Guide du Mozambique : Politique et économie

Politique

Jusqu'à la fin de la guerre froide, la politique extérieure du Mozambique était très fortement dépendante du contexte international. Le pays, République démocratique, était clairement positionné du côté du bloc de l'Est, et les soubresauts de son histoire intérieure inextricablement liés à la situation en Rhodésie et en Afrique du Sud.
Lorsque Maputo suivit la décision des Nations unies de sanctionner le régime d'apartheid de Pretoria et lui refusa son accès à la mer, le régime de Ian Smith mit tout en oeuvre pour déstabiliser le pays, finançant en sous-main la rébellion Renamo. De son côté, le Mozambique accueillait certaines bases arrière des combattants résistants de la Zanu-PF (Rhodésie/Zimbabwe) et de l'ANC (Afrique du Sud). En 1993, de véritables relations diplomatiques furent établies et aujourd'hui le Mozambique entretient des liens forts non seulement avec l'Afrique du Sud, mais également avec ses autres voisins : Zimbabwe, Malawi, Zambie et Tanzanie. Dès son indépendance, le Mozambique bénéficia du support financier de certains pays occidentaux, notamment d'Europe du Nord. Mais son ancrage résolument à l'Est lui acquit un solide soutien de la part de Moscou et ses alliés, soutien qui marqua durablement sa politique et son économie. Les chaises tournent à partir de 1983, et dès 1984 le pays, alors exsangue, adhère à la Banque mondiale et au FMI. Les principaux bailleurs de fonds changent alors radicalement de profil, les pays d'Europe et les Etats-Unis augmentant régulièrement leurs contributions. Le Mozambique a toujours des liens forts avec ces partenaires, et particulièrement avec l'ancienne puissance coloniale, le Portugal, avec qui les rapports sont complexes, mais essentiels, puisque les Portugais font partie des principaux investisseurs étrangers dans le pays. Le Mozambique est impliqué dans nombre d'organisations internationales : membre du Mouvement des non-alignés, il fait partie du Bloc africain aux Nations Unies. Il appartient également à l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC). En 1994, le gouvernement a choisi de rejoindre les rangs de l'Organisation de la conférence islamique, d'une part pour élargir son cercle de soutien international, et d'autre part pour plaire à son importante population musulmane. Enfin, le pays a rejoint en 1996 le Commonwealth, auquel appartiennent nombre des pays voisins. Il fut membre fondateur et premier président de la Communauté des pays lusophones, avec lesquels il entretient de forts liens.

Structure étatique

Le Mozambique démocratique est né avec la constitution de 1990, qui a établi le multipartisme et jeté les bases de la politique moderne du pays en garantissant les libertés fondamentales : liberté de la presse, de religion, indépendance de la justice...

Le président de la République, élu tous les cinq ans au suffrage universel direct, est à la fois chef de l'Etat et chef du gouvernement : il nomme le Premier ministre et les membres du gouvernement avec lesquels il exerce le pouvoir exécutif.

L'Assemblée nationale, élue également tous les cinq ans au suffrage universel direct, détient le pouvoir législatif. Ses 250 députés sont élus sur une liste établie par chaque parti dans les dix provinces qui forment le pays ; le nombre de sièges pour chaque parti est établi en fonction du pourcentage de voix obtenues, avec un seuil de 5 % des suffrages exprimés permettant de siéger.

Le pouvoir judiciaire a vu son indépendance reconnue par la Constitution. Cependant, malgré quelques remarquables juges, il est critiqué pour son incompétence, son degré de corruption et sa vulnérabilité face aux pressions de l'exécutif. Le système judiciaire est organisé en pyramide, avec des instances à tous niveaux : la municipalité, le district, la province et, au sommet, la Cour Suprême dont les sept membres sont appointés par le président avec accord de l'Assemblée nationale. Bien qu'il ait souvent été question de mettre en place un Conseil constitutionnel, cela reste encore à l'état de projet.

Le Mozambique, Etat unitaire, est divisé en dix provinces dont chaque gouverneur est nommé par le président. Bien que la Constitution permette la création d'Assemblées provinciales élues, aucune n'a à ce jour été mise en place. Dans le domaine municipal, les autorités sont élues localement.

