Guide d'Oman : Politique et économie

<p>Falaj rénové à Oman.</p>

Falaj rénové à Oman.

Politique
<p>A l'intérieur du Majlis, le conseil consultatif du Sultanat d'Oman.</p>

A l'intérieur du Majlis, le conseil consultatif du Sultanat d'Oman.

Depuis 1970, Sa Majesté le sultan Qaboos bin Said est au pouvoir.

Structure étatique

Le sultan Qaboos est le chef de l'Etat, son autorité suprême et le chef des armés. Il détient les pouvoirs législatif, exécutif et militaire. Ses fonctions comprennent, entre autres, le maintien de l'indépendance et de l'intégrité du territoire, la protection de la sécurité interne et externe, la sauvegarde des droits et privilèges des citoyens, le respect et l'application de la loi, la direction générale des Affaires de l'Etat, ainsi que la prise de mesures necessaires pour faire face aux dangers qui pourraient menacer son pays ou son peuple. Le sultan préside le Conseil des ministres. Il nomme ou révoque les Premiers ministres adjoints, les ministres, les sous-secrétaires d'Etat et les juges suprêmes. Il promulgue les lois, ratifie les traités et accords internationaux, décide du budget de l'Etat et octroie l'amnistie pour les châtiments. Promulguée en 1996 par décret royal, la loi fondamentale de l'Etat couvre tous les aspects de l'appareil gouvernemental et des droits de l'homme. Elle définit les fonctions du sultan, fixe le cadre juridique pour toute législation future et prévoit la succession.
L'action du sultan s'appuie sur le Conseil d'Oman, composé du Comité consultatif (Majlis A'Shura) et du Conseil d'Etat (Majlis al-Dawla). Ses biens personnels sont gérés par le Diwan de la cour royale, qui se charge également d'organiser les meetings avec l'extérieur, accueils V.I.P., etc. Accessoirement, le Diwan peut jouer un rôle de médiateur entre le peuple et le sultan. Il essaye d'aider les plus démunis en accord avec la politique commune. Les membres du Comité consultatif sont élus par le peuple tous les trois ans (hommes et femmes âgés de plus de 21 ans, sauf avis contraire en cas de maladie mentale, de casier judiciaire...). Les partis politiques n'existant pas en Oman, les candidats se présentent à titre individuel. Ils doivent être de nationalité omanaise, jouir d'une excellente réputation et avoir une bonne éducation ! Dans le sillage du Printemps arabe et des manifestations de 2011, le sultan a offert au Conseil un certain pouvoir législatif et fait entrer trois des leaders de la contestation dans l'assemblée. Le Conseil d'Etat a la charge de la préparation d'études pour la mise en application des plans et programmes de développement, de la recherche de solutions aux problèmes économiques et sociaux, ainsi que de la recherche des moyens pour encourager les investissements, réformer l'administration et améliorer l'accomplissement de ses tâches. Le sultanat est divisé en huit régions administratives, elles-mêmes subdivisées en districts ou wilayat dirigés par des wali. Trois régions bénéficient d'un régime spécial et ont un statut de province. Les gouverneurs de Mascate et du Dhofar sont ministres d'Etat. Quant au Musandam, plus éloigné, il jouit d'une plus grande autonomie. Les autres wali sont responsables devant le ministre de l'Intérieur. Le rôle du wali est celui de médiateur dans les conflits. Il sert aussi de réseau de communication, est chargé de faire des enquêtes sur les cas sociaux et préside les comités locaux portant sur des questions liées au développement. Chaque mois, une audience est organisée entre le wali et les membres de sa communauté pour discuter des problèmes de la région (barzah).

