Guide de République dominicaine : Mode de vie

<p>Pêcheur et sa prise à Playa Bonita.</p>

Pêcheur et sa prise à Playa Bonita.

Vie sociale
Famille

La famille dominicaine est une notion qui s'interprète au sens large. Elle est en général recomposée, nombreuse et à ramifications multiples, car les divorces et les remariages sont monnaie courante. Mariés et séparés très jeunes, les Dominicains ont en général beaucoup d'enfants et très tôt. La contraception est peu pratiquée et les enfants naturels sont nombreux.

Place de la femme

Les femmes ont un rôle prépondérant dans la vie sociale dominicaine où 50 % des foyers sont de type matriarcal (femmes veuves, divorcées, séparées ou célibataires). Comme dans la plupart des pays du monde, la femme dominicaine a très longtemps été cantonnée au rôle de mère au foyer en charge de l'éducation et des tâches ménagères. Bien que ce modèle puisse perdurer dans certaines franges de la société, le rôle de la femme a connu une forte évolution depuis 30 ans. Par exemple, bien que leur part dans la population employée reste inférieure à celle des hommes, elles représentent aujourd'hui plus de 65 % des diplômés universitaires (principalement en médecine, droit et éducation). Ce changement se note également dans la sphère politique. Une loi a été votée en 2010 établissant des quotas sur le nombre de candidates minimum que doit présenter chaque parti à une élection. Cette loi n'appelle pas à la parité mais constitue une première étape. En 2010, les femmes représentaient 20,8 % du Congrès dominicain et 33,3 % des conseils municipaux. Le droit de vote pour les femmes a été obtenu en 1942.

Enfin, il faut rappeler que l'avortement est strictement interdit en République dominicaine - et ce même en cas de viol depuis une réforme du code pénal de décembre 2015 - et passible de peines de prison pour la femme ainsi que le corps médical réalisant l'opération. La Constitution a inscrit dans ses lignes la prohibition de l'avortement malgré la pression des associations pour le droit des femmes. Celle de l'Eglise catholique (très influente) a été plus forte et l'IVG est donc aujourd'hui un crime ; l'avortement clandestin, souvent réalisé dans des conditions d'hygiène douteuses, tue plusieurs milliers de femmes chaque année sur le territoire dominicain. On compterait environ 80 000 avortements illégaux par an. Les femmes et adolescentes de moins de 20 ans représentaient 25% des personnes enceintes en 2017 (la majorité d'entre elles ayant moins de 18 ans).

Éducation

Le système éducatif dominicain s'organise en trois cycles : educación inicial de 2 à 6 ans (optionnel), educación básica de 6 à 14 ans (obligatoire), et educación media de 14 à 18 ans (optionnel). L'éducation est gratuite et donc obligatoire jusqu'à 14 ans. L'université publique est également gratuite et accueille la majeure partie des étudiants. L'Universidad Autónoma de Santo Domingo, la plus ancienne d'Amérique latine (fondée en 1538) concentre à elle seule plus de 40 % des effectifs. Les résultats du pays en terme d'éducation sont parmi les plus mauvais au monde. En 2017 la République dominicaine se classait 146e sur 148 pays évalués par l'Unesco, et à la dernière place des pays d'Amérique latine. Le budget alloué à l'éducation a toujours été le plus bas de la région, mais il a été fortement augmenté ces dernières années par le président en place. Le taux d'analphabétisme du pays était de 8,2 % en 2017.

Protection sociale

Une sécurité sociale publique a été mise en place en 1948. Elle est gratuite et universelle, et cohabite avec un système privé qui est généralement utilisé par les classes les plus aisées. Environ 55 % de la population ne possède qu'une couverture publique. Un meilleur accès à la santé est l'un des principaux défis du pays pour les années à venir. En ce qui concerne la retraite, les Dominicains assignés au régime général doivent travailler au moins 30 ans ou avoir plus de 60 ans pour y prétendre. Enfin, il n'y a pas d'assurance chômage en République dominicaine. Il existe différentes prestations sociales pour les personnes les plus défavorisées (réduction sur le gaz et l'électricité par exemple), mais rien de spécifique à la situation de chômeur.

