Guide du Pérou : Population et langues

Population
<p>Rencontre à Arequipa.</p>

Rencontre à Arequipa.

Le Pérou est un pays de peuplement ancien. La présence de l'homme sur cette terre date de 21 000 ans. Entre le IIe et le Ier millénaire av. J.-C., les systèmes agricoles et les techniques de traitement et de transformation des matières premières ont radicalement évolué et ont permis un développement constant de la société andine jusqu'à l'arrivée des conquistadores espagnols. L'apparition de cultures hautement élaborées a conduit à un accroissement important de la population péruvienne. Pendant la période inca (1200-1532), l'Etat avait une politique démographique très rigide qui réglementait l'âge des mariés ainsi que l'emplacement où devait vivre chaque famille afin d'orienter le développement social dans tel ou tel sens.

Les spécialistes estiment que la population péruvienne, au moment de la conquête espagnole, comptait entre 5,5 et 6 millions d'âmes. Ils sont unanimement d'accord pour rendre la conquête responsable de la drastique diminution de la population péruvienne qui, à la proclamation de l'Indépendance en 1821, ne comptait plus que 1,5 millions de citoyens.

Le premier recensement vraiment sérieux, en 1876, sous l'égide de la république, faisait état de 2,7 millions d'habitants. Le recensement suivant, 64 ans plus tard, soit en 1940, comptabilisait 6,7 millions d'habitants, chiffre sous-évalué car le recensement dans la selva ne s'est fait que partiellement. Tels quels, ces chiffres représentent un accroissement annuel de la population de 1,4 %.

La vigueur de l'évolution démographique a provoqué de grands changements dans la société péruvienne. Le développement rapide des transports et des communications, dès les années 1920, n'a pas seulement rapproché le monde rural de la ville, mais a surtout causé, dès le début des années 1940, un mouvement migratoire intense en direction de la ville. Associé à l'amélioration des conditions sanitaires, ce mouvement a remodelé la face de la société péruvienne. Il se caractérise en particulier par un taux de natalité très important (dû à la persistance au sein de la société des facteurs favorisants comme les mariages précoces et une psychologie nataliste) et une diminution considérable du taux de mortalité (due aux meilleures conditions sanitaires et aux progrès de la médecine). Situation qui se traduit par les chiffres suivants : taux d'accroissement de la population de 2,2 % entre 1940 et 1961 et de 2,9 % entre 1961 et 1972.

L'exode rural, qui a connu son apogée dans les années 1960, a favorisé également un remodelage de la société péruvienne où la pyramide des âges prend désormais une forme triangulaire avec une très large base (les jeunes de 0 à 19 ans représentaient 50 % de la population en 1972). Il y a eu à l'époque une demande importante sur les plans sanitaire, éducatif et social. La part de population active a augmenté rapidement (200 000 nouveaux individus entrent dans cette catégorie chaque année), ce qui a généré des pressions importantes sur le gouvernement et l'appareil économique. La costa est alors devenue la région naturelle la plus peuplée, passant devant celle des Andes qui avait été, durant des siècles, la réserve démographique du pays. A partir des années 1980, la société péruvienne est entrée dans une période de transition démographique se caractérisant surtout par des taux de natalité et, dans une moindre mesure, de mortalité, en chute libre. Dès 1990, l'accroissement de la population péruvienne est repassé en dessous des 2 %. En même temps, la vitesse et la fréquence migratoires ont baissé singulièrement. Le niveau culturel de la population a augmenté de manière significative, passant d'un taux d'analphabétisme de 40 % en 1961 à moins de 13 % en 1993. Ces phénomènes ont créé une littoralisation de la société péruvienne, les sociétés andine et amazonienne perdant peu à peu de leur importance.

Aujourd'hui, sur plus de 31 488 millions d'habitants, près de la moitié vit dans et aux environs de Lima. La densité moyenne de population est de 24,6 hab./km² mais très inégalement répartie. La costa, qui compte plus de 50 % de la population totale, cumule une moyenne de 50 à 90 hab./km² dans les villes côtières, alors que la partie amazonienne (60 % du territoire) ne compte que 10 % de la population et une densité d'à peine 3 hab./km². La sierra se trouve entre ces deux extrêmes avec une densité de population de 23 hab./km². Lima Centre, pour sa part, affiche une densité de plus de 20 000 hab./km². Mise à part Lima, seulement une quinzaine de villes comptent plus de 100 000 habitants. Les projections concernant la population péruvienne utilisent trois hypothèses (haute, moyenne ou officielle, et basse). Le scénario haut, avec un taux de fécondité de 2,6, estime la population en 2025 à 38 600 000. Le moyen, avec un taux de fécondité de 2,1, l'estime à 35 500 000 et, finalement, le scénario bas, avec un taux de fécondité de 1,6, projette un chiffre de 32 500 000.

