Guide d'Indonésie : Arts et culture

<p>Sculpture en bois représentant Garuda.</p>

Sculpture en bois représentant Garuda.

Architecture
<p>Détail architectural de Balé Kambang.</p>

Détail architectural de Balé Kambang.

L'architecture indonésienne reflète la diversité des influences culturelles, historiques et géographiques qui ont façonné le pays au fil des siècles. Les invasions, la colonisation, les missions religieuses, le commerce..., tous ont suscité des adaptations culturelles dont les effets se ressentent encore aujourd'hui en termes de techniques et de styles architecturaux. L'influence étrangère la plus prégnante reste l'influence indienne ; néanmoins, les influences chinoise, arabe et — depuis les XVIIIe et XIXe siècles — européenne, ont elles aussi joué un rôle majeur dans l'établissement de l'architecture indonésienne.

L'architecture religieuse est sans doute la plus répandue à travers l'archipel indonésien, mais elle est particulièrement impressionnante sur l'île de Java. La longue tradition de syncrétisme religieux de l'île s'est ainsi étendue jusqu'à l'architecture elle-même, inaugurant notamment des styles authentiquement javanais d'architectures hindoue et bouddhiste (entre les VIIIe et XIVe siècles), puis islamique (dès le XVe siècle), voire (mais à une échelle moindre) chrétienne.

En termes d'architecture traditionnelle, chaque groupe ethnique d'Indonésie dispose de sa propre forme d'architecture vernaculaire, connue sous le nom de rumah adat. Les rumah adat (littéralement, les maisons traditionnelles) constituent l'épicentre des us et coutumes, des relations sociales, des règles traditionnelles, des tabous, des mythes et des croyances qui unissent les membres d'un même village. La maison fournit l'espace rituel pour la famille et la communauté, et elle marque le point de départ de plusieurs activités de ses résidents. Les maisons traditionnelles indonésiennes ne sont pas conçues par des architectes, les villageois construisant eux-mêmes leur propre maison, à moins que la communauté ne participe dans son ensemble à l'érection d'un bâtiment sous la supervision d'un maître de travaux ou d'un charpentier. Quelques exemples de rumah adat parmi les plus reconnaissables incluent : l'architecture batak (du peuple batak, au nord-Sumatra) avec ses maisons jabu en forme de coque de bateau ; l'architecture minangkabau (du peuple minang, à l'ouest de Sumatra) avec ses toits en forme de cornes de taureaux ; l'architecture malaise traditionnelle (rumah Melayu) avec ses maisons en bois sur pilotis ; l'architecture balinaise, avec ses multiples structures individuelles et largement ouvertes, cernées de hauts murs protégeant un jardin central... Le nombre de rumah adat est aujourd'hui largement sur le déclin en Indonésie, et ce depuis la période coloniale, les colons hollandais considérant alors ces maisons traditionnelles comme peu hygiéniques et propices à la prolifération de maladies. Depuis l'indépendance, le gouvernement indonésien continue de promouvoir la maison dite " simple mais saine " (rumah sehat sederhana), plutôt qu'encourager un retour à la rumah adat. Néanmoins, par endroits, il est possible d'observer des rumah adat semi-modernes, conservant les éléments traditionnels principaux tout en les incorporant à une base bétonnée solide.

L'architecture des palais (istana) de chaque région repose largement sur les principes définis pour la rumah adat locale. Cependant, les cours royales ont élaboré des versions plus raffinées de ces styles traditionnels, à l'image des élégants kraton javanais, des exquis palais balinais tels que le Puri Agung à Gianyar, ou encore l'imposant palais minangkabau de Pagaruyung, sur Sumatra, tout juste remis sur pied en 2012 après un énième incendie.

Les XVIe et XVIIe siècles virent l'arrivée de l'architecture coloniale en terre indonésienne, et donc de l'usage de mortier, qui allait bientôt prendre le dessus sur le bois et ses dérivés pour la construction. Pendant deux siècles, les colons ne firent aucun effort pour adapter leur style architectural au climat tropical local. Ce n'est qu'au XIXe siècle qu'apparurent les premières maisons hybrides européo-indonésiennes, reprenant une forme typiquement javanaise mais en incluant des éléments de décoration de mode occidentale, telles que des vérandas ou des colonnes néo-classiques. De plus larges fenêtres et des murs ouverts pour la ventilation modifièrent aussi la forme traditionnelle de la maison coloniale des premières heures. Néanmoins, l'on peut dire que l'architecture coloniale s'inspira moins des techniques de construction locale que l'architecture locale n'emprunta aux techniques étrangères.

Après l'indépendance, l'architecture devint un outil politique censé appuyer les vues politiques du nouveau président Suharto, lui-même ingénieur civil ayant servi un temps comme architecte. De grands projets de forme moderniste furent entrepris, particulièrement à Jakarta, afin de refléter l'atmosphère de fierté nationaliste et de puissance retrouvée d'alors. Dans les années 1970, un retour exagéré aux formes traditionnelles des rumah adat fut même observé dans la construction de bâtiments d'importance, notamment pour les administrations. Depuis les années 1980, les investissements étrangers et la croissance économique du pays ont encouragé l'avènement des styles moderne et postmoderne dans l'architecture urbaine, et les tours de verre qui font aujourd'hui surface dans les grandes villes du pays n'ont plus rien à envier à celles qui poussent dans les autres grandes métropoles mondiales, bien au contraire.

L'exemple le plus flagrant de ces dernières années, si l'on fait exception de la capitale, c'est la ville de Makassar. Sur l'île de Sulawesi, la capitale de l'ex-Célèbes a en quelques années opéré un changement radicale de son architecture. Des dizaines de tours d'acier et de verre se dressent fièrement dans le ciel, plusieurs Mall se font concurrence et le port opère une mue à toute vitesse. Un petit hôtel près de la mer, a tout de même gardé un rappel à un Tongkonan, l'habitation traditionnelle des Toraja.

Artisanat
<p>Confection de batik.</p>

Confection de batik.

Difficile de parler d'artisanat au singulier tant l'art indonésien est multiple dans l'archipel. Art tribal, art religieux, l'éventail est immense. L'art balinais, influencé par l'hindouisme et le bouddhisme ne rappelle en rien le javanais, à l'opposé de celui de la Papouasie. Traditionnels ou vieillis prématurément, on peut même apercevoir des panneaux : " antiquités faites à la demande... ", dénués de toute symbolique spirituelle, parfois même n'ayant aucun rapport avec le pays, les objets que vous rapporterez pour la plupart sont destinés aux touristes. Mais ils contribuent à l'économie du pays et font vivre des milliers de personnes. N'hésitez pas à marchander, sans être indécent non plus. L'art et l'artisanat à Bali sont florissants, notamment parce que, traditionnellement, les matériaux utilisés (bois et pierre volcanique) ne sont pas aussi pérennes que le bronze ou le marbre d'Europe ; les artistes, traditionnellement, avaient donc toujours du travail car ils devaient refaire les statues à intervalles réguliers.

Les textiles

Ikat, batik tulis ou cap, songket, geringsing, prada sont autant de productions de l'artisanat textile d'Indonésie.

La technique de l'ikat, qui consiste à teindre les fils avant de les tisser, perdure dans les îles de Nusa Tenggara et Bali.

Le songket est une broderie de fils d'or ou d'argent dans la soie. Cet art est plus fréquent à Sumatra et à Kalimantan.