La fête au village

La tradition des fêtes patronales est toujours vivace dans le pays. Célébrée pour fêter le saint patron du moindre village, chaque fête est différente et affiche des couleurs qui lui sont propres. Les émigrés, ceux qui sont partis à la ville, reviennent en famille pour participer à la liesse collective. Tout d'abord, il y a les messes auxquelles tout un chacun se doit d'être présent. Concerts des orphéons municipaux, bals populaires, kiosques de boissons sponsorisés par les grandes marques d'alcools locaux où bière et rhum coulent à flots, orchestres de mérengué et de bachata déchaînés, manèges forains pour les plus petits, combats de coqs où l'on pariera plus que de coutume, feux d'artifice et pétards, le programme des festivités païennes est copieux et chacun s'y amuse de bon coeur.

Mœurs et faits de société
Une femme à 15 ans

Comme dans toute l'Amérique latine, les 15 ans d'une jeune fille constituent une fête familiale, quasiment une initiation à laquelle toute enfant se prépare dès son jeune âge. Cette tradition est héritée des célébrations rituelles indiennes de la puberté qui marquaient les responsabilités maternelles pour la jeune fille et guerrière pour le garçon. Pourtant la tradition s'est perpétuée pour les seules représentantes du sexe féminin et ne connaît pas d'équivalent pour les garçons. A 15 ans, la jeune Dominicaine fait une entrée fracassante dans la vie adulte au terme d'une fête qui ne manque pas d'éclat. La robe blanche et longue est choisie avec soin, les faire-part envoyés à tout ce que la famille compte de relations, les préparatifs mobilisent la famille de longs mois à l'avance. Une fête religieuse, une messe au cours de laquelle la jeune fille renouvelle en grande pompe son engagement dans la vie chrétienne, des séances de photos, et enfin une réception mondaine qui a tendance à supplanter la tradition religieuse. Les salons des grands hôtels, les maisons de famille servent d'écrins à une soirée au cours de laquelle la jeune fille est officiellement intronisée dans sa vie de femme. Comme au cours d'un mariage, le père ouvre solennellement le bal avec la quinceañera qui est désormais une fille à marier.

Prostitution

La République dominicaine n'échappe malheureusement pas à ce fléau, particulièrement développé dans les zones touristiques. C'est une réalité difficile à occulter et une activité lucrative pour bon nombre de jeunes femmes et hommes. Il s'agit de " professionnelles " chassant les clients à l'entrée des salons de massages ou dans les discothèques (à grand renfort de " Mi amor ! "), ou encore d'étudiantes ou de mères de famille vendant leurs charmes de façon occasionnelle pour quelques milliers de pesos. Les hommes voyageant seuls devront sans doute en éconduire plusieurs durant leur séjour. Les dames recevront également les avances des " Sanki Panki " sur les plages, nom donné aux gigolos.

Inutile de préciser qu'avec un taux de sida élevé, ceux qui s'adonnent aux plaisirs de la chair, tarifés ou non, sont fortement encouragés à prendre leurs précautions.

Le tourisme sexuel ayant fortement entaché la réputation du pays, celui-ci a pris ces dernières années (notamment sur Boca Chica) des mesures de lutte afin d'éradiquer les réseaux de prostitution clandestins, notamment de pédophilie. Caminante, une association de Boca Chica, s'occupe de venir en aide aux victimes de ce marché obscur.

Droits de l'homme

Le pays est signataire des sept organismes dépendant de la Charte des Droits de l'Homme et du Citoyen. Cependant, la Commission interaméricaine des Droits de l'Homme s'est depuis 2010 opposée à la loi de l'Etat dominicain portant sur le changement des règles d'attribution de la nationalité dominicaine. Cette loi étant rétroactive, des dizaines de milliers de personnes ayant obtenu la nationalité dominicaine par le passé s'en sont retrouvées déchues (principalement des Haïtiens). Et comme un certain nombre n'avaient pas non plus de nationalité haitienne, le gouvernement dominicain a fait des apatrides, ce qui est formellement interdit par les règles internationales. A ce jour, le président Danilo Medina est resté inflexible aux pressions extérieures et n'est pas revenu sur cette loi.

