Guide du Qatar : Politique et économie

Politique
Structure étatique

Monarchie constitutionnelle de type héréditaire, le Qatar s'est doté en avril 2003, par référendum, d'une Constitution dessinant un profil de démocratie. Entré en vigueur en 2005, le texte pose les bases du principe d'indépendance de la justice et instaure l'élection législative. Le pouvoir exécutif appartient à l'Emir, qui l'exerce avec l'aide du Conseil des ministres. Désignés par l'Emir, les 14 membres du conseil ont pour rôle d'assister le chef de l'Etat dans l'élaboration de la politique générale du pays et la mise en place du budget.

Le pouvoir législatif revient au Conseil consultatif (Majlis Al Choura) qui est composé de 45 membres dont les deux tiers ont été élus en 2017 au suffrage universel direct pour 4 ans. Les 15 autres membres étant nommés par l'Emir. Le conseil compte 5 comités permanents : Affaires légales et législatives, économie et finances, service public, affaires étrangères et intérieures, culture et information ; avec pour rôle d'étudier les projets de loi. Le pouvoir judiciaire : c'est l'objet du Titre V de la Constitution qui pose le principe de son intégrité et de son indépendance. Le texte fondamental renforce aussi la position des juges en consacrant leur indépendance et leur neutralité, " garantie du respect des droits et des libertés ". La Constitution permanente précise d'ailleurs qu'ils ne peuvent pas être " démis de leurs fonctions sauf dans les cas prévus par la loi ". Également une cour de cassation, plus haut degré de juridiction.

Hymne national qatari

Serment soit fait par Dieu qui bâtit les cieux
Serment soit fait par Dieu qui donna la lumière 
Qatar toujours demeurera libre 
Purifié par l'âme des hommes sincères 
Prends les ancêtres pour modèles 
Et marche guidé par le Prophète 
En mon coeur 
Qatar est épopée de gloire et dignité 
Qatar est la terre des pionniers 
Qui nous protègent dans l'adversité 
S'ils peuvent se faire colombes en temps de paix 
En guerriers ils se muent à l'heure du sacrifice

Hymne de l'État du Qatar adopté le 7 décembre 1996, lors de l'accession au trône de Son Altesse Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani, Emir du Qatar.

Enjeux actuels
Objectif 2022 : la Planète Foot au Qatar

Par Valérie Ward, www.vivreauqatar.com

 

Pour la première fois de l'histoire de la Coupe du monde de football, la compétition :

1) sera organisée dans un pays du Moyen-Orient (une région du monde qui comptera plus de 500 millions d'habitants en 2022, dont plus de la moitié aura moins de 25 ans) ;

2) aura lieu dans un pays aussi petit (11,437 kilomètres carrés, un peu plus grand que la Corse) ;

3) aura lieu dans un pays arabe ou musulman.

 

La candidature qatarienne a d'abord séduit quatre ambassadeurs prestigieux : Zinedine Zidane, Pep Guardiola, Roger Milla et sir Alex Ferguson, puis le comité exécutif de la FIFA, malgré les températures estivales, au départ le point faible de la candidature de l'émirat. Mais le Qatar a su transformer un handicap en atout, en proposant des stades ultramodernes, avec un système de climatisation écologique fonctionnant à l'énergie solaire - captée par des panneaux photovoltaïques sur les toits afin que le bilan carbone soit nul - pour maintenir une température constante de 27 degrés, même en cas de températures caniculaires dans le pays. Les espaces ouverts autour des stades seront également climatisés pour permettre aux supporters de profiter des lieux avant et après la compétition. Cheikh Mohammed, le président du Comité Qatar 2022, a invité tous les pays au climat chaud à venir expérimenter cette technologie dont la première génération est actuellement utilisée au stade d'al-Sadd.

Aidé par le laboratoire Arup Associates, qui a développé la technologie, le Comité Qatar 2022 a pu dissiper l'inquiétude liée à l'environnement : pour alimenter le système de refroidissement, une ferme adjacente solaire capte les rayons du soleil et réchauffe l'eau, ensuite convertie en glace à l'aide des techniques de la réfrigération industrielle. Le processus complet prend 48 heures, mais la glace qu'il crée constitue la base pour le système de conditionnement d'air les jours de match.
Selon le président du Comité, il s'agit d'une " première mondiale dans le monde du football ; cette technologie de refroidissement propulsera le développement du football à travers le monde ".