Les origines du batik prêtent généralement à des affrontements entre défenseurs de la spécificité javanaise et les défenseurs des origines indiennes, mais les experts pencheront plutôt pour une origine purement javanaise autour du XIIe siècle. La technique du batik consiste à appliquer sur un tissu en coton de la cire chaude ou une autre substance résistant à la peinture, comme la pâte de riz ou de la farine, pour créer et élaborer un dessin.

Le développement de l'art du batik doit beaucoup à la vie du kraton (palais du sultan) comme en témoignent de nombreux récits de voyageurs et les chroniques royales.

A présent, l'industrie du batik représente des centaines de milliers d'emplois et des milliers de petites unités de main-d'oeuvre ainsi qu'une infrastructure chimique pour l'élaboration des teintures. Pour faire du batik, il faut :

Un tissu de coton généralement blanc sur lequel on dessine les motifs au crayon.

De la cire liquide chauffée en permanence dans une petite marmite. En se solidifiant, elle empêchera de couvrir les parties réservées. Cette cire est constituée de différentes résines, de la cire d'abeille et de la paraffine.

Le canting, sorte de stylo à bec. Il est rempli de cire, puis pour la solidifier légèrement l'artisan aspire à distance le liquide.

Le cap sert à imprimer les motifs. Il ressemble à une sorte de fer à repasser en cuivre, constitué d'un motif ciselé et découpé.

Le tissu est préalablement lavé, puis essoré, puis trempé dans un bain d'huile. Lorsque les fibres de coton ont été assouplies, on élimine l'huile en traitant le tissu dans de la paille de riz mélangée à de l'eau. Puis, on le tend sur une planche de bois et on le bat à l'aide d'un bambou flexible. Lorsqu'il est sec et a dégorgé l'huile, la surface souple et légèrement glissante permet le travail du motif. La cire est appliquée sur toutes les parties que l'on veut laisser en blanc et échapper à la teinture. Après la première teinture (on va généralement de la plus claire à la plus foncée), on gratte les réserves que l'on décide de teindre au deuxième bain et ainsi de suite. On le plonge dans l'eau bouillante puis on le sèche. Enfin on applique de la cire sur les zones déjà teintes qu'on désire préserver des nouvelles teintures. On applique de la cire autant de fois qu'il y a de couleurs ou de fonds. Une fois le tissu fini, lourd de cire, on le plonge une dernière fois dans l'eau bouillante, puis on le sèche.

Ces processus de travail demandent parfois des semaines de travail. Les motifs sont nombreux et on peut les classer en catégories et en styles géographiques. Chaque région définit son style : Yogyakarta et Solo, les deux royaumes, ont vu leurs écoles s'épanouir à travers les siècles. L'indigo, le jaune, l'ambre et le marron ont habillé les cours des sultanats et les danseuses de bedoyo et de serimpi. La culture du plaisir sur la côte nord est célèbre pour ses couleurs vives. A Pekalongan, les influences chinoises permettent des motifs de fleurs et d'oiseaux tandis qu'à Cirebon, des fonds carmin ou vermillon supportent dragons et tiges de plantes gigantesques ou le fameux wadas singa (rochers et lions) d'une élégance sublime, où se mêlent lions et arbres à feuilles, ombrelles et dragons.

Métaux et orfèvrerie

La civilisation Dông-Sôn, du Nord-Vietnam a fortement influencé l'Indonésie.

Par la suite, l'empire Mojopahit a développé le travail du bronze. De superbes bols en cuivre ciselés et gravés, embellissent les marchés de Solo.

Bois

Dans un pays qui possède autant de forêts, il aurait été étonnant que le travail du bois ne soit pas si abondant. Les masques en premier lieu, javanais, balinais, les figurines, représentants les dieux hindous, les Ioro blonyo javanais, qui protègent la maison des mauvais esprits. Vous pourrez aussi acheter de la vaisselle, cuillères, bols, récipients, en tout genre. Des instruments de musiques, comme l'angkalung, le kulintang, le didgeridoo, le suling. Enfin, comment passer à coté des meubles, en teck, rotin, bambou...

Que rapporter de son voyage ?

Le tissu indonésien est assurément le souvenir par excellence à rapporter de son séjour. Très travaillé et ultra coloré, il se constitue de milliers de détails ! En coton, en lin ou en soie, il ne ressemble à nul autre et permet de fabriquer différents types de textiles. Les tissus batik, les plus typiques d'Indonésie, dont chaque motif est dessiné puis teint à la main sont la fierté du pays. Ceux-ci font généralement référence à l'histoire et aux traditions, et sont porteurs d'un symbolisme fort.

Les amateurs de café auront l'embarras du choix. L'Indonésie est un grand producteur de café, mais pour frimer en société, c'est le café Kopi Luwak, l'un des cafés les plus chers au monde, qu'il est bon de rapporter. Les graines sont récoltées dans les selles du luwak, une espèce de civette asiatique. Elles sont ensuite nettoyées, séchées au soleil avant d'être torréfiées. Le prix au kilo des grains oscillent entre 150 et 300 euros.

Bali est une destination particulièrement propice au shopping. Depuis toujours, l'art et l'artisanat sont particulièrement vivaces, et le développement du tourisme n'a fait qu'encourager le mouvement. Sculpture sur bois, peintures, plateaux à offrandes ouvragés, poteries délicates, instruments de musique, utilisés dans l'orchestre de gamelan, bijoux en argent, vannerie, marionnettes de théâtre... Les commerces sont généralement ouverts du lundi au samedi de 8h à 21h.

L'arme magique des Javanais

On lui prête des pouvoirs inouïs. Certains peuvent voler tout seul, d'autres blessent leur propriétaire indélicat.

Le kriss n'est pas à mettre entre toutes les mains. Le kriss est une dague munie d'une poignée en bois sculpté ou en ivoire.

La lame peut être droite ou ondulée et près du manche, une excroissance dentelée permet de meurtrir encore plus cruellement la chaire de la malheureuse victime.

Les lames sont forgées par un maître (empu) qui lui donnera ses vertus magiques. Il façonne la lame dans différents alliages de fer et de nickel portés à haute température.

Ensuite, on plonge la lame dans une solution abrasive. Les ondulations sont toujours d'un nombre impair. Le kriss royal est sorti lors des grandes cérémonies du kraton et les dignitaires portent chacun le leur. Il sert également d'accessoire dans les danses et les pièces de théâtre.

A Bali, il participe activement à la transe lors des danses du barong et du calonarang. Le fourreau peut être en bois, biseauté, en métal ou en ivoire. On dit que le kriss javanais vient des poignards en bronze de la civilisation Dông-Sôn. On sait que la coutume de porter le kriss date du XVe siècle. A présent, il est porté par le Dalang à Java, par certains danseurs comme les danseurs de Topeng, de Jauk et de Baris. On utilise la technique du damasquinage (incrustation d'un fil d'or, d'argent, de cuivre sur une surface métallique) et le fourreau est très finement ouvragé.

