Guide de République dominicaine : Survol de la République dominicaine

<p>Puerto Plata.</p>

Puerto Plata.

Géographie

Différentes thèses s'opposent au sujet de la formation des îles qui composent l'arc antillais. Effondrement d'une partie de l'Amérique centrale ou émergence de terres suite à des mouvements souterrains, on retiendra parmi les théories que de profondes crevasses, dont certaines avaient une activité volcanique, se sont formées au fond des mers et que l'une d'elles donna naissance à Hispaniola.

Hispaniola. On attribue à Christophe Colomb l'origine du terme Hispaniola : en voyant l'île, certains paysages montagneux lui rappelèrent tant l'Espagne qu'il la nomma " L'Española ", ensuite latinisé en " Hispaniola ". L'île d'Hispaniola appartient à l'archipel des Grandes Antilles (Cuba, Porto Rico et Jamaïque). C'est la deuxième de ces îles par la taille, après Cuba. Terre de contrastes, l'île d'Hispaniola est la plus montagneuse des quatre îles des Grandes Antilles, avec le plus haut sommet des Caraïbes, le Pico Duarte, qui culmine à 3 175 m. En fait, pratiquement la moitié de l'île est occupée par quatre chaînes de montagnes. Elle abrite aussi le point le plus bas de l'archipel, à 40 m sous le niveau de la mer, avec le lac hypersalin Enriquillo qui s'étend sur 260 km². Du fait de sa position dans l'arc antillais, elle fut surnommée " la clé d'entrée des Indes occidentales " par le roi Philippe II d'Espagne. Les Haïtiens disent d'elle qu'elle est une mâchoire de crocodile prête à claquer sur la queue de Cuba.

La République dominicaine partage l'île Hispaniola avec Haïti, située dans la partie occidentale. Elle en occupe les deux tiers, ce qui représente une superficie de 48 734 km², une surface sensiblement égale à celle de la Suisse. Elle possède 1 288 km de côtes, dont plus d'un tiers de plages. La frontière qui la sépare d'Haïti est longue de 275 km. Dans sa partie la plus longue, d'est en ouest, l'île s'étend sur 390 km. Du nord au sud, 286 km. L'île est bordée par l'océan Atlantique au nord et la mer des Caraïbes au sud. Le canal de Mona, redouté de tous les marins pour ses forts courants et ses vents violents et imprévisibles, la sépare de Porto Rico à l'est.

Relief

Le relief et la végétation du pays sont variés. La République dominicaine est traversée par quatre chaînes de montagnes, résultat d'une suite de plissements survenus durant l'ère tertiaire.

La cordillère centrale, qui se déploie sur 20 km de largeur pour 100 km de longueur, prend naissance en Haïti sous le nom de massif du Nord. Elle traverse le centre du pays et s'achève dans le sud vers San Cristóbal. Le point culminant des Antilles - le Pico Duarte, 3 175 m - se trouve au centre de cette chaîne et voisine avec le pic de la Pelona (3 087 m). La chaîne possède un haut-plateau, le Valle Nuevo, à 2 200 m d'altitude, au climat froid (jusqu'à moins 8 °C en hiver).

La cordillère septentrionale sépare la plaine côtière de la vallée du Cibao, parallèlement à la cordillère centrale, de Montecrisiti à El Gran Espero dans la province de Maria Trinidad Sanchez. Le pic Diego de Ocampo en est le point culminant à 1 229 m.

La cordillère orientale, ou Sierra del Seibo, la plus courte et la moins élevée des trois chaînes, occupe la zone est de l'île. Cacao, café et citriques sont plantés sur ses flancs.

La Sierra de Bahoruco, dans la région sud-ouest, domine les côtes en s'étirant sur 70 km d'un relief abrupt. Elle occupe une superficie de 2 400 km2 et culmine à la Loma del Toro, à 2 367 m d'altitude. Elle est sillonnée par les fleuves Palomino, Ito, Las Damas, Bermesi, Bahoruco et Nizaito.

La modeste Sierra de Samaná, qui ne compte pas au nombre des montagnes, s'élève à quelque 600 m d'altitude et se caractérise par des reliefs plongeant à pic dans la mer et par les douces ondulations de ses collines appelées lomas...

Le pays compte aussi une étonnante formation karstique faite de cônes et de dolines, avec des cavernes, des rivières souterraines, couverte d'une forêt humide impénétrable, le parc national des Haïtises. Les régions du nord et du centre sont de fertiles vallées. La vallée du Cibao, reconnue comme une des plus fertiles au monde, est le principal fournisseur de produits agricoles du pays. Des milliers de grottes ponctuent le territoire dominicain, dont une soixantaine sous-marines, pour beaucoup encore inexplorées.

Il existe deux régions sèches dans le pays : la zone du sud-ouest quasi désertique, où les collines désolées se déploient à l'infini, et la région de Montecristi au nord-est, où seule une végétation chétive et souvent steppique se développe.

Climat
<p>L'île de Saona, île paradisiaque.</p>

L'île de Saona, île paradisiaque.

Comme ses voisines des Caraïbes, la République dominicaine possède un climat de type subtropical humide, tempéré en altitude. Les vents du bord de mer et les alizés du nord-est adoucissent la chaleur. La température moyenne est de 25 °C avec de faibles variations tout au long de l'année. La température de l'eau est agréable en toute saison : de 26 °C à 27 °C en hiver et de 29 °C à 31 °C en été.

On distingue une saison d'été (de mai à septembre), avec un maximum de chaleur au mois d'août, et une saison d'hiver (d'octobre à avril), où les températures sont plus fraîches. Les différences d'altitude se traduisent par d'importantes variations des températures qui peuvent même, de manière exceptionnelle, atteindre des valeurs négatives dans les montagnes.

