Guide du Chili : Politique et économie

<p>Les régions administratives</p>

Les régions administratives

Politique
Structure étatique
Organisation politique

La République du Chili est une démocratie représentative à la tête de laquelle se trouve le président de la République, élu au suffrage universel pour une période de quatre ans. C'est-à-dire une république de type présidentiel, qui fait suite aux dix-sept ans de dictature (1973-1990) de Pinochet. Avant de quitter la scène politique, le général-dictateur avait mis en place des lois d'amnistie et une constitution qui avaient pour but d'empêcher le bon fonctionnement d'un autre type de régime. Aujourd'hui, ces lois sont parfois remises en cause. Mais la constitution de la junte militaire est toujours appliquée !

La Constitution fut en effet approuvée par référendum sous le régime du général Pinochet, en septembre 1980. Promulguée le 11 mars 1981 puis modifiée en juillet 1989 et en novembre 1991, elle lui aura permis de conserver un temps son pouvoir sur l'armée (qui est toujours considérée comme " garante des institutions ") ainsi que sur un tiers du Sénat, dont il continua à nommer les représentants, empêchant toute avancée vers la démocratie, jusqu'en 1998. En effet, pour réaliser la réforme de la Constitution, il est nécessaire d'avoir les deux tiers des sièges du Congrès...

Le droit de vote n'est plus obligatoire pour toute personne majeure de 18 ans, depuis décembre 2011. Les votes blancs ou nuls sont en forte augmentation (à peine 7 % des Chiliens entre 18 et 24 ans exerceraient leur droit de vote !). Les étrangers résidant dans le pays depuis plus de cinq ans peuvent voter aux élections municipales.

Le pouvoir exécutif est assuré par le président de la République et son gouvernement, dont la durée du mandat est fixée à quatre ans depuis la réforme de la Constitution de septembre 2005. Il ne peut pas briguer un deuxième mandat consécutif mais peut dorénavant mettre à la retraite les commandants en chef des forces armées.

Le pouvoir législatif, réuni en Congrès national, qui, depuis 1990, sur décision de Pinochet, siège à Valparaíso, est constitué de deux chambres.

La Chambre des députés, composée de 120 députés élus pour 4 ans selon un " scrutin binominal ".

Le Sénat, composé de 38 sénateurs élus au suffrage universel pour 8 ans (les 9 autres qui étaient nommés n'existent plus depuis la réforme de septembre 2005) ; il est renouvelé par moitié tous les quatre ans.

Lors des dernières élections législatives du 13 décembre 2009, l'Alianza de droite a remporté 58 sièges, la Concertación 54. Les 8 derniers députés appartiennent aux petits partis indépendants.

Mode de scrutin des législatives : le scrutin dit " binominal " est une fantaisie de Pinochet. Chacune des 60 circonscriptions du pays élit deux députés (ce qui porte bien le total à 120), mais selon un système de liste dit " bloquée " : en fait, si la liste qui arrive en tête comptabilise plus du double de voix de celle qui la suit, elle s'adjuge les deux sièges (chaque liste présente en effet deux candidats). Sinon, chacune des listes qui se présentent obtient un siège : le premier sur la liste perdante peut arriver troisième derrière les deux candidats de la liste vainqueur, si ceux-ci ne totalisent pas deux fois plus de voix que lui, il sera élu ! Ce système est évidemment très injuste, puisqu'il élimine d'emblée les " petites listes " (et donc le changement politique, nécessaire à toute vie démocratique), et qu'il favorise (comme aux Etats-Unis) un bipartisme plutôt modéré voire conservateur (nécessaire démagogie, complaisance et politesse...). La liste qui ne gagne pas est surreprésentée, puisque même si elle perd dans tous les cas, avec moins de la moitié des voix par rapport à la liste du vainqueur, elle participera à la vie du Congrès... Plaisante prérogative, établie pour les militaires qui savaient bien qu'un jour ou l'autre ils finiraient tous par arriver en seconde position... formant ainsi une minorité de blocage sans aucune assise électorale qui pourrit la vie politique démocratique au Chili depuis quinze ans. Le mode de scrutin ne peut donc être modifié ! Cependant, depuis 2005, le système binominal n'est plus qu'une loi organique constitutionnelle.

Pouvoir judiciaire : veillant sur les affaires civiles et criminelles, il est composé d'une Cour suprême, des cours d'appel et des tribunaux de première instance.