Politique extérieure

La politique extérieure du sultanat remonte au début du XIXe siècle, au moment où se formalisent ses relations avec l'Empire britannique. Oman fait aujourd'hui partie des plus grandes organisations régionales et internationales et entretient des relations diplomatiques avec plus de 136 pays. En 1971, il est devenu membre de la Ligue Arabe et des Nations unies. En 1972, il a rejoint l'Organisation de la conférence islamique et, en 1973, le Mouvement des pays non-alignés. En 1981, il est devenu membre et cofondateur du Conseil de Coopération des Etats du Golfe qui devrait donner lieu à l'entrée en vigueur d'une union douanière et monétaire à devise unique avec les Etats membres. Enfin, le protocole d'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce fut signé en 2000.
En ce qui concerne ses positions politiques dans le Golfe, le sultanat a toujours soutenu le processus de paix au Moyen-Orient, lancé à Madrid en 1991. En 1998, le sultan Qaboos recevait le prix de la paix internationale du Conseil national des relations arabo-américaines. Plus récemment, il a fortement soutenu l'appel des membres du sommet de la Ligue arabe à Beyrouth pour l'établissement d'un Etat palestinien dont l'est de Jérusalem serait la capitale. En ce qui concerne la question de l'Irak, le sultan est partisan de la préservation de l'unité irakienne, dans le respect et la volonté de son peuple.

Le Sultanat a eu l'occasion, dans la période récente, de réaffirmer sa doctrine extérieure, basée sur le dialogue et la neutralité. Il a notamment refusé de prendre position activement en faveur de la coalition arabe au Yémen et de participer au blocus mené contre le Qatar suite aux décisions prises en juin par l'Arabie saoudite et ses alliés. De même, sur la question iranienne, relancée par la sortie américaine de l'accord sur le nucléaire, le Sultanat refuse de s'aligner, revendiquant ses bonnes relations avec son grand voisin. Cette position apparaît toutefois de plus en plus fragile, dans la mesure où l'Arabie saoudite pourrait forcer le Sultanat à " choisir son camp " au fur et à mesure de la montée des tensions régionales.

Une puissance pacificatrice et entremetteuse

Ainsi que l'analyse Alexandre Mouthon dans son excellent article du 5 mars 2016 sur la géopolitique d'Oman (source : diploweb.com), la politique extérieure du sultanat est basée sur la " non-ingérence et le non-alignement " :

" Ne pas s'opposer, ne pas participer, ne pas être contraint par les alliances, favoriser l'utilité au détriment de la puissance, " pacificatrice ", " entremetteuse ", tels sont les maîtres mots de la politique extérieure menée par le sultan Qabous. [...] L'histoire du sultanat d'Oman est celle d'un pays d'interface, entre la péninsule arabique, la Perse, l'Afrique de l'Est, la sphère indienne (les Indiens du Goudjerat sont nombreux à Oman) et l'Occident. Elle se prolonge aujourd'hui dans les choix diplomatiques régionaux du sultan, qui fait tout pour ne pas déstabiliser sa société afin d'éviter les crispations identitaires communautaires qui pourraient alimenter une radicalisation de l'opposition. Ses récentes prises de position dans les enjeux régionaux illustrent la cohérence de sa politique déjà mise en oeuvre pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988).
Refusant d'intervenir au côté de Riyad au Bahreïn, en mars 2011, dans l'effervescence des contestations en Tunisie et en Egypte, la population a revendiqué plus de justice sociale dans un élan de désir démocratique. A Oman, le modeste mouvement citoyen de 2011 se cristallise alors surtout sur une demande d'annulation des crédits personnels auprès des institutions bancaires. Elle se solde par une ouverture du robinet de la rente, créant des emplois dans l'administration et augmentant les prestations sociales, afin d'acheter la paix sociale. Le sultan refuse alors l'aide financière de dix milliards de dollars proposés par le CCG (Conseil de Coopération du Golfe).
Ses excellentes relations avec Téhéran vont lui permettre de jouer les intermédiaires entre les Etats-Unis et l'Iran dans les négociations (2013-2015) sur le programme nucléaire iranien. (...)

Les relations avec la Syrie de Bachar el-Assad n'ont pas été interrompues. Youssef al-Alawi Abdullah, chef de la diplomatie omanaise, s'est rendu en Syrie pendant l'été 2011. Le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid al-Moualem, a réservé sa première visite dans un pays du Moyen-Orient au sultanat d'Oman en août 2015, marquant ainsi le rôle incontournable de médiateur du sultan Qaboos dans la sortie de crise syrienne.
Oman ne participe pas à la coalition des pays arabes contre l'EI en Syrie et en Irak aux côtés de l'Arabie Saoudite et de ses alliés. (...) Mascate conserve une distance de bon aloi avec la puissance saoudienne en restant à l'écart de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) et de l'Organisation des Pays Arabes Exportateurs de Pétrole (OPAEP). Mais ses choix de positionnement par rapport aux organisations internationales, régionales et intergouvernementales, ne l'empêchent pas d'être membre de l'ONU (1971), de la Ligue arabe (1971) et de l'Organisation de la Coopération Islamique (OCI) en 1970.