Cinéma

Le cinéma indonésien a connu son heure de gloire dans les années 1960 à 1970. Il fut un temps où les productions cinématographiques se comptaient par dizaines chaque année. La qualité des films n'était pas toujours au rendez-vous. Ils mettaient souvent en scène de rudes combattants faisant des démonstrations d'arts martiaux (Silat) assez loufoques, mais franchement amusantes. Mais d'autres films étaient également extrêmement tendres et poétiques. On peut par bonheur en voir encore quelques-uns à la télévision en Indonésie. Aujourd'hui, les salles de cinéma proposent 99 % de films américains. C'est tout ce qui intéresse les jeunes. L'Orde Baru (Ordre Nouveau) de Suharto sera parvenu également à anéantir le film d'auteur en Indonésie. Cependant, ces dernières années, ce cinéma semble retrouver quelques lettres de noblesse sur la scène internationale. C'est encore avant tout un cinéma très secret, connu par quelques passionnés, mais nous l'aimons beaucoup.

Les histoires sont souvent tragiques et racontent la misère des petites gens en Indonésie qui souffrent du manque de tout, d'argent, de nourriture et d'amour.

Garin Nugroho est né en 1961 à Yogyakarta. Il a d'abord réalisé des documentaires avant de passer à la fiction, mais ces deux genres restent chez lui toujours intimement liés. Son film le plus célèbre s'intitule Feuille sur un oreiller (Daun di atas bantal). Il date de 1998. La célèbre actrice indonésienne Christine Hakim tient le rôle principal avec trois enfants des rues, Kancil, Sugeng, Heru, qui jouent leur propre rôle au quotidien dans la ville de Yogyakarta. Dans ce film comme dans la vie réelle, ces trois orphelins sont livrés à eux-mêmes. Comme beaucoup d'enfants en Indonésie, ils survivent de petits boulots, du trafic de drogue et de la mendicité. Asih (Christine Hakim), elle-même miséreuse, les prend sous sa protection. Elle en fait ses enfants adoptifs. Mais elle assistera impuissante à leur mort tragique. Ce film, très critique, dénonce les conditions de vie des enfants indonésiens.

Dans Lettre à un ange (Untuk Bidadari - 1993), Garin Nugroho met également en scène des enfants. Lewa perd sa mère à l'âge de 9 ans dans un tragique accident de bus. Ayant trouvé une photo de Madonna dans la carcasse du bus, il va être persuadé que la chanteuse est le portrait de sa mère. Dans ses rêves, un ange veille sur lui et sur la Terre, il lui écrit alors régulièrement des lettres. C'est un film tragique où il verra tour à tour chacun de ses proches mourir jusqu'au jour où il sera lui-même accusé d'un meurtre. L'Amour sur une tranche de pain (Cinta Dalam Sepotong Roti - 1990), est une histoire d'amour inspirée de Jules et Jim. En 2005, c'est à la demande du gouvernement autrichien, pour la célébration du 250e anniversaire de la naissance de Mozart, qu'il réalise Opera Jawa, un film basé sur le Rāmāyana.

Nia Dinata est née le 4 mars 1970 à Jakarta. Cinéaste engagée, ses films questionnent la position de la femme dans la société indonésienne. Le film le plus aboutie de sa filmographie, Love for Share, traite de l'adultère, un sujet délicat, qu'elle considère comme une forme déguisée de polygamie. Le film présente trois cas de figures différents et trois différents choix de réaction pour l'épouse légitime. Ses autres films, Arisan et sa suite Arisan 2, sont deux comédies de société, dans un style inspiré du réalisateur Woody Allen. Son dernier long métrage, Ini Kisah Tiga Dara, est une comédie musicale, dressant le portrait de trois soeurs vivant à Flores, à la recherche de l'amour, entre désir et mariages arrangés.

Parmi les autres réalisateurs connus, on peut encore citer Slamet Rahardjo (Langitku Rumahku - Mon ciel ma maison - 1989) ; Marselli Sumarno (Sri - 1999) ; Teguh Karya (November 1828-1978 et Ibunda) ; Arifin C. Noer (Taksi - 1990).

Sur les films historiques consacrés à des personnages héroïques en Indonésie, citons par exemple Fatahillah de Chaerul Uman et Iman Tantowi et R.A. kartini de Sjuman Djaja. Parmi les réalisateurs étrangers à avoir pris pour cadre historique l'Indonésie, les plus illustres sont L'Année de tous les dangers (1982) de Peter Weir avec Sigourney Weaver et Mel Gibson et Max Havelaar (1976) du Hollandais Fons Rademakers.

Les acteurs célèbres du moment, on peut citer Cinta Laura, actrice-chanteuse eurasienne, née en Allemagne et Baim Wong, connu principalement pour ces rôles dans des sitcoms.

« The Act of killing », un chef-d'œuvre à voir absolument !

Ce documentaire (2012) de Joshua Oppenheimer raconte les massacres anti-communistes de 1965 qui ont fait entre 500 000 et 1 million de morts en Indonésie selon les estimations. Le réalisateur suit les bourreaux pendant tout le film qui expliquent ouvertement comment ils ont tué des milliers de personnes. The Act of Killing a été nominé aux Oscars. En 2014, Joshua Oppenheimer sort The Look of Silence, qui traite aussi des massacres de 1965 sur l'île de Sumatra. Il reçoit le Grand prix du jury du festival de Venise.

L'impunité règne toujours en Indonésie. Cinquante ans après, l'Indonésie n'a toujours pas reconnu les crimes commis contre sa population. L'Indonésie a interdit la projection des films dans l'Archipel et Joshua Oppenheimer est interdit de séjour.

Danse
<p>Spectacle de legong, danse traditionnelle balinaise.</p>

Spectacle de legong, danse traditionnelle balinaise.

La danse javanaise est une des plus raffinées au monde. Le bedoyo est une danse de cour cérémonielle et exécutée uniquement devant le sultan, ses femmes et quelques dignitaires. Malgré l'ouverture vers le monde extérieur, instaurée par le sultan de Yogyakarta vers 1918, les susuhunans de Solo ont jalousement gardé leur secret dans les alcôves du palais.

L'origine de cette danse est traditionnellement imputée au règne du sultan Agung de Mataram au tout début du XVIIe siècle, mais elle peut être également enfouie au sein de l'influence indienne pendant le Mojopahit. Cette danse célèbre la rencontre du fondateur du deuxième royaume de Mataram (Senapati Ingalaga) avec la reine de la Mer du Sud, Roro Kidul. Avant la représentation, les officiants sont tenus de se soumettre à des rites de purification. C'est une cérémonie, un rite et une danse d'amour. La reine de la Mer du Sud est présente, invisible mais présente pour tous.

La danse balinaise

Les plus spectaculaires sont le kecak, le barong et rangda, ou encore le legong, souvent représenté à Ubud ou à Peliatan. Cependant, des dizaines de danses dites classiques ne seront jamais vues par le voyageur car elles ne sont représentées que lors d'un odalan, à une date précise du calendrier.

Le legong provoque généralement l'enthousiasme des touristes qui y voient le symbole même du raffinement balinais.

Il s'agit d'une danse exécutée par trois danseuses, deux danseuses " jumelles ", les " legong ", habillées de brocart et couronnées de fleurs, et la condong (prononcer tchondong), une dame d'honneur. La danse raconte l'histoire d'un roi qui enlève une jeune fille. Le frère de celle-ci tente de la libérer en implorant le roi. Celui-ci refuse. Un oiseau de mauvais augure lui apparaît. Mais l'oiseau meurt dans le combat qui l'opposera au frère de la jeune fille.

