Guide de République dominicaine : Arts et culture

<p>Iguane fait à la main, Artisanat dominicain.</p>

Iguane fait à la main, Artisanat dominicain.

Architecture

De nombreuses villes dominicaines ont été fondées par les colons espagnols. Leur centre est bâti selon le principe d'urbanisation traditionnel du plan à damier, aux intersections à angles droits et aux rues rectilignes. Les infidélités à ce principe sont en général dues aux fantaisies du relief, collines ou combes. Au centre de la ville, encadré des principaux bâtiments administratifs et flanqué de l'église, se déploie le parc central, l'ancienne Plaza de Armas, place d'Armes, qui est le point névralgique de la vie urbaine économique et sociale. Les villes de Puerto Plata et de Santiago illustrent admirablement ces principes architecturaux d'un autre temps avec leur coquette gloriette trônant au centre du parc central. Il en existe une dans chaque village. Malheureusement, ces kiosques sont aujourd'hui souvent laissés à l'abandon. C'est là que, pendant la dictature de Trujillo, se produisaient chaque dimanche les orphéons municipaux.

L'influence espagnole et mauresque se fait sentir dans les villes coloniales. Les bâtisses ont emprunté à l'Andalousie leurs patios ombragés et rafraîchis par une vasque centrale et les balcons ornés de fer forgé. Toutefois, les villes dominicaines ont poussé bien au-delà de la ceinture coloniale et sans grand souci d'esthétique, ni de fonctionnalité. Qu'il soit riche ou pauvre, l'habitat dominicain est principalement individuel et, en conséquence, la cité dominicaine est plate et très étendue.

Caraïbe avant tout, l'architecture dominicaine contemporaine a oublié peu à peu ses racines coloniales. Les maisons bourgeoises traditionnelles en bois sont cernées d'une profonde galerie, une véranda ouverte où l'on prend le temps de ne rien faire dans les traditionnelles mecedoras, les chaises à bascule. Jadis, la cuisine se trouvait à l'extérieur du bâtiment principal pour minimiser les risques d'incendie. Elle est aujourd'hui intégrée à la maison.

En dehors des zones urbaines, on retrouve la case créole classique en lattes de bois de palme très dur et imputrescible. Peinte de couleurs vives - rose fuchsia, vert profond, bleu ciel, jaune d'or, violet, orange -, la case créole est une bicoque de bois, agrémentée d'une terrasse protégée par un auvent, dont les couleurs pimpantes égayent la campagne dominicaine et contrastent joliment avec le bleu du ciel ou de la mer et les verts de la végétation. Elle s'abrite généralement sous un toit de tôle qui remplace de plus en plus le traditionnel toit de palmes. Elle se compose d'une cuisine, le coeur de la maison, et de pièces d'habitation que se partagent souvent plusieurs générations. Otra Banda, une petite bourgade située entre Higüey et Punta Cana, est connue pour être le plus bel exemple de ce type d'architecture et renommée comme étant le plus joli village du pays.

Cependant, on assiste à un phénomène de " durcification " de l'habitat rural et côtier, avec la généralisation des maisons de béton et de ciment, sans charme, mais plus rassurantes et statutaires, qui remplacent la traditionnelle case de bois. Certaines de ces anciennes cases sont démontées comme un Lego géant pour être reconstituées comme bungalows touristiques. Ce phénomène a atteint son paroxysme avec le développement dans les années 1980 et 1990 de grands complexes hôteliers en bord de plage, et plus particulièrement à Punta Cana. Ces géants de béton qui se comptent par dizaines, et qui abritent plus de 50 000 chambres, font désormais partie intégrante des paysages côtiers du pays.

Artisanat
<p>Boutique d'artisanats à Altos de Chavón, La Romana.</p>

Boutique d'artisanats à Altos de Chavón, La Romana.

L'artisanat dominicain est bien développé, à tel point que ses marchés fleurissent dans tous les lieux touristiques. Les bijoux sont particulièrement présents, car le pays possède deux pierres très spécifiques, le larimar, pierre endémique du pays, et l'ambre, qui ont permis aux artisans de développer toutes sortes de créations. Le corail noir, dont l'exploitation n'est pas encore réglementée, est également beaucoup travaillé, ainsi que la coquille rose du lambi.

La vannerie, jonc et palmier avec tressage de chapeaux, de corbeilles et de paniers, perpétue des traditions artisanales anciennes. La poterie et la céramique sont elles aussi très présentes.

Parmi les objets représentatifs de la culture locale, les poupées Limé, figurines de céramique au visage sans traits symbolisant le métissage du pays et portant des vêtements traditionnels, sont originaires de Moca et de Santiago. Les poteries décoratives (vases, luminaires) sont aussi très prisées quoique lourdes à rapporter ! Le bois est sculpté pour donner des pilons (sud-est de la capitale), des ustensiles de cuisine ou des sculptures de style afro-caribéen. L'acajou est beaucoup utilisé, mais, les essences rares étant protégées, cette activité artisanale est moins productive qu'elle ne l'est en Haïti.

La peinture est également très présente sur tous les marchés artisanaux. Plus que d'oeuvres d'art, il faut ici parler d'artisanat, car il s'agit de peintures de la rue exécutées en grand nombre. Son inspiration est naïve, d'origine haïtienne.

L'ambre. L'origine de l'ambre remonte à 48 millions d'années. Certaines amulettes d'ambre datent de 35 000 ans. Appelée " pierre de sève " par les Romains, " elektron " par les Grecs et " bernstein " (pierre ardente) par les Allemands, l'ambre tire son nom de l'arabe anbar qui signifie " résine fossilisée ". L'ambre est une photographie du passé, à la fois relique sacrée et pierre semi-précieuse. De formation totalement naturelle, cette résine végétale fossilisée est le témoin des transformations et des mutations qu'a connues la Terre sur plusieurs dizaines de millions d'années. L'ambre est un instrument scientifique essentiel qui contient dans ses entrailles de multiples particules animales et végétales. Des insectes et des larves, mouches, araignées, papillons, fourmis, termites, libellules, moustiques, des animaux, lézards, grenouilles, et des plantes, fougères, fleurs, graines..., disparus de la surface du globe depuis des millénaires, sont prisonniers du temps. Pour les scientifiques, c'est un outil qui leur permet d'étudier la vie d'une période de la préhistoire. Dans Jurassic Park, le film tiré du roman de Michael Crichton, c'est à partir de moustiques préhistoriques prisonniers de l'ambre que sont reproduits les dinosaures de l'époque jurassique.