Les matchs seront joués dans des sites assez proches les uns des autres, dans un rayon de 50 kilomètres, reliés par un métro, ce qui permettra aux spectateurs de voir un grand nombre de rencontres. Le nouveau métro, la ville de Lusail, son avenue principale. Lors de la dernière Coupe du monde en Afrique du Sud, 32 équipes étaient en compétition, 80 000 personnes - dont 15 000 pour les médias - étaient accréditées et 10 000 fans avaient fait le déplacement. D'où les exigences de la FIFA dans le domaine hôtelier avec 50 000 chambres. Le Qatar sera largement au-dessus puisqu'il proposera 80 000 chambres.

Une initiative ambitieuse

Il s'agit d'un très grand jour pour tous les pays arabes et j'espère que le Qatar fera honneur à l'histoire de cette compétition. Nous vous assurons que l'infrastructure sera en place et que tous les Arabes soutiendront notre initiative. Cela n'a pas été facile pour nous parce que l'équipe emmenée par Sheikh Mohammad n'avait d'autre choix que de renverser des montagnes. Mais la défaite aurait été encore plus difficile à avaler. Pourtant, nous n'aurions pas jeté l'éponge : nous aurions redoublé nos efforts pour parvenir à faire mieux. On nous voit souvent comme un petit pays, mais je sais que nous pouvons accomplir de grandes choses ", avait déclaré son Altesse Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, ancien émir du Qatar, lors de l'attribution de la Coupe du monde au Qatar.

Happy Zizou !

Je suis fier de faire partie de cette candidature, que j'ai soutenue. Je suis fier d'avoir contribué à ce que ce nouveau pays obtienne la Coupe du monde. Le Qatar et, à travers lui, tout le Moyen-Orient méritait cette épreuve, alors ça me rend heureux. C'est la victoire du monde arabe. Le Qatar a été soutenu par tout le monde arabe, je crois que cela a joué un rôle important. Maintenant ils ont un peu de temps pour se mettre au travail et pour faire ce qu'ils savent faire : réaliser de belles choses à travers le sport et le football. Ils ont douze ans pour préparer une équipe et un Mondial extraordinaire ", avait déclaré Zinédine Zidane lors de l'attribution de la Coupe du Monde 2022 au Qatar.

Économie

La chute du prix du pétrole et l'embargo économique des pays du Golfe sur le pays a freiné la croissance de l'économie qatarie de 4,4 % en 2013 à 2,6 % en 2017. Néanmoins le Qatar enregistre un développement économique remarquable, malgré l'embargo économique de ses voisins initié en juin 2017. Ainsi, le pays affiche un PIB de 171 Mrds US$ en 2017 (+2,2 %), ou un PIB par habitant de 108 786 US$, soit trois fois celui des Français. Il affiche un insolent bénéfice de la balance commerciale de +37,35 Mrds US$ en 2017, soit +47 Mrds US$ par rapport à 2016 en comptant la baisse des importations (-9,55 Mrds US$). Pour 2018, le PIB devrait augmenter de 3,1 % du fait de la diversification de l'économie et de la remontée des cours du pétrole et du gaz. Il devrait s'établir à 208 milliards de QAR, selon le FMI.

La transformation d'un modèle économique. Fidèle à sa stratégie de développement des infrastructures, le pays continue aussi la réalisation de nombreux grands projets pionniers dans la région. Aidées par des moyens financiers quasi-illimités, les autorités ont fait le choix d'une politique volontariste centrée sur les investissements, notamment dans les infrastructures (aménagements urbains, routes, réseau de transport public métro et ferroviaire, nouveau port commercial, nouvel aéroport international, infrastructures de loisirs et de prestige) et dans les nouvelles industries (aval pétrolier, acier, aluminium). Fin 2008, les autorités ont lancé un plan de développement à long terme " National Vision 2030 ", officiellement mis en place depuis mars 2011 et articulé autour de 4 axes : création de pôles à vocation mondiale autour de l'économie de la connaissance (Education city), développement d'un hub de transport (métro, tramway nouvel aéroport), constitution d'un hub financier (West Bay). Les autorités qatariennes souhaitent également développer le tourisme : développement exponentiel de la capacité hôtelière du pays en vue notamment de la Coupe du monde FIFA 2022, construction de l'île artificielle résidentielle de " Pearl Island ", ainsi que d'un nouvel aéroport d'une capacité d'accueil de 12 millions de passagers. Il veut aussi développer le tourisme d'affaire, centré sur des séminaires business ou aux très nombreuses conférences internationales organisées par le pays (le MICE market). Dans une logique de diversification de l'économie, le Qatar développe un ambitieux programme d'industrialisation, et mise de plus en plus sur la pétrochimie, l'aluminium et l'aciérie.