Dans la danse du barong, il ne s'agit en aucun cas, comme on le dit parfois à tort, de l'opposition du bien et du mal, mais de la mise en scène de forces antagonistes qui régissent le monde. Les Balinais ne vivent pas dans un monde manichéen. Lorsque la maladie et la mort ravagent un village on fait appel à un génie tutélaire, sorte de lion tibétain, et sans nul doute la plus puissante des figures balinaises, le barong. Le barong est avant tout " banaspati rajah ", le " Seigneur de la forêt ". L'animal est constitué d'une armature en rotin couverte de poils, d'un masque magnifique de lion ou de dragon stylisé et cette architecture est portée par deux hommes qui ont pour mission de le faire danser. Les deux hommes se tiennent l'un derrière l'autre sous la peau de l'animal, et c'est assurément la représentation la plus fantastique à Bali et la plus sacrée.

Des spectacles pour touristes ont été chorégraphiés depuis une trentaine d'années, qui ont intégré le barong et rangda dans une danse dite de kriss. Le spectacle, bien rodé, maintient un rythme rapide et les transes sont très bien simulées.

Le baris est une danse très difficile à exécuter en raison de son caractère d'initiation aux mouvements de base de la danse masculine. Le jeune danseur (entre 12 et 18 ans) doit être doté d'une grande force musculaire et d'une belle souplesse. Les yeux, qui tiennent dans cette danse une place importante, doivent se mouvoir avec rapidité, et exprimer des sentiments souvent non dénués de rouerie.

On pourra assister également au kecak, nouvelle chorégraphie de l'ancien cak, ainsi qu'à des danses masquées comme les différents topengs, le jauk, les sandarans que l'on voit parfois dans un barong, le pendet, le arja et le gambuh, un théâtre chanté et dansé qui date du XVIe siècle.

Littérature
Littérature classique

Les deux épopées indiennes, le Mahabharata et le Ramayana, sont présentes dans tous les arts de l'Indonésie. Que ce soit le théâtre, la danse, le batik, les marionnettes, la sculpture, bref, nous sommes conviés sans cesse à une représentation mentale et pratique de l'épique indien revu et corrigé par les Javanais et les Balinais.

Le Mahābhārata est " l'épopée de la nation Bharata " au XIVe siècle avant J.-C., narrant une guerre qui accumula au fil des siècles contes et légendes, poèmes et chants, peu à peu rassemblés dans cette gigantesque épopée. Le thème central est celui de la lutte pour le pouvoir entre les cent frères Kurawa et leurs cousins, les cinq frères Pandawa.

Le Rāmāyaṇa est un grand poème épique de 24 000 distiques attribué à Valmiki. Grand poème d'amour, il met en scène des épisodes qui sont venus se rajouter un à un au corpus central.

Littérature moderne

L'écrivain indonésien le plus célèbre est Pramoedya Ananta Toer, appelé familièrement Pram. Il est né à Blora en 1925. Arrêté sous l'occupation néerlandaise, puis dans les années 1950 en raison de ses prises de positions antigouvernementales, il est de nouveau emprisonné par Suharto en 1965 jusqu'en 1979 sur l'île de Buru aux Moluques. Finalement libéré, il a longtemps vécu en résidence surveillée. Aucun régime n'est parvenu à dompter cet écrivain marxiste dont l'oeuvre est extrêmement engagée et très critique envers le pouvoir sans partage. Il meurt le 30 avril 2006 à Jakarta. Malgré son impact sur la littérature internationale il n'a jamais obtenu la consécration d'un prix Nobel. Il fut l'auteur d'une quinzaine de romans, de recueils, de nouvelles et d'essais historiques. Plusieurs de ses romans sont traduits en français : La vie n'est pas une foire nocturne (Gallimard, 1993), Corruption (Philippe Picquier, 1991).

Mochtar Lubis, né le 7 mars 1922 à Padang et mort le 2 juillet 2004 à Jakarta est un autre écrivain indonésien célèbre. Lui aussi a été emprisonné par Sukarno, mais pour ses articles pro-occidentaux ! Ecrivain et journaliste, il est notamment le fondateur du quotidien Indonesia Raya. Son chef-d'oeuvre reste Crépuscule à Jakarta dans lequel il dresse un portrait des plus démunis de la capitale dans les années 1950.

Rendra est, quant à lui, le poète le plus fêté d'Indonésie. Ses textes dénoncent aussi l'injustice sociale en Indonésie.

Après la chute de la dictature, en mai 1998, plusieurs auteurs ont émergé sur la scène littéraire indonésienne : Seno Gumira Ajidarma, Dewi Lestari, Goenawan Muhammad, etc. La journaliste indonésienne Ayu Utami a défrayé la chronique avec la publication de son roman Saman (1998, sorti chez Flammarion en 2008), livre dans lequel elle raconte à grand renfort de détails sa vie sexuelle et amoureuse. Plus récemment, la publication du roman Laskar Pelangi (Les Troupes de l'arc-en-ciel) d'Andrea Hirata (2005) a suscité un enthousiasme exceptionnel en Indonésie, avec plus de 5 millions d'exemplaires vendus. Adapté avec succès au cinéma en 2008, le roman prend pour cadre l'île de Belitong, au large de la côte est de Sumatra, et son village de Linggang, lieu de naissance de l'auteur. Depuis, des milliers de touristes indonésiens viennent chaque année en pèlerinage sur les lieux du récit. Avec le soutien d'Andrea Hirata et dans le but de valoriser les arts traditionnels locaux, a même été lancé le Festival des Troupes de l'arc-en-ciel. En quelques années seulement, Linggang est ainsi passé du statut de village anonyme en une attraction touristique et littéraire de premier plan !

Liste de livres conseillée par Marie-Antoine Philippe, spécialiste de la littérature indonésienne :

L'Homme-tigre d'Eka Kurniawan, Gallimard

La Carte du monde invisible de Tash Aw, Robert Laffont

Sang et volupté à Bali de Vicki Baum, 10-18

Retour de Leila S. Chudori, Pasar Malam

Le Monde des hommes de Pramoeddya Ananta Toer

Saman de Ayu Utami, Flammarion

Impertinentes de Nh. Dini, Pasar Malam

Les Guerriers de l'arc-en-ciel d'Andrea Hirata, Mercure de France

L'Enfant de la jungle de Sabine Kuegler, Oh ! Éditions

La légende du Rāmāyaṇa

L'ouvrage décrit la vie du prince Rama (Rāmā), septième avatar de Vishnou, second dieu de la trinité hindouiste. Rama a réussi le tour de force de bander un arc magique lors d'un concours et a gagné le coeur de la princesse Sita. Héritier du trône de son père, il est écarté par les intrigues de sa belle-mère qui veut évincer Rama au profit de son fils Bharata. Rama part en exil avec Sita et son jeune frère Laksmana, pendant 14 ans au terme desquels Bharata lui promet de lui donner le pouvoir.

Pendant cette retraite dans la forêt, Laksmana rencontre une géante qui tente de le séduire. Il se bat contre elle et lui coupe le nez et les oreilles. La géante mutilée va chercher le secours de son frère Rawana qui lui promet de la venger. Rawana part dans la forêt et aperçoit Sita dont il tombe amoureux. Il décide de l'enlever en détournant l'attention de Rama et de Laksmana. Il demande à Marica de se transformer en biche et de capter le désir de Sita. Sita demande à Rama de lui apporter la toison de la biche. Rama part à la recherche de l'animal et confie Sita à son frère Laksmana. La biche reprend forme humaine et lance un cri de détresse en imitant la voix de Rama. Laksmana se lance à son tour à la recherche de Rama après avoir tracé un cercle magique autour de Sita pour la protéger. Rawana ne peut pénétrer dans le cercle magique. Il se transforme en vieillard et tend sa main vers Sita pour qu'elle le soutienne. Elle quitte le cercle magique et Rawana l'entraîne vers son royaume.