Son rôle dans la libération d'otages permet au sultan Qaboos de façonner son image dans les heureux dénouements. C'est le cas en 2009 avec la libération de trois Américains, arrêtés en Iran, puis de deux autres en 2011. Cette même année, trois humanitaires français, ex-otages au Yémen, transitent par Oman. En 2012, c'est au tour d'une Iranienne, détenue aux États-Unis, d'être de retour. En août 2015, Isabelle Prime, une Française détenue au Yémen, est accueillie au sultanat. En juin 2015, suit un journaliste américain. En septembre 2015, une dépêche de l'AFP annonce l'arrivée à Oman, depuis Sanaa, de trois Américains, de deux Saoudiens et d'un Britannique."

Source : Géopolitique d'Oman : les choix d'une pétromonarchie discrète. Par Alexandre Mouthon, le 5 mars 2016 sur diploweb.com (http://www.diploweb.com/Geopolitique-d-Oman.html)

Enjeux actuels

Le sultan souhaite moderniser son appareil gouvernemental et offrir à son pays un niveau élevé de développement. Ses efforts doivent encore se concentrer sur la formation et l'emploi des jeunes, ainsi que la démocratisation des droits des femmes. Depuis plusieurs années, le sultanat mène une politique d'omanisation dans les emplois des secteurs privé et public. Certains emplois (comme chauffeur de taxi, de bus, employé de relations publiques dans les entreprises privées) sont donc exclusivement réservés aux Omanais, exclusivité étendue en 2004 à la vente de prêt-à-porter, textiles et tissus, et à la fabrication de bateaux de pêche. En 1998, le ministère avait déjà introduit le système de " carte verte " pour les entreprises ayant atteint leur taux d'omanisation et remplissant les critères requis en terme de relation de travail. Cependant, cette politique ne va pas sans créer un déséquilibre entre les Omanais et les expatriés, origine de tensions et conflits internes. Pendant que certains font les difficiles, d'autres sont prêts à accepter un maximum de travail sous-payé, donc plus intéressant pour l'employeur.
Enfin, se posera un jour le problème de la succession du sultan, aujourd'hui âgé de 77 ans. En principe, cette question est réglée par la loi fondamentale qui stipule que le gouvernement est une monarchie héréditaire par les descendants de sexe masculin de la lignée du sultan Said Turki bin Said. Cependant, au cas où le trône deviendrait vacant, le successeur serait choisi par le Conseil de famille régnante dans les trois jours suivants. Dans le cas où ce Conseil n'arriverait pas à un accord, le Conseil de défense confirmerait la nomination de la personne désignée préalablement par le sultan.

Économie
<p>Marché aux bestiaux de Nizwa.</p>

Marché aux bestiaux de Nizwa.

Principales ressources

Jadis fondé sur le commerce interne régional et le commerce maritime international, en particulier l'exportation de dattes, d'agrumes et de poissons, l'économie du pays repose aujourd'hui essentiellement sur ses ressources en pétrole et gaz. Afin de réduire la contribution des hydrocarbures au PIB et surtout au Budget (70 % des recettes provenant de l'exploitation et de la vente de pétrole et de gaz), un programme national d'accélération de la diversification a été initié en 2016 pour soutenir cinq secteurs prioritaires que sont la logistique, le tourisme, la pêche et l'aquaculture, les industries manufacturières et les mines.