Soucieuses de rentabiliser les considérables excédents financiers du pays, les autorités qatariennes ont créé en 2005 une autorité publique pour gérer ses investissements à l'étranger, la Qatar Investment Authority (QIA) doté de 335 milliards de dollars en 2017 (si si). De l'argent quasi illimité donc. Ce fonds souverain a récemment procédé, via ses filiales Qatar Holding et Qatari Diar, à des opérations remarquées : investissement dans le London Stock Exchange et dans le quartier d'affaires londonien Canary Wharf ; participation dans la Barclays Bank ; entrée dans le capital de Volkswagen, dans le contexte du rachat de Porsche par cette dernière, de Vinci, de Veolia, de Lagardère.

Riiiiiiches !

Avec un PIB/habitant de plus de 108 786 US$, soit trois fois celui des Français, le Qatar est considéré comme l'un des pays les plus riches au monde, voire le plus riche. FMI, Banque mondiale et CIA le donnent premier ou deuxième, en compétition avec le Luxembourg et le Liechtenstein.

Relations économiques Qatar - France

Les investissements qataris en France

Ce fonds monétaire gigantesque d'investissement du Qatar (QIA) a investi environ 335 Mrds $ dans le monde en 2018, en particulier en France, dans le sport, les médias, l'hôtellerie de luxe et la distribution. Il ne s'est pas contenté du club de foot du PSG en 2011, mais a aussi acheté le PSG Handball, plusieurs courses hippiques (le Prix de l'Arc de triomphe notamment), la chaîne télévisée BeIn Sports et des droits télé sur le championnat de France de football. Doha est en outre le premier actionnaire du groupe de médias Lagardère (avec 13,03 % du capital), le deuxième du géant de l'hôtellerie AccorHotels (10,3 %) et possède les grands magasins du Printemps. Le Qatar possède des participations minoritaires dans de nombreuses grandes entreprises françaises, dont Total (4,8 %), Vinci (7 %), Veolia Environnement (5 %), LVMH (1 %) et Vivendi (2 %). Des investisseurs qataris détiennent aussi des hôtels parisiens comme le Concorde Lafayette, l'hôtel du Louvre, le Raffles (ex-Royal Monceau) et le Peninsula. L'émir du Qatar possède l'hôtel d'Evreux, sur la place Vendôme, et son frère détient l'hôtel Lambert, sur l'île Saint-Louis. D'autres Qataris détiennent Carlton et le Martinez à Cannes et le Palais de la Méditerranée à Nice. Le Qatar a acheté 35 000 m2 sur les Champs-Elysées et deux casinos et deux hôtels (Majestic et Gray d'Albion) à Cannes. Le fond d'investissement franco-qatari est doté de 300 millions d'euros au départ, il est dénommé Future French Champions et a pour vocation d'investir dans des PME françaises


Les achats qataris à la France

Sur le plan militaire. Le Qatar est un client important de la France, car il a commandé 24 avions de combat Rafale en 2015, pour 6,3 milliards d'euros. Suite à l'embargo décrété par ses voisins du Golfe, le Qatar se cherche de " nouveaux alliés " et a profité de la visite du ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, à son homologue cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani, en septembre 2017, pour afficher sa volonté " d'accroître la coopération économique " avec Paris. " Sur les neuf premiers mois de l'année 2017, nous avons importé 432 millions d'euros et exporté vers le Qatar un milliard d'euros ", a communiqué le ministère lors de sa visite. Un mois plus tard, Emmanuel Macron, lors de son déplacement au Qatar le 7 décembre, a signé pour plus de 11 milliards d'euros de contrats pour l'industrie française. Douze nouveaux Rafale (montant estimé à 1,1 milliard d'euros) ont été commandés, plus une nouvelle option signée sur 36 Rafale supplémentaires à venir. Les premiers 24 avions de combat commandés en 2015 sortiront des usines de Bordeaux Mérignac fin 2018. Ils seront en prime équipés d'un joujou, le pod Sniper de l'américain Lockheed Martin, un capteur optique qui permet de tirer des bombes avec un guidage laser. Le Qatar a affiché ses intentions d'achat de 490 véhicules blindés de combat d'infanterie (VBCI) de Nexter pour un montant de minimum 1,5 milliard d'euros et jusqu'à 3,2 milliards, selon l'armement choisi. Car le Qatar s'arme face aux tensions avec ses voisins pour se protéger en cas d'attaque.