Sur la route, Jatayu, l'oiseau ami de Rama, attaque Rawana et, avant de mourir, ira remettre l'anneau sacré de Sita à Rama en lui indiquant la direction prise par le kidnappeur. Chemin faisant, Rama et Laksmana rencontrent Sugriva, le roi des singes, qu'ils vont aider à reconquérir son trône perdu au profit de son frère Subali. Rama tue Subali et remet Sugriva sur son trône. Sugriva confiera son meilleur général, le singe Hanuman (à voir absolument : la statue monumentale d'Hanuman à Jakarta), à Rama pour retrouver Sita. Hanuman prend la tête de l'armée des singes et attaque le royaume de Rawana après avoir franchi un pont construit en une nuit par tous les animaux amis des singes.

Le combat entre Rama et Rawana est terrible, il dure plusieurs années et enfin, la victoire de Rama lui permet de retrouver sa belle. Il revient au pays où on lui remet son trône promis. Mais un doute subsiste. Pendant toutes ces années, Sita lui est-elle restée fidèle ? Il faut donc faire la preuve de la fidélité de Sita. Ce sera l'épreuve par le feu. Sita montera sur le bûcher, mais les flammes ne l'atteignirent pas.

Médias locaux

La loi indonésienne de 1999 sur la presse protège les journalistes, prévoyant des peines allant jusqu'à deux ans de prison et des amendes de 500 millions de roupies (44 000 dollars américains) pour quiconque agresse un journaliste. Mais l'AJI constate que peu d'agresseurs ont été poursuivis en justice sur la centaine  de d'agressions constatées depuis 20 ans. D'après une enquête conduite par Human Rights Watch au début de l'année 2017, plusieurs journalistes indonésiens ont évoqué une atmosphère de peur et d'autocensure dans de nombreuses rédactions, du fait d'agressions et de menaces par les forces de l'ordre et les autorités locales restant impunies, et ne faisant même pas l'objet d'enquêtes sérieuses la plupart du temps.

Presse. L'industrie de l'information en Indonésie comporte plusieurs quotidiens à grande circulation, principalement en bahasa indonesia, mais aussi trois publications en langue anglaise - à savoir le Jakarta Post (le principal), le Jakarta Globe (le plus récent) et le Bali Times (distribué, comme son nom l'indique, principalement à Bali).

Parmi les plus incontournables des journaux en indonésien, vous retrouverez le quotidien à tendance catholique Kompas, le Sinar Harapan basé à Jakarta, le Bali Post basé à Denpasar, ou encore le Suara Karya, l'outil de communication du parti Golkar. L'Indonésie jouit ainsi d'un grand nombre de publications, mais la qualité de l'information, plus particulièrement internationale, est incomparable à celle des journaux occidentaux, et notamment français. Vous y retrouverez néanmoins des dépêches d'agences internationales pour satisfaire votre soif d'actualités, sans oublier que des hebdomadaires tels que Time, Newsweek ou The Economist sont aisément disponibles dans les grandes villes.

Radio. La radio principale d'Indonésie est la RRI (Radio Republik Indonesia), une station publique qui comporte six canaux différents à l'échelle nationale, sans compter ses antennes à l'échelle régionale et locale. De nombreuses stations indépendantes sont également disponibles, dont certaines en streaming sur Internet.

Télévision. Les principaux canaux de diffusion en Indonésie sont ceux de la RCTI (Rajawali Citra Televisi Indonesia, la première chaîne privée du pays, lancée en 1989), de MNCTV, SCTV, Indosiar, MetroTV... La télévision satellite, à l'image d'Indovision ou de TOP TV, sont particulièrement populaires en Indonésie, comme partout ailleurs en Asie du Sud-Est. Vous n'aurez aucun mal à trouver des chaînes en langues étrangères, principalement en anglais (HBO, CNN, ESPN...) mais aussi en français (TV5).

Internet. L'accès à l'Internet n'est pas limité et vous pourrez sans difficultés vous connecter à vos sites d'information ou de divertissement favoris. Dans les malls, bars, hôtels, discothèques des grandes villes, le Wi-fi est quasiment toujours gratuit. Certaines régions ne sont pas bien desservies, à l'image du pays Toraja, du côté de Sulawesi ou d'autres coins un peu plus reculés, à Florès, dans le centre de Java ou de Sumatra. Les Indonésiens sont connus comme des utilisateurs assidus d'Internet, avec un nombre de comptes Facebook et Twitter parmi les plus importants au monde, derrière les États-Unis et l'Inde.

La Gazette de Bali

Le seul média francophone en Indonésie ! La Gazette de Bali est un journal mensuel de 40 pages, imprimé à Bali et distribué à travers toute l'Indonésie. Elle propose un contenu généraliste pour mieux décrypter les cultures indonésiennes et l'actualité de ce vaste pays. Quelques pages pratiques sur Bali sont plus spécifiquement dédiées aux touristes sur Bali, aux résidents et aux candidats à l'expatriation.

Sur Internet, visitez le site www.lagazettedebali.info

Musique
<p>Gamelan accompagnant le théâtre de marionnettes dans le Kraton Ngayogyakarto.</p>

Gamelan accompagnant le théâtre de marionnettes dans le Kraton Ngayogyakarto.

Musique traditionnelle

Le gamelan. Il désigne à Java et Bali un orchestre où dominent les métallophones et les gongs. Il se compose d'un ensemble de percussions créées par un même forgeron qui leur donnera une harmonie de sons, personnelle. Le gamelan est lourd à transporter, difficile à entretenir, cher à fabriquer, c'est pourquoi cet orchestre demeure l'apanage d'une collectivité ou d'une association. Chaque instrument ne peut être isolé et ne sonne pas comme un instrument occidental. Il ne vibre qu'à l'unisson des autres instruments. Un gamelan est généralement composé des instruments suivants : des gongs disposés sur un socle. Des grands gongs circulaires suspendus à un petit portique, des cymbales fixées sur un support, un xylophone avec un nombre varié de lames de bois apposées sur des " résonateurs ", des métallophones, et une petite flûte.

Le dangdut. Le dangdut est une musique très populaire en Indonésie. Le mot dangdut vient du rythme saccadé des percussions " tra-dunk-dunk " = DANG, suivi d'un " beat " plus long " dooot " = DUT. C'est un mélange de musiques javanaise, indienne, arabe et européenne.

Elle rappelle les strates d'immigrants successifs et les influences culturelles étrangères en Indonésie. Le dangdut est partout. Dans la rue, sur des podiums de fortune le samedi soir, à la télévision et à la radio. C'est une musique populaire apparue dans les classes les plus pauvres de la société. Après avoir longtemps été considérée comme une musique vulgaire, elle est aujourd'hui à la mode dans les milieux les plus aisés. Les paroles des chansons, des mélopées très langoureuses, racontent la tristesse, la trahison amoureuse, les divorces et tous les malheurs de la vie. Le rythme est très lent, à la fois sautillant et mélancolique. Cette musique se danse de manière individuelle. Le mouvement est lent également. Les bras, levés, se situent légèrement au-dessus de la tête. Le bassin et les épaules effectuent de petits mouvements circulaires. Les pieds décollent rarement du sol et les genoux sont légèrement pliés. Les poignets effectuent également quelques mouvements circulaires un peu comme une danse orientale.