Le pétrole

Découvert dans les années 1920, le pétrole a véritablement commencé à être exploité à la fin des années 1960 avec de premières exportations commerciales en 1967. L'industrie du pétrole est en large partie pilotée par le groupe PDO (Petroleum Development Oman), véritable " État dans l'État ", détenue à 60 % par le gouvernement et à 40 % par des multinationales (Shell 34 %, Total 4 % et Partex 2 %). Les principaux gisements se trouvent dans la partie déserte du pays, à Yibal, Natih et Fahud. L'exploitation des hydrocarbures a largement contribué à faire atteindre son niveau de développement actuel au pays, classé dans la catégorie des classes à revenus élevés par la Banque Mondiale (PIB de 18 000 USD par habitant et par an). Oman demeure néanmoins un " petit " pays en termes de production avec environ 1 million de barils de pétrole par jour qui le positionnent au 26e rang des producteurs mondiaux. Cependant, le pétrole pose le problème de l'épuisement à terme des ressources (même si le pays, via PDO, a su devenir l'un des experts mondiaux en matière de techniques de récupération améliorée de pétrole " EOR "), et de la volatilité des cours. C'est ce constat, couplé à la chute des cours en 2014, qui a poussé les autorités à intensifier leurs efforts en matière de diversification de l'économie.

Le gaz

D'importants gisements de gaz naturel ont été découverts en 1991, dans la région d'Al-Wusta. Cette même année, la toute nouvelle compagnie Oman LNG fut chargée d'organiser les opérations en aval de liquéfaction, transport et vente du gaz, les opérations en amont étant gérées par PDO. Inaugurée en 2000, l'usine omanaise de gaz naturel liquéfié, située à Qalhat près de Sur, est le résultat du plus important projet de construction jamais réalisé à Oman. C'est ici que le gaz est transformé puis exporté. Le principal client est la Corée qui, en 1996, a signé un contrat de 25 ans pour la fourniture annuelle de 4,1 millions de tonnes de GNL (gaz naturel liquéfié). D'autres pays sont clients, comme le Japon, Singapour et le Bangladesh. Oman produit près de 35,5 milliards de m3 de gaz par an, et ce niveau est amené à progresser sensiblement compte tenu de l'entrée en production fin 2016 du champ de Khazzan (opéré par BP) et les nouvelles réserves découvertes par PDO.

Les minerais

Les Omanais exploitent depuis près de 5 000 ans des mines d'or, d'argent et surtout de cuivre dans la région nord de la Batinah. Le gouvernement attache une grande importance à ce secteur, et encourage le secteur privé omanais et les sociétés étrangères à investir dans ce domaine. De nouveaux relevés géologiques et géophysiques sont entrepris pour identifier les sites contenant du cuivre et de l'or, et des explorations sont constamment en cours. Le plan quinquennal 2016/2020 fait du secteur minier un enjeu prioritaire de la diversification... bien que le potentiel minier du Sultanat ne soit toujours pas complètement établi.

Secteur primaire

Le secteur primaire représente à peine 2,6 % du PIB, et le gouvernement fait de gros efforts pour le soutenir et l'encourager et investir dans l'élevage et la pêche, ce dernier segment demeurant très largement traditionnel. Deux laboratoires de recherche agricole ont été créés, l'un chargé de la production et l'autre de la protection des espèces. Oman n'est autosuffisant qu'à 40 % et met l'accent sur le développement de branches telles que l'aquaculture, l'élevage de volailles, la culture hors-sol...

Agriculture

Oman est un pays importateur net de certaines denrées alimentaires de base comme les produits laitiers, le riz cuisiné et la viande. Globalement, les fruits et légumes sont, eux, produits en quantité suffisante pour absorber la demande locale. On distingue l'agriculture sédentaire des plaines côtières (irrigation par puits) et des plateaux intérieurs (irrigation par falaj) de celle en terrasses du Hajar.

Pour être performant, ce secteur exige cependant une gestion intelligente des ressources en eau dans un pays où le stress hydrique s'est intensifié ces dernières années du fait de la sécheresse persistante, de la progression démographique et de l'urbanisation. Le ministère encourage donc de plus en plus l'usage de méthodes modernes d'irrigation. De plus, les produits à planter sont soigneusement sélectionnés en fonction de la quantité d'eau que leur culture nécessite.