La résine se forme comme une protection naturelle de l'arbre contre les oiseaux et les insectes. Mélasse collante qui sort du tronc et des branches, elle entraîne dans son écoulement toutes les matières qu'elle rencontre, végétales ou animales, plantes et insectes. La résine durcit au contact de l'air. Enfermée sous les montagnes par les mouvements terrestres, cette mélasse est transformée lentement en pierre par le temps et les couches sédimentaires accumulées. L'ambre est né. L'ambre est, avec le jais, la seule pierre précieuse d'origine végétale. Il offre une large palette chromatique et une infinité de nuances, du jaune au rouge profond, avec des effets de transparence. Très peu dense, il flotte sur de l'eau de mer. Il est inflammable car il contient de l'hydrogène et du carbone.
Le caroubier, algarrobo (Hymenaea), localement appelé " arbre du mariage " à cause de ses feuilles jumelles qui se séparent le jour pour se réunir la nuit, et le pin ont été les seuls arbres à sécréter l'ambre. Il semblerait que l'âge de l'ambre varie beaucoup en fonction de la région et de la profondeur de ses dépôts.
La palette de tons lumineux, liée aux conditions climatiques du pays, est la plus large du monde avec ses blancs, rouges, noirs, jaunes, opale, verts, bleus, pourpre, dorés et transparents. L'ambre dominicain est également réputé être le plus transparent et le plus chargé d'insectes. En effet, durant la période oligocène miocène, le climat de l'île était plus tropical qu'aujourd'hui et de très nombreuses variétés d'insectes foisonnaient. Du point de vue scientifique, c'est l'ambre le plus riche en inclusions fossiles de fleurs, de racines, de fourmis, de libellules, de termites, de lézards...
Les premiers habitants de l'île, les Taïnos, taillaient déjà l'ambre pour créer des bijoux. Une paire de boucles d'oreille de cette époque est exposée au musée de l'Homme dominicain. Aujourd'hui, l'ambre est l'une des matières les plus travaillées par les artisans dominicains. Une école artisanale de l'ambre a même été ouverte à Tamboril, dans la banlieue de Santiago, pour former de jeunes tailleurs. Mais attention : l'ambre est facilement imité et il arrive fréquemment qu'un touriste naïf paye un beau collier de plastique au prix de la résine millénaire. L'amateur éclairé préférera donc les magasins officiels et les bijoux accompagnés de leur certificat d'origine  ! Nombreuses et fantaisistes sont les légendes et les croyances attachées à l'ambre. Les Grecs furent les premiers à le découvrir et le baptisèrent " elektron " à cause de sa capacité à dégager de l'énergie magnétique. Dans l'Antiquité, on croyait que l'ambre éloignait le mauvais sort et possédait des pouvoirs magiques, probablement en raison de sa capacité à se charger d'électricité statique. L'ambre joue un rôle dans divers épisodes de la mythologie grecque. Ainsi Phaeton, le fils du dieu Helios, se noie et ses soeurs se transforment en pins et leurs larmes en gouttes d'ambre. Les anciens attribuaient volontiers à l'ambre des vertus curatives contre d'innombrables infections, des troubles de la vision à l'asthme en passant par les douleurs stomacales. Ainsi, les porteurs de colliers d'ambre étaient facilement identifiés comme des personnes malades. En Chine, il est symbole de force, car on croyait que l'âme d'un tigre s'y cachait.
Les réserves dominicaines d'ambre sont si importantes qu'on en extrait plusieurs milliers de tonnes par an. L'ambre dominicain est extrait de deux types de mines. Les mines de surface aux galeries horizontales se situent dans la cordillère septentrionale, entre les villes de Santiago et de Puerto Plata. Les mines profondes aux galeries verticales se trouvent dans la cordillère orientale, dans la vallée de Hato Mayor et de Bayaguana. Certaines mines s'enfoncent jusqu'à plus de 200 m de profondeur. L'extraction de l'ambre est un travail manuel peu mécanisé, dur et traditionnel, qui s'effectue souvent dans une atmosphère chaude et très humide.

Le larimar est une pierre semi-précieuse se trouvant au sud-ouest de la République dominicaine, à Las Filipinas. C'est une pectolite bleue découverte en 1916 par le prêtre Miguel Domingo Fuertes de Lorenre, qui n'eut pas l'autorisation de l'exploiter, puis découverte en 1974 par Miguel Méndel qui lui donna le nom de " larimar ", une contraction de Larissa (nom de sa fille) et de mar (" mer " en espagnol), lieu où il la vit pour la première fois. Cette pierre représente les sentiments, l'amour ; on l'offre pour les mariages. On peut en acheter un peu partout sur l'île sous forme d'objets manufacturés, mais c'est dans la région de Bahoruco et de Barahona que les ateliers de taille sont installés en plus grand nombre. Cette pierre fine également qualifiée de turquoise dominicaine est réputée apporter calme, équilibre, joie de vivre et harmonie, et lutter contre la colère et l'irritabilité. On lui prête de multiples autres propriétés comme celle de chasser les peurs et le sentiment de culpabilité, de développer la compassion, la franchise et l'ouverture aux autres et au monde, de développer la spiritualité et l'activité cérébrale... Enfin, elle aurait des effets bénéfiques sur la gorge et la tête.

Que ramener de son voyage  ?

En dehors du décor de rêve des plages immaculées gravé à jamais dans votre mémoire, voici un petit florilège de produits et autres objets que l'on peut rapporter en souvenir :

Le rhum, il n'est pas cher, préférez donc du 12 ans d'âge qui vaut souvent nos XO.

Les peintures très colorées sur différents supports (bois, poterie, etc.).

Larimar (pierre bleu). Comparez et achetez si vous allez du côté de Barahona, région d'où la pierre est extraite, elle coûte moins cher.

Vanille et épices des Caraïbes.

Cigares, bien se renseigner et, comme à Cuba, évitez d'acheter dans la rue si vous souhaitez de la qualité.

Statues en terre cuite, reproductions taïno.

Masques faits à la main pendant la période du carnaval, région de la Vega (Centre).

CD de merengue ou de bachata, là aussi évitez les achats dans la rue : les CD sont parfois de très mauvaises copies de copies...

Coquillages polis et vernis.

Du café qui vaut vraiment la peine d'être découvert : petite production mais excellente qualité.

Enfin, si vous êtes atteint par le virus du merengue, vous pourrez rapporter des instruments de musique traditionnelle, introuvables en France.

Le Cigare dominicain

Découvert à Hispaniola par les conquistadors, le tabac était consommé par les indiens taïnos. Le tabac servait alors à soigner les blessures des flèches et était utilisé lors des cérémonies religieuses : il permettait des visions prémonitoires et était indissociable des festivités.