Homosexualité

Au contraire de certains de ses voisins carïbéens, la République dominicaine ne possède pas de lois discrimantes envers la population LGBT. Globalement, l'indifférence est de mise, bien que ce soit comme souvent plus le cas dans les grandes villes que dans les campagnes. Cependant, de nombreuses discriminations à l'embauche ou au logement sont encore reportées dans ce pays qui reste sous forte influence de l'église catholique. Une marche gay est organisée chaque année début juillet à Saint-Domingue. Plus récemment, les villes de Santiago de Los Caballeros et La Vega ont également organisées de telles manifestations. Lors des élections législatives de mai 2016, le candidat Deivis Ventura a été le premier candidat ouvertement homosexuel à se présenter pour un poste au Congrès.

Sécurité

La République dominicaine est considérée comme un pays relativement sûr. Les zones les plus visitées sont arpentées par la police touristique (CESTUR) en plus de la police nationale et de l'armée. Les campagnes sont également sans grand danger. Il faut toutefois respecter les précautions d'usage : ne pas marcher seul la nuit (ni conduire), éviter les signes extérieurs de richesse, s'informer avant de s'aventurer dans un quartier éloigné d'un centre touristique... Le numéro d'appel d'urgence est le 911 et fonctionne dans tout le pays.

Drogue

L'achat, la vente et l'usage de drogues sont interdits en République dominicaine. La simple possession de stupéfiants peut être passible d'une peine de 6 mois de prison ferme. Au niveau du trafic, le pays est devenu l'une des plaques tournantes de la cocaïne au début des années 2000. En effet, le passage par le Mexique pour rejoindre les Etats-Unis devenant plus compliqué pour les cartels colombiens, ces derniers ont décidé de passer par la République dominicaine. Le choix de ce pays s'explique pour diverses raisons : le grand nombre de vols et de bateaux entrant et sortant grâce au tourisme, ainsi que les multiples nationalités visitant chaque année le pays permettent aux trafiquants de passer inaperçus, et enfin la grande diaspora dominicaine présente aux Etats-Unis permet de recevoir les chargements plus facilement. Mais ceci a également eu un impact sur la consommation du pays qui a été multipliée par dix ces 40 dernières années. Nombreux sont les ressortissants européens à purger une peine derrière les barreaux dominicains pour avoir tenter de sortir de la drogue du pays !

Corruption

Historiquement, la République dominicaine est un pays qui a souvent connu une corruption importante. Celle-ci arrivant à son paroxysme sous l'ère du dictateur Trujillo. C'est pour enrayer ce phénomène structurel que le gouvernement de Danilo Medina a mis en place en 2010 le programme IPAC (Iniciativa Participativa Anti-Corrupción). Ce dernier a connu quelques succès en matière de bonne gouvernance et de transparence mais le problème reste toujours actuel. Les pots-de-vin pour l'attribution de marchés restent monnaie courante, tout comme le fait de glisser un billet à un agent de police pour qu'il vous laisse continuer votre chemin (ce que l'on vous déconseille fortement de faire). Le rapport 2017 de Transparency International place la République dominicaine à la 135e place sur 180 pays étudiés en termes de corruption.

Religion
<p>Le Christ redempteur, Puerto Plata.</p>

Le Christ redempteur, Puerto Plata.