Divisions administratives

Le Chili est divisé en quinze régions depuis 2007, dont la région métropolitaine de Santiago. Numérotées en chiffres romains de I à XV (la capitale n'a cependant pas de numérotation particulière) et découpées du nord au sud, ces régions ne pourraient garder que leur nom par la suite : Arica et Parinacota (XV, capitale : Arica) · Tarapacá (I, capitale : Iquique) · Antofagasta (II, capitale : Antofagasta) · Atacama (III, capitale : Copiapó) · Coquimbo (IV, capitale : La Serena) · Valparaíso (V, capitale : Valparaíso) · Métropolitaine de Santiago (RM) · Libertador O'Higgins (VI, capitale : Rancagua) · Maule (VII, capitale : Talca) · Bíobío (VIII, capitale : Concepción) · Araucanie (IX, capitale : Temuco) · Les Lacs (X, capitale : Puerto Montt) · Les Fleuves (XIV, capitale : Valdivia) · Aysén (XI, capitale : Coyhaique) · Magallanes et Antarctique chilienne (XII, capitale : Punta Arenas).

On observera qu'il n'existe pas de région portant le chiffre XIII.

Les quinze régions sont administrées par les intendants (intendentes) nommés par le président de la République pour un mandat illimité, de même que les gouverneurs qui administrent les provinces (subdivisions des régions). En revanche, les municipalités (subdivisions des provinces) élisent leurs maires par un vote au suffrage universel direct tous les quatre ans (représentation proportionnelle), la dernière fois en octobre 2012 : il s'agit d'organismes autonomes de droit public, administrés par des maires (alcade).

Partis
Les différents partis politiques

Au moment du plébiscite de 1988, les différents partis d'opposition ont préféré s'unir pour avoir plus de poids et former un bloc compact face à la dictature. Auparavant, trois grands partis composaient le paysage politique chilien : la droite (conservateurs et libéraux), la gauche (socialistes et communistes) et le centre (démocrates-chrétiens et radicaux). Depuis 1989, le centre et la gauche (incluant le parti communiste de temps en temps), se sont regroupés pour mieux défendre les valeurs de la démocratie. C'est alors qu'est née la Concertación des partis pour la démocratie. L'autre grand parti de droite est formé par les ex-partisans de la junte militaire et des partis de droite : l'Alianza.

Les présidents qui ont succédé au général Pinochet appartenaient tous à la Concertación des partis pour la démocratie, jusqu'à l'élection de Piñera en 2010. L'ex-président Lagos présentait la particularité d'être le premier président socialiste depuis Allende. Michelle Bachelet présente une autre particularité : celle d'être une femme, une rareté à l'échelle internationale.

La Concertación est composée de deux " pôles " : le Pôle progressiste, composé du PPD (Parti pour la démocratie, au Centre-Gauche du courant socialiste) et du PS (Parti socialiste, plus à gauche) ; et la Petite Coalition, composée du PDC (Démocratie chrétienne, c'était le parti des présidents Frei père et fils et Aylwin) et du PRSD (Parti radical social démocrate, qui n'attire plus beaucoup d'électeurs).

La droite s'inscrit dans un grand parti, la Alianza por Chile ou Coalición por el Cambio, composée de l'UDI (Union démocratique indépendante, parti ultraconservateur qui s'inscrirait plutôt dans l'héritage politique de Pinochet, son représentant était Joaquín Lavín en 2009, un catholique membre de l'Opus Dei, opposé au divorce, à l'avortement, et partisan de la peine de mort) et de la RN (Rénovation nationale, parti conservateur qui prône une gestion ultra-libérale de l'économie, à laquelle se rallient toutes les classes bourgeoises des pueblos altos de la capitale, c'est le mouvement de l'ex président Piñera). On ne se réfère plus guère aujourd'hui au général-dictateur, trop encombrant.

En 2007, un nouveau mouvement incluant la Coalición, Chile Primero, a été formé, constitué d'anciens partisans de la Concertation (surtout du PPD). Depuis 2010, il n'est plus légal, n'ayant pas obtenu 5% des votes ou 4 députés.

Les autres partis. Le Parti de gauche chrétienne (IC), reconstitué en 2007, et le Parti communiste (PC) forment la coalition Juntos Podemos Más. Après 37 ans d'absence du paysage politique chilien, le PC a obtenu 3 députés lors des dernières élections législatives de 2009.

