Guide d'Afrique du Sud : Arts et culture

Que ramener de son voyage ?

Des objets en bois ou en pierres semi-précieuses. Les objets vendus ne sont souvent pas fabriqués en Afrique du Sud, mais il est difficile de le savoir. Si vous achetez une peau de bête, n'oubliez pas de demander un certificat d'achat pour pouvoir la ramener chez vous.
Il faut marchander dur bien sûr. Bien souvent, le prix peut être diminué de 20 à 30 %. S'il vous reste de la place, ramenez une bouteille d'amarula (le goût est semblable à celui d'une crème de café). L'amarula est un fruit du bush, très apprécié par les éléphants et les babouins. A l'aéroport, achetez du biltong sous vide, que vous pourrez faire déguster à vos amis lors d'un apéro. Le meilleur moyen d'acheter vos souvenirs en une seule fois si vous êtes pressé est de vous rendre au Roof Top Market à Rosebank (Jo'burg), le dimanche.

Cinéma
Les débuts

Des images de guerre pour les actualités furent tournées, pour la première fois dans le monde, en Afrique du Sud durant la guerre anglo-boer. En 1916, c'est le premier long-métrage en langue afrikaans, Die Voortrekkers, signé Harold Shaw, façon " conquête de l'Ouest ". Durant le tournage, racontent les historiens, les Noirs engagés pour jouer le rôle des assaillants zoulou se prirent au jeu. Leur attaque lancée, ils ne voulurent pas s'arrêter, ne tombèrent pas sous les balles de cinéma et se ruèrent sur les comédiens blancs. La police montée intervint, tuant un figurant pour de bon ! L'événement politique est signé Lionel Rogosin qui, en 1959, ose tourner dans une cité noire Come Back Africa, où l'on voit une certaine Miriam Makeba. De 1956 à 1962, plus de 60 films de fiction sont tournés, dont une quarantaine en afrikaans. Pendant longtemps, les ciseaux de Dame Censure se sont dessinés en ombre chinoise derrière l'écran des salles obscures.

Le cinéma contestataire

Le cinéma sud-africain est riche en oeuvres contestataires connues davantage à l'étranger que dans le pays. Mais depuis la fin de l'apartheid, les exilés sont de retour.

Darrel James Roodt a grandi à Johannesburg. Il a remué l'histoire du cinéma sud-africain avec Place of Weeping (1982), premier film anti-apartheid qui l'a révélé aux Etats-Unis, puis The Stick (1987), un film contre la guerre, interdit pendant deux ans dans son pays. Sarafina ! (1992) et Pleure, ô pays bien aimé (1995) ont reçu une reconnaissance internationale et applaudi pour leur conscience politique et le traitement de sujets liés à l'Afrique du Sud.

Léon Schuster. Dans un autre style, ces films appartiennent au genre des Rainbow Nation Comedies. Ils peuvent également être considérés comme des clones hollywoodiens, souvent soupçonnables d'une forme d'inconscient raciste.

Zola Maseko incarne la nouvelle génération très entreprenante du cinéma sud-africain, avec une dizaine de films à son actif. Né en 1967, il grandit au Swaziland et en Tanzanie où il rejoint à 19 ans Umkhonto We Sizwe, le bras armé de l'ANC, en pleine lutte contre l'apartheid. Quelques années plus tard, il émigre au Royaume-Uni où il étudie le cinéma et signe son premier documentaire Dear Sunshine. De retour en Afrique du Sud en 1994, il signe deux court-métrages sur la xénophobie, l'Etranger et A Drink in the Passage. Il réalise un docu-fiction sur la Vénus hottentote, puis dirige une série pour la SABC A la recherche de notre histoire. Son premier long-métrage sort en 2004 et est acclamé par les critiques. Drum raconte l'histoire d'Henry Nxumalo, un journaliste des années 1950 qui s'est battu contre l'apartheid à Johannesburg. Les films qui seront produits par la nouvelle génération de réalisateurs, au sein de laquelle on comptera de plus en plus de réalisateurs noirs, peuvent être situés dans cette lignée.

Ramadan Suleman avec Lettres d'amour zoulou confirmera l'espoir que l'on peut placer dans cette nouvelle génération de cinéastes. " Le peuple arc-en-ciel ! Il faut oser dire que l'arc-en-ciel se trouve à des milliers de kilomètres dans le ciel et que les couleurs sont séparées par de grandes distances. "