Une grande humidité règne pendant toute l'année avec un taux variant de 65 % à 80 %. La partie occidentale du pays, en particulier la côte nord-ouest, est particulièrement sèche alors que la partie orientale est beaucoup plus humide.

Il y a deux saisons des pluies, l'une plus prononcée de mai à août, l'autre plus discrète, en novembre et en décembre, caractérisée par de fortes averses en fin de journée, baptisée période cyclonique.

David, Georges, Jane, Noël, Irma…

De bien jolis noms pour de violents phénomènes parfois meurtriers... L'île se situe au carrefour des cyclones qui viennent de l'Atlantique et de l'arc antillais et qui menacent toute la zone caraïbe entre juillet et octobre, période dite cyclonique. Hurakan, un dieu guatémaltèque, donna son nom au phénomène qui était familier aux Indiens. Christophe Colomb lui-même eut à essuyer les conséquences d'un ouragan lors de son premier voyage de retour, en février 1493. Ce fut le premier cyclone répertorié dans l'histoire. Le mot " cyclone " ne vit le jour qu'en 1876, quand Henry Paddington, alors président de la Cour maritime de Calcutta, utilisa pour la première fois un vocable grec qui signifie " enroulement de serpent ". L'US Weather Bureau de Washington a décidé de leur appellation : ils sont baptisés d'un prénom alternativement masculin et féminin selon leur ordre de formation et dans l'ordre alphabétique. Ainsi Charlie succède à Betty, lui-même précédé d'Allen. Chaque année, la zone caraïbe en essuie de deux à une vingtaine, avec une moyenne de sept phénomènes par période cyclonique. La République dominicaine n'a pas été épargnée par les cyclones puisque le pays a été dévasté deux fois, par David en 1970 puis par Georges en octobre 1998. L'impressionnant ouragan Irma de septembre 2017 n'a pas causé de dommages trop conséquents en République dominicaine, contrairement à certaines îles voisines des Antilles.

La formation du cyclone commence par l'apparition de vents au niveau de la ceinture équatoriale, à proximité des côtes africaines. Entraînés par la force de rotation de la terre, les vents atteignent une zone de basses pressions, et ils prennent de la virulence au fur et à mesure de leur avancée. Ils peuvent atteindre des vitesses de plus de 250 km/h et une envergure de 90 km à 1 600 km. Dans ce qu'on appelle l'oeil du cyclone, au centre de la dépression, c'est le calme absolu. A l'extérieur de l'oeil, les pluies, les vagues ou les marées sont parfois gigantesques et la violence des manifestations défie l'imagination. Chaque formation venteuse est suivie par le Centre national des cyclones de Miami, à l'aide de radars, de satellites et d'avions. A la moindre alerte, le centre avertit toute la zone caraïbe, dont certaines îles sont très mal équipées. Malgré toutes les approches scientifiques, le phénomène du cyclone et son développement restent mystérieux et impossibles à prévoir. C'est pourquoi leur progression est suivie en temps réel, et des dispositions sont prises au fur et à mesure de leur évolution. Le phénomène comporte plusieurs stades rigoureusement classifiés :

La perturbation tropicale : à ce stade, la formation ne comporte pas de vents forts  ; de petits tourbillons peuvent survenir, ainsi que de fortes averses. Cette étape est fréquente durant les mois d'été.

La dépression tropicale : les vents peuvent atteindre jusqu'à 63 km/h, le système de basses pressions s'est développé. Les pluies qui accompagnent la dépression sont importantes.

L'orage tropical : les vents violents de 63 à 117 km/h accompagnent de fortes pluies.

Le cyclone : à cette étape, les vents dépassent les 118 km/h (Allen a connu des pointes à 230 km/h

; 297 km/h pour Irma avec des rafales à 360 km/h !). Des pluies torrentielles et des raz-de-marée accompagnent le phénomène. En cas d'alerte, les chaînes de télévision et les stations radio diffusent des messages en permanence. Tout un chacun a l'oeil rivé sur la chaîne américaine Weather Channel, qui suit en temps réel l'évolution de la dépression. Penchés sur la carte, les plus anxieux annotent les positions et font des projections sur le déplacement du phénomène en formulant des hypothèses sur son devenir... Si l'alerte se précise, les mises en garde et les conseils commencent à pleuvoir dans les médias. Les mesures de prévention sont parfaitement au point dans les hôtels et les sites touristiques. A mesure que les vents se rapprochent, la tension monte, les dépêches se succèdent, le ciel devient gris, le plafond bas, et l'air se fait de plus en plus lourd. Et le vent ne cesse de hurler de plus en plus fort jusqu'à la fin de l'alerte. Parmi les cyclones qui ont récemment touché le pays, on se souvient encore de Georges qui a ravagé une partie de l'île en octobre 1998. Jane a balayé la péninsule de Samaná en octobre 2005, et Noël en 2007.

Conseils aux touristes français. D'une façon générale, les hôtels ou les tour-operators prennent en charge la sécurité de leurs clients et leur donnent des consignes adaptées à la situation locale. Ces conseils peuvent compléter utilement ceux émis par l'Ambassade de France. En cas de menace, l'Ambassade recommande aux personnes exposées de rechercher un établissement le plus éloigné possible du bord de mer. Les autorités dominicaines sont à même d'ouvrir de nombreux centres d'accueil : www.defensacivil.gov.do/index.php/publicaciones/listado-nacional-de-albergues. L'ambassade de France est joignable en cas d'urgence aux numéros ✆ +1 809 805 6721 ou 809 695 4343.