Économie

L'ancien Mozambique, celui déchiré par trois décennies de guerre, avait le funeste honneur de trôner en bas de la liste noire des pays pauvres parmi les pauvres. Le nouveau Mozambique, lui, fait figure de success story en Afrique Noire : c'est le pays où les hôtels de luxes poussent aux frontons des villes, le pays de l'ultramoderne usine de production d'aluminium Mozal, et surtout de la stabilité politique qui lui a permis d'afficher des taux de croissance à deux chiffres. Qui l'eut cru ?
Dans les années 1980, lorsque le pays a reçu le titre de " pays le plus pauvre du monde ", guerre civile et expérimentation de gestion socialiste ont mis son économie sur les genoux. Il sera difficile de tirer les leçons de la période communiste du pays, exsangue lorsque furent signés les accords de paix, au début des années 1990. La guerre a été à l'origine d'une corruption et d'une déstructuration inquiétantes. Les fonctionnaires et militaires non payés avaient organisé des milices qui rackettaient et terrorisaient (massacres à l'appui) en mettant leurs exactions sur le compte de la Renamo. La corruption était alors endémique (même si, de ce point de vue, la situation n'est toujours pas idéale aujourd'hui) et l'Etat, très centralisé, était omniprésent. Ces dysfonctionnements majeurs n'étaient pas sans aggraver la situation d'un pays où près d'un quart de la population avait fui, grossissant les rangs des réfugiés dans les pays voisins. Commencée depuis la fin des années 1980, l'ouverture du pays vers l'économie de marché a trouvé un souffle nouveau avec les accords de Rome signés entre le Frelimo et la Renamo en octobre 1992, puis les élections présidentielles - non contestées - de 1994. La politique du pays a pu s'orienter pleinement vers l'ouverture régionale et internationale. Privatisation, libéralisation des échanges, et appel aux investisseurs étrangers ont été les mots d'ordre de la nouvelle économie. Ce radical changement de cap adopté par le gouvernement Frelimo alors que le monde connaissait la fin de la guerre froide a rapidement porté ses fruits. Entre 1995 et 2000, le taux de croissance du PIB atteignait un remarquable 7 % ; s'il a chuté en 2000 à cause des désastreuses inondations qui ont ravagé le pays, le train a repris dès 2001, année de rattrapage où les magiques deux chiffres (12 % !) ont pu être affichés dans les rapports de croissance du pays. Depuis 2005, on tourne autour d'un taux de croissance de 7 %. Principaux moteurs : les efforts de reconstruction post-inondations, financés en partie avec le soutien des bailleurs de fonds internationaux, le développement de l'exploitation de l'aluminium et surtout le dynamisme des investissements privés dans le pays, très favorisés par le gouvernement qui a mis en place de grands efforts de rationalisation et de simplification de la réglementation, plus de développement des infrastructures.

Spécificités. Le Mozambique accuse aujourd'hui un virage à 180°, et se plie en toute bonne volonté aux directives visant à lui faire libéraliser son économie. Ceci passe tout d'abord par les privatisations, massives, mais aussi par la clarification des réglementations tatillonnes et opaques qui représentent un frein majeur au développement des investissements étrangers dans le pays ; la lutte contre la corruption est également essentielle. L'intégration régionale est également prioritaire dans les plans gouvernementaux ; le Mozambique fait partie de la SADC dont l'objectif à terme est d'instaurer une zone de libre-échange en Afrique australe, afin de créer un grand marché de 200 millions de consommateurs potentiels. Dans ce but, un vaste programme d'exemption de droits de douane a été mis en place avec les pays partenaires. Embrasser l'économie de marché, c'est aussi assainir les finances publiques. L'inflation avait remarquablement baissé, passant de 56,5 % en 1997 à 2,9 % quatre ans plus tard. A cause, entre autres, des inondations de 2000, de l'appréciation du rand sud-africain auquel le meticais est très lié et de la hausse des prix dans la région, l'inflation est remontée à 19,2 % en 2016. En règle générale, la monnaie locale est restée relativement stable face au dollar. Enfin, le Mozambique dépense plus qu'il ne gagne, et affiche donc un déficit budgétaire de 8 % en 2016, l'une des meilleures performances de l'Afrique. La capacité du Mozambique à attirer de grands projets d'investissement dans les ressources naturelles devrait encourager un fort taux de croissance dans les prochaines années. Les revenus de ces vastes ressources, y compris le gaz naturel, le charbon, le titane et la capacité hydroélectrique, attirent les bailleurs de fonds. Les Américains ont trouvé du gaz au large des côtes du nord. Les Sud-Africains projettent de construire une route directe de la frontière jusqu'à la région d'Inhambane en 2018, " l'autoroute des vacances ". Cela pourrait être plutôt positif si cela reflétait de forts investissements en matière d'équipement ou d'effort social. Cependant, les dépenses en matière de lutte contre la pauvreté ont connu une tendance à la baisse, due notamment à des retards pris dans la mise en place de projets locaux liés à la baisse des fonds internationaux.