Le pays cultive principalement des dattes et des bananes, ainsi que des citrons verts, du blé, du sorgho et certains légumes de saison : tomates, pommes de terre... La culture de dattes, qui était la principale culture d'exportation au XIXe siècle, connaît aujourd'hui un regain d'intérêt. Elle représente plus de 60 % des terres cultivables et les récoltes sont de bonne qualité. 200 variétés de palmiers-dattiers ont été recensées à Oman. Le secteur privé a été encouragé à investir dans les différentes industries de transformation de dattes et de produits issus des arbres.

Autre produit exporté : la noix de coco. Sur 6 847 tonnes de production annuelle, 1 700 tonnes sont exportées, le reste étant consommé localement. Les cocotiers couvrent 396 ha des terres cultivables du Dhofar. Une usine de production de lait de coco est à l'étude.

Même si son rôle n'est plus aussi prestigieux qu'autrefois, l'encens est toujours apprécié à Oman. Il est recueilli de quelque 8 000 arbres qui poussent à l'état sauvage dans le Dhofar. Le gouvernement prévoit d'en planter 40 000 autres.

Pêche

La véritable renaissance de la pêche en tant qu'industrie locale remonte à 1978, au moment de la création du Fonds d'encouragement aux pêcheurs. Ce fonds est en fait une aide financière octroyée pour l'achat de petits bateaux de fibre de verre et de moteurs hors-bord, initiative qui a permis aux communautés de petits pêcheurs de retenter leur chance. 90 % des prises provenaient de la pêche traditionnelle, contre 10 % de la pêche industrielle. Celle-ci est d'ailleurs réglementée et limitée à 15 % de la totalité des prises dans les eaux territoriales omanaises. Plus de 150 espèces de poissons et de crustacés ont été identifiées. Le thon, le mérou, le kingfish et les sardines sont les plus communément consommés localement ou exportés, ainsi que, dans une moindre mesure, les crevettes, les ailerons de requin ou les langoustes. Le pays exporte principalement vers les pays de l'Union européenne. Pour autant, Oman est devenu ces dernières années importateur net de poissons, la hausse de la demande, rapide, se heurtant aux caractéristiques très traditionnelles des modes de pêche et à la perte en compétence des Omanais - nombre de pêcheurs ayant préféré se tourner vers d'autres activités. Face à ce constat, le gouvernement entend investir davantage et moderniser le secteur : des pêcheries ont été mises en place dans le Golfe d'Oman et dans la mer d'Arabie, sardiniers et thoniers se motorisent et le développement de la pêche à la langouste de l'île de Masirah et de la côte du Dhofar apporte une ressource d'exportation. La raffinerie de sel de Qurayyat produit annuellement 3 000 tonnes de sel de table et 5 000 tonnes de sel industriel. Un taux de croissance annuelle de 5,6 % est attendu dans ce secteur jusqu'en 2020. Ces initiatives restent toutefois insuffisantes en l'absence d'une réelle flotte commerciale et de port moderne. Sur ce point, le plus important port de pêche du pays est en cours de développement à Duqm, les autorités ambitionnant d'en faire un hub.

Privatisation

Si le pétrole reste aujourd'hui la principale ressource naturelle du pays, le sultanat d'Oman (26e producteur mondial) dispose de réserves pétrolières limitées, parmi les plus faibles de la péninsule et parmi les plus difficiles d'accès. Le gouvernement a décidé de relancer la production en privilégiant la mise en oeuvre de techniques de production assistée et la privatisation du secteur : chaque année, le gouvernement propose de nouvelles concessions aux investisseurs internationaux pour des contrats de partage de production.

Place du tourisme

Fort de ses nombreux atouts, de la stabilité du pays (absence de tout incident terroriste) et riche de promesses, le tourisme fait partie des secteurs clés de la politique de diversification du pays. Les autorités sont conscientes de ce potentiel et se sont lancées dans des plans ambitieux de rénovation du patrimoine culturel et cultuel (forts, musées, mosquées...). Le plan Vision 2020 prévoit de faire du Sultanat une plateforme régionale des voyages et du tourisme et de faire passer la part dans le PIB de ce dernier secteur à 6 % d'ici 2040. Avec un objectif de croissance fixé à 7 % par an, le gouvernement encourage les capitaux étrangers directs et une plus grande participation du secteur privé. Le développement des infrastructures de transports, et notamment le nouvel aéroport international de Mascate, officiellement inauguré en mars 2018, participe de l'attractivité du pays. La compagnie nationale Oman Air a d'ailleurs entrepris l'extension de sa flotte et du nombre de ses destinations.