Environnement – écologie

Force est de constater que ni le ramassage des ordures au quotidien, ni le tri de ces dernières ne sont au coeur des priorités d'un pays qui manque de réflexes sur ce point. Bien sûr, des programmes sont en cours et l'éducation commence à jouer son rôle, mais il faudra encore du temps avant que plastiques et papiers disparaissent des trottoirs. Il n'est pas rare non plus que les automobilistes en pleine course balancent par leur fenêtre les résidus d'une collation, sans aucun respect des voitures qui les suivent... Les priorités de la République dominicaine sont aujourd'hui nettement orientées vers le développement économique. Ce pays oriente ses efforts vers l'éducation, la santé, la lutte contre le chômage et la pauvreté, les grands travaux d'aménagement, l'exploitation des ressources locales, le redéploiement des zones franches... Bref, les préoccupations écologiques ne sont pas à l'ordre du jour du calendrier politique, même si la Secretaria d'Estado del Medio Ambiente y Recursos Naturales tente de mener quelques réformes, sans en avoir toutefois les moyens financiers et humains. Les Dominicains, insouciants par nature et souvent peu éduqués aux problèmes de l'environnement, sont peu sensibles au respect de ce dernier, même s'il sont fiers de leur nature exubérante. Les papiers et les ordures ménagères jonchent les abords des villages, et chacun s'en accommode dans l'indifférence générale. Quelques mesures d'information, des panneaux d'affichage visant à sensibiliser la population locale, quelques messages radio, l'arsenal des dispositions gouvernementales est bien faible au regard de l'étendue des efforts qui restent à faire.

Signalons ici la vague de détritus de plastique venus se déverser sur la plage de Montesinos, à deux pas de la capitale, à la mi-juillet 2018 : les fortes pluies de la tempête tropicale Beryl qui a frappé Santo Domingo cet été-là ont eu pour conséquence de faire déborder le fleuve Ozama (qui traverse la capitale), emportant les déchets de la ville dans son sillage, jusqu'à la mer. Résultat, plus de 500 tonnes de polystyrène et autres détritus plastique se déposant sur la plage, transformant ce petit paradis aux eaux turquoise en véritable décor apocalyptique. Le gouvernement a dépêché plus de 500 personnes pour nettoyer cette décharge à ciel ouvert.

Ce constat se nuance en raison de la place toujours plus importante du tourisme dans le pays. Les responsables des zones touristiques sont donc vigilants concernant cet aspect des choses, et des mesures sont prises, au coup par coup, par les autorités locales. De nombreuses initiatives orchestrées par des associations, notamment d'investisseurs étrangers, voient le jour dans les zones touristiques du pays, palliant les carences des autorités. Ainsi, les plages de Las Terrenas sont équipées de discrètes poubelles parrainées par quelques entreprises locales créées par des Français (Flora Tours, Bahia Tours, Haitian Art Gallery...) qui invitent les visiteurs comme la population locale à respecter la nature.
Les parcs nationaux occupent une superficie de 17 % environ du territoire national, et de nombreuses espèces y sont protégées sous le contrôle de l'Office national des parcs et des réserves naturelles. Des réserves naturelles, tel le Banco de La Plata dans la région de Samaná, permettent la protection des baleines à bosse qui viennent s'y reproduire. Toutefois, de telles mesures sont souvent prises à l'initiative et avec la collaboration d'organisations internationales. La protection des espèces animales et végétales est plutôt bien encadrée par des initiatives tant gouvernementales que privées. Et, petit à petit, les maires des villes, comme celle de Puerto Plata, comprennent l'intérêt d'avoir une zone propre et protégée pour développer un tourisme plus durable et plus humain et décident donc d'équiper leur ville d'un ramassage efficace d'ordures, la population se prête au jeu et la ville reste propre et agréable...

Autre phénomène qui mérite d'être signalé, celui des algues sargasses, véritable fléau écologique et touristique. Si la plupart des pays de la Caraïbe en font les frais depuis 2011, 2018 et 2019 ont enregistré des records en termes de dépôts de ces épais monticules d'algues - nommés marées brunes - à la fois malodorantes et dangereuses pour la faune marine, notamment pour les tortues de mer qui se retrouvent piégées dans ces massifs sous-marins. Contrairement à la plupart des autres pays impactés par ces vagues d'algues invasives et résistantes, la République dominicaine a développé un système ingénieux pour limiter les dégâts, aussi bien écologiques qu'économiques (si la plage n'est pas praticable, les vacanciers iront ailleurs !). Ce sont des ingénieurs français qui ont installé, dans la zone de Punta Cana, des barrières flottantes, en bord de plage. Ces immenses barrages submergés, accrochés aux fonds marins à intervalles suffisamment espacés pour laisser circuler la faune marine, se trouvent à une distance raisonnablement éloignée de la plage pour laisser aux baigneurs tout le loisir de barboter dans l'eau cristalline. Le projet inclut également un système motorisé de récupération des algues en pleine mer.

Plages Blue Flag

Avec une petite quinzaine de plages labellisées Pavillon bleu, la République domicaine arrive généralement en tête des pays d'Amérique latine. La plage Dominicus dans le sud à Bayahibe, Playa Dorada dans le nord à Puerto Plata et Bahia Principe El Portillo dans la péninsule de Samana, faisaient partie des pionnières. Cette certification est attribuée selon des normes et des critères établis par la Fondation pour l'éducation environnementale (FEE), organisme sans but lucratif, indépendant, basé au Danemark. Pour obtenir l'appellation Blue Flag, la plage doit répondre à des normes sanitaires strictes en ce qui concerne la qualité de l'eau de baignade, l'information et l'éducation sur le plan environnemental, l'accessibilité et les services offerts, la sécurité et la propreté. Voici les principales plages classées Pavillon bleu, et les hôtels qui les bordent.

Punta Cana

La plage de Arena Gorda : le complexe Iberostar, le Bahia Principe Bavaro, le complexe Barcelo Punta Cana, le complexe Hard Rock Punta Cana.