Enfin, d'autres partis complètent ce paysage politique : notamment le Parti écologiste (PE, au statut un peu flou, fondé en 2002 et reconnu comme parti en 2008, mais sans assise légale depuis son échec lors des dernières législatives), le Parti humaniste (PH), le Parti régionaliste des Indépendants (PRI) et le MAS (Movimiento Amplio Social), fondé en 2008 par l'ancien sénateur socialiste Alejandro Navarro.

Économie

On considère que l'économie chilienne est la plus stable et la plus développée en Amérique latine. Le Chili possède l'Indice de Développement Humain (IDH) le plus élevé du sous-continent (0,822 en 2013). C'est le seul pays à avoir réduit la pauvreté de moitié en vingt ans. En mai 2010, il fut le deuxième pays du sous-continent à intégrer l'OCDE (qui regroupe les principales économies industrialisées du monde), après le Mexique. Certaines entreprises chiliennes comptent parmi les plus importantes du continent, comme Cencosud, Falabella, Ripley ou La Polar. Son système bancaire est un exemple pour la région : de fait, Santiago est devenue une plateforme d'investissement pour une multitude d'entreprises étrangères.

Depuis dix ans, la croissance du PIB a été d'environ 4 % par an, de 5,7 % en 2012 et de 4,1% en 2013. Le FMI estime que le PIB par habitant devrait être de presque 20 000 US$ en 2016. En avril 2013, il était de 18 149 US$ en parité de pouvoir d'achat (loin derrière les 103 000 US$ par habitant du Qatar cependant !), soit une hausse de 268,7 % depuis 1990 (le pays se place en 18e position des plus fortes hausses au monde sur cette période).

Ces beaux chiffres n'empêchent hélas pas le Chili d'être l'un des pays les plus inégaux au monde : il se classe au 16e rang de ce douloureux classement. Soyons encore plus précis : quand, par exemple, la Suède ou le Danemark possédaient le même PIB/habitant (en 1961), les inégalités sociales étaient deux fois moindres. Pareil pour l'Allemagne (en 1965), le Japon (en 1969) ou le Portugal (en 1987). Une enquête Casen 2009 démontre que 90 % des Chiliens vivent avec la moitié ou moins de ce fameux PIB/habitant officiel ; 60 % des Chiliens vivraient même avec moins de 3 500 US$ par an (soit le PIB par habitant du Nicaragua, du Ghana ou... de l'Irak). En 2010, les 5 % les plus riches gagnent environ 40 000 US$ par habitant et par an (comme en Suède à peu près) : 4 500 familles (soit 0,1 % de la population) gagneraient environ 112 000 US$ par an, soit plus qu'au Qatar !

Au Chili, la classification de la population est établie selon les catégories suivantes (selon l'enquête Casen de 2009). Il s'agit d'un revenu par personne, mais au sein d'une famille (donc du revenu familial total, divisé par le nombre de personnes dans une famille). On donne par ailleurs la moyenne du revenu familial total entre parenthèses :

ABC 1 : entre 761 000 et 14 900 000 $ par mois (moyenne familiale de 4 068 000 $) : 5,2 % de la population.

C2 : entre 288 000 et 761 000 $ par mois (moyenne familiale de 1 351 000 $) : 14,9 % de la population.

C3 : entre 151 000 et 288 000 $ par mois (moyenne familiale de 707 000 $) : 23,4 % de la population.

D : sans profession formelle, entre 59 000 et 151 000 $ par mois (moyenne familiale de 368 700 $) : 41,8 % de la population.

E : entre 0 et 60 000 $ par mois (moyenne familiale de 155 000 $) : 14,8 % de la population.

Les chiffres clés

Monnaie : peso chilien.

Membres de : APEC, OCDE, BID, Unasur, P4, CAN et Mercosur comme Etat associé.

PIB nominal : 265 000 millions de US$ en 2016.

PIB en Parité de Pouvoir d'Achat (PPA) : 419 387 millions de US$ en 2015.

PIB par habitant : 13 790 US$ en PPA, en 2016.

Variation du PIB : +2 % en 2016.

Inflation : 4,4 % en 2016.

Chômage : 6,4 % en 2016.