" Les insulaires ne se mettaient à fumer que lorsque la danse les avait épuisés de fatigue. Quand ce moment était venu, on étendait des feuilles de tabac à demi-sèches sur des charbons mal allumés ; on prenait ensuite un tuyau fourchu par un bout en forme de Y. On plaçait le pied de ce tube sur le tabac, et les deux branches de la fourche dans les narines, de manière que la fumée ne tardait pas de monter au cerveau. Cette plante est d'une odeur forte et désagréable, d'une saveur acre, brûlante, nauséabonde, de propriété irritante, purgative, narcotique, que l'on dit aussi fébrifuge. Eh bien, malgré toutes ces mauvaises qualités, le tabac fut reçu en France avec enthousiasme, quand notre ambassadeur à Lisbonne, Monsieur Nicot, l'eut rapporté de cette ville et offert à la fameuse Catherine de Médicis. " (Histoire descriptive et pittoresque de Saint-Domingue, M. de Marlès, 1850).

Dès 1531, les Espagnols commencèrent son exploitation commerciale. Ce n'est qu'une cinquantaine d'années plus tard que la culture démarra à Cuba. Le 26 août 1606, Philippe III d'Espagne interdit pour dix ans la culture du tabac dans les colonies du Nouveau Monde. Cependant, flairant l'aubaine financière, la couronne d'Espagne leva l'interdiction en 1614 et s'assura très vite le monopole de la commercialisation du tabac, au travers de la fabrique de Séville. Le premier monopole étatique du tabac était né. Et c'est en vertu de ce monopole royal que le prix d'achat était ridiculement bas. Si bas que les paysans vendaient leur tabac en contrebande aux corsaires et aux Français établis dans l'île d'Hispaniola. C'en était trop pour la couronne d'Espagne qui n'entendait pas être privée d'une partie de ses revenus. Elle fit volte-face et autorisa la vente de tabac aux Français, tout en se réservant les meilleures qualités. Tout d'abord considéré en France comme une plante décorative, le tabac sera popularisé par la cour de Catherine de Médicis, avant d'être interdit par Louis XIII.

Le tabac n'a jamais disparu de l'économie dominicaine, bien que l'histoire agitée du pays ait longtemps relégué les préoccupations économiques au second plan. En revanche, la stabilité politique de Cuba a permis à l'île voisine d'exploiter ces entrées de devises au niveau international. La première manufacture de cigares fut ouverte le 2 avril 1902 par l'Allemand Richard Zollner à Cuba. Mais l'embargo américain sur les produits cubains marqua le décollage de la fabrication de cigares en République dominicaine avec, pour conséquence, l'implantation de grosses sociétés américaines.

Le tabac dans l'économie dominicaine

Le tabac est aujourd'hui l'un des principaux produits d'exportation de la République dominicaine (troisième pays exportateur au monde de tabac noir). Il a d'ailleurs été déclaré meilleur tabac du monde lors d'un colloque international qui s'est tenu en 1978 à Santiago de los Caballeros. Fidèle à leurs anciens liens, l'Espagne reste le premier client de la République dominicaine et absorbe près de 80 % de ses exportations.

La République dominicaine est aujourd'hui le premier partenaire des États-Unis en matière de cigares, avant le Brésil, le Costa Rica, le Honduras, la Jamaïque... En 1996, la production nationale était de 140 millions d'unités. Avec 230 millions d'unités produites en 1997 (104 millions pour Cuba), la République dominicaine est devenue le premier exportateur mondial.

La culture et la transformation du tabac

Ces deux activités emploient environ 500 000 personnes. Le tabac est produit par des paysans qui cultivent leur lopin en famille. Un rouleur de cigares est l'ouvrier le mieux payé (en général en fonction du nombre de cigares roulés). Son travail nourrit environ 5 personnes. Le tabac est un secteur qui ne tolère pas la mécanisation. Après avoir été semé, il est repiqué plant par plant en respectant une certaine distance entre chacun. Le tabac arrive à maturité en 3 ou 4 mois. Les feuilles sont alors récoltées une par une, selon leur degré de maturité. Sur une même plante, la cueillette peut durer plusieurs semaines. Les feuilles sont mises à sécher sous un auvent pour être ensuite vendues en balles aux entreprises qui poursuivent le traitement (fermentation, écotage, sélection...). Le vrai cigare est composé de feuilles naturelles, sans additif ni papier. Il est fait de feuilles entières, mêlant les variétés dans une subtile composition que le cigarier se doit de respecter scrupuleusement avant de les rouler ensemble. C'est la réussite de ce mélange qui fait la personnalité d'un bon cigare.

Une figure du cigare dominicain : Jean Clément, alias Juan Clemente

Jean Clément est né à Troyes. Arrivé en République dominicaine en 1975, il crée sa manufacture de cigares sous le nom de Tabaquisa (Tabacos Quisqueyanos). Après douze ans de recherches et de mises au point rigoureuses, le premier cigare portant la marque Juan Clemente (prononcez Clémenté !) - dominicanisation ou tropicalisation, comme il se plaît à le dire lui-même, de son nom - voit le jour, et part en fumée, le 1er avril 1982.

Le Juan Clemente est le premier des cigares dominicains à s'introduire sur le marché français en 1982. Certains fumeurs le considèrent comme l'un des meilleurs cigares dominicains. Moins poivré que les cigares cubains, léger, il dégage beaucoup d'arôme et de bouquet. Son goût particulier est dû à la subtilité des mélanges de tabac provenant de la meilleure région de production, le Cibao. Les coffrets de cigares sont faits de bois de cèdre du Honduras, un bois dont l'odeur se marie harmonieusement avec le parfum du Juan Clemente. Aujourd'hui, c'est le neveu qui a repris les affaires et porte, partout dans le monde, haut les couleurs de ses cigares.

Parmi les autres prestigieux cigares dominicains, citons le Flor Dominicana oro chisel, le Davidoff Nicaragua Toro, le Arturo Fuente Don Carlos N° 2, le Nat Sherman Timeless Collection Divino ou encore Aging Room Quattro F55 Concerto. Des valeurs sûres.