Parallèlement, le gouvernement encourage le développement de plusieurs gros projets, notamment aux lisières nord et sud de Mascate (Al Mouj et Sifah), dans le Dhofar (marina d'Hawana, hôtels et résidences attenantes...), et dans des secteurs plus reculés comme Duqm. Sont aussi favorisés le développement des infrastructures hôtelières et l'implantation des grandes chaînes internationales : ouvertures récentes de 2 hôtels de la prestigieuse chaîne Anantara à Salalah et dans le djebel Al Akhdar, d'un nouveau Rotana à Muscat, d'un luxueux Kempinsky dans le quartier d'Al Mouj, d'établissements des groupes hôteliers Centara, Marriott, Crown Plaza, Radisson Blu, Ibis style, immense projet en cours par la chaîne Jumeirah au niveau de la baie de Bandar Jissah, etc.

En plus des moyens mis en l'oeuvre, le pays souhaite mettre en place des équipes compétentes. Une Académie de Tourisme et d'Accueil d'Oman a été créée dans le but de former de jeunes Omanais aux métiers du tourisme ; la spécialité de guide touristique y est proposée. De plus, les étudiants de l'université Sultan Qaboos de Seeb reçoivent une formation théorique et pratique leur permettant de travailler dans les agences, hôtels ou sur le terrain.

En termes de positionnement et malgré quelques initiatives de construction d'auberges de jeunesse et la possibilité sur place de se nourrir pour une poignée d'euros, la destination reste chère. Le pays essaie de favoriser un tourisme de luxe, ce qui est d'autant plus surprenant que ses richesses sont à même de satisfaire tous les modes de voyage et découvertes, et notamment celles des grands voyageurs un peu baroudeurs. Positionnement ambivalent : le camping est largement toléré dans tout le pays et constitue une merveilleuse aubaine pour découvrir les beautés d'Oman hors des sentiers battus. Et de plus en plus d'établissements 2 et 3-étoiles ouvrent leurs portes à Mascate et dans les régions intérieures. Les difficultés en matière d'octroi de licence et de formation du personnel freinent toutefois la réalisation de certains projets.

La France est aujourd'hui le 14e marché émetteur et le 3e marché européen après le Royaume-Uni et l'Allemagne. Les Français sont de plus en plus nombreux à plébisciter le sultanat et ont été 49 913 à fouler le sol de ce pays en 2017 (+21 % par rapport à 2016). Oman est désormais programmé par une centaine de tour-opérateurs et devrait avoir de plus en plus le vent en poupe grâce à la valorisation en cours de l'ensemble de ses attraits.

Packages Oman-Zanzibar

Fort du succès des combinés développés avec Dubaï, le sultanat poursuit son essor touristique grâce à une association, logique et justifiée, avec celle qui fut jadis son île soeur, Zanzibar, ancienne capitale du sultanat pendant une partie du XIXe siècle. Des vols directs vers l'île africaine sont proposés par la compagnie nationale Oman Air plusieurs jours par semaine afin de favoriser la découverte couplée de ces deux destinations culturelles et balnéaires, parmi les plus envoûtantes de l'océan Indien.

Enjeux actuels

La stratégie économique d'Oman est basée sur des plans quinquennaux qui fixent les objectifs de tous les secteurs gouvernementaux. En 1995, a eu lieu la conférence Oman 2020 où ont été ébauchées les grandes lignes de la politique de développement du sultanat sur 25 ans. Après avoir atteint un niveau de développement raisonnable avec de réels succès en particulier au plan de la santé, il était temps pour le pays de faire le point et de prévoir d'autres sources de revenus que le pétrole. Pour ce faire, le Sultanat s'est lancé dans un ambitieux programme de diversification de son économie. L'enjeu pour les années à venir est donc de continuer à croître, tout en se désengageant progressivement de la sphère pétrolière au profit d'autres secteurs que sont l'industrie, le tourisme et, dans une moindre mesure, la pêche. Un projet d'extension des ports de Salalah et de Sohar a été officiellement approuvé par le gouvernement, ainsi que le développement d'une zone économique spéciale à Duqm, actuellement en pleine construction, qui constitue la plus grande réalisation du pays. Ces projets veulent concurrencer directement les ports émiratis où la majorité des gros-porteurs de la région font actuellement escale. Le Sultanat a en effet encore le potentiel d'exploiter davantage sa position stratégique en dehors du détroit d'Hormuz et de ce fait toujours en eau libre.