Sur le plan civil, le président français a signé des accords dans l'aviation civile : la commande déjà annoncée en 2011 de 50 Airbus a été confirmée, mais le Qatar a troqué les A320 pour des modèles de dernière génération, les A321 Neo, pour 5,5 Mrds €. Petite déception, la commande d'hélicoptères de transport NH 90 prévue en 2014 n'a pas été confirmée. L'autre gros accord dans le civil porte sur la concession du métro de Doha. Son exploitation est confiée à RKH Qitarat — une coentreprise détenue par la RATP/SNCF à 49 % d'une part, et par la société qatarie Hamad Group (51 %) d'autre part. Soit un marché de 3 Mrds € sur 20 ans. Les premiers tronçons devraient être opérationnels dès 2018 jusqu'à l'achèvement des travaux en 2020.

 

Les investissements français au Qatar

Total a investi dans de nombreux projets dans l'amont et l'aval pétroliers. Technip (associé à Chiyoda) a participé à la construction des plus gros trains de liquéfaction de gaz du monde. Bouygues a remporté le projet de construction immobilière du Barwa Financial District. Areva TD a resigné plusieurs contrats pour le développement du réseau électrique de West Bay à Doha. Enfin, EADS a été choisie pour mettre en oeuvre le projet National Security Shield, réseau intégré de surveillance des frontières terrestres, maritimes et aériennes du Qatar. L'inauguration d'un premier magasin Monoprix à Doha (à la suite d'un partenariat avec le groupe qatarien Ali bin Ali) en novembre 2013 illustre le succès des enseignes françaises au Qatar et le dynamisme de la consommation locale.

Principales ressources

L'embargo économique et diplomatique décrété par les voisins arabes du Qatar le 5 juin dernier, c'est-à-dire l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l'Égypte, a impacté l'économie du Qatar, mais pas sa production de gaz et de pétrole. Ses exportations ont même augmenté. C'est dans les hydrocarbures que le pays recrute le plus, ingénieurs, géologues ou encore responsables achat. L'économie du Qatar reste très largement tributaire des hydrocarbures, qui représentent environ 51 % du PIB. Le Qatar reste le 1er exportateur mondial de GNL (gaz liquéfié) en 2017, avec une part de marché mondiale de 27 %. La remontée des exportations à 64 Mrds US$ (+12 %), dont 85 % d'hydrocarbures, s'explique par l'augmentation du prix du baril, suite à l'accord de l'OPEP.

L'année 2017 a connu une forte hausse de l'excédent commercial (+35 %), à 70 % vers l'Asie, 11 % vers l'Union européenne, alors que le Japon, 1er client du Qatar, a continué de baisser en 2017 (17,3 % contre 19,2 % en 2016), celui tandis que la Chine, 3e client du Qatar, poursuit sa hausse (11, 2%, après 7,9 % en 2016). Les importations du Qatar ont quant à elles légèrement diminué sur l'année 2017 à 31 Mrds USD (-4,5 % en gaz), en raison de l'embargo des pays voisins en juin 2017 (-40 % et -35 % en juin et juillet respectivement). Les principaux fournisseurs du Qatar sont restés l'Union européenne et les États-Unis, avec une part de marché cumulée de 40 %, devant le Moyen-Orient (16 %).
Le Qatar a déposé une plainte fin juillet auprès de l'OMC car l'Arabie saoudite, le Bahreïn et les Émirats arabes unis violent les dispositions du droit commercial international.

