont souvent les esprits, et particulièrement ceux des ancêtres, qui sont consultés et invoqués, bien plus que le dieu des chrétiens.

Préparez votre voyage !

transports
  • Vol pas cher
  • Louer une voiture
  • Réservez un ferry
  • Location de moto
hebergement
  • Réservez un hôtel
  • Location de vacances
  • Votre logement Airbnb
  • Trouvez votre camping
Séjours
  • Voyagez sur mesure
Sur place
  • Activités Funbooker
  • Réservez une table
  • Trouvez une activité
  • Activités Airbnb

Adresses Futées d'Ouganda

Avis
Jeu concours

Les jeux concours du moment

Remportez un week-end bien être pour 2 personnes en Auvergne !

Profitez d'une parenthèse enchantée pour 2 personnes en Auvergne avec Aiga Resort.