D'un point de vue ethnique, la société péruvienne est très diversifiée. Originaires d'Europe, d'Asie et d'Afrique, les nombreux migrants des différentes périodes de l'histoire ont en effet fortement favorisé le métissage du peuple péruvien. Dès le XVIe siècle, le processus de colonisation a entraîné la mixité des diverses composantes raciales. Au XIXe siècle, ce sont 80 000 Chinois qui sont arrivés au Pérou, notamment pour travailler dans les plantations de cannes à sucre.

Aujourd'hui, près de la moitié des Péruviens sont des métis, mi-Amérindiens et mi-Européens. Dans certaines régions du Pérou, particulièrement sur la côte, il existe de nombreux métis d'ascendance africaine. Enfin, les indigènes sont majoritaires situés dans les régions andines, et de fortes minorités, telles les Ashaninkas ou les Aguarunas, sont toujours présentes dans l'Amazonie.

Une culture singulière : les Afro-Péruviens

On ne connaît pas encore assez bien la culture afro-péruvienne qui subsiste encore près d'Ica, 150 km au sud de Lima, vers les localités de Chincha, Cañete, El Carmen au sud ou Zaña au nord. Tout à coup, au milieu d'un désert côtier plutôt triste, on pénètre un monde créole qui respire la Caraïbe et la lointaine Afrique, au milieu de champs de cotons et de patates douces. C'est un " monde métis ", ou les morenos (Noirs) et les cholos (indigènes) composent un panaché séduisant. Les Noirs descendent d'esclaves africains aménés de force à partir du XVIe siècle pour les diverses cultures des haciendas coloniales. Leur rôle dans l'histoire péruvienne a été toujours occulté, et leurs traditions mises au ban de la société. Evincés à partir du XVIIIe siècle par l'immigration chinoise (notamment pour la production de guano), professeurs de piano au XIXe siècle pour les riches héritières liméniennes, ils tentent aujourd'hui de récupérer un passé qu'on n'a jamais voulu leur reconnaître. A leur rencontre, on peut apprendre la danse du " zapateo ", sorte de claquettes africaines au son du violon, ou la " zamacueca " (comme le fameux air " toro mata "), où l'homme danse avec une bougie et doit brûler un bout de papier attaché à la jupe de sa partenaire, et s'enivrer de tutuma (un alcool local, mélange de vin et de pisco) en ripaillant gaiement dans l'une des peñas aux entrées de village (grandes tavernes festives). Attention : il ne s'agit pas de visiter de beaux petits villages traditionnels, les lieux n'ont en général pas grand charme ; mais de partir à la découverte d'une idiosyncrasie différente et peu connue. Au mois d'août par exemple, à Cañete, on peut assister au Festival de Arte Negro.

Langues

Les langues officielles du Pérou sont l'espagnol et le quechua. L'espagnol est parlé par pratiquement toute la population. 8 millions de Péruviens, soit plus d'un tiers de la population, parlent encore le quechua, principalement dans les Andes. 500 000 personnes, dans la région de Puno, parlent l'aymara, langue qu'ils partagent avec les Boliviens. Mais les langues régionales sont plus de 50, des langues natives qui ont survécu principalement dans la jungle.

L'espagnol pratiqué ici est très pur ; on dit qu'avec la Colombie, le Pérou parle le meilleur castillan d'Amérique latine : une bonne occasion pour l'apprendre ou le perfectionner.

En règle générale, on peut affirmer qu'au Pérou le niveau d'anglais est encore plus mauvais qu'en France, ce qui n'est pas peu dire ! La langue de Shakespeare devient toutefois de plus en plus populaire et est enseignée à l'école dès la sixième année, si bien que dans les villes touristiques, vous trouverez partout un autochtone qui se fera un plaisir de vous aider. Souvent, on assiste ainsi à des situations assez ridicules, le Péruvien se plaisant à utiliser ses connaissances d'anglais alors que le touriste répond en espagnol, préférant pratiquer la langue du pays ! Quant au français, vous n'aurez que peu l'occasion de l'utiliser, bien que de nombreux expatriés travaillent dans le tourisme. Vous trouverez toutefois dans ce guide de nombreuses adresses francophones qui devraient en sauver plus d'un, d'autant que lesdites adresses ont aussi été sélectionnées pour leur qualité intrinsèque. Apprendre des rudiments d'espagnol vous permettra donc déjà de communiquer avec les locaux, ce qui enrichira assurément votre séjour sur place. De surcroît, il s'agit d'une langue relativement facile à apprendre pour les francophones, étant donné que les deux langues dérivent du latin.

Quelques spécificités linguistiques au Pérou. Attention, le temps ne répond pas aux mêmes critères au Pérou : on dira ahorita (" maintenant ") même si cela peut être dans cinq heures ! La deuxième particularité qui mérite d'être relevée est l'absence de la conjugaison de la deuxième personne du pluriel : vosotros (" vous ") ne s'emploie jamais - on emploie à la place la troisième personne du pluriel, ustedes, et la conjugaison de cette dernière, quelle que soit votre relation aux personnes à qui vous parlez.

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