Principales ressources

Secteur primaire. Si le secteur de l'agriculture et de la pêche occupe la majeure partie des Mozambicains (seul un quart de la population est urbaine), il ne représente que 28,4 % du produit intérieur brut - dont seulement 2 % pour la pêche alors que les crevettes représentent le troisième poste d'exportation du pays. L'agriculture pratiquée reste en grande majorité une agriculture de subsistance : manioc et maïs essentiellement. Ces dernières années - mis à part les terribles inondations de 2000 - le Mozambique a connu un climat favorable, et a donc vu ses résultats progresser dans le secteur agricole. Il a même commencé à être exportateur d'une partie de sa production vivrière, ce qui permet aux paysans d'accéder à des revenus monétaires. Cependant, comme son voisin le Malawi, qui importait les excédents mozambicains, a bénéficié d'aides et de subventions pour faire face aux risques de disette, le problème des débouchés agricoles se pose. Que faire alors de ces excédents ?

Les dernières années de bonnes récoltes ont permis une progression des résultats des cultures de rente : canne à sucre et coton essentiellement. Le récent afflux de propriétaires zimbabwéens Blancs chassés de leurs terres par le gouvernement de Robert Mugabe a également ouvert la voie à l'augmentation des investissements agricoles, notamment dans la province frontalière de Manica.
Désireux de favoriser l'exploitation de la canne à sucre, bien plus rentable que celle, plus traditionnelle, de la noix de cajou, le gouvernement a mis en oeuvre des politiques ciblées qui ont permis à de petits exploitants de changer de culture - bien que la grande majorité des exportations sucrières sont concentrées entre les mains de gros propriétaires. Le coton a également connu de bonnes années ; par contre, la noix de cajou, dont les cours mondiaux se sont effondrés, a affiché des performances médiocres alors qu'elle était auparavant un secteur important des exportations agricoles du pays. Héritage des années de socialisme, la terre appartient à l'Etat, qui ne permet son exploitation que sous forme de concessions de 50 ans, mais cet aspect est fortement critiqué par nombre d'hommes politiques qui voudraient entamer la possibilité de privatisations.

Secteur secondaire. Depuis 2001, le secteur industriel est en pleine croissance, croissance nourrie par le développement de l'usine de production d'aluminium Mozal qui cette année-là a doublé sa production. La mise en service de Mozal II devait encore accentuer cette tendance. Avec 1,3 milliard de dollars, ces deux usines réunies représentent l'investissement direct étranger le plus important jamais réalisé dans le pays. L'aluminium est désormais le principal produit d'exportation du Mozambique, suivi par la production d'électricité, reléguant les crevettes au troisième rang. L'essor du secteur secondaire a également été engendré par la politique de grands travaux mise en place par le gouvernement : construction du gazoduc Sasol entre la province d'Inhambane et l'Afrique du Sud, importants investissements pour améliorer le réseau routier... Agroalimentaire et matériaux de constructions sont aussi des secteurs dynamiques, bien qu'ils pâtissent de l'opacité des réglementations.