Les grosses productions

Le cinéma purement afrikaner et largement officiel qui intéressait 5 % de la population a vécu. L'association du plus gros producteur du pays Anant Singh, de l'acteur poilant Leon Schuster et du réalisateur Gray Hofmeyer a permis de faire exploser le box office avec Mr Bones, le plus grand succès de l'histoire locale de l'image animée. En 2005, c'est Tsotsi produit par Gavin Hood qui a raflé le record du box office. Ce film conte l'aventure d'un gangster de Johannesburg avec beaucoup d'humour malgré la violence de cette réalité. Récemment, on a vu sur les écrans District 9, un film à gros effets spéciaux qui n'a pas grand-chose à voir avec l'Afrique du Sud mais qui est une métaphore du système de l'apartheid, avec le parcage d'extraterrestres dans des ghettos. Si certaines grosses productions sud-africaines se distinguent, les cinémas font la part belle aux films hollywoodiens, toujours en tête d'affiche. Depuis 2015, on observe tout de même un regain d'activité pour le cinéma local qui a régulièrement été primé à l'international : Afrikaans local Die Windpomp - avec le Prix du public pour le meilleur film étranger 2015 du Long Beach International Film Festival à New-York, Thina Sobabili avec le Public Choice Award au Festival panafricain du cinéma 2015 et Necktie Youth, qui a remporté à la fois le prix du meilleur film sud-africain et le prix du jury international du meilleur réalisateur au festival international du Film de Durban 2015. A noter que l'Afrique du Sud est également devenue très attrayante en tant que lieu de tournage ; de grosses productions comme The Avengers : Age of Ultron et Mad Max Fury Road ont été tournés dans le pays.

Filmographie sélective

Le Cri de la liberté, de Richard Attenborough avec Denzel Washington (1988).

Une saison blanche et sèche, d'Euzhan Palcy (1989), avec Donald Sutherland.

Promised Land, de Jason Xenopoulos (2002).

Drum, de Zola Maseko (2004). Grand Prix Fespaco.

Mon nom est Tsotsi, de Gavin Hood (2005). Oscar du meilleur film étranger.

Zulu Love Letter, de Ramadan Suleman (2006). Tanit d'argent à Carthage.

Jerusalema, de Ralph Ziman (2008).

District 9, de Neill Blomkamp (2009).

Invictus, de Clint Eatswood (2009).

Long Walk to Freedom, de Justin Chadwick (2013).

Zulu, de Jérome Salle (2013).

Necktie Youth, de Sibs Shongwe-La Mer (2015).

Thina Sobabili : The Two of Us, de Ernest Nkosi (2015).

Ballade vir 'n Enkeling, de Quentin Krog (2015).

Les Initiés (Inxeba), de John Trengove (2017).

Polémique autour du film Les Initiés (Inxeba)

Film sorti en 2018 en Afrique du Sud, Les Initiés (Inxeba) a fait parler de lui à l'international et a surtout choqué dans son propre pays. Ce long métrage évoque d'une part les relations homosexuelles et lève d'autre part le voile sur un rite ancestral pratiqué par les Xhosa. Inxeba décrit un triangle amoureux masculin sur le fond d'une coutume initiatique du passage à l'âge adulte de 16 à 19 ans. Les jeunes hommes passent par un rituel de circoncision, sans anesthésie, puis ils doivent ensuite attendre la cicatrisation reclus, sans eau ni nourriture, pendant une semaine, entourés d'initiateurs. Dès la diffusion de la bande annonce, le film a fait scandale au sein de la population Xhosa qui y voit la révélation d'un secret et une insulte à la tradition. Les Initiés a parallèlement était très bien reçu à l'étranger et encensé par la critique.

Danse

Depuis quelques années, la danse contemporaine sud-africaine connaît un essor fantastique. On citera, à l'avant-garde de la création, le collectif Moving Into Dance (Prix Découverte RFI) de Sylvia Glasser et Vincent Mantsoe ; Robyn Orlin acclamée dans le monde entier, subversive en diable ; Johann van der Westhuizen et son Performing Rites Company ; Suzette le Sueur et The Dance Factory ; Nelisiwe Xaba, Mlu Zondi ; Ntando Cele ; la Pact Dance Company ; The First Physical Theatre Company de Gary Gordon ; le Soweto Dance Theater ; le Capab Ballet ; Boyzie Cekwana du Floating Outfit Project ; et la bondissante troupe Street Beat dirigée par la Sowetane Isabelle Doll.
Les Sud-Africains brillent aussi dans la danse sportive et le cabaret : voir les filles du Crazy Horse et le " dance captain " du Paradis Latin, Harold van Buuren. Evénements majeurs du calendrier, le FNB Vita Dance Umbrella Festival fin février et Step Afrika International Cultural Festival (voir le programme, spectacles tout au long de l'année - www.stepafrika.org).

Enfin, des stars internationales comme Rihanna ont récemment révélé et mis en avant des danses traditionnelles sud-africaines lors de la 60e cérémonies des Grammy Awards. La prestation de la chanteuse a remis au goût du jour le " Gwara Gwara ".

Littérature

Les premiers textes écrits en afrikaans datent du XVIIIe siècle, soit un peu moins de cent ans après l'arrivée des premiers colons (1652). Mais il faut attendre le XIXe siècle et même le début du XXe pour assister à l'essor d'une poésie et d'une littérature locales. Jan Celliers (1865-1941), Totius (1877-1953) et C. Louis Leipoldt (1880-1947) apportent les premières pierres à l'édifice. Grâce à eux, les Afrikaners vivent en symbiose avec leur littérature. Une femme pourtant vient troubler cette union parfaite. Olive Schreiner, écrivain féministe, rompt la première avec l'image idéale du monde boer. Ses romans, empreints d'un réalisme nouveau, passionnent les Européens et choquent la bonne société afrikaner. L'heure du retour à la réalité sonne au début des années 1950, avec la publication du roman d'Alan Paton, Pleure ô pays bien aimé. L'oeuvre, qu'on ne peut qualifier de militante, a le mérite de dénoncer les ravages de la ségrégation (misère, crime) et d'attirer l'attention sur les dangers qu'engendre une telle situation.