La plage de Bavaro : le Barcelo Bavaro, le complexe Paradisus Palma Real, le complexe Paradisus Punta Cana, le complexe Palladium.

La plage de Cabeza de Toro : le Be Live Grand Punta Cana, le Natura Park.

Samana

Bahia Principe-Cayacoa, Bahia Principe-Cayo Levantado, Bahia Principe-El Portillo.

Puerto Plata

Playa Costa Dorada Be Live Grand Marien, Playa Costa Dorada Iberostar, Playa Dorada I, Playa Dorada III.

Bayahibe

Playa Dominicus, Playa Bayahibe (le complexe Bayahibe Dreams).

Parcs nationaux

Le système national des aires protégées couvre plus de 10 % du territoire dominicain.

Comme dans de nombreux pays, la faune et la flore y sont préservées, et, dans d'autres parties, les hommes cohabitent plus ou moins bien avec les espèces sauvages, parfois en grand péril d'extinction. Les aires protégées sont subdivisées en plusieurs catégories :

8 areas de protección estricta (aires de protection stricte) dont 6 réserves scientifiques et 2 sanctuaires de mamifères marins. La visite de ces aires est soumise à des règles strictes.

19 parques nacionales (parcs nationaux), dont deux sous-marins. Ils sont les plus connus et le siège du développement de l'écotourisme.

15 reservas nacionales (réserves nationales).

19 monumentos naturales (monuments naturels).

25 areas de manejo de hábitats/especies (aires de cohabitation hommes/animaux). On retrouve dans cette dernière catégorie plusieurs des lieux dont les touristes sont friands, la Laguna Cabral, la Playa las Aguilas, etc. Ce sont des lieux de loisirs, proches de parc naturel, soumis à des règlementations spécifiques. Elles sont appelées également zones récréatives.

Il faut ajouter à ces 25 aires, 6 parcs urbains à Santo Domingo comme le Jardin botanique.

La Direction nationale des parcs est l'administration chargée de leur gestion, et c'est auprès d'elle que l'on doit solliciter une autorisation pour les visites individuelles, le mieux étant parfois de partir avec une agence (comme Eco-Tour Barahona dans le sud). Cet organisme possède quelques brochures et des informations sur les commodités locales (très restreintes) et les tarifs (c'est important pour ne pas se faire surtaxer à l'entrée par les gardes). Le secrétariat d'Etat de l'environnement et des ressources naturelles possède un site Internet très bien fait qui recense tous les parcs nationaux, aires protégées et sites naturels que recèle la République dominicaine (www.ambiente.gob.do).

Les principaux parcs nationaux

Parque Nacional Montecristi (côte nord-ouest). Il s'étend sur 19,3 km² et constitue un formidable promontoire maritime, célèbre pour sa forme de chameau couché.

Parque Nalga de Maco (Ouest). 28 000 ha entre les provinces d'Elias Piña et Santiago Rodiguez. Une zone montagneuse, humide et relativement froide, riche en biodiversité, contenant beaucoup d'espèces endémiques, dont certaines en voie d'extinction.

Parque Nacional Armando Bermudez (région de Constanza). Au coeur de la cordillère centrale, il renferme la plus grande réserve forestière du pays et de toute l'île.

Parque Nacional Jose del Carmen Ramirez. Même région que le précédent.

Parque Nacional Lago Enriquillo y Isla Cabritos (2 600 hectares). Situé sous le niveau de la mer, ce parc contient la plus grande colonie de crocodiles américains, des iguanes et des flamants roses.

Parque Nacional Jaragua (sud-ouest). Ce parc est doté d'une exubérante végétation de forêt sèche et d'épineux. On y a trouvé récemment des traces de civilisations précolombiennes. La Bahia de las Aguilas, la baie des Aigles, est un sanctuaire de tortues carey. Les iguanes, les flamants roses et les frégates y sont protégés.

Parque Nacional Sierra de Bahoruco (sud-ouest). Ses différences d'altitude et ses reliefs abrupts lui confèrent une extraordinaire biodiversité et une palette d'écosystèmes. On y recense plus de 50 % des orchidées dominicaines.

Parque Nacional Los Haitises. Au sud de la péninsule de Samanà.

Parque Nacional Cuevas de Bourbon o del Pomier. Cette réserve anthropologique de seulement 4,4 km² est une véritable encyclopédie de pierres avec des témoignages de la civilisation préhispanique taïno.

Parque Historico La Vega Vieja. Non loin de la ville de La Vega.

Parque Nacional del Este. Il se trouve sur la côte sud-est, au sud d'une ligne Bayahibe-Boca de Yuma. Cette péninsule de 430 km² est une région désertique et inhabitée. Les grottes contenant des pétroglyphes taïnos en sont la principale attraction. Au large, l'île de Saona (25 km de longueur et 5 km de largeur), de son nom original Adamanay, possède deux villages de pêcheurs, Mano Juan et Punta Catuano, et leurs longues plages de sable blanc attirent de nombreuses excursions d'une journée.

Parque Historico La Isabela. Cette zone correspond au tout premier établissement des Espagnols sur la côte nord, à l'ouest de Puerto Plata.

Parque Nacional Loma Isabel de Torres. Ce parc est une colline surplombant la ville et la baie de Puerto Plata. On atteint le sommet par une piste difficile ou par un téléphérique.

Parque Nacional El Choco. Il couvre 78 km² entre les contreforts de la Cordillera Septentrional et la façade atlantique. Il inclut deux lagunes, celles de Cabarete et celle de Goleta. Grottes, rivières et étangs souterrains en sont les autres intérêts.

Parque Submarino La Caleta. A proximité de la capitale, il correspond à une zone riche en épaves.