Principales industries : mines, pêche, agro-industrie.

Destinataires d'exportations : Chine (23,8 %), Japon (10,2 %), Etats-Unis (10 %), Brésil (6 %), Corée du Sud (5,9 %), en 2010. L'importation française depuis le Chili représentait 1 031 millions d'euros en 2015.

Importations : USA (17 %), Chine (13,6 %), Argentine (8,5 %), Brésil (7,9 %), Corée du Sud (5,8 %), Japon (5 %), en 2010. L'exportation de la France vers le Chili représentait 655 millions d'euros en 2015.

Principales ressources

Dans l'économie chilienne, on note tout d'abord l'importance de l'agriculture (exportations de fruits et légumes), de la pêche (principal exportateur de saumon avec la Norvège) et des productions minières. Par ailleurs, l'industrie chilienne est encore peu puissante (sauf pour la production de farine de poisson).

La structure de ses exportations s'est améliorée et la récente hausse du prix du cuivre n'a pas entraîné une totale sectorisation (préoccupante à terme) autour de cette matière première, même si le Chili exporte à ce jour 36 % de la production mondiale de cuivre (c'est le premier producteur au monde) et que celui-ci représente plus de 50 % des exportations chiliennes en 2014 et 18 % du PIB. Environ 50 % des recettes à l'exportation de l'Etat proviennent de la vente de cuivre à l'étranger (notamment en Chine et en Inde).

Les Etats-Unis ne sont plus le seul principal client et fournisseur du pays, car les pays asiatiques, le Brésil ou l'Argentine voisins et l'Union européenne dans une moindre mesure se positionnent en force depuis une dizaine d'années : les deux tiers des exportations sont destinés à l'Asie et à l'Europe, et les liens avec les pays d'Amérique du Sud se resserrent dans le cadre de nouveaux accords commerciaux (Mercosur). La politique mise en place par la droite chilienne dans les années 1980 a fait siennes les idées des théoriciens néolibéraux et de leur chef de file Milton Friedman. Cela s'est manifesté par une ouverture croissante sur l'économie mondiale (enjeu à venir : l'économique chilienne est très exposée à l'environnement international, car le commerce extérieur représente 80 % du PIB), un désengagement progressif de l'Etat au profit du secteur privé et des efforts de limitation des dépenses budgétaires dans le but de fortifier la monnaie nationale et d'améliorer les soldes commerciaux.

Cette politique a connu une réussite certaine sur le plan économique, mais les conséquences sociales ont été désastreuses. Au début des années 1990, on estimait le taux de pauvreté de la population chilienne à 40 % et, s'il n'est plus officiellement que de 14,4 % en 2011 (enquête Casen 2011), les conditions précaires dans lesquelles vit au moins la moitié de la population (des chiffres officieux parlent de 30 % de pauvres au Chili) donnent à s'interroger sur la santé de la société chilienne dans les années à venir, si rien n'est fait en termes d'éducation et de santé. Même si le chômage est revenu à des niveaux relativement bas (6 % en 2014), le niveau des salaires contribue au développement d'une classe de salariés qui reste sous le seuil de pauvreté. Par ailleurs, la structure sociale demeure très inégale. L'écart entre les plus riches et les plus pauvres est impressionnant, et la classe moyenne beaucoup moins importante qu'en France. Le coefficient de Gini, qui mesure cet écart, est de 0,520 (très important).

Arriver à concilier la poursuite de son développement économique et le recul des inégalités sociales constitue un enjeu majeur pour le Chili.

Agriculture

Depuis quelques années, les traités bilatéraux avec l'Union européenne, les Etats-Unis et les pays asiatiques ont dopé les exportations, et la politique agricole innovante a porté ses fruits (c'est le cas de le dire). Ainsi, le Chili s'est affirmé comme le premier exportateur de fruits frais de l'hémisphère Sud (45 % des exportations du continent, notamment de raisin, prunes, pommes, kiwis, poires, framboises et avocats). Les cultures industrielles parviennent aussi à se développer (orge, betterave, fourrage). Aux fruits et légumes s'ajoutent désormais de nouveaux produits (asperges par exemple). On peut également mentionner comme secteur émergent la culture des fleurs, production destinée en partie à l'exportation.