La véritable rupture des écrivains avec le pouvoir interviendra à la fin des années 1960 avec le mouvement sestiger (littéralement " soixantiste "). Au contact de Sartre et de Camus, André Brink, J. M. Coetzee, Breyten Breytenbach et leurs compagnons découvrent l'engagement et la résistance. Leur condamnation sans équivoque de l'apartheid leur vaudra les honneurs de la censure et, pour certains (Breytenbach), la prison. C'est la naissance d'une littérature militante et empreinte de culpabilité qui perdure jusque dans les années 1980. En même temps s'élèvent les voix des poètes noirs, métis et indiens qui dénient aux auteurs blancs le droit de parler à leur place. D'abord reflet des cultures traditionnelles, la poésie noire se mue rapidement en cri de rage, voire de haine contre le pouvoir. Wally Serote, Masizi Kunene, Njabulo Ndebele et d'autres dénoncent les crimes de l'apartheid. Plus que jamais, l'écriture reflète le combat mené contre l'oppression. L'heure est cependant venue de déposer les armes. Le développement séparé a vécu et les écrivains sud-africains doivent, sous la pression des changements politiques, renouveler leurs thèmes. Libérée des influences européennes et du militantisme, la littérature sud-africaine entre aujourd'hui dans l'âge adulte.

Les auteurs sud-africains

Antjie Krog, née en 1962 est un écrivain poète essentielle du paysage sud-africain contemporain. Née " Afrikaner ", elle va, très jeune, s'émanciper du carcan familial et, à l'instar de ses aînés, André Brink ou Breyten Breytenbach, s'engager dans la lutte contre l'apartheid. Ses écrits, d'une grande liberté de ton pour une Afrique du Sud conservatrice et puritaine, en témoignent et font de cet auteur l'une des voix majeures. Ainsi, par deux fois, ses poèmes ont été lus à l'occasion de la prise de fonction des présidents de la République, Nelson Mandela et Thabo Mbeki. Sa poésie, sans doute comme l'auteur, sans concession, tente d'inventorier un pays et de lancer ainsi ses mots crus et drus, comme autant de balises incendiaires pour conjurer le drame. D'une écriture rebelle, incisive, boucanée, elle offre en partage la rencontre, parfois brutale, avec une réalité tragique.

Nadine Gordimer (1923-2014). " J'écris depuis l'âge de 9 ans, dans un pays où l'air est saturé de politique. Mes personnages en sont naturellement imprégnés ". Nadine Gordimer s'est engagé contre l'apartheid et était proche de l'ANC de Nelson Mandela. Prix Nobel de littérature en 1991, la romancière a pourtant consacré une large part de son oeuvre à la peinture des ravages causés par les distinctions raciales. Nadine Gordimer est née de parents juifs (un père letton, une mère anglaise), et a pris très vite la mesure des barrières imposées par la société. Dans ses écrits, la pénétration psychologique des personnages est la clé de ses réflexions sur le régime. Après la chute du régime, elle s'est renouvelée en puisant son inspiration dans de nouvelles problématiques sociétales. Décédée le 14 juillet 2014, elle nous laisse treize romans, deux cents nouvelles et plusieurs recueils d'essais.

Mazisi Kunene (1930-2006). Au commencement était la culture traditionnelle zoulou. Les Ancêtres et la Montagne sacrée (traduit en français en 1992, éditions L'Harmattan), L'Empereur Shaka le Grand : un coup d'oeil sur la bibliographie de Masizi Kunene suffit à mesurer l'enracinement de ses écrits dans la terre du KwaZulu-Natal. Mais Kunene ne s'est pas contenté d'emprunter aux mythes ancestraux. Avant de concevoir le monde, le poète l'a parcouru : Londres, Rome, le Lesotho, la Californie, chacune des étapes de l'exil contribue à forger sa pensée. Mais il n'oublia pas l'Afrique du Sud. Militant de la lutte anti-apartheid, il devint, en 1962, le délégué de l'ANC pour l'Europe, puis pour les Etats-Unis. Kunene se voulait aussi, à sa manière, chantre de la négritude. Il avait préfacé une édition britannique de Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire.

John Maxwell Coetzee est un romancier et professeur en littérature sud-africain né en 1940 au Cap, naturalisé australien en 2006. Il évoque les thèmes de l'ambiguïté, de la violence et de la corruption du système. Il est le lauréat de nombreux prix littéraire et recevra le célèbre prix Nobel de Littérature en 2003. Ses oeuvres principales sont Au coeur de ce pays ; En attendant les barbares ; Michael K, sa vie, son temps et L'Age de fer ; Disgrâce et Une enfance de Jésus. Nombreuses ont été traduites en français, adaptées au théâtre et même au cinéma.

