Guide de République dominicaine : Politique et économie

Politique

La Constitution du 28 novembre 1966 a institué un régime démocratique. De nouvelles listes électorales ont été établies le 18 février 1993, à la suite d'une réforme regroupant les registres d'état civil avec les listes électorales afin d'éviter les fraudes. Une nouvelle Constitution a vu le jour en 1994 pour définir le système gouvernemental comme démocratique, républicain et présidentiel. La Constitution a été modifiée une nouvelle fois en janvier 2010. Au niveau institutionnel, les élections législatives devront désormais coïncider avec l'élection présidentielle. Les prochaines auront lieu en mai 2020. Le mandat des députés actuels est donc exceptionnellement de 6 années.

Structure étatique

Le pouvoir exécutif. Il est exercé par le président de la République, chef de l'Etat et de l'administration publique, commandant en chef des forces militaires, et par un conseil ministériel désigné par le président. Il est élu pour quatre ans au suffrage universel direct à deux tours. Le poste de Premier ministre n'existant pas, le président exerce la fonction de chef du gouvernement. Il est remplacé par le vice-président et, à défaut, par le président de la Cour suprême, en cas d'impossibilité d'assumer sa charge. Il nomme et révoque les ministres.

Le pouvoir législatif. Le système légal est basé sur le code Napoléon français, le système juridique a été introduit dans le pays lors de la domination française puis haïtienne et adopté en 1884. Le Congrès, ou Assemblée nationale, est composé de deux chambres dont les présidents sont renouvelés chaque année. Le Sénat compte 32 sénateurs, soit un sénateur pour chacune des 31 provinces et un sénateur pour le district national de Saint-Domingue. Ils sont élus pour quatre ans en même temps que le président. La Chambre des députés, depuis la nouvelle Constitution de janvier 2010, accueille 190 députés élus au scrutin direct, à raison d'un député pour environ 50 000 habitants dans 48 circonscriptions, 5 députés élus au niveau national et 7 députés représentant les Dominicains de l'extérieur. Ces 7 députés ont été élus pour la première fois aux élections de mai 2016. L'organisation des élections et la proclamation de leurs résultats sont gérées par une institution originale, la Junte centrale électorale, dont les membres sont nommés par le Sénat.

Le pouvoir judiciaire. La structure judiciaire se compose, par ordre d'importance, d'une Cour suprême, d'une Cour d'appel et d'un tribunal de première instance par district judiciaire. Le tribunal des terres règle les litiges entre les propriétaires agraires. Le droit s'inspire du code Napoléon, et la jurisprudence se réfère souvent à celle de la France. Les juges sont nommés par le Sénat.

Les pouvoirs locaux. Ils n'existent qu'au niveau des municipalités. Le président nomme et révoque les gouverneurs des provinces.

Partis

Le populisme est une caractéristique forte de la politique intérieure dominicaine. Les candidats gagnent en impressionnant le peuple avec des promesses, des cadeaux et leur charisme personnel. Les électeurs choisissent alors sur la probabilité que leur position personnelle sera améliorée par leur vote.

Une autre caractéristique importante de la politique est la prédominance de chefs de parti charismatiques forts. Balaguer avait ainsi assemblé une machine politique et électorale qui décida des élections même après qu'il fut hors du combat et infirme.

Le Parti de libération dominicaine (Partido de la Liberación Dominicana, ou PLD) est un des principaux partis politiques de tendance libérale. Le logo du parti est représenté par cinq étoiles jaunes sur un fond pourpre. Fondé par Juan Bosch en 1973, le PLD était à l'origine un parti de centre gauche, mais il s'est développé dans une direction plus proche de la droite. Son candidat à l'élection présidentielle de 2008, Leonel Antonio Fernández Reyna, a gagné avec 54 % des voix pour un deuxième mandat consécutif. En 2010, le PLD a remporté les élections législatives et a installé 105 députés sur les 183 sièges que compte le Parlement. Et en 2012 puis 2016, c'est encore le candidat du PLD Danilo Medina qui s'est imposé à la présidence de la République.