Cinéma
Cinéma dominicain

Le cinéma fait son entrée en République dominicaine en août 1900 dans la ville de Puerto Plata. C'est dans le théâtre Curiel que les films des frères Lumière furent montrés, grâce à l'industriel Francesco Grecco qui en faisait la démonstration dans les Caraïbes. Dans la préhistoire cinématographique du cinéma dominicain, les travaux du photographe et éditeur Francisco Palau font date. En 1922, il tourne avec Tuto Baez et Juan Fonseca la première fiction dominicaine La Légende de la Vierge de la Altgracia selon un scénario de l'historien Bernardo Pichardo, qui est sorti le 16 février 1923. Suivra la réalisation d'une comédie Las Embuscadas de Cupidon, en 1924, qui narre les amours de deux jeunes, contrariés par le père de la jeune fille.
Le son fut utilisé pour la première fois en 1930 pour un film d'actualité concernant le dictateur Trujillo. Pendant les trente années que durera la dictature, le cinéma sera utilisé à des fins de propagande idéologique. C'est seulement en 1953 que le cinéaste Rafael Augusto Sanchez Sanlley (Pupito) produit treize documentaires avec la compagnie Cine Dominicano. En 1963, le dramaturge Franklin Domínguez tourne son long-métrage La Silla qui dénonce les horreurs de la dictature de Trujillo. En 1967, Max Pou et Eduardo Palmer réalisent deux documentaires : El Esfuerzo de un pueblo et Nuestra Historia.
De nombreux documentaires suivront jusqu'à la réalisation de Un pasaje de ida, en 1988, et, surtout, Nueba Yol, en 1995, qui fit grand bruit. Les films récents de la production dominicaine se suivent : Para vivir o morir (1996), Cuatro hombres y un ataúd (1997), Nueba Yol 3, Perico ripiao (2003), Exito por intercambio (2003), Negocios son negocios (2004), La Cárcel de La Victoria (2004), Los locos también piensan (2005), La Maldición del padre Cardona (2005), et Un macho de mujer (2006). Andrea, sorti en 2005, est un film d'horreur qui a gagné le prix du public au festival du film indépendant de New York. C'est un film mystérieux basé sur une histoire vraie qui s'est déroulée à Moca, dans le nord de la République dominicaine.
Une production dominicaine a fait fureur, il s'agit de Sanky Panky, du réalisateur José Enrique Pintor Pinky. Ce film, qui retrace les tribulations de jeunes Dominicains en quête de faveurs des touristes étrangères, a battu tous les records de fréquentation à sa sortie en début d'année 2007. Il remet le couvert en 2013 avec un deuxième opus, puis c'est le réalisateur Eduardo Ortiz qui s'occupe de diriger Sanky Panky 3, sorti en 2017. Depuis, mis à part le film Carpinteros de José María Cabral, paru lui aussi en 2017 - l'histoire d'amour d'un nouveau venu dans une prison dominicaine - et sélectionné pour le prestigieux festival de Sundance de la même année, les productions locales n'ont pas eu de si bonnes retombées.

Un film sur l'ère Trujillo et le tragique destin des soeurs Mirabal a été également tourné en République dominicaine, il se nomme Trópico de Sangre (2009). Le rôle principal est tenu par l'actrice, Michelle Rodriguez, dominicano-portoricaine. Le réalisateur, Juan Delacer, est né sur l'île et le principal producteur de ce film est un Français, Joan Giacinti.

Films tournés en République dominicaine

La pays a également servi de décor à de très nombreux films, dont certains grands classiques du cinéma mondial. En 1974, les scènes du Parrain II de Francis Ford Coppola, sensées se dérouler à Cuba, ont en fait été tournées dans la zone coloniale de Saint-Domingue. La fameuse scène se déroulant sur une terrasse de La Havane a elle été tournée à l'hôtel Embajador, à l'ouest de la ville. En 1970, Francis Ford Coppola décide de nouveau de revenir en République dominicaine pour tourner certaines scènes du mythique Apocalypse Now. Cette fois, ce sont les alentours du fleuve Chavón, à La Romana, qui sont mis à l'honneur. En 1985, ce sont cette fois les plages de La Romana qui seront utilisées pour des scènes de Rambo II. En 1993, le fameux moustique fossilisé dans l'ambre permettant le retour des dinosaures sur terre dans Jurassic Park a été filmé au musée de l'Ambre de Puerto Plata. Plus récemment, on peut citer Raisons d'Etat de Robert de Niro (2006), Miami Vice avec Colin Farrell et Jamie Foxx (2006), Fast Furious 3.5 de Vin Diesel (2009), et enfin A Dark Truth avec Andy García et Eva Longoria (2013).

Le dernier en date est XXX : Reactivated, avec Vin Diesel, sorti en 2017.

Deux stars dominicaines

María Montez. La plus grande actrice du pays, Maria Africa Gracia Vidal, est née le 6 juin 1912 à Barahona, dans le sud de l'île. Elle connut son heure de gloire à Hollywood où elle tourna notamment dans Les Mille et Une Nuits en 1942, le film qui la révéla, après avoir endossé des petits rôles dans des films de série B. Son visage et sa plastique parfaite en firent rapidement une des actrices hollywoodiennes les plus convoitées. Parmi les autres prestations de celle qu'on surnomma la reine du Technicolor, Ali Baba et les quarante voleurs, Ame gitane, La Reine de Cobra, La Reine du Nil, La Sauvage blanche et Soudan. A son actif également, des pièces de théâtre, trois livres et un recueil de poèmes. Mariée à l'acteur français Jean-Pierre Aumont, elle est morte d'un infarctus à 39 ans, le 7 septembre 1951, dans sa résidence parisienne.

Porfirio Rubirosa. C'est le premier play-boy professionnel international. Il sévit à Hollywood et dans tous les endroits fréquentés par la jet-set dans les années 1950. Il épousa Danielle Darrieux alors en pleine gloire. Il meurt à Paris dans un accident de course automobile.

Danse et Musique

Le merengue, considéré comme faisant partie intégrante de l'identité nationale de la Communauté dominicaine, a été inscrit en 2016 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO. Cette danse joue un rôle actif dans beaucoup d'aspects de la vie quotidienne de la population : de l'éducation aux rassemblements sociaux et événements festifs, en passant par les campagnes politiques. En 2005, cette pratique traditionnelle a été reconnue dans un décret présidentiel qui déclare le 26 novembre Journée nationale du merengue. Des festivals dédiés sont organisés dans plusieurs villes de la République dominicaine, notamment à Saint-Domingue et à Puerto Plata. Le merengue se danse souvent dès le plus jeune âge, en couple. Les danseurs, qui exécutent des mouvements sensuels, tournent en rond au rythme de la musique jouée par les instruments tels que l'accordéon, le tambour et le saxophone. Le merengue est dansé partout, et par tous les individus de milieux sociaux et économiques différents, ce qui contribue à promouvoir le respect et la coexistence entre individus, les groupes et les communautés. Le nord du pays est considéré comme le berceau du merengue, avec une zone d'influence à Porto Rico, aux Etats-Unis d'Amérique en passant par les Caraïbes. D'autres pays d'Amérique latine, comme le Venezuela ou la Colombie, ont adopté la popularité du merengue dans leur culture et leurs traditions, ce qui contribue à promouvoir le respect et la coexistence entre individus, les groupes et les communautés.

Le père Labat arriva en République dominicaine en 1795, au moment où l'Espagne céda l'île à la France dans le cadre du traité de Bâle et il déclara : " La danse est la passion favorite des Dominicains et je crois qu'il n'y a aucun autre peuple au monde qui y accorde autant d'importance ". Les danses les plus connues sont le merengue et le bachata, mais il existe une vingtaine de danses typiques en République dominicaine, associées à l'histoire, aux croyances ou aux traditions.