Le dangdut a aussi ses stars. Rhoma Irama, héros de la classe moyenne, vante dans ses chansons la piété musulmane, la critique sociale et les valeurs familiales. Les reines du dangdut sont, quant à elles, Elvy Sukaesih et Detty Kurnia.

Le keroncong. Formation instrumentale et vocale. Elle est composée de petites guitares (qui font penser aux guitares hawaïennes), de flûte et d'une voix de femme en général qui chante en solo. Les autres musiciens reprennent en choeur le couplet. Cette musique remonte au XVIe siècle et vous reconnaîtrez tout de suite les influences portugaises !

On adore la chanson que tous les Indonésiens reprennent en choeur : Keroncong Kemayoran. Pour entendre cette douce musique très romantique : au hasard au coin d'une rue. Avec un peu de chance... Sinon achetez un CD, mais c'est nettement moins chaleureux !

Musique d'aujourd'hui. Inul Daratista reste la chanteuse et la danseuse la plus célèbre mais de jeunes artistes se font connaître comme Mulan Jamila, Dani Dewa ou Dewi Persik. Parmi les orchestres en vogue, citons Peterpan, Malik & the Essentials et Keripatih.

Quelques instruments de musique indonésiens

Angklung. Inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité en 2010, cet instrument de bambou se secoue. Il produit un bruit étrange, une sorte de claquement.

Bedug. Gros tambour à deux peaux.

Calung. Sorte de xylophone en forme de lame et de tube ou métallophone donnant des notes principales.

Cecèk. Cymbales très petites dans le gamelan balinais " semar pegulingan ".

Enggung. Guimbarde en bambou imitant les crapauds-buffles.

Kulintang. Cet instrument de musique à percussions est composé de huit petits gongs que l'on martèle à l'aide de mailloches.

Rebab. Instrument à mi-chemin entre la vieille et le luth. Il est accompagné d'un archet.

Suling. Cette petite flûte en bambou d'une soixantaine de centimètres produit de nombreuses harmoniques.

Chansons enfantines

Leurs mélodies sont très belles et très douces. Voici l'équivalent de notre " Fais dodo... " :

Nina bobok

Nina bobok,

O, nina bobok,

kalau tidak bobok digigit nyamuk !

(Nina fais dodo, o Nina fais dodo, car si tu ne fais pas dodo, le moustique va te piquer !)

Ou alors celle-ci, équivalent de notre : " Il n'y a qu'une dent dans la mâchoire à Jean... ". C'est l'histoire d'un bel oiseau et d'une grande mère qui n'a plus que deux dents :

Burung kakak tua

Burung kakak tua, hinggap di jendela,

Nenek sudah tua giginya tinggal dua !

Tek dung tek dung, tek dung tralala

Tek dung tek dung, tek dung, trilili,

Giginya tinggal dua !

Peinture et arts graphiques
<p>Musée Arma et sa collection de peintures balinaises.</p>

Musée Arma et sa collection de peintures balinaises.

Bali est reconnue comme l'île des dieux, l'île aux milliers de temples, et devrait-on ajouter, l'île aux millions de peintures. Qu'elles soient modernes ou traditionnelles, elles s'étalent partout, dans les musées, les galeries, à tous les coins de rue, plus particulièrement à Ubud. C'est comme si l'île était devenue une immense galerie.

Tradition

L'art pour l'art était au début l'art pour les dieux. Peintures, sculptures, masques avaient non seulement un usage religieux, mais encore leurs dessins suivaient les règles symboliques et attribuaient les places reflétant leurs fonctions religieuses. Par exemple, les statues pratima, les effigies des dieux visiteurs, devaient être fabriquées dans des matériaux appropriés avec des iconographies spécifiques et laissées dans les autels des sanctuaires. En revanche, les bas-reliefs racontant la descente de l'homme en enfer restaient dans la partie basse du temple et sa partie la plus impure. Même les joyaux restaient imprégnés de signification religieuse. Les kriss, comme symboles de la descendance, étaient forgés par les pandéqui, devaient traverser des rites spéciaux pour exercer leurs talents. De même, les sangging en peinture comme les undagi en architecture. Et la facture de tous ces objets devait être réglée par un calendrier d'interdits et de rites. Quelques jours et quelques heures étaient propices, d'autres non, et il y avait un jeu complexe de cérémonies propres à des lontars " apporté à la vie " (uripanga), ou des masques et des armes dotés de pouvoirs magiques (kepasupati). En raison de ce contexte, la peinture était le reflet de la responsabilité de chacun devant la communauté. L'artiste était le convoyeur des symboles traditionnels, des enseignements et des contes. Les lontars illustrés, les prasi, existent encore aujourd'hui, et on peut encore les voir à Singaraja à Sukawati et à Karangasem. Les peintures, faites sur un coton local, devaient contenir des scènes narratives et être assignées à des endroits précis pour cette fonction. Les panneaux " parba " dans les temples devaient être décorés avec des figures de dieux pendant que la peinture des vêtements devait contenir des illustrations qu'on ne découvrait que dans certaines circonstances, les mariages par exemple. Les peintures classiques devaient être proches du wayang kulit. Les Balinais aiment encore regarder le wayang jusqu'aux premières heures du matin. Et les peintres étaient ceux qui découpaient les figures dans le cuir en racontant les mêmes histoires et utilisant la même iconographie. Dans leur fonction de porteurs des valeurs traditionnelles, les artistes balinais furent pendant des siècles protégés par les cours des royaumes. Le résultat est tangible dans les gria, les maisons de brahmanes, les temples et les palais. Les plus connues sont celles peintes au plafond du Kertagosa à Klungkung, qui était la cour de justice du royaume. Les artisans étaient ceux du village de Kamasan. Et leur inspiration était tirée du wayang et des épopées du Ramayana et du Mahabharata. Ils étaient connus également pour les fameux calendriers balinais.