Deon Meyer est né le 4 juillet 1958 à Paarl. Il est scénariste, réalisateur et auteur de romans policiers à succès. Il écrit en Afrikaans, son premier roman n'est pas traduit en anglais, mais les suivants rencontrant un vif succès seront traduits dans plusieurs langues dont le français. On citera Dead at Daybreak (2000) qui a reçu le Grand prix de littérature policière en 2003 et prix Mystère de la critique en 2004 et Thirteen Hours qui a reçu le prix Barry en 2011. Ses derniers succès : En vrille (2016) et L'Année du lion (2017). Influencé par des auteurs anglais et américains, Deon Meyer est aujourd'hui considéré comme le père et le pionnier du polar sud africain. Il a permis l'émergence de nombreux auteurs dans ce style comme Mike Nicol, Sifiso Mzobe, Michèle Rowe, Karin Brynard, Meshack Masondo, Sally Andrew, Margie Orford, Angela Makholwa et Roger Smith. Dans ses romans, priorité à l'intrigue, à l'histoire et au suspens autour du contexte social du pays.

Bibliographie sélective

Mhudi, Sol Plaatje (1978, Three Continents Press).

Fille de Burger, Nadine Gordimer (1979, Albin Michel)

Un long chemin vers la liberté, Nelson Mandela (1990, Fayard).

On n'est pas tous comme ça ! Jane Goosen (1994, Actes Sud).

Disgrâce, J. M. Coetzee (2002, Seuil).

La Douleur des mots, Antjie Krog (2004, Actes Sud).

Triomf, Marlène Van Niekerk (2005, Edition de l'aube).

La mémoire courte, Louis-Ferdinand Despreez (2008, Phébus).

Treize heures, Deon Mayer (2010, Seuil, collection " Policiers ").

Coconut, Kopano Matlwa (2015, Actes Sud).

L'année du lion (2017, Seuil, collection " Policiers ").

Médias locaux

La presse écrite. En 2018, on comptait 25 journaux quotidiens et 28 hebdomadaires majeurs en Afrique du Sud, la plupart publiés en anglais. Selon la South African Audience Research Fondation, la moitié des Sud-Africains adultes lisent des journaux et des magazines. Le plus lu est le The Sunday Times, qui tire à 500 000 exemplaires. Le Daily Sun, également très populaire, est lu principalement par les classes moyennes noires des grandes villes du pays. Rapport, le troisième journal quotidien, est écrit à Cape Town en afrikaans. On peut citer l'excellent Mail&Guardian en magazine hebdomadaire.

Le photo-reportage. L'année 1994, celle des élections, fut une année sombre pour le photo-reportage sud-africain. En janvier, Abdul Sharif est tué à Tokoza au cours d'un affrontement entre la police et les résidents. En avril, Ken Oosterbroek (Prix Ilford 1993) tombe dans le même township, sous les balles de la National Peace Keeping Force qui tentait de déloger des tireurs d'un hôtel. En juillet, Kevin Carter (Prix Pulitzer 1994) se suicide. Malgré ces disparitions, la photographie sud-africaine ne manque pas de maîtres de la chambre noire. David Goldblatt (1930-2018), qui a réalisé de nombreux reportages de société à partir de 1963, fut l'un des plus célèbres. Peter Magubane a reçu le prestigieux prix Robert Capa pour sa couverture des événements de Soweto en 1976 et continue de parcourir les townships pour immortaliser les petits et les grands événements de son pays. Citons encore Greg Marinovitch, blessé aux côtés de Ken Oosterbroek à Tokoza : ses clichés sur la violence des townships ont fait le tour du monde. On signalera également Tracey Derrick, auteur de nombreux reportages sur des sujets de société (Eglise de Sion, enfants des rues), et les images de la réconciliation de Jillian Edelstein.

La photo animalière. La nature et la vie dans les parcs nationaux ont également suscité des vocations. Les photographes animaliers de talent sont nombreux. Horst Klemm, Roger de la Harpe, Lex Hes, Peter et Beverly Pickford, Nigel Dennis, patients observateurs de la vie sauvage, figurent parmi les grands noms de cette spécialité. Un photographe français, Alain Proust, a publié A Portrait of Cape Town (Fernwood Press), un album contenant ses 380 plus belles photos prises autour de la péninsule, ainsi que Cape Wines, Body and Soul.

La lutte anti-apartheid en documentaire

En 1965, Lionel N'gakane fut le premier Noir sud-africain à réaliser un documentaire Vukani Awake (Bantous debout) dénonçant l'apartheid en allant filmer dans les townships. Il est aussi journaliste, écrivain et acteur. Son engagement le conduit à l'exil en Grande-Bretagne où il vécut une grande partie de sa vie. Ce combattant acharné des droits de l'Homme tourne d'autres documentaires : La lutte du Zimbabwe en 1972 et Nelson Mandela : la lutte de ma vie en 1975. Ecarté de la société sud-africaine, il rentre enfin chez lui à la chute de l'apartheid en 1994. Il est décédé en 2003.