La bachata ou la musica del amargue. Il faut rechercher l'origine de la bachata au détour des années 1920, quand le vocabulaire ne requiert pas encore un style musical, mais une réunion informelle festive, dans une cour, à l'ombre d'un grand arbre, ou dans la rue. Les premiers documents mentionnant ce terme remontent à 1922 et à 1927. Cette musique autochtone, issue du campo dominicain, a commencé comme la musique des pauvres. Le groupe typique (ensemble de bachata) se compose de deux guitares, de maracas, remplacées aujourd'hui par la guira et d'un bongo. La tonalité générale des chansons est l'amertume (el amargue), avec les thèmes comme la trahison amoureuse, le mépris, les souvenirs, les obstacles au bonheur... A partir des années 1930, la bachata intègre les bars et les intérieurs domestiques. La bachata émerge dans les années 1960, après la chute de Trujillo, pour être fustigée par les medias et méprisé par la bonne société dominicaine, notamment pour la médiocrité de ses paroles qui ne traitent que de problèmes de couples, de femmes, de sexe et de boisson. Les musiciens de bachata sont contraints de trouver leur propre système de production et de distribution. Ce n'est qu'en 1992 que Juan Luis Guerra popularise l'album de la bachata avec son Bachata Rosa qui gagne un Grammy Award dans la catégorie des rythmes tropicaux, suivi par Anthony Santos dont la chanson Voy pa'lla connut l'année suivante un succès sans précédent pour ce genre musical. Depuis, la bachata a fait son chemin jusqu'en haut des charts internationaux et le groupe Aventura a obtenu la consécration internationale au printemps 2004 avec son album Love and Hate, cassant le concept de la bachata, en introduisant le spanglish.

Baume. Type de chant d'appel et réponse qui utilise une güira, instrument typiquement dominicain, constitué d'une râpe en laiton creuse de forme cylindrique et d'un grattoir, d'une pandereta, sorte de tambourin ou de tabales et autres instruments africains. Les Salves sont hautement cérémoniales et sont utilisées par les pèlerins et à des soirées dédiées aux saints.

Le Pri Pri. Originaire de Villa Mella, il se joue avec un balsie acostado ou un accordéon, autrefois en bois ce qui lui donnait une sonorité spéciale. Il est aujourd'hui remplacé par un guayo ou une güira en métal. Egalement appelé balsie ou palo echao, le Pri Pri est à la fois une musique et une danse. Les chants évoquent souvent des situations sociales.

Bamboula. Cette danse hybride est l'union d'éléments improbables. Une chorégraphie du XVIII e siècle sur un fils africain. Elle se pratique uniquement sur la péninsule de Samaná, au cours de la fête de Saint-Raphaël.

Carabine. Native du sud, elle se pratique en groupe et en cercle. C'est une danse métissée mêlant à la fois chorégraphie européenne et rythme africain.

Chenche Matriculado. Ses origines remontent à la nuit des temps et sont africaines. Acrobatique, puissante et virile, elle se pratique pendant les nuits blanches à Jacagua.

Palos o atabales : cette danse rend hommage aux disparus, les luases. Très répandue sur le territoire, elle émane de la tragédie de l'esclavage.

Mangulina. Version créole de la valse.

Zapateo Dominicain. Danse à mouvements rapides, elle est originaire d'Andalousie.

Grands noms de la musique dominicaine

Johnny Pacheco. Né à Santiago de Los Caballeros. Directeur de l'orchestre Fania All Stars, il donne une envergure internationale à la salsa en sortant du quartier de New York.

Chichi Peralta. Ce jeune musicien est prêt à prendre la relève d'une génération privée de chef de dossier, Juan Luis Guerra. Il s'agit d'une participation à plusieurs productions musicales. Son premier album, P'a otro la'o, enregistré avec la participation d'un orchestre philharmonique britannique, est un succès incontesté dans le pays.

Toño Rosario. Maximo Antonio del Rosario est né en novembre 1955, à Higüey. Avec ses frères, il fonde le groupe Los Hermanos Rosario, très populaire, dont il est le chanteur. Il démarre une carrière solo récompensée par un disque d'or (pour Toño Rosario y más) en 1990. Après avoir passé huit ans à Porto Rico, il est de retour dans son pays.

Cuco Valoy. Le directeur de l'orchestre La Tribu débute à 11 ans comme percussionniste. En 1957, il crée le groupe Los Ahijados avec son frère. Il est à la tête de son propre orchestre depuis 1972. Plus à l'aise dans les rythmes de salsa que dans le merengue, il est connu internationalement. Ses enregistrements, ainsi que ses participations à des productions collectives, sont innombrables.

Sergio Vargas. Ce chanteur et musicien né en 1963 est l'une des valeurs sûres du merengue. Son orchestre, où l'on travaille en famille, est l'un des plus célèbres du pays. Il a reçu le titre de meringuero de l'année en 1986, et en 1987, son adaptation de Je l'aime à mourir est le grand succès de l'année. Depuis, il produit régulièrement des hits fredonnés par toute l'Amérique.

Wilfrido Vargas. Compositeur de merengue, il est à l'origine du succès remporté par cette musique à l'étranger. Il a participé au festival de musique des Caraïbes en février 1989, à Bercy. Producteur et éditeur de musique, il s'occupe de nombreux groupes locaux.

Johnny Ventura. Ce chanteur de merengue est né en 1949 dans la province de Puerto Plata, dans une famille de musiciens. Surnommé El Caballo, il a largement participé à l'internationalisation de la musique dominicaine et a été récompensé par de nombreuses distinctions. Son orchestre fut le premier groupe hispanique à présenter au Palais omnisports de Bercy en France, en 1989. Tenté par les responsabilités politiques, il a été maire de Saint-Domingue, pour le Parti révolutionnaire dominicain.

Discographie

Merengue

Juan Luis Guerra : Fogaraté  ! Grandes exitos (Karen/BMG), Bachata Rosa, Areito, Maridalia, Mientras màs lo pienso, Greatest Hits, Mudenza y acarreo, Ojalà que llueva Café, No es el mismo, ni es igual (Karen/BMG), Para Ti.

Eddy Herrera : Los Hombres calientes (Milan/BMG), A Otro Nivel.

Chichi Peralta : Pa'otro la'o (Caïman/Hibiscus), Más que suficiente, De Que Viene, Viene.

Wilfrido Vargas : Hoy, Los Años Dorados, Usted se queda aqui...

Johnny Ventura : Acompaña a sus creaciones..., Ah  ! yo no se... no, El boogaloo esta en algo, El Hijo del Pueblo, El Mamito, El Pinguino, En Acción  ! La Protesta de los Feos, Mis Primeras Grabaciones, Salsa Hits, Salsa y algo mas, Siempre pa'lante, Tu sabes a que yo vine, Solo para balladores, Tronco Viejo...

Fernandito Villalona : Mis Primeras Canciones (SC), Mi Luz.