Le Parti réformiste social chrétien (Partido Reformista Social Cristiano, PRSC) est un parti fondé par Joaquín Balaguer et soutenu par ses héritiers politiques. Il a hérité de la rhétorique nationaliste, anti-communiste et anti-haïtienne du mentor politique de Balaguer, Rafaël Leónidas Trujillo. Certains des fondateurs et des chefs du PRSC étaient à l'origine des hommes d'affaires catholiques qui se sont opposés aux tendances communistes et sociales démocrates de Juan Bosch et de José Francisco Peña Gómez, du Parti révolutionnaire dominicain et du Parti de libération dominicaine. Cependant, comme cela est le cas pour la plupart des partis politiques en République dominicaine, le parti demeure populiste. C'est aujourd'hui Quique Antún qui en est le président.

Le Parti révolutionnaire dominicain (Partido Revolucionario Dominicano, ou PRD) est un parti de gauche modéré, social démocrate, membre de l'Internationale socialiste  ; sa couleur distinctive est le blanc. Le parti a été fondé en 1939 par des exilés dominicains à La Havane, Cuba, et s'est établi en République dominicaine en 1961. Il gagna l'élection présidentielle nationale en 1963 (Juan Bosch), en 1978 (Antonio Guzmán), en 1982 (Salvador Jorge Blanco) et en 2000 (Hipólito Mejía). En 1973, Bosch renonça au PRD en raison de conflits internes et forma le Partido de la Liberación Dominicana. Bien que le parti soit considéré par beaucoup comme social démocrate, il a été vivement critiqué pour ses actions et tendances anti-socialistes récentes. Des maires sont connus pour leurs relations avec des seigneurs de la drogue et des scandales de corruption notoire. Miguel Vargas Maldonado est à présent le président du PRD.

Le Parti révolutionnaire moderne (Partido Revolucionario Moderno, ou PRM) est un nouveau venu sur l'échiquier politique dominicain. Créé en août 2014, il est issu d'une division entre les principaux leaders du Parti révolutionnaire dominicain. Il se revendique également de la sociale démocratie et son mot d'ordre est " Démocratie, Développement et Egalité " (" Democracia, Desarrollo e Igualdad "). Malgré son jeune âge, le parti a réussi à hisser son candidat Luis Abinader à la seconde place de l'élection présidentielle de 2016, mais loin du vainqueur Danilo Medina (35 % contre 61,8 %). Le PRM s'annonce comme la seconde force politique du pays pour les prochaines années avec notamment 55 députés élus lors des élections législatives de 2016. José Paliza est aujourd'hui à la tête du parti.

Enjeux actuels

Relations internationales. Membre de l'Association des États de la Caraïbe (AEC), la République dominicaine a également établi à partir de 1998 des relations diplomatiques avec Cuba. Décidée à élargir son réseau diplomatique, elle ouvre de nouvelles ambassades en Inde, en Egypte, au Qatar, en Russie ou encore en Afrique du Sud. Si les États-Unis restent le premier partenaire, la République dominicaine cherche désormais à jouer un rôle dans la région. Elle organise depuis plusieurs années de nombreux sommets internationaux.

Relations avec le voisin Haïti. Malgré les relations houleuses avec Haïti résultant de la pression migratoire notamment, les trafics de drogues, les heurts entre commerçants et autorités dans la zone frontière, elle a fait preuve de solidarité lors du séisme qui a frappé sa voisine en janvier 2010. Malheureusement la situation s'est depuis gravement détériorée notamment après que la justice dominicaine a déclaré fin 2013 que les descendants d'immigrés perdaient leur nationalité dominicaine, privant de papiers des dizaines de milliers d'enfants et petits-enfants d'Haïtiens partis travailler dans les exploitations agricoles locales au cours du XXe siècle. Suite aux réactions houleuses générées par cette loi, en mai 2014, le congrès a adopté une nouvelle loi pour rétablir le droit du sol aux enfants nés dans le pays sans papiers et enregistrés à l'Etat civil dominicain. Mais Amnesty International estime que très peu de personnes ont bénéficié de cette nouvelle loi (9 000 personnes environ) du fait qu'il est très difficile pour beaucoup d'obtenir des actes de naissance officiels (que se soit du côté dominicain ou haïtien). Depuis 2015, de très nombreux Haïtiens ont été déportés vers leur pays d'origine et plus de 70 000 auraient quitté le pays de manière volontaire par peur du climat délétère qui règne à leur encontre (manifestations, lynchages, etc.). En 2016 le président Danilo Medina a réaffirmé sa volonté de continuer la même politique de régulation stricte de l'immigration. Il a ainsi déclaré à l'ONU qu'aucun pays étranger ne pourrait influencer les lois migratoires de la République dominicaine. En 2018 et 2019, les déportations continuaient de plus belle, et le modus operandi des forces policières avait tendance à se faire moins conciliant.