Influences extérieures

Le début de ce siècle a vu l'écroulement des pouvoirs traditionnels devant les valeurs coloniales. L'influence occidentale s'engouffra dans cette brèche. Les Balinais ont su jouer de cette manne pour en garder le bon et mettre de côté le mauvais. Primordial fut le rôle joué par Walter Spies (1895-1942) dans ce contexte culturel. Walter Spies était musicien et peintre, et arriva à Ubud en 1927. Il y fut invité par le roi d'Ubud, Cokorda Raka Sukawati, qui fut le premier à sentir le rôle que pouvait jouer la culture et l'art. Grâce à Walter Spies, les peintres de la région d'Ubud et des environs purent employer de nouvelles techniques et chercher leur inspiration dans de nouveaux thèmes. La révolution artistique était lancée. Un autre Européen, le peintre hollandais Rudolf Bonnet (1895-1978) s'installa à Ubud en 1929, renforçant l'influence artistique européenne. Ces artistes expatriés capturèrent les paysages balinais, la vie quotidienne, les mille détails de la vie religieuse et les couchèrent sur la toile. Certains couchèrent aussi les modèles. Ils incitèrent les Balinais à faire de même, distribuèrent le papier, la toile, les pinceaux et les couleurs. Autrefois, les Balinais peignaient sur des morceaux de toile venant de Nusa Penida et créaient leurs couleurs avec des poudres qu'ils fabriquaient eux-mêmes à partir des plantes et de la terre. Les concepts de base de la peinture balinaise sont à l'opposé des nôtres, en Europe. Ils ont un concept de l'espace différent. Ils remplissent tout l'espace de la toile, et n'utilisent jamais la perspective. Dans l'espace européen, l'espace est ouvert et la composition structurée de telle façon que le sujet puisse, par la technique de la perspective, se mouvoir et mettre en valeur sa forme et sa fonction symbolique ou réaliste. Les Balinais au contraire ne privilégient pas un thème ou un détail, mais au contraire mélangent plusieurs thèmes et mettent en scène la totalité du sujet narratif. Spies et Bonnet introduisent une nouvelle approche de l'espace et de sa représentation sans jamais parvenir à construire un discours analytique de ce qu'ils rêvaient de faire. La plus grande influence qu'ils eurent fut sans doute de guider les artistes balinais pour la première fois à une conscience individuelle. Ceux-ci commencèrent à signer leurs toiles et à devenir, au sens européen du terme, des " artistes " et des créateurs individuels. Ce mouvement s'étendit au-delà du petit village d'Ubud. Bientôt, des peintres venaient de tous les horizons pour montrer leurs oeuvres aux maîtres allemand et hollandais, leur demandaient leur avis, acceptaient leurs conseils, demandaient du matériel et s'en retournaient avec la fougue propre à leur tempérament. Inspirés par cet enthousiasme, Bonnet, Spies et le roi d'Ubud (Cokorda Raka Sukawati) créèrent l'association " Pitamaha " en 1936. Cette association fut constituée en coopérative qui distribua matériaux, pinceaux, toiles et couleurs, puis sélectionna les oeuvres et organisa des expositions à Java, à Bali et même à l'étranger. Pitamaha devint peu à peu une sorte d'académie pour les peintres balinais. En raison de l'esprit colonial de cette époque et du respect traditionnel envers le maître, les Balinais considérèrent comme sacrés les mots et le style de leurs maîtres européens. Soixante ans plus tard, cette dévotion n'a pas changé quand on voit l'accueil que réservèrent les Balinais à la fondation Walter Spies en 1995. Un style Bonnet et un style Spies apparurent avec pour le premier une grande volonté de reproduire des portraits, des torses de femmes et d'hommes en respectant de façon scrupuleuse les anatomies, et pour le second une symbolique balinisée dans un environnement d'ombres et de lumières luxuriantes.Plusieurs peintres commencèrent à développer leur propre style. La présentation anatomique de sujets mythologiques, en réaction avec la peinture officielle, apparut à Pengosekan et à Padangtegal avec I Gusti Ketut Kobot, Meregeg et Sobrat. Mais le plus doué était sans conteste I Gusti Nyoman Lempad dont l'assurance du trait et la force représentative de description des petites scènes de la vie quotidienne firent de lui le peintre le plus créatif de sa génération. Lempad mourut à 112 ans (mais peut-être était-ce des années balinaises de 210 jours ?) avec un ongle du petit doigt de la main de plus d'un mètre de long. A Batuan, village brahmanique fort connu pour la danse, les artistes développèrent un nouveau style en introduisant une perspective primitive dans les représentations de la mythologie hindoue et les histoires traditionnelles tirées du wayang. Les couleurs furent mises en valeur par des ombres et des nuances de gris.

Nouvelles tendances picturales

Après une période de crise durant la Seconde Guerre mondiale et la période de l'après-indépendance, Bali connut une nouvelle flambée de création dans les années 1960 et 1970. Arie Smit (1916), arrivé en 1956 et installé à Penestanan, distribua des couleurs à la jeunesse et peu à peu fit apparaître un nouveau style avec des surlignages épais et des sujets extravagants. Un travail sur la couleur prenait place également. Pendant ce temps, les artistes de Batuan s'adonnaient aux joies du détail en développant une véritable école de miniatures, d'une beauté époustouflante fondée sur le principe du lavis d'encre de Chine. Peu à peu, Bali attira les peintres nationaux, javanais et d'autres parties de l'Indonésie, comme Affandi, Srihadi et bien d'autres. Leur production, longtemps prisonnière de l'académisme européen domine à présent le marché. Maintenant une nouvelle génération de peintres, venant des académies de Java et de Denpasar, se sont attaqués avec succès à la peinture abstraite. Tusan utilise les offrandes balinaises pour créer un cubisme " à la balinaise ", Gunarsa transforme la danse balinaise et le théâtre pour faire de l'action-painting. Mais un seul semble dominer la scène : Made Wianta a su établir son propre style dans une recherche subtile des couleurs, créant des volumes abstraits mis en valeur par une utilisation systématique et productive du détail.

Les peintres de Kamasan

Les peintres et les dessinateurs furent les artistes au service de la cour de Gélgél et le restèrent également de la cour de Klungkung jusqu'au XXe siècle. Ils étaient " fonctionnaires " de cour et recevaient des terres en guise de salaire dont ils pouvaient uniquement tirer le produit sans jouir du droit de propriété. Leur travail consistait à décorer les différents pavillons royaux, pour le roi lui-même ou pour les concubines. Les dessinateurs ornaient les vêtements de cérémonie et les vêtements des danseurs. On leur demandait également de décorer les tours de crémation. Les princes alliés et voisins demandaient au roi l'emprunt de ses sangging pour accomplir également des travaux d'ornement dans leurs palais. Le style de ces sangging appelé style " wayang ", devint vite populaire et constitua le fonds iconographique de la peinture balinaise jusqu'à l'arrivée des peintres hollandais et allemands à Bali en 1930. Ce style consiste à montrer d'une manière chronologique des personnages des poèmes épiques indo-javanais, de semi-profil pour que l'on puisse distinguer les deux yeux, les jambes et les pieds de profil, et le torse de face, afin de donner une impression de mouvement. Les peintures étaient apposées sur des toiles de coton, sur papier ou sur bois. Les formats étaient de deux sortes : le grand format rectangulaire (langsé) ou une longue bande de plusieurs mètres assez basse (Ider-Ider) qui servaient surtout à la décoration des linteaux de palais lors des cérémonies. C'est une sorte de bande dessinée où l'on peut lire une histoire en voyant défiler les personnages dans un ordre chronologique et dans des scènes séparées par des motifs répétitifs (flammes, montagnes, etc.). On déchiffre une histoire comme on lisait l'histoire des bas-reliefs dans les candi javanais. La fonction de cette peinture est d'ordre didactique. Il s'agissait pour la royauté, par ce système, d'enseigner et de promouvoir des nouvelles valeurs artistiques mettant en scène leurs propres mythes. Les personnages de la peinture de style wayang doivent être immédiatement reconnaissables par certains caractères iconographiques. On reconnaîtra le type de personnage alus (raffiné) par sa représentation en noble héroïque et tempéré, magnanime, tandis que le personnage de ministre ou de guerrier sera symbolisé par un personnage coléreux, inconvenant (kasar ou kras). Le noble a les doigts fins et élancés, le nez droit et non épaté. Tout un type de conventions entrent en jeu : gestes qui expriment la soumission, la colère, le combat. D'autres qui traduisent la méditation ou la domination. Les couleurs trahissent également le type de personnage : le blanc est alus, le rouge exprime la colère.