Ravel : La Mujer de mi vida (RMM/Dam).

Angel Viloria et Luís Kalaff (Edenways).

Elvis Crespo : Suavemente (Sony), Bailar.

Los Sabrosos del Mérengué : Rincón musical.

Frank Reyes : Cuando se quiere, se puede.

Salsa

Cuco Valoy : Lo mejor de la salsa, Gold (Edenways), Dos Tiempos, Juntos otra vez, Sonero, La Petición Popular, En dos Tiempos (RMM/Dam).

Johnny Pacheco : Best-of Johnny Pacheco (Sony), Pacheco y su Charanga (SCA), La Crema (SCA).

Bachata

Raulín Rodríguez : Si no te tengo (Sony).

Antony Santos : Cojelo ahi (SC), El Mayimbe... y nada mas (SC).

Aventura : We broke the rules, Love and Hate, God's Project (Sony/Warner/Up Music).

Compilations

Merengueparty (Edenways).

Merengue y Bachata (RMM/Dam).

Littérature

La littérature dominicaine se développe à partir du XIXsiècle. Trois courants littéraires marquent la littérature nationale. Le courant indigéniste veut témoigner de l'histoire de la conquête et dénoncer les méfaits des Espagnols vis-à-vis des Indiens taïnos. En 1880, Manuel de Jesús Galván publie Enriquillo, le premier véritable roman dominicain, qui raconte la vie du cacique légendaire qui s'opposa à la colonisation espagnole. La vie locale, rurale ou urbaine, et les traditions des différentes régions se retrouvent dans le criollismo. Enfin, le courant du postumismo s'attache à dégager la littérature nationale des influences romantiques européennes, puis à dénoncer les excès de la période de la dictature de Trujillo, avec des auteurs tels Manuel del Cabral, défenseur de la poésie afro-antillaise, et Manuel Rueda. Nombre d'auteurs contemporains font partie de la diaspora dominicaine et se rencontrent, notamment aux Etats-Unis. Parmi les auteurs les plus connus, citons : Marcio Veloz Maggiolo, Julia Alvarez et Junot Diaz.

Grands noms des lettres dominicaines

Juan Bosch est né à La Vega le 30 juin 1909. Politicien, écrivain et ex-président de la République, il a fondé le PRD (Parti révolutionnaire dominicain) en 1939. Pendant son exil de 19 ans à Cuba, il a fait partie de l'armée de libération dominicaine (guérilla), dont l'objectif était d'abattre la dictature de Trujillo. De retour à Saint-Domingue après un exil de 25 ans, il remporte l'élection présidentielle en 1962. Evincé du pouvoir par un coup d'Etat six mois plus tard, il participe à plusieurs élections présidentielles sans jamais revenir au pouvoir. En 1973, il quitte le PRD pour fonder le PLD (Parti de la libération dominicaine), à la tête duquel il se présente à l'élection présidentielle de 1994. Sa première oeuvre, Camino Real, écrite en 1933, dépeint le monde paysan de l'époque dans toute sa violence et sa tyrannie. En tant qu'écrivain de réputation internationale, il a su remettre à la mode la tradition du conte populaire d'Amérique latine. Ses recueils les plus célèbres sont Contes écrits en exil et Contes écrits après l'exil, où il décrit la vie des milieux les plus divers : mineurs, prostituées, grands propriétaires... Il a aussi écrit de nombreux essais politiques dont Crise de la démocratie en Amérique latine. Il est décédé en 2001.

Manuel del Cabral. Le poète et romancier dominicain est né à Santiago le 7 mars 1907. Célébré par Paul Eluard, il est le défenseur de la poésie afro-antillaise. Son attirance pour la poésie l'écarte des études de droit qu'il abandonne pour devenir libraire dans sa ville. Il publie son premier recueil de poésies en 1921. Il s'exile aux Etats-Unis et vit de petits boulots avant d'être employé à l'ambassade dominicaine de Washington. C'est le démarrage de sa carrière diplomatique. Il continue à publier des ouvrages de poésie et de contes, nourris par ses nombreux voyages. Il est mort le 14 mai 1999. Ses écrits, très populaires, abordent tous les thèmes existentiels, métaphysiques et érotiques : Les Anti-Temps (1967), Le Président noir (1973)... Dans son autobiographie de 1964, Histoire de ma voix, il raconte sa vie, ses livres et ses rencontres.

Junot Díaz. Né à Saint-Domingue en 1969, cet écrivain vit à New York. Il est l'auteur d'un recueil de nouvelles traduit successivement sous le titre Comment sortir avec une latina, une black, une blonde ou une métisse, puis Los Boys (Editions Plon, domaine étranger, 10/18) qui fit grand bruit lors de sa parution en 1996. Ces nouvelles sont autant de fragments de vie dans les barrios de la capitale dominicaine et à New York, ville de tous les fantasmes. La critique enthousiaste a également très bien accueilli son premier roman, récompensé par le prix Pulitzer de la fiction en 2008 et sorti en France aux éditions Plon en 2009 sous le nom de La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao.

Manuel Jesús Galvan. Auteur du XIXsiècle (1839-1910), il fut avocat, journaliste, diplomate et politicien. Son roman historique, Enriquillo, évoque les premières années de la colonie et la résistance du cacique à la colonisation espagnole. Ce roman est l'oeuvre majeure du courant indigéniste.

José Joaquín Perez (1845-1900). Ecrivain, journaliste, avocat et homme politique, il est surtout connu pour ses poésies qu'il écrivit dès le plus jeune âge. Il est reconnu comme le chantre de la race indigène, sur laquelle il composa de nombreuses poésies. Il publia Fantasia indigena en 1877. Il occupa également diverses fonctions ministérielles, et dirigea les journaux Eco de la opinion et El Porvenir.

Marcio Veloz Maggiolo. Reconnu comme le plus grand auteur dominicain contemporain, le romancier est né à Saint-Domingue en 1936. Il a poursuivi des études de lettres, de philosophie, d'histoire, d'anthropologie et d'archéologie. Professeur d'ethnologie et d'anthropologie à l'université autonome de Saint-Domingue, il a également dirigé le musée de l'Homme dominicain. Il est un des principaux spécialistes de la période précolombienne et de l'histoire des Taïnos. Son oeuvre se nourrit de la réalité locale et des légendes et mythes qui façonnent l'imaginaire collectif. En 1996, il a reçu le prix national de littérature pour l'ensemble de son oeuvre. Deux de ses romans sont traduits en français, L'Homme à l'accordéon (Editions Anne Carrière) et Vie et mort d'un apprenti sorcier (Editions Le Griot).