Le Sultanat compte à ce jour 4 zones franches et 7 zones industrielles, ainsi que plus de 400 unités industrielles (dont 35 % sont des joint-ventures avec des entreprises étrangères). La plus récente zone franche est située autour du port industriel de Duqm sur une surface de 177 000 ha. Ceci en fait la plus grande du Moyen-Orient et parmi les dix plus grandes au monde. Ce méga-projet regroupe, dans les limites de la zone franche, le plus grand port de pêche du sultanat, la réalisation d'un aéroport international (livré au cours du 2nd semestre 2018), une nouvelle ville prévue pour accueillir à terme 300 000 habitants, plusieurs complexes touristiques ainsi que plusieurs milliers d'hectares de zone industrielle. Toutefois, pour le moment, l'essentiel des investissements à Duqm sont portés par les entreprises chinoises, avec le soutien de Pékin, qui voit en Oman une base arrière d'une rare stabilité dans la région pour son projet de nouvelles routes de la soie (" Belt and Road Initiative "). Ce qui peut à terme inquiéter quant à la dépendance économique du Sultanat vis-à-vis de la Chine, qui absorbe déjà 70 % des exportations de pétrole omanais...

D'autres projets sont à l'étude pour la construction de nouvelles centrales électriques couplées à des unités de dessalement d'eau de mer. La production d'électricité est actuellement entièrement gazière et, malgré ses réserves en gaz importantes, le Sultanat souhaite diversifier son mix énergétique pour y inclure à la fois du charbon et des énergies renouvelables. Trois projets de centrales solaires et trois projets de parcs éoliens ont déjà été annoncés, d'une capacité totale de 2,65 GW.

Cette politique de grand développement est d'autant plus nécessaire que l'ombre du chômage pointe à l'horizon (17 % selon l'Organisation Internationale du Travail), en particulier pour les jeunes actifs (50 %). Le secteur public, qui affiche un taux d'omanisation élevé (84 % contre 13 % dans le secteur privé) n'est en effet plus en mesure d'absorber les 45 000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail tous les ans. Confronté au " printemps omanais " en 2011, le gouvernement a en partie sur-réagi en créant 50 000 emplois dans la fonction publique (principalement dans l'armée et la police), épuisant ainsi ses marges budgétaires. Conséquence de la chute des cours du pétrole, le déficit budgétaire a depuis atteint des niveaux records (-21 % du PIB en 2016, -11 % en 2017), empêchant le maintien de cette politique d'embauche. En réponse aux revendications sociales persistantes, le ministère du Travail a promis fin 2017 la création de 25 000 emplois, portée cette fois-ci par le secteur privé. Confronté aux réalités de terrain, le principe de l'omanisation des emplois révèle malheureusement ses limites... Dans les faits, cette promesse se traduit par des pressions accrues sur les entreprises contraignant à l'embauche de nationaux et par une suspension de la délivrance de visas expatriés, qui ne résolvent en aucun cas les problèmes sous-jacents de la faible productivité des travailleurs omanais comparée à la population expatriée et de son coût exorbitant (incluant notamment une augmentation salariale obligatoire de +3 % par an). D'autant que les Omanais se résignent d'eux-mêmes à rejoindre le secteur privé, où les employeurs sont nettement plus exigeants et les salaires moins élevés. De manière regrettable, cette dégradation du climat des affaires intervient au moment même où le Sultanat recherche activement des investisseurs étrangers pour mener à bien sa diversification économique.

Source : Service économique de Mascate, Direction Générale du Trésor, ambassade de France en Oman.

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