Services. Le secteur bancaire se caractérise par la grande frilosité des établissements, malgré leurs grandes marges. Cette frilosité handicape très sérieusement les petits entrepreneurs mozambicains qui n'ont que très rarement et difficilement possibilité d'emprunter. Tout comme le secteur industriel, les services sont encore en cours de privatisation. Parmi celles-ci, le port de Maputo représente l'un des plus grands challenges car son implantation idéale pourrait lui permettre de concurrencer sérieusement le port de Durban, qui tourne au maximum de ses capacités. Mais le secteur des services, c'est avant tout le secteur informel. La libéralisation de l'économie, avec la disparition de l'Etat-providence, a entraîné une prolifération de petits boulots et d'entrepreneurs à la petite semaine. On se lève le matin avec un seul objectif : trouver le moyen de gagner quelques sous. D'où l'invention du mot " Djober ", dérivé de l'anglais " job ", travail, qui veut dire " se débrouiller ".

Place du tourisme

Le secteur du tourisme était florissant avant les années 1970, avec une moyenne de 400 000 visiteurs, majoritairement en provenance d'Afrique du Sud et de l'ancien pays colonisateur, le Portugal. Lorsque la guerre civile éclate, le nombre de visiteurs a évidemment décliné très rapidement. Les accords de paix de 1992 ont permis au secteur de reprendre le chemin de la croissance, et le pays a alors connu un boom du secteur hôtelier. Le pays attire désormais les investisseurs étrangers, principalement dans le Sud et, plus récemment, dans le Nord du pays. Le Mozambique possède un potentiel touristique certain : 2 500 km de belles plages, riches ressources sous-marines, riches cultures locales. En même temps, la croissance du secteur n'a pas été sans soulever des problèmes sur le plan social, économique et environnemental ; il souffre également de la pauvreté des infrastructures en place, du prix élevé des transports, du manque de formation du personnel et d'un déficit de marketing au niveau international. Très peu de données statistiques fiables sont disponibles pour le secteur. Elles varient par ailleurs fortement en fonction des sources. La contribution du secteur à l'économie serait faible mais pas négligeable - 3,2 % du PIB selon la Banque centrale - compte tenu de la taille encore limitée de l'économie mozambicaine. Avec un total de 12 500 lits, dont moins de 5 000 sont au moins de niveau 3 étoiles, le Mozambique est bien en dessous de ses capacités - pour comparaison, l'île Maurice, bien plus petite, compte près de 20 000 lits. Cependant, le tourisme ne procure aujourd'hui que 1 % des revenus du pays, contre 7,4 % pour l'Afrique du Sud voisine et une moyenne de 6,9 % en Afrique subsaharienne. Le Mozambique, nouvelle frontière des touristes à la recherche d'un pays encore peu exploré ? Conscient de ce fort potentiel, le gouvernement a mis en place de nombreuses politiques pour promouvoir le tourisme, politiques soutenues par des partenaires internationaux. D'ailleurs, si l'investissement étranger compte parmi les fortes raisons de l'essor économique actuel, il est à noter que les principaux secteurs visés sont l'industrie et... le tourisme. Le secteur est prometteur.

Enjeux actuels

Certes, le Mozambique peut faire figure d'exemple dans une Afrique Noire plutôt mal lotie ; mais les bons chiffres macroéconomiques ne peuvent pas masquer le principal problème auquel est encore confronté le pays : la pauvreté. Elle a tout de même reculé ces dernières années, passant de 69 % de la population vivant en-dessous du seuil de pauvreté en 1997 à 52 % en 2009. En règle générale, c'est en milieu rural que la pauvreté est la plus problématique : mortalité infantile élevée (67,9 ‰), mort de femmes pendant l'accouchement par faute de soins médicaux... Seule une personne sur vingt a accès à l'énergie électrique, le reste utilisant les autres produits de combustion. Pourtant, le Mozambique est un exportateur d'électricité, grâce, essentiellement, au grand barrage de Cahora Bassa dans la province de Tete, détenu à 12 % par l'Etat, le reste appartenant au Portugal.

La pauvreté, c'est également les problèmes sociaux qui en découlent : le taux d'alphabétisation est de 58 %, de nets progrès ont été récemment enregistrés, notamment en ce qui concerne la scolarisation des filles. On estime encore à plus de la moitié de la population le nombre de personnes souffrant de malnutrition dans le pays, et l'espérance de vie à la naissance est de 53,3 ans. Enfin, le Mozambique n'est pas épargné par les épouvantables records détenus par l'Afrique australe en matière de sida ; environ 12,3 % des adultes seraient porteurs du virus.

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