L'affaire Air Cocaïne

L'affaire Air Cocaïne a débuté le 20 mars 2013 avec l'arrestation de quatre Français (deux pilotes et deux passagers) à bord d'un petit avion prêt à décoller de l'aéroport de Punta Cana en direction de Saint-Tropez. A bord, les policiers dominicains trouvent 700 kilos de cocaïne répartis dans 26 valises. Pilotes et passagers sont alors arrêtés sans ménagement ni distinctions et sont conduits en prison en attendant leur procès qui n'aura lieu que deux ans plus tard, le 14 août 2015. Le tribunal de Saint-Domingue condamne les quatre accusés à 20 ans de prison en première instance. Les avocats feront appel et les quatre Français seront assignés à résidence sans possibilité de quitter le territoire dominicain jusqu'à la décision définitive. Mais le 15 octobre 2015, coup de théâtre : Bruno Odos et Pascal Fauret (les pilotes) quittent clandestinement la République dominicaine lors d'une rocambolesque opération d'exfiltration montée par d'anciens amis militaires et marins, sans l'aval des autorités françaises. Ils se rendront à la justice française quelques jours après leur arrivée et seront incarcérés jusqu'en mars 2016, date à laquelle le tribunal d'Aix-en-Provence les remet en liberté sous contrôle judiciaire. Entre-temps, la cour d'appel de Saint-Domingue qui avait confirmé leur condamnation à 20 ans de prison le 11 février 2016 demande leur extradition, mais la France refuse de déroger à sa règle de ne jamais extrader ses ressortissants. C'est donc sous le coup d'un mandat d'arrêt international que les pilotes sont soumis à la juridiction dominicaine. Il en est de même pour les protagonistes extérieurs qui ont participé à leur exfiltration, dont un membre, Christophe Naudin, sera arrêté en Egypte début 2016 et extradé vers la République dominicaine, où il est actuellement placé en détention provisoire en attendant son procès. Fin mai 2017, les juges dominicains ont rejeté l'accord conclu début avril entre la défense de M. Naudin et le parquet dominicain qui envisageait, contre caution, un retour en France. Le 16 février 2018, il est finalement extradé pour purger le reste de sa peine en France. Le 12 mai 2018, la santé de M. Naudin s'étant dégradée lors de son emprisonnement en République dominicaine, il est libéré.

Économie

Stagnante dans les années 1980, l'économie dominicaine, qui signa un accord avec le FMI en 1984, connut un rebond de 7 à 8 % entre 1996 et 2000 et continua en 2001 avec un taux de croissance de 2,7 % (source Banco Centrale). Malgré une bonne année 2002 (+4,7 %), le PIB recule de 0,4 % en 2003. Les mesures de rigueur et la stricte discipline financière prises par le gouvernement et le FMI, sans aucun volet social, ont plongé la classe populaire dans une grande pauvreté et ont entraîné alors de nombreux soulèvements réprimés dans le sang lors de cette même année. La tendance se précise en 2003 du côté de la monnaie, et une forte dévaluation du peso par rapport au dollar provoqua une inflation de 40 % (la plus forte d'Amérique latine). Le peso fut réévalué en 2004 à l'arrivée au pouvoir du président Leonel Fernández. Réélu en 2008, le président affiche des résultats particulièrement flatteurs en 2006, confirmés en 2007 : réduction de la dette à 23 % du PIB, inflation maîtrisée et une monnaie consolidée à 33-35 $ pour 1 US$, sans compter des résultats records pour le secteur du tourisme qui lui permet d'annoncer un bilan positif. Sa croissance à deux chiffres se maintient depuis 2006, les taux d'intérêt restent bas et le taux de change est plutôt stable.