Musique

Les musiques traditionnelles. L'Afrique du Sud possède sans doute un des plus riches gisements de musiques traditionnelles du continent... Il y a des merveilles qui dorment dans les archives de la SABC. Une palette de couleurs sonores à découvrir dans toutes ses nuances pour mieux comprendre le pays. Les Khoïsan jouaient de la flûte, et au Cap les " Malais " ont apporté très tôt le tambour " ghomma " et le tambourin " rebana ". Dans le Natal, les Zoulou pratiquent l'isicathamiya, des chants polyphoniques magnifiques issus de la fusion des incantations amahubo et des chorales de mariage umbholoho. Le style isicathamiya, pratiqué par les célèbres Ladysmith Black Mambazo.

Le kwela. Dans les townships de Gauteng, le kwela se joue avec des petites flûtes métalliques, les penny whistles. Le style s'est développé dans les années 1950, avec notamment l'album à succès Ace Blues de Spokes Mashiyane. Paul Simon a utilisé le kwela dans son disque sud-africain Graceland, avec les guitares tricoteuses de Ray Phiri et les chorales du Black Mambazo.

Le jazz sud-africain est né en 1930, avec une base kwela et les trois accords du marabi, base des premiers rythmes urbains noirs. Saluons la mémoire de Kippie Moeketsi et les vocalistes Dorothy Masuka... et Dolly Rathebe qui, en 1949, apparaissait dans Jim comes to Jo'Burg, le premier film sud-africain joué uniquement par des Noirs. L'icône de l'ethno-jazz sud-africain pendant les années d'apartheid est bien sûr Miriam Makeba décédée en 2008. Elle n'est pas la seule en exil, le saxophoniste Hugh Masekela joue lui aux Etats-Unis. Il se produit aujourd'hui dans les plus grands festivals de jazz internationaux. Le groupe African Jazz Pioneers a survécu à la grande époque du jazz mêlant big band et marabi dans les 50's. Ces neuf survivants, en particulier la légende vivante du groupe Ntemi Pilisso, composent une musique dans la lignée des Jazz Maniacs de " Zulu Boy ". Abdullah Ibrahim est le doyen et fer de lance de la scène jazz sud-africaine. Compositeur du standard Manenberg, celui qui se fit appeler Dollar Brand durant sa période américaine est considéré comme l'un des meilleurs pianistes du monde.

Le marimba. Dans les années 1950, des prêtres du Mozambique importent les sonorités tropicales du marimba, dérivées du balafon et du xylophone utilisés pour accompagner les chorales d'Afrique portugaises.

Le mbaqanga. Le son inventé en 1962 par West Nkosi et popularisé en 1964 par Simon Mahlathini, connaîtra également son heure de gloire internationale. Dans les années 1960 et 1970, le groupe Mahlathini and the Mahotella Queens (le chanteur et ses " claudettes " Nobesuthu, Hilda et Mildred) enflammait les scènes des cités noires.

La pop sud-africaine. Le plus connu des chanteurs est sans conteste Johnny Clegg, le " Zoulou blanc ". Mais d'autres groupes plus novateurs, mêlant musique su-adricaine, pop et électro ou jazz sont très populaires. On peut citer Freshly Ground et Goldfish, le petit dernier. Originaires du Cap, les chanteurs Dominic Peters et David Poole sont accompagnés par le DJs Sakhile Meleshe sur leur premier album Perception of Pacha, qui a raflé la palme de meilleur album alternative aux MTV Africa Music Awards 2008. Leur dernier album éponyme, sorti en 2012, a connu un gros succès auprès des jeunes sud-africains. Notons aussi le chanteur Petite Noir qui s'est fait remarquer en 2015 avec son album Life is beautiful.

Le " bubble gum ". Avec la vague disco, on vit ensuite émerger le Mpantsula Groove et ses vedettes Brenda Fassie, Yvonne Chaka Chaka, Rebecca Malope et Chicco. C'était le style dit " bubble-gum ". A noter la sortie de Gumba Fire : Bubblegum Soul & Synth Boogie In 1980s South Africa en mars 2018, une excellente compilation de ces hits funky des années 1980.

Le kwaito. Aujourd'hui, les titres du hit-parade sud-africain sont souvent les mêmes qu'à Londres ou à Paris. Mais le " son " local ne meurt pas pour autant, avec les bataillons du rap et les tireurs d'élite du kwaito. Kwai pour " colère ". Ils tirent sur la colombe arc-en-ciel, ce leurre. Ils chantent en iscamtho pour balancer leur haine de la misère. Ras-le-bol du pap (semoule de maïs), des ministres retour d'exil qui n'ont jamais mis les pieds dans la boue, des promesses de partage des Blancs. Le kwaito, c'est la danse syncopée des townships par Boom Shaka, TKZee, Mandoza, Mdu Masilela, Bongo Maffin, Oscar Mdlongwa, Mzekezeke, Arthur et Lebo Mathosa. Aujourd'hui émerge un kwaito contemporain avec Black Coffee et sa musique audacieuse, ou avec le producteur et DJ Mo Laudi, porte-drapeau de la gqom, un genre de house brut et minimal qui a émergé ces dernières années en Afrique du Sud.