C'est surtout dans le Sud du pays (régions des Fleuves et des Lacs) que l'agriculture est l'activité économique dominante. Les exportations dans le secteur agro-alimentaire ont connu une embellie extraordinaire (en 2011, le Chili se place qu 17e rang mondial des pays exportateurs de produits alimentaires et souhaite faire partie des 10 premiers d'ici 2020), et l'élevage se porte bien (surtout le secteur de la volaille, qui bénéficie d'excellentes conditions sanitaires, mais aussi le secteur porcin et le secteur laitier). Aujourd'hui, le secteur agro-alimentaire représente 14 % des richesses nationales et emploie environ 1 million de personnes.

Viticulture et viniculture

Les vins chiliens bénéficient d'un véritable engouement international ces dernières années. Ainsi, le Chili est en 2011 le 8e producteur et le 5e exportateur de vins au monde, soit une augmentation de surface de production de 70 % et une hausse de la production de vins de 83 % depuis 2000 !

Les premiers plants de vigne ont été introduits par Francisco de Aguirre, le conquistador, dans la région de Copiapó, puis par des missionnaires catholiques, pour rapidement se développer en fonction d'un environnement climatique et géographique favorables. Après l'indépendance, de nombreux clones de prestigieux cépages français furent ramenés et implantés à partir de 1850 ; les vignobles ne furent pas touchés par l'épidémie de phylloxéra du début du XXe siècle, au contraire de l'Europe. Aujourd'hui encore, les conditions phytosanitaires sont très bonnes et plus de 4 000 ha de vigne sont consacrés à l'agriculture biologique. Depuis 1995, un système d'appellation d'origine (DO) incluant 15 vallées a été institué, ainsi que la production de " vins premium " (haut de gamme).

En 2011, l'exportation de vins chiliens a été de 667,7 millions de litres environ, pour un chiffre d'affaire de 1 702 millions de US$. Les principaux acheteurs restent les Etats-Unis (15 % de la production) et l'Europe, notamment la Grande-Bretagne (15 %), la Hollande (6,5 %), le Brésil (6,3 %) et le Canada (6 %). La hausse des exportations vers la Chine est très significative (+74,6 % en 2011).

En 2010, la consommation domestique de vin par habitant était de 14 litres par an, avec une perspective de 19 litres par an en 2020.

A noter que le premier cépage est encore le pais, qui couvre environ 40 % du vignoble chilien (son nom n'apparaît pas sur l'étiquette). Ensuite, le cabernet-sauvignon constitue 38,7 % du vignoble, le merlot 9,6 %, puis viennent le carignan, le cinsault, le malbec, le pinot noir ou la syrah. Les vins blancs sont produits autour du sauvignon, du muscat d'Alexandrie (utilisé aussi pour le pisco), du chardonnay et du sémillon.

Seulement 10 vignobles chiliens représentent 61 % des parts de marché d'exportation en valeur en 2011 (notamment Concha y Toro, le 2e producteur de vins au monde derrière l'Australien Foster, avec 26,3 % de parts de marché d'exportation, San Pedro Tarapaca et Cono Sur), tandis que les 300 vignobles restants se partagent le reste.

Le vin pétillant est aussi en plein essor, avec une hausse de 95 % en volume et 115 % en valeur entre 2007 et 2011, pour s'établir à 3,8 millions de litres en 2011.

Si la zone côtière de Casablanca bénéficie aujourd'hui d'un certain engouement, la majeure partie du vin chilien est produite dans la vallée centrale, sur un plateau de 800 km de longueur qui s'étend de Santiago à Osorno (climat méditerranéen, été chaud et sec).

Pêche

Pays agricole et montagnard, le Chili a traditionnellement développé ses activités dos à la mer, tout en occupant, de manière paradoxale, l'une des premières places pour la production et l'exportation des ressources issues du milieu marin (deuxième producteur mondial de farine de poisson et de saumons, premier producteur de truites, troisième producteur de noix de Saint-Jacques). Compte tenu de l'étendue de sa façade maritime, la mer chilienne couvre en effet une superficie de 4 millions de km², soit quasiment le double de la surface terrestre du pays. Autrefois concentrée autour de la production de farine de poisson, l'industrie des produits de la mer est aujourd'hui plus diversifiée, utilisant, en plus des ressources pélagiques stabilisées, les potentiels benzoïques (fruits de mer, algues), démerseaux (gros poissons et crustacés) et aquacoles (saumons, truites, turbots, mollusques...). A ces ressources naturelles s'ajoutent un secteur aquacole en pleine croissance et une industrie de transformation performante (farines, produits frais réfrigérés, congelés et conserves). Les principaux produits marins exportés sont : le saumon, la truite, le merlu, la morue, le congre et le mérou pour ce qui est des poissons, et les oursins, les coquilles Saint-Jacques, les poulpes, langoustines et crabes pour les fruits de mer.