Total bien implanté. Présent au Qatar depuis 1974, détient en effet des participations dans le champ d'Al Khalij (100 %), dans le bloc NFB (20 %) du North Field ainsi que 10 % dans l'usine de liquéfaction de Qatargas 1. Le Groupe détient également des intérêts de 24,5 % dans la société Dolphin Energy Ltd et de 16,7% dans le train 5 de Qatargas 2. Total est également partenaire dans la raffinerie de Ras Laffan (10 %), ainsi que dans les usines pétrochimiques de Qapco (20 %) et de Qatofin (48,6 %). Le Groupe détient une participation dans le craqueur d'éthane à Laffan. La production de Total au Qatar s'élève à plusieurs dizaines de milliers de barils de pétrole par jour.

 

Les villes pétrolières

Un enfer de tuyaux enchevêtrés dans tous les sens dans la démesure la plus totale, des immenses tanks circulaires, des puits de pétroles qui flambent à leur sommet, le désert est très impressionnant quand on arrive face à ces immenses villes pétrolières d'acier et de feu. On peut citer les plus connues, qui font la richesse du pays.

Dukhan Industrial City. La plus ancienne, car c'est là qu'a giclé le premier filon de pétrole lors des premières investigations en 1930. Le centre offshore est en travaux de modernisation pour 1,6 milliard de QAR pour couvrir les aspects du développement urbain alentour.

Mesaieed Industrial City. La plus au sud, adjacente au Port Hamad, la nouvelle base navale à peine achevée. Projet de rénovation en cours de 14 milliards de QAR par Qatar Petroleum, aux portes du désert et proche de la mer intérieure.

Ras Laffan Industrial City. A côté de Al Khor et Simaisma, immensité de près de 300 km2, la plus grande exportation de gaz du pays par la mer et unité de liquéfaction du gaz, l'une des plus grandes villes industrielles du monde. Impénétrable.

Gdf-Suez : eau et électricité

La centrale de production électrique et de dessalement de Ras Laffan C, inaugurée en 2011, est la plus grande centrale électrique et usine d'eau potable du pays. Cet important projet d'infrastructure représente une capacité de production électrique de 2 730 MW et de plus de 286 000 m3 d'eau dessalée par jour. Gdf Suez, à travers International Power et ses partenaires Mitsui, Chubu et Shikoku, détiennent une participation de 40 %, l'Emirat du Qatar détenant les 60 % restants. L'électricité et l'eau seront vendues dans le cadre d'un contrat d'achat d'eau et d'électricité de 25 ans conclu avec Qatar General Electricity and Water Corporation. La technologie retenue offre un processus très efficace de distillation et de production d'électricité, permettant d'optimiser la consommation de gaz naturel à faibles émissions. " En tant que premier développeur privé de production d'électricité au Moyen-Orient, Gdf Suez se réjouit de son partenariat de long terme avec l'Emirat du Qatar ", a déclaré Gérard Mestrallet, Pdg de l'énergéticien français. Qatar Electricity and Water Company s'attend à voir les besoins en électricité s'élever à près de 10 GW en 2020, par rapport à la consommation actuelle de 7,6 GW, tandis que les besoins en eau du pays devraient pratiquement doubler, de 1,1 million de m3/jour en 2011 à environ 2,1 millions de m3/jour en 2020.

www.suez.com

Le gaz liquéfié, kesaquo ?

Acheminé par gazoduc en provenance des champs de production, le gaz naturel doit d'abord subir un ensemble de traitements : séparation des condensats liquides, désacidification - par extraction du CO2, de l'hydrogène sulfuré (H2S) et d'autres composants soufrés -, déshydratation et suppression de toute trace de mercure, lequel pourrait corroder les alliages spécifiques utilisés dans les étapes suivantes du process. Il est ensuite pré-refroidi puis fractionné au cours d'une série de distillations destinées à isoler les hydrocarbures lourds qu'il contient encore et, éventuellement, les quantités de propane et de butane commercialisables via la filière Gaz de pétrole liquéfié (GPL). Il passe alors dans une succession d'échangeurs thermiques. Des " trains " de liquéfaction qui, au cours de plusieurs cycles frigorifiques, vont abaisser sa température à environ - 160 °C et l'amener à l'état liquide. A ce stade, son volume est 600 fois moindre qu'à l'état gazeux pour le même pouvoir énergétique. Il est prêt à être stocké à la pression atmosphérique dans des réservoirs de grande capacité, avant chargement dans les méthaniers.