Parque Montaña La Humeadora. Ce petit parc de 84 km² situé dans la province de l'Alta gracia, à 10 km de San Cristóbal, est aussi surnommé The Smoky. Il a été déclaré zone interdite jusqu'en 1996, en raison de son microclimat, le plus pluvieux de la République dominicaine.

Des essences protégées

Chez sa voisine Haïti, la déforestation a pris des allures de catastrophe nationale, et le pays souffre durement de la désertification qui s'ensuit. Sensibles au sort de ce pays mitoyen, les autorités dominicaines encadrent très étroitement la taille des arbres dans toute la République. Non contentes d'attribuer les permis de coupe au compte-gouttes, les autorités demandent de replanter des arbres de la même espèce dans des espaces réglementés. Le nombre varie selon l'espèce, ainsi pour tout palmier abattu il faut en replanter dix, pour un flamboyant le tarif est de cinq. Quant aux essences précieuses comme le cèdre, l'acajou (caoba) ou le roble, leur coupe est formellement interdite par décret présidentiel.
De nombreux facteurs - comme le tourisme qui pèse un poids considérable sur les ressources naturelles, l'insularité du pays, sa dépendance vis-à-vis de l'écosystème (pêche, agriculture), les investissements étrangers importants, la jeunesse et la conscience grandissante de la population, le contre-exemple déplorable du pays limitrophe Haïti - pèsent désormais de tout leur poids sur la conscience écologique de la République dominicaine et devraient contribuer à la sauvegarde de sa biodiversité.

Faune et flore
Faune

Une grande biodiversité pour un petit pays. Les grands mammifères, zèbres, éléphants, tigres ou girafes, qui ornent les peintures naïves de la rue, n'existent que dans l'imaginaire des Dominicains en quête de leurs lointaines racines africaines. Les gros animaux sauvages ont depuis longtemps déserté l'île. Comme celle de tout l'arc des Caraïbes, et plus généralement des archipels, la faune dominicaine est plutôt pauvre. L'action de l'homme et l'isolement de l'île ont été à l'origine de sa raréfaction. En revanche, de nombreuses espèces endémiques sont nées de cette situation insulaire. On rencontre quelques intéressantes espèces d'animaux sauvages, dont beaucoup sont aujourd'hui protégées, comme les iguanes verts, les crocodiles d'Amérique et le hutia de Saint-Domingue, un petit rongeur herbivore.

La fosse du lac Enriquillo est sans aucun doute l'attraction majeure de la région sud-ouest. C'est le plus grand lac salé du monde. En effet, ses eaux, qui ont un taux de salinité particulièrement élevé, sont encore plus salées que celles de la mer. Ce lac se situe à environ 40 m au-dessous du niveau de la mer. Au milieu se trouve l'Isla Cabritos (l'île des Chevreaux). Ce parc national constitue la réserve la plus importante au monde de crocodiles américains (Crocodilus americanus acatus). Des crocodiles paresseux, des flamants roses, deux espèces d'iguanes de roche somnolents, Ricord et Rinoceronte, (Cyclura), vivent ici nonchalamment, sans avoir jamais connu d'autres bruits que celui du clapotis des vagues et des moteurs de bateaux.
Les agoutis sont représentés par le plagidontia et le solénodon (Sonelodon paradoxus), un mammifère insectivore et nocturne, possédant un nez allongé, des oreilles rondes et une longue queue, qui peut peser jusqu'à 1 kg et qui se rencontre dans les forêts d'altitude du pays. Ces espèces sont malheureusement en voie d'extinction.
Aucune des espèces de serpents n'est venimeuse. Dans la famille des reptiles, citons aussi les geckos qui sont fréquents et d'étonnants lézards à queue bleu électrique (Ameiva lineolata). La mygale, appelée cacata, est une araignée de bonne taille (une dizaine de centimètres au maximum) qui est plus effrayante que véritablement dangereuse (urticante et dangereuse pour les enfants) ; elle ne se rencontre pas dans les zones urbanisées, mais seulement dans le campo et dans les zones de montagnes humides. Les chauves-souris ont colonisé massivement les nombreuses grottes du pays.

Une voilière tropicale. En revanche, les ornithologues amateurs seront ravis par la diversité de la faune avicole. De multiples espèces d'oiseaux au chant éclatant et au plumage bigarré peuplent les régions de plaine et de montagne. De nombreuses variétés d'espèces tropicales cohabitent avec les oiseaux migrateurs qui viennent passer l'hiver dans les îles. 300 oiseaux ont été recensés sur les terres dominicaines, mais seulement 27 sont endémiques de la République dominicaine. Les parcs nationaux en protègent un certain nombre, comme des espèces de colibris, plus connus sous le nom d'oiseau-mouche (zumbador), dont les battements d'ailes sont si rapides qu'ils peuvent voler sur place. Les amateurs observeront les rossignols, les perruches, les cigognes palmières, les colombes, les todiers à bec étroit (barrancolí), les buses à queue rousse (guaraguao), le tyran quiquivi (flautero), les pélicans et les échassiers (hérons, ibis et flamants principalement). Les entomologistes, eux non plus ne seront pas déçus. En effet, les papillons et les insectes abondent dans les montagnes comme dans les vallées.