La deep house. Autre courant marquant d'aujourd'hui, la deep house, qui trouve ses racines dans la house contestataire noire de Chicago dans les années 1980, la techno de Détroit, le soul, jazz funk très " black power " de ces mêmes villes. Les hits d'aujourd'hui mêlent vocalises et rythmes africains version électro. Groupe prometteur de ce genre Batuk qui a fait un carton en 2016 avec son disque Musica da Terra (un second album est actuellement en préparation).

Un seul hymne

En fait, le mariage de deux traditions, de deux hymnes qui longtemps se sont fait la guerre. Le premier, Die Stem van Suid-Afrika (La Voix de l'Afrique du Sud), composé en 1918 par Cornelis Jacob Langenhoven, est celui des Afrikaners. Il évoque les paysages traversés par les chariots du Grand Trek et l'appel entendu par un peuple qui promet de se consacrer à son pays ou de mourir. Le second, Nkosi sikelel'i Afrika (Que Dieu bénisse l'Afrique), est l'oeuvre, pour les deux premières strophes, du poète Enoch Sontonga. Composé en 1897, chanté pour la première fois en public deux ans plus tard, à l'occasion de l'ordination du révérend méthodiste Boweni, il est devenu dès 1912 le chant fétiche de l'ANC, entonné par les militants à chaque réunion. D'inspiration religieuse, il implore la bénédiction divine sur le continent, ses chefs et sa population.

Discographie sélective

Autobiography, Abdullah Ibrahim. Frémeaux & Associés (1978).

Eat a Mango, Mango Groove. Tusk Music (1989).

Beatin'around the Bush, H. Masekela. BMG (1992).

In my African Dream, Johnny Clegg. EMI (1994).

Shufflin'Joe, African Jazz Pionners. Melodie (1995).

Bombani, Yvonne Chaka Chaka. Teal Records (1997).

Zebra Crossing, Soweto String Quartet. BMG (1998)

Vuli Ndela, Brenda Fassie. EMI (2000).

The Very Best of Miriam Makeba, Miriam Makeba. Manteca (2001).

Zandisile, Simphiwe Dana. BMG (2004).

Tsotsi, Zola. Milan Music (2005).

Doo Be Doo, Freshly Ground. Red Ink (2006).

Sebai Bai, Mahotella Queens. Indigo (2008).

Take Me To The Dance, Freshlyground (2012).

Ascension, Toya Delazy (2014).

Experience the Al Bairre Show With Al Bairre Experience, Al Bairre (2015).

DaKAR II, Kwesta (2016).

Late Night People, Goldfish (2017).

Myriam Makeba, une icône anti-apartheid

Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama de son vrai nom, au delà de son talent vocal et de Pata-Pata, le premier tube africain de l'histoire de la musique, a été un symbole pour tous les sud-africains, dénonçant la ségrégation et chantant la révolution pendant les années les plus sombres du régime, depuis les nombreux pays où elle a habité. La " mama Africa " s'est éteinte en 2008, laissant derrière elle un pays orphelin qui n'a jamais retrouvé son icône. Forcée à l'exil pendant près de 31 ans, destituée de sa nationalité, elle a voulu rester la " citoyenne du monde " à la chute de l'apartheid, avec 9 passeports différents et 10 nationalités honorifiques, se sentant " plus libre " ailleurs.

Vie tannée par le destin et l'histoire, elle passe les six premiers mois de sa vie en prison, parce que sa mère, guérisseuse sangoma Swazi a préparé une bière artisanale interdite. Elle n'a que 6 ans lorsque son père meurt et 16 ans lorsque les Afrikaners votent l'apartheid. A 20 ans, elle a déjà plusieurs vies derrière elle, celle de bonne d'enfants, de laveuse de taxis, mais aussi de maman et chef de famille : elle vit avec sa fille Bongi et sa propre mère, après la mort prématurée de son mari atteint d'un cancer du poumon. Débutant par hasard comme choriste pour le groupe de jazz noir les Manhattan Brothers dans les années 1950, elle monte son propre groupe de femmes, The Skylarks, avec qui elle chante déjà sur des airs de jazz mélangés à des chants traditionnels.

Elle devient vite une vedette locale, et dès 1956, elle chante Pata, Pata (touch touch en Xhosa), qui aura le succès qu'on lui connait bien plus tard. C'est son apparition dans le film anti-apartheid Come Back Africa de l'Américain Lionel Rogosin qui sera le coup d'éclat de trop pour le régime. Lorsque sa mère meurt en 1960, elle ne peut assister à ses obsèques, découvrant son interdiction de séjour en Afrique du Sud. C'est le début d'une longue vie en exil.

Elle rencontre alors Harry Belafonte, avec qui elle chante pour l'anniversaire de J.F. Kennedy aux Etats-Unis. Malade, elle rentre chez elle après le concert, mais le Président insiste pour la rencontrer, elle revient. Remarquée et admirée, elle est la première Sud-Africaine à recevoir un Grammy Award pour son disque avec Belafonte en 1966, dans lequel elle dénonce déjà le régime apartheid en Afrique du Sud. C'est pendant cette période en Amérique qu'elle chante ses plus beaux airs traditionnels a capella, en zulu, xhosa et sotho, notamment la chanson de mariage traditionnelle The Click Song (Qongqothwane en xhosa) et Malaika.