Place du tourisme

Le Qatar a enregistré 2,26 millions de visiteurs en 2017 contre 2,94 millions en 2016 en raison de l'embargo actif depuis le 5 juin 2017. Les visiteurs d'Europe et des États-Unis ont progressé de 10  % et 7% respectivement, mais la croissance devrait s'accélérer avec la suppression du visa pour ces pays, encourageant les escales courtes des voyageurs profitant du hub aérien créé par Qatar Airways. En 2017, 14 nouveaux hôtels ont ouverts leurs portes soit 2 666 nouvelles chambres portant à 25 000 chambres la capacité du pays répartis sur 122 hôtels. 
Le Qatar, conscient que la manne de son gaz sera bientôt tarie, cherche des reconversions tous azimuts, d'autant plus avec la Coupe du monde 2022 à l'horizon et l'embargo économique décrété par ses voisins. Le tourisme en est une. Le pays mise sur ce secteur et investit grandement. Les hôtels sortent de terre toujours plus nombreux et toujours plus luxueux ! Le pays veut investir dans le tourisme, plus précisément le marché MICE (Meeting Incentive, Conference & Events) c'est-à-dire le voyage d'affaires. La Coupe du monde 2022 est l'occasion d'augmenter considérablement ses capacités hôtelières et d'améliorer les transports, avec quelque 200 milliards de dollars investis dans la construction d'hôtels, d'installations sportives, de routes, de transports...

Dans la perspective de la Coupe du monde de football 2022, le pays engage de grands travaux d'infrastructures avec 4 lignes de métro (100 stations, 358 km dont un tiers souterrain), 2 lignes de tramways, 1 ligne de métro automatique, 1 ligne de trains à grande vitesse entre Doha et Manama, plusieurs lignes de trains entre le Nord et le Sud, l'Est et l'Ouest, la construction d'autoroutes pour relier les différentes villes du pays, la finalisation de la phase 1 de l'aéroport de Doha pour 24 millions de passagers et de la phase 2 pour 50 millions, la mise en place d'environ 80 000 chambres supplémentaires...

Enjeux actuels

Le Qatar, gros comme la Corse, indépendant depuis seulement 40 ans et dont les citoyens sont les plus riches au monde, serait en train de conquérir le monde, à grandes brassées de pétrodollars. Des projets immobiliers dans une trentaine de pays, des participations au capital des grandes multinationales, une présence affirmée dans les institutions culturelles : l'appétit des qataris semble sans limite. D'autant qu'il s'accompagne d'un activisme diplomatique soutenu (relayé par sa chaîne d'information Al Jezira), pour faire exister ce petit bout de territoire sur la scène internationale. La monarchie qatarie se passionne aussi pour le ballon rond - il a racheté le PSG, une partie des droits du championnat de France et ses retransmissions et en 2022, la Coupe du monde FIFA de la discipline.

L'objectif et l'enjeu économique majeur du Qatar aujourd'hui sont clairs, d'autant plus depuis l'embargo décrété en juin dernier par ses voisins : diversifier son économie pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures (désormais de 51 %) et développer son économie suivant le programme vision 2030, afin de transformer son économie de rente en économie d'innovation et de services.

 

Les grands projets 2022 : 75 milliards de dollars de construction d'infrastructures

Nouvel aéroport international : 500 000 m², 40 portes, capacité d'accueil de 24 millions de passagers par an, hôtel, train express relié à la ville.

Centre financier Barwa : près de la Corniche, des tours de tailles différentes en cercles concentriques hébergeront les institutions de régulation financière, les sociétés d'investissement et les banques.

Mshreib downtown : 31 ha dont 760 000 m² de surface de plancher brut et 20 milliards de riyals (4,2 milliards d'euros) d'investissement pour refaire entièrement tout le centre commercial de Doha, un quartier rasé et refait entièrement pour redonner une âme à ce coeur de ville à côté du Souq Waqif, qui compte notamment un musée remarquable.

Ville nouvelle de Lusail : au nord de Doha, dans le prolongement des chantiers de The Pearl, le projet de Lusail prévoit le développement d'une nouvelle cité "smart city" destinée à héberger 190 000 personnes et à recevoir 90 000 visiteurs dans ses commerces, ses avenues et ses marinas.

Oryx Express/Le métro : objectif 2018 pour le lancement des premiers tronçons de ce réseau ferré de plus de 300 km, constitué de quatre lignes desservant 98 stations et notamment tous les sites du Mondial en 2020.

Adresses Futées du Qatar

Où ?
Quoi ?
Avis