Les récifs coralliens. Ils abritent de nombreuses variétés de poissons tropicaux, tous plus colorés et plus étonnants les uns que les autres, aux formes et aux moeurs étranges. Les rencontres ne manquent pas de diversité. Le poisson-perroquet vert et bleu grignote inlassablement les coraux ; attention à l'épine dorsale coupante du poisson-chirurgien bleu à queue jaune  ; le spectaculaire baliste des Caraïbes, aux couleurs somptueuses, change de couleur quand il se sent approché et raffole des oursins  ; le poisson-coffre (Lactophrys triqueter) est couvert de plaques polygonales, protégé par sa carapace rigide. Le poisson-ballon, ou diodon, aux dents redoutables, se gonfle d'importance en aspirant de l'eau et hérisse ses nageoires quand il se sent menacé, espérant désarçonner ses adversaires. Ne confondez pas le longiligne poisson-trompette avec une algue ondulante. Le poisson-écureuil, qui est rouge, se rencontre dans les cavernes et ouvre de grands yeux noirs qui attestent sa préférence pour les endroits à faible luminosité. Les poissons-anges sont aussi présents, le poisson-ange bleu, vert et jaune, le poisson-ange gris, et le poisson-ange français au corps noir bordé de jaune et irisé de fines rayures appartiennent à la même famille. Le poisson-ange royal est un des plus beaux poissons de récifs, avec sa robe à rayures phosphorescentes. Le poisson-ange (Holacanthus tricolor) a une petite bouche extensible qui lui permet de se nourrir d'éponges qu'il grignote. Le poisson-bourse jaune se reconnaît à sa silhouette plate en forme de losange. Le poisson-scorpion (Scorpaena plumieri), au physique peu amène, hérissé d'épines venimeuses, est difficile à dénicher à cause de son camouflage et de son attitude statique sur le corail. Les gobies sont de minuscules poissons qui se cachent dans les anfractuosités du corail, le poisson-globe (Sphoeroides spengleri) se gonfle jusqu'au ridicule pour dérouter son adversaire, le goret aux fines rayures jaunes grogne sourdement. Le poisson-papillon rayé blanc et noir, le poisson volant, le capitaine à tête de cochon, le poisson-lune, le poisson-épieu, le demoiselle chromis noir avec de petites taches bleues, le sergent-major rayé jaune et noir, le girelle paon à tête bleue, les carangues bleues, noires, jaunes ou gros yeux qui se déplacent en longs bancs ondulants, les pompaneaux presque transparents, les bancs de calmars qui nagent gracieusement en déployant leurs tentacules, la liste est interminable... La gorgone-plume dont les branches soyeuses ondulent sous l'effet des courants, les spirographes dépliant leurs bras, les anémones colorées et les étoiles de mer tapissent joliment les fonds marins.

Côté gros gabarits, les amateurs seront servis, car les plus belles espèces, dont le poids peut dépasser 100 kg, naviguent en eaux profondes. Les dauphins vivent le long des zones côtières et sont les principaux représentants des mammifères marins. Les lamantins, les tortues, les careys et les baleines à bosse, qui arrivent dans les eaux chaudes de la baie de Samaná pour s'accoupler et se reproduire en hiver, sont des espèces protégées. Les raies, la raie pastenague américaine, la petite raie mouchetée de jaune, la raie manta géante, l'espadon, les dorades ou coryphènes casqués et le barracuda souvent solitaire abondent en eaux profondes. Les nageurs seront rassurés d'apprendre qu'il y a peu de requins, les plongeurs seront fascinés par le spectacle du ballet des marlins bleus, des tortues marines, des mérous et des barracudas. De nombreux crustacés, crabes, langoustes, homards et crevettes, ainsi que des oursins blancs et noirs aux longues épines vivent dans les eaux dominicaines.
De nombreux coquillages, dont le lambi, conque au coquillage orangé, qui servait aux Taïnos pour communiquer et se déplace par bonds successifs, les strombes, les turritelles, les olives réticulées feront la joie des collectionneurs. Le dollar des sables est un oursin plat dont la coquille perforée s'échoue sur les plages.

Les coraux : les fonds sous-marins abritent une faune d'une telle richesse qu'elle a fait des Caraïbes un rendez-vous international pour les plongeurs et les photographes sous-marins. Malheureusement, la pollution, les techniques de pêche intensive et le tourisme galopant menacent dangereusement cette faune, et de nombreuses mesures de préservation doivent être prises. Les abondants récifs coralliens forment d'étonnants reliefs sous-marins aux formes extraordinaires, tunnels, cavernes, grottes, qui protègent les plages en créant les tranquilles lagons qui ravissent les baigneurs. Les coraux sont des animaux vivant en colonie dont les squelettes calcaires forment les récifs coralliens aux formes étonnantes, cornes de cerf, d'élan, cerveaux de Neptune. Ils tissent de longues murailles dentelées aux ramifications complexes. On rencontre le corail corne d'éléphant ou pâte à chaux, très commun, le corail cerveau ou cervelle de Neptune, le corail millépore ou corail de feu, le cierge de la mer ou corail pilier qui se dresse telles des stalagmites marines.

Des espèces en danger

La cotica, ou Amazona ventralis, est un petit oiseau qui mesure de 28 cm à 31 cm de longueur et possède un plumage vert brillant appelé en créole cotorra verde. Son front est blanc et ses joues sont piquetées de taches noires. Son ventre est rouge et sa queue parsemée de quelques plumes également rouges. Habitant les forêts, et d'une manière générale les endroits riches en fruits, elle fait son nid dans les troncs secs. Pendant la nidification, elle se révèle très courageuse et défend jalousement son territoire. La cotica a une capacité étonnante à reproduire le langage humain, au point d'être devenue la mascotte nationale. Peu farouche, elle se domestique très facilement, et on la retrouve en cage dans les jardins des particuliers et des hôtels. Derrière ses grilles, elle joue un rôle d'animal familier charmant et décoratif. Son succès a bien failli causer sa perte et l'extinction de l'espèce qui est aujourd'hui (enfin) protégée.