Le secteur touristique a été touché en 2009 par la crise économique mondiale sans pour autant affaiblir durement l'économie dominicaine. Selon les chiffres de la Banque centrale, l'économie dominicaine a enregistré une croissance de 3,5 % en 2009, un chiffre bien supérieur aux prévisions compte tenu du contexte international défavorable. L'embellie s'est confirmée en 2010 avec une croissance de 7,8 %. De fait, les exportations et les importations générales ont respectivement augmenté de 12 % et de 18 %. En revanche cette croissance de 2010, une des meilleure d'Amérique latine, a eu des dommages collatéraux au niveau de l'inflation.

Tous ces chiffres tendent à prouver que l'économie dominicaine, continue son développement et a su gérer la crise mondiale amorcée en 2008. Toutefois, malgré une amélioration des conditions de vie pour certaines couches sociales avec une " sécurité sociale " et une croissance de l'emploi (le taux de chômage stagne aux alentours de 14 % ces dernières années), la répartition des richesses demeure très inégale et le niveau de vie des classes sociales inférieures tend à se détériorer davantage. L'éducation, la santé, la protection de l'environnement restent des secteurs encore défavorisés par la politique gouvernementale.

Entre 2011 et 2013, la croissance s'est ralentie en partie suite à la hausse du prix du baril et à la diminution de l'activité mondiale. Elle est restée néanmoins sur une tendance honorable de 4 %, taux qui laisse rêveur un bon nombre de pays en Europe.

En 2014 et 2015, la croissance a été la plus forte de toute l'Amérique latine et des Caraïbes, avec des taux annuels supérieurs à 7 %. Celle-ci a notamment été soutenue par l'industrie manufacturière et le tourisme.

En 2016 et 2017. En 2016, selon le FMI, le taux de croissance a été de 6,6 % et de 4,8 % en 2017. La diversification du secteur touristique dans tout le pays permet une meilleure répartition des richesses liées au secteur. L'écotourisme et le tourisme itinérant se développent au fur et à mesure des infrastructures qui manquent parfois dans certaines parties du pays, dans le centre notamment.

Principales ressources
<p>Champs de canne à sucre.</p>

Champs de canne à sucre.

L'économie dominicaine repose sur cinq piliers : l'agriculture et l'élevage, l'exploitation minière, les produits dits " mineurs ", les zones franches, au nombre de quarante-six, et le tourisme. Les cultures de cacao, de canne à sucre, de tabac et de café constituent la quasi-totalité des exportations agricoles. Bien que ces produits agricoles vendus aux pays étrangers ne représentent que 20 % du total des exportations, le pays reste l'un des plus gros fournisseurs de denrées agricoles de la zone caraïbe.

Le sucre. Si le sucre reste toujours le produit d'exportation par excellence, on ne peut désormais plus qualifier la République dominicaine d'île sucrière. Malgré tout, les deux-tiers des entreprises dominicaines ont toujours un lien avec l'industrie sucrière : on compte dix-huit raffineries de sucre, trois brasseries et quinze brûleries de rhum. Ces dernières années, l'industrie du sucre - et donc les grandes familles sucrières dominicaines - ont été ébranlées par plusieurs scandales concernant les conditions de vie " esclavagiste " dans les batey où sont logés les Haïtiens pendant la période de zafra (Exposition et livre Esclave aux Paradis - Céline Anaya Gautier et l'association Sang Sucre et Sueur). L'Unicef épingle régulièrement le pays sur les droits des enfants haïtiens, nés en territoire dominicain mais ne bénificiant pas comme ils le devraient de la loi du sol. Ces enfants des batey sont donc apatrides de naissance.