Elle se produit alors à New York au célèbre Village Vanguard, sans maquillage et en mode " afro ", une première aux Etats-Unis. Un an plus tard, Pata Pata envahit enfin les ondes internationales, 10 ans après sa composition, c'est le succès planétaire. Mais son mariage avec l'activiste pacifique des Black Panthers, Stokely Carmichael, sèmera le trouble, ses concerts seront annulés et elle sera boycottée. Le couple part alors s'installer en Guinée où elle vivra heureuse pendant 15 ans. Séparée de Stokely en 1973, elle parcourt le monde pour chanter, en Afrique, Europe et Asie, et monte sur les planches pour le match de boxe historique opposant Mohammed Ali et George Foreman au Zaïre.

Pour la seconde fois, elle s'adresse à l'assemblée des Nations Unies pour sensibiliser l'opinion publique sur la situation en Afrique du Sud, et devient l'artiste anti-apartheid la plus connue à l'international. Mais Myriam aura décidément un destin tragique : la mort subite de sa fille Bongi en 1985 pendant son accouchement la pousse à quitter la Guinée, direction Bruxelles. Elle se consacrera toute entière à la musique, et passera son temps en tournée aux côté du chanteur Paul Simon, pour la tournée de son excellent album Graceland, dont un mémorable concert à Harare en 1987, dans un Zimbabwe libre. Suivent Sangoma un album qu'elle chante a capella en l'honneur de sa mère, et sa biographie Makeba : My Story, publié dans de nombreux pays.

Elle participera en 1988 au grand concert pour les 70 ans de Madiba à Londres, aussi appelé le festival Free Mandela. Deux ans plus tard, ce dernier est libéré, et demandera à Makeba de revenir en Afrique du Sud, enfin. Ce qu'elle fera avec son passeport français le 10 juin 1990, mais après tant d'années d'exil forcé, elle décide de repartir. Elle enregistre le diamant Eyes on Tomorrow avec Dizzy Gillepsie, Nina Simone et Hugh Maseleka, combinant jazz, R&B, pop et musiques africaines, et incarne à l'écran le rôle d'Angelina dans le film Sarafina !, narrant la révolte des étudiants de Soweto en 1976.

A nouveau couronnée d'un Grammy Award pour son album ô combien autobiographique Homeland, elle s'investit dans de nouvelles causes humanitaires aux côtés de Graça Machel, la première dame sud-africaine (mais également une activiste courageuse qui a été auparavant la femme de Samora Machel, le libérateur du Mozambique décédé dans un accident d'avion). Ensemble, elles soutiennent les initiatives pour aider les enfants atteints du Sida, l'intégration des ex-enfants soldats et des handicapés. Elle décède d'une attaque cardiaque en 2008 après un dernier combat : la veille, elle a chanté pour soutenir Roberto Saviano, menacé par la mafia italienne Camorra après la sortie de son livre Gomorra.

Peinture et arts graphiques

Peintres ou sculpteurs, blancs et noirs, se sont lancés à corps perdu dans l'expression d'un drame. Au-delà de la difficulté à vivre de leur art, les Noirs ont rencontré la ségrégation, voire la persécution qui ont contraint Ernest Mancoba et Gerard Sekoto à l'exil en France. Libres de créer, les artistes blancs se sont attachés à produire des oeuvres subversives, mettant en lumière l'angoisse d'un monde coupable et assiégé de toutes parts. Pionniers de la contestation, Sue Williamson, Gavin Younge, Michael Golberg inventent l'art politique, dans les années 1970. Leurs oeuvres, hérissées de fils de fer barbelés, en disent long sur la perception de l'oppression. William Kentridge, par ses juxtapositions de scènes exprime la séparation entre les groupes. Breyten Breytenbach, plus connu dans son pays comme écrivain que comme peintre, a dû attendre 1994 pour réaliser sa première exposition à Pretoria. La jeune génération, incarnée par exemple par un Willie Bester, célèbre pour ses compositions à base de graffitis et de montages d'objets, expose déjà en Europe. Les personnages colorés de Tommy Motswai, jeune artiste sourd-muet, séduisent un public international.

Art ndebele. Couleurs vives et motifs géométriques, l'art qui a fait la renommée du peuple ndebele est exclusivement une affaire de femmes. Maîtresses de l'umuzi (enclos composé de plusieurs bâtiments), elles décorent, selon une tradition séculaire, les murs de leur demeure et tressent des parures de perles portées à l'occasion des cérémonies. Dans l'ancien KwaNdebele, la tradition se perpétue. De mères en filles se transmettent les techniques de décoration inventées il y a plusieurs siècles. Fortement enracinée dans la culture des Ndebele, la peinture subit néanmoins une évolution. Les artistes s'éloignent peu à peu des motifs abstraits pour aborder des images figuratives (lames de rasoir, oiseaux, avions, lions) dont elles ont entendu parler. La palette des couleurs s'est également enrichie. Aux bruns, rouges, noirs et ocres obtenus grâce à la terre, le charbon ou l'argile s'ajoutent aujourd'hui les verts, rouges, jaunes et dérivés issus des mélanges de peintures achetées dans le commerce.