En République dominicaine, la liberté de culte est un droit constitutionnel. La religion catholique romaine est omniprésente depuis la colonisation et l'évangélisation qui s'ensuivit. De tradition catholique espagnole, l'Eglise jouit d'une grande autorité morale. Par l'intermédiaire du cardinal Nicolas de Jesús López Rodriguez, primat d'Amérique et archevêque métropolitain de Saint-Domingue, elle intervient dans le domaine politique en organisant le dialogue entre les partis et les divers partenaires sociaux et économiques - dernièrement elle fit pression pour faire inclure à la Constitution le " crime d'avortement ", ajouté donc par le gouvernement dominicain à cette dernière en janvier 2010. Le calendrier des fêtes religieuses est très chargé. Le culte de la Vierge, particulièrement populaire, se manifeste par deux célébrations majeures, celle de la Vierge de Altagracia (21 janvier) et celle de la Vierge de las Mercedes (24 septembre), marquées par de grandes processions, notamment à Higüey et à La Vega. Pendant la semaine sainte (Pâques), le pays est en panne. Chacun prend des vacances et les plages sont pleines de monde. A cette période, tout est prétexte à faire la fête et l'ambiance populaire est électrique.
Par ailleurs, comme dans toutes les Caraïbes, d'innombrables églises se côtoient, parfois des plus fantaisistes, issues des églises et des sectes protestantes nord-américaines. Les églises adventistes, évangéliques, pentecôtistes, et autres, sont très nombreuses et les cultes les plus invraisemblables cohabitent dans la plus grande tolérance. On dénombre ainsi plus d'une trentaine d'églises ou de sectes, d'obédiences différentes, aux noms bien souvent folkloriques. La religion n'a pas échappé au syncrétisme inévitable avec les traditions indigènes et africaines. Les origines africaines de la population et l'influence haïtienne ont maintenu vivaces les rites du vaudou, hérités de lointaines pratiques du Bénin. Les pratiques de la santería et du vaudou coexistent avec la religion catholique et sont présentes dans la région de Samaná, en grande partie dues à l'immigration massive haïtienne.

Le vaudou. Les racines profondes du culte vaudou se retrouvent au Bénin et au Togo. Dans la langue parlée au Bénin, vodun signifie " puissance invisible, redoutable et mystérieuse ayant capacité d'intervenir à tout moment dans la société des humains ". Les hommes essaient de les concilier afin d'améliorer leur quotidien. Dès le XVIe siècle, la déportation vers le Nouveau Monde de millions d'esclaves noirs a entraîné la reconstitution, avec certaines transformations, dans les Amériques, de croyances et de pratiques africaines. Sous des formes et des appellations diverses, le syncrétisme de religions et de rites africains des diverses tribus déportées a donné naissance aux religions afro-caraïbes, le candombe au Brésil, la santería à Cuba, l'obeayisme en Jamaïque, le shango à Trinidad et le vaudou dans l'île d'Hispaniola. Le vaudou constituait une menace pour les colons français dont l'emprise sur les esclaves se trouvait amoindrie. Malgré toutes les persécutions, pendaisons, emprisonnements, punitions par le fouet, le vaudou a survécu au passage des siècles pour rester très actif dans l'île, en particulier en Haïti. Ils s'appellent Papa Legba, Baron Samdi, Ogou Feray, ou Ezili ou la Grande Brigitte. Ce sont des Iwa, les esprits du vaudou qu'on nomme anges, diables ou mystères. Leur société est un modèle pour les humains : ils dictent leurs actes, les favorisent ou les punissent. Ils sont en liaison avec un domaine précis de la nature - air, terre, mer ou feu. Ils assurent le lien entre l'homme et la nature divine, entre les vivants et les morts, le temporel et le surnaturel. Ces divinités se manifestent au cours de cérémonies, communiquent et rendent service à ceux qui les honorent. Les étrangers sont rares à avoir le privilège d'assister à de véritables cérémonies et, dans tous les cas, ne sont pas les bienvenus. Le vaudou est toujours pratiqué en République dominicaine parmi les populations d'origine noire, dont beaucoup ont fait souche dans la région de Samaná.

Los Santos de Palo

Ces statuettes de bois représentant principalement la Vierge, l'Enfant Jésus, saint Antoine et saint François d'Assise, datent du début de notre siècle. De taille réduite (environ 60 cm), elles étaient confectionnées d'une seule pièce par des paysans. Les Santos de Palo ornaient les autels d'où ils étaient sortis lors des processions de célébration du Rosaire. Les croyances populaires, issues d'Europe et trouvant leurs origines dans l'antiquité païenne, leur conféraient des pouvoirs surnaturels comme la guérison des maladies ou la réalisation de certains miracles. Du fait de leur caractère sacré, les Santos de Palo devaient être sculptés en suivant certains rites, et en respectant des interdits.

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