Le boom du cigare dominicain. En jouant la carte de la différenciation, la République dominicaine est devenue le premier producteur de cigares roulés à la main. Elle est, avec 350 millions de cigares premium, le premier producteur mondial devant son voisin Cuba. Ce secteur économique rapporte environ 680 millions de dollars (2015) au pays et nourrit quelque 15 000 personnes. Les déboires économiques de sa voisine et les caractéristiques climatiques et géologiques de l'île ont permis ce développement de l'industrie du tabac. Des fabricants cubains se sont installés en République dominicaine chassés par les nationalisations entreprises par Castro, emportant avec eux plants de tabac et expérience. Les cigares Davidoff sont, depuis environ quinze ans, exclusivement fabriqués dans l'île. La levée récente de l'embargo américain à Cuba ne devrait avoir que peu d'impact à court terme sur la position dominante dominicaine. En effet, il faudra du temps au voisin cubain pour augmenter et diversifier son offre, améliorer son système logistique et activer un large réseau de lobbying afin de récupérer des parts de marché. La ville de Santiago abrite aujourd'hui plusieurs dizaines de manufactures de cigares. Légers et aromatiques, les cigares dominicains sont moins corsés que les cubains et bénéficient d'une qualité sans faille et régulière. Parmi les autres marques les plus célèbres : Arturo Fuente, Pléiades, Juan Clémente et E. León Jiménez.

Autres ressources. Les petites cultures tels le riz, le manioc, l'avocat, l'ananas ou la banane rentrent dans la catégorie de produits mineurs, (qui comprennent aussi le ciment, les boissons alcoolisées, les barres d'acier, etc.). Les ressources minérales du pays, principalement concentrées dans la vallée du Cibao, sont traditionnellement des produits d'exportation, en particulier le ferro-nickel, mais aussi la bauxite, l'or et l'argent, le calcaire et le granit. Il existe aussi des carrières de marbre dans la péninsule de Samaná. Des marais salants produisent du sel gemme dans les régions de Montecristi et d'Azua. Malgré la chute des cours mondiaux de nombreuses matières premières, qui a déprimé ce pan de l'économie dominicaine, la dernière décennie a vu fleurir de nombreuses compagnies minières, principalement dans l'extraction et la commercialisation de marbre et de calcaire. Le potentiel inexploité est important, en particulier dans la partie sud du pays. L'exploitation de l'or a redémarré avec la Barrick Gold à Cotui qui a investi 3,8 milliards de dollars dans le plus grand gisement d'or d'Amérique latine, avec des réserves d'or de 23,7 Mt. Le pays compte aujourd'hui plus d'une trentaine de compagnies minières. Autre ressource importante, les transferts de fonds effectués par la diaspora dominicaine qui croît d'environ 4 à 6 % par an. Les remesas représentent environ 7 % du GDP, soit la moitié des revenus des exportations et du tourisme.

46 zones franches industrielles constituent un apport de devises considérable et génèrent plus de 200 000 emplois directs en permettant à 520 entreprises étrangères de fabriquer leurs produits sans taxes sur les ventes hors du territoire dominicain. Ce secteur économique connaît toutefois une évolution qui s'effrite doucement. Les principales activités des zones franches sont la fabrication de vêtements (64 % de l'activité et 70 % des emplois), de chaussures, de composants électroniques, de fournitures hospitalières, et le traitement de données. Cette activité stagne aujourd'hui. En 2019, les secteurs les plus dynamiques sont les activités minières et les activités manufacturières, alors que les secteurs de la construction et des télécommunications, moteurs de la forte reprise de 2009-2010, semblent s'essouffler.

Importations et exportations. Les importations traditionnelles du pays concernent de nombreuses matières premières (l'énergie, le blé, le bétail, l'huile), les hydrocarbures (28 % en 2013), ainsi que des produits manufacturés, dont le matériel médical. 40,4 % des importations proviennent des Etats-Unis, loin devant la Chine (12,5 %) et le Mexique (5,2 %).