En 2011, le secteur de la pêche et de l'aquaculture représente 1,5 % du PIB, dont 90 % pour les salmonidés.

Bois

Avec la pêche et les produits miniers, la forêt (45 % du territoire chilien est apte à la culture forestière) constitue l'une des trois richesses naturelles du Chili, en raison de conditions naturelles permettant une croissance très rapide de certaines espèces exotiques renouvelables, utilisées par la suite dans l'industrie primaire et secondaire.

Les principales filières existantes concernent l'industrie primaire, notamment les scieries, la production de cellulose (second exportateur mondial), la fabrication de panneaux et la production de copeaux. D'autre part, l'industrie secondaire bénéficie d'une forte croissance depuis 1985, en particulier la production de meubles et d'éléments destinés à la construction et de maisons préfabriquées, ainsi que du secteur papier-carton.

La cellulose est aujourd'hui la principale ressource d'exportation de la filière bois grâce à l'implantation de grands complexes privés associant des capitaux nationaux et étrangers (6,2 % de la production mondiale).

Industrie minière

Pays à très forte tradition minière, le Chili a fondé depuis quarante ans son développement économique et son dynamisme à l'exportation sur un secteur minier extrêmement riche, notamment dans le désert d'Atacama, et doté de solides avantages comparatifs : richesses géologiques variées, forte concentration en minerais, faible profondeur des gisements, autant pour les minerais métalliques (cuivre, or, argent...) que non métalliques (nitrates, lithium, iode). Le Chili offre également pour le secteur un cadre économique très favorable : faible coût relatif de la main-d'oeuvre, stabilité socio-économique du pays et, surtout, forte attractivité du cadre réglementant l'investissement étranger (garanties, fiscalité). Autant d'arguments qui expliquent la situation privilégiée du Chili au sein de l'industrie minière mondiale. Il est notamment le premier producteur mondial de cuivre, de nitrates naturels et troisième producteur d'or.

Alors que l'entreprise publique Codelco produit encore 38 % du cuivre chilien (avec l'entreprise privée Antofagasta Minerals), le dynamisme du secteur minier chilien est surtout lié aux investissements du secteur privé étranger (BHP Hilton, Anglo American, Rio Tinto, Xtrata...). Les projets initiés par les principaux groupes miniers mondiaux sont nombreux et souvent de grande envergure.

A ce jour, le Chili est le premier exportateur de cuivre (33,4 % de la production mondiale), de lithium (31 %), de nitrates (25 %) et d'iode (58 %). C'est le 6e producteur d'argent (8 % de la production mondiale).

Le secteur minier fournit environ 200 000 emplois directs et 500 000 emplois indirects au Chili. Ce secteur est encore en plein boom : 36 projets seront menés à bien d'ici 2015 pour un investissement de 67 milliards de US$ environ (dont 54 pour le cuivre) !

Les énergies renouvelables

Même si de gros progrès sont encore à attendre dans ce secteur, le Chili fut le premier pays d'Amérique latine à se pencher sur les énergies renouvelables non conventionnelles (ERNC incluant géothermie, énergie solaire, hydraulique, éolienne...). En 2011 toutefois, celles-ci ne représentent que 3 % de la production électrique nationale, bien loin derrière l'hydroélectricité classique (35 %) ou le thermique à charbon (15 %). Quatre grandes entreprises concentrent la génération électrique du pays et détiennent 86 % des capacités installées (Endesa, conglomérat hispano-italien, Aes, des Etats-Unis, Colbún, chilien, et Suez Energy Andino, franco-belge).

L'objectif du gouvernement est cependant de développer les ERNC, avec 20 % de la capacité installée d'ici 2020. Une loi de 2010 stipule que 5 % de l'énergie produite par les entreprises classiques doivent provenir de ces énergies. Depuis le 24 août 2010, des subventions sont proposées aux entreprises pour l'utilisation de panneaux solaires dans la construction de logements neufs (une extension aux logements usagés pour les particuliers est en cours de discussion au Parlement).