Art rupestre

Par Isabelle Coetzee

Voilà le véritable trésor culturel de l'Afrique du Sud. [...] Mais ces peintures ou gravures sont très fragiles et il n'est pas concevable de faire défiler des visiteurs. Quelques lieux sont accessibles, par exemple à Kimberley, dans les parcs du KwaZulu-Natal, dans l'Etat libre, au Kruger (faire le trail au départ de Berg-en-Dal) ou à Bushman's Kloof (réserve privée). Restent les musées, comme celui de Pietmaritzburg, le McGregor de Kimberley, le National de Bloemfontein, le Museum Africa de Johannesburg. [...] Pour les experts français Jean Clottes et sud-Africain David Lewis-William qui ont publié Les Chamanes de la préhistoire, " L'art rupestre, c'est tout à la fois l'affirmation d'une présence, une signature, un art narratif ou commémoratif ". [...]
Remontons encore l'échelle du temps : Lascaux, 17 000 ans ; Chauvet 31 000 ans ; Homo sapiens arrive en Europe il y a 35 000 ans : Blombos 70 000 ans ! Spectaculaire découverte de l'archéologue sud-africain Christopher Henshilwood publiée début 2002 dans la revue Science : à 200 km à l'est du Cap, sur les terres de sa famille, le chercheur est tombé sur un site riche de milliers d'outils en os et de pièces d'ocre. Parmi ces dernières, deux pierres où se mêlent l'argile et l'oxyde de fer, deux pierres datées de 77 000 ans (Middle Stone Age).[...]

Théâtre

The Market Theatre. Le théâtre sud-africain contemporain est intimement lié à l'entreprise de résistance de ce lieu, situé dans un ancien marché aux légumes du quartier de Newton, aux abords immédiats du centre de Johannesburg. Ouvert en 1976 par le metteur en scène Barney Simon et le producteur Mannie Manim, il fut longtemps le seul espace d'Afrique du Sud où la création métissée était possible... tolérée. Lieu de mixité en plein apartheid, le Market l'est toujours resté ! Aujourd'hui, ce théâtre populaire (au sens du TNP de Jean Vilar) est placé sous la conduite du plus grand acteur sud-africain, John Kani. Les trois salles proposent en permanence des expériences théâtrales novatrices et des spectacles musicaux accessibles à une large audience, à la manière de Sarafina et de Woza Albert. Dans un registre plus littéraire - grandes mises en scène de Simon avec Voyage au bout de la nuit, Les Bonnes, Antigone -, le Market a accueilli le théâtre d'Athol Fugard, le premier dramaturge sud-africain.

Athol Fugar. Né au Cap en 1932, il est romancier, acteur et réalisateur de pièces de théâtre. Dans sa jeunesse, employé brièvement dans un tribunal des flagrants délits, il saisit sur le vif l'absurdité du régime et quitte l'Afrique du Sud pour voyager et se former à la mise en scène en Europe et aux Etats-Unis. A son retour, il s'installe à Port Elizabeth et fonde une troupe expérimentale, les Sergents Players, qui se produit encore aujourd'hui. Ses pièces jouées sur les scènes du monde entier racontent la misère des townships, l'angoisse des Blancs et les problèmes posés par la discrimination. Son roman Tsotsi a été adapté à l'écran par Gavin Hood.

William Kentridge. Les pièces Woyzeck on the Highveld et Faustus in Africa, ainsi que Ubu and the Truth Commission ont déchaîné les passions sur les scènes du monde entier, et d'abord à Avignon où elles ont été présentées. Travail signé William Kentridge, encore lui ! Le plasticien a ainsi inventé une forme de spectacle total, une architecture du sens aux formes nouvelles, à la frontière du théâtre et de l'installation live. Il n'est jamais seul, préférant s'entourer des meilleurs, comme les marionnettistes de la Handspring Puppet Company ou la danseuse Robyn Orlin. Formé aux techniques théâtrales par le cours Lecocq de Paris, l'artiste souhaite ainsi associer sur scène des personnages en bois à taille humaine, du dessin, de la vidéo, des acteurs et des manipulateurs de marionnettes. En novembre 2002, il a signé la mise en scène de Confessions of Zeno au Centre Pompidou. Un texte écrit par le Triestin Italo Svevo à la veille de la guerre de 1914, dans une ville en marge de l'Europe. Comme Johannesburg était en marge du monde, au temps de l'apartheid. Profitant en 2003 d'une résidence de travail à l'université Columbia de New York, William Kentridge a conduit les étudiants de la School of Visual Arts à mener une intense réflexion sur la décomposition du mouvement. En 2010, ses oeuvres sont exposées en France au musée du Jeu de Paume et au musée du Louvre et en 2016 NO IT IS ! est présenté au Martin Gropius Bau à Berlin

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