Le pays exporte des produits finis et semi-finis provenant en grande majorité des zones franches, comme le textile, les composants électroniques et les médicaments. Les exportations traditionnelles sont le café, le cacao, le tabac, le sucre et le cuivre, l'or, l'argent et l'étain. Là encore, le pays reste très dépendant des Etats-Unis (50,3 % des exportations dominicaines) qui sont son principal interlocuteur économique. Ainsi les accords sur l'achat du sucre qui lient les deux pays assurent-ils à la République dominicaine un cours d'achat trois fois supérieur aux cours mondiaux. La deuxième destination pour les produits dominicains est Haïti qui arrive loin derrière avec 9,1 %. Les autres principaux partenaires commerciaux sont le Canada, l'Inde, la Chine, les Pays-Bas et Puerto Rico. Les exportations françaises sont principalement des produits agroalimentaires (le malt et le vin en tête) et des biens d'équipement pour un montant de 135,4 milliards d'euros en 2015. Dans l'autre sens, la République dominicaine a exporté en majorité des produits agricoles et de l'agroalimentaire pour 153,1 milliards d'euros.

Des cigares créés par un Français

Jean-Jacques Thiriet a travaillé dans le cigare pendant plus de 20 ans. La marque Thiriet Mercedes est vendue aux Etats-Unis et dans de nombreux pays d'Europe, sauf en France. Ces cigares ont été sélectionnés et primés lors de nombreux concours internationaux. Les cigares sont entièrement fabriqués à la main selon les méthodes traditionnelles qui n'ont quasiment pas évolué depuis le XVIIsiècle. Le tabac est acheté d'une année sur l'autre à des planteurs de Tamboril. Les plants utilisés sont le piloto cubano, d'origine cubaine, et le olor dominicano. La cape, dernière feuille enrobant la poupée, vient des Etats-Unis  ; on pense l'obtenir prochainement en République dominicaine où il manque toutefois un peu de froid. Un mélange des deux plants est réalisé pour la tripe, enroulé dans la sous-cape, et le tout, appelé la poupée, attend une vingtaine de minutes dans un moule avant d'être enroulé à son tour dans la cape. La dernière feuille de finition doit être d'une qualité parfaite  ; une colle végétale est utilisée pour la tête qui est faite avec la même feuille de cape non découpée. Sachez encore que la République dominicaine est le premier producteur mondial de cigares faits main, avant Cuba, contrairement aux idées reçues.

Place du tourisme
<p>Croisière dans le port de La Romana.</p>

Croisière dans le port de La Romana.

Bien que le pays soit connu comme exportateur de sucre, de café et de tabac, le secteur des services, et notamment celui du tourisme, a dépassé l'agriculture en tant qu'employeur. Le pays est celui qui attire le plus de touristes de toute la zone caribéenne, soit près de 16 % de l'ensemble des touristes voyageant dans cette partie du monde, pour des recettes s'élevant à 7,6 milliards de dollars américains en 2018 (contre 7,1 % l'année précédente). 6,5 millions de touristes étrangers se sont rendus en République dominicaine en 2018, augmentant encore par rapport à 2017, et lors du premier trimestre 2019, le pays a enregistré une augmentation de 4,6 % du nombre de visiteurs par rapport à la même époque l'année précédente, soit 1 876 144 voyageurs. Côté répartitions nationales pour ce premier trimestre, 65,1 % sont venus d'Amérique du Nord (40,9 % des États-Unis), 21,6 % d'Europe, 10,4 % d'Amérique du Sud, 2,6 % d'Amérique centrale et des Caraïbes et 0,3 % d'Asie et du reste du monde. Les Français se sont hissés début 2019 au premier rang en termes de voyageurs européens, suivis par les Russes puis par les Allemands.

Le tourisme représente actuellement la principale source de devises du pays. De gros investissements ont été consentis dans ce domaine par les gouvernements successifs et de nombreuses mesures de nature à favoriser les investissements privés ont été mises en oeuvre.

Le secteur du tourisme continue donc de progresser et de développer de nouvelles perspectives positives notamment dans le domaine de l'écotourisme. En revanche les hôtels " all inclusive " malgré tous leurs attraits, confort et praticité présentent des inconvénients pour le pays, avec une répartition des richesses inégale. On note également le problème du tourisme sexuel : certains voyages tout compris incluant également un service " de compagnie ". Indépendamment de cela, le secteur semble toutefois amorcer une phase de diversification de son offre, ajoutant de nouveaux itinéraires culturels et écologiques au nord et au sud-ouest.