Pedro Mir. Né le 3 juin 1913 à San Pedro de Macorís. Le plus célèbre poète dominicain a tout d'abord fait des études de droit avant de connaître l'exil politique à Cuba, au Mexique et au Guatemala sous la dictature de Trujillo. Il fut ensuite professeur à l'université de Saint-Domingue. Sa poésie sociale et patriotique lui a valu d'être nommé poète national par le Congrès en 1984. Parmi ses ouvrages poétiques, citons Hay un pais en el mundo, Si alguien quiere saber cual es mi patria et Ayer menos cuarto y otras crónicas, sorti juste avant sa mort le 11 juillet 2000 à Santo Domingo.

Médias locaux
Quotidiens nationaux

El Listín Diario. Fondé en 1889, de centre droit, Listín Diario est le journal le plus ancien et le plus important du pays. Son tirage est le plus important et sa tendance est progouvernementale.

El Caribe, créé par Trujillo, Hoy, Diaro Libre, El Expresso, La Informacion, Ultima Hora, sont des quotidiens en espagnol. El Nacional et La Noticia sont des quotidiens du soir.

Presse francophone

On peut trouver certains titres de presse française dans les points de presse des stations touristiques, notamment à Sosua, à Cabarete et à Las Terrenas.

Télévision

Sept chaînes hertziennes, dont six privées, et deux chaînes de TV par câble. La plupart des hôtels sont câblés et proposent des bouquets internationaux. En cas de manque, rassurez-vous, il y a la RAI, TV5, de nombreuses chaînes américaines et sud-américaines. Color Vision est la chaîne de télévision la plus regardée pour ses séries inoubliables et pour la pléiade de vedettes de ses émissions de variétés (www.colorvision.com.do). La Radio Televisión Dominicana est la chaîne d'Etat.

Teleantillas est la concurrente de Color Vision (www.tele-antillas.tv).

Circulo Independencia diffuse des films 24h/24.

Telesistema Dominicano est plus particulièrement spécialisée dans le sport et les informations.

Radio

180 stations de radio AM et FM offrent des programmations pour tous les goûts. Un site recense toutes les fréquences, genres et sites des radios dominicaines (www.teoveras.com.do).

RFI : Radio France Internationale est reçue dans la capitale sur la fréquence 90.9.

Peinture et arts graphiques
<p>Tableau peinture dominico-haïtien.</p>

Tableau peinture dominico-haïtien.

Solidement ancrée dans la tradition culturelle populaire de l'île, la peinture est un véritable art de vivre dans l'île Hispaniola. Échappant à l'emprise des galeries, elle envahit les rues, les étals des boutiques artisanales, déployant ses couleurs éclatantes et sa fantasmagorie naïve en de véritables haies d'honneur dans le moindre site touristique. Dans les demeures bourgeoises, comme dans les cases créoles les plus modestes, les murs s'égayent de tableaux aux thématiques variées, et une maison ne serait pas tout à fait dominicaine sans peinture. Le pays compte quelques maîtres parmi les plus respectés de l'Amérique latine. De tous, Candido Bido est sans doute le plus populaire et celui dont l'oeuvre naïve, créole et colorée, est la mieux connue hors des frontières du pays. La jeune école compte aussi des talents qui, ayant pris leurs distances avec une tradition picturale quelque peu galvaudée, ont affirmé des styles bien personnels. Cette peinture-là demeure bien sûr le privilège de quelques-uns, et son lieu de prédilection reste la traditionnelle galerie d'art.

Quant à la peinture de la rue, celle que l'on trouve partout dans les sites touristiques et qui s'offre aux visiteurs pour des sommes parfois dérisoires, elle est héritée de la tradition naïve haïtienne. Elle en reprend les thèmes (marché, vie quotidienne, scènes villageoises, animaux...), la facture naïve et les tonalités vives. Elle n'est pas réalisée par de véritables artistes, mais par des artisans habiles qui reproduisent presque à l'identique des scènes naïves, ce sont souvent des Haïtiens ou des Dominicains d'origine haïtienne qui peignent ces tableaux. Sans mériter le statut d'oeuvre d'art, le tableau n'en reste pas moins un témoignage typique et original de l'artisanat local.

Petite histoire de la peinture haïtienne. La peinture haïtienne reste l'une des plus originales et des plus riches du Nouveau Monde. L'histoire de la peinture dans l'île remonte aux premiers jours de la colonie, quand les expatriés voulurent décorer leurs demeures de portraits et de peintures décoratives. Les plus riches rapportaient des tableaux d'Europe, ou faisaient venir des peintres occidentaux sur place.

Très vite, dès le XVIIIe siècle, la colonie envoie des esclaves affranchis apprendre la peinture académique en France. Dès l'indépendance haïtienne en 1804, la peinture devient historique et le roi Christophe crée une Académie royale de peinture au Cap-Haïtien. Une autre école est créée à Port-au-Prince en 1816. Au cours du XIXe siècle, d'autres académies vont s'ouvrir dans la jeune République. La peinture reste alors sans originalité, comme les goûts de la bourgeoisie de l'époque. En 1930, quelques artistes se regroupent autour de Pétion Savin. Ils vont se rallier à l'indigénisme, le courant littéraire en vogue. Des artistes émergent avec des productions originales, les frères Obin, Philomé et Sénèque, entre autres artistes. 1944 voit l'ouverture du centre d'Art à Port-au-Prince, sous l'impulsion de Dewitt Peters, un aquarelliste chargé d'enseigner l'anglais. Des talents étrangers, André Breton ou Wilfrido Lam, viennent y enseigner. Le Centre est également ouvert aux autodidactes d'origine modeste qui ne peuvent assister aux autres cours et conférences. Rigaud, Benoît, Hyppolite, Saint Brice ou Castera Basile viennent jeter sur la toile leurs visions largement teintées d'influences vaudoues. Les surréalistes trouvent un écho à leurs théories dans cette peinture naïve et lumineuse.
Le groupe des autodidactes du Centre d'art - Adam Léontus, Jasmin Joseph, Préfète Duffaut, Gabriel Lévèque - enfante le grand mouvement de l'art naïf haïtien qui va envahir les colonnes critiques des magazines culturels et les musées d'art moderne. En 1951, un tournant est pris quand ces peintres, chez qui l'esprit de groupe prévalait, vont prendre conscience de leur état d'artiste et évoluer chacun de façon individuelle et personnelle. Les années 1960 sont marquées par la création d'importantes galeries d'art à Port-au-Prince. Des expositions ont lieu à l'étranger. Les peintres sont toujours plus nombreux, les styles se diversifient, le marché s'organise. La peinture bidon prend naissance autour du travail de Georges Liautaud et de ses sculptures en bidons de fuel peints. Le bosmétal s'anime autour de Bien-Aimé, de Jolimeau... Avec le tourisme, l'art haïtien devient internationalement connu  ; les expositions, publications et ouvrages de référence sont légion, ce qui lui donne toute sa légitimité dans le grand marché international de l'art.
Aujourd'hui, les écoles se sont multipliées et Haïti compte le pourcentage d'artistes peintres le plus élevé au monde et la production est foisonnante. Les peintres sont désormais classés par école et par génération, et on attend la définition de la quatrième du genre. Malgré le drame provoqué par le séisme du 12 janvier 2010, la peinture haïtienne reste toujours extraordinairement productive, qu'il s'agisse des artistes reconnus ou des jeunes talents.