Le hutia, qui appartient à la famille des Capromyidae, est une espèce de petit rongeur herbivore en danger d'extinction. Autrefois abondants dans les îles, les hutias furent décimés par le déboisement, la chasse et l'introduction du bétail et des animaux domestiques tel le chien. Le hutia se nourrit de fruits et, à l'occasion, ne dédaigne pas un petit reptile qui passe à proximité de ses mâchoires. Il vit pendant une douzaine d'années et connaît une vie sociale active. Il s'organise en groupe et pratique volontiers un toilettage commun, avant l'accouplement.

Le lamantin. Autrefois abondante aux embouchures de rivières, l'espèce est aujourd'hui en voie de disparition. Cet énorme mammifère marin est herbivore et " broute " les algues, d'où son surnom de vache de mer. Ici, il est simplement appelé manati, et vit dans les endroits peu profonds. Adulte, il atteint jusqu'à 3 m et peut peser jusqu'à 500 kg. Une de ses particularités est d'être polyphyodonte, c'est-à-dire que ses dents se renouvellent tout au long de sa vie. Ce phénomène est courant chez les reptiles et les poissons, mais très rare chez les mammifères. Outre les lamantins, il concerne seulement les kangourous et les éléphants. Sans prédateur naturel, le manati est pourtant gravement menacé par la pollution, la pêche, les moteurs de bateaux et surtout le refroidissement des eaux... La colonisation des côtes dominicaines a pratiquement éradiqué l'espèce. Il en reste néanmoins quelques beaux spécimens sur la côte de Barahona ainsi que dans le nord du pays, dans une réserve naturelle près de Punta Rucia où vous pourrez les observer. Avec leur chant qui ressemblent à une douce complainte et les mamelles des femelles placées sous leurs nageoires, les lamantins seraient sans doute à l'origine du mythe des sirènes.

Le Solenodon appartient à la famille des Solenodontidae. Insectivore nocturne, il possède des dents pointues et une salive venimeuse. Il ressemble à une musaraigne, mais en plus grand, avec un os dans le museau, qu'il a très long. Mesurant près de 70 centimètres de long du museau à la queue, les solenodons ont la réputation d'être irascibles. Les mangoustes, les chiens et les chats, introduits sur l'île pour chasser les rats, ont pratiquement éradiqué l'espèce.

Flore
<p>Bougainvilleas ou fleur Trinitaria.</p>

Bougainvilleas ou fleur Trinitaria.

Si la nature dominicaine est opulente, grâce à l'eau abondante des rivières et des précipitations, elle n'est jamais oppressante. On trouve environ 8 000 espèces de plantes, de fleurs et d'arbres en République dominicaine, dont 1 800 espèces endémiques, principalement des orchidées et des palmiers, soit trois fois plus qu'en Europe. Plantes locales, dont la situation insulaire favorise l'apparition, plantes pantropicales, subtropicales et paléotropicales, la nature dominicaine est riche d'une palette de couleurs éclatantes.

Dans les régions montagneuses, les forêts tropicales sont riches en essences précieuses, comme l'acajou et le cèdre. Les flamboyants déploient tout au long de l'été leurs magnifiques ramures aux fleurs d'un rouge phosphorescent.

Les forêts de conifères sont abondantes en montagne et composent des paysages aux airs européens. Palmiers nains et fougères arborescentes croissent à profusion dans les sous-bois.

La mangrove (ou palétuviers) pousse en abondance dans les eaux calmes et basses des lagunes, formant une impénétrable bordure côtière. Situé entre mer et terre, c'est un écosystème particulier où l'on rencontre quatre types d'arbres : les palétuviers rouges, noirs, blancs et gris. Le palétuvier rouge ou mangle rouge (Rhizophora mangle) est l'arbre principal de la mangrove. Ses racines aériennes pendent en arceau des hautes branches  ; elles forment un enchevêtrement impénétrable et lui permettent de respirer et de se fixer solidement dans le sol salé, instable et vaseux. Elle assure la protection des côtes, la purification de l'air et de l'eau, et constitue un refuge pour la faune, lieu privilégié de reproduction et d'alimentation des alevins, des larves des jeunes poissons qui profitent de la richesse en plancton du milieu. Les huîtres de palétuviers, les mollusques, les éponges se développent en colonies sur les racines de la mangle rouge. De nombreux oiseaux vivent dans les palétuviers, à l'abri des prédateurs.

Les régions arides sont couvertes d'une végétation subtropicale de bosquets et de steppe sèche, de broussailleux, d'arbustes épineux, d'agaves et de cactus.

Le cocotier est un palmier originaire d'Asie du Sud-Est. L'arbre aux cent usages atteint la région des Antilles par le biais de noix protégées par une épaisse écorce très résistante, poussées par les courants marins. Cet arbre est une véritable bénédiction pour les locaux. Sa noix nourrit et soigne, ses palmes sont tressées en paniers, en chapeaux, en cordes, en matelas, en toits, ses troncs servent de poutres.

Le frangipanier, arbre trapu à feuilles caduques, dresse ses fleurs en plumet au bout des rameaux.

Le bananier, " Le bananier seul peut donner à l'homme de quoi le nourrir, le loger, le meubler, l'habiller et l'ensevelir ", a écrit Bernardin de Saint-Pierre. Connue depuis le début du XVIsiècle, la banane se décline en trois variétés principales. La très grosse banane, appelée plantain ou poteau dans les Antilles françaises, se cuit comme un légume et est très utilisée dans la cuisine locale. La petite banane ou banane-pomme, de plus en plus rare, ne se rencontre que sur les marchés locaux. Enfin, la banane la plus courante est celle qui s'exporte et se retrouve sur nos marchés européens.