Enjeux actuels
<p>Survol d'une cocoteraie de la péninsule de Samaná.</p>

Survol d'une cocoteraie de la péninsule de Samaná.

La volonté du gouvernement Danilo Medina est de faire passer d'importantes réformes structurelles depuis longtemps identifiées, et dont la mise en oeuvre sans cesse retardée ne devient que trop urgente. L'économie encore trop concentrée autour de quelques secteurs (tourisme, zones franches, ferronickel) et très dépendante des Etats-Unis ainsi que des importations d'hydrocarbures. De plus, la croissance dominicaine est vulnérable en ce sens que l'accroissement de la demande repose moins sur des gains réels de productivité que sur de l'endettement et une baisse de l'épargne.

La fiscalité. Les recettes fiscales correspondaient en 2012 à 13,1 % du PIB, à 13,8 % en 2013 et s'élevaient à 14,9 % en 2017. Ce chiffre reste faible si l'on compare aux pays développés. La réforme fiscale est un des plus gros chantiers du président Danilo Medina pour son second mandat.

Le redressement du secteur électrique, qui souffre d'un grave déséquilibre financier à cause des contraintes de la distribution, du coût important d'entretien et de modernisation des réseaux, et du difficile recouvrement des factures (un tiers de l'électricité - très chère - serait détournée). Le secteur électrique continue d'être un important frein à la rationalisation des dépenses publiques (850 millions de dollars américains investis en 2016, contre 730 millions de dollars américains en 2015).

Le regain d'activité des zones franches qui occupent une place majeure dans l'économie dominicaine (57,2 % des exportations, 1er employeur avec 10 % de la population active) après des années de baisse.

La lutte contre la corruption et la surveillance du système bancaire local, échaudé après le scandale de la faillite de Baninter. Selon le rapport 2018 de Transparency International, la République dominicaine se classe 129e sur 180 en terme de corruption.

Les partenaires économiques. L'économie, en 2018, reste très dépendante des États-Unis (50,3 % des exportations et 41,4 % des importations), c'est le partenaire commercial principal de la République dominicaine. L'économie dominicaine est donc largement tributaire de la santé du marché américain. Viennent ensuite la Chine, fait nouveau, le Mexique et le Brésil, ainsi que les autres pays d'Amérique latine, notamment le Venezuela. L'Union européenne, en particulier l'Espagne et la France, effectue aussi quelques échanges avec la République dominicaine. Base arrière pour la reconstruction d'Haïti qui dope la croissance économique, le voisin frontalier est dorénavant le 2e client de la République dominicaine (9,1 % de ses exportations en 2018). Les investissements étrangers ont vécu une forte croissance des années 1990 à 2001, avec plus de 1 200 millions de dollars cette même année. Les capitaux ont, à la suite de la récession économique de 2003, massivement fui l'île, aggravant la situation financière déjà critique. L'accord de libre-échange entre la République dominicaine et les pays de l'Amérique centrale (CAFTA-DR), mis en place en mars 2007, a boosté les investissements directs étrangers et les exportations, et a permis une meilleure intégration régionale du pays et la baisse du prix de plusieurs milliers de produits dont les droits de douanes ont été réduits de 20 % (produits alimentaires de grande consommation). Le pays est aujourd'hui le principal moteur de l'investissement direct étranger reçu par les pays de la zone caraïbe. Les principaux secteurs concernés sont l'extraction de matières premières, l'industrie et le tourisme, les importations (Haïti, Canada, Chine qui représentent en 2016 25 %, source Comtrade).

Contrebande

Elle existe surtout à la frontière haïtienne (vêtements, artisanat et nourriture revendus à bas prix, voire cigarettes). On fait même contrebande de coeurs des jeunes palmiers de moins de trois ans, dont l'exploitation est interdite pour protéger la forêt. Autres objets très convoités : les CD de musique latine et les DVD (attention au standard différent de celui de l'Europe) que l'on trouve à tous les coins de rue.

Adresses Futées de République dominicaine

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