Caractéristiques du lavis des miniatures

Si la technique est celle du lavis (lavage de l'encre de Chine par l'eau afin d'atteindre tous les dégradés de gris en partant du noir profond jusqu'au blanc), le procédé est la tempéra. L'artiste commence le dessin sur du papier (Canson) ou équivalent, c'est-à-dire assez épais pour supporter les couches d'encre sans onduler et être imbibé. Il s'agit donc d'une technique de surface. Il commence par un dessin au crayon, très précis, jusqu'au remplissage complet de la feuille. Parfois, par impatience, il peut commencer le lavis avant d'avoir fini le dessin crayonné. Le tracé est lent et précis. Il lui faut néanmoins, et c'est l'extraordinaire travail du miniaturiste, avoir un geste sans faille, assez sûr pour accomplir des courbes parfaites, sans la moindre hésitation. Le peintre s'attaque d'abord aux sujets principaux par un lavis dense qu'il applique aux contours extérieurs des éléments iconographiques. Les surfaces sont travaillées par la suite une à une et couche par couche, par dégradés systématiques allant du noir absolu au gris tempéré. L'artiste peut s'arrêter là et finir son dessin en noir et blanc. C'est mal connaître les miniaturistes qui ont réussi à colorier les lavis. Dans ce cas, la couleur (gouache ou encre de Chine de couleur) est monochrome et constituée par un lavis de base. Ils se servent donc du lavis noir et blanc pour faire ressortir la couleur elle-même dégradée par le lavis de départ. La fin du dessin consiste à mettre du relief dans certaines compositions en y ajoutant le détail exquis noyé dans la multitude.

Sculpture

Le bois se trouve partout en Indonésie. L'architecture utilise beaucoup de poutres ou de linteaux de bois sculptés (maisons batak, toraja, sasak, bugis...), ou encore les portes balinaises, sculptées et dorées à la feuille, parent l'entrée des palais. Statues, meubles, panneaux sont autant d'artisanats à la fois traditionnels et en plein développement. Bali n'a jamais autant sculpté et Jepara au nord de Java suscite une demande croissante de meubles, statues, coffres. Les Javanais créent d'extraordinaires meubles et tableaux sculptés traditionnels. Ils sont très chers, mais sublimes.

Traditions
Wayang

Wayang signifie théâtre d'ombre. Toutes les formes de wayang ont emprunté leur répertoire aux grandes épopées hindoues. Le wayang est plus proche du rituel que d'un simple spectacle ou une représentation.

Le wayang kulit. C'est le théâtre d'ombre formé par des marionnettes plates en cuir de buffle et délicatement ciselées. Kulit signifie " peau " en indonésien. Elles sont manipulées par un dalang, le récitant, véritable homme-orchestre de la marionnette et de son ombre. Un grand rectangle blanc, le kelir, est déployé tenu par un portique en bois et éclairé par une lampe à huile en forme de Garuda. Auparavant, seules les femmes voyaient les ombres de l'autre côté de l'écran. Les hommes se plaçaient derrière le dalang. Non loin de celui-ci, assis en groupe, les musiciens du gamelan composé d'une vingtaine d'instruments de musique et du rebab, sorte de viole à deux cordes, auquel s'ajoutent une ou plusieurs chanteuses. Ces dernières sont souvent très belles et attirent nombre de spectateurs uniquement par leur beauté. Les dalangs se tiennent devant l'écran, les jambes dans la position du lotus. Il dispose de deux troncs de bananier dans lesquels il plante ses marionnettes, les bons à droite et les méchants à gauche. Entre le gros orteil et le premier doigt de pied, une cheville lui sert à frapper un des côtés de la caisse de bois (où il range ses marionnettes) pour rythmer les scènes.

Une représentation doit durer neuf heures, de 21h au lever du soleil. C'est vraisemblablement à partir du Xe siècle que naît le wayang avec ses marionnettes et les bras articulés. On ne peut parler de théâtre, mais plutôt d'un rituel puisant ses sources dans le culte des ancêtres et celui des esprits. Le wayang tient une place sociale proche de la catharsis. La manifestation des ombres sur l'écran provoque une émotion puissante susceptible de rétablir l'ordre cosmique perturbé. Le kayon représente l'arbre de vie en forme de losange ou de feuille. Il sert à figurer les éléments, les météores et autres phénomènes du monde ambiant. Le dalang peut manipuler une bonne centaine de marionnettes pendant le spectacle. Le répertoire s'appuie sur le Mahabharata ou le Ramayana.

A l'époque hindoue, les Javanais ont rajouté plusieurs personnages truculents, les quatre Panakawan, serviteurs du Pandawa du Mahabharata : Semar, le père au postérieur énorme et ses trois fils Gareng, Petruk et Bagong. Ces personnages sont des bouffons et pimentent les grandes envolées lyriques du dalang. La trame de l'épopée sert de base à des réflexions métaphysiques et à des diversions politiques improvisées. Les spectateurs apprécient, s'enveniment, crient et rient et applaudissent. Ils ne sont pas tous religieusement assemblés comme au théâtre. Ils partent, reviennent, repartent, parlent à voix basse. A six heures du matin, il reste encore les irréductibles, réveillés par des innombrables verres de thé ou de café. Les étrangers sont déjà partis. Le jour va se lever, les ombres disparaissent.

Wayang golek. Les marionnettes sont en bois. La tête est percée d'un trou à la base du cou qui permet à un petit bâton en bois d'emmancher la tête et de la manipuler avec la main. Les marionnettistes tendent un drap blanc au-dessus duquel apparaissent les marionnettes.

Wayang klitik ou wayang kerucil. Elles sont plates également. Utilisés plutôt à l'est de Java où il n'y a pas de buffles.

Wayang beber. Ses origines remontent au XVe siècle. Il s'agit d'un théâtre constitué par des images peintes sur un rouleau long de 4 à 6 m que l'on déroule d'un côté et que l'on enroule de l'autre. Il y a aussi un dalang et un gamelan. Ce théâtre a pratiquement disparu.

Wayang orang. C'est un théâtre d'hommes. On fait remonter ce théâtre au XVIIe siècle. Il fait appel à une technique savante de gestes et de postures. L'esthétique de ce théâtre est fondée sur le profil des marionnettes du wayang kulit. Les acteurs suivent le gamelan relayé par le récitant. Le délié du coude, la posture de l'épaule, la cambrure de la main, la saisie de l'écharpe qui pend le long de la jambe font partie de ces gestes.

Wayang Topeng. Théâtre masqué. Topeng signifie " masque " et vient de la racine " tup " qui exprime " ce qui s'applique sur le visage ". Ce théâtre remonte vraisemblablement aux premiers Etats javanais hindouisés du VIIIe au Xe siècle. Il existe d'autres types de wayang notamment le wayang tionghoa ou cina ou " ombres chinoises " dont les marionnettes sont en cuir et dont le répertoire est celui du théâtre chinois.

Au rythme des « tibas »

En Papouasie, point de marionnettes. La tradition dans ce coin reculé de l'Indonésie est toute autre. Danse, chants, reconstitutions de combats au rythme des tibas, les tambours traditionnels papous. Les tribus se parent de leurs plus beaux atouts, se peignent le corps de couleurs chamarrées, portent des colliers, des coiffes et le " koteka ", le fameux protège-sexe végétal. Le festival du lac de Sentani rassemble chaque année des milliers d'individus de plusieurs communautés.

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