Plus qu'un arbre, le bananier est plutôt un ensemble de feuilles enroulées sur elles-mêmes à la manière d'un grand poireau. Chaque bananier consomme une cinquantaine de litres d'eau par jour. La production suit donc de très près l'arrosage et la pluviométrie. La plante produit en moyenne un régime tous les neuf mois, six par an au maximum si l'année a été particulièrement pluvieuse. Le bananier flétrit après chaque régime et se renouvelle par la pousse de rejets sur sa souche. Un des rejets portera le régime suivant. Au bout de quatre années, la souche dégagée par les rejets successifs devient instable et doit être transplantée, les rejets poussant de plus en plus haut.

Les plantes domestiques, fruits et légumes, sont elles aussi légion. Si le manioc, la goyave, le tabac, le coton, le poivron et l'ananas étaient cultivés dans l'île bien avant l'arrivée des Espagnols, de nombreuses plantes tropicales ont été introduites par les colons.

La canne à sucre (Saccharum officinarum) est originaire de Nouvelle-Guinée. Elle a voyagé en Orient, en Espagne et aux Canaries avant de s'imposer dans les îles des Caraïbes au XVsiècle. Sur 15 mois, la canne se multiplie à partir de boutures, puis développe deux types de racines : les unes pour se nourrir d'eau et de sels minéraux, les autres pour fixer la tige. Puis la hampe florale commence à grandir. Avant la coupe, la zafra, on brûle rapidement la canne pour éclaircir le feuillage et tuer les parasites. Chaque bouture produit une touffe de 5 à 20 tiges qui peuvent atteindre 4 m de hauteur. Les plantations de canne à sucre s'étendent à l'infini dans les plaines du nord et de l'est.

Les épices, gingembre, muscade et piments ont été importés d'Asie. Avocat et ananas sont des emprunts à l'Amérique du Sud.

Quant à l'arbre à pain, c'est aux îles du Pacifique que les Antilles le doivent. Le café, la banane et la noix de coco, le manguier et le papayer viennent d'Afrique.

Les fleurs tropicales sont partout présentes. Les orchidées constituent une famille importante de la flore dominicaine, comptant à elles seules plus de 300 variétés aux riches couleurs et aux formes délicates. Beaucoup d'entre elles sont protégées, et seules sont autorisées à l'exportation les orchidées portant un certificat attestant que la variété n'est pas en voie d'extinction. Partout fleurit la bougainvillée connue localement sous le nom de trinitaria, fleur nationale et symbole de la guerre de Restauration. Hibiscus et héliconias poussent à l'état sauvage. Anthurium, pomme d'eau, liane orchidée, oiseau de paradis, jasmin, grappes rouges de l'alpinia, vert et jaune des massifs de croton, épis rigides du balisier... Toutes les fleurs tropicales ornementales poussent à foison.

Le cacao se fête le 1er octobre

Enraciné dans la tradition, le cacao tient une telle place dans l'économie dominicaine qu'on lui a dédié le jour du Cacao qui se célèbre chaque année le 1er octobre. Produit créole, le cacao n'est pas originaire des Caraïbes, mais des forêts de l'Amazonie et de l'Amérique centrale où les Aztèques le cultivaient sous le nom de cacahuatl. Les fèves de ce fruit servaient de monnaie chez les Indiens toltèques.
La première référence à l'importation de cette plante apparaît en 1535 dans l'Histoire générale et naturelle des Indes de Gonzálo Fernández de Oviedo. Mais ce sont des planteurs français qui l'ont en premier implantée dans l'île d'Hispaniola. Très vite, les colons espagnols ont fait de l'île un important centre de la culture et du commerce du cacao. Tous les navires chargés de cacao faisaient leur dernière escale dans le Nouveau Monde à Santo Domingo avant d'affronter la traversée de retour vers l'Europe. La culture du cacaoyer a connu son plein essor entre 1890 et 1905, avec l'envol de l'industrie chocolatière nord-américaine. Des plantations modernes apparaissent alors à Samaná, à Sabana de la Mar, à San Cristóbal et à San Pedro de Macoris.
Cette plante tropicale rustique ne peut s'épanouir qu'à l'ombre des grands arbres. Le gros fruit mafflu est appelé cabosse. Cueillies à maturité, les cabosses sont ouvertes manuellement pour en extraire les fèves protégées par une pulpe blanche. Celles-ci sont mises à sécher le long des routes. Exposées au soleil, brassées en permanence pour en parfaire le séchage, les fèves seront ensuite torréfiées puis concassées pour séparer l'amande de la coque. Broyées, les amandes donnent une pâte d'où est extrait le beurre de cacao.
Les petits agriculteurs envoient leur récolte de fèves séchées dans des coopératives. Les impuretés s'éliminent par un lavage mécanique des graines qui vont ensuite être grillées. On peut opter pour une alcanisation avant de faire griller les graines. Ce procédé, inventé par les Hollandais, permet de réduire l'acidité du chocolat et lui confère une couleur plus intense. Séparation des graines et des écorces, trituration et raffinage des grains transformés en une crème épaisse appelée liqueur de cacao sont les différentes étapes de la fabrication du chocolat qui s'obtient par adjonction de sucre. Dans les étals du bord de route, on peut trouver à acheter des pains artisanaux de cacao amer grossièrement emballés. Délicieux à râper dans un chocolat chaud ou sur un gâteau !

Rose de Bayahibe

La Rose de Bayahibe, de son nom scientifique Pereskia quisqueyana, est endémique de la côte Est, près de la ville de La Romana. Elle est devenue la fleur nationale de la République dominicaine en 2011 et figure sur les billets de banque et sur les timbres postaux. En 1977, dans la région de Bayahibe, une exploration archéologique a été menée par le Français Henry Alain Liogier. Ce religieux, mais surtout professeur et chercheur expert en botanique, a décelé du pollen de cette fleur datant de 1 300 ans av. J.-C.

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