En avril 2013, l'exposition " Artistes dominicains au présent " a proposé les oeuvres de 15 artistes dominicains à la Maison de l'Amérique latine de Monaco. Cette 13e édition, organisée par Sonia Villanueva de Brouwer, consul de Monaco en République dominicaine, fut l'occasion de promouvoir l'art dominicain à l'international.

Grands peintres dominicains

Cándido Bido. Peintre né en 1936 à Bonao, où son père exerçait le métier de cordonnier. A la mort de son père, en 1948, il quitte l'école et gagne sa vie comme cireur de chaussures. Admis à l'école des Beaux-Arts de Saint-Domingue, il y devient professeur en 1962. Il réalise de très nombreuses expositions individuelles et de groupe. Exposé dans de nombreux musées d'Amérique latine (Cuba, Colombie, Panamá), en Espagne (Madrid), en Amérique du Nord (Washington) et au Kenya (Nairobi), il a ouvert à Saint-Domingue sa propre école de peinture, désormais transférée à Bonao, sa ville d'origine. De l'expressionnisme aux collages, des effets de matière aux explorations de couleur, il a acquis un style très personnel et aisément identifiable. Il met en scène différents aspects de la vie dominicaine à travers le thème de la femme et des enfants, ainsi que des animaux familiers (poissons, chevaux et oiseaux). Son chromatisme violent (dominante de bleu, de rouge, d'orange et de jaune), ses formes et ses thèmes sont une expression forte de la réalité dominicaine. Il a récemment réalisé l'habillage d'un des deux obélisques du Malecón. Il meurt en mars 2011, mais une galerie continue de vendre et d'exposer ses oeuvres (5, calle Docteur Baez, dans le quartier Gazcue de Saint-Domingue).

Théodore Chassériau. Peintre (1819-1856), disciple d'Ingres, dont l'oeuvre se situe entre le classicisme et le romantisme. Il est né à El Limón, dans la province de Samaná où il ne passa qu'une quinzaine de mois. Nombre de ses dessins sont exposés au musée du Louvre.

Jaime Colson. Né en 1901, à Puerto Plata, mort en 1975, ce peintre a déployé dans son oeuvre une grande variété de styles, influencés par ses nombreux voyages. Après des études à l'académie de peinture San Fernando à Madrid, il a perfectionné son art avec les maîtres catalans du début du siècle. Il a vécu à Paris dans les années 1920 et sa peinture est devenue cubiste sous l'influence de Picasso, de Braque et de Léger. Entre 1934 et 1938, il travaille au Mexique où il devient un proche des maîtres de la fresque murale, Diego Rivera et Siqueiros. Sous la dictature de Trujillo, il occupera brièvement le poste de directeur général des Beaux-Arts. Influencé par de multiples courants artistiques, c'est le peintre de l'universalité. Equilibre des compositions, intérêt pour les figures humaines et pureté des formes révèlent son tempérament.

Mariano Eckert. Né à Santiago de Los Caballeros, il réside aux Etats-Unis depuis 1947. Excellent dessinateur, il peint avec brio des natures mortes représentant toute la gamme des fruits et légumes tropicaux dans des mises en scène simples et quotidiennes.

José Garcia Cordero. Né en 1951 à Santiago de Los Caballeros, il vit en France depuis 1977 et se partage entre Paris et Saint-Domingue. Médaille d'or de la première biennale des Caraïbes en 1992, Prix national de dessin en 1979 à la biennale de Saint-Domingue, il a aussi reçu le prix de peinture de la ville de Vitry-sur-Seine en 1991. Architecte de formation, il expose régulièrement à Saint-Domingue, à Paris et à Miami. Sa peinture brosse d'une manière surréaliste et ironique, parfois angoissante, les vérités sociales et politiques de son pays.

Darío Suro García Godoy. Peintre, diplomate et critique d'art, il est né en 1918 à La Vega. Entre 1943 et 1947, il vécut à Mexico où il côtoya Diego Rivera. Il a été directeur des Beaux-Arts de 1947 à 1950. Sa première exposition de groupe eut lieu au musée Riverside de New York. Ses oeuvres énergiques et expressives sont exposées en Europe et aux Etats-Unis dans de nombreuses galeries. Il est mort en 1998 à Santo Domingo.

Silvano Lora. Ce peintre avant-gardiste (1931-2003) a travaillé à partir de collages, d'assemblages de matières. Il a longtemps vécu en France et expose parfois dans nos galeries. Il a réalisé une immense fresque de mosaïque et de céramique à la mémoire de Trujillo, à l'endroit où celui-ci fut assassiné, à la sortie de Santo Domingo, à 5 km en direction de San Cristóbal, ville d'origine du dictateur...

Charlie Simon. Né en 1962 à Villa Altagracia, d'un métissage dominicano-haïtien, Charlie Simon a participé dès son enfance à des manifestations d'arts plastiques. Il a étudié à l'académie d'Altos de Chavón et sous la direction de Felix Polanco. Sa création trouve son inspiration dans la culture afro-caribéenne et dans l'héritage taïno ; les couleurs brunes et ocre qu'il affectionne offrent un univers très personnel où la symbolique taïno est mise en valeur. Charlie expose en France et possède un atelier galerie, la Casa de los Artistas, à Las Terrenas, au 142 de la Calle Carmen.

Alberto Ulloa. Né en 1950 à Puerto Plata, ce peintre a été formé aux Beaux-Arts de la capitale et obtient son diplôme en 1974. Avec une bourse d'Etat, il part étudier en Espagne, à San Fernándo et devient à la fin de son cursus professeur d'art. Il a exposé tant en République dominicaine qu'à l'étranger. Son oeuvre imaginative, colorée et ludique est exposée dans les musées espagnols. Il meurt en 2011 à Saint-Domingue à l'âge de 61 ans.

Domingo Batista

Photographe né en 1946 à Santiago de Los Caballeros, il commence sa carrière de photographe avec le groupe photographique Jueves 68. Il a réalisé de nombreuses expositions, dont " L'Ecriture de la lumière " en 1980, et participe à de nombreuses expositions de groupe en Europe. Son propos est de montrer les changements et l'harmonie de la nature et il se définit comme un poète photographe. Co-auteur de livres (El Color del camino et Color dominicano), il participe également à des réalisations audiovisuelles. Son oeuvre a été récompensée par de nombreuses distinctions, telles que le premier prix décerné par American Photo Magazine pour sa photo Pêcheur dominicain.

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