Place du tourisme

Les conditions favorables que présente actuellement le Chili, tant sur le plan économique que sur le plan politique et social, ont été les facteurs fondamentaux qui ont incité les investisseurs, chiliens et étrangers, à participer au développement touristique des différentes régions du pays. En 2014, le Chili est ainsi le 3e pays touristique d'Amérique du Sud, derrière le Brésil et l'Argentine.

L'année 2013 a vu une arrivée de 3 576 204 touristes étrangers selon les chiffres donnés par la Police internationale (incluant les Chiliens résidant à l'étranger), soit une hausse de 0,6 % par rapport à 2012. La grosse majorité voyage en décembre, janvier et février. La plupart viennent de pays limitrophes (Argentins en tête avec près de 40 % des arrivées totales - soit près de 1,4 million de touristes, fort essor du marché brésilien avec près de 11 % des arrivées, mais aussi des marchés australiens et colombiens). L'Amérique latine représente 76 % des arrivées totales (mais les chiffres incluent aussi tous les Boliviens ou Péruviens qui font la navette entre leur pays et le Chili pour des raisons commerciales, etc.). Le marché européen se maintient, sachant que la France et l'Allemagne constituent les deux marchés principaux (devant l'Espagne et l'Angleterre), avec chacun un peu plus de 2 % des arrivées totales - soit 65 000 touristes environ en 2013 pour la France, 67 000 pour l'Allemagne. Les Espagnols ont débarqué en masse (+12 %), beaucoup pour fuir la situation économique chez eux et chercher du travail ici !

En 2012, 53 % de tous ces touristes viennent pour leurs vacances. Le Brésilien est celui qui dépense le plus, avec une moyenne de 154 US$ par jour (très loin devant l'Australien, le Mexicain, l'Anglais ou le Nord-Américain).

Les voyageurs séjournent en général à Santiago, dans la région de Valparaíso, des lacs, de Tarapacá et d'Antofagasta. Les villes les plus touristiques (pour les étrangers) seraient (par ordre décroissant) : Santiago, Valparaíso, Viña del Mar, Arica, San Pedro de Atacama, Iquique, Puerto Varas, Pucón, Puerto Montt et La Serena. Les parcs nationaux les plus populaires pour les étrangers sont ceux de Puyehue et Vicente Pérez Rosales (beaucoup d'Argentins). Pour les Européens, Torres del Paine a la cote !

Le tourisme emploie actuellement près de 275 000 personnes dans tout le pays.

Enjeux actuels

Le Chili a longtemps été défini comme le " jaguar " de l'Amérique latine, avec des taux de croissance de 7 % par an de 1990 à 1997 puis de 4 à 5 % dans les années 2000. Mais, tout comme pour l'Argentine, qui faisait office de " meilleur élève " du Fonds monétaire international avant de s'effondrer en décembre 2001, ce poncif mérite d'être critiqué.

L'économie du pays dépend en effet largement du cours des matières premières et des ressources énergétiques extérieures, et se trouve ainsi confrontée de plein fouet à toutes les fluctuations de la conjoncture mondiale. L'embellie du cuivre depuis 2004, si elle participe d'une conjoncture économique nationale extrêmement favorable, ne profite pas vraiment aux secteurs les plus déficitaires de l'économie chilienne (éducation, santé). On construit des routes, des centres commerciaux, mais pas vraiment d'écoles ni d'hôpitaux publics.

Le partage du " gâteau " est très inégalitaire au Chili et des risques d'étranglement de certains pans de la société chilienne peuvent être craints dans les années à venir. Le tissu social (et industriel) reste conjectural et hasardeux.

La classe politique chilienne, divisée le temps des dernières élections présidentielles, est néanmoins plus ou moins soudée (si l'on excepte le mouvement d'extrême gauche, relativement populaire) autour d'un projet économique qui s'inscrit dans la continuité en matière économique et budgétaire. Les dépenses publiques devraient se focaliser sur les secteurs de la santé, de l'éducation préscolaire, du logement social, de l'emploi et de la promotion des PME. Parfois amère et souvent fataliste, la population chilienne semble en effet sans réel projet de société, avec une hiérarchie sociale en décomposition et des disparités flagrantes.

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